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  • il y a 7 semaines
Ce mercredi 26 novembre, Antoine Larigaudrie a reçu Olivier Janoray, avocat associé à la Cour chez Duroc Partner, dans l'émission Tout pour investir sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Tout pour investir, la boîte à outils.
00:03Et on ouvre la boîte à outils, évidemment.
00:05Olivier Janoré, avocat chez Durock Partners.
00:07Bonjour.
00:07Bonjour Antoine.
00:08Merci d'être en direct avec nous.
00:09Alors, on avait Gaël Slimane, Mireille Wimbert, Omar Dibault qui étaient avec nous tout à l'heure.
00:14On discutait du baromètre d'Oxa Groupama de l'épargne.
00:18Et l'enseignement principal du dernier est assez incroyable.
00:22Parce que c'est en gros la physionomie de l'épargne française
00:25est en train d'épouser les formes de la société actuelle.
00:29C'est-à-dire que globalement, on a des gens qui désertent le livret A en disant
00:32que le rendement est devenu trop peu attractif.
00:38Mais ceux qui s'en vont de ce support se divisent en deux catégories.
00:41Il y a ceux qui se disent, je vais chercher plus de dynamisme.
00:45Mais en face, il y a un mur de flou fiscal.
00:48Et de l'autre, il y a des gens qui liquident leur livret A
00:50parce qu'il y a la facture d'électricité à payer à la fin du mois.
00:52Et globalement, ça commence à piquer.
00:54Donc, est-ce que vous sentez, vous aussi, ce changement de physionomie
00:57sur le sujet de l'épargne ?
01:00En tout cas, sur la consonance fiscale,
01:02donc la première phase de cette bipolarité,
01:06c'est quelque chose qu'on vit actuellement.
01:08Et depuis, on va dire, depuis la dernière dissolution,
01:12on pensait que c'était un moment,
01:14on l'aurait plutôt au moment des élections présidentielles en 2027.
01:17Et il y a eu une avance de phase en la matière.
01:20Ce qui est certain, et nous, on promeut ça,
01:24c'est la stabilité fiscale et gage d'action.
01:27Et c'est tout le problème qu'on a ici,
01:29c'est qu'avec ce qui se passe à l'Assemblée nationale,
01:31au Sénat, désormais, depuis quelques jours,
01:34on se retrouve avec une incapacité d'agir.
01:37Bon, alors, on était dans le domaine des hypothèses
01:39ces dernières semaines, ces derniers mois.
01:42Tout est parti à la poubelle.
01:43Et globalement, tout repart au Sénat.
01:46Et on sent qu'il y a quand même quelques points
01:48qui vont être sur le grill.
01:50Il y en a un, c'est évident, c'est la tax holding,
01:52qui était au cœur des préoccupations du gouvernement,
01:57avec aussi du côté de l'Assemblée nationale,
02:00la fortune improductive, etc.
02:02et tous ces concepts qui ont été bricolés à cette occasion.
02:05Mais voilà, la tax holding, c'est clair que
02:07ça va revenir au cœur des débats.
02:09Alors, ça revient au cœur des débats.
02:10Petit rappel, on a eu le projet de loi de finances initial
02:14qui intégrait une taxe sur les holdings patrimoniales
02:17qui était de 2% et qui touchait un nombre d'actifs
02:20extrêmement important.
02:21À l'Assemblée nationale, amendement,
02:23on est venu réduire l'assiette de façon significative
02:26pour aller chercher les biens dits somptuaires,
02:29les yachts, les résidences, les voiliers et autres.
02:33De même à Cabille, l'or, par exemple,
02:35les métaux précieux, les bijoux.
02:37Mais au lieu d'avoir un taux de 2%,
02:38on a un taux de 20%.
02:39Après, bon, à l'Assemblée nationale,
02:41on sait ce qui s'est passé.
02:42Il n'y a plus de texte amendé.
02:44C'est le texte initial qui a été transmis au Sénat.
02:47Et la Commission des finances, avant-hier,
02:48a réintégré le même amendement
02:50que celui qui avait été voté à l'Assemblée nationale.
02:52Qu'est-ce que ça veut dire ?
02:53Alors certes, ce n'est que la Commission des finances du Sénat,
02:55mais ça veut dire qu'il y a quand même
02:57une volonté commune des deux chambres
02:59d'aller sur le terrain d'une nouvelle taxe
03:02sur les holdings patrimoniales.
03:03Alors après, la vraie question,
03:04c'est à quel moment le gouvernement
03:06va un peu rentrer dans la danse,
03:08parce que pour l'instant,
03:08le gouvernement laisse faire
03:10et l'Assemblée nationale et le Sénat,
03:13parce qu'il y a des vrais sujets techniques
03:15sur la rédaction actuelle du texte,
03:17et sans compter le sujet du taux,
03:2120%, dans quelle mesure,
03:23avec notre Constitution,
03:24c'est un taux qui passe.
