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  • il y a 10 mois
Tous les jours, les informés débattent de l'actualité autour d'Agathe Lambret et Renaud Dély.

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00:00Générique
00:00...
00:01Bienvenue dans les informés, c'est parti pour une demi-heure de décryptage de l'actualité.
00:12Bonjour Renaud-Denis.
00:13Bonjour Agathe.
00:13Deux questions à la une ce matin après le cambriolage au Louvre.
00:17Qui est responsable ?
00:18Et puis Philippe, Attal, Valls et les autres, pourquoi tant de haine anti-Macron ?
00:24Pour nous éclairer ce matin, nos informés, Adrien Brachet, journaliste politique au point.
00:28Bonjour Adrien.
00:28Bonjour Agathe.
00:29Et Aurélie Herbemont, journaliste politique à France Info.
00:32Re-bonjour Aurélie.
00:33Re-bonjour.
00:33Renaud, on commence donc par notre premier thème après l'audition de la présidente directrice du Louvre.
00:40Est-ce qu'on en sait un peu plus sur les responsabilités ?
00:42Laurence Descartes qui a en effet été auditionnée hier après-midi par la commission culture du Sénat
00:46après ce spectaculaire cambriolage dimanche matin.
00:49Un préjudice estimé à 88 millions d'euros.
00:51Et elle a d'une part confirmé qu'elle avait présenté sa démission mais que sa démission avait été refusée.
00:57Et puis elle a défendu ses équipes, elle a défendu le musée mais elle a aussi pointé quand même l'obsolescence d'un certain nombre d'équipements justement de sécurité liés au musée du Louvre.
01:07Je propose d'écouter un extrait de l'audition de Laurence Descartes hier devant la commission culture du Sénat.
01:13Au fond nous n'avons pas repéré suffisamment à l'avance l'arrivée des voleurs.
01:17Il y a quelques caméras périmétriques mais qui sont vieillissantes.
01:21Le parc est très insuffisant et malheureusement du côté de la galerie d'Apollon,
01:26la seule caméra qui est posée est posée en direction de l'ouest et donc ne couvrait pas le balcon concerné par l'effraction.
01:35Je n'ai cessé depuis ma prise de fonction en septembre 2021 d'attirer l'attention de notre tutelle,
01:41de la représentation nationale et des médias sur l'état de dégradation et d'obsolescence générale du Louvre,
01:47ses bâtiments et ses infrastructures.
01:49Septembre 2021, ça fait donc plus de 4 ans que Laurence Descartes a été nommée
01:52et à l'en croire ça fait plus de 4 ans qu'elle alerte sa tutelle,
01:56donc le ministère de la Culture en particulier, l'état en général,
01:59de l'obsolescence d'un certain nombre d'éléments liés notamment à la protection du musée du Louvre.
02:04Alors pourquoi prêche-t-elle dans le désert ?
02:05Est-ce que c'est une façon aussi de se renvoyer les uns les autres les responsabilités ?
02:08Qui est responsable ?
02:09Et puis elle a aussi ouvert une piste d'ailleurs, mais est-ce qu'elle serait efficace ou pas ?
02:13L'idée d'installer un commissariat au sein du musée du Louvre,
02:17justement pour éviter évidemment que de telles casses se renouvellent.
02:21Bref, quelles leçons tirées de cette très longue audition
02:24où Laurence Descartes a semblé finalement expliquer un véritable problème de fond
02:29en termes d'organisation, de sécurité, d'équipement donc du musée du Louvre.
02:35Adrien Brachet, vous avez écouté cette audition de la directrice du Louvre.
02:39Qu'est-ce que vous en tirez comme conclusion ?
02:42C'est quoi le bilan ?
02:42Alors déjà le premier bilan quand même à l'heure où le Parlement revient au premier plan,
02:47c'est que le Parlement, hors de faire la loi, a aussi une des missions de contrôle
02:51et j'ai trouvé que cette audition était extrêmement éclairante,
02:55c'est-à-dire qu'elle était même très technique.
02:56On rentrait dans des points extrêmement techniques à certains moments.
03:00Ce qu'on en retient en effet, c'est ce que dit la patronne du Louvre,
03:03c'est qu'il y a véritablement un problème structurel depuis longtemps sur cette question de la sécurité.
