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  • il y a 3 mois
Avec Benoist Grossmann, chef d'entreprise et entrepreneur et co-président de l'association France Digitale

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##LA_VERITE_EN_FACE-2025-11-04##

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News
Transcription
00:00Le Grand Matin Sud Radio, la vérité en face, Jean-François Aquili.
00:05Notre invité ce matin dans ce studio, bonjour à vous, Bernard Grossman.
00:10Bonjour.
00:11Vous êtes président d'une société d'investissement qui pèse lourd, c'est Eurasio Tech, la partie tech d'Eurasio.
00:19Et vous êtes le co-président de France Digitale.
00:22Alors vous, vous êtes une sorte de représentant de ce nouveau monde, de la nouvelle industrie, le monde numérique, les GAFAM, les autres.
00:32C'est ce qui fait la richesse aujourd'hui dans ce monde.
00:35Et ce qui nous intéresse ce matin dans la vérité en face, et vous nous appelez toujours au 0826 300 300, c'est votre regard.
00:41Est-ce que cette France aujourd'hui est encore, vous savez, bankable ?
00:46C'est-à-dire, est-ce qu'elle attire toujours les investisseurs ? Est-ce qu'elle a, on va dire, le loisir de se réjouir de la compétition mondiale ?
00:54Ou est-ce que nous allons tous mourir de déprime quand on regarde, et on va y venir, hein ?
00:59Le débat aujourd'hui autour de la fiscalité, on a la poursuite des milliards pour tenter de sauver le pays du naufrage.
01:08Benoît Grossman, bienvenue.
01:09Merci.
01:10Est-ce qu'il y a matière à se rassurer ce matin ?
01:14Oui, alors moi, je vais plutôt parler du côté du verre à moitié plein.
01:19Ah, c'est pas mal, ça.
01:20Je suis assez positif.
01:21Alors, je veux plus parler sur l'écosystème numérique, digital, que je connais bien, parce que, de par mes fonctions de co-président de France Digital,
01:28je rappelle que France Digital, c'est une association du numérique qui regroupe l'ensemble des acteurs du numérique,
01:32les entrepreneurs de la tech, de toutes les start-up, les scale-up, mais également des fonds d'investissement,
01:36comme Euraso, dont je fais partie, et on a une économie numérique en France qui est de top qualité.
01:43Alors, malheureusement, on n'a pas encore de GAFAM en France.
01:45Est-ce que ça viendra ? Ça viendra peut-être pas, j'en suis pas sûr, mais c'est pas le souci.
01:50On a quand même des top entrepreneurs, des top sociétés, des top scale-up.
01:54Les scale-up, ce sont des start-up qui ont grandi, à l'instar, par exemple, des Doctolib, des Mistral, dont on est investisant, dont on est affaire.
02:00C'est qu'il y a des licornes. Il y a une définition de la licorne.
02:03Alors, définition de la licorne, je n'aime pas tellement ce terme.
02:05Une licorne, on dit qu'une société devient le statut de licorne, lorsqu'elle atteint la valorisation d'un milliard de dollars.
02:12On est sûr qu'une valorisation, c'est un peu comme une ombre.
02:15C'est ce qu'un investisseur dit, ce que vous voulez, c'est pas un chiffre attaché à une société.
02:21Moi, je peux vous dire que votre micro, il vaut un million de dollars, et votre micro, il vaut un milliard de dollars, et votre micro, il vaut une licorne.
02:29Mais ça donne quand même une idée du dynamisme d'une société.
02:33Tout à fait, tout à fait. Et en positivant une faite plus, on a un écosystème en France qui est remarquable.
02:39C'est un écosystème qui a été bâti, dans le numérique je m'entends, qui a été bâti au cours des 25 dernières années,
02:44qui a démarré avec la bulle Internet il y a très longtemps.
02:46Et aujourd'hui, on a des très très belles sociétés.
02:48Je mentionnais Mistral, je mentionnais Doctolib, il y en a encore plein d'autres.
02:51On est investisseur dans le passé, comme Criteo, il y en a beaucoup.