03:25– Mais oui, d'autant que,
03:26je ne suis pas coutumier de l'analyse
03:30du patrimoine des grandes fortunes du pays,
03:34mais enfin, qui a un yacht
03:36qui est matriculé et fiscalisé en France ?
03:38Ils sont tous avec des pavillons de complaisance.
03:43Sur ces 20% qu'on veut percevoir,
03:46globalement, on n'a la main sur rien.
03:48Et ce n'est pas faute de dire à cette antenne
03:50matin, midi et soir qu'un impôt efficace,
03:52qu'un impôt utile,
03:53c'est celui qui est la plus large assiette possible.
03:55Donc, est-ce que finalement,
03:56elle n'est pas là la solution ?
03:57C'est-à-dire de garder cette optique première
04:00qui était de taxes modérées
04:03sur un nombre d'actifs plus grand,
04:06plus fiable et plus quantifiable.
04:07– Vous touchez du doigt le sujet
04:10de toute mesure fiscale,
04:12le symbole ou le rendement.
04:15Et initialement, le texte du gouvernement
04:16était plus sur une approche rendement,
04:19comme vous l'avez dit,
04:20assiette assez large,
04:21taux plutôt modérée.
04:23Tout ça étant relatif,
04:25le terme de modérée,
04:26de tout à chacun.
04:28Et on a basculé, en réalité,
04:29sur une mesure qui est le symbole.
04:31Pour éviter les abus,
04:33naturellement, un yacht
04:34n'a pas vocation à être dans une holding.
04:36Il arrive, très rarement.
04:38Moi, je ne l'ai jamais vu.
04:39Ça fait plus de 15 ans que je travaille.
04:40Je n'ai jamais vu un yacht
04:41dans une holding à gérer cela.
04:44– Les voitures de luxe françaises,
04:46généralement,
04:47ils m'a circulé au Belgique, au Luxembourg.
04:49– On est sur les situations abusives.
04:51Mais qui dit régler des situations abusives,
04:54dit une mesure qui doit être symbolique.
04:56Et c'est pour ça qu'il y a un peu cette idée de taux,
04:58alors que certains disent être liés avec le droit américain,
05:01puisque c'est un peu la envie aujourd'hui,
05:04via Gabriel Zuckman,
05:05de tout comparer avec les États-Unis.
05:07C'est pour ça que ce taux aurait été positionné comme cela.
05:11En allant chercher des actifs extrêmement marqués,
05:15comme vous le dites,
05:16il y a l'yout,
05:16il y a le chalet à Méribel,
05:19grande publicité pour Méribel.
05:21Après, à côté de ça,
05:22il y a les œuvres d'art.
05:23Il ne faut pas oublier que l'œuvre d'art,
05:24il y a quand même un marché de l'œuvre d'art en France.
05:26– Et on en parle souvent dans cette émission.
05:27– Massif.
05:28Et donc, ça risque d'être très compliqué
05:29d'aller beaucoup plus loin sur le thème.
05:31Et après, dire que, par exemple,
05:34les placements dans l'or,
05:35qui restent quelque part un placement assez liquide,
05:38potentiellement,
05:38qui est équivalent avec la trésorerie,
05:41dire qu'une trésorerie ne serait pas soumise,
05:43mais l'or est soumis,
05:44j'ai du mal à comprendre le rationnel dans tout ça.
05:46Mais encore une fois,
05:47on est ici dans le symbole.
05:50Qui dit symbole,
05:51dit plutôt démagogie
05:52que structuration fiscale donnée
05:54avec une colonne vertébrale bien dessinée.
05:57– Mais ce qui est d'autant plus râgent,
05:59j'allais dire,
05:59c'est que, en fait,
06:01si on restait sur cette optique de
06:03« allez, on va taxer les yachts
06:04abrités dans des holdings à 20 %,
06:06ce qui, globalement,
06:07n'arrivera jamais ».
06:08Mais ça n'arrivera jamais.
06:09Ça ne rapportera rien.
06:10Ça ne rapportera que dalle.
06:12Et globalement,
06:13la recherche du gouvernement
06:15de revenus fiscaux,
06:17elle est complètement plantée
06:19dès le début.
06:20– Surtout, là,
06:21vous mettez le point
06:22sur un deuxième sujet.
06:23À partir du moment
06:23où on fait la chasse aux abus,
06:24ce qui, moi,
06:25je trouve une très bonne chasse
06:26dans l'absolu,
06:27la chasse aux abus
06:28devrait être, je dirais,
06:30le précaré
06:31de l'administration fiscale
06:33dans sa phase de contrôle.
