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  • il y a 2 mois
Chaque jour, Guillaume Daret vous accompagne de 19h à 20h dans 60 minutes BFM sur BFMTV.

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00:00Générique
00:00Vous êtes bien sûr BFM et vous faites peut-être effectivement partie de ces voyageurs qui ont vécu une journée cauchemar dans les gares
00:18à cause de ce sabotage dont a été victime la SNCF, des câbles qui ont été incendiés un petit peu au sud de la ville de Valence.
00:27On va décrypter et vous donner toutes les informations dans quelques instants avec nos invités, nos experts qui sont avec moi en plateau.
00:34Pauline Rovna, bonsoir, chef du service police-justice de BFM TV.
00:38Ludovic de Sautes, directeur délégué de la Tribune, merci d'être avec nous ce soir.
00:43Et puis colonel Bruno Kezak, vous êtes ancien commandant de la section de recherche de gendarmerie de Nancy.
00:50Vous allez nous dire à qui et effectivement vers qui les regards peuvent se tourner et comment les gendarmes travaillent.
00:55On s'intéressera bien sûr également à ce qui se passe pour les voyageurs avec le président de la Fédération nationale des usagers.
01:03Mais il y a eu deux gares évidemment qui ont été parmi les plus touchées.
01:07C'est la gare de Lyon à Paris mais aussi la gare Saint-Charles à Marseille.
01:11Et on va tout de suite justement prendre la direction du sud de la France, direction Marseille.
01:15On retrouve justement notre correspondant BFM TV Alexis Plouyette.
01:19Bonsoir Alexis. Comment les voyageurs avec lesquels vous avez pu échanger tout au long de cette journée ont vécu cette journée cauchemar ?
01:29Très mal. Il fallait vraiment s'armer de patience.
01:31Aujourd'hui on a rencontré beaucoup beaucoup de voyageurs avec Anne Boisiz aujourd'hui
01:35qui venaient ici à Gare Saint-Charles et constaté que leur train était supprimé.
01:39Donc certains ont essayé de trouver des solutions notamment avec un autocar.
01:44On a vu un monsieur qui devait emmener 45 enfants à Disneyland Paris pour les vacances
01:48et donc qui a réussi à trouver un autocar.
01:51On a aussi rencontré deux Alsaciennes qui étaient venues hier à Marseille pour courir Marseille-Cassi.
01:56Plus de train pour Strasbourg aujourd'hui.
01:57Et du coup elles vont rentrer dans un camion de livraison.
01:59Avec un camion de livraison nous ont-elles dit donc vraiment le système D.
02:03Et puis certains vont être bloqués à Marseille plusieurs jours à cause de ces trains supprimés.
02:09Parce que ce qu'il faut savoir c'est que tous les trains demain pour Paris sont complets.
02:14Donc vraiment très compliqués.
02:15Alors la bonne nouvelle c'est que ça s'améliore ce soir.
02:18Le premier train au départ de Marseille pour Paris est parti à 17h03.
02:23Il a emprunté la ligne grande vitesse.
02:25Alors à vitesse réduite parce que sur le lieu vandalisé c'est très compliqué.
02:29Les équipes de l'SNCF travaillent encore.
02:31Donc il faut y aller très doucement.
02:33Mais ça circule à nouveau.
02:34Donc il n'y a plus de retard de 2h30 comme tout à l'heure.
02:37C'est maintenant un retard de 1h environ.
02:39Et à partir de 21h le trafic devrait être quasiment normal au départ de Marseille.
02:45Donc la situation s'améliore ici en gare Saint-Charles.
02:49Merci beaucoup Alexis Puyet depuis Marseille avec Anne Boisis.
02:53Dans un instant on va essayer tous ensemble de comprendre qui peut se cacher effectivement derrière cet acte, ces actes de sabotage.
03:00Mais d'abord je vous propose d'écouter les propos, les déclarations du ministre qui est en charge des transports.
03:05C'est Philippe Tabarro.
03:06Écoutez-le.
03:07Il s'est exprimé, c'était en fin d'après-midi.
03:09Il était justement dans la salle qui est à la salle de crise justement des opérations ferroviaires.
03:13Écoutez-le.
03:13Un incendie probablement criminel qui a impacté très fortement le réseau dans notre pays.
03:21D'autres difficultés que nous avons eues également sur du vol de câble un petit peu plus tard dans la matinée.
03:27Et tout cela a causé une perturbation sur le réseau significatif.
03:31Un incendie probablement criminel dit le ministre des Transports, Pauline Reunard.
03:35Quelles sont les informations dont on dispose sur ce qui s'est passé justement probablement la nuit dernière en dessous au sud de Valence ?
03:43Alors ça s'est passé vers 4h30 la nuit dernière et c'est la gendarmerie qui a été avisée de la coupure de la circulation des trains sur la ligne Valence-Marseille dans les deux sens.
03:52Pourquoi ? Parce qu'il y a eu des dégradations volontaires par incendie de câbles de signalisation.
03:57Effectivement, vous l'avez dit, au sud de Valence dans la commune d'Alixan.
04:01Et c'est la brigade de Romand-Sur-Isère qui est en charge de l'enquête.
04:04Ce qu'il faut expliquer, c'est que ce n'est pas la première fois que la SNCF est victime d'incendie ou de vol de câbles.
04:10On a fait un petit recensement en septembre, on a déjà deux cas en août et en juin aussi.
04:15Et puis souvenez-vous, pendant les Jeux Olympiques, c'était peut-être ce qui avait le plus frappé.
04:19Le jour même de la cérémonie d'ouverture.
04:21Des incendies volontaires, des bouteilles remplies d'essence avec une mèche pour allumer l'engin incendiaire.
04:27Ce qui est compliqué pour les enquêteurs, et je parle sous le contrôle de notre invité, c'est que c'est difficile de les identifier, c'est difficile de les remonter.
04:33Et dans la plupart des actes qui ont été signalés par la SNCF, il y a très peu d'interpellations finalement à date.
04:40Colonel Bruno Cézac, qu'est-ce que disent les premiers indices, les premières informations dont on dispose sur ces sabotages ?
04:47Est-ce que ça porte la signature, si j'ose dire, d'un type de personne vers lesquelles on pourrait tourner le regard ?
04:53Je crois que la présentation de Mme Revenaz me tend une perche formidable, dans la mesure où effectivement, on a deux hypothèses lourdes dans les dégradations qui interviennent sur le réseau au ferret.
05:05C'est soit du vol de cuivre dans le but de s'enrichir avec la revente des produits, soit des actes commis par des groupes de pression plutôt extrémistes
05:15qui s'opposent à des projets en cours ou qui veulent déstabiliser une autre organisation en s'attaquant au transport, aux moyens de communication, au sens large.
05:25Vous avez évoqué le cas des Jeux Olympiques, c'est une référence très intéressante.
05:30Ce n'est pas la seule.
05:31Il ne faut pas oublier que dans le secteur, vous avez un gros projet d'autoroute.
05:35Je crois que c'est une jonction entre l'Ardèche et la Drôme qui donne lieu, comme souvent dans ces projets-là, à des oppositions assez fortes.
05:47Et donc, le fait que cet accident, ce n'est pas un accident, cet incident volontaire intervienne dans ce contexte-là n'est pas neutre.
05:56Comment travaille la gendarmerie sur ces sujets-là ?
05:58Dans un premier temps, il faut rappeler que 90% des voies ferrées de la SNCF sont en zone de gendarmerie.
06:05Donc, on a des relations extrêmement longues, de longue date, et pointues avec la SNCF, et notamment son organe de sécurité qui s'appelle la surveillance générale.
06:15Et donc, on travaille en étroite coopération avec eux.
06:18Le deuxième point, c'est qu'on commence quand même un petit peu à être rodé dans la façon de prendre en compte les premiers éléments de ce type de situation,
06:27avec une montée en puissance, notamment sur les moyens de constatation, les techniciens d'identification criminelle du département.
06:32Et puis, si nécessaire, la montée en puissance avec le concours de l'IRCGN et les départements spécialisés.
06:38C'est exactement ce qui est en train de se passer actuellement.
06:41La tâche première des enquêteurs va être de ramasser le maximum de traces numériques, chimiques, biologiques, je cherchais le mot, merci de votre aide,
06:54biologiques et testimoniales, qui vont permettre aux enquêteurs d'orienter leur recherche vers un groupe de personnes ou des individus particuliers.
07:04Je me permets une dernière remarque.
07:05On a quand même des résultats dans ce domaine-là.
07:07Il y a un mois, la brigade de recherche de la compagnie Dautin a arrêté deux auteurs de vols de cuivre,
07:13qui avaient été commis il y a à peu près un mois d'août, je crois,
07:16et qui ont été confondus par ce travail minutieux que je viens d'évoquer.
07:22Donc, on a les résultats.
07:24Je crois qu'il ne faut pas désespérer, même si ce type de fait survient en race campagne
07:29et donc complique considérablement la tâche des enquêteurs.
07:32Les regards se tournent souvent, dans ce cas-là, vers des groupes d'ultra-gauche.
07:36Est-ce que c'est une facilité ou est-ce que c'est souvent, effectivement, ce type de groupe qui s'en prend à des installations de la SNCF ?
07:42Ça dépend. En fait, ce qui est intéressant, c'est que quand il y a des revendications, quand il y a des communiqués,
07:47ça flèche souvent plus vers l'ultra-gauche.
07:49Mais là, il n'y en a pas, pour l'instant, à notre sens. Il n'y en a pas eu.
07:53Sur les Jeux olympiques, souvenez-vous, il y avait eu un texte qui était...
07:56Et puis, à un moment, on avait parlé d'ingérence étrangère.
07:59Mais ça, ça n'a jamais été corroboré et consolidé, notamment sur les Jeux olympiques.
08:04C'était une première piste de travail, une hypothèse de travail, si vous voulez, qui n'a pas été validée.
08:08Et donc, ultra-gauche ou pas, pour l'instant, les enquêteurs, ils cherchent surtout à faire les constatations,
08:13les premières constatations techniques et scientifiques, pour essayer d'identifier le ou les auteurs.
08:17Je ne sais pas s'il est seul ou s'il sont plusieurs.
08:20Ludovic de Sotet, je vous donne la parole dans une seconde.
08:22J'ai une question d'abord pour Arnaud Aimé, qui est en duplex avec nous.
08:26Vous êtes expert des transports, effectivement, dans le cabinet SIA.
08:31Très concrètement, ça coûte combien, ces dégradations, chaque année, à la SNCF ?
08:37On le disait, dégradation des voies par des incendies, mais aussi des vols de métaux, en particulier du cuivre.
08:46On considère que le coût direct, il est de plusieurs dizaines de millions d'euros par an.
08:51Certains documents évoquent 20 à 30 millions d'euros par an pour SNCF Réseau,
08:56l'entreprise qui exploite le réseau ferré.
09:01À ça, il faut ajouter tous les impacts que ça peut avoir pour les transporteurs qui utilisent ces voies ferrées.
09:07Alors, on pense évidemment à ce qu'on appelle la SNCF, qui est le transporteur SNCF voyageur.
09:11Mais il faut savoir que les autres transporteurs qui utilisent cette voie,
09:14et qui sont de plus en plus nombreux avec l'ouverture du marché, sont impactés de la même manière.
09:19Un Trenitalia ou un Renfe qui font circuler des trains sur cette voie sont eux aussi impactés.
09:25Et évidemment, ça va occasionner des coûts pour eux aussi.
09:28Donc, c'est un coût très important.
