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  • il y a 2 mois
Ce mercredi 17 décembre, Pierre Sabatier, économiste et fondateur de PrimeView, et Stéphane Levy, stratégiste chez Irivest IM, sont revenus sur les enseignements de 2025 sur les marchés, la possible baisse des taux annoncée par la BCE en 2026 et l'allocation, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Vous connaissez le rendez-vous, deux acteurs de marché avec ce matin Pierre Sabatier, économiste et fondateur de PrimeView.
00:05Bonjour Pierre Sabatier, merci Etienne, merci de nous accompagner ce matin avec Stéphane Lévy, stratégie chez Irivest IM.
00:13Antoine Larigauderie, bien sûr que vous retrouverez à partir de 11h dans Tout pour investir.
00:18Pas mal de sujets à aborder avec vous messieurs, dans un instant nous parlerons de la BCE qui va se réunir demain,
00:24il y a pas mal d'attentes notamment sur des baisses de taux l'année prochaine,
00:27l'IA avec une certaine forme d'euphorie qui s'estompe depuis le début du mois sur les grands indices et sur les grandes méga-capes américaines.
00:35Et puis une année in fine 2025 qui fut bonne, alors bon nous ne sommes que le 17 décembre,
00:40on n'est pas à l'abri d'une certaine forme de volatilité d'ici à la fin du mois,
00:43néanmoins quand on regarde le CAC 40 on est à plus 10, c'est certes moins que les 17% de l'Eurostox 50,
00:48des 20% en dollars bien sûr du NASDAQ 100.
00:51Comment vous regardez cette année 2025 Stéphane Lévy ?
00:55Finalement on a des indices globaux qui surperforment, qui ont quand même signé une belle performance.
01:02Alors oui, c'est un très bon cru l'année 2025, on est le 17 mais bon on peut considérer que globalement
01:08l'année n'est pas très loin d'être achevée.
01:10En fait ce qui est absolument remarquable cette année c'est la performance de l'Europe.
01:16Ça fait 19 ans que l'Europe n'a pas autant surperformé par rapport aux Etats-Unis,
01:20notamment sur la classe d'activation et ça c'est quelque chose qu'on voit avec beaucoup de satisfaction
01:24et qui nous semble quelque part participer à un phénomène assez naturel, assez sain,
01:29de normalisation fondamentale.
01:31Et si on observe un petit peu ce qui s'est passé sur l'Europe,
01:34alors vous l'avez dit Étienne, on est à peu près sur une performance de 16-17% en Europe
01:38et cette performance s'est faite en trompe-l'œil de manière très linéaire.
01:41On a un premier semestre dans lequel on a performé de l'ordre de 8%
01:46et sensiblement la même chose au second semestre.
01:50Alors au premier semestre on avait eu ce gros coup de mou au mois d'avril,
01:54avec cette violente reprise en V,
01:57mais finalement on a eu une trajectoire très linéaire.
01:59Néanmoins, on peut considérer qu'on a eu une année découpée, coupée en deux,
02:04notamment en Europe, avec un premier semestre qui a été marqué
02:07par énormément de directionnalité sur la devise, sur le change,
02:11avec cette forte appréciation de l'euro.
02:13Et faisant écho à cette forte appréciation de l'euro,
02:16on a eu une forte surperformance de toute la thématique domestique en Europe,
02:21logiquement, puisque tous les exportateurs avaient été défavorisés.
02:24Donc ça a essentiellement profité à tout le segment value,
02:29parce que la domesticité, si je puis dire, se trouve dans la value,
02:33donc les banques, les assurances, les télécoms, les utilities.
02:36Depuis le début du second semestre,
02:39on est globalement sur une performance qui est beaucoup plus équilibrée
02:42et un momentum qui est beaucoup plus diversifié,
02:45avec un retour de certaines thématiques,
02:46dont le luxe, dont les minières, dont l'énergie,
02:48et sans pour autant, par exemple, que la finance est sous-performée.
02:52Donc c'est quelque chose d'assez intéressant,
02:54notamment pour les acteurs de gestion active,
02:56puisqu'il y a des rotations et la capacité, je crois,
02:59de démontrer de la capacité à battre les indices.
03:02Et ce qui est intéressant, Pierre Sabatier,
03:04c'est que la performance des grandes capitales en Europe
03:07est un petit peu corrélée aux dynamiques de croissance.
03:09J'allais vous le dire.
