00:00David Cruque nous rejoint pour la financière de l'échiquier. Bonjour David.
00:03Bonjour Guillaume, bonjour Antoine.
00:04Vous allez rendre votre verdict face au marché, ce moment qu'on va vivre cet instant, ce verdict,
00:10est-ce que vous l'assumez ?
00:12Totalement, j'estime et j'assume que le plus grand risque qu'on peut prendre sur 2026,
00:18c'est de ne pas prendre de risque justement.
00:20Ah tiens.
00:21Le plus grand risque qu'on puisse prendre en 2026, c'est de ne pas prendre de risque.
00:24C'est-à-dire qu'alors que les marchés sont toujours proches de leur record historique,
00:27alors que certains se disent que ça va trop vite sur l'IA, que les banques centrales pourraient décevoir,
00:32vous dites non, le principal risque serait de ne pas en prendre.
00:35C'est ce que je dis d'ailleurs dans la vie, c'est exactement la même chose à tous ceux que j'aime.
00:38Comme Julia, je dis qu'il faut prendre de risque.
00:40Et ne pas prendre de risque, c'est prendre un très gros risque.
00:43Alors pourquoi je dis ça ? Parce que 2026 va ressembler à 2025, Guillaume.
00:47J'ai fait beaucoup de tours, j'étais à Luxembourg, j'étais à Bruxelles,
00:50j'ai vu beaucoup d'investisseurs ces derniers temps, j'entends beaucoup de brokers.
00:53Et tout le monde a un vrai doute sur les marchés sur 2026.
00:56Ça fait six mois qu'on monte de façon ininterrompue.
00:59C'est assez logique, c'est assez humain de voir les marchés se dire
01:01« bon voilà, on va consolider, on va aller moins bien ».
01:04Et effectivement, les deux choses qui ressortent le plus,
01:07c'est des banques centrales moins accommodantes et effectivement la rentabilité de l'IA.
01:11Et là, tout le monde me dit « David, attention, attention, attention ».
01:14Donc je voulais juste revenir sur ces deux points, Guillaume, rapidement,
01:17et vous dire pourquoi on va ressembler à 2026.
01:19Pourquoi ?
01:19D'abord, parce que dans l'IA, et c'est assez intéressant, vous venez d'en parler,
01:23mais on est à peu près au moment de, comme la révolution industrielle,
01:27c'est à peu près la Ford T de l'automobile,
01:29c'est-à-dire qu'on est à peu près au début de cette révolution.
01:32On peut dire que voilà, Tchad GPT, c'est la Ford T de l'automobile, de l'Internet.
01:37Et c'est vrai qu'aujourd'hui, dans toutes les bouches, on parle de gain de productivité.
01:40Et ça, c'est intéressant.
01:41Et j'étais en ligne avec un broker hier qui était passionnant
01:43et qui me disait qu'en Californie, à Washington,
01:46dans l'État de Washington,
01:47il regardait la productivité qui était deux fois supérieure à tous les autres États.
01:51Dans ces deux États, l'utilisation de l'IA est supérieure à tous les autres États américains.
01:56Donc les deux sur le contre les 48.
01:58Et là, la productivité est vraiment très supérieure.
02:01Et c'est assez intéressant de voir ça,
02:03parce que ça montre, ou c'est un début en tout cas,
02:05où on montre que cette productivité est là, elle va être sur toutes les bouches.
02:08Alors peut-être qu'il y a aussi beaucoup de licenciements,
02:10mais on a des croissances d'IPS qui vont être fortes.
02:12Donc dans le même temps, il va y avoir des licenciements.
02:19Donc c'est vrai que la rentabilité des entreprises va être très forte.
02:22Mais déjà, le premier point, c'est de regarder sur ces deux États,
02:25et vous pouvez les regarder,
02:26la rentabilité est deux fois supérieure aux autres États.
02:30Ça, c'est le premier point.
02:31Et le deuxième point sur les banques centrales,
02:34c'était le point sur l'IA qui montre en tout cas
02:37qu'on va parler de rentabilité tout au long du premier trimestre.
02:40Et ça va animer énormément les marchés.
02:43Et certainement, ça va pouvoir donner une énergie supplémentaire,
02:46vraiment une trajectoire supplémentaire positive.
02:49Et juste sur l'IA, certains disent,
02:51en 2025, toutes ces dernières années,
02:53le marché a acheté les inventeurs, les bâtisseurs de l'IA.
02:56Peut-être qu'à partir de 2026, le marché achètera les adopteurs de l'IA.
02:59Ces secteurs qui ne sont pas des secteurs tech,
03:01mais qui adopteront en premier l'IA,
03:03et parviendront à en générer de la productivité plus d'efficacité.
