- il y a 10 mois
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00:01Bienvenue dans les informés, votre rendez-vous de décryptage de l'actualité jusqu'à 9h30.
00:06Bonjour Renaud Delis.
00:07Bonjour Agathe.
00:08Deux sujets à la une ce matin.
00:102026, année judiciaire.
00:12Plusieurs personnalités de premier plan vont être jugées ou rejugées.
00:16Comment garantir la sérénité des débats ?
00:18Et puis faut-il et peut-on surtout interdire le téléphone portable au lycée ?
00:23Pour nous éclairer ce matin, Myriam Ancawa, présentatrice de l'émission Tout est politique,
00:27de 18h à 20h, vendredi, samedi, dimanche sur France Info TV.
00:31Bonjour Myriam.
00:31Bonjour Agathe, bonjour à tous.
00:33Et Sylvain Courage, directeur agent de la rédaction du Nouvelle Ops.
00:35Bonjour Sylvain.
00:36On commence donc Renaud avec notre premier débat, la justice dans le viseur des politiques.
00:42L'année 2025 de ce point de vue-là a été assez tourmentée pour les juges qui ont été souvent pris pour cibles,
00:47qui ont subi des pressions, qui ont parfois été menacées,
00:50notamment après un certain nombre de décisions concernant des personnalités politiques.
00:53On pense à la condamnation de Nicolas Sarkozy, qui lui-même d'ailleurs avait dénoncé la haine des juges à son endroit,
00:59à une décision qui, selon lui, violait l'état de droit.
01:02La présidente du tribunal, d'ailleurs, assaillie de menaces anonymes, avait finalement dû être protégée.
01:07À la fin du mois de mars de l'année 2025, c'est Marine Le Pen qui avait été condamnée à 4 ans de prison,
01:12dont 2 fermes et 5 ans d'inégibité avec exécution provisoire.
01:15Elle aussi, elle avait dénoncé carrément un coup d'état des juges rouges,
01:18et même organisé un meeting de protestation.
01:21Et puis même une ancienne garde des Sceaux, Rachida Dati, s'en est prise au juge
01:25lorsqu'elle a été mise en examen pour corruption et trafic d'influence,
01:28qu'elle avait accusé les juges de piétiner les droits de la défense.
01:31Bref, les juges sont donc ciblés et les procès en appel de Nicolas Sarkozy et de Marine Le Pen arrivent très bientôt.
01:38Celui de Rachida Dati, en première instance, est programmé pour le mois de septembre.
01:41Comment essayer d'apaiser ce climat ?
01:44Eh bien, l'un des plus hauts magistrats du pays, Rémi Hetz, procureur général près de la Cour de cassation,
01:49est venu lancer un rappel à l'ordre ce matin sur l'antenne de France Info.
01:54J'en appelle vraiment surtout à la sérénité.
01:57Les magistrats ont besoin de calme, de sérénité pour pouvoir travailler de façon apaisée
02:04et pour pouvoir rendre des décisions.
02:07Et bien faire aussi la nuance, la distinction.
02:11Des décisions peuvent avoir des conséquences au plan politique,
02:16mais elles ne sont pas inspirées par des considérations politiques.
02:20Comment assainir le débat, Myriam ?
02:22Du côté des politiques et puis aussi vis-à-vis des Français,
02:25qui parfois aussi ont du mal à croire que les décisions de justice
02:28ne soient pas inspirées par des considérations politiques.
02:30Ça va être le défi de cette campagne présidentielle et municipale qui s'ouvre.
02:37La question d'État de droit, c'est plus qu'inquiétant.
02:39à la fois la critique vis-à-vis des juges sur les décisions légitimes.
02:44On peut critiquer une décision de justice.
02:48En même temps, les premiers condamnés ont une responsabilité.
02:54Et on a vu les formes d'inversion accusatoire, notamment de la part de Nicolas Sarkozy.
02:59Quand vous dites que c'est l'État de droit lui-même qui est violé,
03:01alors que vous critiquez vertement, que vous attaquez les juges après une décision de justice,
03:07on connaît la collégialité de cette décision, on ne va pas revenir là-dessus,
03:10et on renvoie à un dossier épais de plusieurs centaines de pages.
03:14Donc, c'est un défi absolument majeur.