09:31Hélas, ce n'est pas quelque chose de nouveau.
09:34C'est de manière récurrente qu'il y a du sabotage, de la malveillance sur l'infrastructure.
09:41Vous parlez de l'infrastructure de la SNCF, mais cette infrastructure furviaire, elle appartient à l'État.
09:46Elle appartient à l'État français.
09:47Certes, SNCF Réseau est l'entreprise qui est en charge de l'exploiter, de l'entretenir et de la maintenir.
09:52Mais des groupuscules qui cherchent à s'en prendre à l'État, ils s'en prennent au symbole de l'État.
10:00Et le réseau ferré est un très bon symbole de l'État parce que c'est une infrastructure qui appartient à l'État
10:05et puis qui métalise la politique d'aménagement du territoire de l'État.
10:09Donc, c'est pour ça que ça fait l'objet de malveillance.
10:11Hélas, ce n'est pas nouveau.
10:13Une malveillance qui est assez fréquente, vous en avez parlé tout à l'heure, c'est le vol de câbles en cuivre.
10:18Là, c'est un motif plus crapuleux. Et c'est vrai que ça a pu augmenter en France, comme partout en Europe d'ailleurs,
10:24ces 20 dernières années avec l'augmentation du prix du cuivre.
10:30Ça, ça demande une organisation criminelle forte parce qu'il faut mettre en place une filière
10:34qui fond le cuivre des câbles, qui ensuite arrive à la revendre sur le marché noir.
10:41Donc, c'est des organisations criminelles d'envergure européennes.
10:44Bon, ce n'est pas ce qui s'est passé cette nuit avec l'incendie volontaire sur les câbles.
10:49En tout cas, on voit qu'effectivement, ça a bien sûr des conséquences directes sur les voyageurs.
10:54Pour peut-être certains d'entre vous qui nous regardez, vous avez galéré aujourd'hui.
10:57Il y en a certains même, on entendait des témoignages qui ont dû annuler leurs vacances de la Toussaint.
11:02On voit aussi que ce soir, ça semble, à certains endroits, s'arranger.
11:06On prend la direction de la gare de Lyon. On retrouve Marie Roux. Bonsoir.
11:10Marie, quelles sont les dernières informations dont vous disposez ?
11:15Eh bien, écoutez, la situation s'est arrangée.
11:18En fin d'après-midi, aux alentours de 17h, quelques trains ont pris le départ pour aller dans le sud.
11:23Mais là, ça commence de nouveau à se compliquer puisque tous les trains affichés en direction de Marseille, Perpignan, Nice,
11:29enregistrent certains retards.
11:31On est avec Marie-France. Marie-France, elle avait prévu d'aller à Avignon.
11:34Votre train a été retardé. Racontez-nous comment ça s'est passé.
11:37Eh bien, on aurait dû embarquer à 18h37 et il est 19h02.
11:44On ne sait toujours pas le hall dans lequel nous allons embarquer.
11:49Donc, voilà, on nous annonce un retard de 50 minutes.
11:54Et on nous dit, en outre, que le train aura 45 minutes de retard en plus.
11:59Donc, ça nous fait une arrivée tardive en espérant qu'on arrive.
12:05Oui, c'est un peu l'inquiétude ce soir.
12:07C'est d'espérer au moins d'avoir son train pour rentrer chez soi.
12:10Vous étiez à Paris occasionnellement et là, c'est un peu la panique, la pagaille.
12:14Tout à fait, c'est la pagaille.
12:16Il y a du monde partout.
12:17Bon, on espère que ça ira quand même.
12:20Enfin, ça commence à bien faire.
12:22Ces vols de câbles, ces incendies sur les voies, etc.
12:27Vraiment, ça suffit.
12:29Voilà.
12:29On ne peut pas prendre le train sereinement.
12:32C'est dommage.
12:33Merci beaucoup, Marie-France, pour votre témoignage.
12:35On espère que vous aurez votre train d'ici 50 minutes.
12:39Vous l'aurez compris, beaucoup de voyageurs sont comme Marie-France,
12:41attendent des nouvelles, les yeux rivés sur les panneaux d'affichage,
12:45en espérant que leur train arrive à la gare de Lyon.
12:49Merci beaucoup, Marie-Rou.
12:50Vous étiez avec Lucille Martin à la gare de Lyon.
12:53L'idée qu'on entend, ça suffit.
12:54Vous avez entendu cette passagère qui attend de monter dans son TGV, dans son train.
12:59D'ailleurs, concrètement, dans un cas comme ça,
13:02les voyageurs peuvent se faire rembourser ou ils ne sont pas dédommagés ?
13:05La SNCF dit que ce n'est pas de notre faute.
13:06Comment ça se passe ?
13:06A priori, ils vont être remboursés.
13:07Philippe Tabarro, qui est ministre des Transports,
13:09l'a dit tout à l'heure dans son intervention
13:10depuis la cellule de crise de la SNCF.
13:14Tous les retards supérieurs à 4 heures sont pris en charge à 100% par la SNCF.
13:18Après, il y a des tranches, 3 heures de retard, 75%, 2 heures, 50%.
13:23Là, on va avoir probablement des gestes commerciaux de la part de la SNCF,
13:27de Renfe et de Trenitalia,
13:29qui sont les trois acteurs qui sont présents sur cette ligne.
13:32Il faut juste qu'on mesure quand même l'ampleur de ce qui s'est passé.
13:35C'est aujourd'hui, Philippe Tabarro a annoncé le chiffre,
13:38c'est 50 000 personnes.
13:39Rien que sur le TGV ?
13:39Rien que sur le TGV, c'est 50 000 personnes.
13:4150 000 personnes, c'est la taille d'une ville comme Laval.
13:43Donc aujourd'hui, il y a une ville comme Laval qui a été immobilisée
13:47et j'aimais beaucoup ce que disait le colonel tout à l'heure,
13:50c'est-à-dire que c'est aussi, ça montre la vulnérabilité du monde dans lequel on est.
13:54Il suffit d'un incendie ou du vol de cap pour, j'allais dire,
13:57perturber la vie de 50 000 personnes,
13:59de quelques drones pour arrêter pendant plusieurs heures un aéroport international
14:02ou d'un bateau qui passe une encre pour arracher des capes télécom
14:06pour que tout un coup, les télécommunications soient à plat dans toute une partie de l'Europe.
14:11On est dans un monde qui est très complexe et très vulnérable.
14:14C'est évident que les 2 800 kilomètres de lignes LGV en France
14:19sont aujourd'hui une infrastructure sensible dans notre mode de vie actuel.
14:23François Deletrasse, vous êtes le président de la Fédération Nationale
14:26des Associations d'Usagers des Transports.
14:29Vous avez entendu le ras-le-bol il y a quelques secondes
14:31de cette voyageuse qui attend de pouvoir, espère-t-elle.
14:35Elle n'en est pas sûre de monter dans un train.
14:37Qu'est-ce que vous dites ce soir à la SNCF ?
14:39Je leur dis chapeau.
14:43Ça va vous surprendre, mais honnêtement,
14:44le boulot qu'ils ont fait aujourd'hui est admirable.
14:47Arriver à remettre la LGB en service en quelques heures,
14:50c'est extraordinaire.
14:52Et honnêtement, on a affaire à une société qui a un vrai savoir-faire,
14:57aussi bien SNCF Réseau dans la réparation des câbles
15:00que SNCF Voyageurs qui remet les TGV en service
15:02alors que tout le programme est chamboulé.
15:06Honnêtement, je comprends que les passagers,
15:08et je suis leur représentant, ne soient pas contents,
15:11mais on ne peut que remercier les deux organisations
15:14qui sont SNCF Réseau et SNCF Voyageurs
15:17d'avoir fait un tel travail aujourd'hui.
15:20– Colonel Bruno Quezac, comment sont protégées les voies SNCF ?
15:24On parle beaucoup de la vidéosurveillance pour le musée du Louvre,
15:27d'ailleurs on en parlera encore dans quelques instants.
15:30Est-ce que le réseau SNCF est surveillé par des caméras 24h sur 24
15:35ou pas du tout ? Comment ça se passe ?
15:36– Alors les gens de la SUJ pourraient vous préciser ça beaucoup mieux que moi,
15:41mais ce que je peux vous dire c'est que depuis une bonne vingtaine d'années,
15:44on a mis en place entre la gendarmerie et la SNCF des protocoles.
15:46On avait commencé à surveiller, avant l'arrivée des drones,
15:49les voies ferrées lorsqu'on a vu augmenter les vols de cuivre
15:52avec l'aide de nos sections aériennes de gendarmerie,
15:55donc des survols en hélicoptère,
15:57sur les lignes qui étaient les plus visées par ce type de vol.
16:01Alors pourquoi elles sont plus visées ?
16:02Il y a tout un tas de critères qui entrent en jeu,
16:04je ne vais pas les développer là.
16:05Donc on était amené à faire des choix et on engageait nos hélicoptères,
16:09mais au coût d'emploi d'un hélicoptère sur ce type de mission,
16:14il fallait trouver une solution qui soit à la fois plus souple,
16:17plus réactive et moins onéreuse.
16:19Et les drones sont venus apporter effectivement une solution complémentaire.
16:23Mais tout le réseau n'est pas couvert, j'imagine ?
16:25C'est impossible.
16:27C'est vrai.
16:27D'un autre côté, a-t-on besoin de couvrir tout le réseau ?
16:30Vous constaterez que, de façon générale,
16:33ce sont quand même des quelques lignes qui sont régulièrement marquées
16:36par ce type d'exactions lorsqu'elles sont le fait de groupuscules actifs.
16:43Et vous constaterez aussi que, dans le cas présent,
16:46il y a une notion de temps,
16:48c'est-à-dire qu'on est en pleine période de congés scolaires,
16:51qu'en général, le lundi,
16:52c'est des gens qui n'ont pas forcément pu partir le week-end,
16:54donc c'est des personnes âgées ou qui prennent le train,
16:57qui n'ont pas forcément la possibilité d'autres moyens de communication
17:01pour rejoindre leur destination,
17:02ou qui n'ont plus le temps,
17:03donc avec un effet extrêmement diriment sur les voyageurs.
17:10Et ce sont souvent les cibles qui sont les plus sollicitées dans ces périodes-là,
17:15dont la ligne Paris-Lyon-Marseille.
17:18Donc, on n'a pas forcément besoin de surveiller toutes les lignes,
17:20mais quoi qu'il en soit, il y a quand même, comme vous l'avez dit,
17:23deux mille et quelques kilomètres de lignes à grande vitesse
17:26qui sont les plus exposées à ce type d'exactions.
17:27Est-ce que la SNCF, Ludovic, est particulièrement vulnérable ?
17:31C'est une vulnérabilité.
17:33Il y a un facteur, c'est la pas du gain aussi,
17:35au-delà des dégradations et des par incendies.
17:37Juste pour se rendre compte, c'est aujourd'hui, le cuivre,
17:40c'est un métal qui est à 11 000 dollars la tonne.
17:44Et la plupart des experts estiment que dans les mois qui viennent,
17:49il sera probablement à 15 000 dollars la tonne.
17:51Pourquoi ? Parce qu'il y a un besoin de cuivre pour l'informatique,
17:54pour tous les systèmes électroniques, tous les systèmes numériques.
17:57D'autre part, la production de cuivre a beaucoup de difficultés en ce moment.
18:01Il y a eu des gros accidents sur des mines de cuivre
18:04qui sont stratégiques au plan mondial.
