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  • il y a 3 mois
Ce mercredi 29 octobre, David Kruk, head of Trading Desk chez La Financière de l’Échiquier, s'est penché sur la résilience des marchés en 2025, plus que pendant la crise des années 2000, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00Il vient de nous rejoindre, David Krug, bonjour David.
00:02Bonjour.
00:02La financière de l'échiquier, alors lui il fait son marché sur les indices et sur les valeurs avec vos équipes.
00:08David, vous allez rendre face au marché votre verdict, ce moment, cet instant qu'on va vivre ce verdict, est-ce que vous l'assumez ?
00:14Totalement, j'estime et j'assume qu'il faut cesser de comparer le marché de 2025 avec la bulle de 2000.
00:22Alors qu'NVIDIA est sur des plus hauts, vient de franchir la barre des 5000 milliards de dollars de capitalisation,
00:27vous dites non, non, rien à voir avec la bulle de 2000.
00:29Vous êtes en colère quand on fait cette comparaison ?
00:31Je suis en colère, c'est vrai.
00:33J'écoute beaucoup votre émission, Guillaume, je vois beaucoup de stratégistes, d'économistes qui font des comparaisons systématiques
00:40entre la bulle Internet et nos marchés actuellement.
00:43Je pense qu'ils ont raison d'ailleurs, parce que c'est intéressant de voir les rentabilités,
00:46de comprendre le cash qu'il y a au bilan, de voir un petit peu les comparaisons d'indices.
00:50Il y a beaucoup de choses qui sont intéressantes.
00:52Mais là je voulais aller plus loin, donner un coup d'avance,
00:54parce que c'est bien de se poser la question s'il y a une bulle ou pas,
00:57mais en un quart de siècle, Guillaume, les marchés ont fondamentalement et ont vraiment évolué.
01:02Ce ne sont plus du tout les mêmes marchés.
01:04En 2000, les marchés étaient peu démocratisés, sauf aux États-Unis bien sûr,
01:08mais en Europe en tout cas, il n'y avait pas tant de personnes qui étaient dans les marchés
01:11par rapport encore une fois à un quart de siècle plus tard,
01:14où les marchés sont totalement démocratisés.
01:17Et d'ailleurs ça se voit, parce que depuis ces dernières années,
01:19on a eu quand même beaucoup de crises.
01:20Et finalement, les marchés ont été capables de digérer toutes ces crises.
01:25La crise du Covid a été digérée en trois mois,
01:28même récemment la crise des tarifs en trois semaines, un mois.
01:32Dès qu'on a une petite crise, même sur le crédit américain,
01:34sur les banques régionales, c'est quoi ?
01:36C'est trois jours.
01:37Donc on voit que les marchés sont extrêmement efficients
01:40pour arriver à digérer ces crises.
01:43Donc la question aujourd'hui, c'est, même si on était dans une bulle
01:47et les marchés pourraient repartir en arrière, en tout cas rebaisser,
01:50parce qu'effectivement, NVIDIA, 5 trillion,
01:52il y a peut-être un petit peu d'anticipation, de return,
01:56de rentabilité peut-être excessif.
01:58Mais quoi qu'il en soit, les marchés seront capables
02:00de pouvoir digérer ces crises.
02:03Et ça, c'est extrêmement intéressant.
02:05Alors, pourquoi ?
02:07Pourquoi ? Parce qu'effectivement, depuis,
02:09il y a eu énormément d'acteurs qui sont venus.
02:11On parle beaucoup des share buybacks,
02:12c'est 5,3 milliards par jour.
02:15Les rachats d'actions.
02:15Les rachats d'actions, décidément, je ne le ferai jamais en français,
02:185,3 milliards.
02:20Ce qui est intéressant sur les rachats d'actions,
02:21d'ailleurs, Guillaume, je fais juste une aparté,
02:23c'est qu'on a un record cette année de plus de 1,1 trillion
02:26par rapport au record de l'année dernière de 900 milliards.
02:29Et pourtant, les marchés sont dits au plus haut et très, très chers.