02:54Et on a un écosystème qui est juste magique.
02:57Moi, je suis dans le métier depuis un petit bout d'un.
02:58Écosystème magique, alors que tout le monde déprime.
03:01Voilà. Alors nous, dans les acteurs du numérique, on essaye de positiver.
03:05Je crois qu'il faut positiver.
03:06Alors il se trouve qu'on a un peu du vent dans les voiles, comme on dit dans l'économie numérique.
03:10Parce qu'on est porté par toutes les dernières technologies, notamment l'intelligence artificielle.
03:15Et une fois de plus, on a des entrepreneurs.
03:17Ce qui fait vraiment la différence, j'insiste sur le côté entrepreneur.
03:20Parce que des scale-up et des start-up sont les entrepreneurs qui les dirigent, qui les ont fondés.
03:24On n'ira pas bien loin.
03:25Donc voilà.
03:26Moi, je ne fais que les accompagner.
03:27Que ce soit chez Eurasio ou chez France Digital, je ne fais que les accompagner.
03:30Vous les accompagnez, mais vous voyez bien l'évolution.
03:33Ces entrepreneurs, et nous allons prendre un premier appel, ont-ils envie de fuir, de quitter le pays ?
03:40Non.
03:40Alors, quelle est la réalité de cela ?
03:41Parce que la tech, ce n'est pas un monde à part de gens qui vont bien.
03:45C'est la nouvelle économie.
03:46Elle est mondiale.
03:47Ça se passe en Chine.
03:48Ça se passe aux Etats-Unis, éminemment.
03:49Et ce sont eux les numéros un.
03:51Ça se passe en France.
03:52Vous nous le dites.
03:52Et ça se porte plutôt pas mal chez nous.
03:55Est-ce qu'ils veulent fuir, au vu, et on va y revenir dans le détail dans un instant, du débat fiscal ?
04:00Non.
04:00On ne quitte pas un pays pour des raisons fiscales.
04:02Ou alors, si on quitte un pays pour des raisons fiscales, on le quitte pour des très mauvaises raisons.
04:06Et je n'imagine pas qu'un start-upper qui crée sa société va se dire
04:09« Ah, je ne vais pas créer ma société en France, je vais aller aux Etats-Unis ou en Angleterre.
04:13Parce que jour où je serai riche, je paierai beaucoup d'impôts. »
04:16Alors, ça peut se passer, mais de manière très, très, très marginale.
04:19Et la France, j'insiste, c'est un très bon pays pour entreprendre.
04:22Parce qu'on a tout un écosystème, une fois de plus.
04:24On a la Banque Publique d'Investissement, BPI qui fait un travail extraordinaire.
04:27On a tout un tas d'aides.
04:30On a tendance à oublier, mais la France, c'est un pays magique pour entreprendre.
04:33Alors, pays magique pour entreprendre, mais quand même, il y a des inquiétudes, Benoît Grossman.
04:38Et nous sommes en ligne avec vous, Cyril.
04:40Bonjour, Cyril.
04:41Oui, bonjour.
04:42Vous nous appelez de Toulouse, Cyril.
04:44Oui, tout à fait.
04:45Vous êtes seul d'entreprise dans quoi, vous ?
04:47Alors, dans tout ce qui est piscine, rénovation, du particulier, en fait.
04:52D'accord.
04:53Voilà.
04:54Et donc, moi, je n'étais pas tout à fait d'accord avec votre invité.
04:57Alors, si je peux me permettre ce matin, j'ai écouté aussi l'invité, le député socialiste.
05:03Donc, j'ai appelé pour deux points.
05:04Le sénateur, Patrick Cannaire, oui.
05:07Voilà, tout à fait, Patrick Cannaire.
05:09Alors, je voulais juste, je trouve étonnant que les médias n'aient pas fait un focus sur ça.
05:13On parlait de la taxe Clusman qui concernait 1 800 foyers à 1% sur 5 millions d'euros.
05:20Et par un tour de magie, on est passé à 1% sur 164 000 personnes.