03:08En fait, depuis le début des années 2000, les différents patrons du musée du Louvre
03:12se heurtent à cette question-là de la vétusté du musée sur la question de la sécurité
03:16mais sur d'autres questions.
03:17Il y a la question de la plomberie aussi qui pose un problème pour la protection des œuvres.
03:22Et il y a ce manque notamment de caméras de vidéosurveillance
03:26à la fois à l'intérieur du musée et à la fois aux abords du musée.
03:29Donc ça c'est certain que c'est un point qui va devoir être travaillé.
03:33On voit bien que depuis plusieurs jours, il y a un jeu de ping-pong
03:35entre les uns et les autres pour se renvoyer la responsabilité.
03:39Il y avait un bras de fer depuis plusieurs mois aussi
03:41entre les syndicats du musée du Louvre et la patronne du musée du Louvre.
03:44Les syndicats considérant qu'il n'y avait pas suffisamment de budget fléché
03:48vers les questions de sécurité, la patronne du musée du Louvre s'est défendue.
03:51Donc on voit qu'il y a tout ce jeu de ping-pong.
03:53Mais dans le fond, c'est certain que c'est un problème qui dure
03:56et qu'il va falloir régler.
03:58La question du commissariat peut être une solution.
04:02Elle l'a dit, le musée du Louvre est une ville dans la ville
04:04donc il peut y avoir cet objet de sécurisation.
04:05C'est l'une des pistes qu'elle a mis sur la table, de créer un commissariat dans le Louvre.
04:09Mais ce qui est certain, c'est que c'est un problème structurel
04:11donc ça ne suffira pas à combler les investissements nécessaires
04:15pour la sécurité à l'intérieur du musée.
04:17Est-ce que la directrice du Louvre dit la même chose que la ministre de la Culture,
04:20Rachida Detti, Aurélie Herbemont ?
04:23Rachida Detti qui disait qu'il n'y a pas eu de défaillance.
04:26Il n'y a pas eu de défaillance puisque les alarmes se sont déclenchées.
04:30Non, manifestement, le sujet c'est plutôt sur l'extérieur du Louvre
04:33puisque à l'intérieur, les alarmes se sont déclenchées,
04:35le poste de sécurité a été alerté.
04:38Ils sont même venus à proximité des voleurs
04:41sauf qu'en fait, ils ne sont pas armés
04:42donc la difficulté, vous vous retrouvez face à des voleurs
04:44qui sont quand même très déterminés.
04:46On parle beaucoup des responsabilités.
04:47Bien sûr qu'il y a des soucis de sécurité, notamment à l'extérieur.
04:50Ça paraît hallucinant que tout le périmètre du Louvre
04:52ne soit pas bien surveillé par des caméras.
04:55Mais la responsabilité première, pardon,
04:57c'est les voleurs qui ont voulu pénétrer dans le Louvre
05:00et faire le casse du siècle quasiment.
05:03Le risque zéro n'existe pas.
05:06Vous avez eu d'autres musées européens
05:07qui ont été cambriolés ces dernières années
05:09et à chaque fois avec des mécanismes très différents.
05:12Le British Museum s'est rendu compte très tardivement
05:15qu'il y avait eu 2000 objets qui avaient été volés
05:17sur plusieurs années sans qu'ils s'en rendent compte sur le moment.
05:20Vous avez le cas d'un musée à Dresde
05:21où des bijoux du XVIIIe siècle avaient été volés
05:24parce que les cambrioleurs avaient eu l'idée du siècle.
05:27Ils avaient déclenché un incendie dans la rue
05:29ce qui fait que pour maîtriser l'incendie
05:31l'électricité avait été coupée
05:32donc les alarmes du musée étaient coupées
05:35et pendant que tout le monde était focalisé sur l'incendie
05:37les voleurs ont pu faire leur casse dans le musée à Dresde.
05:42Un stratagème extrêmement...
05:44Un stratagème très développé.
05:46Le risque zéro, de toute façon, vous avez beau mettre
05:48toutes les sécurités du monde, n'existera pas.
05:50Quand vous avez vraiment des voleurs mal intentionnés
05:53qui veulent voler, c'est très compliqué.