03:07Par exemple, UBS cite parmi ces grands secteurs
03:09qui bénéficieraient particulièrement de l'IA
03:11à partir de 2026 en bourse,
03:13les banques, les banques et la pharma.
03:15Absolument.
03:15Nous, on a les Lili, d'ailleurs,
03:17et du Thermo Fisher, uniquement pour ces raisons.
03:19Donc, je donne tout à fait raison
03:20sur l'argument que vous venez de donner.
03:22Absolument.
03:23La deuxième chose, c'est sur les banques centrales.
03:25On m'interroge beaucoup en disant,
03:26attention, on a vu le Japon,
03:28probablement le 19,
03:29la BOJ, la Banque du Japon,
03:30va monter les taux.
03:31L'Australie est dans une situation aussi
03:33où elle a dit que son cycle d'accommodant était terminé.
03:37On a vu aussi, en Europe,
03:39certains propos laissant entendre
03:40qu'on pourrait avoir une hausse des taux l'année prochaine.
03:43Là, sur ce point-là,
03:44je ne suis pas aussi...
03:45Surtout en mettant en avant le fait
03:46qu'il pourrait y avoir une résurgence de l'inflation
03:48et qu'il serait un vrai problème.
03:51Et du coup, les banques centrales
03:51auraient moins de liberté pour rebaisser leurs taux.
03:56Là-dessus, il faut juste garder en tête
03:57que la Chine gagne 30% de volume d'exportation, Guillaume.
04:01La Chine, elle exporte de la déflation de façon majeure.
04:04Et rien qu'avec la Chine,
04:06on aura du mal à avoir une inflation
04:07qui va repartir très forte.
04:09Ça, c'est le premier point
04:10et c'est vraiment très important de parler.
04:12Le CIPA est sorti ce matin en Chine,
04:14il était à 0,7 et il était en progression,
04:16mais très loin des 2% d'objectifs
04:18que la Chine s'est fixée.
04:19Donc, il y a cette déflation
04:21qui est exportée par la Chine de façon massive.
04:23Et rien qu'avec ça,
04:25ça va être très compliqué
04:25d'avoir dans le monde entier
04:27une inflation très forte.
04:28Et le deuxième point,
04:29c'est évidemment aux Etats-Unis
04:30de penser que la Fed va baisser ses taux
04:32ou ne baissera pas ses taux
04:33ou moins de deux ou trois fois.
04:35Ça me paraît illusoire
04:36parce que je pense que d'abord,
04:37Trump a réussi à faire monter les marchés d'action,
04:40il a réussi à faire baisser le dollar,
04:41mais il n'a pas encore réussi
04:42à faire vraiment baisser les taux.
04:43Donc, il y a une puissance politique,
04:46en tout cas un pouvoir politique
04:47qui va aider les taux à baisser,
04:49mettre de la pression sur la Fed probablement.
04:51Kevin Assett,
04:52qui sera probablement
04:52le prochain président le 15 mai,
04:54est quand même quelqu'un
04:55qui est estampillé,
04:56qui est tamponné Trump.
04:57Et puis, c'est vrai que pour l'instant,
04:59en tout cas,
04:59la consommation est faible.
05:00L'emploi pourrait continuer
05:02à être faible aussi,
05:02d'ailleurs peut-être à cause de l'IA.
05:04Mais donc, j'ai du mal à penser
05:06que les banques centrales
05:07ne vont pas rester accommodantes.
05:08Donc, pour conclure,
05:102026,
05:10les risques sont surévalués.
05:12On a des croissances,
05:13des bénéfices par action de 15%
05:15et on a probablement
05:17des baisses des taux
05:18qui vont être là.
05:19Donc, les actifs risqués
05:20seront en terrain parfait.
05:22C'est parfait pour les actifs risqués.
05:24Alors, justement,
05:25sur cette fin d'année,
05:26pour que le rallye de fin d'année
05:29puisse un petit peu prendre corps
05:31et continuer ces derniers jours de l'année,
05:34il faudrait peut-être
05:35quelques coups de soufflet
05:37sur les braises
05:38parce que pour l'instant,
05:39on sent que le feu
05:40est en train de capoter un petit peu.
05:43Donc, il y a quelques ingrédients
05:44en plus quand même dans le pipe ?
05:46Je trouve que c'est un peu logique,
05:48Antoine,
05:48parce qu'on a quand même
05:49la fête ce soir.
05:51Donc, on attend,
05:51bon, même si on attend
05:52une baisse des taux
05:53qui soit un hawkish cut,
05:55comme on l'appelle
05:56dans ce monde actuel.
05:57mais on a aussi des chiffres
06:00de l'emploi
06:02qui vont arriver prochainement.
06:04On a des chiffres d'inflation,
06:05on a des chiffres de Broadcom,
06:06on a des chiffres d'orac.
06:07Donc, il y a quand même
06:08beaucoup de...
