Ce mercredi 22 octobre, les opportunités qui pourraient être exploitées sur le marché obligataire, ainsi que le coût du marché du crédit qui reste élevé, ont été abordés par Philippe Tranchet, directeur de la gestion obligataire chez Mandarine Gestion, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
00:01Focus sur le marché obligataire avec Philippe Tranchet, directeur de la gestion obligataire de Mandarine Gestion.
00:06Bonjour Philippe Tranchet, merci d'avoir répondu à l'appel de BFM Business en ce mercredi 22 octobre.
00:12En effet, coup d'œil sur le marché obligataire qui s'est bien détendu ces dernières semaines
00:17avec bien sûr les perspectives de baisse de taux aux Etats-Unis,
00:20notamment la Fed qui devrait baisser ses taux la semaine prochaine.
00:24La question est assez simple, comment aujourd'hui un auditeur téléspectateur peut profiter de ce marché obligataire ?
00:31Quelles sont les opportunités aujourd'hui sur le marché obligataire et sur le marché du crédit ?
00:37Bonjour Elkène, en effet c'est vrai qu'on a eu une accélération des anticipations de baisse des taux aux Etats-Unis
00:43et qui d'ailleurs ont tendance à se répercuter également sur la zone euro
00:47parce qu'on voit que bonhomme à l'an, on est en train de peut-être anticiper que la BCE pourrait baisser une fois de plus ses taux d'ici la fin de l'année.
00:58Ce qui fait qu'en fait le marché du crédit reste encore très intéressant à nos yeux en termes d'investissement.
01:07On sait qu'on va boucler une nouvelle année plutôt bonne en termes de performance grâce en effet aux baisses des taux
01:13mais surtout aux rétrécissements des primes de crédit.
01:18Mais les rendements restent tout à fait intéressants, vous voyez sur la catégorie investment grade aujourd'hui,
01:23on est encore sur des rendements autour de 3,40.
01:25Je rappelle que les taux monétaires sont à 2% aujourd'hui et on a une inflation qui est légèrement au-dessus de 2%.
01:31Donc si on part en effet sur une idée que la croissance européenne ne va pas forcément rebondir rapidement
01:38et que cette inflation va être stable, on peut avoir une performance sur les marchés investment grade
01:42qui je le rappelle sont les entreprises les mieux notées du marché du crédit
01:47qui peut dépasser cette espérance de rendement.
01:50Voilà, ça c'est déjà à mon avis un bon axe de placement pour les mois qui viennent.
01:573,4% c'est le rendement que nous pouvons atteindre sur ce marché, donc des obligations bien notées.
02:03C'est quand même un rendement qui est en baisse par rapport à ces derniers mois, par rapport à l'an dernier.
02:07Alors vous l'avez souligné, bien sûr les conditions monétaires ne sont pas les mêmes
02:10mais surtout il y a pas mal d'investisseurs qui se sont réfugiés sur ce type d'actifs.
02:13Ce qui fait qu'aujourd'hui on estime peut-être que le marché obligataire est cher, c'est ça ?
02:17Aujourd'hui quand on parle d'un marché obligataire qui est cher, c'est-à-dire qu'on a un rendement
02:20qui est moins intéressant qu'auparavant ?
02:23On peut le dire exactement.
02:24C'est-à-dire qu'un rendement c'est deux choses, c'est l'évolution des taux d'intérêt
02:28et l'évolution des primes de risque sur les entreprises.
02:31Et on a eu des primes de risque qui comme je viens de le dire ont beaucoup baissé
02:37et on peut dire qu'il est cher.
02:39On revient sur des niveaux à la fois sur ce marché investi en grain
02:41et également sur le marché des obligations d'entreprise les plus risquées,
02:45le marché du high yield sur des primes historiquement basses.
02:50On en revient à quelques années et à titre d'exemple en effet sur le marché du high yield,
02:55on a atteint par exemple fin 2022, on a atteint près de 9% de rendement
02:59et aujourd'hui on est plutôt autour de 5,5%,
03:02ce qui fait qu'en effet on pense qu'autant il faut être sur ce type de marché,
03:08c'est-à-dire à la fois le high yield et l'IG,
03:10à la fois on pense qu'il y aura des points d'entrée
03:13qui seront sûrement plus intéressants dans les mois qui viennent
03:16et qui méritent d'en mettre réflexion.
03:19Dans ce contexte bien sûr le high yield peut être une source de diversification.
03:23Alors derrière ce mot, high yield, donc haut rendement,
03:26quelles sont les entreprises ?
03:27Parce que c'est vrai que c'est une catégorie
03:29dans laquelle on trouve des entreprises qui sont en quasi-défaut
03:33jusqu'à des entreprises qui sont au final en bonne santé,
03:35mais c'est juste que leur business model fait qu'elles sont en catégorie high yield.