03:09Oui, c'est la revanche de Madrid,
03:11plus 45% depuis le début de l'année,
03:13très belle année pour la Grèce, pour l'Italie,
03:15alors qu'à l'inverse, l'Europe du Nord, certes, est positive en termes de performance.
03:20Effectivement, beaucoup plus possible.
03:21En fait, j'ai presque envie de résumer l'année.
03:24On a beaucoup parlé, on en parlait tout à l'heure,
03:26tout le monde est un peu fatigué en cette fin d'année.
03:27Pour autant, finalement, les marchés ont été très connectés à l'économie réelle.
03:31Vous savez, souvent, les gens, les observateurs,
03:34disent qu'il y a une forme de déconnexion des marchés financiers avec l'économie réelle.
03:37Sauf que, d'une certaine manière, on a eu une totale connexion, en réalité,
03:41des marchés financiers et des comportements d'un investisseur
03:44avec ce qui se passait, finalement, dans les cycles domestiques.
03:47En Europe, effectivement, Espagne, Italie, Allemagne, France.
03:50Alors, on pourrait échanger Allemagne et France à la fin
03:52parce que c'est le classement, finalement, des places boursières en Europe.
03:54Mais qu'est-ce que ça traduit ?
03:55Ça traduit exactement les profils de croissance
03:58qui sont encaissés maintenant, depuis maintenant quelques années,
04:01et en particulier cette année, Espagne, Italie,
04:04là, pour le coup, France et Allemagne.
04:05La France ayant été pénalisée par la prime de risque politique
04:08sur laquelle on pourra revenir,
04:09qui est un épiphénomène très particulier en Europe.
04:11Mais, grosso modo, on a eu des marchés actions européens
04:13finalement très connectés à travers les dynamiques sous-jacentes
04:17d'économie réelle, donc en termes de performance globale.
04:20Et je dirais, par ailleurs, en termes de comportement,
04:22pour rebondir sur ce que disait Stéphane,
04:23alors, évidemment, il y a la question des taux de change.
04:25On pourrait y revenir.
04:25C'est peut-être, nous, la seule chose qui nous a surpris en début d'année.
04:28C'est parmi nos anticipations.
04:30Pour le coup, on ne pensait pas que le dollar suréagirait si vite.
04:32Parce que, historiquement parlant, dans les années 80,
04:34lorsqu'on a eu un président qui ressemblait,
04:36qui voulait en fait mener à peu près les mêmes batailles
04:39que Donald Trump en début d'année,
04:40en général, ça fait plutôt monter le dollar
04:42avant qu'il ne baisse.
04:44Là, en l'occurrence, on ne la baisse tout de suite.
04:45Voilà, c'est comme ça.
04:46Et ça explique beaucoup de la surperformance
04:47des marchés actions européens.
04:48Mais j'aimerais quand même dire
04:49que les marchés actions européens,
04:51dans leurs composantes,
04:51ont été très, très influencés.
04:53Par là aussi, quelque chose de très domestique,
04:54qui est le fait que la Banque centrale européenne,
04:56le plus rapidement, par rapport à ses homologues
04:59au niveau international, a baissé ses taux.
05:01Et donc, au final, on le sait très bien,
05:03la baisse des taux réenclenche un cycle économique
05:05qui va d'abord, en premier lieu,
05:07bénéficier notamment aux financières
05:09qui ont été clairement les premiers contributeurs
05:12à la croissance et à la bonne performance
05:14des marchés actions européens.
05:15Et c'est en des services également.
05:17Parce qu'au final, l'économie européenne,
05:18notamment l'Europe du Sud,
05:19est très tournée vers les services.
05:21Et alors, quand vous regardez les composantes,
05:23effectivement, de l'économie,
05:25notamment espagnole,
05:26on va dire que l'Italie, c'est plus industrielle.
05:28Mais l'Espagne, c'est clairement du tourisme.
05:30Donc, c'est des exports.
05:31Et pour le coup,
05:32est-ce qu'il faut en pleurer
05:34ou est-ce qu'il faut en sourire ?
05:34Je ne sais pas.
05:35Mais d'une certaine manière,
05:36la très bonne tenue de l'Espagne
05:37se fait aussi au détriment de ses voisins européens.
05:39Il ne faut pas être dupe.
05:40Le fait qu'ils aient voulu s'extirper,
05:42notamment des accords sur l'énergie
05:43pour pouvoir booster leur industrie,
05:46les a avantagés.