05:56Ils vont toujours trouver des failles à n'importe quel moment
05:58à part peut-être quand vous êtes la Tour de Londres
06:01où il y a les bijoux de la couronne britannique
06:03mais là c'est une ancienne forteresse.
06:05Vous n'avez pas du tout les mêmes fenêtres
06:06qui donnent sur la rue qu'au Louvre par exemple.
06:09C'est des murs très épais donc nos musées
06:11et en particulier le Louvre, ce ne sont pas des forteresses.
06:14C'est très compliqué.
06:14Pas des forteresses et quand on entend la directrice du Louvre
06:17on a l'impression même que c'est une passoire.
06:18Il y a une seule caméra à l'extérieur.
06:20Ce que vous dites est vrai Aurélie, bien sûr
06:22mais je pense que vous pouvez le dire
06:24mais que des responsables politiques ne peuvent pas le dire aujourd'hui.
06:27Je ne suis pas responsable politique.
06:28Ça ne m'a pas échappé.
06:29Vous êtes tout à fait responsable mais pas responsable politique.
06:32Mais ce que je veux dire par là, c'est qu'on vit dans une démocratie d'opinion
06:35où, et c'était spectaculaire à l'issue de cette audition,
06:37extrêmement fouillée, extrêmement précise
06:39comme le disait Adrien Brachet à l'instant
06:41dévoilant justement les fonctionnements
06:43ou les dysfonctionnements d'ailleurs de longue date du musée du Louvre
06:45forcément face à un cambriolage aussi spectaculaire
06:50qui fait la une de la presse mondiale
06:53et au retentissement aussi important
06:55je pense que l'opinion attend des réponses plus claires
06:58en termes de responsabilité
07:00et notamment sur le plan politique.
07:01Ce qui me semble frappant avec l'audition de Laurence Descartes
07:05c'est qu'elle dit qu'elle-même d'ailleurs
07:06elle a remis sa démission, qu'elle lui a été refusée.
07:10Pourquoi elle lui a-t-elle été refusée ?
07:12Est-ce que ça veut dire donc que la ministre de la Culture
07:15et que l'État ou que le président de la République
07:17renouvellent toute sa confiance dans le fonctionnement actuel du Louvre
07:20au regard de, quand on écoute précisément
07:22ce qu'a expliqué Laurence Descartes,
07:24il y a quand même des problèmes lourds
07:26sur lesquels elle alerte depuis plus de 4 ans.
07:28Elle, elle dit qu'elle a alerté.
07:29Depuis plus de 4 ans.
07:30Donc pourquoi est-ce qu'elle alerte ?
07:32Pourquoi est-ce qu'elle prêche dans le désert ?
07:33Pourquoi est-ce que personne ne l'entend ?
07:34Pourquoi la ministre qui est en place depuis près de 2 ans maintenant,
07:37la ministre de la Culture, H. Adhati,
07:38qui avait intégré, me semble-t-il, le ministère de la Culture
07:40avec Manuel Valls ?
07:42Avec Gabriel Attal !
07:45On peut se tromper au rythme auquel se succèdent les gouvernements
07:49mais ça remonte à janvier 2024 visiblement.
07:52Donc on est à près de 2 ans.
07:53Elle n'a pas non plus pris en compte les alertes de Laurence Descartes.
07:57Alors on voit bien aussi que s'il y a cette solidarité
08:00qui se crée dans la tempête,
08:02c'est probablement parce qu'il y a eu des annonces
08:03d'Emmanuel Macron justement sur ce plan de rénovation du Louvre
08:06qui nécessite de ne pas remettre en cause, j'imagine,
08:08dans une logique politique qui est celle de l'État,
08:10la chaîne de commandement actuelle.
08:12Justement puisqu'il y a un nouveau plan à long terme
08:15qui concerne le Louvre
08:16et qui a été annoncé par le chef de l'État il y a quelques mois,
08:18il ne veut pas bousculer tout ça.
08:19Mais il n'empêche que je pense que ces réponses politiques,
08:23je parle sur le plan politique,
08:24je ne parle pas du contenu de l'audition de Laurence Descartes,
08:26hier qui était extrêmement précise,
08:27mais pourquoi n'a-t-elle pas elle-même eu de conséquences,
08:30de réponses politiques depuis plus de quatre ans, dit-elle ?
