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  • il y a 3 jours
Ce mercredi 26 novembre, l'annonce du renouvellement pour 25 ans de la concession de La Plagne par la Compagnie des Alpes a été abordée par Alain du Brusle, directeur général délégué de Claresco Finance, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Et c'est Alain Dubrulle qui est avec nous par téléphone, directeur général délégué de Claresco Finances.
00:05Bonjour Alain Dubrulle, merci d'être avec nous ce matin.
00:08Il faut regarder du côté des small et mid-cap ce matin, avec notamment hier HôtelSat qui a annoncé une augmentation de capital,
00:15Abionix, la biotech qui a annoncé ses résultats hier, et puis Compagnie Desal, commençons peut-être sur cette valeur,
00:21c'est l'une des plus fortes hausses hors indices, un titre qui gagne plus de 5% au-delà des 21 euros.
00:27Il y avait pas mal d'inquiétudes concernant le domaine skiable de la Plagne,
00:31et finalement hier soir le groupe a annoncé avoir remporté cette délégation de services publics.
00:37Oui bonjour Etienne, alors Compagnie Desal, effectivement, un des principaux opérateurs de grandes stations de ski d'altitude dans les Alpes,
00:43et également un opérateur de parcs d'attraction d'été, type parc Astérix, Futuroscope, etc.
00:49Donc oui, l'annonce du renouvellement pour 25 ans de la concession de la Plagne, c'est évidemment une bonne nouvelle pour Compagnie Desal.
00:56C'est potentiellement 110-120 millions de chiffres d'affaires annuels, c'est-à-dire 19% de la division ski, 8% du chiffre d'affaires du groupe.
01:03Et bon, c'est un soulagement, mais en même temps, ils étaient déjà opérateurs de la Plagne,
01:09et d'une certaine façon, s'ils se débrouillent bien, il n'y a pas de raison qu'ils perdent la concession.
01:14Alors la raison pour laquelle on peut avoir un peu plus de fébrilité, c'est que récemment,
01:18la concession de Ting, qui représente 70 millions de chiffres d'affaires à peu près,
01:22leur a été retirée, sachant qu'ils opèrent Val d'Isère par ailleurs.
01:26Donc ça avait créé un petit peu des mois sur le fait que tout n'était pas nécessairement reconduit.
01:31Il faut rappeler que sur Ting, en fait, lorsqu'une mairie retient la concession,
01:36il faut soit qu'elle trouve un nouveau concessionnaire, soit qu'elle l'opère elle-même.
01:39Et dans ce cas précis pour Ting, ça veut dire racheter pour plusieurs centaines de millions d'euros
01:43la concession avec un argent que la mairie n'a pas, donc la compagnie des armes n'exclut pas du tout.
01:50En fait, Ting, à un moment, soit obligé de revenir vers eux.
01:53On verra.
01:53En tout cas, c'est un titre qui a pas mal monté depuis le début de l'année.
01:57D'abord parce que les divisions, le ski d'une part, et les parcs de traction ne se portent pas si mal,
02:02mais aussi parce que c'est un secteur qui est assez capitalistique.
02:05Et une des questions du marché, c'était que, quelque part, l'agro-ministration,
02:10on gloussait beaucoup d'argent avec des retours un peu médiocres.
02:14Et force est de constater que le nouveau management en place a une préoccupation
02:18peut-être plus forte que les précédents pour non seulement faire de la croissance,
02:22mais faire de la croissance rentable.
02:24Et on peut dire que le track record des deux dernières années va dans ce sens.
02:27Et qui dit croissance rentable dit aussi ne pas nécessairement renouveler toutes les concessions à n'importe quel prix.
02:32Donc je dirais, quelque part, le fait que, bon, la plaque c'est très bien,
02:37mais le fait qu'il y ait eu des tensions sur Tignes montre justement une certaine préoccupation
02:42pour ne pas brader les services.
02:44Et donc je vois ça plutôt encourageant pour ce titre.
02:47Un titre qui gagne plus de 6% ce matin au-delà des 21 euros.
02:50Et en effet, on gagne plus de 40% désormais depuis le 1er janvier.
02:54Et toujours dans l'actualité des small et mid-cap,
02:57HotelSat qui a annoncé hier une augmentation de capital.
02:59Là, forcément, ça ne plaît pas à la bourse.
03:01Le titre a clôturé hier sur une baisse de plus de 11%.
03:04Une augmentation de capital qui va forcément diluer les actionnaires,
03:08sauf s'ils participent à cette augmentation de capital
03:10puisqu'il y a des droits préférentiels de souscription.
03:14Alors HotelSat, c'est une affaire assez complexe.
03:16Alors comment essayer de vous la résumer ?
03:17Bon, vous savez, c'est un opérateur mondial de satellites de télécommunications.
03:21Historiquement, ça fait 25 ans qu'ils existent et plus.
03:25Le business historique, ce sont des satellites géostationnaires,
03:27ils en ont 36, qui durent 20 ans, qui ont une couverture large
03:31et qui distribuent essentiellement de la vidéo
03:33pour les abonnements de télévision par satellite.
03:37Donc pendant pas mal d'années, c'était un métier très prévisible
03:40avec 1,5 milliard de chiffre d'affaires en 2015,
03:42un émis de date de 80%, financé principalement par de l'endettement.
03:46Donc ça avait des multiples de valorisation relativement élevés.
03:48Il y avait 3-4 opérateurs mondiaux et c'était plus une valeur taux.
03:52Le problème, et à l'époque, le cours de bourse était à 30 euros.
03:54Le problème depuis 10 ans, c'est que d'une part,
03:57les activités historiques sont sous pression,
03:58parce qu'entre la DSL et la fibre,
04:00on a moins besoin du satellite pour recevoir des chaînes de télévision.
