- il y a 2 mois
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00:00Bienvenue dans les informés, votre rendez-vous de décryptage de l'actualité.
00:05Bonjour Renaud. Bonjour Agathe.
00:07Deux questions à la une des informés ce matin.
00:10Emmanuel Macron annonce que l'amende pour consommation de drogue va passer à 500 euros.
00:14Est-ce efficace ? Et puis pourquoi l'Europe recule-t-elle sur la fin de la voiture thermique en 2035 ?
00:21Pour t'en comprendre, avec nous Henri Vernet, rédacteur en chef adjoint aux Parisiens aujourd'hui en France.
00:26Bonjour Henri. Bonjour.
00:27Et Jean-Jérôme Bertolus, éditorialiste politique à France Info TV. Bonjour Jean-Jérôme.
00:32On commence donc Renaud avec notre premier sujet, dans la lutte contre le narcotrafic.
00:37Frapper des consommateurs au portefeuille, est-ce vraiment une solution efficace ?
00:40C'est l'une des mesures évoquées hier par Emmanuel Macron lors de son déplacement à Marseille,
00:44cette ville devenue emblématique de la lutte de l'État contre le narcotrafic.
00:48On va pilonner, dit le chef de l'État, on ne doit rien lâcher.
00:51Et donc parmi un arsenal de mesures déjà annoncées ou en cours de mise en œuvre,
00:56il y a la volonté répétée du chef de l'État de frapper le consommateur au portefeuille.
01:01Parce que, dit-il, on en a marre de pleurer des jeunes, des jeunes qui sont tués justement par des narcotrafiquants.
01:06Tandis que pour d'autres, se droguer ce serait festif.
01:09Non, ce n'est pas festif, dit-il.
01:10Il a donc annoncé l'augmentation de cette amende forfaitaire délictuelle.
01:14Pourquoi ? Voici ce qu'on disait il y a quelques minutes.
01:16Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur, qui était votre invité.
01:20Alors les consommateurs, oui, c'est un problème.
01:21C'est un problème. S'il n'y avait pas de consommateurs, il n'y aurait pas de trafic.
01:24C'est juste ce qui est dit. Pas plus.
01:26L'amende actuellement, elle est de 200 euros.
01:28Quand vous la payez tout de suite, c'est 150.
01:29L'idée, c'est de la monter à 500 euros.
01:31Et par ailleurs, le président l'a dit à d'autres moments de cette séquence marseillaise,
01:35il y a aussi cette volonté d'améliorer le recouvrement.
01:37Oui, parce qu'elles ne sont pas recouvrées dans la majorité.
01:39On en recouvre 6 sur 10 quand même, ce qui est beaucoup.
01:41Je ne pensais pas que c'est qu'une amende.
01:42C'est une amende forfaitaire délictuelle.
01:44C'est un délit.
01:45C'est-à-dire que le consommateur, on lui prend de l'argent, c'est évidemment très important.
01:48Et par ailleurs, c'est un délit.
01:49Avec inscription, etc.
01:51C'est un délit.
01:52Alors, augmenter le montant de cette amende forfaitaire délictuelle,
01:56améliorer le recouvrement.
01:57Aujourd'hui, il y a à peu près 200 000 amendes forfaitaires délictuelles
02:00qui sont délivrées par an.
02:02Et puis, le ministre de l'Intérieur a aussi évoqué d'autres pistes qui peuvent être en débat.
02:06Il ne les exclut pas.
02:07C'est-à-dire, peut-être de prévenir, d'informer les employeurs,
02:11des personnes qui auraient justement été condamnées,
02:14auraient eu cette amende forfaitaire délictuelle pour consommation de drogue, d'une part.
02:18Et puis, s'interroger aussi sur la détention du permis de conduire par ces personnes.
02:22On sait que la proportion des accidents de voiture causés par la consommation de drogue est en nette hausse.
02:29Alors, est-ce que toutes ces mesures qui visent aussi, au-delà de l'arsenal global,
02:34à viser le consommateur, la consommation, est-ce que c'est utile, nécessaire et justifié ?
02:40Est-ce que ça peut faire peur, Henri Vernet ?
02:42Prévenir l'employeur ?
02:44Suspendre le permis de conduire ?
02:46Passer l'amende à 500 euros ?
02:47Les deux premières options, ce sont des pistes, mais l'amende va vraiment passer à 500 euros.
02:51Ça peut fonctionner ?
