00:00Et c'est Alain Dubrulle qui est avec nous par téléphone, directeur général délégué de Claresco Finances.
00:05Bonjour Alain Dubrulle, merci d'être avec nous ce matin.
00:08Il faut regarder du côté des small et mid-cap ce matin, avec notamment hier HôtelSat qui a annoncé une augmentation de capital,
00:15Abionix, la biotech qui a annoncé ses résultats hier, et puis Compagnie Desal, commençons peut-être sur cette valeur,
00:21c'est l'une des plus fortes hausses hors indices, un titre qui gagne plus de 5% au-delà des 21 euros.
00:27Il y avait pas mal d'inquiétudes concernant le domaine skiable de la Plagne,
00:31et finalement hier soir le groupe a annoncé avoir remporté cette délégation de services publics.
00:37Oui bonjour Etienne, alors Compagnie Desal, effectivement, un des principaux opérateurs de grandes stations de ski d'altitude dans les Alpes,
00:43et également un opérateur de parcs d'attraction d'été, type parc Astérix, Futuroscope, etc.
00:49Donc oui, l'annonce du renouvellement pour 25 ans de la concession de la Plagne, c'est évidemment une bonne nouvelle pour Compagnie Desal.
00:56C'est potentiellement 110-120 millions de chiffres d'affaires annuels, c'est-à-dire 19% de la division ski, 8% du chiffre d'affaires du groupe.
01:03Et bon, c'est un soulagement, mais en même temps, ils étaient déjà opérateurs de la Plagne,
01:09et d'une certaine façon, s'ils se débrouillent bien, il n'y a pas de raison qu'ils perdent la concession.
01:14Alors la raison pour laquelle on peut avoir un peu plus de fébrilité, c'est que récemment,
01:18la concession de Ting, qui représente 70 millions de chiffres d'affaires à peu près,
01:22leur a été retirée, sachant qu'ils opèrent Val d'Isère par ailleurs.
01:26Donc ça avait créé un petit peu des mois sur le fait que tout n'était pas nécessairement reconduit.
01:31Il faut rappeler que sur Ting, en fait, lorsqu'une mairie retient la concession,
01:36il faut soit qu'elle trouve un nouveau concessionnaire, soit qu'elle l'opère elle-même.
01:39Et dans ce cas précis pour Ting, ça veut dire racheter pour plusieurs centaines de millions d'euros
01:43la concession avec un argent que la mairie n'a pas, donc la compagnie des armes n'exclut pas du tout.
01:50En fait, Ting, à un moment, soit obligé de revenir vers eux.
01:53On verra.
01:53En tout cas, c'est un titre qui a pas mal monté depuis le début de l'année.
01:57D'abord parce que les divisions, le ski d'une part, et les parcs de traction ne se portent pas si mal,
02:02mais aussi parce que c'est un secteur qui est assez capitalistique.
02:05Et une des questions du marché, c'était que, quelque part, l'agro-ministration,
02:10on gloussait beaucoup d'argent avec des retours un peu médiocres.
02:14Et force est de constater que le nouveau management en place a une préoccupation
02:18peut-être plus forte que les précédents pour non seulement faire de la croissance,
02:22mais faire de la croissance rentable.
02:24Et on peut dire que le track record des deux dernières années va dans ce sens.
02:27Et qui dit croissance rentable dit aussi ne pas nécessairement renouveler toutes les concessions à n'importe quel prix.
02:32Donc je dirais, quelque part, le fait que, bon, la plaque c'est très bien,
02:37mais le fait qu'il y ait eu des tensions sur Tignes montre justement une certaine préoccupation
02:42pour ne pas brader les services.
02:44Et donc je vois ça plutôt encourageant pour ce titre.
02:47Un titre qui gagne plus de 6% ce matin au-delà des 21 euros.
02:50Et en effet, on gagne plus de 40% désormais depuis le 1er janvier.
02:54Et toujours dans l'actualité des small et mid-cap,
02:57HotelSat qui a annoncé hier une augmentation de capital.
02:59Là, forcément, ça ne plaît pas à la bourse.
03:01Le titre a clôturé hier sur une baisse de plus de 11%.
03:04Une augmentation de capital qui va forcément diluer les actionnaires,
03:08sauf s'ils participent à cette augmentation de capital
03:10puisqu'il y a des droits préférentiels de souscription.
03:14Alors HotelSat, c'est une affaire assez complexe.
03:16Alors comment essayer de vous la résumer ?
03:17Bon, vous savez, c'est un opérateur mondial de satellites de télécommunications.
03:21Historiquement, ça fait 25 ans qu'ils existent et plus.
03:25Le business historique, ce sont des satellites géostationnaires,
03:27ils en ont 36, qui durent 20 ans, qui ont une couverture large
03:31et qui distribuent essentiellement de la vidéo
03:33pour les abonnements de télévision par satellite.
03:37Donc pendant pas mal d'années, c'était un métier très prévisible
03:40avec 1,5 milliard de chiffre d'affaires en 2015,
03:42un émis de date de 80%, financé principalement par de l'endettement.
03:46Donc ça avait des multiples de valorisation relativement élevés.
03:48Il y avait 3-4 opérateurs mondiaux et c'était plus une valeur taux.
03:52Le problème, et à l'époque, le cours de bourse était à 30 euros.
03:54Le problème depuis 10 ans, c'est que d'une part,
03:57les activités historiques sont sous pression,
03:58parce qu'entre la DSL et la fibre,
04:00on a moins besoin du satellite pour recevoir des chaînes de télévision.
