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  • il y a 3 mois
Ce mardi 28 octobre, Bassem Laredj, président fondateur du cabinet de conseil Amane Risk Consulting, était l'invité dans Le monde qui bouge - L'Interview, de l'émission Good Morning Business, présentée par Sandra Gandoin. Il parle du FMI, qui a relevé les perspectives de croissance des pays du Golfe. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Nibasem Larej, analyste géopolitique qui est sûreté sur la zone Moyen-Orient-Afrique du Nord,
00:05président fondateur d'Aman Risk Consulting.
00:08Bonjour, merci d'être avec nous ce matin.
00:10On va parler du FMI qui a relevé les perspectives de croissance des pays du Golfe.
00:15Ce groupe de pays devrait enregistrer une croissance de 3,9% cette année,
00:19puis de 4,3% en 2026, et ce, malgré des cours du pétrole,
00:25jusqu'à la semaine dernière, plutôt bas.
00:27Exactement, et ça montre finalement la résilience de ces pays,
00:32après notamment la crise qu'a connue la région du Moyen-Orient,
00:34avec la guerre de Gaza et la guerre des 12 jours qui ont opposé l'Iran, les États-Unis et Israël.
00:41Donc on avait craint que ça allait impacter très négativement sur l'économie de ces pays,
00:45parce qu'ils sont très proches.
00:47Et en finalité, on voit qu'ils ont finalement pas mal résisté,
00:51et ça peut s'expliquer par différents facteurs,
00:52effectivement, en dehors du secteur pétrolier qui reste le moteur des économies de ces États.
00:57Il y a quand même une diversification en cours des économies de la plupart des États du Golfe,
01:02qui a commencé dès 2014, 2015, d'une manière vraiment très forte,
01:07parce que le cours des pétroles avait déjà chuté à cette époque,
01:10et on voit que finalement cette politique commence à porter ses fruits.
01:13Diversification vers le tourisme, l'intelligence artificielle, c'est ça qui est en train de se développer ?
01:17Exactement, si on prend l'exemple de l'Arabie Saoudite, on voit qu'il y a une orientation
01:21qui va vers, notamment avec la vision 2030 du prince héritier,
01:25vers l'élargissement du secteur touristique.
01:28On voit même des projets avec la France, comme le projet d'Al-Houla,
01:31qui vise à attirer des millions de touristes annuellement.
01:35Et donc on voit une stratégie qui vise à la fois de développer le tourisme religieux en Arabie Saoudite,
01:40avec les lieux sains musulmans, mais également le tourisme culturel,
01:43tout en s'intéressant également effectivement aux nouvelles technologies porteuses d'innovations,
01:49comme l'intelligence artificielle, l'industrie, etc.
01:52Donc c'est vraiment, et ce n'est pas spécifique qu'à l'Arabie Saoudite, c'est une stratégie globale.
01:56Bien évidemment, tous les États n'ont pas les mêmes moyens,
01:59mais il y a une stratégie vraiment d'aller vers une diversification des économies locales.
02:02Anna Elisa ?
02:03Bassem Larej, on a vu la semaine dernière un bond sur le marché du pétrole,
02:06juste après la décision de Donald Trump d'imposer des sanctions sur les compagnies pétrolières russes,
02:12Rosneft et Luke Oil.
02:14Est-ce que les monarchies du Golfe profitent de la mise à l'écart du pétrole russe sur certains marchés ?
02:19Eh bien évidemment, parce que déjà cela peut augmenter les prix du pétrole sur les marchés internationaux,
02:25donc c'est tout bénef en réalité pour les monarchies du Golfe,
02:28qui sont parmi les plus gros producteurs, notamment l'Arabie Saoudite et les Émirats,
02:32et en plus ça va leur permettre de gagner des parts de marché
02:35qui étaient détenues auparavant peut-être par les entreprises russes.
02:38Sans parler de l'Iran également, qui a subi également des sanctions à la mi-octobre par l'administration Trump,
02:44qui a ciblé également le secteur pétrolier.
02:46Donc ils ont tout intérêt à ce que la Russie soit mise à l'écart finalement pour avoir plus de parts de marché ?
02:51Après en même temps, c'est un jeu de négociation,
02:53parce que la Russie c'est un partenaire dans le cadre de l'OPEP+,
02:57et ils n'ont pas non plus intérêt à perdre la coopération avec la Russie,
03:04parce que ça leur permet également d'avoir une situation d'équilibre face aux États-Unis.
