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  • il y a 10 heures
Ce mercredi 25 février, une vue d'ensemble du marché obligataire, abordant la volatilité du marché actions, les inquiétudes liées à l'IA et aux droits de douane, ainsi que les anticipations de baisse des taux, a été présentée par Xavier Hoche, directeur des Gestions de Groupama Asset Management, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01Justement en parlant du marché obligataire ce matin avec Xavier Hoche le directeur des
00:05gestions de Groupama Asset Management. Bonjour Xavier Hoche, on va avec vous on va dresser
00:10un panorama du marché obligataire. On parle beaucoup de la volatilité sur le marché actions
00:15mais il y a de quoi faire aussi sur le marché obligataire nette détente ces dernières heures,
00:20ces derniers jours notamment sur les souverains avec notamment pas mal d'inquiétudes sur l'IA,
00:26sur les droits de douane, enfin bref ces sujets d'inquiétude sont nombreux donc on a des
00:29investisseurs qui reviennent sur les produits de taux et puis également on en reparlera peut-être
00:34les anticipations de baisse de taux que ce soit du côté des Etats-Unis et de la BCE.
00:40Tout à fait alors il y a plusieurs forces en ce moment, il y a des forces à très court
00:44terme,
00:45vous avez parlé des droits de douane, les droits de douane ça a deux impacts, le premier ça crée de
00:49l'incertitude puisque on s'était fait à l'idée d'avoir des droits de douane etc, là ça a
00:54été
00:55invalidé donc on rebat les cartes donc ça crée un peu d'incertitude. Et puis d'un
00:59autre côté quelque part ça cape un peu l'incertitude parce qu'avant on avait des droits de douane qui
01:03pouvaient monter à 100% alors que maintenant ils sont limités à 15% donc l'incertitude est un peu
01:08plus forte mais est capée en termes de montant au lieu de 100% c'est 15% donc ça
01:14c'est un premier
01:14effet. On a un effet dont vous avez parlé également c'est à moyen terme ça c'est l'IA.
01:19L'IA il y a on va
01:21dire tout un fly to quality où je me rabats sur les choses les plus sécures etc et donc je
01:26me rabats sur les taux.
01:27La grande théorie en ce moment veut que l'IA va créer de la déflation, l'IA va créer du
01:33chômage et
01:35donc que les banques centrales vont baisser les taux pour essayer de contrer tout ça et que le
01:40chômage va grimper. Il y a même une étude qui est sortie il y a quelques jours comme quoi le
01:44chômage
01:44grimperait à 10% aux États-Unis. Donc ça c'est vraiment tout le monde a peur de ça et
01:49clairement on se précipite sur
01:51les titres les titres les moins risqués. Alors c'est une opportunité pour les États qui se financent
01:55massivement cette année ça va probablement être une année record dans le sens où vous avez des
02:00souverains notamment sur les taux longs sur les 10 ans qui ont tendance à baisser. Oui exactement et puis
02:08la troisième force ça rejoint ce que vous dites la troisième force en ce moment mais qui est vraiment
02:12une force long terme c'est que les États ne peuvent pas se permettre d'avoir des taux longs qui
02:17sont
02:17éternellement très élevés. Des taux à 5-6% c'est pas possible. Quand on a 100-150% d
02:23'endettement c'est
02:24pas possible d'avoir des taux très longs. Donc tout le monde a intérêt à ce que les taux baissent
02:27et
02:27donc ça va clairement ça va caper à la hausse les taux. Alors il y a quelques facteurs d'incertitude
02:31on
02:32en parlera peut-être mais globalement les taux sont plutôt capés à la hausse en ce moment et plutôt donc
02:36dirigés à la hausse. Alors qu'à l'inverse beaucoup de maisons de gestion à commencer sur ce plateau se
02:41montrent prudentes sur les taux souverains, préfèrent le crédit. C'est vrai qu'aujourd'hui les investisseurs ils ont le
02:46choix. Ils sont pas obligés d'aller prêter de l'argent à la France ou aux Etats-Unis ou au
02:49Royaume-Uni. Ils
02:50peuvent prêter de l'argent aux GAFAM. On l'a vu au début du mois du 100 ans sur Alphabet.
02:54Visiblement
02:55ce n'est que le début car il va bien falloir financer ces 600 milliards de capex des GAFAM. Comment
02:59aujourd'hui vous en tant que directeur des gestions de Groupama Asset Management vous répartissez un
03:04petit peu votre allocation entre des GAFAM qui lèvent massivement de l'argent, des États également qui ont
03:09besoin d'être accompagnés et puis en termes de duration là aussi on a un panorama qui est très large.
