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  • il y a 3 heures
Ce mardi 2 juin, la cinquième procédure de redressement judiciaire de Duralex en vingt ans a été abordée par Jean-Marc Daniel et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Et c'est Jean-Marc Daniel qui fait face à Emmanuel Lechypre aujourd'hui pour un dossier difficile, le dossier
00:05Duralex.
00:06Cinquième fois en 20 ans que l'entreprise est placée en redressement judiciaire.
00:10Est-ce qu'on lâche l'affaire avec Duralex qui veut commencer ?
00:14Emmanuel ?
00:14Moi je commence.
00:15Allez-y.
00:16Je suis le gentil aujourd'hui.
00:18Face à l'impitoyable Jean-Marc Daniel.
00:20Donc on remet des sous dans Duralex, on recommence.
00:24Encore une fois, tout dépend ce que vous appelez remettre des sous, bêtement, comptablement,
00:28comme vous êtes en train de le faire.
00:30Moi je ne vous dis pas qu'il faut...
00:31Vous savez, je suis idiote.
00:32Non, ce n'est pas ça.
00:33C'est qu'il faut faire la différence entre toutes les entreprises et des entreprises iconiques comme Duralex.
00:38Je ne vous dis pas qu'il faut sauver toutes les entreprises en difficulté.
00:41Bien sûr que non.
00:42Moi ce que je veux vous défendre comme idée, c'est qu'on a des entreprises aujourd'hui,
00:45on a des marques qui sont devenues des biens collectifs et qu'on perd bien plus à les laisser tomber
00:50qu'à les sauver.
00:52Une marque centenaire comme Duralex, ce n'est pas juste une usine que vous allez fermer
00:57et que vous pourrez toujours rouvrir.
00:58C'est un patrimoine que vous allez abandonner.
01:01Et il y a des marques comme ça en France, si jamais vous les laissez tomber,
01:06recréer des marques qui auront la même valeur, le même prestige,
01:09et qui au final contribueront autant à l'image de la France,
01:11ça vous coûtera des centaines de millions d'héros.
01:13Mais les gens en achètent du Duralex ou pas ?
01:15Il y a de la demande oui ou non en fait.
01:18Mais il peut y avoir de la demande.
01:20Parce que vous allez...
01:21Il peut y avoir de la demande.
01:22Mais il peut y avoir de la demande.
01:24Après, c'est une question de stratégie, de marketing, de positionnement.
01:28Il peut y avoir de la demande.
01:29Attendez, puisque vous m'entraînez sur ce terrain-là,
01:31que j'avais prévu d'aborder seulement plus tard.
01:34Duralex, c'est quoi ?
01:36C'est des verres incassables.
01:38C'est des verres durables.
01:41On nous parle toujours de consommation responsable, etc.
01:45Est-ce que ce n'est pas finalement un verre qui est dans l'air du temps ?
01:48Est-ce que ce n'est pas un produit...
01:49Il y a de la demande ou pas aujourd'hui ?
01:50Vous ne répondez pas à ma question.
01:51Ils en vendent des verres ?
01:52Et la demande, vous la créez.
01:53Si vous savez le vendre, votre produit,
01:55vous croyez que tous les gens qui ont fait des doudounes
01:56avec des marques célèbres,
01:58tous les gens qui font tout un tas de produits,
02:00vous croyez qu'il y a une demande spontanée comme ça ?
02:02Là, vous avez une demande naturelle.
02:04Encore une fois, il y a un marché qu'il faut savoir exploiter.
02:07Et puis après, moi je trouve qu'il y a aussi quand même un problème d'image.
02:11Vous sauvez les cathédrales,
02:12vous sauvez le patrimoine culturel,
02:14on ne sauve pas le patrimoine industriel.
02:16Mais quel sens a le mot réindustrialisation ?
02:19En gros, hier...
02:19Duralex et Notre-Dame.
02:20Hier à Versailles,
02:22hier à Versailles,
02:23vous avez quoi ?
02:24On sort les verres en cristal
02:26pour des patrons du monde entier
02:27qui vont nous faire des data centers
02:29dans lesquels il va y avoir 15 personnes
02:30qui vont travailler
02:31et vous laissez tomber le verre du peuple,
02:34le verre des cantines
02:36et ses 250 salariés.
02:37Un peu trop !
02:38Franchement, non mais,
02:39il y a un moment où vous dites
02:41mais du coup la réindustrialisation, c'est quoi ?
02:43C'est du vent, c'est du bidon ?
02:44Non, il y a des marques comme ça,
02:45je ne sais pas, moi,
02:46il y a l'aïol, le creuset,
02:48mais vous avez dit que...
02:48Donc ça ne se vend pas, on sauve.
03:03Jean-Marc, je vous laisse.
03:05Le contribuable du département du Loiret
03:07et de la région centre.
03:09Je ferai une autre remarque,
03:10c'est que ce n'est pas une marque centenaire,
03:12elle est née en 1945.
03:13Donc à partir de quand est-ce qu'on commence à dire
03:15qu'on est dans le patrimoine ?
03:17Tout est dans le patrimoine.
03:18Si, dès 1945, on est devenu...
03:20Une marque est connue par tous les Français, Jean-Marc.
03:21La dernière remarque...
03:22Pourquoi on laisse tomber, Jean-Marc ?
03:23Alors, on laisse tomber, on laisse tomber.
03:26Et il y a quand même trois considérations,
03:28comme toujours.
03:29La première considération, c'est que
03:31la dernière version, c'était une version
03:33sous forme de coopérative.
