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Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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Transcription
00:00On va laisser de côté le conflit au Moyen-Orient pour revenir quand même sur ce qui a été aussi
00:04une des informations du jour,
00:05un des moments militaires forts du jour, c'est-à-dire le déplacement du président de la République sur le
00:11site de Naval Group, bien sûr,
00:13pour lancer le nouveau porte-avions et annoncer son nom.
00:20Cette volonté de rester libre, c'est celle de l'indépendance coûte que coûte, celle de l'autonomie d'action
00:27totale et sans contrainte,
00:29celle de la projection de nos forces, là où la défense des intérêts de la France l'exige, partout dans
00:35le monde.
00:37C'est pourquoi notre nouveau porte-avions portera le nom de France Libre.
00:47France Libre, amiral.
00:49Ça vous va ? Ça vous plaît ?
00:50Moi, ce qui me plaît, c'est qu'il y a un porte-avions.
00:52Oui.
00:52Ah, je trouve... Alors, si vous dites ça, c'est que le nom n'est pas...
00:56Non, non, non, non, non.
00:57Donc, le fait essentiel, c'est que la France décide de se doter, de continuer à se doter d'un
01:02instrument de puissance de cette nature-là.
01:04Il ne sera pas prêt tout de suite, hein ? C'est en 2038.
01:07Oui, mais Charles de Gaulle est là.
01:08Donc, alors, en plus, si on veut parler du nom, qui me paraît, je dirais, pas totalement anecdotique,
01:14parce qu'on voit bien que c'est dans la lignée de Charles de Gaulle.
01:18C'est dans la lignée aussi de ce que nous essayons de faire maintenant, c'est-à-dire cette autonomie
01:22stratégique, libre.
01:25Ça, c'est important.
01:27En ce moment, nous savons bien, et le porte-avions futurs a quelques problèmes dans ce domaine-là,
01:33puisque les catapultes sont quand même fabriquées par des Américains, le General Atomics,
01:37puisque ce sont des...
01:38On ne peut pas faire du 100% français.
01:40Et voilà, c'est le seul point d'achoppement qui va amener certainement à des discussions de nature très politique,
01:48très, très politique, parce que les Américains ont aussi un intérêt à ce que les Européens ou d'autres puissances
01:54qui sont leurs amis,
01:55je ne dis plus tellement les alliés parce qu'on ne sait plus tellement qui est allié des Américains maintenant,
02:00que ces puissances-là est un instrument supplémentaire.
02:04Regardez-nous actuellement, on a un porte-avions, il est complètement disponible.
02:09Les Américains ont 11 porte-avions, il y en a 3 qui sont complètement disponibles,
02:14les autres étant en réparation, en remise en condition, etc.
02:18Et vous avez vu que le Ford connaît déjà un certain nombre de problèmes,
02:22parce qu'il est déployé depuis très longtemps,
02:24que c'est extrêmement difficile de déployer très loin de ses bases un porte-avions comme ça.
02:30Les Britanniques sont quasiment en cale sèche, donc avec leurs marines.
02:34– Je suis désolé, mais les Britanniques, et ça n'est pas un cocorico,
02:37parce que nous le déplorons, nous aimerions que la marine britannique puisse être à la hauteur de la marine française,
02:43mais quand il a fallu utiliser ce porte-avions,
02:45un porte-avions, c'est une carte dans les mains du président de la République et de la France,
02:50de la dépense de la France.
02:50– C'est la puissance française.
02:52– Et la souplesse.
02:52Il était en Arctique, non mais voyez un peu, il était en Arctique,
02:56un coup de sifflet, pas très bref, mais 10 jours après, il est devant Chypre.
03:01Éventuellement, on lui fait franchir le canal de Suez.
03:03Et donc, si vous voulez, il y a là une importance capitale dans cet outil,
03:09qui est non seulement quelque chose qu'on agite en disant,
03:12regardez-nous, on est au beau, on est fort,
03:13mais c'est un outil d'action, puisque nous avons des conventions de défense,
03:18des partenariats de défense avec de nombreux pays,
03:20nous avons cet engin qui peut servir à les mettre en action,
03:24et nous nous en servons.
03:26L'argent des Français sert.
03:28Alors, c'est assez rare pour qu'on puisse, enfin assez rare, non, quand même pas trop.
03:32– 10 milliards là, pour le nouveau porte-avions.
03:34– Oui, mais l'autre aussi, c'est une continuité.
03:37– Parce qu'il faut bien expliquer que le France libre va succéder au Charles de Gaulle.
03:41– Il va succéder simplement au Charles de Gaulle,
03:42mais notre budget de la défense est inférieur à celui de la Grande-Bretagne.
03:46– Même s'il a doublé ces dernières années, et c'est ce que rappelait Emmanuel Macron.
03:50– Mais oui, mais c'est l'inflation, il avait tellement fondu.
03:52– Il avait tellement fondu, c'est du rattrapage.
03:54– Et l'hypertechnologie, bien sûr.