03:15Alors comme on est plutôt baissier taux, il faut avoir un petit peu de duration, pas trop mais un
03:20petit peu. La deuxième chose c'est globalement les taux en ce moment c'est 3, 4, 5. 3 c
03:25'est pour les
03:25actifs super sécures, 4 je suis sur l'investment grade, je suis relativement sécure mais bon on
03:32commence à prendre quelques risques de crédit et 5 on va sur du high yield, c'est le début des
03:36subordonnées bancaires etc. Donc nous on est plutôt sur la partie haute, on pense que le portage est toujours
03:42important pour plusieurs raisons. D'abord parce qu'il y a peu de taux de défaut en ce moment et
03:46globalement le marché du crédit à la fin des fins est toujours rattrapé par les taux de défaut. Les
03:51taux de défaut ont légèrement augmenté mais c'était relativement ordonné et on pense qu'ils vont baisser
03:54parce que la croissance sera là ces prochaines années. Ils sont montés à 3,9 je crois et ils vont
04:00baisser
04:00normalement vers autour de 2% l'année prochaine. Donc le crédit toujours et le crédit avec du portage
04:06parce qu'avoir du portage en ce moment c'est toujours quelque chose d'intéressant. Il y a des flux
04:09énormes qui se
04:10déversent sur le marché du crédit. L'année dernière il y a eu 37 milliards qui se sont déversés en
04:15Europe, c'est à peu près 10% du marché du crédit en Europe sur les fonds ouverts. C'est
04:20quelque chose
04:21d'assez énorme et ça continue en ce début d'année. Donc quand on vous dit de faire du portage
04:24pour des
04:25auditeurs qui nous écoutent, c'est on achète une obligation, pas dans l'objectif de la revendre
04:30avant l'échéance mais de se laisser porter jusqu'à la fin. De se laisser porter en tout cas un
04:34certain temps
04:34et de toucher les coupons. Le high yield, vous en avez parlé, les rendements sont plus élevés mais bien sûr
04:39c'est associé à un risque plus élevé. Aujourd'hui beaucoup d'investisseurs vendent sur cette classe
04:43d'actifs parce que les obligations les mieux notées ont des rendements peut-être moins attirants.
04:48Comment vous regardez aujourd'hui ce high yield ? Des taux de défauts qui remontent un petit peu aux
04:52Etats-Unis, rien pour l'instant de grave mais ça remonte un petit peu, c'est quand même un point
04:56d'attention aujourd'hui ? C'est effectivement un point d'attention, il faut faire attention à ces taux de
05:01défauts.
05:02Encore une fois, les taux de défauts sont très corrélés aux variations très fortes de PIB et actuellement
05:08on n'a pas en vue, enfin en tout cas chez nous, chez Groupama, pas en vue de variations très
05:13fortes de PIB,
05:14c'est-à-dire les PIB vont continuer à être légèrement supérieurs à ce qu'ils sont actuellement,
05:18il n'y a pas de baisse très forte et à partir de là, il n'y a pas de
05:20taux de défauts qui devraient monter
05:22et donc le crédit reste quelque chose d'intéressant.
05:25Associez à ça les baisses de taux, forcément, qui vont avoir un impact pour les entreprises qui sont en difficulté
05:30mais aussi un impact sur le marché des taux, comment vous anticipez aujourd'hui ces baisses de taux des banques
05:36qui sont trop, dans un premier temps probablement aux Etats-Unis puis après peut-être pour la BCE,
05:40le débat est pleinement ouvert aujourd'hui, ça c'est déjà pricé comme on dit dans le jargon,
05:45c'est déjà anticipé dans ce marché des taux ?
05:47Alors c'est globalement plutôt anticipé, ce qu'on attend c'est qu'en Europe, on va rester toujours autour
05:51de deux,
05:52les baisses des taux ont déjà eu lieu, par contre aux Etats-Unis, il y a encore deux ou trois
05:57baisses de taux à venir ces prochaines années,
05:59ce qui nous baisserait les taux de l'ordre de un petit pourcent à peu près aux Etats-Unis, voilà.
06:05L'inflation est, je n'allais pas dire est derrière nous, il faut faire attention à ce que, voilà,
06:09mais globalement est plutôt calme, la croissance n'est pas en train de repartir, le chômage, on se pose beaucoup
06:15de questions,
06:16tout ça étant, avec les forces dont on a parlé au départ, ça devrait nous tirer les taux vers le
06:22bas,
06:23aux Etats-Unis, en Angleterre, en Europe la stabilité, et puis au Japon plutôt la stabilité.
06:28Depuis le début de l'année, quels sont les mouvements que vous avez opérés chez Groupama Asset Management,
06:33un petit peu la stratégie sur ce marché des taux, beaucoup d'investisseurs vont désormais aussi sur le marché émergent,
06:38ça se voit sur le marché actions mais également sur le marché des taux, où les rendements sont plus attirants,
06:44plus importants.
06:44Pas énormément de changements, on est depuis une bonne année, on est positif sur la partie crédit,
06:50notamment tous les crédits avec du rendement encore une fois, les dettes subordonnées financières, les hybrides, le crédit à yield,
06:58on est très positif sur ces classes d'actifs, on a surpondéré ces classes d'actifs dans nos portefeuilles,
07:03et on continue à les surpondérer pour des raisons de flux, et puis pour des questions fondamentales,
07:09en disant il y a encore des choses à faire là-dessus pour l'instant.
07:12Merci beaucoup Xavier Heuch de nous raccompagner ce matin,
07:14vous êtes directeur de gestion de Groupama Asset Management, pour dresser un petit panorama du marché obligataire.
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