02:52Laurent Nunez disait, l'amende, c'est efficace.
02:54Ça peut dissuader, en tout cas, mais davantage, justement, les mesures annexes, si je puis dire,
02:59que vous venez d'évoquer, enfin, qu'a évoqué le ministre, c'est-à-dire, en effet, prévenir l'employeur, inscrire.
03:04Comme il dit, c'est un délit, donc ça veut dire que ça reste sur votre casier.
03:07Ça veut dire que vous êtes là, vous portez ça, quand même, dans votre vie professionnelle, sociale, exactement.
03:12Permis de conduire, également, là, ça peut dissuader.
03:14Le montant lui-même, oui, aussi, bien évidemment, même si, vous savez, les consommateurs,
03:18il y a quelques semaines, Emmanuel Macron, il avait parlé des bourgeois des centres-villes,
03:22en parlant, justement, de ces consommateurs qui l'ont envisée.
03:24C'est un vieux projet, chez lui, vraiment, de mettre l'accent là-dessus.
03:28Ces bourgeois-là, alors, évidemment, il n'y a pas que cela, bien évidemment.
03:31Et d'ailleurs, c'est de moins en moins vrai.
03:32Dans les années 80-90, certes, la drogue était déjà beaucoup plus chère,
03:36et beaucoup plus circonscrite à la cocaïne, à des milieux très privilégiés,
03:39mais aujourd'hui, ce que disent les spécialistes, c'est qu'il y en a dans la campagne, il n'y en a partout.
03:41Ça se répand, donc on peut penser, oui, que ce serait efficace.
03:44Donc, viser le consommateur, bien sûr, ça peut participer de la dissuasion sur un marché.
03:50On l'a assez répété, c'est quand même un marché qui, en France,
03:53est estimé de l'ordre de 6 milliards d'euros de chiffre d'affaires.
03:57Évidemment, c'est une édition des clandestines, néanmoins, c'est quand même ça les calculs qui sont faits.
04:00Donc, bien sûr, tout ce qui touche au portefeuille peut être efficace.
04:04Néanmoins, ce n'est vraiment, je pense qu'on y reviendra,
04:05ce n'est vraiment qu'une partie de la question.
04:08Il y a aussi, malgré tout, l'idée de conscientiser un petit peu les gens,
04:12de leur dire bien que c'est l'histoire de, en effet, on ne peut pas pleurer d'un côté
04:15et puis aller faire cette consommation festive ou pas de l'autre.
04:19Cette idée vraiment de marquer qu'en faisant cela, on encourage quelque chose qui est mortifère.
04:25Donc ça, oui, ça peut marquer les esprits.
04:26Mais enfin, encore une fois, c'est d'abord au trafic, aux narcos qu'il faut s'attaquer.
04:30Sans prendre au consommateur, Jean-Jérôme Bertolus,
04:33est-ce que c'est bien joué de la part du président
04:34ou ça peut donner le sentiment que le gouvernement se défausse un peu ?
04:38Je dirais, bien joué, je ne sais pas.
04:40Il y a eu un ton, presque un tout petit peu, qu'il avait déjà eu par le passé,
04:45que ce soit sur la drogue ou sur d'autres sujets.
04:48Maintenant, on en a marre.
04:50Voilà.
04:51Ça paraît, comment dire, sûrement une mesure à prendre.
04:56Effectivement, il faut que les consommateurs,
04:58y compris les bourgeois des centres-villes,
05:00qui dans les dîners se font livrer de la drogue
05:03par un Uber en bas, ou par un livreur.
05:07Effectivement, le marché de la drogue est devenu tellement sophistiqué
05:13qu'il y en a qui usent de cette drogue simplement comme ça,
05:17sans en tirer aucune conséquence.
05:19Maintenant, soyons clairs, le chiffre vient d'être donné,
05:226 milliards d'euros en France.
05:24La Commission européenne a récemment dit
05:26qu'il n'y a jamais eu autant de drogue en Europe, importée,
05:29et jamais eu autant de drogue fabriquée en Europe.
05:33Donc, il n'y a jamais eu autant de consommateurs en France.
05:36Juste pour vous donner un chiffre, on le sait,
05:39la consommation de cocaïne en 20 ans a été multipliée par 10.
05:43La consommation de cannabis a été muée par 2.
05:46Qu'est-ce que je dis, simplement ?