08:34Ça je pense que c'est quelque chose qui marque encore l'opinion aujourd'hui.
08:37Et puis c'est difficile d'entendre des politiques,
08:39ce serait difficile d'entendre des politiques dire
08:41« oui mais il n'y a pas de risque zéro et on ne peut pas tout faire, etc. »
08:45C'était un peu quand même ce qu'a dit Rachel Adetti hier
08:46quand elle disait que les systèmes ont parfaitement bien fonctionné.
08:49Quand les mêmes politiques sur des tas d'autres sujets liés à l'insécurité
08:52expliquent au contraire qu'il faut sans arrêt légiférer, multiplier les mesures sécuritaires plus importantes.
08:58Je ne dirais pas que c'est un échec, ça n'a juste pas marché pour citer les grands auteurs.
09:02Et la ministre de la Culture est aussi dans le viseur des oppositions, Adrien Bacheret.
09:06Peut-être qu'elle devra aussi finir par rendre des comptes ?
09:10Oui, on voit très bien qu'au vu du symbole que représente le musée du Louvre,
09:13il y a eu très vite une politisation de cette affaire.
09:18Il faudra quand même prendre le temps de l'enquête pour voir précisément
09:21quelles ont été les défaillances.
09:24Et il faut aussi faire attention à un jeu politique français
09:27qui, quand il se produit un fait comme ça,
09:29qui est toujours de se lancer dans un ping-pong de responsabilité
09:32pour voir qui est responsable et qui ne l'est pas.
09:34Il ne faut jamais oublier de traiter aussi le sujet de fond et le sujet structurel.
09:38Il ne suffit pas de désigner des têtes, il faut aussi faire avancer les dossiers.
09:43Dans un instant, comptent-ils tous contre Emmanuel Macron ?
09:46Mais tout de suite, il est 9h15 et c'est l'Info en une minute avec Julien Raymond.
09:51Trois détenus de la prison de la Santé placés en garde à vue
09:54après la diffusion sur les réseaux sociaux d'une vidéo
09:57où l'on entend des menaces à l'encontre de Nicolas Sarkozy
10:00lors de l'incarcération hier de l'ancien président.
10:03Deux téléphones ont été saisis lors d'une fouille.
10:05Trois nouveaux cas de botulisme,
10:08cette grave infection neurologique signalée par l'Agence nationale de sécurité du médicament.
10:13Les malades sont des personnes qui ont bénéficié d'injections illégales de Botox.
10:17Ça souffle fort aujourd'hui en France,
10:19particulièrement sur le littoral atlantique,
10:21les côtes de la Manche, la Corse, les Alpes-Maritimes
10:24et le nord du pays.
10:25La tempête, Benjamin.
10:2619 départements sont concernés par une vigilance orange aux vents violents.
10:30En conséquence de cette météo venteuse,
10:32plusieurs TGV sont supprimés
10:34ou ont leur terminus modifié ce matin au départ de Paris.
10:38Scénario cruel pour les Marseillais en Ligue des Champions de football.
10:41Défait hier soir sur la pelouse du Sporting.
10:44Portugal, 2 buts à 1.
10:45L'OM menait 1-0 avant de se faire réduire à 10 avant la mi-temps.
10:49Les Marseillais sont 18e de classement de la phase de Ligue des Champions.
10:52France Info
10:56Les informés, Renaud Delis, Agathe Lambret
11:02Les informés, Adrien Brache, c'est journaliste politique au point
11:07et Aurélie Arbemont, journaliste politique à France Info.
11:10On passe à notre deuxième débat.
11:12Renaud, Val, Philippe, Attal et les autres,
11:14pourquoi tant de haine contre une personne ?
11:16On évoquait à l'instant un scénario cruel
11:18qui a frappé l'Olympique de Marseille hier.
11:20Eh bien, en voici un autre de scénario cruel,
11:21c'est la fin de règne d'Emmanuel Macron.
11:24De jour en jour, de plus en plus difficile.
11:27C'est souvent le cas des fins de règne.