18:07Mais là, pas du gain.
18:08Et là aussi, c'est-à-dire qu'au-delà des actes de malveillance
18:10et des incendies volontaires ou pas,
18:13peut-être que d'ailleurs, on devinera que les deux actes sont corroborés,
18:17c'est-à-dire se répondent, on verra, je ne suis pas enquêteur,
18:20mais c'est clair que la vulnérabilité aujourd'hui
18:23arrivée à récupérer plusieurs centaines de mètres de cap de cuivre,
18:26c'est le jackpot.
18:27Pauline évoquait l'hypothèse, ou en tout cas, dans ce type justement
18:31de sabotage, est toujours posée la question d'une ingérence étrangère.
18:36On dit que les ingérences étrangères, c'est aussi bloquer un réseau,
18:39bloquer un hôpital, bloquer...
18:41Ça peut être un outil, bloquer le réseau SNCF,
18:44j'imagine, c'est un outil, entre guillemets, de guerre numérique demain.
18:48En tout cas, on est rentré dans un monde où ce genre d'incident
18:51ou d'accident fait partie de notre quotidien.
18:54Je rappelle que le mois dernier, il y a un constructeur automobile britannique
18:58qui, pendant un mois, n'a pas pu produire des voitures
19:00parce qu'il était victime d'une cyberattaque.
19:02La facture dépasse le milliard d'euros.
19:05Il y a un producteur de bière au Japon dont ses chaînes de production
19:08ont été perturbées pendant 15 jours sur une cyberattaque.
19:10On a eu des drones qui ont bloqué des aéroports, j'en parlais tout à l'heure.
19:14On a eu des câbles télécones arrachés.
19:16On a eu des gazoducs qui ont été percés, et ainsi de suite, ainsi de suite.
19:19Donc, on est aujourd'hui dans un monde interconnecté
19:21et sur lequel ces infrastructures sont des infrastructures sensibles
19:25et dès qu'elles tombent, on peut avoir une réaction systémique.
19:28C'est un enjeu, c'est un enjeu de sécurité.
19:30Alors après, est-ce qu'ingérence, pas ingérence ?
19:32Mais en tout cas, j'allais dire que pour un petit incendie,
19:35l'effet est colossal.
19:36François Deletras, vous êtes le président, je le rappelle,
19:38la Fédération Nationale des Associations d'Usagers de Transport.
19:42Vous aviez quelque chose à ajouter ?
19:44La vulnérabilité, la digitalisation du système de signalisation
19:49qu'on a en Europe occidentale, qui est voulue par l'Europe,
19:53donc ce qu'on appelle le RTMS, favorise la vulnérabilité.
19:58Autrefois, les trains roulaient avec un système mécanique,
20:01c'est-à-dire le train roulait, il déclenchait un feu rouge,
20:04il faisait quelques kilomètres, le feu rouge redevenait vert.
20:07Aujourd'hui, on a un système centralisé
20:09où le train a une signalisation embarquée
20:12et on est obligé d'avoir des câbles tout le long de la voie
20:14pour favoriser cette signalisation.
20:18En Ukraine aujourd'hui, tous les trains partent à l'heure.
20:20Pourquoi ? Parce qu'en Ukraine, ils n'ont aucun système digital,
20:23tout est mécanique.
20:24Et donc en France, c'est un énorme avantage la digitalisation
20:27parce que ça permet de faire passer beaucoup de trains sur une voie,
20:31pas beaucoup plus qu'avec une signalisation classique.
20:34Mais le revers d'Amérette d'Aïe, c'est que c'est beaucoup plus vulnérable.
20:38Pauline, on voyait, il y a des services de gendarmerie
20:41la plupart du temps qui sont déployés
20:42puisque c'est essentiellement sur la zone gendarmerie.
20:45Il y a une pratique et un savoir-faire maintenant particulier,
20:47j'imagine, développé par les gendarmes
20:48pour retrouver ce type de profil-là.
20:51Oui, mais un peu sur toutes les scènes, si je puis dire,
20:53ils sont très forts en première constatation
20:55avec l'appui effectivement des labos
20:57s'il y a besoin en technique et scientifique.
21:00Après, la difficulté, c'est...
21:01Là aussi, l'ADN, on parle pour le Louvre, est au cœur de l'enquête.
21:04Oui, mais là, le problème, c'est que vous pouvez avoir des empreintes, des ADN
21:07et encore faut-il que ça habibe dans un fichier
21:09qui ait une correspondance parce que vous pouvez avoir un ADN
21:12mais qui ne soit pas identifié.
21:13Et ensuite, il faut remonter effectivement le ou les auteurs.
21:16Là, je vous le disais ce matin, on ne sait pas si c'est une ou plusieurs personnes
21:18et souvent, c'est des personnes qui effectivement agissent en plein milieu de la nuit,
21:23à visage masqué et donc d'où la difficulté de remonter plus rapidement.
21:27Merci beaucoup. Sans pour l'instant aucune revendication,
21:28c'est ce que vous nous disiez. On verra dans les prochaines heures
21:30s'il y a une revendication ou non à ces actes de sabotage
21:34qui ont touché aujourd'hui la SNCF
21:36avec au moins 50 000 personnes concernées par ces perturbations.
21:40Rien que pour les TGV.
21:41Merci beaucoup à vous d'avoir été avec moi
21:44pour décrypter ce qui a été l'un des deux grands événements du jour.
21:47On va se pencher sur l'autre événement du jour, évidemment.
21:50C'est l'enquête sur le spectaculaire casse-cambriolage du Louvre
21:54qui progresse puisque les deux principaux suspects interpellés samedi
21:58sont toujours interrogés actuellement en garde à vue,
22:01effectivement, par les policiers, par les enquêteurs.
22:04Les enquêteurs qui sont parvenus à remonter, on le disait,
22:07jusqu'à eux grâce à 150 prélèvements qui ont été réalisés
22:11sur les lieux du casse alors que le butin, lui,
22:13reste toujours introuvable dans un instant.
22:16On en parle avec vous, Céline Rose-David.
22:18Vous êtes gémologue, directrice des expertises
22:21de la Société de vente de bijoux Les Héritières.
22:23Où sont les bijoux ?
22:24C'est quand même l'une des questions principales
22:26qu'on se pose, que se posent les enquêteurs toujours
22:28à l'heure où on se parle.
22:29Christian Flèche, ancien directeur de la police judiciaire de Paris.
22:32Bonsoir. Dans un instant, vous allez nous dire
22:34comment travaillent en ce moment même les enquêteurs.
22:36Juste avant cela, je vous propose de revenir
22:38sur les temps forts des dernières 24 heures en images
22:41avec Amandine Chocteau et Tony Cameray.
22:44Regardez ces images, c'est sidérant.
22:48À la une, évidemment, l'enquête qui avance
22:50autour du braquage du Louvre.
22:52Deux hommes ont été interpellés.
22:53Oui, puisque l'un d'eux a été arrêté
22:54à l'aéroport Roissy Charles de Gaulle.
22:56Ils devaient embarquer dans un avion
22:58pour prendre la direction de l'Algérie.
23:00Ils ont ensuite été placés ici, en garde à vue,
23:03à la brigade de répression du banditisme.
23:05Ils sont âgés d'une trentaine d'années.
23:07Tous deux sont connus de la justice.
23:08Ce ne sont pas des suspects périphériques dans cette affaire.
23:11Les malfaiteurs ont laissé de nombreux indices.
23:13On va rappeler qu'il y a notamment un gilet jaune,
23:15un gant, un casque de moto ou encore un gilet canne d'essence.
23:18Il y a eu 150 prélèvements.
23:20Ces prélèvements matchés ont donné la piste
23:21d'au moins à un des braquards de Louvre.
23:23Et à partir du moment où vous ne brûlez pas
23:25les traces que vous laissez derrière vous,
23:26de fait, c'est comme le petit poussé.
23:28Ont-ils commencé à parler ?
23:30Alors, dans le cadre de ces 96 heures,
23:32il y aura bien entendu des auditions,
23:35toute une analyse sur la téléphonie,
23:37sur les emprunts digitales,
23:39des perquisitions, des confrontations.
23:40On rappelle qu'à ce stade,
23:41les bijoux sont toujours introuvables.
23:45Et on part tout de suite en direct retrouvé.
23:47Naoufel El-Kawafi,
23:48vous êtes au siège de la brigade
23:49de la répression du banditisme,
23:51justement, où sont toujours entendus
23:53les deux suspects qui ont donc été interpellés.
23:56Ça fait presque 48 heures que ces gardes à vue
23:58ont débuté, Naoufel.
24:00Est-ce qu'on en sait plus sur le contenu
24:02de ces interrogatoires,
24:03sur ce que se dit derrière les murs
24:05de cette brigade de répression du banditisme ?
24:08On sait en tout cas que les deux suspects
24:11ne disent pas grand-chose.
24:12C'est vrai qu'on est presque à la moitié
24:13de la durée maximale et légale de cette garde à vue.
24:16Ça veut dire quoi ?
24:17Ça veut dire que les enquêteurs
24:18ont maintenant deux jours pour tenter
24:20de faire parler les deux suspects,
24:21récolter le moindre indice,
24:22le moindre élément, la moindre faille
24:24dans les différents interrogatoires
24:26pour tenter de faire avancer l'enquête.
24:28Tenter aussi de répondre
24:29à deux principales questions.
24:31La première, c'est bien évidemment
24:32de savoir où se trouvent les bijoux
24:34qui ont été dérobés d'une valeur
24:35de 88 millions d'euros.
24:37Et la seconde, retrouver les différents complices.
24:40On sait qu'ils pourraient être
24:41au moins deux.
24:42Deux personnes qui sont donc toujours
24:43en garde à vue, âgées d'une trentaine d'années,
24:45connues des services de police.
24:47Tous les deux sont originaires
24:48de banlieues parisiennes,
24:49plus précisément au Bervillier.
24:51On sait que l'un d'entre eux
24:52a d'ailleurs été arrêté samedi soir
24:54alors qu'il se dirigeait vers l'Algérie.
24:57Il a été arrêté à l'aéroport
24:58de Roissy-Charles-de-Gaulle.
25:00Les deux hommes sont donc en garde à vue
25:02au maximum jusqu'à mercredi soir.
25:04Ensuite, ils pourraient être déférés
25:05devant un juge
25:06et placés en détention provisoire.
25:08Merci beaucoup, Naoufel.
25:10La dimension sécuritaire, évidemment,
25:12du Musée du Louvre
25:12et de tous les autres musées de France.
25:14On en parlera dans un instant
25:15puisque nous aurons un invité exceptionnel,
25:17Pierre-Olivier Costa,
25:19qui est le président du MUSEM,
25:20le Grand Musée de Marseille.
25:21Il apporte son soutien à la patronne du Louvre.
25:23Il nous dira comment ça se passe
25:24pour le MUSEM à Marseille
25:26sur le plan de la sécurité.
25:27Il sera avec nous dans quelques minutes.
25:29Christian Flèche,
25:30comment ça se passe du côté des enquêteurs ?
25:32Ça fait presque 48 heures
25:33que les deux suspects sont entendus.
25:36Pour l'instant, ils disent peu de choses.
25:37Comment les convaincre de dire quelque chose ?
25:39Comment vous travaillez dans ces cas-là ?
25:41Écoutez, pour l'instant,
25:43il semble qu'ils ne disent rien.
25:44Maintenant, il faut attendre la fin
25:47des 48 heures supplémentaires
25:49et la conférence de presse sans doute
25:51de la Procureur de la République
25:52pour comprendre un peu les charges
25:54qui peuvent être retenues contre eux.