05:48Ce qu'on dit à peu près chaque semaine,
05:50quand il y a un ado qui se fait tuer dans un règlement de compte,
05:52ici ou ailleurs, quand il y a un collège qui se fait incendier,
05:56comme à Dijon, quand on est forcé d'évacuer des immeubles
06:00où il y a des habitants simplement parce qu'il y a des points de deal,
06:03je dirais, c'est sûrement nécessaire,
06:05mais c'est loin, loin d'être suffisant,
06:08et c'est toujours dans la même benne,
06:10répression, répression, répression.
06:12Sachant, Renaud, qu'il y a un autre sujet,
06:14c'est le recouvrement de ces amendes.
06:16Laurent Nunez dit 4 sur 10 ne sont pas recouvrées,
06:21j'allais dire, 6 sur 10 recouvrées.
06:23Donc nos chiffres se recoupent.
06:24Voilà.
06:25Qu'est-ce qui est prévu pour améliorer ce taux de recouvrement ?
06:28Évidemment, ça nécessite qu'il y ait davantage de personnel en mesure de le faire,
06:32qu'il y ait davantage de contrôle, de poursuite.
06:34Ensuite, lorsque vous ne payez pas cette amende immédiatement,
06:38puisqu'on sait en plus que si vous la payez immédiatement,
06:40le montant est moins élevé, etc.
06:42Donc ça nécessite des moyens.
06:44Mais je reviens juste un instant sur la pénalisation et sur la répression.
06:47Non seulement c'est nécessaire, mais c'est indispensable.
06:49Parce que si la consommation, elle a augmenté à ce point,
06:51que ce soit d'ailleurs du hache, de l'herbe ou de la cocaïne,
06:55la forcièrerie de la cocaïne depuis 10 ans,
06:57si cette consommation explose,
07:00c'est aussi parce qu'il y a une forme de banalisation dans la société,
07:02une forme justement de déculpabilisation.
07:04Ce serait même cool, après tout, dans certains milieux,
07:07que de prendre de la coca en fin de repas.
07:11C'est quelque chose qui est totalement banalisé.
07:13C'est festif, comme dit Emmanuel Macron, et après on va pleurer.
07:15Le mot est très juste.
07:17Alors c'est vrai que ça va à l'encontre d'une certaine idéologie libertaire
07:19un peu dominante dans certains milieux,
07:21justement à propos de la consommation de ce produit,
07:24qui est évidemment totalement illégale.
07:26Heureusement, je pense qu'il a bien fait de rappeler ça,
07:28parce qu'il y a des conséquences dramatiques
07:30qu'on voit encore une fois,
07:31en termes de santé publique d'une part,
07:33et puis en termes évidemment de narcotrafiquants.
07:35Après, évidemment que ça n'est pas suffisant de pénaliser les consommateurs,
07:39c'est indispensable de les sanctionner plus durement,
07:42mais ça n'est évidemment pas suffisant.
07:43C'est vrai que ce n'est pas du tout le seul volet,
07:45évidemment, de toute cette action que l'État mène
07:48et essaye de mener contre les narcotrafiquants,
07:51mais ça participe, Henri Vernel disait, d'une forme de conscientisation.
07:54Et par exemple, je trouve que c'est à peu près...
07:56Ça participe aussi de quelque chose qu'a évoqué Amine Kessassi,
07:59ce militant extrêmement courageux des quartiers Nord
08:01contre le narcotrafique,
08:03dont le petit frère, on le sait,
08:06totalement innocent à ses pratiques,
08:08a été assassiné il y a un peu plus d'un mois.
08:10Lui, il évoque la nécessité, pourquoi pas,
08:11il propose une convention citoyenne
08:13pour s'emparer de la lutte contre le narcotrafique.
08:15Pourquoi je relis ça à l'épegnation des consommateurs ?
08:17Parce que ça participe justement de cette nécessité
08:20de bâtir une forme vraiment d'unité nationale
08:23et de prise de conscience d'abord.
08:25Et Amine Kessassi dit bien qu'il faut aussi
08:26ramener par exemple tous les services publics
08:28dans ces quartiers délaissés
08:30où une forme d'économie souterraine et meurtrière
08:32a pris le pouvoir et impose sa loi.
08:34Il ne s'agit pas de faire que de la répression,
08:35mais la répression, ça participe aussi
08:37de la prise de conscience.