05:48C'est une stratégie non coopérative
05:49qui explique une partie
05:50de la bonne tenue de l'économie espagnole.
05:52Bon, ça, c'est un sujet d'ordre politique.
05:54Ça regarde, en fait, la zone euro par ailleurs.
05:56Mais il faut avoir en tête qu'aujourd'hui,
05:57ces économies-là, aujourd'hui,
05:58continuent d'avancer plus vite
06:00que les vieilles économies européennes
06:01que sont la France et l'Allemagne,
06:03qui est peut-être la déception.
06:04Pas sur les marchés,
06:05mais la déception d'un point de vue économique cette année.
06:07Vous savez, il y a eu un grand plan
06:08de relance budgétaire annoncé
06:09en se disant, et on s'est tous dit,
06:11ça y est, l'Allemagne a enfin compris
06:12que l'austérité, c'est bien
06:14quand on en a besoin,
06:15mais ce n'est pas bien tout le temps.
06:16Et en l'occurrence, l'Allemagne n'en avait pas besoin.
06:17On regarde ces bonnes finances publiques.
06:20Eh bien, tout le monde s'est réjoui.
06:21Et donc, ça a traduit, en fait,
06:22un DAX qui a bien performé au premier semestre,
06:24mais qui s'est très vite essoufflé
06:25parce qu'on n'en voit pas encore la couleur
06:26de l'impact de ce plan de relance budgétaire
06:28qui nous avait été vendu en début d'année.
06:30Donc là, c'est peut-être la déception
06:31sur le marché européen
06:32qui explique cet écart
06:33entre des grands marchés actions
06:36que sont l'Espagne, l'Italie,
06:38puis ensuite l'Allemagne et la France.
06:39Sachant que le DAX a été tiré aussi
06:40et surtout par les valeurs de la défense,
06:42notamment par Rydmétal et j'en passe.
06:44La BCE, est-ce qu'elle peut baisser encore
06:46les taux aujourd'hui, Stéphane Lévy ?
06:48Bon, on a une inflation qui est proche des 2%.
06:50L'inflation, c'est la boussole de Christine Lagarde.
06:53Bon, normalement, le pic d'inflation
06:54est derrière nous, là.
06:55On a un pétrole qui n'est pas cher.
06:57On a un pétrole qui n'est pas cher.
06:58On a un dollar qui est très bas.
07:01Donc, le risque inflationniste en Europe
07:03est aujourd'hui à disparu.
07:05N'ayons pas peur des mots.
07:07Quand on regarde, d'ailleurs,
07:08les investisseurs obligataires ne s'y sont pas trompés.
07:10Quand on regarde les marchés obligataires
07:12d'indexer inflation,
07:14le break-even, le point mort d'inflation,
07:16en Europe, aujourd'hui, nous signale
07:17qu'une déflation est anticipée
07:20dans les trois prochaines années.
07:21Donc, je suis extrêmement surpris,
07:23pour être très franc avec vous,
07:24dans le contexte actuel,
07:26de voir à quel point le consensus
07:30n'anticipe pas de baisse de taux
07:35par la BCE.
07:36Je trouve ça complètement dingue.
07:40Il faut bien réaliser le contexte
07:43dans lequel on est.
07:44Il ne faut pas se leurrer.
07:45La Fed, elle va continuer à baisser les taux.
07:47Elle a réinitié un cycle accommodant
07:48en septembre.
07:49Elle a baissé trois fois les taux depuis.
07:52Et ce, après que M. Powell nous ait signalé
07:54un temps dernier
07:55qu'il ne pourrait pas le faire
07:56en raison des risques inflationnistes.
07:57finalement, oui, elle l'a fait.
08:00Et je crois que la BCE,
08:02dans un tel contexte,
08:03là où il n'y a pas de risque d'inflation,
08:05là où la croissance est molle,
08:06n'aura pas d'autre choix
08:08que de prendre le relais de la Fed.
08:11Sinon, tout simplement,
08:12on va se retrouver avec un euro-dollar à 1,30,
08:14ce qui serait absolument mortifère
08:16pour l'économie européenne.
08:18Taux de dépôt, 2%.
08:19On ne reviendra pas à des taux à zéro ou négatif.
08:21Et pourquoi pas ?
08:22C'est quand même amusant.
08:23Je ne dis pas qu'on va y revenir.
08:25Mais pourquoi pas ?
