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  • il y a 3 mois
Avec Antoine Foucher, ancien directeur de cabinet de la ministre du Travail, consultant, essayiste et auteur du livre "Sortir du travail qui ne paie plus" (éditions de l’Aube)

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##LA_VERITE_EN_FACE-2025-10-30##

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Transcription
00:00C'est qu'on est devenu un peuple moyennement compétent, pardon de le dire comme ça, c'est hyper brutal, surtout le matin, mais ce qui permet de dire ça, c'est les comparaisons internationales, PISA, c'est assez connu, c'est pour les élèves, mais ça existe aussi l'équivalent de PISA pour les adultes ou pour les actifs ou les travailleurs, ça s'appelle PIAC, c'est aussi l'OCDE.
00:16– Dans les deux cas, depuis 10 ans, on est 25e, 25e, 27e, nous les Français, ça veut dire qu'il y a 20 à 24 autres pays dans le monde où en moyenne les gens sont plus compétents que les Français.
00:29Et au moment de la mondialisation, et la mondialisation quand on arrête les chichis, c'est simplement une nouvelle distribution internationale du travail.
00:38Quand vous refaites, quand vous redistribuez la carte de la production mondiale entre les pays, c'est ça la mondialisation, et que vous chutez au classement des compétences,
00:46les segments les plus rémunérateurs dans le monde, ils vont là où les gens sont les plus qualifiés.
00:51Et quand nous, Français, on devient 25e, il y a 24 autres pays qui nous passent devant pour prendre les secteurs les plus rémunérateurs, donc des meilleurs salaires que nous, les Français.
01:00Ça, c'est le deuxième point. Et le troisième point, c'est le fait que la différence entre le brut et le net s'est creusée.
01:07C'est ce que je disais tout à l'heure. Aujourd'hui, quand vous gagnez 100 euros en moyenne, vous en gardez 54 en travaillant.
01:13Vous en gardez 54, vous en gardiez 60 il y a 30 ans, 69 il y a 50 ans. Et ça, c'est parce qu'on a dépensé de plus en plus d'argent public que pour le social.
01:23Il n'y a que les dépenses sociales qui augmentent dans notre pays depuis 50 ans. Et au lieu de les faire financer par les 68 millions de Français,
01:30on les fait financer quasi uniquement, pas que, mais quasi uniquement par les 28 millions de gens qui bossent.
01:35Donc pour les 28 millions de gens qui bossent, 20 millions de salariés, 5 millions de fonctionnaires, 3 millions d'indépendants,
01:40l'écart entre ce que vous gagnez et ce que vous gardez pour vous n'a cessé de se creuser.
01:44Et donc c'est la combinaison en fait des deux phénomènes. Des salaires qui augmentent de moins en moins vite,
01:49ils ne baissent pas, mais ils augmentent de moins en moins vite, et un écart entre ce que les gens gagnent et qu'ils gardent pour eux,
01:54qui se creuse, les deux font que, oui, en moyenne, depuis 15 ans, le pouvoir d'achat des gens qui bossent,
02:01ça ne s'améliore même pas de 1% par an. Donc ils vivent à peu près de la même manière qu'il y a 15 ans,
02:07et c'est la première fois depuis 45 qu'on a une génération dans cette situation-là.
02:10– C'est ce constat que vous faites, Antoine Fouché, qui est passionnant.
02:12Vous avez dit « je vais être un peu long », mais ce n'est jamais assez long quand vous dites des choses très claires,
02:16de la sorte. Il est partagé par un Nicolas Dufour, par exemple, au hasard, qui a écrit la dette sociale,
02:21qui raconte un peu la même histoire, si je puis dire.
02:24– Si on regarde les décideurs publics, si on regarde les politiques,
02:28une pêle-mêle, ça me vient comme ça, Nicolas Sarkozy a fait campagne en 2007 sur les usines.
02:33Vous vous rappelez ? J'aime les usines. C'était plutôt un message positif.
02:37Plus récemment, Nicolas Emmanuel Macron, crise Covid notamment, mais pas que,
02:42pendant et au sortir de la crise Covid, avait dit « il faut que les usines reviennent ».
02:46Il faut réindustrialiser la France. Les décideurs politiques, les présidents successifs,
02:51sont conscients de cette réalité. Pourquoi est-ce qu'il n'y a qu'une parole performative
02:58sur cette réindustrialisation attendue de la France, à vos yeux ?