06:09On a une dernière semaine,
06:10on a deux dernières semaines
06:11qui sont extrêmement importantes
06:12en termes de chiffres économiques
06:14et de chiffres microéconomiques.
06:16Et je pense qu'il faut un peu
06:17les attendre pour avoir
06:18ce Santa Rally
06:19qui arrive généralement,
06:20d'ailleurs,
06:20dans les deux dernières semaines
06:21de décembre
06:22et rarement dans les deux premières
06:23semaines de décembre.
06:24D'accord.
06:24Donc, de nouveaux records
06:25à Wall Street ou sur le CAC,
06:26ce n'est pas encore perdu
06:27d'ici la fin de l'année ?
06:28Absolument pas.
06:29Je pense que les 7000
06:30peuvent être atteignables,
06:31encore une fois,
06:31sur les S&P.
06:32J'ai fait ce pareil
06:32il y a quelques temps.
06:33Ah oui, c'est vrai,
06:34on a l'oublié.
06:34Ah oui, vous le remettez
06:35sur la table.
06:36C'est bien parce qu'à chaque fois,
06:37vous vous mouillez
06:38avec beaucoup d'arguments.
06:39Là, on parlait de la fin d'année,
06:40des perspectives 2026.
06:42Et puis vous, David,
06:42c'est les flux.
06:43Vous regardez les flux
06:44vraiment de l'intérieur
06:45en insider.
06:45Qu'est-ce qu'ils nous disent ?
06:47Que nous disent les dynamiques
06:48de flux sur la confiance profonde
06:50des investisseurs
06:50dans le potentiel à venir ?
06:52Alors, déjà,
06:53les rachats d'actions
06:54vont être très denses
06:55sur ces derniers mois.
06:56On est très en retard
06:56sur cette année.
06:57Enfin, très en retard.
06:58J'exagère un petit peu
06:59cette fois-ci.
06:59On est en retard
07:00sur les rachats d'actions.
07:01Donc, ils vont être
07:01à pleine puissance
07:02et ils vont rester
07:03à pleine puissance
07:04jusqu'à la fin du mois.
07:05Donc, le Santa Rally,
07:06le rallye de fin d'année,
07:07comme on l'appelle,
07:08va être probablement bien tenu
07:10par les flux
07:11des rachats d'actions
07:12qui vont être très denses.
07:14Les buybacks aussi,
07:15pardon, le retail,
07:16le flux retail
07:16est toujours très présent
07:17et ce qui est assez amusant,
07:19c'est qu'avant,
07:19on attendait,
07:20les retail attendaient
07:20toujours une baisse
07:21de 5% du marché
07:22avant de réinvestir.
07:23Maintenant, le fameux
07:24buy de dip,
07:25le fameux achat sur faiblesse,
07:26c'est que 2%.
07:27Et en fait,
07:28tout le monde attend
07:292% de baisse pour racheter.
07:30Donc, s'il y avait
07:30la moindre faiblesse
07:31sur la fête ce soir,
07:33à moins d'un événement majeur,
07:34je pense que là aussi,
07:35les particuliers
07:36seraient ravis de racheter.
07:37Donc, on continue
07:38et puis, on a aussi
07:42des très grosses opérations,
07:43vous les avez certainement
07:44commentées la semaine dernière.
07:45À Bivax, on le dit juste
07:46parce que c'est toujours
07:46hyper spéculatif,
07:47les biotechs,
07:48rien d'officiel,
07:48ce ne sont que des rumeurs.
07:50En tout cas,
07:51que ce soit rumeurs ou fait,
07:52en tout cas, bien sûr,
07:53on a des vrais mouvements
07:54de fusion-acquisition
07:55qui là aussi sont propices
07:57à des hausses supplémentaires
07:58des marchés.
07:59Donc, on voit que cette fin d'année,
08:00elle est aidée par le M&A,
08:01même si, bon,
08:02ce n'est pas obligatoirement
08:03que ça aboutira,
08:05mais c'est aidé aussi
08:05par les rachats d'actions,
08:06c'est aussi aidé par le retail.
08:08Donc, les flux qu'on a eus
08:08tout au long de l'année,
08:09ils sont encore là
08:10et ils seront encore là
08:11en début d'année.
08:12C'est pour ça
08:13qu'on ne peut pas passer
08:14pessimiste à ce jour.
08:16Cet homme, David,
08:17qui nous accompagne régulièrement,
08:18vient, participe à BFM Bourse
08:19depuis deux ans,
08:20deux, trois ans,
08:21il s'est très rarement trompé.
08:22Et vous restez optimiste
08:24pour 2026 ?
08:25Je reste optimiste sur 2026.
08:25Il faut rester sur les actifs risqués.
08:27Bon, merci beaucoup, David.
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