05:26Ah oui, les 2% se sont déplacés sur la version léger.
05:30Sur 1%, à partir de 1,3 million.
05:32Bon, alors, ça concerne aussi les chaînes d'entreprise.
05:35Donc, ça, c'est une petite parenthèse.
05:36Parce que déjà, je ne comprends pas pourquoi les socialistes boudaient la réunion alors qu'ils ont eu un trophée qui va rapporter 5 fois plus à l'État.
05:42Alors là, déjà, j'aimerais qu'on m'explique.
05:44Et la deuxième chose, c'est par rapport aux chaînes d'entreprise.
05:47On a tous fait un choix, à un moment donné, en tant que chaînes d'entreprise, de prendre des risques dans la vie et d'essayer de fabriquer notre richesse.
05:55Soit par indépendance, soit parce que, ben, on se dit, bon, je vais être, malgré les risques que je vais prendre, je vais essayer de prendre mon destin.
06:03Et moi, aujourd'hui, je trouve, je suis très en colère contre les syndicats qui nous gouvernent, qui sont les syndicats CGPME, que ce soit aussi le BDF.
06:14Parce qu'en fait, quand les ouvriers, les employés ont des revendications, on voit que la CGT, elle est capable de bloquer la France avec 1% de syndiqués.
06:23Aujourd'hui, il y a 3 millions d'entreprises.
06:26Donc moi, je laisse un appel.
06:28Les entreprises, aujourd'hui, si demain, on collecte la TDA pour l'État, on paye l'URSSAF pour l'État.
06:33Si on est 3 millions à bloquer nos paiements, pendant un ou deux mois, à mettre cet argent de côté.
06:39Mais pour montrer notre colère, parce que là, ça devient n'importe quoi.
06:43C'est spoliatique.
06:44J'adore ce que disait votre invité, moi, je suis désolé.
06:46Mais aujourd'hui, le patrimoine que je fais, ma richesse que je fabrique par ma société, il m'est imposé encore une fois de plus.
06:55À mon dénouement, je partirai dans le ciel.
06:58Mes enfants, ils payent 60% pour un truc où j'ai payé la TDA, où j'ai trimé toute ma vie.
07:03Et là, il ne se passe rien.
07:04On trouve qu'en France, on est bien.
07:06Aujourd'hui, tout est fait pour nous éclairer.
07:07Et quand vous parlez d'évasion fiscale, aujourd'hui, moi, j'ai plein d'entrepreneurs.
07:11On est une petite PME.
07:13Je connais plein de gens autour de moi qui sont dégoûtés.
07:15dégoûtés d'être stigmatisés parce qu'on prend des risques.
07:18Et moi, je suis plutôt quelqu'un qui a une super équipe et j'adore mes employés.
07:23Je me bats pour eux.
07:24Mais souvent, je me bats plus d'abord pour eux que pour moi.
07:26Et aujourd'hui, je suis éclairé.
07:27Combien de personnes travaillent avec vous, Cyril ?
07:29Je suis 12 personnes aujourd'hui.
07:3012 personnes, oui.
07:32Restez en ligne.
07:33Benoît Grossman, vous entendez quand même.
07:35Cyril traduit au fond une colère qui s'entend.
07:39De nombreux auditeurs nous appellent sur l'antenne de Sud Radio.
07:42Il y a cette réalité-là d'une inquiétude qui est double, Benoît Grossman.
07:48À savoir, à la fois, la surcharge des entreprises, ça devient difficile.
07:54Et puis, le contexte politique qui fait que certains secteurs, c'est le cas notamment du bâtiment,
08:00souffrent énormément de cette espèce d'immobilisme dans lequel nous nous trouvons aujourd'hui.
08:06Alors, c'est vrai que le spectacle que nous offre l'Assemblée nationale depuis quelques jours,
08:09depuis la discussion du fameux PLF 2026, elle n'est pas vraiment à l'honneur de la France.
08:14Aujourd'hui, on est dans une espèce de folie fiscale.
08:18Je crois que tous les jours, il y a des nouvelles lois fiscales qui passent.