08:38Donc il faut la répression,
08:39il faut davantage de services publics,
08:41et puis il faut une action massive,
08:44soutenue par l'ensemble des populations
08:45et aussi par l'ensemble des forces politiques d'ailleurs.
08:47Il n'y a pas de raison que ce sujet-là
08:49soit un sujet de polémique politicienne.
08:52Il faut aller plus loin aussi,
08:54peut-être dans la législation,
08:56dans les moyens que l'on se donne
08:57pour aller saisir l'argent notamment des narcotrafiquants ?
09:00Parce que la drogue, il y en aura toujours malgré les saisies.
09:02Bien sûr, mais notamment à l'étranger.
09:03Mais là-dessus aussi, ça avance.
09:04On a bien vu d'ailleurs.
09:05Bon, d'abord, il y a des cadres,
09:07des arsenaux législatifs qui évoluent.
09:09On a vu la mission, par exemple,
09:10de Gérald Darmanin,
09:11ministre de la Justice,
09:12il y a quelques semaines,
09:13qui est allée dans les Émirats arabes unis.
09:15Parce qu'à Dubaï,
09:15il y a beaucoup de biens
09:16qui sont possédés par des narcotrafiquants,
09:19par des leaders importants dans ces trafics
09:22et avec une possibilité de les saisir.
09:24Et ça, c'est nouveau.
09:25Ce qui apparaît là, c'est que c'est vraiment
09:27une lutte qui est tous azimuts.
09:29C'est un travail qui est énorme.
09:30Et c'est vrai qu'à force de voir ces visites
09:32de Macron et d'autres se répéter
09:34avec le côté incantatoire
09:36qu'il y a forcément à toute démarche politique,
09:38on a l'impression qu'à chaque fois,
09:39ce sont un peu des coups d'épée dans l'eau,
09:40des grands effets de manche.
09:41Et puis, il n'y a pas de suivi.
09:42Mais en fait, non,
09:43il y a quand même quelque chose
09:44qui se passe en France aujourd'hui.
09:45C'est que réellement,
09:46alors la société,
09:47et c'est pour ça que cette idée de convention citoyenne,
09:50mais pourquoi pas, d'ailleurs,
09:51pour tout agiter comme idée,
09:53comme mesure possible.
09:54Et c'est vraiment cette prise de conscience collective.
09:56Mais la classe politique,
09:57pendant longtemps,
09:58les politiques français,
09:59ont un peu relégué,
10:00même beaucoup relégué,
10:02cette question de la drogue
10:03parce que finalement,
10:04on disait que ça concernait
10:05certaines villes,
10:05certains quartiers,
10:06certaines populations.
10:07Et on mettait ça un peu de côté.
10:09Mais regardez par exemple
10:09ce qui s'est passé en Italie
10:10il y a maintenant 20 ans, 30 ans.
10:12C'est vraiment les politiques
10:13et la société entière
10:16qui s'est emparée de cette lutte.
10:17Et c'est ça qu'il faut faire
10:18parce que ce désastre quand même
10:20qui est total,
10:21aujourd'hui, c'est vrai
10:21quand je disais
10:22qu'on a l'impression
10:23qu'on est impuissant,
10:24ben oui, par exemple,
10:25dans le Parisien,
10:25on avait montré très tôt
10:26que dans la DZ mafia,
10:28il y a des ordres,
10:29il y a des choses
10:29qui s'organisent depuis les prisons.
10:32C'est quand même ça
10:32qui est extraordinaire.
10:33Vous citiez l'exemple
10:34de ce collège des représailles,
10:35c'est-à-dire l'omerta,
10:37la peur, l'intimisation
10:38qu'on fait régner
10:38jusqu'à brûler
10:40des établissements scolaires
10:41parce qu'il y a des points de deal
10:43qui ont été démantelés à côté
10:44et donc on veut se venger.
10:45Donc tout cela,
10:46c'est intolérable
10:47mais pour lutter contre cela,
10:50c'est vrai qu'il faut vraiment
10:51maintenir cette espèce
10:53d'alerte permanente
10:55haut et fort
10:56que vraiment tout le monde
10:57s'en empare.
10:58Jean-Jérôme ?
10:59Oui, alors effectivement,
11:01l'unité nationale
11:03autour de cette guerre
11:05est complètement nécessaire.
11:07Encore une fois,
11:08c'est des ravages.
11:09Toutes les petites villes
11:10sont touchées,
11:10on ne le répétera pas assez.