03:08Quoi qu'il arrive, est-ce que vous diriez que la diplomatie de la paix menée par Donald Trump,
03:11depuis son arrivée, sa deuxième arrivée au pouvoir,
03:15est guidée en général par cette diplomatie par ailleurs du pétrole ?
03:21Oui, il y a en parallèle cette diplomatie économique qui est menée par le président américain,
03:26même si ce n'est pas dit directement,
03:29et on le voit à travers les différentes mesures qui ont été annoncées.
03:31Effectivement, on voit qu'il utilise le pétrole comme une arme de guerre,
03:36on le voit aujourd'hui face à la Russie,
03:38parce que beaucoup ont critiqué les Américains d'avoir tardé à prendre des sanctions contre la Russie
03:43pour faire pression sur le Kremlin par rapport à ce qui se passe en Ukraine depuis plus de deux ans.
03:49et les mesures qui ont été prises ont ciblé directement le secteur pétrolier,
03:53qui est stratégique, là où ça fait mal en réalité.
03:56On a vu la même chose avec l'Iran et la Chine indirectement,
03:59parce qu'on a eu également des sanctions qui ont ciblé un terminal pétrolier chinois
04:03et une compagnie de raffinerie chinoise, parce qu'ils importaient du pétrole herniens.
04:08Et on voit également les taxes qui ont été utilisées contre les Indiens
04:12pour les pousser à ne plus importer de pétrole russe.
04:16Donc c'est une guerre de l'énergie qui se joue, Annalisa.
04:19Bassem Larej, après la trêve à Gaza, certes une trêve fragile,
04:24certains analystes disent qu'on est sur une phase plutôt de paix,
04:27plutôt d'entente entre tous ces pays.
04:29On voit qu'entre l'Arabie saoudite et l'Iran, il y a du changement,
04:33on voit un nouveau rôle pour le Qatar.
04:34Est-ce que vous êtes d'accord avec cette analyse d'une phase de paix
04:37pour les monarchies du Golfe, d'entente ?
04:39Comme vous l'avez dit, on est dans une phase en réalité fragile
04:42et tous les scénarios restent possibles,
04:44même si dans l'ambiance générale, les choses semblent aller dans le bon sens,
04:50en réalité, mais on ne peut pas exclure une nouvelle crise,
04:53notamment entre Israël et l'Iran.
04:56Et qui peut impacter directement en réalité les monarchies du Golfe,
04:59parce que ça va toucher directement l'un des secteurs stratégiques
05:02et clés pour leur développement, qui est le secteur des hydrocarbures.
05:05Et ça a été d'ailleurs l'une des grosses craintes pendant la guerre des 12 jours,
05:09qu'on a appelé comme ça, de voir que finalement,
05:12les Iraniens ciblaient les bases américaines situées dans les monarchies du Golfe
05:16et ce qui allait embraser nécessairement le coût du baril sur le plan international
05:21et impacter l'économie mondiale de manière globale.
05:24Même si, comme vous l'avez dit, aujourd'hui,
05:26on se dirige vers une paix qui semble tenir pour le moment.
05:29Est-ce qu'il pourrait peut-être confirmer ces prévisions du FMI,
05:35pour les mois, les...
05:38Exactement, et même dans la déclaration du FMI,
05:41elle dit qu'il faut rester vigilant en réalité,
05:44parce qu'elle met en avant, tout en mettant l'accent sur les éléments positifs
05:47qui ont contribué à réévaluer vers la hausse,
05:50la croissance des monarchies du Golfe et de l'ensemble de la zone Ménat en réalité.
05:55Elle dit en même temps qu'il faut rester vigilant,
05:57parce que les prévisions de 3,3% de croissance qui ont été annoncées
06:01pour l'ensemble de la zone Ménat restent quand même très fragiles
06:06sur une prévision en réalité très optimiste,
06:09tout en mettant en avant le fait qu'il faut continuer les réformes structurelles
06:12dans l'ensemble de cette zone,
06:13donc continuer la diversification des économies locales
06:17et sortir de la dépendance que certains États ont vers certains secteurs,
06:21notamment le secteur des hydrocarbures,
06:24et tout en mettant également l'accent sur le risque géopolitique
06:26qui reste toujours réel dans cette zone.
06:29La dépendance à l'or noir, effectivement, très importante.
06:31Merci beaucoup Bassem Larej d'être venu nous voir,
06:34analyste géopolitique et sûreté sur la zone Ménat
06:36et président fondateur d'Aman Risk Consulting.
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