08:20On additionne des choses.
08:23Pas toujours très claires.
08:24Alors, c'est vrai que l'absence de majorité à l'Assemblée fait que tout le monde peut déposer un amendement
08:28et faire passer une loi qui est, somme toute, assez régressive.
08:34Alors, vous faisiez référence, M. Cyril, à la fameuse taxe Zuckman de 2% sur les patrimoines supérieures
08:41à, je crois, 100 millions d'euros, qui se transformait en une taxe à 1% sur tous les patrimoines supérieurs à 1,3 millions d'euros.
08:47C'est le nouvel IFI, où le deuxième I de IFI est remplacé de immobilière à improductif.
08:53Enfin, alors, ce qui est très rigolo pour la petite histoire,
08:57dont l'improductif est classé, notamment, les contrats d'assurance-vie en euros,
09:01soi-disant, parce qu'ils ne sont pas risqués,
09:02mais il faut juste savoir que les contrats en euros, ils financent la dette des États, notamment la dette de la France.
09:07Donc, de là à dire que financer la dette de la France à improductif, je trouve, assez cocasse.
09:12Malheureusement, c'est pour montrer un peu le niveau des députés qui n'ont pas forcément la connaissance économique des sociétés
09:19et qui fait qu'on arrive à des résultats qui sont assez, malheureusement, drôles.
09:24Non, non, mais moi, je suis à me demander si nos amis socialistes n'ont pas voté contre cette loi 1,3 millions d'euros,
09:30parce qu'aujourd'hui, finalement, tous ces députés se sentent concernés, vous comprenez ?
09:33Parce que c'est tabou de dire qu'ils ont 1,3 millions de patrimoine,
09:36mais c'est la plupart, c'est le patrimoine de tous ces députés-là.
09:38Pourquoi, à un moment donné, ils râlent ? Parce que ça venait taper les 2,5 millions d'euros.
09:44Parce que là, aujourd'hui, il y a 500 plus de recettes à attendre.
09:46Excusez-moi de vous avoir coupé.
09:47Oui, oui, non, non, je vous en prie. Encore un mot avec Cyril, peut-être Benoît Grossman.
09:53Oui, alors, une fois de plus, ce qui se passe à l'Assemblée nationale, c'est assez désolant.
09:57Je ne suis pas seul à le dire. Je crois qu'on n'a pas besoin d'être un grand clair.
10:00On n'a pas besoin d'être un co-président transgétal pour le dire.
10:03C'est assez désolant. Et on n'a pas encore tout vu.
10:06Dernier mot avec vous, Cyril, que vous nous appelez depuis Toulouse.
10:08J'entends votre colère ce matin. Vous dites, vous, URSAF, TVA,
10:12donc les verser, mais sur des comptes bloqués, parce que voilà...
10:15Non, non, on les gardait. Faire la rétention, tout simplement.
10:19Pour montrer quoi ? Pour montrer que sans ces cotisations-là, ça ne s'entoure pas.
10:26Non, mais vous imaginez, on est 4 millions en France.
10:27On n'est pas foutu de se mobiliser à un moment donné.
10:30Je veux dire, aujourd'hui, le crédit TVA, on s'acquittera à un moment donné.
10:34Moi, je suis pour un impôt juste.
10:35Mais aujourd'hui, chaque année, chaque année, j'ai 1%, 2% entre les normes,
10:41entre tout ce qu'on nous demande.
10:42Mais ce n'est pas que le bâtiment, c'est tous les métiers qui sont concernés.
10:45Aujourd'hui, on arrête de payer l'URSAF au moins,
10:48parce qu'en fait, ils nous ont eu aussi avec le prélèvement à la source,
10:51puisqu'en fait, on fait aussi la collecte de l'impôt pour l'État aujourd'hui.
10:55Mais oui.
10:56Donc, tout est verrouillé.
10:58La seule chose que, aujourd'hui, demain, on arrête de payer la TVA, messieurs.
11:01On se mobilise tous.
11:02Vous croyez qu'ils vont mettre 1 million de personnes en prison ?