11:12Ça veut dire que ça heurte
11:14les habitants français
11:16dans leur quotidien.
11:18En même temps,
11:18maintenant,
11:19il y a quand même
11:19des dissonances.
11:20C'est-à-dire que,
11:21par exemple,
11:22le maire de Marseille,
11:22alors je sais qu'on est rentré
11:23en campagne municipale,
11:25mais le maire de Marseille
11:26a dit,
11:26ah oui,
11:27tout le monde est autour
11:27d'Amin Kessassi
11:28et de sa famille,
11:30mais quand on parle d'argent,
11:31il n'y a plus personne.
11:32Sous-entendu,
11:33effectivement,
11:33Emmanuel Macron
11:34est venu à Marseille,
11:36les mains vides,
11:37les mains vides
11:37pour les quartiers.
11:38Et ce qui est vrai,
11:40c'est que tous les experts
11:41s'accordent pour dire
11:42que les dealers profitent
11:45en fait de la fragilité
11:46de certains quartiers
11:47en France.
11:48Ça,
11:49c'est un premier point.
11:49Et un deuxième point,
11:50oui,
11:51il y a une convention citoyenne
11:52parce qu'il y a quand même
11:53un angle mort
11:54dans tout ça en France
11:56parce que c'est vrai
11:57qu'on ne peut pas aller
11:58contre une espèce
11:59de doxa politique.
12:01C'est qu'il y a des expériences
12:02à l'étranger.
12:03Je pense au Portugal,
12:04à la décriminalisation
12:05de la drogue au Portugal
12:06ou je pense au Québec
12:08avec la dépénalisation.
12:10On n'en parle jamais.
12:10Moi, je ne suis pas du tout
12:11un expert,
12:12mais quand je lis
12:13des choses à droite
12:14et ailleurs,
12:15quand j'entends
12:15effectivement certains témoins,
12:17il semble que ça peut marcher.
12:19Peut-être,
12:19peut-être pas.
12:20Mais en tout cas,
12:21il faudrait ouvrir
12:22un petit peu le débat
12:23en France,
12:24à la fois pour que
12:25chaque citoyen soit embarqué
12:26et puis à la fois
12:27pour qu'on voit
12:27un petit peu
12:28toutes les solutions possibles.
12:29Il y a des exemples étrangers
12:30très différents.
12:31Vous avez raison de citer cela
12:32et puis à l'inverse,
12:32ça a échoué totalement
12:33aux Pays-Bas.
12:33Au contraire,
12:34les narcotrafiquants
12:35ont remis la main
12:35alors qu'il y avait eu
12:36une amorce de dépénalisation
12:37sur laquelle d'ailleurs
12:38le pouvoir est revenu
12:40parce que les Pays-Bas
12:41sont devenus aussi
12:42un pays gangréné
12:43par la mafia
12:45du narcotrafique.
12:45Et ça ne règle pas
12:46la question de la cocaïne,
12:47la dépénalisation du cannabis ?
12:47Non, bien sûr.
12:49On n'en est pas là.
12:50En tout cas,
12:50aujourd'hui,
12:50personne parmi les responsables politiques
12:52ne demande en France
12:53en tout cas
12:54la dépénalisation
12:55ou la légalisation
12:56de la consommation
12:57de la cocaïne,
12:57heureusement.
12:58Dans un instant,
12:59chers informés,
13:00la fin de la voiture thermique,
13:02ce n'est pas pour tout de suite.
13:04Mais d'abord,
13:04le fil info 9h20
13:06avec Maureen Sunard.
13:08Invité du 8.30 France Info
13:09ce matin,
13:10le ministre de l'Intérieur
13:11confirme que son ministère
13:13a été victime
13:14d'une cyberattaque.
13:15Ce sont les serveurs
13:16de messagerie
13:16qui ont été touchés.
13:18Les hackers ont pu consulter
13:19des fichiers sensibles,
13:20notamment le traitement
13:21des antécédents judiciaires
13:22et le fichier
13:23des personnes recherchées.
13:24Quelques dizaines
13:25de fichiers
13:26ont été subtilisés.
13:27La ministre de l'Agriculture
13:29appelle elle ce matin
13:30à l'apaisement.
13:30Des actions sont toujours
13:31en cours
13:32contre le protocole sanitaire
13:33lié à la dermatose.