03:17Et c'est un défi qui nous engage tous à l'heure où vous avez des puissances étrangères.
03:22Donald Trump, pour ne pas le citer, qui a déclaré la guerre à l'État de droit,
03:28non pas uniquement dans son propre pays, mais aussi dans l'Europe tout entière.
03:33On connaissait les ingérences dans les processus électoraux.
03:36On l'a vu en Allemagne avec le parti d'extrême droite, l'AFD.
03:40Il y a aujourd'hui des critiques.
03:41Alors, il faut rester prudent parce que le journal allemand d'Herspiegel
03:44parle d'une potentielle sanction envisagée par l'administration Trump
03:48contre des juges français qui ont condamné
03:52ou qui s'apprêtent à juger en appel Marine Le Pen.
03:55Mais c'est extrêmement grave.
03:56Les faits ne sont pas avérés, mais effectivement, il y a cette rumeur.
03:59D'où la prudence de Maude Bréjon que vous avez interrogée tout à l'heure,
04:01la porte-parole du gouvernement.
04:02Mais il faut quand même prendre conscience que là,
04:04si vous avez déjà une défiance dans l'opinion vis-à-vis du système judiciaire français,
04:11c'est des politiques accusées qui se trumpisent
04:15et une administration Trump qui fait peser,
04:19et on l'a vu sur les juges de la Cour pénale internationale,
04:22Nicolas Guillou, au magistrat à L'AE,
04:25qui est privé de moyens de paiement
04:26parce que quand vous avez des moyens de paiement,
04:28vous êtes forcément obligés de passer par les États-Unis.
04:31C'est Ribreton, c'est pas la justice, mais c'est important.
04:34Il y a un phénomène qui attaque directement nos démocraties
04:38et qui est devant nous.
04:39Donc, vigilance.
04:40Sylvain Courage, pourquoi le débat est-il si délétère aujourd'hui ?
04:44Est-ce qu'il y a eu une aggravation ?
04:45Est-ce que ça a toujours été le cas ?
04:46Et est-ce qu'on peut parler de trumpisation en France ?
04:49Oui, alors le débat est délétère parce que les magistrats ont fait leur travail.
04:52Ce qui n'était pas le cas jusqu'à si on prend un peu de recul historique.
04:55Et longtemps, ça a été compliqué pour les magistrats
04:57d'aller au bout des affaires politico-financières.
05:01Cette fois, le cas le plus emblématique,
05:04c'est évidemment un ancien président de la République
05:05qui a été condamné, qui fait appel.
05:08Donc, il y aura un nouvel examen du dossier.
05:10Mais c'est quand même un progrès de l'institution judiciaire,
05:13de ce pouvoir essentiel à la démocratie
05:15et dont l'indépendance doit être absolument préservée.
05:18Mais c'est quand même plutôt, pour moi, un bilan positif,
05:21le fait que les affaires soient allées à leur terme.
05:23Donc, ça déclenche des stratégies de contournement.
05:27Il se trouve qu'il y a des moyens de communication aussi
05:29pour faire ces stratégies de contournement.
05:30Vous pouvez créer une réalité alternative par les réseaux sociaux.
05:34C'est aussi ce que fait finalement Donald Trump
05:37puisque lui, il utilise ça pour s'immiscer dans tous les pays
05:41et prononcer des jugements, en fait, à sa sauce
05:46sur les magistrats, sur les décisions qui sont prises.
05:49Alors, les moyens de sanctions américains
05:52ne sont quand même pas énormes.
05:52Il y a le fait d'interdire l'entrée sur le territoire américain.
05:57Les pressions sur les moyens de paiement, c'est indirect,
05:59mais c'est vrai que c'est gênant.
06:00Mais il ne faut pas non plus surestimer la capacité des États-Unis
06:04à réellement faire pression sur les magistrats.
06:07La pression sur la justice, elle ne s'exerce pas seulement
06:09dans le domaine politique.
06:11Les magistrats, ils sont aussi mis en cause dans des affaires courantes,
06:14dans les affaires de narcotrafic, dans les affaires...
06:16La violence s'installe même dans les prétoires.
06:18Donc, c'est un problème plus global et plus complexe.
06:21Et donc, l'État de droit, il est remis en cause par Trump,
06:23mais pas seulement.