03:02– Je pense que c'est parce que l'ampleur de l'effort qu'il y aurait à faire pour réindustrialiser la France,
03:12on ne se dit pas la vérité entre Français sur ce que c'est, et donc en fait, on ne le fait pas vraiment.
03:16– Il y a quand même eu une inflexion en 2017, alors je ne suis pas complètement objectif quand je dis ça,
03:21mais c'est les chiffres de l'INSEE, une fois de plus, ce que chacun peut vérifier,
03:24donc ce n'est pas Fouché qui le dit, c'est l'INSEE.
03:27On a stoppé la désindustrialisation depuis, d'ailleurs ça n'est pas de 2017, c'est plutôt 2016,
03:33on a stoppé la désindustrialisation, donc on a arrêté depuis 7-8 ans de se désindustrialiser.
03:40Par contre, ce qui n'est pas vrai, c'est qu'on ne se réindustrialise pas.
03:42Ça, ce n'est pas vrai, c'est trop long, c'est vrai qu'on a 100 000 emplois industriels de plus depuis 7 ans,
03:47mais à ce rythme-là, on retrouverait l'industrie qu'on avait sous Jospin en 2064.
03:52Donc on ne peut pas dire qu'on se réindustrialise.
03:54Mais on a stoppé la désindustrialisation, ce qui est déjà une première chose.
03:59Après, pourquoi est-ce qu'on ne va pas plus vite ou est-ce qu'on ne fait pas mieux ?
04:03Je vais vous prendre des exemples très concrets de ce qu'il faudrait faire si on voudrait vraiment se réindustrialiser.
04:07Il faudrait faire des choses pas populaires, en fait, et en fait, comme on ne se le partage pas entre Français,
04:12on n'ose pas le faire, ou en tout cas ceux qui le défendent n'osent pas aller jusqu'au bout,
04:17où on peur, à mon avis à tort, mais des conséquences électorales.
04:22L'industrie française, elle a encore deux gros handicaps par rapport à l'industrie allemande, par exemple.
04:27D'abord, un, on taxe plus l'industrie française pour la même valeur ajoutée encore en France qu'en Allemagne.
04:34C'est quand même 25 milliards d'euros d'écart, malgré toutes les baisses d'impôts qu'il y a eu sur les boîtes depuis une dizaine d'années.
04:41Malgré tout ça, il reste 25 milliards. Sur l'industrie, je ne parle pas sur tout, il reste 25 milliards d'euros d'écart.
04:46C'est quand même assez lourd pour une industrie qui produit 30 milliards, c'est quasiment 10% de valeur ajoutée.
04:52Et une deuxième chose qui est là aussi plus... qui est très concrète, je pense, pour les gens, c'est les normes environnementales et foncières
05:02qu'on met pour le développement d'établissements industriels. Je prends un exemple très concret.
05:07— Mais c'est trop lourd. — C'est lourd et long. Mais en même temps, c'est notre société d'individus qui est derrière.
05:13C'est-à-dire que vous avez une... Personne n'a envie... Je vais le dire de façon très cash. Personne n'a envie, quand vous habitez n'importe où en France,
05:20d'avoir un établissement industriel qui se monte à côté de votre logement. Donc on a mis en place des procédures de recours, de contestation, etc.,
05:28qui fait que c'est plus long. Et donc si on disait la vérité au pays et que la réindustrialisation était une priorité, il faudrait dire
05:35qu'il va y avoir plus d'usines dans le pays, qu'il y aura plus de gens qui auront des usines à côté de chez eux, que pour que ça se fasse vraiment,
05:43il faut que ça soit plus rapide que le temps que ça prend aujourd'hui, parce que ça dissuade les industriels qui peuvent produire partout ailleurs en Europe
05:49et partout ailleurs dans le monde. Donc il faut qu'on soit compétitifs, que ça nous plaise ou non. Et donc on va mettre en place des procédures dérogatoires
05:57qui fait que ça va être plus facile d'installer des usines très technologiques, très propres, etc., mais dans notre pays.
06:04Et donc je pense que c'est ça, ce discours de vérité qu'on n'ose pas partager, parce que ça ne fait pas plaisir à entendre.