03:55– Benoît Grémard, vous qui avez été un officier de marine,
03:59le France libre, hommage à ce mouvement de résistance fondé par le général de Gaulle,
04:03ça vous va comme nom ?
04:04– Absolument.
04:05– On a oublié le nom de personnalité, on aurait pu prendre le nom de personnalité.
04:07– Oui, effectivement, le choix du nom d'un bâtiment,
04:11ça peut justement faire référence à une figure historique,
04:13ou encore un phénomène de cohésion de la nation.
04:16Là, en fait, on l'a à la fois, parce que ça rejoint la geste gaulliste
04:19à la fois sur l'adhésion intérieure de la population au mouvement de la résistance,
04:26et également aussi vis-à-vis des alliés,
04:28dans le sens où il faut aussi se renvoyer aux mémoires de guerre générale de Gaulle,
04:31dans ses relations avec Roosevelt,
04:32où la France libre a quand même défendu les intérêts français
04:36au cours de la Seconde Guerre mondiale.
04:37Et donc, on a justement cette double dimension,
04:40à la fois cohésion de la nation,
04:42mais également vis-à-vis des partenaires internationaux,
04:44aussi cette protection qu'offre l'armée française aux intérêts de la nation.
04:50– J'ai l'impression, Ulysse Gosset et Didier François,
04:52qu'en ne choisissant pas un nom,
04:54le président a évité des débats sans fin, une polémique,
04:58parce qu'il y a toujours des gens qui sont pour, qui sont contre.
05:01Il y avait des noms qui étaient cités, des noms de personnalités féminines.
05:04Bon, visiblement, il a évacué tout ça, France libre.
05:07Bon, personne ne va contester.
05:08– Moi, indépendamment de ça, la France, c'est quand même le pays des polémiques.
05:13Enfin, stérix, obélix, on le sait, il n'y a pas de sujet, je veux dire.
05:16On est quand même les rois de…
05:18Il y a le Chourin qui est pendu avec sa lutte.
05:22Mais en vrai, je trouve que c'est un bon choix
05:26de ne pas avoir pris juste une personnalité,
05:28on aurait pu en prendre, mais de prendre une période.
05:31Pourquoi ? Parce qu'on est justement rentré dans une période compliquée.
05:33Tout le monde le voit, depuis le début de la guerre en Ukraine,
05:36le monde est devenu un monde violent.
05:40La parenthèse de paix…
05:42– Bien compris, c'est terminé.
05:43– La mondialisation heureuse, tout ça, c'est terminé.
05:46Je pense que, bon, maintenant, les Français ont fini par le piger,
05:49un peu inquiets d'ailleurs.
05:50Et c'est pas mal, justement, d'aller chercher les moments de notre histoire
05:54qui sont les moments compliqués.
05:56On a quand même été envahis, on a perdu notre souveraineté,
05:59on a été sous la botte de l'envahisseur.
06:01Et quelques Français, quelques Français, le 18 juin,
06:06se sont levés à l'appel du général de Gaulle, venant de tous les bords.
06:09Il y avait des gens qui étaient d'extrême droite,
06:10des gens qui étaient d'extrême gauche, des gens qui étaient du centre.
06:12C'était pas les partis qui ont compté, c'était les individus qui ont dit
06:16« Moi, je suis français et j'accepte pas, aujourd'hui, la domination de l'ennemi. »
06:20Et ça, c'est important comme message.
06:22C'est pas de savoir à quel parti on est, il y a des patriotes partout.
06:25Et la vraie chose, aujourd'hui, dans un monde qui est un monde dur,
06:29qui est un monde où, c'est comment on accepte de dire
06:32« Ok, on a des choses à défendre, on a l'histoire de la France, on a nos valeurs, on
06:35est français. »
06:35Donc, ce que dit Emmanuel Macron, si on veut être craint, il faut être respecté.
06:38Bien sûr.
06:38Il faut être respecté, il faut être puissant.
06:39Mais pourquoi il est aussi puissant que ça, le France libre ?
06:43Qu'est-ce qu'il a ? Qu'est-ce qu'il démontre ?
06:44Alors, deux choses.
06:46D'abord, un, c'est comme le fait d'avoir des sous-marins nucléaires aussi, d'ailleurs, mais ça va
06:51de pair.
06:52Le fait d'avoir un porte-avions nucléaires qui est capable d'aller sur toutes les mers du monde
06:56et de se projeter une telle puissance, c'est pas un sport de masse.
06:59Les Américains, effectivement, en ont 11.
07:02Les Français en ont un.
07:04Et puis derrière, il n'y a personne qui en a, en vrai.
07:06Les Chinois ?
07:06Les Chinois commencent à en faire.
07:08Mais je ne suis pas certain qu'ils soient totalement nucléaires et totalement comme le nôtre.
07:11Peut-être qu'eux ont une capacité...
07:12Le nôtre est nucléaire.
07:14Oui, et donc ça lui donne une sacrée allonge.