06:24Il est remis en cause par les politiques condamnées,
06:29mais aussi parfois par les simples citoyens.
06:30Donc, c'est une prise de conscience globale qu'il faudrait.
06:32Rana Véry ?
06:33Ce qui est vrai, c'est que le phénomène n'est pas nouveau,
06:36que des politiques s'en prennent aux magistrats.
06:38En revanche, il prend une ampleur considérable.
06:39D'abord, à cause de ce que dit Sylvain Courage,
06:41il y a de plus en plus de décisions de magistrats
06:43qui concernent des politiques,
06:44et des décisions qui, avant, n'étaient pas forcément prises,
06:46ou des affaires qui n'aboutissaient pas.
06:48Après, on se souvient qu'il y a quelques années,
06:50maintenant, il y a dix ans même, d'ailleurs,
06:52l'affaire Fillon, en pleine campagne présidentielle,
06:54avait suscité déjà un torrent de commentaires
06:56du principal intéressé de ses soutiens,
06:58dénonçant donc toujours le fameux pseudo-gouvernement des juges et autres.
07:02Et on a même ces partisans qui dénoncent le comportement de la justice,
07:06qui auraient volé, en quelque sorte, l'élection.
07:08Alors qu'à l'inverse, si on regarde dix ans après,
07:10heureusement, puisque François Fillon, lui, a été condamné,
07:13lourdement condamné, et définitivement condamné,
07:15heureusement que la justice a fait son travail,
07:18et qu'elle l'a fait à ce moment-là, précisément,
07:20puisque sinon, s'il avait d'ailleurs été peut-être élu président de la République,
07:23il aurait bénéficié d'une immunité, et donc d'une impunité,
07:26tout au long de son ou de ses deux mandats.
07:28Mais vous entendez aussi ceux qui disent que la justice s'est précipitée,
07:31exprès, pour empêcher François Fillon.
07:33Et aujourd'hui, il y a Sophia Chikirou, l'insoumise,
07:35qui dit aussi qu'on veut, elle, l'empêcher,
07:37qu'on veut la salir à l'approche des élections municipales.
07:41Bien sûr que non, à chaque fois qu'un responsable politique est menacé,
07:45mis en examen, ou est jugé,
07:47il évoque les prochaines échanges électorales.
07:49On vote tout le temps dans ce pays, fort heureusement,
07:50et continuons de voter d'ailleurs,
07:51c'est au moins un des outils, évidemment, essentiels de la démocratie.
07:54Donc il y a toujours des échanges électorales,
07:55donc les responsables politiques peuvent toujours se cacher derrière,
07:58attention, je suis candidat au cantonal, à la présidentielle,
08:00les élections régionales qui approchent,
08:02voilà, et si vous ajoutez effectivement la perspective électorale,
08:06avec aussi la perspective de l'immunité présidentielle,
08:09lorsqu'il y a une élection présidentielle, vous ne pourrez jamais juger un candidat
08:11qui est en campagne présidentielle.
08:13Donc évidemment que non, ça c'est aussi un faux procès.
08:15Après, juste un dernier point,
08:16c'est un faux jugement, si j'ose dire,
08:19un argument qui ne tient pas la route,
08:20les magistrats ne se calent pas sur l'agenda politique
08:23et sur l'agenda électoral, personne n'y croit.
08:25Même d'ailleurs les principaux intéressés, ils font semblant.
08:27Juste un tout dernier point, je pense qu'il faut distinguer
08:29la réaction des partisans, des supporters,
08:31des responsables politiques en question,
08:32qui sont inquiétés, menacés,
08:35enfin qui sont, pardon, inquiétés, poursuivis,
08:36et parfois condamnés, de l'ensemble de l'opinion.
08:38Parce qu'ils se heurtent quand même,
08:40on voit à chaque fois Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen, d'autres,
08:42mobilisent leurs partisans, c'est vrai,
08:45en vendant des livres par exemple,
08:47ou en organisant des meetings,
08:48mais l'opinion, elle a quand même au fond d'elle,
08:50quel est le principal reproche que fait l'opinion,
08:53et tous les sondages le montrent aux magistrats,
08:54c'est d'être trop laxiste.
08:55On entend ça, il y a plus de 3 Français sur 4
08:59qui considèrent que la justice est trop laxiste.