11:05Non.
11:05Ou 2 millions ?
11:05Même sur les 5 000 ?
11:06Si vous vous unissez tous, c'est que vous menez une action commune.
11:10Et c'est vrai qu'on dit souvent que les patrons français,
11:13les petits et les grands, devraient s'exprimer plus souvent
11:16et prendre la parole pour...
11:17Merci à vous, Cyril, depuis Toulouse.
11:19Nous relayons donc votre coup de gueule ce matin.
11:23Donc, les patrons devraient prendre la parole,
11:25voire même parfois mener des actions très concrètes
11:28de sensibilisation à ce qu'est la réalité de l'entreprise.
11:32Merci pour ce témoignage, Cyril.
11:33Nous restons avec vous, Bernard Grossman.
11:35J'ai beaucoup de questions à vous poser sur, au fond,
11:38le tissu des entreprises en France.
11:40Est-ce qu'il y a d'un côté la tech qui va bien ?
11:43Vous savez, c'est ce qui énerve un peu les gens.
11:45La French Tech, c'était le départ du premier quinquennat
11:49du président Emmanuel Macron.
11:50Et puis, on a l'impression qu'il y a vous, puis il y a le reste.
11:53Vous allez bien, les autres vont mal.
11:54Je vous pose la question dans un instant.
11:56On se retrouve tout de suite pour la suite de La Vérité en Face,
11:590826 300 300, avec notre invité Benoît Grossman,
12:03qui est le co-président de France Digital.
12:06A tout de suite.
12:07Le Grand Matin Sud Radio, La Vérité en Face,
12:11Jean-François Aquili.
12:12Grand témoin ce matin sur Sud Radio.
12:13Benoît Grossman, vous êtes le président de la société d'investissement
12:17Razéo Tech.
12:18Il faut insister là-dessus.
12:19C'est la partie tech de Razéo.
12:21Et vous co-présidez France Digital.
12:24Nous nous échangeons à l'instant avec Cyril,
12:26qui nous a appelé de Toulouse et qui nous a fait part de la réalité,
12:29de ce que vivent aujourd'hui les chefs d'entreprise
12:32et de ce qu'ils en durent.
12:34Ça vaut pour la tech aussi.
12:35Ça vaut pour tout le monde.
12:36Benoît Grossman, est-ce que,
12:38en regardant un détail quand même,
12:40sans rentrer dans la folie,
12:42on va dire qu'il y a une imagination délirante
12:44de tout ce qui est amendé au budget
12:47et qui va sans doute disparaître d'un coup de baguette magique
12:51quand tout ça va arriver au Sénat.
12:53Alors si Amélie Monchalin, la ministre des Comptes publics,
12:56a dit que certains amendements seraient quand même discutés,
12:59même si c'est très compliqué à comprendre cette histoire.
13:02Regardez l'IFI que vous évoquiez en échangeant avec Cyril de Toulouse,
13:06l'impôt sur la fortune improductive.
13:10Mais est-ce que nous sommes...
13:12Pardon, est-ce que nous sommes chez les soviets aujourd'hui ?
13:16Je ne sais pas, mais c'est vrai que le nom d'improductive,
13:19et je trouve une fois de plus très très mal placé,
13:23alors c'était un peu un clin d'œil,
13:24on a remplacé le I immobilière à improductive.
13:29À mon avis, les députés ont dû faire un brainstorming
13:31pour trouver un nouveau nom,
13:32donc ils devaient être assez fiers de ce nouvel impôt,
13:35qui n'était pas prévu.
13:37Non.
13:38Ça vient un peu au remplacement de la non-taxe Zuckmann.
13:43Je vous rappelle, la taxe Zuckmann s'était taxée à hauteur de 2%
13:46des patrimoines supérieurs à 100 millions d'euros,
13:48et ça concernait en France, je crois, 1800 personnes.
13:52Donc cette taxe n'a pas été adoptée par le Parlement,
13:56donc en l'échange de quoi ?