02:32Donc c'est toujours intéressant de voir que les entreprises
02:34rachètent leurs actions dans un niveau record historique.
02:38Et finalement, les marchés sont valorisés de façon excessif.
02:42Donc on voit bien qu'il y a un besoin d'investissement
02:44qui fait fi, finalement, des niveaux de valorisation.
02:47Et ça, c'est quand même assez passionnant, je trouve.
02:49Si on regarde les particuliers investisseurs américains,
02:53encore une fois, on l'a souvent dit sur cette antenne,
02:557% de leur salaire, des salariés donc,
02:57mettent tous les jours dans les marchés.
02:59En Europe, évidemment, on a un petit peu de retard.
03:01En Europe, on est très sur l'immobilier.
03:03L'immobilier, c'est effectivement un actif qui est intéressant,
03:06mais qui décélère un peu dans les patrimoines des gens.
03:10On le voit, et pour une raison aussi qui est intéressante,
03:13c'est la liquidité.
03:14Si vous avez des actions 48 heures après,
03:16une fois que vous avez vendu,
03:17vous avez votre cash dans votre portefeuille.
03:21Essayez de vendre un appartement aujourd'hui,
03:23vous allez mettre 3 à 6 mois pour l'appartement.
03:25Et essayez même d'en acheter.
03:26Si vous avez moins de 35 ans aujourd'hui,
03:27acheter un appartement, souvent compliqué.
03:29En revanche, acheter des actions, c'est plus facile.
03:31Exactement.
03:31Donc il y aura un transfert du patrimoine immobilier
03:34à un transfert d'actions.
03:35Donc on peut en parler beaucoup,
03:36mais c'est juste pour vous montrer
03:37la profondeur aujourd'hui des acheteurs des actions
03:40qui font que ce marché aujourd'hui
03:42peut digérer des crises.
03:44Alors oui, peut-être que les gens sont fatigués
03:46aujourd'hui des annonces de l'IA,
03:47des mitraillettes qu'on a eues,
03:49des deals qui sont sceptiques
03:50sur la circularité des accords.
03:52Bien entendu, je le comprends.
03:54Mais même de toute façon,
03:56s'il y avait une décélération des marchés,
03:58les besoins en equity sont tellement exponentiels
04:00que le marché serait capable de digérer une crise.
04:03Donc bulle ou babule, peut-être,
04:05mais quoi qu'il en soit,
04:06des marchés qui seront au soutien en toute baisse,
04:09en cas de toute baisse.
04:10Alors pour le moment, il n'y a pas eu de crise.
04:12Il n'y a pas que des acheteurs,
04:12il y a aussi des vendeurs qui vendent à découvert
04:15et qui, pour le moment,
04:17comme leurs anticipations ne se réalisent pas,
04:19ils sont souvent obligés de racheter.
04:21Mais si un jour ça arrive,
04:23est-ce que ça ne peut pas amplifier un mouvement ?
04:26Et là, justement, arrive la vraie crise.
04:28On l'a évité jusqu'à présent,
04:29mais le jour où elle arrive,
04:30c'est encore plus fort qu'avant.
04:32Moi, je pense que c'est pas...
04:33Évidemment, c'est toujours un peu exponentiel,
04:36même comme les CTI et les fonds Momentum
04:38aussi amplifieraient également,
04:39comme ceux qui ont shorté les marchés.
04:42Mais je pense que mon raisonnement,
04:43il est juste jusqu'à un certain niveau.
04:45Et le niveau qui sera le niveau,
04:47il faudra se méfier,
04:48c'est le niveau de récession.
04:49Si on arrive dans une récession,
04:50on en est loin aujourd'hui,
04:52heureusement la croissance zone euro
04:53est encore autour probablement de 1%.
04:56aux Etats-Unis,
04:56on en a un petit peu plus.
04:58Mais s'il y a une récession,
04:59effectivement,
04:59si les conditions financières
05:01commencent à se tendre,
05:02à être compliquées,
05:03effectivement,
05:03cette situation pourrait être
05:04un petit peu plus douloureuse.
