00:01Justement en parlant du marché obligataire ce matin avec Xavier Hoche le directeur des
00:05gestions de Groupama Asset Management. Bonjour Xavier Hoche, on va avec vous on va dresser
00:10un panorama du marché obligataire. On parle beaucoup de la volatilité sur le marché actions
00:15mais il y a de quoi faire aussi sur le marché obligataire nette détente ces dernières heures,
00:20ces derniers jours notamment sur les souverains avec notamment pas mal d'inquiétudes sur l'IA,
00:26sur les droits de douane, enfin bref ces sujets d'inquiétude sont nombreux donc on a des
00:29investisseurs qui reviennent sur les produits de taux et puis également on en reparlera peut-être
00:34les anticipations de baisse de taux que ce soit du côté des Etats-Unis et de la BCE.
00:40Tout à fait alors il y a plusieurs forces en ce moment, il y a des forces à très court
00:44terme,
00:45vous avez parlé des droits de douane, les droits de douane ça a deux impacts, le premier ça crée de
00:49l'incertitude puisque on s'était fait à l'idée d'avoir des droits de douane etc, là ça a
00:54été
00:55invalidé donc on rebat les cartes donc ça crée un peu d'incertitude. Et puis d'un
00:59autre côté quelque part ça cape un peu l'incertitude parce qu'avant on avait des droits de douane qui
01:03pouvaient monter à 100% alors que maintenant ils sont limités à 15% donc l'incertitude est un peu
01:08plus forte mais est capée en termes de montant au lieu de 100% c'est 15% donc ça
01:14c'est un premier
01:14effet. On a un effet dont vous avez parlé également c'est à moyen terme ça c'est l'IA.
01:19L'IA il y a on va
01:21dire tout un fly to quality où je me rabats sur les choses les plus sécures etc et donc je
01:26me rabats sur les taux.
01:27La grande théorie en ce moment veut que l'IA va créer de la déflation, l'IA va créer du
01:33chômage et
01:35donc que les banques centrales vont baisser les taux pour essayer de contrer tout ça et que le
01:40chômage va grimper. Il y a même une étude qui est sortie il y a quelques jours comme quoi le
01:44chômage
01:44grimperait à 10% aux États-Unis. Donc ça c'est vraiment tout le monde a peur de ça et
01:49clairement on se précipite sur
01:51les titres les titres les moins risqués. Alors c'est une opportunité pour les États qui se financent
01:55massivement cette année ça va probablement être une année record dans le sens où vous avez des
02:00souverains notamment sur les taux longs sur les 10 ans qui ont tendance à baisser. Oui exactement et puis
02:08la troisième force ça rejoint ce que vous dites la troisième force en ce moment mais qui est vraiment
02:12une force long terme c'est que les États ne peuvent pas se permettre d'avoir des taux longs qui
02:17sont
02:17éternellement très élevés. Des taux à 5-6% c'est pas possible. Quand on a 100-150% d
02:23'endettement c'est
02:24pas possible d'avoir des taux très longs. Donc tout le monde a intérêt à ce que les taux baissent
02:27et
02:27donc ça va clairement ça va caper à la hausse les taux. Alors il y a quelques facteurs d'incertitude
02:31on
02:32en parlera peut-être mais globalement les taux sont plutôt capés à la hausse en ce moment et plutôt donc
02:36dirigés à la hausse. Alors qu'à l'inverse beaucoup de maisons de gestion à commencer sur ce plateau se
02:41montrent prudentes sur les taux souverains, préfèrent le crédit. C'est vrai qu'aujourd'hui les investisseurs ils ont le
02:46choix. Ils sont pas obligés d'aller prêter de l'argent à la France ou aux Etats-Unis ou au
02:49Royaume-Uni. Ils
02:50peuvent prêter de l'argent aux GAFAM. On l'a vu au début du mois du 100 ans sur Alphabet.
02:54Visiblement
02:55ce n'est que le début car il va bien falloir financer ces 600 milliards de capex des GAFAM. Comment
02:59aujourd'hui vous en tant que directeur des gestions de Groupama Asset Management vous répartissez un
03:04petit peu votre allocation entre des GAFAM qui lèvent massivement de l'argent, des États également qui ont
03:09besoin d'être accompagnés et puis en termes de duration là aussi on a un panorama qui est très large.
