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  • il y a 4 mois
Ce mercredi 29 octobre, la possibilité d'une nouvelle baisse des taux de la Fed, ainsi que l'investissement dans les obligations à haut rendement, ont été abordés par Olivier Spoor, gérant de portefeuille obligataire chez Ellipsis AM, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Une nette détente du marché obligataire par les anticipations de baisse de taux, que ce soit aux Etats-Unis, mais aussi en Europe.
00:08Pour parler de ce marché obligataire, c'est Olivier Spour qui est avec nous, gérant de portefeuille obligataire chez Ellipsis Asset Management.
00:15Bonjour Olivier. Bonjour Etienne. Merci d'être avec nous. Dans un instant, on va parler du marché à yield, du marché au rendement,
00:21qui on verra est un marché très profond, très vaste, dans lequel on retrouve beaucoup de sociétés.
00:25Et juste avant l'empréambule de cette réunion de la fête ce soir, c'est vrai que là, le marché obligataire a très largement anticipé ces baisses de taux.
00:31Là, on a un disant américain qui est à 4%. Et quand on regarde certaines sociétés, elles ont vu leurs conditions de financement s'améliorer d'une façon considérable.
00:40Tout à fait. Alors c'est vrai qu'on a deux situations un peu différentes entre les Etats-Unis et l'Europe,
00:45où en Europe, ce mouvement de baisse des taux a déjà été effectué il y a 18 mois, sur les 18 derniers mois,
00:51alors qu'aux Etats-Unis, c'est plutôt un mouvement qui s'enclenche maintenant, qui est plutôt positif, effectivement,
00:55pour les sociétés américaines, pour se refinancer à des niveaux plus bas.
01:00Pourtant, il y a de grosses dispersions dans ce marché obligataire, dans le sens où tout le monde n'est pas logé à la même enseigne.
01:06Et on voit des sociétés qui, aujourd'hui, affichent des difficultés, notamment concernant leur remboursement d'obligations,
01:14leur remboursement de crédits.
01:16C'est l'occasion de parler du marché à yield, parce que c'est vrai que c'est un mot qui peut faire peur.
01:19Et pourtant, c'est un marché qui est très vaste, dans lequel on retrouve des sociétés qui vont du triple B jusqu'à la limite faillite.
01:26Voilà, tout à fait.
01:27Alors, ce qu'on voit actuellement dans le marché, c'est qu'on a les émetteurs de meilleure qualité dans le haut rendement,
01:32dans le high yield, qui traitent à des niveaux très, très, très serrés.
01:36Et on a une forte disparité, ou une polarisation du marché à haut rendement,
01:40entre ces émetteurs de meilleure qualité dans le high yield,
01:45où les taux actuels pour investir sur ce type de société sont autour de 4%,
01:51alors qu'en euros, alors que par la même occasion, de l'autre côté du spectre,
01:56on a toutes les sociétés moins bien arrêtées, qui sont vraiment très, très disquintées,
02:01où il y a peut-être de la valeur, mais aussi beaucoup de risques,
02:04qui reflètent beaucoup de risques sous-jacents dans le marché.
02:06Forcément, quand il y a un rendement qui est élevé, ça veut dire que le marché estime qu'il y a une prime de risque
02:11par rapport à ce risque sur ces sociétés.
02:15Et alors, là-dessus, ces sociétés, elles voient quand même une défiance très importante aujourd'hui,
02:21notamment là depuis une quinzaine de jours, avec certaines banques régionales américaines
02:26qui ont émis des doutes sur des problèmes de fraude,
02:28ou sur certaines sociétés qui n'auraient pas rempli leurs obligations.
02:31Tout à fait. Donc là, cette décote sur les sociétés les moins bien notées,
02:36on se demande un peu si c'est justifié ou pas.
02:39Et effectivement, la faillite de First Brand et de Tricolor,
02:42assez surprenante et rapide, ces dernières semaines aux États-Unis,
02:47ont levé un peu le voile sur des pratiques de financement un peu plus austères
02:52ou difficiles à appréhender pour les investisseurs.
02:56Et du coup, ça a eu un effet de porosité sur certains secteurs en Europe également,
03:03les plus touchés étant l'automobile et la chimie,
03:06qui ont recours à des pratiques de financement parfois similaires
03:10à ce qui s'est passé pour First Brand.
03:13Et donc, on a vu aussi une augmentation des provisions de banques
03:17sur les derniers résultats pour refléter ce risque accru.
03:21Le secteur automobile, c'est vraiment le bon exemple,
03:23avec les deux sociétés que vous venez de citer.
03:26Et puis, c'est surtout un secteur, ne serait-ce qu'en bourse,
03:28qui est également attaqué parce qu'il y a pas mal d'interrogations
03:31sur aujourd'hui la concurrence chinoise,
03:33sur la transition vers l'électrique ou non,
03:35la fin du thermique en Europe.
03:37Et aujourd'hui, tout cela, ça se reflète dans les prix.
03:39Tout à fait.
03:40C'est vraiment un orage fort sur l'Europe, sur l'automobile
03:46et sur toutes les fournisseurs, toute la supply chain,
03:49enfin tous les acteurs et fournisseurs de l'automobile,
03:53où finalement, ils ont les coûts de l'électricité qui augmentent,
03:56la concurrence de la Chine, en même temps la transition énergétique
03:59et puis les tarifs douaniers.