25:56Il y a forcément des charges
25:58qui amènent à la fois leur interpellation.
26:00Il y a aussi forcément des charges suffisantes
26:01pour justifier qu'on aille jusqu'à
26:03quatre jours de garde à vue.
26:05C'est la criminalité organisée.
26:07Il y a donc des éléments
26:08qu'on communique au fur et à mesure
26:10des auditions en présence sans doute d'un avocat.
26:15Ces éléments sont des éléments
26:17qui normalement sont à charge
26:18et c'est aux personnes en garde à vue
26:20de donner des explications
26:22si tant est qu'ils en aient
26:24et si tant est qu'elles soient plausibles.
26:26En tout cas, toutes les explications
26:27qu'ils vont donner seront écrites
26:29sur le procès verbal
26:30et on verra ensuite au magistrat
26:34de faire la part des choses
26:35pour savoir si ça motive une mise en examen.
26:38Quand on est enquêteur,
26:39que ça fait presque 48 heures
26:41qu'on interroge des suspects
26:42qu'ils ne semblent pas vouloir dire grand-chose,
26:45c'est quoi la stratégie habituelle ?
26:47On arrête l'interrogatoire,
26:49on laisse, si j'ose dire,
26:49reposer quelques heures,
26:51on revient, on se consulte avec ses...
26:52Comment ça se passe ?
26:54Alors d'abord, ils sont deux,
26:55donc il peut y avoir des failles
26:56entre les déclarations
26:57de l'un et de l'autre
26:58par rapport à un même fait.
26:59On compare et on adapte
27:01et on voit.
27:03Ensuite, bien sûr,
27:04il peut y avoir d'autres personnes
27:05en garde à vue,
27:06on n'en sait rien.
27:07Et puis bien sûr,
27:08au moment de l'interpellation
27:10et sur les perquisitions
27:11qui ont dû avoir lieu derrière,
27:12il peut y avoir des éléments supplémentaires
27:14par rapport à ceux qu'on connaît
27:15qui ont pu amener de nouvelles...
27:18Comment dire ?
27:18Des nouvelles questions
27:19et de nouveaux éléments à charge.
27:21Est-ce que dans ce cadre-là,
27:22quand il y a deux suspects,
27:24il peut y avoir,
27:25pendant les interrogatoires,
27:25une confrontation entre les deux
27:27ou pas du tout ?
27:28Ça peut être possible, bien sûr.
27:29S'il y a des éléments
27:29sur une même situation,
27:31s'il y a des points
27:32qui sont divergents,
27:34il peut y avoir une confrontation
27:35pour amener
27:35à ce qu'il y ait une position
27:38de l'un ou de l'autre
27:39qui peuvent rester divergentes
27:40à l'issue de la confrontation, d'ailleurs.
27:42Céline Rosavid,
27:43je disais,
27:43vous êtes gémologue,
27:44directrice des expertises
27:46de la société de vente
27:47de bijoux,
27:47les héritières.
27:48Deux suspects
27:49qui ont été arrêtés,
27:50mais les bijoux
27:51qui restent,
27:52pour l'instant,
27:53introuvables.
27:53Ça fait désormais huit jours
27:55que ce casse du siècle
27:57a eu lieu au musée du Louvre.
28:00Certains enquêteurs évoquent
28:01le fait qu'effectivement,
28:02il y a des réseaux
28:02qui peuvent exploiter
28:03très rapidement
28:04ce type de bijoux-là.
28:06Est-ce qu'à vos yeux,
28:07il y a encore une chance
28:07de retrouver ces bijoux en l'état
28:09ou est-ce que ça s'annonce
28:10de plus en plus difficile ?
28:11C'est vrai que chez les héritières,
28:12on aime valoriser le patrimoine
28:14et j'aimerais tellement
28:15qu'on les retrouve.
28:16Malheureusement,
28:17je n'ai aucun indice
28:18à donner de quoi que ce soit.
28:20Mais il est clair
28:22qu'il y a deux possibilités
28:24qui ont été largement vues
28:26dans la presse,
28:27à savoir le fait
28:28que ces bijoux soient vendus
28:30à un collectionneur particulier
28:32qui voudrait vraiment garder
28:33cela dans son coffre
28:35et on verrait ressurgir
28:36ces bijoux
28:37dans deux, trois, quatre générations
28:40une fois qu'il y aurait
28:41un inventaire du coffre
28:42qui serait fait.
28:43Maintenant,
28:44le démantèlement des bijoux,
28:47c'est quelque chose
28:48qu'on connaît dans l'histoire
28:49depuis presque la nuit des temps.
28:52Si vous regardez par exemple
28:54au Moyen-Âge,
28:55on payait ses impôts
28:56notamment en coupant
28:58des membres de bijoux
29:00pour donner une partie de l'or
29:01et une partie des pierres.
29:03Donc c'est quelque chose
29:03qui existe.
29:04Ça fait une façon
29:04de gager quelque chose.
29:05On avait des intervenants
29:06ces dernières heures hier
29:07dans l'émission
29:08qui nous disaient aussi
29:09que parfois la mafia
29:10même s'en servait
29:10pour gager un engagement
29:12face à un prêteur.
29:14On sait qu'aussi
29:14les bijoux dérobés
29:15peuvent partir
29:16dans des filières à l'étranger.
29:18Quelles sont ces filières ?
29:19Alors il y a effectivement
29:20des filières.
29:21Bon, il faut savoir aussi
29:23que tout le milieu
29:25n'est pas suspect.
29:27Non, bien sûr.
29:27Donc on a vraiment
29:28des gens de très haute qualité
29:29et je dois dire
29:30que parmi tous les experts
29:31qui font partie du réseau
29:33des experts,
29:34des chambres d'experts
29:35partout dans le monde,
29:37on est hyper vigilants.
29:38Il y a un bulletin d'alerte
29:39si j'ose dire
29:39depuis la semaine dernière.
29:40C'est ça.
29:41C'est-à-dire qu'entre nous,
29:43on communique vraiment
29:44de manière très importante.
29:45Comment ça se passe ?
29:46On s'envoie les photos.
29:48On envoie des photos,
29:49par exemple,
29:49des pierres avec la lumière
29:51par l'arrière
29:52pour vérifier la place
29:54des inclusions
29:54qui pourraient être
29:55des informations importantes
29:57parce que même retailler
29:58ces inclusions
29:59serait parfaitement visible
30:01lorsqu'on recevrait une pierre.
30:03Donc on est vraiment...
30:03Et d'experts ou d'expertes
30:04comme vous aujourd'hui
30:05ont dans leur bureau
30:07des photos
30:08de ces pierres,
30:09de ces bijoux
30:10pour, si jamais
30:11il y avait un doute
30:12sur une pierre
30:13qu'on vous apportait,
30:15essayer d'avoir
30:15les meilleurs éléments
30:16pour que,
30:17si j'ose dire,
30:18le bouton rouge
30:18s'allume si besoin.
30:20Voilà.
30:20En fait,
30:20ces bijoux sont ultra connus,
30:22sont très bien répertoriés,
30:24sont hyper documentés
30:25et donc le travail
30:27des experts,
30:28c'est justement
30:29d'alerter,
30:30notamment la police judiciaire,
30:32s'il y avait
30:33une suspicion
30:34de pierres
30:36qui seraient présentées
30:37du fait du démontage.
30:38Magali Rapuzzi,
30:39vous êtes technicienne
30:40de police technique
30:41et scientifique
30:42du syndicat SGP Police.
30:45On sait que,
30:46justement,
30:47les empreintes ADN
30:49ou papillaires,
30:50comme on dit
30:50dans votre jargon,
30:51les empreintes digitales
30:52ont joué un rôle
30:53absolument déterminant
30:54et fondamental.
30:56Probablement,
30:57dans les perquisitions,
30:58il y a peut-être
30:58de nouvelles empreintes
30:59qui ont été détectées.
31:00Pendant combien de temps,
31:01d'ailleurs,
31:01des empreintes
31:02sont-elles détectables ?
31:03Est-ce qu'encore,
31:03on peut retrouver
31:04des choses,
31:05par exemple,
31:05au musée du Louvre ?
31:07Une fois que la scène
31:11a été examinée
31:12dans les moindres détails
31:13et que tous les prélèvements
31:14ont été faits,
31:16effectivement,
31:17on pourrait encore
31:18retrouver autre chose,
31:18mais la scène
31:19aurait été polluée
31:20par d'autres intervenants.
31:21Donc,
31:22les éléments
31:23qu'on serait susceptible
31:24de retrouver aujourd'hui,
31:26une semaine après les faits,
31:27avec toutes les personnes
31:28qui sont passées
31:28sur les lieux,
31:30ne seraient sûrement plus
31:31des éléments probants.
31:33Par contre,
31:34on imagine
31:34qu'il y a peut-être
31:36des analyses
31:36qui ont été faites
31:37il y a une semaine
31:38ou suite aux perquisitions
31:39qui continuent
31:41d'être travaillées,
31:42analysées.
31:43L'une de vos collègues
31:44de la police parisienne
31:45nous disait hier,
31:47on regarde si ça match
31:48avec les fameux fichiers,
31:50y compris des analyses
31:50qui sont faites
31:51après les perquisitions
31:52des dernières heures,
31:53après l'interpellation
31:54des deux suspects
31:55samedi soir.
31:56Le travail
31:56de la police technique
31:57et scientifique
31:58se poursuit.
31:59Elle ne s'est pas arrêtée
31:59au musée du Louvre
32:00il y a huit jours.
32:01Non,
32:02bien sûr que non.
32:03Donc,
32:04au musée du Louvre,
32:05effectivement,
32:06sur la scène,
32:07on a pu sûrement
32:08prélever de l'ADN
32:09et des traces papillaires
32:11et des objets
32:12qui supportaient
32:14ces traces.
32:16Ensuite,
32:17effectivement,
32:18suite aux perquisitions,
32:19il y a sûrement eu
32:20des objets prélevés,
32:23notamment de la téléphonie,
32:24etc.,
32:24pour qu'on puisse continuer
32:25les enquêtes
32:26dans d'autres directions aussi.
32:28Christian Flèche,
32:29je voulais juste rajouter
32:31que dans un appartement,
32:33si on retrouve
32:33des empreintes digitales
32:34des personnes
32:35qui ne sont pas
32:35les occupants de l'appartement,
32:37ça peut être intéressant
32:38pour identifier
32:38d'autres membres
32:39potentiellement de la bande.
32:42Et autre point
32:43qu'il ne faut pas négliger
32:44parce qu'on en parle peu,
32:46c'est toutes les traces
32:46numériques qu'on laisse
32:47et qui sont exploitables
32:50en plus.
32:50C'est-à-dire ?
32:51C'est-à-dire que
32:52votre téléphone
32:53peut laisser des traces
32:54on peut savoir
32:55où vous êtes allé
32:56et ensuite
32:57on peut faire
32:58des rapprochements
32:59entre les téléphones
32:59de l'un
33:00et les téléphones
33:00de l'autre
33:00pour savoir
33:01qu'à un moment donné
33:02on était au même endroit.
33:03Quand on sait
33:04qu'il reste 48 heures
33:05quand on est enquêteur,
33:07quelle stratégie
33:08on adopte
33:09quand plus la fin
33:10de la garde-vue approche,
33:12comment on agit ?
33:13Alors il faut éviter
33:15d'avoir cette barrière
33:16des 48 heures.