04:04Et puis plus récemment, on a aussi la montée en puissance
04:06des constellations de satellites en orbite basse,
04:09avec Starlink, Elon Musk ou Léo d'Amazon.
04:12Si bien que le chiffre d'affaires d'activités historiques
04:14qui est maintenant plus proche de 1,1 milliard
04:16est un peu moins rentable, EBITDA 70%,
04:19et que les nouveaux métiers prometteurs,
04:21il y a beaucoup de nouveaux concurrents.
04:22Donc pour contrer cette menace,
04:24ce TELSAT a pris le contrôle progressivement
04:26entre septembre 21 et septembre 23
04:27d'une start-up qui s'appelle OneWeb,
04:29qui opère une constellation de 650 satellites en orbite basse.
04:33Mais là où ça coince,
04:34c'est qu'ils ont acquis cette société pour environ 3 milliards d'euros,
04:37auxquels il faut rajouter 3 milliards d'investissements d'ici 2029
04:40pour remplacer la constellation,
04:42alors que le chiffre d'affaires était pratiquement nul il y a deux ans,
04:44et aujourd'hui est encore inférieur à 200 millions d'euros,
04:47avec presque autant de pertes.
04:48Donc avec des perspectives de croissance aussi incertaines,
04:51et une société qui est allée au bout de son endettement,
04:53il y a presque 4 milliards d'euros à trouver pour financer tout ça,
04:57alors que le chiffre d'affaires est très incertain.
04:59Donc dans une situation comme ça,
05:01le cours de bourse s'était effondré,
05:02le risque de faillite était réel au début d'année,
05:04et puis il y a eu l'Ukraine,
05:06où on s'est rendu compte que l'Europe dépendait de Starlink
05:09pour ses communications,
05:11et donc là la question d'une constellation souveraine a rejailli,
05:18et a fait beaucoup monter le titre en début d'année.
05:20Mais là aussi il faut rappeler qu'il y a déjà un projet européen,
05:23qui s'appelle IRIS,
05:25où a priori il y aura près de 300 satellites à déployer à la fin de la décennie,
05:28pour un budget de plus de 10 milliards d'euros.
05:30Ce projet est déjà dans les cartons,
05:32il n'est pas complètement concrétisé,
05:34mais il n'était pas nouveau.
05:35Et par ailleurs, ça n'empêche pas qu'en attendant ce potentiel projet,
05:39E-Telsat a énormément d'investissements à mener,
05:43ne serait-ce que pour essayer de transformer l'essai OneWeb.
05:46Donc la bonne nouvelle du début d'année,
05:48c'est que l'Europe ayant vraiment besoin d'une solution souveraine,
05:51le marché s'est dit, à défaut, à minima,
05:54l'Europe ne va pas laisser tomber E-Telsat,
05:56qui est l'acteur le plus européen,
05:57et du coup ils vont les aider à ne pas faire faillite.
06:00Ne pas faire faillite, c'est très bien pour les porteurs d'obligations,
06:03ce n'est pas forcément très excitant pour les porteurs d'actions,
06:05parce que ça se traduit par des dilutions.
06:07Pour trouver ces 4 milliards,
06:08il va falloir diluer l'actionnaire énormément.
06:11Alors ils ont annoncé au printemps 1,5 milliard d'augmentation de capital,
06:15dont 716 millions effectués à 4 euros,
06:18dans une augmentation de capital réservée,
06:21où c'est principalement l'État qui a soucié à 4 euros,
06:23un prix que nous trouvons très généreux,
06:25le contribuable appréciera.
06:26Mais il y avait un deuxième volet dans l'augmentation de capital,
06:30donc près de 700 millions,
06:31qui arrivent là maintenant,
06:32avec droit cette fois-ci,
06:33qui protège le minoritaire.
06:35Mais c'est quand même une augmentation de capital à 1,35 euros par action,
06:38avec 8 actions nouvelles pour 11 anciennes,
06:41soit un prix théorique,
06:41en incluant la valeur des droits,
06:43de 2,44 euros.
06:45Donc ainsi recapitalisé,
06:46pour 1,5 milliard,
06:47le groupe devrait parvenir à financer
06:49les 3 prochaines années en termes d'investissement.
06:52Mais son objectif implicite,
06:53de 700 à 900 millions de chiffres d'affaires,
06:55pour OneWeb en 2028-2029,
06:57nous semble très ambitieux,
06:58et en tout cas n'est pas du tout validé.
07:00Donc à court terme,
07:01beaucoup de dilution,
07:02des perspectives peu attractives,
07:06et en tout cas l'idée,
07:06c'est qu'on va sauver le soldat Eutelsat,
07:08on va l'empêcher de faire faillite,
07:10mais ça ne veut pas dire que pour les actionnaires,
07:11c'est très attractif aujourd'hui, honnêtement.
07:13Un titre qui revient à 2,20 euros ce matin,
07:15moins 0,7%.
07:17Merci beaucoup Alain Dubruc de nous avoir accompagné.
07:19On évoquera le secteur des biothèques une prochaine fois.
07:22C'était l'occasion de faire un autre étape
07:24avec Abionix,
07:25qui a publié hier ses résultats.
07:27Ce n'est pas le plus important, les résultats.
07:28Ce qui compte bien sûr,
07:29c'est comment la société arrive à délivrer
07:32sur les phases 1, 2, 3.
07:33En tout cas, hier soir,
07:34après la publication de sa trésorerie,
07:36Abionix perd un peu plus de 3% à 4,20 euros.
07:39Ce biothèque qui est spécialisé dans les maladies
07:40cardiovasculaires, métaboliques et rénales.
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