09:00Et quand elle dénonce le prétendu laxisme de la justice,
09:04l'opinion, elle vise aussi le laxisme parfois
09:06des magistrats vis-à-vis des politiques.
09:08Les Français considèrent que les politiques
09:10doivent être condamnées comme les autres,
09:11sauf évidemment ceux qui votent
09:13et qui sont de fervents supporters
09:14de telle ou telle politique.
09:15C'est un moment dans un climat très spécifique,
09:17moi j'insiste là-dessus,
09:18il y a des attaques à l'état de droit partout en Europe,
09:22et qui s'ouvrent à la faveur du trumpisme.
09:25C'est la première fois qu'on a l'impression
09:27que la démocratie et l'état de droit ne coïncident plus.
09:31C'est-à-dire qu'au nom des élections libres,
09:33de la souveraineté populaire,
09:34on peut obtenir des remises en cause
09:36de l'indépendance de la justice
09:38ou même de l'indépendance des médias.
09:41Et ça, c'est un phénomène nouveau
09:43dans lequel le monde occidental est en train d'entrer.
09:46Sylvain Courage, pour autant,
09:47les juges ne sont pas au-dessus des lois
09:49et ils sont aussi responsables.
09:51Est-ce qu'on a le droit aussi de clamer son innocence
09:53ou de critiquer la justice ?
09:54Évidemment, et d'ailleurs,
09:55il y a la présomption d'innocence,
09:56c'est un principe fondamental.
09:58Donc, pour l'instant,
09:59Nicolas Sarkozy qui a fait appel
10:01est de nouveau présumé innocent.
10:02Il va falloir à nouveau examiner le dossier.
10:04Les deux échelons de juridiction,
10:06c'est une garantie.
10:06Tout ça, ce sont des droits fondamentaux.
10:08Et c'est vrai,
10:09ce que souligne Myriam est tout à fait juste.
10:11Les États-Unis passaient pour le pays
10:12exemplaire de la séparation des pouvoirs
10:14et donc de l'existence d'un pouvoir judiciaire
10:16indépendant et concurrent
10:18du pouvoir politique.
10:20Parce qu'en fait,
10:20il y a la légitimité des élections
10:22puis il y a la légitimité de la loi.
10:23On ne peut pas, en démocratie,
10:25les deux sont aussi importants.
10:28Et le fait que Trump, effectivement,
10:29veuille abattre ce pilier-là de la démocratie
10:31peut faire école.
10:33Donc, il faut, effectivement,
10:34être très vigilant
10:35parce que c'est une remise en cause globale
10:36du fonctionnement démocratique.
10:38Et c'est précisément parce que
10:39ces procédures qui sont indispensables
10:40doivent être respectées.
10:41Les procédures d'appel,
10:42les différents recours
10:43qui font que même
10:44lorsque vous êtes jugé en première instance,
10:45vous demeurez présumé innocent.
10:46Et ça, tous les politiques
10:48qui sont concernés par les affaires judiciaires
10:49le sont,
10:50tant qu'ils n'ont pas été définitivement condamnés.
10:52C'est précisément parce qu'elles sont
10:53toutes respectées
10:54et que nous sommes encore dans un état de droit
10:55que les procédures sont parfois aussi longues.
10:57Vous avez aussi parfois des gens qui disent
10:58« Mais pourquoi on va juger un tel ou un tel
10:59pour des faits qui remontent à
11:00il y a 10, 15 ou 20 ans ? »
11:03C'est parce que ces procédures sont respectées.
11:04C'est bien la preuve
11:05qu'on est encore dans un état de droit
11:06mais qu'il faut être vigilant
11:06pour le sauvegarder.
11:08Juste un dernier point,
11:09ce qui est intéressant aussi
11:10dans les polémiques
11:11qu'on a vues ces derniers mois
11:11et qu'on risque de voir ressurgir
11:12au cours de l'année 2026,
11:14c'est qu'il y a des questions
11:15que les politiques souvent ne se posent pas
11:17lorsqu'ils légifèrent,
11:24dès lors qu'ils y sont confrontés directement.
11:27Je pense à deux éléments,
11:27c'est la fameuse exécution provisoire
11:29qui a indigné les partisans de Nicolas Sarkozy
11:31ou de Marine Le Pen
11:32mais qui est utilisé
11:34à de très nombreuses reprises
11:35dans de très nombreuses affaires.