11:28Mais ce qui caractérise celles qui sont les plus pénibles,
11:30c'est souvent que le souverain déclinant
11:32est lâché par ceux qui l'ont servi.
11:34Alors, deux anciens premiers ministres l'ont fait déjà ces derniers jours.
11:37Gabriel Attal qui ne comprend plus les décisions d'Emmanuel Macron.
11:40Il l'a dit et répété.
11:42Édouard Philippe qui va plus loin encore
11:43en réclamant la démission d'Emmanuel Macron
11:45et l'organisation d'une présidentielle anticipée.
11:47Et puis voici qu'un de ses anciens ministres,
11:50ministre d'État chargé des Outre-mer,
11:51Emmanuel Valls apporte lui aussi sa pierre
11:55à cette entreprise de démolition en quelque sorte.
11:57Dans une interview au point que vous avez recueilli d'ailleurs Adrien Brachet,
12:00il y a une charge qu'il a renouvelée il y a quelques minutes sur ce plateau.
12:03Il dénonce le macronisme en tant que tel d'ailleurs
12:05et puis aussi les conditions de son éviction du gouvernement.
12:10Voici ce que disait Emmanuel Valls il y a quelques minutes sur ce plateau.
12:13Les arguments qu'on m'a présentés, c'est vrai, de la part du président de la République,
12:17que les socialistes n'auraient pas souhaité ma présence,
12:20ce sont des arguments grotesques et qui ne tiennent pas la route.
12:24Mais le macronisme, ça a été la négation précisément de la politique.
12:28Pourquoi c'est la négation de la politique ?
12:29Mais parce qu'il s'agissait d'absorber le parti socialiste ou les républicains
12:34par le débauchage, ça n'a pas été une coalition.
12:37Alors la négation de la politique, donc le macronisme aux yeux de Emmanuel Valls
12:42qui dénonce aussi le cynisme qui a donné lieu selon lui à son éviction du gouvernement.
12:47Pourquoi ce règlement de compte aussi violent ?
12:49Est-ce que c'est juste un égo froissé d'avoir été viré,
12:53passez-moi l'expression, du gouvernement ?
12:54Et puis que veut-il dire par la négation du macronisme ?
12:58Pour autant, rappelons que Emmanuel Valls et Emmanuel Macron
13:00se connaissent depuis un certain temps,
13:01puisque c'est même Emmanuel Valls qui a fait entrer Emmanuel Macron
13:04au gouvernement en tant que ministre de l'économie à l'été 2014,
13:09avant finalement que les deux hommes se déchirent,
13:11notamment dans la perspective de la présidentielle de 2017.
13:14Est-ce qu'il y a des raisons d'en vouloir au président Emmanuel Valls, Aurélie ?
13:17De toute façon, l'histoire entre Emmanuel Macron et Emmanuel Valls
13:22est quand même très tortueuse et depuis toujours.
13:25Certes, Renaud le rappelait, c'est Emmanuel Valls qui fait rentrer
13:28le loup dans la bergerie, finalement, puisque Emmanuel Valls
13:30avait des ambitions présidentielles.
13:32Et puis est arrivé un ministre de l'économie
13:34qui s'est mis aussi à avoir des ambitions présidentielles.
13:38Et quand ils étaient tous les deux au gouvernement,
13:39il faut se souvenir que quand même,
13:40Emmanuel Valls avait « maté » Emmanuel Macron
13:43en faisant passer par 49-3 la fameuse loi Macron.
13:48Emmanuel Macron en était très très meurtri.
13:51Donc, ça a été une espèce d'histoire vraiment faite de haut et de bas,
13:55et plus souvent de bas que de haut entre les deux hommes.
13:59Et après, finalement, Emmanuel Valls, battu à la primaire du PS,
14:03finit par se résoudre après la victoire de Benoît Hamon
14:06à soutenir Emmanuel Macron pour la présidentielle de 2017.
14:09Mais donc, ça lui a coûté.
14:11Donc, c'est une histoire vraiment très tortueuse.
14:13Donc là, peut-être qu'il connaît son point final
14:17après la charge de ces derniers jours
14:20de Emmanuel Valls contre Emmanuel Macron.
14:22Mais depuis le début, en fait, c'était mal parti.