13:58Les différentes oppositions ont fait passer cet amendement
14:02sur l'IFI, nouvelle version.
14:03Mais c'est d'imaginer la chose en quoi ?
14:07On ouvre la porte, toc toc, bonjour, vous êtes riche,
14:10vous avez des tableaux, vous avez du mobilier Louis XVI.
14:14Mais ça, c'est un peu le retour de l'ancienne ISF,
14:16qui était...
14:19C'est l'ISF d'avant, oui.
14:21C'est l'ISF, voilà, dont on a un petit peu changé le nom pour...
14:25Oui.
14:26Alors, nous sommes en ligne avec Sophie Taillé-Polliant.
14:30Bonjour.
14:30Bonjour.
14:31Bonjour.
14:32Vous êtes députée...
14:33Alors, j'allais dire socialiste, pardonnez-moi,
14:35je crois que vous êtes génération S.
14:37Vous avez quitté le PS.
14:39Du groupe écologiste et social.
14:40Absolument.
14:41Et députée du Val-de-Marne.
14:45Qu'est-ce que vous pensez de tout ce débat ?
14:47Je crois que vous avez une proposition...
14:48Je commencerai par ça avec vous, Sophie Taillé.
14:50Pourriez-vous, vous avez une proposition assez détonnante à faire.
14:56Écoutez, je n'ai pas de proposition détonnante à faire
14:59dans le sens où, déjà, je voudrais rétablir ce qui a été dit.
15:02On n'a pas créé ce nouvel impôt.
15:04L'IFI, c'est juste sur proposition du modem,
15:08une modification de l'impôt sur la fortune immobilière
15:11pour passer à l'impôt sur la fortune improductive,
15:13avec des changements d'assiettes et de taux
15:15qui, globalement, ne changent pas grand-chose.
15:18Moi, ce que je trouve important aujourd'hui,
15:20c'est effectivement de rétablir une forme de justice fiscale
15:24qui s'est éloignée ces dernières années.
15:28Et tous les Français et les Françaises en conviennent
15:30et demandent cette justice fiscale
15:32avec une imposition des ultra-riches
15:35qui soit, en fait, juste à peu près équivalente
15:39à celle que paye tout un chacun.
15:41Après, il y a différentes modalités pour le faire.
15:43La taxe Zuckmann en était une.
15:45Il y avait d'autres possibilités,
15:46notamment des possibilités au moment des grandes transmissions,
15:50au moment des héritages.
15:51Alors, pas les héritages de tout un chacun,
15:54mais quand on a plus d'un million,
15:56deux millions, dix millions,
15:58des dizaines de millions d'euros
15:59qui transitent entre un grand-parent
16:03et des parents ou des parents et des enfants,
16:05à ce moment-là, pour éviter que la France
16:07ne devienne une forme de nouvelle noblesse,
16:10l'État peut intervenir davantage
16:13en supprimant des niches fiscales
16:15pour financer, notamment, des politiques industrielles,
16:18pour financer, notamment, des services publics.
16:20Vous n'avez pas la sensation, quand même,
16:21que nous revenons à des schémas anciens ?
16:24Il y avait déjà, en 1789,
16:27pardonnez-moi de revenir aussi loin,
16:29parce que vous parliez, vous, de richesse,
16:31il y avait déjà, vous savez,
16:33une confiscation des biens, déjà, à l'époque.
16:36Ça avait été voté.
16:38Il y avait même, en 92,
16:41je révise mon histoire de France, de mémoire,
16:43également, une taxe qui concernait les émigrés,
16:46c'est-à-dire ceux qui avaient fui la France,
16:48mais qui avaient laissé leurs biens,
16:49leurs mobiliers sur zone.
16:51Est-ce que ce n'est pas un débat un peu suranné,
16:53un peu dépassé ?
16:54Est-ce que la réalité n'est pas ailleurs ?
16:55Est-ce que la clé de résolution,
16:56pardonnez-moi à Sophie Taillé-Pollion,
16:58mais n'est pas dans la relance, au fond,
17:01de l'activité de ce pays ?