07:16Et donc, en fait, honnêtement, ça demande des maîtrises de technologie et une indépendance.
07:22Regardez, effectivement, le fait de pouvoir basculer un effort de cette ampleur au moment d'une crise majeure
07:28et d'avoir, aujourd'hui, on est les seuls à avoir 13 bâtiments autour du...
07:32Parce que le porte-avions, ce n'est pas que le porte-avions.
07:34Il n'est jamais seul, le porte-avions, toujours des frégates.
07:36Et voilà, il y a un sous-marin nucléaire d'attaque autour, il y a des frégates de l'autre
07:38côté.
07:39Vous voyez bien qu'on est...
07:40Et on aura la dernière technologie à bord ?
07:42On aura le dernier équipement militaire à bord ?
07:44Les derniers avions ?
07:46En fait, c'est vraiment un système d'armes qui va évoluer.
07:50C'est pour ça qu'il va coûter les 10 milliards sur la longueur.
07:53C'est que...
07:54Vous voyez bien, par exemple, sur ce que vous avez derrière vous, je ne sais pas si on le voit
07:56sur l'écran.
07:57Si, si, on le voit.
07:58Vous voyez bien, vous voyez qu'il y a à la fois des avions, des chasseurs, des bombardiers, il y
08:02a des avions...
08:03Et puis, il y a des drones.
08:04Et il y a les élites.
08:05Donc, vous voyez bien qu'il va y avoir un système intégré de guerre moderne qui va évoluer avec la
08:12guerre plus humitatif.
08:13Oui, dans le sens où ce type de programme, ça prend plus de 15 ans.
08:16Le Charles de Gaulle, il avait été décidé sous Mitterrand avant que Jacques Chirac, en fait, le renomme.
08:20Là, le Charles de Gaulle, c'est le lancement en 2001 pour une portée jusqu'en 2038.
08:26Donc, vous voyez, ce sont des programmes extrêmement longs.
08:28Ce qui fait que ce que vous concevez au niveau, par exemple, à l'époque, c'est DCN, DCNS, puis
08:34Naval Group.
08:35Ce que vous concevez comme équipement doit pouvoir évoluer sur les 40 prochaines années.
08:40Dans le sens où c'est en fait la portée de ce type d'outil.
08:42Donc, il faut bien concevoir dès l'origine toutes les mises à jour que pourraient intégrer,
08:47notamment en termes de radars, de furtivité, de contre-attaques défensives.
08:53Tous les éléments pour, justement, investir dans la longueur.
08:56Deux petites choses.
08:58Le porte-avions, ça a été souligné, c'est une architecture ouverte.
09:01Comme nous, nous avons un rapport à la OTAN qui n'est pas celui du politique.
09:05Nous, c'est 40-50 ans.
09:07C'est pour ça que nous sommes très souvent très surpris par les politiques qui, tout d'un coup, couplent
09:11les crédits, etc.
09:12Sauf depuis, je dois le dire, depuis l'arrivée du président Macron, qui, lui, a compris avec une partie de
09:18la classe politique que c'était un danger.
09:20La deuxième chose, et ça a été dit dans son discours, c'est que ce porte-avions participe de la
09:24dissuasion.
09:25Pourquoi ?
09:26Parce que nous nous sommes aperçus dans la guerre Russie-Ukraine que la dissuasion nucléaire pouvait être contournée par les
09:34forces conventionnelles.
09:35Et il y a un nouveau concept qui apparaît, celui de la dissuasion conventionnelle.
09:40C'est-à-dire, mais ça avait été déjà développé en France.
09:42Il faut être fort de façon conventionnelle pour repousser les nids-vites de l'intervention nucléaire.
09:49Donc, ce type de force, avec celle des autres armées aussi, qui ont été saignées à blanc, tout comme la
09:57marine.
09:57Plus de 100 régiments supprimés, etc.
10:00Sans un murmure, imaginez ça.
10:02C'est colossal, la saignée des armées.
10:04La saignée des armées, pour la défense de la France.
10:07Donc, c'est la défense de la France qui s'était saignée là.
10:09Ce ne sont pas des outils pour nous, que nous construisons.
10:12Donc, il faut, dans ce nouvel architecture de guerre éventuelle, il faut développer des instruments de dissuasion conventionnelle.
10:20Parce qu'effectivement, la dissuasion nucléaire, on s'aperçoit qu'elle peut être contournée par une force, tout simplement, une
10:28force conventionnelle.
10:29Même si vous avez une dimension nucléaire avec le portailant.
10:32Merci, messieurs.
10:33Oui, mais la dissuasion nucléaire, oui, on l'a aussi.
10:35Mais c'est aussi, enfin, vous avez raison, c'est un double message.
10:39Et là, la dissuasion nucléaire, non pas par sa propulsion, mais parce qu'il peut embarquer des rafales à capacité
10:45nucléaire,
10:46tout comme l'armée de l'air peut le faire également.
10:47Merci, messieurs.
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