06:11Mais pourtant, si à un moment donné, on veut arrêter de se raconter des cracks et qu'on veut vraiment réindustrialiser,
06:17c'est ce genre de mesures qui sont au rebours de ce qu'on fait depuis 50 ans qu'il faut prendre.
06:23Sinon, on continue, comme vous l'avez dit, à avoir une parole performative.
06:27Je veux réindustrialiser, je veux réindustrialiser. Et au mieux, on arrête de se désindustrialiser,
06:32mais on ne se réindustrialise certainement pas.
06:34— Dans un instant, avec vous, Antoine Fouché, c'est passionnant. J'adore votre regard parce que c'est assez décapant.
06:41On entend plutôt un discours qui va dans le sens du poil en général. Les politiques le font.
06:47Il y a des échéances électorales à assurer. Mais il faut peut-être dire des vérités qui parfois dérangent.
06:53Vous disiez on taxe plus les industries. On va en reparler. Et puis il y a aussi toutes ces notions de travail, d'héritage, de capital,
07:00ces équilibres à retrouver aujourd'hui. Et puis ces histoires de reconversion. Est-ce que quand on n'aime plus un travail,
07:06est-ce qu'on a envie de se reconvertir ? Est-ce qu'on peut encore le faire ? Et puis il y a les seniors qui ne travaillent plus.
07:10Il y a beaucoup de choses à dire encore. On se retrouve dans un court instant. Il est 9h44. Vous nous appelez si vous voulez réagir.
07:150826 300 300. A tout de suite pour la suite avec Antoine Fouché de La Vérité en Face.
07:21Le Grand Matin Sud Radio. La Vérité en Face. Jean-François Aquili.
07:26Avec nous en studio, Antoine Fouché équipé de son franc-parler. Ancien directeur de cabinet de Muriel Pénicaud.
07:35Président aujourd'hui du cabinet Quintet Conseil. Et vous êtes l'auteur de Sortir du travail qui ne paie plus aux éditions de l'Aube.
07:43Vous avez une vision quand même assez raide, si je puis dire, mais très réaliste de la situation aujourd'hui.
07:49Vous disiez, tiens, à l'instant, on taxe de plus en plus, finalement, notre industrie, nos entreprises, nos boîtes.
07:56C'est ce qui les étrangle aussi. C'est ce qui empêche les salaires d'évoluer.
08:01Oui, alors, c'est pas qu'on les taxe de plus en plus. Parce que les entreprises, en général, quand même, depuis quelques années,
08:06on les taxe moins qu'avant. En revanche, on taxe de plus en plus les travailleurs.
08:11Oui, oui, oui. On a l'un des niveaux de prélèvement obligatoire les plus élevés, à peu près sur tout.
08:16Parce qu'on a les dépenses publiques parmi les plus élevées du monde.
08:19Donc forcément, on taxe un peu tout plus qu'ailleurs. Et notamment les entreprises. Ça, c'est sûr.
08:25Mais dans l'évolution, sur plusieurs décennies, ceux qui s'en sortent le plus mal,
08:31et ça va s'empirer dans le budget qui est en discussion actuelle, il faut objectivement le dire,
08:35c'est les travailleurs. C'est-à-dire les travailleurs ou les gens qui bossent,
08:39pour le dire de façon encore plus simple. Encore une fois, les 28 millions de gens qui bossent
08:41sur les 68 millions de Français, 20 millions de salariés, 5 millions de fonctionnaires,
08:463 millions d'indépendants. Parce que c'est essentiellement eux qui portent le financement
08:51de notre plus gros poste de dépense publique, qui sont les dépenses sociales.
08:56C'est 890 milliards sur 1700 milliards de dépenses publiques.
08:58Et donc, comme chaque année, pour aller vite, ça s'alourdit un peu.
09:05Des années où ça s'alourdit plus que d'autres. Mais c'est ce que je disais.
09:08Aujourd'hui, en moyenne, quand vous gagnez 100 euros en travaillant, vous en gardez 54.
09:13En Allemagne, vous en gardez 62, par exemple.
09:15Voilà. Et c'est pas, je vais le dire là aussi de façon très cash,
09:20si les salaires n'évoluent pas de façon rapide, ou en tout cas aussi rapide qu'avant,
09:26depuis 15 ans, c'est pas de la responsabilité des entreprises.
09:29C'est parce que, là aussi, chiffre qui est vérifiable sur le site de l'INSEE,
09:33de l'OCDE, de la Banque de France, etc.