13:35Des agriculteurs
13:36s'engagent en ce moment
13:37sur la neuf à Narbonne
13:38pour rallier Carcassonne,
13:39des éleveurs
13:40qui refusent l'abattage
13:41des bêtes
13:42lorsqu'un élevage
13:42est touché par la maladie.
13:44Le gouvernement a promis
13:45une accélération
13:46de la vaccination.
13:47Comment réguler
13:48l'arrivée massive
13:49des petits colis en France ?
13:51L'Union Européenne
13:51va les taxer
13:52à hauteur de 3 euros
13:53minimum
13:54dès l'été prochain.
13:55Des députés français
13:56proposent ce matin
13:57une taxe de 5 euros
13:59et cela dès le mois de janvier.
14:01Ils demandent aussi
14:01la multiplication
14:02des contrôles.
14:03Moins d'un pour cent
14:03des produits importés
14:04dans l'UE
14:05sont inspectés.
14:06Et puis la chaîne
14:07de la Ligue de foot
14:08professionnelle,
14:09Ligue 1+,
14:09va diffuser l'intégralité
14:10des matchs du championnat
14:11l'année prochaine.
14:13Mais dans le même temps,
14:14le tarif de l'abonnement
14:15pourra augmenter.
14:17La Ligue réfléchit
14:18à le passer
14:18de 20 à 20 euros.
14:24France Info
14:25Les informés
14:28Renaud Delis
14:29Agathe Lambret
14:30Les informés
14:34avec Jean-Jérôme Bertolus,
14:35éditorialiste politique
14:36à France Info TV.
14:38Henri Vernet,
14:39rédacteur en chef
14:39adjoint aux Parisiens
14:40aujourd'hui en France.
14:41On passe à notre
14:42deuxième sujet.
14:43Renaud,
14:44pourquoi l'Europe
14:44enclenche-t-elle
14:45la marche arrière
14:46sur la fin
14:47de la voiture thermique ?
14:48La Commission européenne
14:49qui propose donc
14:49de revenir
14:50sur l'une de ses mesures
14:51climatiques
14:52les plus emblématiques,
14:53l'interdiction
14:54de la vente
14:55de voitures neuves
14:56à moteur thermique
14:57à partir de 2035.
14:58La Commission a donc annoncé
15:00hier
15:01que les constructeurs
15:04sont autorisés
15:04à continuer
15:05à proposer
15:06d'autres types
15:07de technologies
15:07après 2035
15:08de l'ordre
15:08d'à peu près
15:09de 10%
15:09de leur parc
15:11pourra demeurer
15:12thermique
15:13ou hybride.
15:14Alors pourquoi
15:15cette décision ?
15:15Est-ce que c'est une réponse
15:17à la crise
15:17du marché automobile actuel ?
15:19Est-ce que c'est cette crise-là
15:20qui nécessitait ce recul ?
15:22Voici la réponse ce matin
15:23sur l'antenne de France Info
15:24de Luc Châtel,
15:25président de la plateforme
15:26automobile
15:26qui regroupe
15:27les constructeurs
15:27et équipementiers français.
15:29Le marché automobile
15:30a perdu un tiers
15:31de volume
15:33depuis 5 ans
15:34en Europe.
15:35La France va produire
15:35cette année
15:363 fois moins de voitures
15:37qu'il y a 25 ans.
15:38Et on en est là.
15:39En gros,
15:40les constructeurs,
15:41les équipementiers,
15:42toute la filière
15:42ont investi massivement
15:43dans l'électrique
15:44qui reste une solution
15:46très bonne
15:47pour décarboner
15:48les transports.
15:50Mais on voit
15:50qu'à la fin,
15:51le consommateur
15:52ne suit pas.
15:53L'électrique,
15:54c'est une bonne solution
15:54mais on n'y arrive pas.
15:56Alors pourquoi est-ce
15:56qu'on n'y arrive pas ?
15:57Est-ce qu'il faut
15:58finalement saluer
15:59le pragmatisme
16:00de la Commission européenne ?
16:01On sait que cette décision,
16:02la fin de la vente
16:03des voitures neuves
16:03thermiques en 2035
16:04suscitait de nombre
16:05de protestations,
16:06notamment en Allemagne
16:06d'ailleurs.
16:08Ou est-ce qu'à l'inverse,
16:08il faut s'inquiéter
16:09puisqu'il s'agissait
16:10d'une des mesures
16:11emblématiques
16:11du fameux
16:12pacte vert européen
16:14et donc on enregistre
16:15là de nouveau
16:16un nouveau recul
16:17de l'Union européenne
16:19sur la nécessité
16:20de concrétiser
16:21la transition
16:22environnementale ?