17:03On peut lui-même leur faire une relance écologique,
17:05vertueuse, une industrie renouvelée,
17:08qui tienne compte des impacts climatiques,
17:10mais quelque chose de l'ordre du positif,
17:13de la relance.
17:14Nous avons, nous représentons de la tech,
17:15ici, Benoît Grossman,
17:16qui peut vous répondre, d'ailleurs,
17:17qui va vous répondre.
17:18Mais est-ce que vous ne pensez pas
17:19que ça se situe à ce niveau-là, aujourd'hui,
17:21et non pas un débat tout le temps fiscal ?
17:24C'est ce que les Français ne comprennent plus.
17:26Je pense que les Françaises et les Français
17:29comprennent très bien ce débat fiscal
17:30et qu'ils aspirent à davantage de justice fiscale.
17:35Vous avez raison de convoquer, entre guillemets,
17:37la grande révolution qui a fondé la République
17:41en mettant du temps,
17:43parce que, justement,
17:43elle avait au cœur la question fiscale
17:45et le fait que les nobles ne payaient pas d'impôts
17:47et avaient des privilèges inconséquents.
17:50Aujourd'hui, évidemment,
17:51on n'est pas revenu à la révolution,
17:53mais on est revenu à la fin du XIXe siècle.
17:55Et ça, ce n'est pas moi qui le dit,
17:56c'est le Conseil d'analyse économique
17:58qui est un organe placé près du Premier ministre,
18:00qui dit, avec toutes les niches fiscales,
18:03notamment sur la fiscalité des héritages,
18:07mais encore une fois, des grands héritages,
18:09pas tout un chacun, ni vous ni moi,
18:11eh bien, on est en train de reconstituer
18:13une forme d'économie de rentier.
18:15Et moi, je le dis à toutes celles et ceux
18:16qui ne cessent de clamer au effort
18:18qu'ils ont à cœur la valeur travail.
18:20Eh bien, justement,
18:21quand on a à cœur la valeur travail,
18:23on ne cherche pas à perpétuer une économie de rentier,
18:26mais on cherche à faire en sorte
18:28que le financement de l'économie
18:30soit aussi basé, non pas sur la rente,
18:34mais sur l'investissement, etc.
18:36Voilà.
18:36Mais c'est important de tout replacer comme ça.
18:38Elle veut intervenir.
18:39Oui, alors, pour revenir sur la taxation des ultra-riches,
18:41dont on a beaucoup parlé,
18:43notamment par l'intermédiaire de Gabriel Zuckman,
18:46alors, c'est un petit peu technique.
18:48Le constat qui est fait par Gabriel Zuckman,
18:50c'est de dire que le taux d'imposition,
18:52je parle bien de taux d'imposition en fonction des salaires,
18:55il passe de 25% sur les classes GIT inférieures
18:58à 45% sur les classes supérieures,
19:02et dès lors qu'on est sur les 0,01% à peu près de Français,
19:06ce taux de taxation marginale,
19:07il passe de 45% à 25%.
19:09Alors, c'est très technique,
19:10on peut dire, on peut crier au loup,
19:12mais la raison, elle est purement technique,
19:13c'est parce que les très riches,
19:16ils tirent l'essentiel de leurs revenus,
19:18non pas de salaire,
19:19mais de dividendes,
19:19et en général,
19:20ils ont leur société dans des holdings,
19:25et là, c'est très technique, une fois de plus,
19:26je suis désolé de ces technicités,
19:28mais c'est les revenus des holdings,
19:30tant qu'ils restent dans les holdings,
19:31ne sont pas taxés,
19:32c'est normal, c'est le droit européen,
19:33c'est comme ça,
19:33c'est bien, c'est pas bien, c'est comme ça,
19:35voilà,
19:35et les revenus des holdings sont taxés dès lors
19:38qu'ils sont appréhendés en dividendes
19:40sur la personne physique,
19:41voilà, c'est ça l'origine
19:42de la différence de taxation des ultra-riches.