05:05Mais je pense que les shorts ont eu...
05:07Les gens qui vendent
05:09à découvert leur titre
05:10ont tellement eu de douleur
05:11ces dernières années, Aude,
05:13que je pense qu'aujourd'hui,
05:14ils sont plutôt dans une situation
05:16où ils vont réduire les shorts.
05:18Et on le voit d'ailleurs
05:19parce que la principale acteur des shorts,
05:21c'est les hedge funds.
05:22Et les hedge funds,
05:23en ce moment même,
05:24contribuent au rallye
05:25en rachetant leur position.
05:26Même les cassandres,
05:27finalement, on ne les entend plus.
05:28Même les cassandres,
05:29on ne les entend plus, exactement.
05:30C'est frappant parce qu'hier,
05:31par exemple,
05:32Wall Street a touché
05:32à un nouveau record
05:33alors que 80% des valeurs du S&P,
05:3580% ont terminé dans le rouge.
05:37Et pourtant,
05:37nouveau record du S&P,
05:39c'est dingue.
05:39C'est dire la dépendance,
05:40malgré tout, du S&P.
05:41Alors oui,
05:41à la croissance du PIB,
05:42mais aussi à la tech.
05:44Les GAFAM commencent
05:45à publier ce soir.
05:46Est-ce que ces publications
05:47vont apporter du souffle supplémentaire
05:48ou décevoir ?
05:49Comment est-ce qu'il faut
05:50les aborder, d'après vous ?
05:56Les trimestres-là
05:56sont particulièrement faibles.
05:58Au T4 de l'année dernière,
05:59on était autour de 36%.
06:01Peut-être que je me trompe,
06:02excusez-moi,
06:02si c'est 1,1 ou 2,1.
06:04On est passé à 32%
06:05à peu près au premier trimestre.
06:07On était peut-être
06:07autour de 25% au deuxième trimestre.
06:10Et là, on va être qu'à 13%,
06:11on attend exactement
06:1214,3% de progression
06:14des résultats
06:15pour les GAFAM.
06:17Donc, c'est quand même
06:17pour les Max 7,
06:18excusez-moi,
06:19c'est les Max 7.
06:19Donc, c'est relativement faible.
06:21Donc, normalement,
06:22on devrait être capable
06:23de pouvoir faire
06:24beaucoup mieux que ça.
06:25En plus, c'est vrai que
06:26déjà, l'ensemble des résultats
06:28des sociétés américaines
06:29sont plutôt très bons.
06:30On a des performances
06:31qui jusqu'alors
06:32sont quand même bonnes.
06:34On relève des estimations
06:35de 7 à 9.
06:36Donc, déjà,
06:36sur les 30% qu'on a eues,
06:38c'est des estimations
06:39qui sont probantes.
06:40En Europe aussi, Guillaume,
06:41d'ailleurs,
06:41on avait des estimations
06:43à moins 2,
06:43on est à plus 2.
06:44Et ce qui est vraiment
06:45particulièrement choquant,
06:46c'est ce qu'on appelle
06:47les price actions
06:48que vous connaissez bien.
06:49C'est-à-dire
06:50le premier jour
06:51où quand les sociétés
06:53publient leurs sociétés,
06:54leurs résultats,
06:55on voit la progression
06:57des titres.
06:58Et là,
06:58elles sont vraiment
06:59systématiquement au-dessus.
07:01C'est-à-dire que
07:01quand on a une société
07:03qui fait mieux
07:03que ses résultats,
07:05la moyenne,
07:05c'est 1,8.
07:06Il faut revenir à...
07:07C'est une hausse d'1,8%
07:08en moyenne.
07:09En moyenne, oui.
07:10Et quand c'est un miss,
07:12quand c'est en dessous,
07:13c'est flat.
07:13Ça veut dire que les titres
07:14ne baissent en moyenne
07:15pas par rapport à...
07:18Ne baissent pas
07:19après leurs résultats.