11:37Si on parlait de la détention provisoire,
11:38là les responsables politiques
11:39découvrent qu'ils sont finalement eux aussi
11:41jugés comme les autres citoyens
11:43avec cette fameuse exécution provisoire
11:44qui peut poser question,
11:45qui peut poser problème,
11:46qui peut être modifié ou réformé.
11:48Et puis l'autre question évidemment
11:49qui est apparue en tout cas
11:50à travers le livre de Nicolas Sarkozy,
11:51c'est les conditions de détention.
11:52Voilà, les conditions,
11:54la situation de nos prisons,
11:56la surpopulation,
11:57il évoque le bruit, l'ambiance,
11:59la violence en prison, etc.
12:01Ça voilà, les politiques
12:02découvrent cette réalité.
12:03Il avait dû avoir un certain nombre
12:05de rapports sur son bureau
12:06quand il était allé sur cette question.
12:07Absolument, mais lorsqu'il est
12:09au contact de la réalité,
12:10peut-être que ça génèrera d'ailleurs
12:11des réformes.
12:12Réalité avec laquelle doivent composer
12:13les magistrats, effectivement.
12:15Dans un instant,
12:17faut-il interdire les téléphones portables
12:18au lycée ?
12:20Peut-on le faire surtout ?
12:21Est-ce mission impossible
12:22mais tout de suite,
12:23il est 9h18,
12:24l'info en une minute
12:25avec Marine Suignard.
12:26L'action des agriculteurs
12:28à Paris est inacceptable.
12:29Le gouvernement ne laissera pas faire.
12:31C'est ce qu'affirme
12:32sur France Info.
12:33Maude Bréjon,
12:34la porte-parole du gouvernement,
12:35ajoute que ces manifestations
12:36en cours ce matin
12:38sont illégales.
12:39Des agriculteurs se sont rassemblés
12:40devant la tour Eiffel
12:41sur les Champs-Elysées.
12:42Aussi,
12:43ils veulent s'opposer
12:44à la signature
12:44d'un accord de libre-échange
12:46entre l'Union Européenne
12:47et les pays sud-américains
12:48du Mercosur.
12:49La neige et le verglas
12:51perturbent encore
12:52les Savoies
12:52et le Vaucluse.
12:53Ce matin,
12:54ce soir,
12:54c'est la tempête Goretti
12:55qui va balayer
12:56le nord-ouest de la France.
12:5824 départements
12:59sont en orange
12:59sur la carte Météo France
13:01à cause des vents violents.
13:03Ils pourront atteindre
13:03les 160 km heure
13:05dans le département
13:06de la Manche
13:07qui est lui
13:07en vigilance rouge.
13:09En Ukraine,
13:10plus d'un million de foyers
13:11sont sans chauffage
13:12ni eau
13:12après des frappes russes.
13:14Kiev affirme
13:14que Moscou
13:15a visé
13:15des infrastructures énergétiques
13:17dans le centre-est du pays.
13:18Et puis,
13:19Donald Trump ordonne
13:19le retrait des États-Unis
13:21d'un traité
13:21de référence sur le climat.
13:23La Convention cadre
13:24des Nations Unies
13:25sur les changements climatiques
13:26conclue en 1992
13:28lors du sommet
13:29de la Terre de Rio.
13:30Ce traité a été
13:31à la base
13:31de tous les autres
13:32accords climatiques internationaux.
13:37France Info
13:38Les informés
13:48avec Myriam Mankawa
13:49de France Info TV
13:51et Sylvain Courage
13:52du Nouvel Obs.
13:53On passe à notre
13:54deuxième débat,
13:55Renaud,
13:56interdition du téléphone
13:56portable au lycée.
13:57Bonne idée
13:58aux mesures imposées.
13:59C'était une annonce
13:59d'Emmanuel Macron,
14:00donc un projet de loi
14:01qui vise à interdire
14:02le portable au lycée
14:04à la rentrée 2026.
14:05Ça a été présenté hier
14:06au syndicat de l'éducation.
14:07Il sera aujourd'hui
14:08au conseil d'État
14:08et très prochainement
14:09le Parlement sera saisi
14:10de ce projet de loi.