14:24Et il y a effectivement des ambitions qui se sont entrechoquées
14:28et qui, manifestement, ne sont toujours pas digérées.
14:31Emmanuel Valls a quand même fait signer l'accord de Bougival
14:33en tant que ministre des Outre-mer sur la Nouvelle-Calédonie.
14:36Ce qui a été salué comme un moment de consensus.
14:40Et ensuite, il se fait remercier Adrien Brachet.
14:43Est-ce qu'il y a des histoires personnelles en arrière-plan,
14:47des calculs politiques ?
14:49Oui, je pense qu'Aurélie l'a très bien dit.
14:51Depuis longtemps, Emmanuel Valls et Emmanuel Macron
14:53ont des relations compliquées.
14:55En effet, ça remonte même au mandat de François Hollande.
14:59Et donc, c'est vrai que cette décision a pu surprendre,
15:01y compris les acteurs ultramarins,
15:04y compris certains acteurs ultramarins
15:05qui ne sont pas forcément politiquement,
15:07naturellement favorables à Emmanuel Valls.
15:08Il y a eu une surprise, puisqu'il y a quand même eu,
15:11depuis 2022, une valse, comme ça m'aurait jeune mot,
15:16de ministres des Outre-mer,
15:18puisqu'il y a eu sept ministres des Outre-mer depuis 2022.
15:21Et ça, c'est quand même un problème sur un sujet
15:24qui nécessite du long terme.
15:25On pourrait dire la même chose, d'ailleurs,
15:26du ministère de l'Éducation, du ministère de la Santé aussi.
15:29Donc, il y a quand même eu une profonde interrogation.
15:32En effet, Emmanuel Valls était parvenu aux accords de Bougival,
15:34alors qu'il y avait quand même, après, été dénoncé par le FNLKS,
15:37qui sont les indépendantistes qui ont rejeté dans un...
15:42d'abord accepté, puis ont rejeté les accords.
15:45Donc, il y avait encore pas mal de questions en suspens.
15:47Mais c'est vrai qu'il y avait eu ces accords de Bougival.
15:48Et donc, c'est vrai que ça a surpris.
15:51Mais si on élargit un peu la focale
15:53et qu'on élargit en effet à Édouard Philippe et à Gabriel Attal,
15:56je pense qu'il y a deux phénomènes qui se conjuguent
15:59dans ces règlements de comptes auxquels on assiste ces derniers temps,
16:03il y a à la fois, en effet, de la part d'Emmanuel Macron,
16:05une forme de management qui, depuis le début, est très surprenante.
16:08C'est-à-dire qu'il essore des personnalités...
16:12Un management violent, toxique, comme on dirait dans le monde du travail.
16:15Voilà, je laisse à chacun l'appréciation.
16:17Mais en tout cas, un management où se succèdent les uns et les autres,
16:20où Emmanuel Macron essore les uns et les autres.
16:22On l'a redit, cette ministre de l'Éducation depuis 2022,
16:25où il est très interventionniste, il a une pratique très solitaire du pouvoir.
16:28On le revoit encore, il y a quelques jours,
16:30lorsque, depuis la Slovénie, il intervient sur la question des retraites,
16:33alors qu'il devrait, au fond, laisser à Sébastien Lecornu la charge de ce dossier-là.
16:37Donc il y a cette gestion extrêmement personnelle du pouvoir
16:40que décrit d'ailleurs assez bien Jean-Pierre Jouillet,
16:42qui est ancien secrétaire général de l'Élysée sous François Hollande,
16:45qui connaît bien Emmanuel Macron, et dans son dernier livre, il en parle bien.
16:47Donc il y a ça.
16:48Et puis après, il ne faut pas non plus se faire d'illusions.
16:51Il y a aussi que la prochaine élection présidentielle approche,
16:53et que ses anciens proches considèrent qu'il est devenu radioactif dans les sondages,
16:59et que donc il y a, notamment pour Édouard Philippe et Gabriel Attal,
17:02qui sont en course pour la présidentielle,
17:04le besoin de détacher le plus possible cette étiquette du macronisme,
17:07ce qui n'est pas facile quand vous avez vous-même participé au macronisme pendant de longues années.
17:12– Renaud Elie ?