33:18Il y a des éléments
33:18à charge
33:19qui vont amener
33:19des gens
33:19à être en garde-à-vue.
33:20Si ces éléments
33:21sont suffisants,
33:22ils seront mis en examen
33:23et peut-être même
33:24écroués derrière.
33:25L'enquête continuera
33:26et elle se déroulera
33:28de façon à continuer
33:29à retrouver
33:30les autres personnes impliquées
33:32avec toujours l'objectif
33:33de trouver les bijoux.
33:34Donc les 48 heures
33:35qui restent,
33:36ce n'est pas un obstacle
33:38à la poursuite
33:38de l'enquête.
33:39Je dirais même
33:39que si les gens
33:40n'ont pas envie
33:41de parler par rapport
33:42aux éléments à charge,
33:43ça ne peut être
33:44qu'un élément
33:44très mauvais pour eux
33:46puisque ça donne
33:47encore plus l'idée
33:48que c'est des vrais voyous
33:48et que même devant l'évidence,
33:50ils vont la nier
33:51ou ils vont se taire
33:51tout simplement.
33:53Ça n'empêchera pas
33:53les policiers.
33:54La police judiciaire
33:55a fait un travail considérable
33:56et elle va continuer
33:57à le faire
33:57pour aboutir.
34:00Est-ce que vous diriez
34:01qu'au bout de 8 jours,
34:03si jamais,
34:04vous ne le sauriez pas,
34:05mais on vous amenait
34:06certaines de ces pierres,
34:07il est impossible
34:08que vous ne les reconnaissiez pas ?
34:11Il y a quand même
34:12pas mal d'éléments
34:13dans ces bijoux
34:13qui sont très connus,
34:15très reconnaissables.
34:16Même s'ils ont été démantelés ?
34:17S'ils étaient démantelés
34:19et qu'on ramenait
34:20juste des sacs de pierre,
34:22par exemple,
34:22des diamants
34:23en tailles anciennes,
34:24c'est clair que là,
34:26en fonction des types
34:27de tailles,
34:28parce qu'il y a différents
34:29types de tailles anciennes,
34:31on se poserait quand même
34:32des questions
34:33si on ramenait un tas.
34:34Mais à l'unité,
34:37un petit diamant
34:38qui faisait partie,
34:40par exemple,
34:41d'un morceau de couronne
34:42ou du beau noeud
34:45de corsage,
34:47ça,
34:47ce serait impossible
34:48de savoir
34:49qu'il s'agit
34:49d'un diamant
34:50de cela.
34:51Et de toute façon,
34:52c'est quelque chose
34:53qu'on ne prendrait pas,
34:55tout simplement,
34:56parce que valoriser
34:57un diamant
34:58taille ancienne
34:58qui serait petit,
35:00entre 30 et 50 points,
35:01donc un demi-carat,
35:03est-ce qu'on aura
35:03vraiment un marché
35:04pour cela
35:05auprès des clients ?
35:06Ça sera un petit peu compliqué.
35:08En tout cas,
35:08dans l'enquête,
35:08on voit que...
35:09Oui, autre possibilité
35:10aussi qu'on n'a pas évoquée,
35:11c'est que
35:12les gens soient dépassés
35:13par l'ampleur
35:15de l'événement
35:15et qu'ils aient mis
35:16les bijoux dans un coin
35:17et qu'ils attendent
35:18un peu que tout ça
35:19se repose,
35:21prennent la fuite
35:21en espérant
35:22pouvoir les récupérer
35:23à un moment donné
35:24et tenter de les revendre
35:24d'une façon ou d'une autre.
35:26Alors là,
35:27tout à fait d'accord
35:28avec vous
35:28et ce serait finalement
35:30notre meilleure chance,
35:31le fait qu'ils les gardent
35:32dans un coin
35:33et qu'à ce moment-là,
35:34on les voit ressurgir
35:36un peu comme un pop-up
35:36comme ça,
35:37à un moment inattendu.
35:39Mais ça peut prendre
35:40des années.
35:41Bien sûr.
35:41Et c'est des hypothèses
35:43qu'on a connues
35:43dans les affaires précédentes.
35:45On a connu
35:45une bille aux bijoux
35:46de Kim Kardashian
35:47qui a été
35:47exfiltrée sans doute
35:50vers en vers,
35:51ça d'ailleurs.
35:52Et après,
35:52on a eu d'autres bijoux
35:53sur un braquage
35:54de bijouterie
35:55qui ont été stockés
35:56dans un endroit
35:57et qu'on a retrouvés
35:58plusieurs mois après,
35:59évidemment,
36:00grâce à l'enquête.
36:00Ce qui semble en tout cas,
36:01c'est qu'on ait
36:01deux des quatre suspects,
36:03que ce soit les deux suspects
36:03qui sont entrés dans le Louvre.
36:05En revanche,
36:06les enquêteurs
36:06sont toujours à la recherche
36:07de ceux qui les attendaient
36:08avec les scooters
36:10pour fuir.
36:10Oui,
36:11mais ils seront arrêtés.
36:12Ils seront arrêtés.
36:13C'est une question de temps.
36:14Ils n'ont pas sûr
36:15que leur Noël
36:16se passe en famille.
36:18Alors,
36:18ce qu'on regarde
36:18effectivement de très près,
36:20vous pensez que ça peut aller
36:21au-delà ?
36:22Vous êtes assez optimiste
36:22sur le...
36:23J'espère,
36:24parce que je sais
36:24comment les policiers travaillent
36:25et donc j'espère
36:26qu'ils arriveront...
36:27Qu'est-ce qui vous permet
36:28d'avoir cette conviction
36:29et cette assurance-là ?
36:30Parce que je connais
36:31les policiers
36:32qui travaillent dans ce service.
36:33C'est des vrais techniciens.
36:36Contrairement à le bâtiment
36:37qui est derrière
36:38votre reporter,
36:39ce n'est pas le bâtiment
36:40d'un brigade de répression
36:41du banditiste,
36:41c'est le bâtiment
36:42de la direction
36:42de la police judiciaire
36:43où il y a à peu près
36:441500 personnes
36:45qui travaillent
36:46de différents services.
36:47Ça veut dire que là,
36:48on a mis le paquet
36:49pour cette affaire
36:50et il y a des gens
36:51qui sont très spécialisés
36:53qui vont appuyer
36:54la BRB
36:56qui est saisie initialement
36:57et donc,
36:58quand il y a des efforts
36:59comme ça
36:59qui ont déjà abouti
37:01en moins d'une semaine
37:02à identifier
37:03au moins deux personnes,
37:04on peut espérer
37:05qu'en continuant
37:07sur les investigations,
37:08on aboutira avant Noël.
37:09En tout cas,
37:10dans ce contexte,
37:10la présidente du musée
37:12du Louvre,
37:12Laurence Descartes,
37:13reçoit aujourd'hui
37:13le soutien de 57 conservateurs
37:16et directeurs
37:17des plus grands musées du monde
37:18et notamment du président
37:20du Mucem.
37:20Vous connaissez
37:21le célèbre musée de Marseille
37:22et il s'appelle
37:23Pierre-Olivier Costa.
37:25Il est avec nous ce soir
37:26en direct depuis Marseille.
37:28Bonsoir,
37:29Pierre-Olivier Costa.
37:30On voit effectivement
37:32que vous apportez
37:33dans une trimude au monde
37:35votre soutien
37:36à la patronne
37:37du musée du Louvre,
37:38Laurence Descartes.
37:39Vous dites
37:39ce qui est arrivé au Louvre
37:40est une des plus grandes
37:41craintes professionnelles
37:42de musées.
37:43Ces risques pèsent
37:43sur chacune
37:44de nos institutions.
37:46Pourquoi apporter
37:47aujourd'hui
37:47ce soutien
37:48à Laurence Descartes ?
37:50Bonsoir.
37:51D'abord,
37:52pour redire
37:52ce qu'est la mission
37:53d'un musée,
37:54on entend beaucoup de choses
37:55depuis plusieurs jours.
37:56Un musée,
37:56ça ne sert pas
37:57qu'à conserver,
37:59à mettre dans des réserves
38:00des œuvres d'art.
38:01C'est d'abord,
38:01sa mission
38:01est de le montrer
38:02au public.
38:03Et on voulait dire
38:04qu'effectivement,
38:05on sait conserver,
38:06on a des réserves,
38:07il n'y a aucun vol
38:08dans les réserves
38:08du musée du monde.
38:09Par contre,
38:10on prend toujours
38:10un risque
38:11à le montrer au public
38:12mais c'est notre mission.
38:13Et aussi de dire
38:14à travers cette tribune
38:15internationale
38:16que cette question
38:17n'est pas une question
38:18franco-française.
38:19Elle se pose
38:19dans le monde entier
38:20à tous les musées
38:21du monde
38:21et depuis longtemps.
38:22Vous expliquez aussi
38:23que tous les conservateurs
38:25vivent finalement
38:26avec cette angoisse
38:27du cambriolage
38:28dans un musée
38:30dont ils ont
38:30la responsabilité.
38:31Est-ce que ça veut dire
38:32que vous,
38:32à la tête de ce grand
38:33musée de Marseille,
38:35au quotidien,
38:35vous vivez aussi
38:36avec cette peur
38:37ou en tout cas
38:38cette crainte
38:38du cambriolage ?
38:40On vit tous les jours
38:41avec cette responsabilité.
38:43C'est effectivement
38:44une responsabilité
38:45pour nous
38:45de montrer
38:46nos collections
38:46au public.
38:48Tous les matins,
38:48quand on ouvre,
38:49on peut effectivement
38:50avoir un problème
38:51de comportement
38:53d'un visiteur,
38:54d'un accident,
38:54pourquoi pas,
38:55ou bien d'un vol
38:56et on prend ce risque,
38:57on le mesure évidemment.
38:59On préfère montrer
39:00que de ne pas montrer.
39:01Alors justement,
39:02vous avez été victime
39:03la semaine dernière
39:04d'une tentative
39:05d'intrusion,
39:06selon nos confrères
39:07de la Provence,
39:08dans le musée
39:09justement du Mucem,
39:10un homme de 22 ans
39:11qui a été interpellé.
39:13Très concrètement,
39:14comment vous faites
39:14justement,
39:15vous,
39:15pour assurer
39:15la sécurité
39:17de votre musée
39:18qui,
39:18si je ne me trompe pas,
39:19a accueilli
39:20plus d'un million,
39:21un million 300 000 visiteurs
39:22l'an dernier,
39:22en 2024 ?
39:24Exactement,
39:25un million 300 000 visiteurs
39:26viennent sur le site
39:27du musée.
39:28Alors évidemment,
39:29on prend des mesures
39:29de sécurité,
39:30mais aussi,
39:31on veut,
39:32et c'est important
39:32de le revire,
39:33avoir un musée
39:34ouvert dans la cité,
39:35sur la cité,
39:36un musée
39:37qui ne s'enferme pas,
39:38qui n'est pas
39:38une forteresse.
39:39C'est important
39:40de faire des signes
39:41à tous les publics
39:42pour dire
39:43qu'ils sont bienvenus.
39:44Évidemment,
39:44on fait attention,
39:45il y a eu une intrusion,
39:47pas dans les salles
39:47de musée
39:48où il y a des œuvres,
39:49mais dans le hall
39:50du musée.
39:51Effectivement,
39:52on fait attention,
39:53la personne a d'ailleurs
39:53été arrêtée,
39:54donc ça veut dire
39:54que la sécurité
39:55a fait son travail,
39:56mais on est évidemment
39:57vigilants.