14:12Rappelons que le portable
14:12d'ailleurs est déjà interdit
14:13dans les collèges
14:14depuis la rentrée 2025.
14:16Mais alors est-ce que
14:16ces mesures sont
14:17applicables, efficaces ?
14:19C'est une question
14:20de principe
14:20à la portée symbolique forte.
14:22Ça c'est ce que
14:22dit ministre de l'éducation
14:23Édouard Geffray
14:24mais qui reconnaît
14:26qu'il y aura
14:26des dérogations.
14:28Les syndicats sont
14:28très sceptiques
14:29voire franchement hostiles.
14:30Ils dénoncent
14:30une usine à gaz
14:32inapplicable.
14:34Voici la réponse
14:34de Maude Bréjean
14:35à la porte-parole
14:35du gouvernement
14:38Le temps de l'apprentissage
14:39le temps de l'école
14:40le temps du lycée
14:41ce n'est pas le temps
14:43du téléphone
14:44et ce n'est pas
14:44le temps des réseaux sociaux.
14:46Et l'OMS estime
14:47à 1 sur 10
14:48le nombre d'adolescents
14:50qui a une utilisation
14:51qui contrevient
14:52à sa santé mentale.
14:53Ce que je veux dire là
14:54c'est que ce n'est pas
14:55uniquement une régulation
14:56numérique
14:57c'est une mesure
14:59de protection
14:59des mineurs
15:01et c'est une mesure
15:02de santé publique.
15:04Alors est-ce que
15:04c'est une bonne idée
15:05interdire le portable
15:06dans les lycées
15:07et puis est-ce que
15:07c'est faisable
15:08est-ce que ce sera
15:08applicable ou pas ?
15:10Est-ce que c'est une bonne idée
15:11Sylvain Courage ?
15:12Sur le papier
15:12ça peut sembler
15:13assez évident
15:14parce que le portable
15:15c'est une arme
15:15de distraction massive
15:16et tous les professeurs
15:18qui ont enseigné
15:18depuis l'avènement
15:21du smartphone
15:21savent très bien
15:22qu'il faut le combattre
15:23dans la classe
15:25parce qu'il offre
15:26un dérivatif
15:28à toute tentative
15:30pédagogique.
15:31Donc
15:31qu'on veuille l'interdire
15:33ça me paraît
15:34assez légitime.
15:35la mise en oeuvre
15:37est compliquée
15:38mais l'interdit
15:39est quand même important
15:40parce que
15:40je reviens à ce malheureux
15:42professeur
15:42dans sa classe
15:43au moins il pourra
15:44invoquer le fait
15:45que c'est interdit
15:45et essayer
15:47de repousser
15:49les effets du portable.
15:50Après il ne faut pas
15:51évidemment
15:51stigmatiser
15:53les collégiens
15:54les lycéens
15:54parce que
15:55la distraction massive
15:56elle est aussi
15:58chez les adultes
15:59et chez les parents
16:00voilà
16:02donc
16:02que les syndicats
16:04RAL
16:05ils sont dans leur rôle
16:06parce qu'on ne leur offre
16:07pas vraiment de moyens
16:07pour mettre en oeuvre
16:08la mesure
16:10il faut
16:11à la fois
16:12peut-être un peu plus
16:13de personnel
16:14comme souvent
16:15et aussi
16:16des moyens physiques
16:17où on les met
16:18comment on organise
16:20la reprise du portable
16:21la remise du portable
16:23pour éviter les vols
16:24les contestations
16:24ça peut
16:25c'est vrai
16:25être compliqué à gérer
16:26mais il y a déjà
16:27des établissements
16:28qui le pratiquent
16:30parce qu'en fait
16:30ça relève
16:31du règlement intérieur
16:32donc la loi
16:33c'est vrai
16:34que c'est un affichage politique
16:35c'est pour envoyer un signal
16:37c'est un double signal
16:37d'ailleurs
16:38puisqu'il s'agit
16:39de l'interdire à l'école
16:40et puis aussi
16:40de limiter l'accès
16:41aux réseaux sociaux
16:43au moins de 15 ans
16:45donc là
16:45c'est la responsabilité
16:46de la famille
16:46donc la puissance publique
16:49se met quand même
16:49en butoir
16:51pour essayer
16:52de faire avancer
16:52ce sujet
16:53en ordre de bataille
16:53Miriam Ancawa
16:54il y a déjà
16:55une mesure similaire
16:57qui a été prise
16:58mais dans les collèges
16:59est-ce qu'on sait
17:00si ça fonctionne ?