07:19Ce qui est quand même
07:20vraiment étonnant.
07:21Il faut revenir
07:21à 2-3 ans
07:22pour avoir des price actions
07:23qui soient aussi forts.
07:25Donc, meilleur résultat,
07:26price action fort,
07:27c'est quand même
07:27quelque chose
07:28qu'on n'a pas vu
07:28depuis longtemps,
07:29ce résultat.
07:30En tout cas,
07:30ses performances
07:31sont très fortes.
07:32Et puis,
07:32on va attendre aussi
07:33la mise à jour des CAPEX
07:35qui va être quand même
07:35très intéressante.
07:36Et puis aussi,
07:38il y a un positionnement
07:39qui n'est pas si fort
07:40que ça sur les Max 7.
07:41On est plutôt
07:42dans des sous-performances
07:43de l'ordre de 30%,
07:44ce qui est assez fort.
07:45Je crois que c'est
07:46la sous-performance
07:46la plus forte depuis 5 ans.
07:47Dans les sous-performances...
07:48Pardon,
07:49la sous-pondération,
07:50excusez-moi.
07:50Sous-pondération
07:51dans les portefeuilles
07:52des institutionnels américains.
07:55Ah oui,
07:55les Max 7 sont 30%
07:57en dessous d'habitude.
07:58Oui, parce que
07:58c'est toujours très difficile
08:00de suivre des titres
08:01qui ont autant progressé.
08:03Donc, on a une sous-pondération
08:04qu'on n'avait pas vue
08:05depuis très longtemps.
08:05Donc,
08:06on met le frein moteur.
08:08On met un peu
08:08le frein moteur.
08:10Exactement.
08:10Anticipation plus faible,
08:12CAPEX
08:12qui devrait être relevé
08:13et sous-pondération
08:15qui est assez net
08:16dans les portefeuilles
08:17des institutionnels américains.
08:19Tout ça est passionnant
08:19et ça nous permet
08:20de mesurer les forces
08:21en présence dans le marché
08:22sous la surface,
08:23sous les courants,
08:24sous l'écume du quotidien.
08:25David Crug
08:26qui connaît bien
08:26tous ces mécanismes
08:27et puis la fête ce soir aussi
08:28qui est pricée
08:29à la baisse de taux
08:30de la réserve fédérale américaine.
08:31Juste en préparant
08:32cette émission,
08:32vous me disiez
08:33Apple qui est publié
08:34demain soir.
08:35Généralement,
08:35quand Apple publie,
08:36ça se passe mal.
08:36C'est intéressant
08:37de voir aussi
08:37ces titres dans l'univers
08:38des GAFAM
08:38puisqu'on arrive
08:39aux publications
08:39des GAFAM.
08:40Ça, c'est pour les traders.
08:41Sur Apple, par exemple.
08:43Sur Apple, effectivement,
08:44on a regardé
08:44sur les quatre derniers trimestres
08:45le price accruciation
08:48dans la journée de publication
08:49systématiquement
08:50sur les quatre derniers trimestres
08:51Apple a baissé.
08:53Amazon a baissé trois fois
08:54et toutes les autres
08:56Mac 7
08:56en se sont bien comportées.
08:57Donc, le problème d'Apple,
08:59c'est qu'effectivement
08:59la performance
09:00après publication
09:01est souvent faible.
09:02En tout cas,
09:03sur les quatre derniers trimestres.
09:04Alors, ce soir,
09:04on aura Meta,
09:05intéressant pour voir
09:06l'état du marché publicitaire
09:07aussi aux États-Unis,
09:07l'état des consommateurs
09:08du coup,
09:09avec les droits de douane,
09:09la politique de Donald Trump.
09:11Amazon aussi,
09:12là-dessus sera intéressante.
09:13Bien sûr, ça,
09:13ce sera demain Amazon.
09:14Merci beaucoup
09:15de nous avoir accompagnés.
09:15Merci beaucoup, Guillaume.
09:16David Kruk,
09:17la financière de l'échiquier.
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