09:38Le partage de la valeur entre le capital et le travail, comme on dit techniquement,
09:42c'est-à-dire entre les actionnaires et les salariés, en France,
09:45il n'a pas bougé depuis 1950, depuis que l'INSEE le mesure.
09:49C'est-à-dire qu'on est toujours à 2 tiers, 1 tiers.
09:51Alors, il a évolué plus ou moins bas, etc.
09:53Mais il y a un rythme de longtemps, c'est 2 tiers, 1 tiers.
09:56C'est pas vrai dans tous les pays, et c'est pour ça qu'il y a peut-être des gens
09:59qui nous écoutent qui vont dire, mais il raconte n'importe quoi, lui.
10:01Parce que dans d'autres pays, c'est pas vrai, ce que je dis.
10:03C'est-à-dire, ou les États-Unis, par exemple,
10:06les actionnaires se gavent, pardon de le dire de façon comme ça un peu excessive,
10:13mais se gavent sur le dos des salariés, pas en France.
10:16Pas en France, où le partage est constant, en fait.
10:19– Il y a le débat de faire payer les riches, et puis les actionnaires.
10:23– Parce qu'en fait, ce qui nous fait dire que ça se déforme,
10:27c'est les images, c'est deux choses.
10:29Je pense que c'est, un, les salaires indécents de quelques centaines de personnes,
10:35essentiellement dans le CAC 40, premier point,
10:38mais sauf qu'ils ne sont pas assez nombreux pour capter une partie de la valeur,
10:41parce qu'on crée quand même 3 300 milliards d'euros de richesse.
10:45Donc voilà, même des salaires des quelques millions d'euros, ça ne pèse rien là-dedans.
10:50Symboliquement, ça pèse lourd.
10:52Mais en vrai, je fais un calcul dans le bouquin,
10:54en disant que si on reprenait tout de la rémunération des 0,1% des mieux payés en France,
11:00et qu'on le redonnait aux autres, ça ferait 35 euros par mois pour chacun d'entre nous.
11:04Donc on voit que ce n'est pas ça le sujet.
11:06Et le deuxième chose aussi qui fait qu'on a une perception déformée, je pense,
11:14de la réalité de l'économie française, c'est le CAC 40,
11:17parce que dans le CAC 40, on fait des profits de plusieurs dizaines,
11:20voire centaines de milliards d'euros.
11:23Mais un, le CAC 40, c'est que 5% des salariés qui travaillent.
11:28Donc c'est 5% des 20 millions, c'est un million de salariés en fait,
11:32sur les 28 millions de gens qui bossent.
11:34Donc à supposer qu'il y a un problème là-dedans, de déformation, du partage de la valeur,
11:38qu'est-ce qu'on fait pour les 95% qui restent ?
11:41Ça ne règle pas leur vie.
11:42Ça ne règle pas le problème.
11:43Ça ne règle pas le problème.
11:45Et deux, c'est assez brutal à entendre, mais je vais le dire quand même,
11:49vous avez quand même 85 à 90% maintenant du chiffre d'affaires du CAC 40
11:54qui se fait en dehors de France.
11:56Donc si on devait partager mieux la valeur des entreprises du CAC 40,
12:00et il faut certainement en partie, ou pour certaines d'entre elles, le faire,
12:03malheureusement, ça ne serait pas avec les salariés français qu'on repartagerait la valeur.
12:07Non.
12:07Ça serait avec, pour 90% de cette valeur,
12:10ça serait avec les salariés des pays dans lesquels 90% de la valeur est créée,
12:14c'est-à-dire pas en France.
12:16Donc c'est presque pas un faux débat, mais...
12:18Mais c'est un débat qui est important symboliquement,
12:20parce qu'encore une fois, il y a des rémunérations qui donnent le sentiment
12:25qu'en fait, c'est ça le problème, c'est-à-dire que c'est l'explosion des inégalités.
12:29Or non, les inégalités de rémunération, elles n'ont pas augmenté.
12:34Ça fait 30 ans, en gros, que pour passer des 10% les moins bien payés
12:40ou 10% les mieux payés,
12:42il ne faut pas multiplier son salaire par 100, par 50, ni même par 10,
12:45mais juste par 3.
12:47– Antoine Fouché, les auditeurs de Sud Radio témoignent tous les jours là-dessus.