17:01ça c'est assez récent
17:03c'est assez récent
17:04on attend les premiers
17:04retours
17:05d'expérience
17:07il y a 110 collèges
17:08qui ont été
17:08expérimentés
17:10il y a beaucoup de collèges
17:11dans lesquels
17:12en fait
17:13si vous avez des moyens
17:14de pions
17:15de surveillants
17:17vous n'avez pas besoin
17:17de stocker
17:18le téléphone portable
17:19à l'entrée
17:20au collège
17:21vous êtes
17:22pas obligé
17:22de le laisser
17:22dans des casiers
17:23vous le laissez
17:23dans votre sac
17:24et vous êtes puni
17:24si vous le sortez
17:25à la récréation
17:26pour ça
17:26il faut quand même
17:27des moyens
17:27il faut le symbole
17:29de l'interdiction
17:29qui accompagne
17:30à la fois
17:31les parents
17:31et les enseignants
17:33mais il faut les moyens
17:34de le mettre
17:34en oeuvre
17:35il me semble que
17:36pour le collège
17:37entre 11
17:3812
17:39et 15 ans
17:40ça va de soi
17:41qu'il n'est pas possible
17:43d'utiliser
17:43le téléphone portable
17:44ne serait-ce que
17:45à la récréation
17:46où vous socialisez
17:48vous continuez
17:49d'une certaine façon
17:50les apprentissages
17:52dans le sein
17:52de l'établissement
17:53le lycée
17:54c'est un peu différent
17:54le lycée
17:54vous êtes
17:55parfois
17:57vous avez 18 ans
17:59au lycée
17:59quand vous avez raté
18:00le bac
18:00vous êtes majeur
18:02vous pouvez sortir
18:03beaucoup plus facilement
18:04du lycée
18:05c'est pas du tout
18:06la même chose
18:06qu'au collège
18:07donc peut-être
18:08qu'il faut vraiment
18:09se poser la question
18:10de la mise en oeuvre
18:11et des moyens
18:11au collège
18:12avant de passer au lycée
18:13après il est évident
18:14qu'il y a une dimension
18:15très politique
18:16dans cette mesure
18:17qui me semble-t-il
18:19en tant que parent d'élève
18:20et de lycéen
18:21va de bon sens
18:23toutes les études
18:24montrent que
18:25sur la tension
18:26c'est catastrophique
18:27le portable
18:28mais ça demande
18:29quand même
18:29un débat de société
18:30à un moment donné
18:31il était question
18:32de faire un référendum
18:32c'était une idée intéressante
18:34d'embarquer le pays
18:36sur ces sujets-là
18:37comment on met en oeuvre
18:38avec quels moyens
18:39quel rôle des parents
18:40est-ce qu'il faut aller
18:41jusqu'à l'interdiction
18:42est-ce que ça marche
18:43en Australie
18:43il me semble que c'est un sujet
18:44qui engage tellement
18:45tellement
18:46toutes les générations
18:48qu'il mérite un débat public
18:49plutôt que plusieurs véhicules législatifs
18:51à la rentrée
18:52il faut un débat public
18:53Renaud
18:54sur ce sujet
18:54du téléphone
18:55j'avoue que je ne suis pas
18:56totalement convaincu
18:56je ne vois pas tellement
18:57un référendum sur ce sujet-là
18:59je pense que c'est du ressort
19:00effectivement
19:01du gouvernement
19:02l'exécutif
19:02qui prend cette décision
19:03la question
19:04là où je vous rejoins
19:04c'est sur la question
19:05de la mise en oeuvre
19:05l'application
19:06les moyens
19:06les surveillants
19:07etc
19:07et puis
19:07ce n'est pas le rôle
19:08des enseignants
19:09on comprend que les enseignants
19:10critiquent cette mesure
19:11puisqu'ils ont déjà
19:11énormément de tâches
19:12et à chaque fois
19:13d'ailleurs on a tendance
19:14à leur en donner
19:15de plus en plus
19:15à mesure que d'autres
19:16pans de la société
19:17peut-être démissionnent
19:18de leur responsabilité