04:03Donc, c'est vraiment un secteur où il risque d'y avoir des faillites.
04:07Cependant, il y aura aussi des consolidateurs et des survivants.
04:11Donc, il y a peut-être aussi des opportunités de ce côté-là à saisir.
04:14Mais c'est un marché qui est quand même difficile à appréhender aujourd'hui
04:17pour appréhender le risque.
04:19Comment vous l'appréhendez-vous aujourd'hui,
04:20le secteur automobile chez Ellipsis dans votre portefeuille ?
04:22Alors, nous...
04:23C'est vrai que ce sont quand même des obligations qui apportent du rendement.
04:26À l'heure où le crédit, entre guillemets, est cher,
04:28vous pouvez trouver des obligations sur des grandes multinationales
04:32du secteur automobile avec des rendements supérieurs à 5%.
04:35Oui. Alors, nous, pour le moment, on a une exposition limitée
04:38ou sur les émetteurs les plus résistants dans le crédit
04:45parce qu'on ne sait pas très bien encore
04:47si on a touché le fond sur les différentes problématiques
04:50liées à ce secteur-là.
04:52Et c'est certain que certaines sociétés vont devoir négocier
04:56avec leurs créanciers pour refinancer leur dette.
05:00Cependant, c'est vrai qu'on voit apparaître certaines sociétés
05:03où les prix de leurs obligations reflètent ce stress
05:05et le risque rendement paraît de nouveau attractif.
05:09Mais ce n'est pas suffisant pour construire un portefeuille
05:11en achetant seulement ces sociétés à forte décote.
05:14On ne peut pas se permettre de faire ça dans une construction de portefeuille.
05:16Oui, d'autant plus qu'il y a les ETF aussi qui ont un impact très fort.
05:19Alors, on parle souvent des ETF sur le marché actions,
05:21mais il y a également un impact très fort sur le marché obligataire
05:24où, en fait, parfois, vous avez des grosses mains qui vendent des ETF
05:27et donc, forcément, dans le lot, vous avez tout un tas d'obligations
05:30qui se retrouvent un petit peu en panne de liquidité.
05:32Oui, tout à fait.
05:33Alors, c'est vrai qu'on a eu, début octobre,
05:36une similarité avec ce qui s'est passé en avril.
05:42C'est-à-dire qu'on a eu, pour la première fois depuis avril,
05:44des flux vendeurs sur les ETF.
05:45Et ces flux vendeurs, quand ils arrivent sur le marché,
05:47ils vendent de façon indiscriminée.
05:49Et ça implique que ça fait baisser les obligations,
05:52le prix des obligations de façon un peu indiscriminée.
05:54Et ça peut offrir certaines opportunités à ce moment-là.
05:59Mais on voit que ça peut être un marché un peu fragile aussi
06:01dès qu'il y a des flux vendeurs sur les ETF.
06:03Pour rappel, lors de la publication des résultats de JP Morgan,
06:06Jamie Dimon a parlé de cafards en parlant de certaines obligations aux États-Unis.
06:12Comment, aujourd'hui, un auditeur, téléspectateur,
06:15qui souhaite diversifier son portefeuille,
06:17qui est un petit peu prudent face au record de Wall Street,
06:19peut diversifier son portefeuille avec ses fameuses obligations,
06:24avec des obligations d'entreprise, avec des obligations dites de crédit,
06:28sachant que, comme vous l'avez souligné,
06:30elles sont assez chères aujourd'hui.
06:31On a des primes qui sont réduites.
06:33Tout à fait.
06:34Effectivement, notre métier est beaucoup plus difficile aujourd'hui
06:36qu'il ne l'était il y a trois ans,
06:38ou qu'il l'était début avril,
06:39quand on a eu le choc de marché avec les annonces de tarifs de Trump.
06:42Cependant, on essaie de trouver des niches
06:44où on voit encore un peu de valeur.
06:45Ça peut être des niches sur certaines obligations convertibles
06:47qui sont délaissées,
06:48et certains segments de marché qui sont délaissés,
06:50ou alors aller chercher des émetteurs
06:53dans d'autres zones géographiques
06:54pour améliorer le risque rendement
06:57et diversifier un peu les expositions qu'on peut avoir
06:59face aux différents sujets sur l'automobile.
07:02Par exemple, à l'étranger, sur les émergents,
07:04il n'y a pas d'exposition sur l'automobile ou peu.
07:07Et donc, on peut investir dans d'autres thématiques
07:08et diversifier.
07:09Mais il y a un risque de change, forcément.
07:11Il faut le prendre en compte.
07:12Oui, alors même en couvrant ce risque de change,
07:14effectivement, on arrive à avoir des rendements
07:15qui sont plus attractifs en euros,
07:17ajustés en euros,
07:18que ce qu'on pourrait avoir sur la zone euro.
07:20Merci beaucoup, Olivier Spour-Henri,
07:21de nous avoir accompagnés ce matin
07:22pour faire un petit point sur le marché obligataire,
07:25un marché obligataire que nous regardons
07:27chaque mercredi dans Good Morning Market
07:28dans un Focus à 9h30.
07:30Olivier Spour-Henri,
07:31gérant de portefeuille obligataire
07:32chez Ellipsis Asset Management.
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