16:24Pourquoi cette marche arrière
16:25Jean-Jérôme Bertolus
16:26aujourd'hui ?
16:27Parce que je pense
16:27que d'abord
16:28la Commission européenne
16:30a été sensible
16:31à la voix
16:31de certains constructeurs.
16:33Alors il y a
16:34les constructeurs allemands
16:35comme Porsche,
16:36Mercedes et autres
16:37mais qu'effectivement
16:38compte tenu
16:39que la crise
16:40qu'on vit actuellement
16:41où l'Europe
16:42est balottée
16:43entre les mesures
16:44de rétorsion
16:46américaine,
16:47chinoise,
16:48où il y a
16:48une vraie inquiétude
16:49sur la croissance économique,
16:51où il y a
16:51une décélération
16:52des ventes de voitures.
16:53Simplement,
16:54la Commission européenne
16:55a voulu adresser
16:56un signe
16:57aux constructeurs.
16:58Pourquoi pas ?
16:59J'ai envie de dire.
17:00Maintenant,
17:00il y a deux choses.
17:01D'une part,
17:01oui,
17:02on peut difficilement
17:03penser que c'est
17:04un très bon signe
17:05pour le climat
17:06et on sait
17:07que ce que l'on appelle
17:08au niveau européen
17:09le pacte vert,
17:10c'est-à-dire
17:10toutes les mesures
17:11pour l'environnement
17:12et la nature
17:13sont détricotées
17:14les unes après les autres,
17:15notamment depuis
17:16les dernières élections
17:17européennes
17:17où la extrême droite
17:19a fait un bond
17:19au Parlement européen
17:21et maintenant la droite
17:21est l'extrême droite.
17:22Elles ont moins la cote
17:22aujourd'hui.
17:23Voilà,
17:23c'est moins la cote
17:24et puis il y a des alliances
17:25effectivement entre droite
17:26et extrême droite
17:26pour détricoter.
17:27Mais l'autre chose
17:28qui est aussi un tout petit peu
17:30qui peut susciter
17:31une interrogation,
17:33c'est que la Commission européenne
17:35n'arrête pas
17:35de faire des à-coups,
17:36n'arrête pas de faire
17:37des allers-retours
17:38dans sa politique.
17:38Or, en matière industrielle,
17:40il faut à peu près 10 ans
17:41pour bâtir une politique.
17:43Derrière les voitures électriques,
17:44il y a des gigafactories
17:46de batteries
17:48qui, en fait,
17:49vont faire faillite en Europe
17:50alors qu'on essayait
17:51d'être un peu leader
17:52dans ce domaine.
17:53Donc, on voit
17:53qu'aujourd'hui,
17:55l'Europe est en pleine interrogation
17:56et que ce signal
17:58n'est peut-être pas
17:58un très bon signal.
18:00Peut-être que ces mesures,
18:00elles étaient mal ficelées
18:01aussi en rivernais.
18:02Non, ça ne fait pas
18:03depuis des années
18:03qu'on savait
18:04que cet objectif,
18:05il n'était pas tenable ?
18:07Oui, il y avait des voix
18:08qui s'exprimaient
18:08pour dire que ce n'était
18:09pas très réaliste
18:10parce qu'il y avait
18:11trop de dépendance
18:12finalement par rapport
18:13à la technologie chinoise
18:13notamment,
18:14même si on empêchait
18:15leurs véhicules électriques
18:16qui, eux, sont en plus
18:17subventionnés très largement
18:18par l'économie dirigiste chinoise.
18:22Mais donc,
18:22avec une forte présence
18:24y compris
18:24dans les constructions européennes,
18:26oui, il y a cette idée
18:27de ne pas être naïf
18:29et donc d'avoir
18:29une vraie industrie à nous.
18:30Néanmoins,
18:31c'est quand même
18:32un recul très clairement,
18:34c'est même un très mauvais signal,
18:35une très mauvaise nouvelle
18:36pour le climat.
18:37C'est un recul
18:37qui est quand même
18:38assez largement dicté
18:40par la pression allemande.
18:41Aujourd'hui,
18:41c'est amusant,
18:42enfin, c'est amusant,
18:43ironique, disons,
18:44cette décision de la Commission,
18:45ça permet d'avoir
18:46des nouvelles
18:46de Stéphane Séjourné.