17:12– Oui, je crois, juste pour en venir d'abord d'un point sur le cas de Manuel Valls,
17:16je rejoins l'analyse d'Adrien Braché sur la propension du chef de l'État
17:19à essorer les personnalités, comme il le disait à l'instant.
17:22La différence dans ce cas présent, c'est que Manuel Valls, si j'ose dire,
17:25était essoré avant d'entrer au gouvernement de François Bayrou.
17:28– Oui, c'est vrai.
17:29– C'est-à-dire qu'il a eu une seconde chance, en quelque sorte,
17:31et c'est pour ça que dans sa démarche aujourd'hui,
17:34il a été souvent victime de procès politiques,
17:36et d'abord de la part de toute une frange de la gauche excessive, voire injuste, c'est clair,
17:42mais en l'occurrence, je le trouve lui-même un petit peu ingrat,
17:45à l'endroit d'un chef de l'État qui l'a repêché, en quelque sorte,
17:48puisque Manuel Valls, les plus membres de partis politiques, etc.
17:52Lorsqu'il a été intégré, donc le gouvernement.
17:54En l'occurrence, d'ailleurs, c'est à l'initiative plutôt de François Bayrou.
17:56– Oui, je pense que c'est plus grâce à François Bayrou que…
17:58– Mais Emmanuel Macron était d'accord, sinon il n'aurait pas été nommé.
18:00Ça, c'est juste sur le cas de Manuel Valls,
18:03qui de surcroît ne découvre pas, encore une fois,
18:04mais ça on le disait, Emmanuel Macron, ils se connaissent quand même de longue date,
18:06et ce n'est pas leur premier conflit.
18:08Le vrai problème que pose l'éviction de Manuel Valls,
18:11au-delà des questions d'égo,
18:12je pense que c'est la question de la Nouvelle-Calédonie.
18:14Là, il y a un véritable enjeu.
18:15Est-ce que ça préfigure un nouveau changement de pied politique
18:19sur ce dossier explosif, qui est extrêmement important,
18:22qui est extrêmement lointain géographiquement,
18:24mais extrêmement près du point de vue d'une certaine idée de la France et de la République ?
18:28On sait que Manuel Valls avait réussi à ramener tout le monde autour de la table,
18:31à signer cet accord de Bougival,
18:33en donnant une orientation justement plus ouverte
18:36à la poursuite d'un processus dit de décolonisation,
18:39et on sait que de l'autre côté, ça n'avait pas été le cas
18:41de ce qu'avait fait Sébastien Lecornu, lui,
18:42lorsqu'il avait été ministre de l'Outre-mer au préalable entre 2020 et 2022,
18:46et que les macronistes ont eu tendance à chaque fois
18:48à donner la main à ceux qu'on appelle les loyalistes,
18:50au risque justement de tendre,
18:51et même y compris de contribuer aux émeutes qu'on a vues.
18:53– Peut-être que Manuel Valls était trop indépendantiste pour le président ?
18:56– Il n'empêche que le calme était revenu,
18:58et qu'on peut redouter que s'il y a un retour en arrière dans l'autre sens,
19:02on peut redouter le pire pour la Nouvelle-Calédonie,
19:04et ça ce serait la principale conséquence dramatique
19:07de l'élection de Manuel Valls, en tout cas à mes yeux,
19:08sur le plan politique, c'est ça qu'il faut aller.
19:10Et puis juste un tout dernier point,
19:11là où je rejoins Adrien Brachet aussi,
19:13c'est sur le fait que ce qu'on voit quand même du bloc central,
19:17en général, ou du socle commun, si tant est que ça,
19:19n'est quand même pas extrêmement,
19:21ne contribue pas à grandir la politique.
19:23Et je trouve que dans le contexte actuel,
19:25on regarde la fragilité politique,
19:26quand on voit, quelles que soient les raisons des uns ou des autres,
19:28Édouard Philippe, Gabriel Attal, aujourd'hui Emmanuel Valls et bien d'autres,
19:31régler leur compte de la sorte à l'endroit d'Emmanuel Macron,
19:35qui certes l'a bien cherché, passez-moi l'expression,
19:38avec toutes les erreurs qu'il a pu commettre,
19:39mais dans un contexte qui est celui de fragilité politique, économique,
19:42de montée de l'extrême droite,
19:43et tout le monde est supposé être vigilant justement,
19:46face à tous ces dangers,
19:49sans parler même de l'aspect géopolitique,
19:50évidemment de la tempête Trump d'un côté,
19:52de la menace russe de l'autre,
19:53je trouve que ces comportements sont quand même un petit peu irresponsables
19:57au regard des enjeux de la période actuelle.