03:39C'est quand même un marché qui est très vaste, très profond.
03:41C'est vrai, c'est un marché qui a beaucoup évolué
03:43et je pense que ça mérite de faire un petit point dessus.
03:47C'est un marché qui a beaucoup changé, ne serait-ce qu'en termes de taille.
03:50En 2010, c'était un marché en Europe qui avait une taille de 100 milliards d'euros
03:54et aujourd'hui on est plutôt à 350 milliards.
03:56Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on a une liquidité qui s'est beaucoup améliorée
04:01sur ce marché.
04:03On a des types d'investisseurs qui ont beaucoup changé.
04:05Avant, c'était un marché qui était plutôt réservé aux investisseurs institutionnels.
04:10Aujourd'hui, via des fonds, voire même en direct,
04:12les particuliers peuvent tout à fait accéder à ce type de marché
04:16en achetant des bouts d'obliques, des montants d'obliques qui sont assez petits.
04:23C'est aussi un, comme vous l'expliquez, c'est aussi un marché qui a changé
04:28en termes de typologie d'émetteur, c'est-à-dire que c'était un marché
04:30qui était plutôt réservé à des entreprises non cotées,
04:33qui pouvaient être très risquées avant.
04:35Aujourd'hui, on a beaucoup de grandes entreprises européennes
04:37qui profitent de la désintermédiation pour venir se refinancer,
04:41revenir financer leurs dettes sur le marché du high yield.
04:44Alors, on peut en citer beaucoup, mais c'est des grandes entreprises
04:47comme Forvia, comme Télécom Italia, comme Renault, pour les mieux notées,
04:52mais qui donnent beaucoup de liquidités au marché
04:54et avec des fondamentaux aussi qui se sont beaucoup améliorés,
04:58c'est-à-dire qu'aujourd'hui, on a plutôt des entreprises mieux notées,
05:01c'est-à-dire WB, WB+, que des entreprises CCC qui sont en quasi-défaut,
05:06comme vous le disiez.
05:08Ce n'est plus le gros du marché et, encore une fois,
05:10on a un taux de défaut qui est très faible en Europe aujourd'hui
05:12et qui ne bouge pas.
05:14Malgré une croissance faible, on est autour de 3%.
05:16Donc, ça vaut le coup, encore pour les mois qui viennent,
05:18encore une fois, de regarder ce marché
05:20avec, évidemment, une idée que la volatilité sera plus forte
05:24dans les mois à venir parce que le marché est cher.
05:27Dernière question, justement, là-dessus, sur ce taux de défaut.
05:29Vous l'avez souligné, pour l'instant, il est faible.
05:31Comment il faut anticiper le marché obligataire à Hilde
05:34pour l'année prochaine, puisque le risque défaut
05:37est un peu plus important l'année prochaine par rapport à cette année ?
05:41Oui, oui, tout à fait.
05:42Alors, c'est un peu le paradoxe de nos économies.
05:44C'est-à-dire que, par exemple, en Europe,
05:46on a peu de croissance,
05:48mais on voit peu de défaillance des grandes entreprises
05:50qui sont sur le marché du high yield.
05:52C'est un peu ce paradoxe.
05:53Et tant qu'on est dans cette situation,
05:55finalement, on n'a pas de risque structurel
05:57de crise sur le marché du high yield.
05:59Une fois qu'on a dit ça, c'est vrai que ce marché est cher
06:03et qu'il faut être très sélectif
06:08et ne pas aller sur les dossiers les moins bien notés.
06:12On a vu, par exemple, depuis deux semaines,
06:14une forme de contagion sur ce qui s'est passé aux États-Unis
06:17avec les faillites, notamment d'un équipement anti-automobile
06:20qui s'était financé sur le crédit privé.
06:22Alors, pas sur le marché high yield.
06:23Mais on voit que dans ces cas-là,
06:25lorsqu'il y a de la volatilité sur le marché du high yield américain aussi
06:30ou sur le marché du crédit privé américain,
06:32on a aussi de la volatilité sur l'high yield.
06:34Donc, encore une fois, sélection des valeurs
06:37et aussi grande attention au timing
06:39qui, de toute manière, sera sûrement plus intéressant
06:41peut-être d'ici le premier trimestre 2026.
06:45Très clair.
06:46Merci beaucoup pour cet exercice de pédagogie
06:48sur le marché obligataire.
06:49Philippe Tranchet, je rappelle que vous êtes directeur
06:51de la gestion obligataire chez Mandarine.
06:54Gestion, donc, pour un focus sur ce marché du crédit corporate,
06:58notamment, que nous refaisons très régulièrement
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