03:15Alors comme on est plutôt baissier taux, il faut avoir un petit peu de duration, pas trop mais un
03:20petit peu. La deuxième chose c'est globalement les taux en ce moment c'est 3, 4, 5. 3 c
03:25'est pour les
03:25actifs super sécures, 4 je suis sur l'investment grade, je suis relativement sécure mais bon on
03:32commence à prendre quelques risques de crédit et 5 on va sur du high yield, c'est le début des
03:36subordonnées bancaires etc. Donc nous on est plutôt sur la partie haute, on pense que le portage est toujours
03:42important pour plusieurs raisons. D'abord parce qu'il y a peu de taux de défaut en ce moment et
03:46globalement le marché du crédit à la fin des fins est toujours rattrapé par les taux de défaut. Les
03:51taux de défaut ont légèrement augmenté mais c'était relativement ordonné et on pense qu'ils vont baisser
03:54parce que la croissance sera là ces prochaines années. Ils sont montés à 3,9 je crois et ils vont
04:00baisser
04:00normalement vers autour de 2% l'année prochaine. Donc le crédit toujours et le crédit avec du portage
04:06parce qu'avoir du portage en ce moment c'est toujours quelque chose d'intéressant. Il y a des flux
04:09énormes qui se
04:10déversent sur le marché du crédit. L'année dernière il y a eu 37 milliards qui se sont déversés en
04:15Europe, c'est à peu près 10% du marché du crédit en Europe sur les fonds ouverts. C'est
04:20quelque chose
04:21d'assez énorme et ça continue en ce début d'année. Donc quand on vous dit de faire du portage
04:24pour des
04:25auditeurs qui nous écoutent, c'est on achète une obligation, pas dans l'objectif de la revendre
04:30avant l'échéance mais de se laisser porter jusqu'à la fin. De se laisser porter en tout cas un
04:34certain temps
04:34et de toucher les coupons. Le high yield, vous en avez parlé, les rendements sont plus élevés mais bien sûr
04:39c'est associé à un risque plus élevé. Aujourd'hui beaucoup d'investisseurs vendent sur cette classe
04:43d'actifs parce que les obligations les mieux notées ont des rendements peut-être moins attirants.
04:48Comment vous regardez aujourd'hui ce high yield ? Des taux de défauts qui remontent un petit peu aux
04:52Etats-Unis, rien pour l'instant de grave mais ça remonte un petit peu, c'est quand même un point
04:56d'attention aujourd'hui ? C'est effectivement un point d'attention, il faut faire attention à ces taux de
05:01défauts.
05:02Encore une fois, les taux de défauts sont très corrélés aux variations très fortes de PIB et actuellement
05:08on n'a pas en vue, enfin en tout cas chez nous, chez Groupama, pas en vue de variations très
05:13fortes de PIB,
05:14c'est-à-dire les PIB vont continuer à être légèrement supérieurs à ce qu'ils sont actuellement,
05:18il n'y a pas de baisse très forte et à partir de là, il n'y a pas de
05:20taux de défauts qui devraient monter
05:22et donc le crédit reste quelque chose d'intéressant.
05:25Associez à ça les baisses de taux, forcément, qui vont avoir un impact pour les entreprises qui sont en difficulté
05:30mais aussi un impact sur le marché des taux, comment vous anticipez aujourd'hui ces baisses de taux des banques
05:36qui sont trop, dans un premier temps probablement aux Etats-Unis puis après peut-être pour la BCE,
05:40le débat est pleinement ouvert aujourd'hui, ça c'est déjà pricé comme on dit dans le jargon,
05:45c'est déjà anticipé dans ce marché des taux ?
05:47Alors c'est globalement plutôt anticipé, ce qu'on attend c'est qu'en Europe, on va rester toujours autour
05:51de deux,
05:52les baisses des taux ont déjà eu lieu, par contre aux Etats-Unis, il y a encore deux ou trois
05:57baisses de taux à venir ces prochaines années,
05:59ce qui nous baisserait les taux de l'ordre de un petit pourcent à peu près aux Etats-Unis, voilà.
06:05L'inflation est, je n'allais pas dire est derrière nous, il faut faire attention à ce que, voilà,
06:09mais globalement est plutôt calme, la croissance n'est pas en train de repartir, le chômage, on se pose beaucoup
06:15de questions,
06:16tout ça étant, avec les forces dont on a parlé au départ, ça devrait nous tirer les taux vers le
06:22bas,
06:23aux Etats-Unis, en Angleterre, en Europe la stabilité, et puis au Japon plutôt la stabilité.
06:28Depuis le début de l'année, quels sont les mouvements que vous avez opérés chez Groupama Asset Management,
06:33un petit peu la stratégie sur ce marché des taux, beaucoup d'investisseurs vont désormais aussi sur le marché émergent,
06:38ça se voit sur le marché actions mais également sur le marché des taux, où les rendements sont plus attirants,
06:44plus importants.
06:44Pas énormément de changements, on est depuis une bonne année, on est positif sur la partie crédit,
06:50notamment tous les crédits avec du rendement encore une fois, les dettes subordonnées financières, les hybrides, le crédit à yield,
06:58on est très positif sur ces classes d'actifs, on a surpondéré ces classes d'actifs dans nos portefeuilles,
07:03et on continue à les surpondérer pour des raisons de flux, et puis pour des questions fondamentales,
07:09en disant il y a encore des choses à faire là-dessus pour l'instant.
07:12Merci beaucoup Xavier Heuch de nous raccompagner ce matin,
07:14vous êtes directeur de gestion de Groupama Asset Management, pour dresser un petit panorama du marché obligataire.
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