00:00En effet, puisque la semaine prochaine vous aurez la BCE, la Fed, mais également la Banque Centrale du Japon.
00:06Pour parler des banques centrales, j'ai le plaisir d'accueillir ce matin par téléphone Michel Martinez,
00:10chef économiste Europe chez Société Générale BCIB.
00:13Bonjour Michel Martinez, merci d'être avec nous ce matin sur Good Morning Market.
00:18En effet, la BCE, la Banque Centrale Européenne, est attendue la semaine prochaine,
00:23ça sera jeudi prochain, dans 8 jours.
00:25Alors, si les choses semblent claires pour la Fed, qui devrait baisser ses taux de 25 points de base,
00:30que faut-il attendre de la BCE la semaine prochaine ?
00:35Bonjour Etienne, mais après, pas grand-chose la semaine prochaine.
00:39Je pense que là, le marché s'attend à ce que la BCE ne fasse rien, laisse ses taux à 2%,
00:45et qu'elle continue de nous dire qu'elle est bien placée, bien positionnée pour le prochain mouvement,
00:51que ce soit une hausse ou une baisse.
00:53Donc, vous voyez une prochaine baisse de taux, plutôt quand, chez Société Générale CIB,
00:58du côté de la Banque Centrale Européenne ?
01:00Alors oui, effectivement, nous, on voit une baisse des taux,
01:03on voit que le prochain mouvement sera une baisse des taux en mars 2026.
01:08On voit deux raisons à ça.
01:11Première raison, le fait que l'inflation va continuer de décélérer,
01:16et sera assez en dessous de la cible de 2%.
01:20L'inflation totale en zone euro est aujourd'hui à 2,2%.
01:24On la voit tomber à 1,4%, 1,5% en début d'année prochaine.
01:28Donc, une déviation par rapport à la cible de 2% suffisamment importante
01:33pour que la BCE ne s'en sente pas à l'aise,
01:37avec des risques de désancrage des anticipations de l'inflation.
01:41Et la deuxième raison, c'est qu'on attend un flot de nouvelles sur le marché de l'emploi
01:47en Allemagne et en France, qui continuent d'être négatifs,
01:51avec dans les deux pays des destructions d'emploi,
01:53alors pas pour les mêmes raisons,
01:55mais en Allemagne, dans le secteur manufacturier,
01:58des destructions d'emploi qui continuent.
02:01En France, c'est plutôt la conséquence de l'incertitude de politique économique.
02:07Et donc, c'est deux raisons, inflation en dessous de l'inflation,
02:11et puis le marché de l'emploi qui se dégrade
02:12devrait conduire la BCE à baisser ses taux d'intérêt en mars 2026.
02:19Mais sachant que ces éléments que vous venez de souligner,
02:22dégradation du marché de l'emploi,
02:23une inflation qui est quand même sous contrôle,
02:26pourquoi la BCE n'est pas un coup d'avance
02:28et n'anticipe pas ces choses en se disant
02:29« autant baisser les taux avant 2026 »
02:33pour éviter que la situation se dégrade plus l'année prochaine ?
02:37D'une part, parce que pour l'instant, ce n'est pas arrivé.
02:42Pour l'instant, quand on regarde l'inflation sous-jacente,
02:47c'est au-dessus de la cible.
02:50L'inflation sous-jacente domestique est à 2,4 %.
02:53La croissance résiste encore bien.
02:56Donc, il y a du temps avant.
02:58Ce que j'ai expliqué, c'est une prévision
03:03qui dépend de beaucoup de facteurs.
03:05Bien évidemment, les facteurs qui expliquent
03:06que l'inflation baisserait, c'est l'appréciation de l'euro,
03:11la baisse des prix des pétroles.
03:12Mais il y a une autre raison pour laquelle la BCE est prudente,
03:18c'est que quand on se projette,
03:19parce que vous parlez de projection,
03:21et qu'on se projette plus loin encore,
03:25on va dire fin 2026 et au-delà,
03:27il y a des raisons de penser que la mécanique,
03:31je disais des nouvelles qui ne réagiraient pas à la BCE
03:36à court terme, au début d'année,
03:40cette mécanique-là, ce flot de nouvelles,
03:42pourrait aller dans l'autre sens contraire.
03:44Et je pense en particulier, à moyen terme,
03:46à l'impact du plan de relance en Allemagne,
03:49très important.
03:50On parle plus de 1,5 point de PIB,
03:54de relance budgétaire pour 2026.
03:58Mais ça va relancer la machine allemande,
04:01la croissance allemande.
04:02L'Allemagne est en récession depuis 2022.
04:05Pour l'instant, il y en a eu beaucoup d'annonces
04:07du côté des plans de relance,
04:08mais pas encore d'argent effectivement déboursé.
04:11Mais là, ça arrive.
04:12Et donc, je citais le flot de mauvaise nouvelle
04:14sur le marché du travail en Allemagne,
04:16qui est la conséquence des chocs passés.
04:22Mais il y a un choc futur,
04:23qui est le plan de relance en Allemagne,
04:25qui va avoir des effets positifs.
04:27Mais ça, on a aussi d'autres signaux
04:31de stabilisation du marché immobilier,
04:33partout en Europe,
04:34les prix qui se mettent à progresser,
04:37les transactions immobilières qui reprennent,
04:39les mises en chantier.
04:40Alors, on reste à des niveaux déprimés,
04:42mais ça va dans le bon sens.
04:43Et on sait que quand l'immobilier va,
04:45il y a beaucoup de choses qui vont bien avec,
04:48dont la consommation.
04:50Donc, en fait, il y a une espèce de double jambe.
04:53Là, on a une sorte de U du côté de l'inflation
04:57et peut-être du marché de l'emploi,
04:59avec d'abord des nouvelles peu encourageantes
05:02et puis après, probablement,
05:03de meilleures nouvelles.
05:05Donc, ça appelle à la prudence
05:06et à agir quand on voit se matérialiser.
05:10On parle de prédiction,
05:12de prédiction.
05:13Merci beaucoup, Michel Martinez,
05:15de nous raccompagner ce matin
05:16pour avoir un petit coup d'avance
05:18avant la Banque Centrale Européenne
05:19qui est donc attendue la semaine prochaine.
05:21Ça sera le jeudi 30 octobre.
05:23Je rappelle que vous êtes chef économiste d'Europe
05:24chez Société Générale CIB.
05:26Merci.
05:27Merci.
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