39:58Vous, par exemple,
39:59le Mucem,
39:59est-ce qu'il est entièrement
40:00couvert par des caméras
40:02de vidéosurveillance ?
40:03On sait que ça reste
40:04l'un des débats
40:05après ce casse du siècle
40:06au musée du Louvre.
40:08Oui,
40:09il y a des vidéosurveillances
40:10autour,
40:11il y a Marseille,
40:11il y a la ville de Marseille,
40:13il y a évidemment
40:13des coins moins sécurisés
40:15que d'autres,
40:16mais on mesure encore le risque,
40:17on va améliorer les choses,
40:18on progresse aussi
40:19avec ce qui se passe
40:20autour de nous.
40:20Encore une fois,
40:21un musée n'est pas
40:22un lieu isolé au monde,
40:23on regarde
40:24le comportement
40:25des visiteurs,
40:2699,9% des visiteurs
40:28ne veulent que du bien
40:29au musée
40:30et on regarde
40:31effectivement le risque
40:32qu'on peut prendre
40:33avec certains visiteurs
40:34ou certaines personnes
40:35qui voudraient rentrer
40:36par effraction
40:37au sein du musée.
40:38Est-ce que néanmoins
40:38ce qui s'est passé
40:39au musée du Louvre
40:40il y a désormais 8 jours
40:41vous a amené à prendre
40:42des mesures particulières ?
40:44Est-ce que vous avez
40:44corrigé, tiré
40:45certaines leçons ?
40:47Non,
40:48on n'a pas changé
40:49notre façon de faire.
40:50Aujourd'hui,
40:51il n'y a pas eu de vol
40:52au musée
40:53depuis des années
40:53et des années.
40:54Encore une fois,
40:55on essaye de faire en sorte
40:57d'être des professionnels
40:58et il y en a dans tous
40:59les musées du monde
41:00et notamment
41:00dans les musées nationaux
41:01et je rends hommage
41:02aussi aux agents du Mucem
41:04qui font ce travail
41:04tous les jours
41:05avec aussi
41:07une certaine vigilance
41:08notamment depuis
41:09la semaine dernière.
41:10Merci beaucoup
41:11Pierre-Olivier Costa,
41:13président du Mucem,
41:14ce grand musée
41:15de Marseille.
41:16Vous qui avez donc
41:16apporté votre soutien
41:17dans cette tribune
41:18publiée dans le monde
41:19à Laurence Descartes,
41:20la patronne du musée
41:21du Louvre,
41:22une tribune co-signée
41:23par des dizaines
41:25de directeurs
41:26de musées
41:26du monde entier
41:27et vous le dites,
41:28pour vous,
41:29les musées ne sont
41:30ni des bastions
41:31ni des coffres forts.
41:32Merci vous aussi
41:33d'avoir été avec moi.
41:34Bien sûr,
41:34on suit cette information
41:36encore tout au long
41:37de la soirée
41:37et bien sûr,
41:38dans les 48 prochaines heures,
41:39on verra effectivement
41:40si la garde à vue
41:41des deux suspects
41:42de ce casse du musée
41:43du Louvre
41:44a donné des résultats
41:46probants.
41:46Tout de suite,
41:47c'est le débat du jour.
41:48Vous faites peut-être
41:52partie de ceux
41:53qui sont parfois
41:54un peu tombés
41:55de leur chaise
41:55au moment
41:56de payer
41:57une consultation
41:58chez un médecin
41:59ou en tout cas
42:00chez un spécialiste
42:02la faute
42:02au dépassement
42:03d'honoraires.
42:04Et bien,
42:04c'est l'un des projets
42:05du gouvernement
42:06dans le projet
42:06de loi de financement
42:07de la sécurité sociale
42:08taxer davantage
42:09les médecins
42:10qui pratiquent
42:11justement
42:12ces dépassements
42:13d'honoraires
42:13parce qu'ils jugent
42:14qu'il y a des abus
42:15et que ce sont
42:16les patients
42:17les premiers
42:17qui en pâtissent.
42:18On va en parler
42:19et en débattre
42:20ce soir
42:21avec vous
42:21Jean-Paul Hamon.
42:22Bonsoir.
42:22Vous êtes médecin généraliste,
42:24président d'honneur
42:25de la Fédération
42:25des médecins de France.
42:27Bonsoir Antoine Léomand,
42:29député de la France
42:30insoumise de l'Essonne.
42:31Bonsoir Amandine Adalaya,
42:33éditorialiste politique
42:34BFM TV.
42:35Bonsoir Frédéric Bizarre,
42:36économiste,
42:37spécialiste de la santé
42:38et professeur
42:40à l'ESCP.
42:41Alors le gouvernement
42:41qui veut s'attaquer
42:43justement
42:44à ce dépassement
42:45d'honoraires
42:45des médecins
42:46et plus particulièrement
42:47des spécialistes.
42:49Trois quarts des spécialistes
42:50nous dit un rapport
42:51il y a quelques jours
42:52qui s'installent
42:53la dernière année
42:54en 2024
42:54pratiquent des dépassements.
42:56Est-ce que finalement
42:56taxer ces dépassements
42:58d'honoraires,
42:58Jean-Paul Hamon,
42:59ce n'est pas tout simplement
43:00le bon sens
43:01et une bonne chose
43:02d'abord et avant tout
43:03pour les notions ?
43:04Le bon sens,
43:04ce serait d'adapter
43:06le coût de la pratique,
43:08d'adapter les tarifs
43:09au coût de la pratique.
43:10Vous savez,
43:11les tarifs,
43:12les actes techniques
43:12n'ont pas été revalorisés
43:13depuis 2003.
43:15Quand on vous enlève
43:16une vésicule,
43:18le chirurgien,
43:19la part remboursée
43:20de la sécurité sociale
43:21est de 270 euros.
43:23Ces chirurgiens
43:23qui,
43:24il y a 20 ans,
43:25même il y a 30 ans,
43:26faisaient des cicatrices
43:27de 20 cm,
43:2810 jours d'hospitalisation,
43:29ont changé leur technique,
43:31ont fait des scélioscopies,
43:32ont économisé 10 jours
43:33d'hospitalisation
43:33et le tarif remboursé
43:35par la sécurité sociale
43:36n'a pas été augmenté.
43:39270 euros.
43:40170 euros,
43:41une opération
43:42de l'appendicite.
43:43Quand vous faites
43:44une colposcopie
43:44qu'une femme a un frottis suspect,
43:46qu'on fait une colposcopie
43:48et qu'on fait une biopsie,
43:49la pince à biopsie
43:51coûte plus cher
43:52que l'acte remboursé
43:53par la caisse
43:54d'assurance maladie.
43:55Donc il ne faut surtout
43:55pas toucher au médecin,
43:56c'est ce que vous nous dites ?
43:56Non, excusez-moi,
43:57pas du tout.
43:58Pas du tout.
43:59Je suis très en colère
44:00parce que c'est l'HCAM.
44:00L'HCAM,
44:02le haut comité
44:03qui a lancé l'affaire
44:06et qui est essentiellement
44:07peuplé par des assureurs
44:09qui a dénoncé
44:10les dépassements d'honoraires.
44:13Or, le coût de la pratique
44:14n'a rien à voir
44:15avec les tarifs remboursés.
44:15Le gouvernement est d'accord avec ?
44:16Le gouvernement,
44:17écoutez,
44:18on a connu 8 ministres
44:19en 7 ans
44:20et c'est sans doute pas fini.
44:24Ce gouvernement
44:25n'organise pas les soins,
44:26laisse dégrader
44:27la qualité de prise en charge
44:28des patients.
44:29Pour moi,
44:29les tarifs que je vous donne,
44:31ça ne vous fait pas réfléchir ?
44:32Une pince à biopsie
44:33coûte plus cher
44:34quand vous faites une colposcopie.
44:36Le chirurgien
44:37perd de l'argent
44:38si,
44:38le gynécologue
44:39perd de l'argent
44:40si elle applique
44:41le tarif de la sécurité sociale.
44:43Est-ce que vous croyez
44:43qu'on va avoir encore
44:44des médecins à ce prix-là ?
44:45Moi, je suis médecin
44:45en secteur 1.
44:46J'applique le tarif
44:47de la sécurité sociale.
44:48Je défends
44:49mes correspondants
44:50chirurgiens
44:51ou spécialistes
44:52parce que
44:53s'ils n'appliquaient pas
44:54ces compléments d'honoraires,
44:55ils ne pourraient pas exercer.
44:57J'ai besoin
44:58de gens de qualité.
44:59Les complémentaires
45:00qui remboursent
45:01ont 8 milliards
45:02de frais de gestion
45:02pour 43 milliards
45:04de chiffre d'affaires,
45:05sans doute un peu plus maintenant.
45:06Quelle entreprise
45:07tiendrait
45:08avec 20%
45:09de frais de gestion ?
45:11C'est une mauvaise nouvelle
45:11pour vous
45:12parce qu'ils feraient moins
45:12de pubs à la télé
45:13mais franchement...
45:14Il n'y a pas que...
45:15Non, non, mais attendez...
45:16Attendez,
45:17Antoine Léomand,
45:18si on entend
45:19le docteur Jean-Paul Hamon,
45:20il ne faut surtout pas
45:21toucher au dépassement d'honoraires
45:22et il ne faut pas faire contribuer
45:24davantage les médecins.
45:24Qu'est-ce que vous lui répondez ?
45:25Déjà, ça ne va pas vous étonner.
45:27Je ne suis pas d'accord avec ça
45:28et même, nous,
45:28la taxe sur les dépassements d'honoraires,
45:30on trouve que
45:31ce n'est pas suffisant.
45:32En fait,
45:32c'est interdire
45:33les dépassements d'honoraires
45:34qu'il faudrait faire.
45:35Purement et simplement ?
45:35Mais oui,
45:36parce que ça provoque
45:36plein de problèmes en chaîne.
45:38Mais si on revient
45:39sur l'ensemble du problème...
45:40Non, mais pourquoi vous dites
45:41qu'il faut interdire
45:42les dépassements ?
45:43Ça ne vous choque pas
45:43les tarifs proposables ?
45:44Comment ?
45:45Ça ne vous choque pas
45:45le montant des tarifs proposables ?
45:46Que ça n'est pas été augmenté
45:48depuis 20 ans ?
45:49Ça, sur ce que vous dites,
45:50il y a un sujet éventuellement...
45:51C'est un vrai sujet.
45:52C'est le sujet.
45:53Pourquoi vous dites
45:53qu'il faut interdire
45:54purement et simplement
45:54les dépassements d'honoraires ?
45:55Parce que ça a des effets de bord,
45:57notamment,
45:58ça va réserver
45:58aux plus riches
45:59ou à ceux qui ont
46:00des complémentaires santé
46:01un certain nombre de services
46:02et ça fait que ça fait
46:04une santé à deux vitesses
46:05dans notre pays.
46:05Ce n'est pas la logique
46:06de la sécurité sociale
46:07où normalement,
46:08c'est à chacun
46:09selon ses besoins
46:09et à chacun
46:10selon ses moyens.
46:11Comment on voit,
46:12nous, les choses ?
46:14Notre objectif,
46:15c'est de faire le 100% sécu.