04:04Et puis plus récemment, on a aussi la montée en puissance
04:06des constellations de satellites en orbite basse,
04:09avec Starlink, Elon Musk ou Léo d'Amazon.
04:12Si bien que le chiffre d'affaires d'activités historiques
04:14qui est maintenant plus proche de 1,1 milliard
04:16est un peu moins rentable, EBITDA 70%,
04:19et que les nouveaux métiers prometteurs,
04:21il y a beaucoup de nouveaux concurrents.
04:22Donc pour contrer cette menace,
04:24ce TELSAT a pris le contrôle progressivement
04:26entre septembre 21 et septembre 23
04:27d'une start-up qui s'appelle OneWeb,
04:29qui opère une constellation de 650 satellites en orbite basse.
04:33Mais là où ça coince,
04:34c'est qu'ils ont acquis cette société pour environ 3 milliards d'euros,
04:37auxquels il faut rajouter 3 milliards d'investissements d'ici 2029
04:40pour remplacer la constellation,
04:42alors que le chiffre d'affaires était pratiquement nul il y a deux ans,
04:44et aujourd'hui est encore inférieur à 200 millions d'euros,
04:47avec presque autant de pertes.
04:48Donc avec des perspectives de croissance aussi incertaines,
04:51et une société qui est allée au bout de son endettement,
04:53il y a presque 4 milliards d'euros à trouver pour financer tout ça,
04:57alors que le chiffre d'affaires est très incertain.
04:59Donc dans une situation comme ça,
05:01le cours de bourse s'était effondré,
05:02le risque de faillite était réel au début d'année,
05:04et puis il y a eu l'Ukraine,
05:06où on s'est rendu compte que l'Europe dépendait de Starlink
05:09pour ses communications,
05:11et donc là la question d'une constellation souveraine a rejailli,
05:18et a fait beaucoup monter le titre en début d'année.
05:20Mais là aussi il faut rappeler qu'il y a déjà un projet européen,
05:23qui s'appelle IRIS,
05:25où a priori il y aura près de 300 satellites à déployer à la fin de la décennie,
05:28pour un budget de plus de 10 milliards d'euros.
05:30Ce projet est déjà dans les cartons,
05:32il n'est pas complètement concrétisé,
05:34mais il n'était pas nouveau.
05:35Et par ailleurs, ça n'empêche pas qu'en attendant ce potentiel projet,
05:39E-Telsat a énormément d'investissements à mener,
05:43ne serait-ce que pour essayer de transformer l'essai OneWeb.
05:46Donc la bonne nouvelle du début d'année,
05:48c'est que l'Europe ayant vraiment besoin d'une solution souveraine,
05:51le marché s'est dit, à défaut, à minima,
05:54l'Europe ne va pas laisser tomber E-Telsat,
05:56qui est l'acteur le plus européen,
05:57et du coup ils vont les aider à ne pas faire faillite.
06:00Ne pas faire faillite, c'est très bien pour les porteurs d'obligations,
06:03ce n'est pas forcément très excitant pour les porteurs d'actions,
06:05parce que ça se traduit par des dilutions.
06:07Pour trouver ces 4 milliards,
06:08il va falloir diluer l'actionnaire énormément.
06:11Alors ils ont annoncé au printemps 1,5 milliard d'augmentation de capital,
06:15dont 716 millions effectués à 4 euros,
06:18dans une augmentation de capital réservée,
06:21où c'est principalement l'État qui a soucié à 4 euros,
06:23un prix que nous trouvons très généreux,
06:25le contribuable appréciera.
06:26Mais il y avait un deuxième volet dans l'augmentation de capital,
06:30donc près de 700 millions,
06:31qui arrivent là maintenant,
06:32avec droit cette fois-ci,
06:33qui protège le minoritaire.
06:35Mais c'est quand même une augmentation de capital à 1,35 euros par action,
06:38avec 8 actions nouvelles pour 11 anciennes,
06:41soit un prix théorique,
06:41en incluant la valeur des droits,
06:43de 2,44 euros.
06:45Donc ainsi recapitalisé,
06:46pour 1,5 milliard,
06:47le groupe devrait parvenir à financer
06:49les 3 prochaines années en termes d'investissement.
06:52Mais son objectif implicite,
06:53de 700 à 900 millions de chiffres d'affaires,
06:55pour OneWeb en 2028-2029,
06:57nous semble très ambitieux,
06:58et en tout cas n'est pas du tout validé.
07:00Donc à court terme,
07:01beaucoup de dilution,
07:02des perspectives peu attractives,
07:06et en tout cas l'idée,
07:06c'est qu'on va sauver le soldat Eutelsat,
07:08on va l'empêcher de faire faillite,
07:10mais ça ne veut pas dire que pour les actionnaires,
07:11c'est très attractif aujourd'hui, honnêtement.
07:13Un titre qui revient à 2,20 euros ce matin,
07:15moins 0,7%.
07:17Merci beaucoup Alain Dubruc de nous avoir accompagné.
07:19On évoquera le secteur des biothèques une prochaine fois.
07:22C'était l'occasion de faire un autre étape
07:24avec Abionix,
07:25qui a publié hier ses résultats.
07:27Ce n'est pas le plus important, les résultats.
07:28Ce qui compte bien sûr,
07:29c'est comment la société arrive à délivrer
07:32sur les phases 1, 2, 3.
07:33En tout cas, hier soir,
07:34après la publication de sa trésorerie,
07:36Abionix perd un peu plus de 3% à 4,20 euros.
07:39Ce biothèque qui est spécialisé dans les maladies
07:40cardiovasculaires, métaboliques et rénales.
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