12:50C'est presque une sorte de préoccupation quotidienne.
12:55Il y a ce triptyque du travail que les gens commencent un peu à détester,
12:59parce qu'ils ne gagnent plus assez d'argent.
13:00Il y a cette épargne qui grossit sans cesse,
13:03parce que la France a peur, pour paraphraser un journaliste célèbre.
13:08Et puis, il y a cette petite musique sur l'héritage
13:11qui commence à agacer tout le monde,
13:13parce qu'on se demande si on ne va pas aller aussi rajouter là-dessus,
13:19on va dire, de la captation.
13:20C'est déjà très compliqué d'hériter.
13:22Et en plus, on va taxer et surtaxer là-dessus.
13:24Il y a ce triptyque-là qu'il faut rééquilibrer peut-être aujourd'hui, non ?
13:28– Oui, je suis complètement d'accord avec vous.
13:29C'est un triptyque de cercle vicieux.
13:32C'est-à-dire que comme on a le sentiment,
13:33je pense qu'on le voit dans toutes les enquêtes,
13:35notamment de Jérôme Fourquet,
13:36on voit que la majorité du pays considère
13:46qu'on va moins bien vivre en France dans 20 ans qu'aujourd'hui
13:48et les gens ont raison.
13:50Donc ils sont ce que vous dites,
13:50ils sont inquiets pour l'avenir,
13:52ils considèrent que leurs enfants vont moins bien vivre qu'eux
13:53et les 15 dernières années leur donnent raison.
13:56Donc on épargne et on essaye de protéger ce qu'on a,
14:00c'est-à-dire son épargne et son capital
14:03qu'on va transmettre à ses enfants.
14:04Mais ça, ça fait, c'est dur à dire,
14:07mais ça fait qu'en fait, on accroît les inégalités
14:11et c'est un cercle vicieux qui nous précipite sur la pente du déclin
14:16parce que ce qui fait quand même la richesse d'un pays à la fin,
14:19à long terme, c'est les gens qui bossent et la rémunération du travail.
14:23Il faut qu'on soit plus à bosser, qu'on travaille mieux,
14:26qu'on soit plus productif, etc.
14:27parce qu'à la fin, on peut dire ce qu'on veut,
14:28c'est les gens qui travaillent et qui créent la valeur.
14:31Une fois qu'on a dit ça, ça veut dire quand même qu'il faut faire au moins deux choses
14:34pour sortir du cercle vicieux dans lequel on est.
14:37C'est que, un, on paye mieux le travail et il y a des solutions pour le faire.
14:41– Elles existent.
14:42– Elles existent.
14:43– Alors, c'est des choix radicaux de société, mais on peut le faire,
14:47d'autres pays l'ont fait, etc.
14:48Mais donc, on peut faire que les 28 millions de gens qui travaillent
14:51soient mieux rémunérés pour leur travail.
14:54Ce qui va rendre acceptable, me semble-t-il, ou moins inacceptable,
14:58le fait de travailler plus longtemps, parce qu'il faut aussi qu'on travaille plus longtemps.
15:01Voilà, c'est par rapport aux autres pays, sinon on va s'appauvrir relativement aux autres.
15:05– Stop le discours de revenir en arrière, quoi, sur l'âge de départ et tout le reste.
15:08– Mais je comprends, en fait, qu'on conteste aujourd'hui,
15:10parce qu'il n'y a aucun avantage financier.
15:12Mais il faut mettre les choses dans le bon ordre.
15:15Il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs.
15:16Il faut d'abord que le travail paye plus, si on veut demander aux gens de travailler plus longtemps.
15:21Et pas plus, un peu plus, beaucoup plus, que ça se voit dans la fiche de paye, etc.
15:27Ça se voit sur l'amélioration du niveau de vie, année après année,
15:32pour la majorité des gens qui bossent.
15:34Et on peut aussi travailler mieux, vous avez raison,
15:36il y a plein de choses là-dessus qu'on peut faire qui sont vraiment très concrètes.
15:39Ça, c'est la première chose.
15:40Et sur l'héritage, il faut quand même qu'on fasse aussi quelque chose,
15:44parce qu'on est en train de redevenir une société d'héritiers, en fait.