46:16Ça veut dire réintégrer
46:17les mutuelles
46:18dans la sécurité sociale
46:19et peut-être que là,
46:19on pourra trouver
46:20un point d'accord
46:20parce que si vous faites ça,
46:22vous régénérez de l'argent
46:24parce que ce qu'on oublie,
46:25ce qu'on a tendance à oublier
46:26quand on parle des médecins,
46:27y compris des médecins libéraux,
46:28c'est qu'en réalité,
46:30une grande partie de leurs revenus
46:31est prise en charge
46:32par la sécurité sociale
46:33et que les gens
46:35ont parfois l'impression
46:35qu'en contrepartie,
46:36on ne demande pas assez
46:37aux médecins.
46:38Je sais que vous allez me dire
46:38que ce n'est pas nécessairement le cas
46:40mais souvent,
46:40on a l'impression
46:41comme on a des déserts médicaux
46:42et comme on a une difficulté
46:43sur l'installation des médecins
46:44dans les déserts médicaux
46:46et ce système-là
46:47des dépassements d'honoraires
46:47participe à accentuer
46:49les déserts médicaux,
46:50et bien du coup,
46:51on a un peu l'impression
46:52que c'est on donne
46:52avec la sécurité sociale
46:54mais on ne demanderait un retour.
46:55Frédéric Bizarre, pardon.
46:57Simplement pour finir d'un mot,
46:58nous, notre modèle,
46:58100% sécu,
46:59on prend en charge
47:00des soins à 100%
47:01et on fait en sorte
47:02à la fois que les médecins
47:02puissent vivre correctement
47:03et que les gens soient soignés correctement.
47:05Et vous interdisez purement
47:10les dépassements d'honoraires,
47:12c'est même au-delà de la taxe,
47:13c'est une bonne idée ?
47:14On peut nationaliser
47:15la médecine française,
47:16on peut faire ce que propose LFI
47:18de dire que tout le monde...
47:20D'abord, le 100% sécu,
47:22c'est une illusion
47:23parce qu'il n'y a pas
47:24un assureur public ou privé
47:26qui fonctionne avec 100% de remboursement.
47:27Ça, c'est un budget de l'État,
47:28on va vers un modèle à l'anglaise,
47:29ce que défend LFI
47:30et qui est parfaitement défendable
47:32politiquement.
47:33Mais si on veut...
47:34C'est davantage les médecins.
47:35Juste la chose.
47:36Il faut savoir qu'en France,
47:38la médecine de ville
47:39est la moins coûteuse
47:40de tous les pays développés.
47:42Les dépenses de médecine de ville,
47:43c'est 23 milliards d'euros,
47:45médecins généralistes
47:45et médecins spécialistes contenus,
47:47c'est à peu près 9%
47:47des dépenses totales,
47:49là où c'est 12 à 15%
47:50pour l'ensemble des pays développés.
47:51Vous n'avez pas un seul pays développé
47:53où vous avez un C,
47:54ce qu'on appelle
47:54le tarif de consultation
47:56du médecin généraliste,
47:56à 30 euros.
47:57Tous les tarifs de consultation,
47:59vous divisez par deux
47:59pour savoir ce qui reste
48:00dans les poches des médecins.
48:03Moi, je ne suis pas médecin,
48:04donc je ne suis pas là pour défendre,
48:05mais j'essaye un petit peu
48:06de mettre un petit peu de sens,
48:08un petit peu dans ce moment.
48:09Pourquoi est-ce qu'il y a
48:10des dépassements d'honoraires ?
48:11C'est parce qu'il y a 45 ans,
48:13on a décidé que finalement,
48:14la Sécu n'allait pas revaloriser
48:15les tarifs selon les coûts
48:18de la pratique
48:18et selon les coûts de la vie.
48:19Donc on a dit,
48:20vous médecins spécialistes,
48:21vous avez besoin d'investir,
48:22vous avez des charges
48:24qui augmentent
48:24et la Sécurité sociale
48:26ne suivra pas.
48:26Donc on a trouvé un deal
48:27avec cette liberté d'honoraires.
48:30Cette liberté d'honoraires,
48:31elle n'est pas parfaite
48:32parce que je suis d'accord
48:33avec M. Le Mans
48:34pour dire que ça peut poser
48:36un problème...
48:37C'est la santé à la vitesse ?
48:38Non, alors pas tout à fait
48:39parce qu'il y a la notion
48:40de tact et mesure
48:40et quand vous regardez
48:41les chiffres précisément,
48:43vous voyez qu'en fait,
48:43il y a 50% des actes
48:45chez les médecins spécialistes
48:46qui pratiquent
48:46la liberté d'honoraires
48:47qui sont sans dépassement d'honoraires.
48:50Et donc on voit bien
48:50que là, le médecin applique
48:52pour 50% de la population
48:54le tarif sécu,
48:56donc sans dépassement d'honoraires.
48:58Donc le tact et mesure existe.
48:59Il y a des...
49:00Comme dans toutes les professions,
49:02il y a des abus
49:02mais on ne va pas poser une politique
49:03par rapport aux abus.
49:04Donc la question de fond...
49:05Pourquoi ne pas dénoncer
49:07et pourquoi ne pas mettre
49:07fin à ces...
49:08Non mais monsieur, dénoncer,
49:08le problème c'est que
49:09quand vous commencez l'émission
49:11en disant
49:12vous allez tomber de votre chaise
49:13sur la consultation,
49:14le problème c'est
49:14quand on a un tarif de consultation
49:16qui est le moins cher
49:16des pays développés,
49:18les médecins ne sont pas parfaits
49:18mais on ne peut pas dire
49:19aux médecins...
49:20Ce n'est pas ce que pensent
49:21certains des gens
49:22qui nous regardent.
49:22C'est-à-dire que là,
49:23on se place du côté des médecins.
49:24Vous savez,
49:25on se place du côté des médecins.
49:26Mais attendez,
49:2730 euros,
49:27c'est 15 euros
49:28chez un médecin.
49:29Est-ce que vous savez
49:31que la consultation
49:32du médecin spécialiste
49:33elle est à 23 euros
49:34depuis 30 ans ?
49:36Elle n'a pas augmenté.
49:38Donc ça,
49:39si vous voulez,
49:39c'est bien joli de dire
49:40il dépasse.
49:42Mais comment voulez-vous
49:42qu'ils s'en sortent ?
49:44Les actes,
49:45ce que je vous ai dit
49:45sur l'appendicite,
49:46270 euros il y a 30 ans,
49:48ça n'a pas changé.
49:49Et pourtant,
49:49les chirurgiens
49:50ont fait économiser
49:5110 jours d'hospitalisation
49:53et 20 centimètres
49:54de cicatrices.
49:55J'avais un ami orthopédiste
49:56qui racontait
49:57que quand il faisait
49:59pour payer
49:59son assurance professionnelle,
50:02il y a 25 ans,
50:02il devait faire
50:039 arthroscopies du genou
50:04et avec ça,
50:05il payait son assurance professionnelle.
50:07Il y a 5 ans,
50:07il devait en faire 35
50:09pour payer son assurance professionnelle.
50:11Donc le coût,
50:12le coût remboursé
50:13par la sécurité sociale
50:13n'a plus rien à voir
50:14avec le coût de la pratique.
50:16Le secteur 2 a permis
50:17à l'État
50:18de ne pas augmenter les tarifs
50:19et de se défausser
50:20sur les complémentaires.
50:21Mais effectivement,
50:22vous pourriez faire ça,
50:23récupérer les 43 milliards
50:25de cotisations des Français
50:26pour que les médecins
50:27puissent être indemnisés,
50:29remboursés
50:30à la hauteur réellement
50:31de leur pratique.
50:32Mais seulement,
50:32là, il y a du boulot.
50:33Mais si vous vous rembotez
50:37sur le modèle anglais,
50:39je peux vous dire
50:40que le modèle anglais,
50:41là, il y a de la médecine
50:42à deux vitesses.
50:43Le modèle anglais
50:45n'est pas mon modèle,
50:45mais j'y reviendrai.
50:45Juste un mot à Mandine,
50:46on voit combien c'est sensible.
50:50Est-ce que le gouvernement,
50:51on sait que,
50:52que ce soit le projet
50:53de loi de finances,
50:53le projet de loi de financement
50:54de la sécurité sociale,
50:55comme le dit le gouvernement,
50:56c'est un projet,
50:57quand on connaît
50:58l'état de l'Assemblée,
50:59est-ce que néanmoins,
50:59il peut aller jusqu'au bout ?
51:00C'est-à-dire dire,
51:01on va taxer les dépassements
51:02d'honoraires.
51:03Oui, il peut aller jusqu'au bout.
51:05Alors après,
51:06il y a deux options.
51:07Soit ce projet de budget,
51:08dans sa globalité,
51:09est voté,
51:10soit il y a d'autres options.
51:11Et il faudrait,
51:12pour que ça,
51:13ça soit appliqué,
51:15la taxation des dépassements
51:16d'honoraires
51:16à partir du 1er janvier 2026,
51:18que ce budget,
51:19par exemple,
51:19passe par ordonnance.
51:21Comme c'est aujourd'hui
51:21inclus dans le projet
51:23du gouvernement,
51:24c'est l'un des souhaits
51:24du gouvernement,
51:25ce serait appliqué en janvier,
51:27même si le gouvernement
51:28l'imposait par ordonnance
51:29sans vote.
51:30Je ne sais pas
51:30si c'est très clair,
51:31mais de toute façon,
51:32toute cette histoire
51:32de budget est très compliquée.
51:34Et il y a beaucoup d'efforts
51:36qui sont demandés,
51:36en fait,
51:37sur le plan de la sautée,
51:38notamment aux Français aussi,
51:39parce que vous savez
51:40que sur la franchise
51:41des médicaments,
51:42par exemple,
51:43le plafond est doublé,
51:44c'est-à-dire que
51:45le gouvernement veut
51:45que ça passe de 100 euros
51:46à 200 euros
51:47de reste à charge
51:48pour les Français.
51:49Des efforts sont demandés
51:50aussi sur les arrêts maladie,
51:52ce qui ne plaît pas
51:52davantage aux médecins d'ailleurs,
51:54c'est-à-dire limiter
51:54à 15 jours
51:55le premier arrêt maladie,
51:58etc.
51:58Et les Français
51:59ont en tout cas
52:00l'impression d'être mis,
52:01eux,
52:01beaucoup à contribution
52:02sur le plan de la santé.
52:03Jean-Paul Hamon,
52:04pourquoi finalement
52:04les médecins seraient
52:06les seuls
52:06à qui on ne demande pas d'efforts ?
52:07Non mais attendez,
52:08mais les médecins,
52:08je vais vous dire,
52:09figurez-vous que les médecins,
52:10ils font quand même
52:11pas mal d'efforts.
52:12Et je peux vous dire aussi
52:13que le niveau de responsabilité
52:15est tel
52:15que les jeunes internes
52:17actuellement
52:17qui sont en fac,
52:18il y a un suicide
52:18tous les 18 jours.
52:20Ça illustre
52:20le niveau de responsabilité
52:22de ce métier.
52:24On veut nous faire passer
52:24pour des nantis,
52:25pour des gens
52:26qui ne pensent qu'au pognon,
52:27etc.
52:27J'ai eu l'occasion
52:28de rencontrer vos collègues
52:29qui disaient
52:30que les médecins
52:30ne pensaient qu'à l'argent,
52:32qu'ils ne travaillaient pas assez,
52:34qu'ils n'aimaient pas,
52:35non pas vous,
52:35mais des collègues à vous,
52:37dont M. Garraud
52:38et ses copains,
52:39qu'on ne travaillait pas assez,
52:41qu'on n'aimait pas les patients
52:42et que nos études
52:43étaient payées par l'État.