19:59– Il y a quand même un argument de fond dans ce que dit Emmanuel Valls,
20:01Aurélie, c'est que le macronisme est la négation du politique,
20:04l'absorption des partis,
20:06ce n'est pas le seul à le dire.
20:06– C'est très violent effectivement comme formule,
20:10Emmanuel Valls n'est pas le seul à le dire,
20:12parce que…
20:13– Emmanuel Macron a même revendiqué,
20:15il a fait dire la droite et la gauche.
20:17– C'était effectivement le côté ferdu en même temps,
20:20mais en gros, vous venez chez moi,
20:22et vous abandonnez toutes vos affaires avant de rentrer,
20:24c'est-à-dire que vous renoncez à vos étiquettes,
20:25vous devenez tous macronistes,
20:27je veux bien de votre passé,
20:28mais vous devez l'effacer pour devenir macroniste.
20:30Et c'est ça qui effectivement,
20:32en 2022, notamment au moment des législatives,
20:35il était question que peut-être certains LR
20:38puissent devenir des alliés du macroniste,
20:40sauf qu'on leur disait,
20:41non, non, vous ne gardez pas votre étiquette LR,
20:43vous quittez votre parti, vous venez chez moi.
20:45Et ça, c'est évidemment pas du tout une logique de coalition,
20:48il y a un côté d'absorption vraiment,
20:50et donc de négation quasiment de votre identité politique,
20:54vous laissez toutes vos affaires à l'entrée,
20:56et vous me rejoignez.
20:57Et ça, Emmanuel Macron effectivement,
20:59était très coutumier de ce fait,
21:01et ça n'a manifestement pas marché.
21:03Emmanuel Valls appelle Adrien Brachet
21:05à une autre forme de macronisme,
21:07en fait le même,
21:07mais en gardant les étiquettes plus dans la logique
21:09de coalition et de compromis.
21:11Voilà, plus dans la logique de coalition et de compromis,
21:13alors on a du mal à voir concrètement comment ça se ferait,
21:15parce que je vois mal...
21:16C'est le même sans Emmanuel Macron,
21:17dans mon avis.
21:18Voilà, d'une certaine manière,
21:19en disant qu'on garde les étiquettes.
21:21Et puis surtout, je vois mal dans la situation actuelle politique,
21:24déjà dans le cadre d'un budget,
21:26le Parti Socialiste et le Centre-Droit
21:28ont du mal à se mettre d'accord,
21:30même s'il commence à y avoir des compromis.
21:32Je vois mal comment ils arriveraient
21:33à avoir un candidat commun à l'élection présidentielle.
21:36Donc tout ça est extrêmement compliqué
21:38et encore très précaire.
21:42Et il y a peut-être aussi beaucoup trop de rancunes aussi,
21:46que ce soit dans l'entourage d'Emmanuel Macron
21:47ou dans la classe politique.
21:49Le macronisme aussi laisse des traces
21:51et après c'est plus difficile de discuter.
21:53Comme disait jadis Valéry Giscard d'Estaing,
21:55il faut savoir jeter la rancune à la rivière,
21:57ce que lui-même d'ailleurs n'avait jamais fait,
21:59à l'endroit de Jacques Chirac.
21:59Et bien voilà, ce sera le mot de la fin.
22:01Merci, successeur Lefond.
22:02Merci beaucoup.
22:03Vous retrouvez les informés,
22:05merci les informés,
22:06Adrien Brachet-Dupont,
22:08d'ailleurs la une du point cette semaine.
22:10Qui veut tuer la paix de Trump ?
22:12Merci Aurélie Herbemont.
22:14Merci Renaud.
22:14Merci Agathe.
22:15Et vous retrouvez les informés à 20h ce soir
22:17avec Victor Maté.
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