19:19et c'est ça le bémol
19:21moi que je mettrais
19:21sur cette décision
19:22qui me semble une idée
19:23qui va plutôt dans le bon sens
19:24reste à voir l'explication
19:25etc
19:25c'est qu'en même temps
19:26ça exonère un peu
19:27les parents aussi
19:27de leur responsabilité
19:28certes les parents
19:29ne sont pas présents à l'école
19:29même s'ils y vont parfois
19:31et même de plus en plus
19:31c'est qu'ils ont parfois
19:32des comportements
19:33dans leur union
19:33parents-prof
19:34bref on ne va pas insister
19:35mais on sait que
19:36c'est de plus en plus
19:38compliqué souvent
19:39pour les enseignants
19:39d'être enseignant
19:41avec le comportement
19:41d'un certain nombre de parents
19:42c'est un autre sujet
19:44mais je trouve
19:44qu'on fait peser
19:46la responsabilité
19:47sur les enseignants
19:48et sur l'école
19:48et que si c'est pour
19:50que les enfants
19:52les jeunes
19:53en tout cas
19:53les lycéens
19:54passent le reste
19:55de leur journée
19:56les 12, 15, 16 heures
19:59restantes
19:59sur leur portable
20:00jusqu'au bout de la nuit
20:01ça n'a pas grand intérêt
20:02donc il ne faut pas
20:03que les parents
20:03se déresponsabilisent
20:04sur le lot de l'école
20:05juste un dernier point
20:06sur l'Australie
20:07c'est le précédent
20:08qu'on a en fait
20:09il y a eu depuis 2020
20:10une interdiction progressive
20:11du portable
20:13dans l'enseignement primaire
20:15puis secondaire
20:16région par région
20:17et aujourd'hui
20:17c'est quasiment généralisé
20:18à l'ensemble du pays
20:19et les premiers résultats
20:20qu'on a
20:21les premières études
20:21sont très positives
20:22c'est-à-dire qu'il y a
20:23j'ai regardé
20:24il y a plusieurs études
20:24qui ont été faites
20:25et puis aussi plusieurs études
20:26d'opinion et de sondage
20:27où les directeurs d'école
20:29soutiennent massivement
20:29la mesure
20:3080% d'entre eux
20:32ont déclaré que l'interdiction
20:33avait amélioré
20:33l'apprentissage des élèves
20:34en termes de concentration
20:35de cours plus fluides
20:37plus dynamiques
20:37etc.
20:38je vous passe les chiffres
20:39donc après tout
20:40ce que l'Australie a réussi
20:41et est en train de réussir
20:42à mettre en oeuvre
20:43pourquoi pas
20:43tenter de le faire
20:44en France aussi
20:45tout petit bémol
20:46sur l'interdiction
20:47des réseaux sociaux
20:48aux mineurs
20:49l'Australie
20:50a mis en oeuvre
20:51une interdiction
20:52de plus de 10 années
20:53voilà
20:53et pour l'instant
20:54les premiers témoignages
20:55qu'on a
20:56c'est que ça ne fonctionne pas
20:57parce que
20:58TikTok
20:58et les liens du numérique
21:01exactement
21:01contournent
21:02et décident
21:03qu'un tel
21:03a l'âge
21:04qui le souhaite
21:05les mauvais élèves
21:05les mauvais élèves
21:07merci beaucoup
21:08les informés
21:09merci Miriam Mankawa
21:10journaliste
21:11à France Info
21:12TV
21:13votre émission
21:13Tout est politique
21:1418h-20h
21:15les vendredis
21:16samedi
21:16dimanche
21:17merci Sylvain Courage
21:18directeur adjoint
21:19de la rédaction
21:20du Nouvelle Obs
21:21à la une
21:21du Nouvelle Obs
21:22le hors-la-loi
21:23de la Maison Blanche
21:23vous voyez à qui on pense
21:24il n'y avait qu'une photo
21:26en gros plan
21:27de Donald Trump
21:28et sa peau très mat
21:29merci beaucoup
21:30Renaud
21:31merci Agathe
21:31les informés reviennent
21:32ce soir à 20h
21:33avec Victor Maté