52:45On traîne ça
52:46comme un boulet.
52:49Or, les études
52:49des médecins,
52:51quand les internes
52:53qui font marcher
52:53les hôpitaux
52:54pendant 4 ans
52:55à des tarifs indignes
52:55et à un niveau
52:56de responsabilité tel
52:57qu'il y a un suicide
52:57tous les 18 jours,
52:58quand il termine
52:59la médecine générale,
53:01l'État lui devrait
53:02150 000 euros.
53:03Quand c'est un chirurgien,
53:04l'État lui devrait
53:05350 000 euros.
53:06Je veux le dire ici,
53:07l'État ne paye pas
53:08les études des médecins,
53:10l'État leur devrait
53:10de l'argent
53:11quand il termine leur étude.
53:12Ça, c'est le premier point.
53:13Le deuxième point.
53:14Non, attendez.
53:16Juste deux secondes.
53:16Les médecins
53:17en prennent plein la gueule
53:18dans ce PLFSS.
53:20Si moi,
53:20je ne vais pas consulter
53:21le DMP,
53:21le dossier médical personnel,
53:23j'ai une amende
53:25de 2500 médecins.
53:26Je ne dis pas,
53:26je ne peux pas
53:27sur le plan de l'argent.
53:28Je me dis qu'il faut
53:29arrêter de taper
53:29sur les médecins
53:30parce que moi,
53:30je vois les jeunes médecins.
53:31Je reçois des internes
53:32depuis 40 ans.
53:33Là, les jeunes,
53:34ils se disent
53:34mais quel métier
53:35je vais faire ?
53:36Est-ce que toutes ces dispositions
53:37qui sont prises actuellement
53:38donnent envie aux jeunes
53:39de s'installer ?
53:43entrepreneur ou beaucoup
53:43d'autres médecins ?
53:44Non, non, mais là,
53:45on prend un paquet
53:46parce qu'attendez, madame.
53:47Moi, me collez
53:48une amende
53:49dans le PLFSS,
53:51me collez une amende
53:51dans l'article 30
53:52de 2500 euros
53:53si je ne vais pas
53:54consulter le DMP.
53:55Alors là,
53:56ils sont grandioses.
53:57Le dossier médical personnel.
53:59Mais ils sont généreux.
54:01Je n'aurai pas plus
54:02de quatre amendes.
54:03Je n'aurai pas plus
54:03de droit de payer
54:04plus de 10 000 euros par an.
54:05Mais quand vous avez
54:06des trucs comme ça,
54:07mais où on est ?
54:08Les franchises,
54:09on demande aux médecins généralistes
54:10de recueillir les franchises.
54:11Alors là, excusez-moi,
54:12mais alors là,
54:12il faut l'oublier.
54:13Qu'est-ce que vous lui répondez
54:15au docteur Hamon ?
54:16Déjà, moi,
54:17je ne dis pas du mal
54:18des médecins.
54:18Ce n'est pas mon sujet.
54:19Je vais vous dire un truc.
54:20Mon oncle,
54:21il était médecin colonel
54:21dans les sous-marins nucléaires.
54:23Aujourd'hui,
54:23qu'est-ce qu'il fait ?
54:24Il fait médecin remplaçant
54:25dans des petits bleds
54:27à la campagne
54:28où justement,
54:29il vit ça
54:29comme une mission
54:30de service public
54:30et il fait médecin.
54:31Il ne gagne pas.
54:33Il gagne le salaire
54:34d'un médecin.
54:35Il fait un travail
54:36qui, à mon sens,
54:37est un travail de service public.
54:38Le problème,
54:38c'est que lui...
54:38Il a sa retraite de médecin.
54:39Bien sûr.
54:41Puis, médecin colonel
54:42dans les sous-marins nucléaires,
54:44c'est bien payé.
54:45C'est bien.
54:45Donc, il fait ça
54:46parce qu'il estime
54:47que c'est une forme
54:48de service public.
54:48Et en fait,
54:49il y en a plein
54:49des médecins à la campagne
54:50qui restent,
54:50qui continuent,
54:51qui continuent à faire ça.
54:52Mais, notamment dit,
54:53vous les prenez
54:54pour des dentis.
54:55C'est bien payé, médecin.
54:57Mais surtout,
54:57il y a un truc qu'on oublie.
54:5860 heures par semaine
54:59et je peux vous dire
55:06On paye tout ça
55:07avec la sécurité sociale,
55:08en vrai.
55:08Je vais me mettre
55:09à bosser aux 35 heures.
55:09Vous allez voir la différence.
55:10Non, mais attendez.
55:11On peut prendre le chose
55:12par le bout qu'on veut.
55:13À la fin,
55:14s'il n'y avait pas
55:14la sécurité sociale,
55:15on ne serait pas
55:16en train de discuter de ça.
55:17Et précisément,
55:18le sujet dans lequel
55:18on est aujourd'hui,
55:20c'est de savoir
55:20si on veut aller petit à petit
55:21vers un système
55:22de sécurité privée,
55:24d'assurance privée,
55:26c'est ce vers quoi
55:26ça nous amène
55:27de faire les dépassements
55:28d'honoraires.
55:28Parce que ça crée
55:29un système concurrentiel
55:30dans les grandes villes
55:31où vous avez plus de gens
55:32et où ça pousse
55:33d'ailleurs les médecins
55:34à s'installer
55:35dans les grandes villes
55:36plutôt que dans les quartiers
55:37populaires ou à la campagne.
55:38Ou bien,
55:39est-ce qu'on veut
55:39un système public,
55:40le système que je défends,
55:42qui est un système
55:42avec le 100% sécu
55:43et où c'est vrai,
55:44oui, d'accord,
55:46on impose un peu
55:46des règles d'installation.
55:47Si vous avez juste
55:48une chose qu'à l'installer...
55:49Je vais juste finir
55:51parce que je n'ai pas eu
55:51beaucoup la parole.
55:52Mais le problème majeur
55:53des gens,
55:54c'est comment je fais
55:55pour aller voir un ophtalmo ?
55:56Comment je fais
55:56pour avoir une radio ?
55:57Comment je fais
55:58pour avoir un médecin ?
55:59Attendez,
55:59il faut juste que je finisse.
56:00Le généraliste,
56:02moi si j'ai un problème
56:03d'ophtalmo,
56:03j'ai l'ophtalmo dans la journée.
56:05Si vous respectez
56:05le parcours de soins
56:06mais correspondant
56:07à ceux qui font
56:07des compétences,
56:08ils n'ont même pas de patients.
56:10Ce n'est pas vrai,
56:10même les gens
56:11qui respectent
56:11le parcours de soins,
56:12il y a plein d'endroits
56:13et c'est vrai,
56:13dans les quartiers populaires
56:14comme dans les zones rurales,
56:16on n'a pas accès
56:17à des médecins spécialistes
56:18parce que justement,
56:20le dépassement d'honoraires
56:21fait que ça encourage
56:22une concentration
56:23de la médecine
56:24dans les grandes métropoles.
56:25Et c'est ça le problème
56:25qui est posé
56:26par ces dépassements d'honoraires.
56:27Frédéric Bizarre,
56:28si jamais il y a une taxe
56:29sur les dépassements d'honoraires,
56:30est-ce qu'au final,
56:31ce n'est pas nous,
56:32les patients,
56:33qui allons payer
56:33parce que le dépassement
56:34sera peut-être augmenté ?
56:34Absolument,
56:34mais vous avez parfaitement raison.
56:35La taxe va être reportée
56:36d'une façon ou d'une autre
56:37sur la part de liberté d'honoraires
56:40qui ne va qu'augmenter
56:41puisqu'à partir de...
56:42Par définition,
56:43quand vous avez une liberté d'honoraires,
56:44vous avez une liberté d'honoraires.
56:45Donc si on vous taxe
56:46de 5 euros par consultation,
56:48vous avez quand même
56:48la tentation
56:49de faire payer
56:50toute ou partie
56:51de cette taxe.
56:52Mais est-ce que vous pouvez entendre
56:53quand même que les gens
56:54qui nous regardent
56:54se disent
56:54c'est bien gentil,
56:55on parle...
56:55Et c'est important
56:56du sort de l'État ?
56:57Moi, patient,
56:58se disent-ils,
56:59je vais comprimer davantage,
57:00je vais payer comme le disait Amandine
57:01une franchise plus importante.
57:02Excusez-moi,
57:03mais c'est justement
57:04l'erreur des parlementaires
57:05d'avoir une clause,
57:06une mesure bonne conscience.
57:07Ça, c'est la mesure bonne conscience
57:09qui ne règle rien
57:10parce que là où je suis d'accord
57:11avec M. Leaumont,
57:12c'est qu'il y a un sujet de fond
57:14qui est de dire
57:14que dans ce pays,
57:15on a un service public
57:16qui est délivré
57:17par un secteur public
57:18et qui est aussi délivré
57:19par un secteur privé.
57:21C'est comme ça,
57:2190% des médecins en ville
57:23sont du secteur privé.
57:25Donc il y a un équilibre
57:26à trouver entre une forme
57:27et moi je suis favorable
57:28à une forme de contrat
57:29de service public
57:30signé par tous,
57:31que vous soyez du secteur privé.
57:33Oui, mais ça ne veut pas dire
57:35que ce n'est pas la caserne.
57:36C'est-à-dire que dans
57:37des obligations
57:38que l'on demande aux médecins
57:39et qui sont très largement remplies
57:41par l'ensemble des médecins,
57:42la continuité des soins,
57:43la non-sélection des patients,
57:45c'est ce que fait
57:46tout bon médecin généraliste
57:47qui soit dans un centre
57:48de santé public
57:49ou qui soit dans
57:50un secteur libéral.
57:51Donc il ne faut pas trop
57:51avoir de fantasmes
57:53sur le fait que d'un côté
57:54vous en avez
57:54qui remplissent
57:55un service public,
57:57c'est ceux du secteur public
57:57et de l'autre
57:58vous avez en effet
57:59un petit peu le sentiment
58:00qu'ils pensent qu'au fric.
58:01Mais c'est vrai
58:02qu'il faut un petit peu
58:03statuer et préciser
58:04cette notion
58:05de service public
58:06pour qu'elle soit claire.
58:07Le débat,
58:08je suis obligé de vous arrêter
58:09malheureusement,
58:11surtout que les gens
58:13entendent bien
58:13et que les tarifs
58:14n'ont pas été augmentés
58:15depuis 2003.
58:18Et le débat,
58:19on le poursuivra
58:19peut-être dans le 20h
58:20tout à l'heure avec Maxime.
58:21Après vous Maxime,
58:22à 21h,
58:23il y aura un document
58:24exceptionnel,
58:25un document ligne rouge
58:26histoire d'une fausse information.
58:28L'affaire Brigitte Macron
58:29c'est à suivre
58:29à 21h ce soir sur BFM
58:31mais avant cela
58:32le 20h BFM
58:33est-ce qu'il y a au menu Maxime ?
58:34On va notamment se demander
58:35qui en veut à la SNCF ?
58:37Qui s'est attaqué
58:37la nuit dernière
58:38au câble
58:38le long de la ligne
58:39du TGV Est
58:40avec une immense
58:41pagaille derrière
58:4250 000 voyageurs touchés.
58:44On va en parler
58:44dans un instant.
58:45Le 20h BFM
58:46c'est tout de suite
58:47avec Maxime.
58:48Vous restez bien sûr
58:48sur BFM.
58:49Je vous retrouve demain.
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