15:47C'est-à-dire qu'il y a un rapport, pour ceux que ça intéresse, qui est en ligne,
15:51qui s'appelle Repenser l'héritage sur le site du Conseil d'analyse économique,
15:55et qui date de 2021, et qui montre qu'aujourd'hui,
15:59la majorité de ce que les gens ont, c'est une moyenne,
16:02c'est pas la même chose pour tout le monde,
16:03mais la majorité de ce que les gens ont ne vient plus de leur travail et de leur mérite,
16:06mais de l'héritage et du hasard de leur naissance.
16:09Donc quand vous êtes dans une société où vous vous dites,
16:11il vaut mieux hériter que travailler,
16:14c'est une société dans laquelle on est en train de rentrer.
16:17On est un peu rentrés dedans, mais ça va s'empirer dans les années qui viennent.
16:21Plus personne n'a intérêt à bosser.
16:22Parce que les gens qui héritent se disent,
16:24de toute façon, j'aurais jamais par mon travail ce que j'ai eu par mon héritage.
16:27Et ceux qui n'héritent pas ne disent,
16:28ça sert à rien d'aller dans la course,
16:30parce que j'aurais jamais par mon travail un niveau de vie équivalent à ceux qui ont hérité.
16:35Et donc c'est un cercle vicieux terrible.
16:37Et donc il faut que le travail paye davantage.
16:40Pour que à chaque génération, la course soit à peu près équitable,
16:45elle ne le sera jamais complètement,
16:46mais à peu près équitable,
16:47et que tout le monde ait intérêt à courir, c'est-à-dire à travailler.
16:50Et pour ça, l'avantage qu'on a, pardon de le dire comme ça en France,
16:56c'est que le patrimoine est hyper inégalitaire.
17:00Il est hyper concentré.
17:01Et donc on peut aller taxer un peu plus les très gros héritages,
17:05sans toucher à 90% des héritages,
17:08pour remettre un peu d'égalité des chances.
17:10Je donne juste les chiffres pour que les gens se rendent compte,
17:12mais vous rentrez dans les 10% des plus gros héritages par personne en France
17:18à partir de 500 000 euros.
17:19Et donc on pourrait, c'est à partir de ces héritages-là qu'on peut aller,
17:24et pas des taux confiscatoires,
17:25mais mettre des taux à 10-20% minimum,
17:29et pas toucher à tous ceux qui touchent moins de 500 000 euros par héritier.
17:33Et ça, ça permettrait de redonner un peu d'égalité des chances
17:36avec une rémunération du travail qui paye plus.
17:38Et ça sera le mot de la fin.
17:39Et tout est dans la nuance, Antoine Fouché, pour tout.
17:42Pour ce qui est le travail, l'héritage, pour tout le reste,
17:44tout est quelque part dans la nuance.
17:45Les solutions existent, vous les déployez,
17:47d'en sortir du travail qui ne paie plus paru aux éditions de l'Aube.
17:52Merci pour ce regard très cash ce matin sur l'antenne de Sud Radio.
17:57Merci à vous.
17:58Et bienvenue Valérie Expert.
17:59Bonjour Jean-François Théry.
18:00Mettez-vous d'accord ?
18:01Mettons-nous d'accord.
18:01Est-ce que vous avez un accent ?
18:03Je l'ai gommé, il paraît.
18:04C'est vrai ?
18:05À force de vivre à Paris, à Corse.
18:07Et il paraît que les accents régionaux disparaissent,
18:10et qu'avoir un accent est discriminant.
18:12Et c'est vrai que si vous regardez un petit peu les différents médias,
18:15il y a très peu de gens, on pense à Jean-Michel Apathy,
18:17qui ont des accents.
18:19Donc parlons vrai et parlez-nous sur Sud Radio.
18:24Faites sonner vos accents.
18:25Vous savez quand il revient quand j'ai un invité Corse ?
18:27Il revient tout de suite quand j'ai un invité Corse.
18:29C'est vrai, bien sûr, on retrouve son accent.
18:31On va revenir sur les déclarations d'Emmanuel Macron
18:33à propos de X du réseau d'Elon Musk.
18:35Est-ce que vous vous informez sur X pour lui ?
18:38C'est un réseau qui est trop profondément lié à l'extrême droite.
18:42On va revenir sur le casse du Louvre.
18:44Et bravo à la police judiciaire en particulier.
18:47Bref, beaucoup de sujets avec vous.
18:480826 300 300, on vous attend.
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