06:34elle a des outils
06:34pour contrôler
06:36et redresser les abus.
06:38On devrait plutôt laisser
06:39à cet endroit-là,
06:40quelque part,
06:41le terrain de jeu
06:42de la chasse à l'abus.
06:43Le fait de le mettre
06:44dans la loi,
06:45la difficulté,
06:45c'est qu'aujourd'hui,
06:46on a identifié
06:47tels abus.
06:47Mais l'année prochaine,
06:48on va en identifier d'autres,
06:51etc., etc.
06:52Et le problème
06:53qu'on a aujourd'hui,
06:54c'est ce manque de stabilité.
06:55Aujourd'hui,
06:56on a des contribuables,
06:57des clients,
06:58qui décident de partir de France,
07:00qui est quand même
07:01une décision très lourde.
07:02– On le redit,
07:02il y a beaucoup de vos confrères
07:04qui font état
07:05de la même chose, effectivement.
07:06– Et ils ne partent pas,
07:07il y en a qui partent
07:08pour des raisons fiscales,
07:09il y en a toujours eu,
07:10il y en aura toujours,
07:10et je dirais,
07:11ceux-là,
07:11je les laisse de côté.
07:12Moi, j'en ai aujourd'hui
07:13qui partent en allant
07:15dans un pays
07:15où ils vont payer plus d'impôts.
07:17Ça paraît fou.
07:18Mais ils payent plus d'impôts
07:20en ayant la certitude
07:21que l'année prochaine,
07:22ils payeront le même impôt,
07:23dans 5 ans le même,
07:24dans 10 ans, dans 15 ans.
07:25Je fais l'exemple
07:25de la Suisse ici.
07:27La Suisse n'est pas
07:27un paradis fiscal.
07:29Notamment, après,
07:29il y a des cantons
07:30où, a priori,
07:31personne ne souhaite
07:32particulièrement habiter
07:33de prime abord
07:33qui ont des avantages fiscaux
07:35très particuliers.
07:37Mais la Suisse,
07:38vous allez à Genève,
07:39vous avez un impôt sur la fortune
07:40qui est de 1%
07:41qui n'est pas plafonné,
07:42parce que les règles
07:42sont comme ça là-bas,
07:44ça coûte plus cher
07:45qu'en France.
07:45Mais il y en a qui y vont
07:46pour un climat sociétal,
07:48pour des questions de santé,
07:50mais aussi pour cette stabilité fiscale.
07:52C'est ce qui manque,
07:52c'est ce qu'on a eu malheureusement,
07:53parce qu'entre le premier début
07:55du premier mandat
07:56du président Macron en 2017
07:57jusqu'à quasiment la dissolution,
08:00la loi fiscale n'a pas évolué,
08:01à part à l'entrée du président
08:03où il a intégré ses mesures
08:05au Code général des impôts,
08:06mais après,
08:07la loi fiscale
08:07a très peu évolué
08:08par petites touches
08:10en réaction à d'actualité.
08:12Il y a eu les gilets jaunes,
08:13il y a eu la crise de Covid,
08:14mais pas de façon régulière
08:16et surtout dans une réforme
08:18de profondeur.
08:19Et c'est toutes ces idées-là,
08:21la foire d'empoigne
08:22qu'on voit aujourd'hui
08:22au Parlement,
08:23qui créent cette instabilité
08:25et qui créent cette envie d'ailleurs,
08:27parce qu'on en a marre,
08:28quand je dis on,
08:29c'est ceux qui me relaient cela,
08:31ils en ont marre
08:32d'être forcément,
08:32un, toujours la cible
08:33dès qu'il y a un problème,
08:35et deux,
08:35d'être confrontés
08:37à cette incertitude
08:38de ne pas pouvoir faire
08:39les choses de façon sereine.
08:41Et encore une fois,
08:42entre 2017 et 2022-24,
08:45on a pu mettre en œuvre
08:46beaucoup d'opérations
08:48de transmission,
08:49de réorganisation,
08:50parce qu'on savait exactement
08:52où on allait
08:52et comment on y allait
08:53grâce à une loi fiscale
08:55qui demeurait stable.
08:56Écoutez, je crois
08:57qu'on a l'info du jour là quand même.
08:59Il y a des contribuables,
09:01des fortunes,
09:02qui cherchent eux-mêmes asile
09:03dans des pays
09:04où il y a plus d'impôts,
09:06mais où au moins
09:06la situation est stable.
09:08Olivier Janoré,
09:10merci à vos cachets
09:10du Rock Partners,
09:11merci d'avoir été là
09:12et de nous transmettre
09:14un petit peu ce feeling
09:15qui est effectivement
09:16de plus en plus inquiétant.
09:17Merci à mes Tipeurs et souscripteurs.
09:19Merci à mes Tipeurs et souscripteurs.
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