18:47Vous savez,
18:48le commissaire européen,
18:49français,
18:49à la Commission européenne
18:50qui est quand même
18:51particulièrement discret,
18:51on ne l'entend pas beaucoup.
18:52Ancien ministre d'Etat étrangère.
18:53Ancien ministre d'Etat étrangère
18:54où il était d'ailleurs
18:55tout aussi discret.
18:56Et là, enfin,
18:56on a des nouvelles
18:57mais dans un sens,
18:57malheureusement,
18:58qui n'est pas extrêmement positif
18:59parce que,
19:00vous l'avez bien souligné,
19:01Jean-Jérôme,
19:01on n'arrête pas
19:02de détricoter
19:03ce qui était quand même
19:04une force du premier mandat
19:06de la Commission
19:07au fin d'un l'Eyen
19:08en 2019
19:08qui était justement
19:09ce Green Deal,
19:10ce pacte vert important.
19:12Alors, c'est vrai
19:12que l'Europe donnait le là.
19:14C'est vrai aussi
19:14que quand vous avez
19:15un président américain
19:16qui arrive
19:16et qui lui au contraire
19:17bouscule tout ça,
19:18qu'une obsession,
19:19c'est de forer
19:20partout à travers le monde
19:21où il restera encore
19:22des zones vierges.
19:23Donc, évidemment,
19:24et puis en effet,
19:24ce rouleau compresseur chinois
19:26qui donc d'abord
19:27continue de polier beaucoup
19:28mais en effet
19:29en matière de véhicules électriques
19:30il y a une avance énorme.
19:31C'est vrai que l'Europe
19:32elle ne peut pas être
19:32l'éternel herbivore
19:34dans sa monde de carnivores.
19:35Néanmoins,
19:35enfin là je suis vite,
19:36désolé,
19:37c'est quand même globalement
19:38une mauvaise nouvelle
19:39pour l'avenir
19:40parce que le climat
19:41c'est le changement climatique.
19:42Un mot,
19:43c'est un succès indéniablement
19:45du chancelier allemand
19:45Friedrich Merz
19:46qui réclamait
19:47ce report
19:48déjà de longue date
19:49et ça met un peu plus
19:50la pression sur Emmanuel Macron
19:51à propos de la signature
19:53du traité entre l'Union Européenne
19:54et le Mercosur
19:55parce que si Friedrich Merz
19:56remporte cette victoire
19:57aujourd'hui sur la voiture
19:59et qu'Emmanuel Macron
20:00n'ait pas suivi
20:01dans son refus
20:02de ratifier,
20:03de signer
20:03le traité entre l'Union Européenne
20:05et le Mercosur
20:06et bien ça a accenturé
20:07donc la pression
20:08sur le chef de l'État.
20:09Merci beaucoup
20:10les informés.
20:11Henri Vernet,
20:11vous avez la lune du Parisien ?
20:13Oui,
20:13c'est sur un banc d'essai
20:15des lignes de métro.
20:16Et je vous remercie.
20:18Je précise
20:19que vous allez bientôt quitter
20:21le Parisien
20:22après 30 ans
20:23passer dans ce beau journal
20:25et vous revenez
20:26sur vos souvenirs
20:27les plus marquants
20:28dans un podcast
20:29ça s'appelle
20:30Code Source,
20:30c'est ça ?
20:31C'est ça,
20:31Code Source le Parisien,
20:32les podcasts
20:33ils m'ont fait la gentillesse
20:34de brosser comme ça
20:35pour faire rapide.
20:36Et bien c'est sympa
20:37si vous voulez écouter
20:38le tout de...
20:39Vous racontez vraiment tout Henri ?
20:41Tout, tout, tout ?
20:41Ah non, non, vous savez bien.
20:42Il y a deux, trois trucs
20:43que je connais.
20:44Je peux vous dire
20:46qu'on a fait des voyages
20:46passionnants
20:47avec Henri Vernet
20:48on a assisté
20:49à des coulisses
20:49de la diplomatie
20:50très intéressante.
20:52Merci beaucoup
20:52Jean-Jérôme Bertelus
20:54éditorialiste politique
20:55à France Info TV
20:56Merci Renaud Dely
20:57Merci Agathe
20:58A demain
20:58et les informés
20:59reviennent ce soir
21:00à 20h
21:00avec Victor Matin
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