19:46Alors, le constat,
19:47on est tous d'accord avec ça,
19:49alors après, la manière de corriger cet effet-là,
19:51est-ce qu'on met une taxe Zuckman ?
19:52Alors, la taxe Zuckman,
19:54elle mérite de dire que,
19:56on taxe les patrimoines supérieurs
19:58à 100 millions d'euros à hauteur de 2%,
20:00le taux de taxation des ultra-riches,
20:02il est à peu près comme le top 1%,
20:04c'est-à-dire 45%.
20:05Donc, on rétablit une justice.
20:07Est-ce que c'est le meilleur impôt ?
20:08Parce que taxer un stock,
20:09c'est jamais très bon.
20:10Taxer un stock,
20:11alors on dit toujours Zuckman,
20:13c'est 2%, c'est pas beaucoup,
20:14mais c'est tous les ans, voilà.
20:15Alors, j'extrapole,
20:162% tous les ans,
20:17au bout de 50 ans,
20:18vous n'avez plus rien.
20:19Alors, c'est pas tout à fait ça,
20:20le vrai calcul,
20:21il faut faire 0,48,
20:22à la puissance 50.
20:23Parce que c'est fort une rapporte, quand même.
20:26Il faut conclure, Sophie Taillet-Pollion,
20:28dernier mot,
20:29le budget, c'est pas fini,
20:31on ne sait pas si ça ira au bout.
20:33D'accord.
20:34Écoutez, les débats vont reprendre le 12 novembre
20:37et nous sommes toujours dans l'espoir
20:39de trouver des recettes
20:40pour financer nos services publics
20:42et notre politique industrielle.
20:43Merci à vous, Sophie Taillet-Pollion.
20:45Au revoir.
20:45Dernier mot, Benoît Grossman,
20:46le temps court.
20:47Bon, vous avez quand même un message positif.
20:49Nous restons attractifs,
20:51c'est ce que vous dites ce matin.
20:51Oui, on reste attractifs.
20:52Et puis, les chiffres de la croissance
20:55au troisième trimestre
20:56ont un peu surpris tout le monde.
20:58Je crois qu'on a battu un peu le consensus.
20:59Alors, c'est pas brillant.
21:00Je crois qu'il y a 0,5% de croissance.
21:02C'est franchement pas brillant.
21:03Mais compte tenu de l'environnement politique,
21:05c'est une vraie poesse.
21:06Et on s'aperçoit que l'économie est assez résiliente,
21:08les Français sont très résilients.
21:10Voilà, et le mot de la fin,
21:10il faut être très positif.
21:11Et la France a beaucoup de talents.
21:14Un talent extraordinaire,
21:15il faut mettre ça en avant.
21:17Alors, si...
21:18Et puis moi, je regrette
21:18l'inventivité fiscale
21:20des députés
21:23qui me surprend tous les jours.
21:24Ils sont des mêmes coquins, c'est drôle.
21:26Allez, merci à vous
21:27pour ce message positif.
21:28Ça fait du bien, Benoît Grosse-Pin,
21:30on va vous réinviter.
21:31Ça fait du bien d'entendre
21:32des messages positifs
21:32par les temps qui courent.
21:33Bonjour Valérie Expert.
21:34Bonjour Jean-François Acquigny.
21:35Quels sont les débats aujourd'hui ?
21:37C'est un petit creux d'actualité,
21:39mais il y a toujours des sujets
21:40quand même qui nous interpellent.
21:42En particulier, cette proposition de loi
21:44qui est faite par un député
21:46qui veut interdire la vente de cigarettes
21:48aux Français nés après 2014.
21:50Est-ce qu'on peut avoir
21:51une génération sans tabac ?
21:53On va revenir sur l'affaire Chine,
21:55puisque ça fait évidemment
21:57beaucoup, beaucoup, beaucoup débat.
21:59Et puis, peut-on t'y aller travailler
22:00quand on est malade ?
22:01On l'a un petit peu traité hier
22:02en fin d'émission.
22:03Mais on vous pose la question
22:04que pensez-vous de cette mesure 0826 300 300 ?
22:08Allez, bonne émission à vous.
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