03:36Une scope.
03:37Et donc, on voit bien que
03:39la lutte contre le méchant actionnaire
03:41ayant été abandonnée maintenant,
03:43puisque les ouvriers eux-mêmes
03:45ne résolvent pas le problème économique.
03:47Il y a une réalité économique
03:49qui s'impose à tout le monde.
03:50Et effectivement, la bonne réalité économique
03:52que l'on mesure, c'est
03:53est-ce qu'il y a ou non de la demande ?
03:55Et c'est d'autant plus important
03:56que la personne qui a été choisie
03:58par les salariés pour essayer
03:59de reprendre l'entreprise
04:01à la tête de l'entreprise
04:02après la démission du directeur actuel,
04:04c'est la responsable du marketing.
04:05C'est-à-dire que ce n'est pas quelqu'un
04:06qui a échoué en termes de configuration
04:09de la demande,
04:10c'est quelqu'un qui est dérécu
04:11par les producteurs eux-mêmes
04:12comme quelqu'un de compétent.
04:14Or, elle n'a pas réussi à susciter la demande
04:15parce qu'il n'y a plus de demande
04:16pour ce type de produit.
04:18La deuxième considération
04:19que je mettrai en avant,
04:20c'est que le fait que, effectivement,
04:23les pouvoirs publics s'engagent dans...
04:25Ça donne une impression
04:26et une illustration de la survie artificielle
04:30de pan entier de notre économie.
04:33Et quand Emmanuel Le Chiffre dit
04:35« Si le mot réindustrialisation a du sens,
04:37il faut sauver Duralex »,
04:38je dis « Effectivement,
04:40si le mot réindustrialisation avait du sens... »
04:43Je mets ça au conditionnel.
04:45On sauverait Duralex !
04:46On sauverait Duralex !
04:47Ah si, on sauverait !
04:48S'il avait du sens...
04:49On met rien.
04:50S'il avait...
04:51Il n'en a pas !
04:52Mais il n'en a pas !
04:53Le mot...
04:53Vous savez, en latin et en grec,
04:55on fait la différence dans le conditionnel
04:57entre le potentiel,
04:58ce qui peut arriver,
04:59et l'irréel.
05:00C'est un conditionnel irréel.
05:02C'est-à-dire,
05:03ce conditionnel exprime
05:04que réindustrialisation,
05:05c'est irréel.
05:07Et la dernière remarque que je ferais,
05:08c'est que ça me rappelle
05:10ma jeunesse,
05:11et donc une époque
05:11que vous n'avez pas connue,
05:12qui était l'époque de Lip.
05:14Et donc,
05:14c'était un peu la même chose.
05:16Lip, c'était une marque
05:17qui était une marque d'horlogerie
05:20ancestrale.
05:20Elle était beaucoup plus ancienne
05:21que Duralex,
05:22qui fait faillite.
05:23Et on crée une scope.
05:24Et à ce moment-là,
05:25toute une partie de la classe politique,
05:26il faut défendre Lip.
05:28Et le Parti Socialiste de l'époque dit
05:31la prise en charge
05:32par les ouvriers
05:33de l'appareil industriel,
05:34c'est l'avenir de la société
05:36vers laquelle nous allons.
05:38Et bien Lip,
05:39au bout d'un moment,
05:39le Premier ministre de l'époque,
05:40Pierre Messmer,
05:41avait dit
05:41écoutez, Lip, c'est fini maintenant.
05:43On arrête.
05:43C'est-à-dire,
05:44on ne construit pas
05:44des cathédrales intellectuelles,
05:47on ne construit pas
05:47des références mythiques
05:49avec de l'argent public.
05:51Il y a un moment
05:51où c'est le marché,
05:53la demande,
05:54la réalité économique
05:55qui s'impose.
05:56Si je devais faire
05:57une formule latine
05:58un peu audacieuse
05:59vu le dossier,
06:00ce serait
06:00Duralex,
06:02cède l'ex.
06:03C'est-à-dire,
06:03la loi est dure,
06:04Duralex,
06:05cède l'ex,
06:06mais c'est la loi
06:07de l'économie.
06:09Juste une remarque,
06:10c'est qu'on retrouve
06:11à nouveau
06:12des montrolippes
06:13et que cette marque,
06:15effectivement,
06:15que tout le monde
06:15condamnait,
06:16etc.,
06:17cette marque,
06:17elle a réussi
06:18quand même
06:18à revenir.
06:20Mais que Duralex revienne,
06:22ça ne me dérange pas,
06:22mais pas avec l'argent
06:23des contribuables
06:24du Loiret.
06:25Oui, oui,
06:25mais après,
06:26je pense qu'il y a
06:26des solutions
06:27à trouver.
06:28En plus,
06:29ce n'est pas des sommes
06:29considérables,
06:30encore une fois,
06:31par rapport aux externalités
06:32positives que génère
06:33ce type de marque
06:34pour l'ensemble
06:36de la marque France.
06:36Vous avez acheté des verres ?
06:38Oui.
06:38Ah bon ?
06:39Bien sûr.
06:39Chez vous,
06:40on boit en verre de cantine ?
06:41Chez moi,
06:41on boit avec,
06:42vous savez,
06:43ces verres multicolores,
06:45il y a des très beaux verres
06:47violets,
06:48oranges,
06:49verts,
06:50blancs,
06:51transparents.
06:52C'est super chic
06:54d'être pas très chic.
06:56Non.
06:56Vous n'êtes pas très à la page.
06:58J'ai tous les défis.
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