08:26Ce qui est assez étonnant,
08:27et finalement, Stéphane,
08:27depuis le temps qu'on fait ce métier,
08:29est-ce que tu es vraiment surpris
08:30par l'incapacité de se projeter
08:33dans un modèle de prévision
08:34qui ne soit pas l'extrapolation
08:35de ce qu'on vient de connaître, au final ?
08:37Pendant deux ans,
08:38on a mâché le chewing-gum
08:39de le risque inflationniste est enfin arrivé,
08:42parce que beaucoup de gens l'attendaient
08:42depuis 15 ans, pour être honnête.
08:44Tout le monde a appelé au retour de l'inflation
08:46à cause des politiques monétaires
08:47qui étaient trop expansionnistes
08:48pendant longtemps.
08:49Elle est revenue,
08:50et du coup,
08:50beaucoup d'observateurs se sont réjouillant.
08:52Il n'était pas très nombreux,
08:53quand même, en début d'année,
08:54à vous dire que l'inflation
08:55est concrètement, littéralement derrière nous
08:57et que ce n'est plus le sujet.
08:58Le sujet, c'est plutôt la croissance molle,
09:00la baisse des taux de croissance potentielle.
09:01Et quand on a baisse de taux de croissance potentielle,
09:03il n'y a pas d'inflation qui peut être durable.
09:05Bon, aujourd'hui,
09:05tout le monde s'est un peu rallié au sujet,
09:07mais il y a encore un peu de résistance.
09:08Et donc, les gens se disent
09:09« Non, non, on ne peut pas revenir à zéro. »
09:10Mais en réalité,
09:11il faut toujours s'interroger
09:12sur les raisons qui font qu'on a monté les taux.
09:13Si l'inflation n'est plus là,
09:14pourquoi, en réalité,
09:16on ne rebaisserait pas les taux
09:17à un niveau qui correspond
09:18à son niveau de croissance potentielle ?
09:20Qu'est-ce que c'est le pilotage d'une économie ?
09:21C'est deux leviers,
09:22évidemment,
09:22le pouvoir de légiférer,
09:23créer les règles du jeu
09:24pour exprimer son plein potentiel,
09:25mais aussi rendre l'argent suffisamment disponible
09:27pour que les projets,
09:29et qui ont un ROI,
09:29qui sont naturellement plus faibles
09:31dans des économies
09:31à taux de croissance potentielle plus faibles,
09:33puissent se réaliser
09:34et, pour le coup,
09:35générer de la richesse
09:36au regard de ce que nous pouvons faire.
09:38La réalité, c'est que 2%, c'est trop.
09:39Voilà.
09:40Je ne peux pas vous le dire mieux que ça.
09:41C'est ce qu'on dit déjà
09:42depuis pas mal de temps.
09:43Et donc, l'année prochaine,
09:44vous verrez,
09:44la Banque Centrale Européenne
09:45n'aura pas d'autre choix
09:47que de baisser ses taux.
09:48Et vous verrez, là aussi,
09:49qu'elle ne s'arrêtera probablement pas là
09:51et on ira vers, à nouveau,
09:52des politiques de quantitative easing
09:53parce que personne ne le dit.
09:55Mais la Banque Centrale Européenne,
09:56comme l'a fait depuis maintenant
10:01d'une manière relativement massive,
10:03quasi de la même ampleur,
10:05la taille du bilan de la Banque Centrale Européenne
10:08tout comme la taille du bilan de la Fed.
10:10Et la Fed, évidemment,
10:11comme d'habitude,
10:12surréagit beaucoup plus vite.
10:13Elle repart sur une vraie dynamique
10:15de quantitative easing
10:16et vous verrez qu'en 2026,
10:18ça sera le cas
10:18et la Banque Centrale Européenne
10:19suivra probablement le pas
10:21parce qu'on ne peut pas faire autrement.
10:22Le taux de 2%,
10:23ce n'est pas la seule boussole aujourd'hui
10:25pour un auditeur-téléspectateur
10:26quand il demande un crédit.
10:27Il faut regarder également les taux souverains.
10:29Quand vous regardez quand même
10:30le 10 ans français,
10:31on est toujours à 3,5.
10:33On a un bout d'allemand
10:34qui est aux alentours des 2,7.
10:35Bon, la BCE a beau baisser ses taux,
10:37on a quand même des souverains derrière
10:38qui ne s'y sont pas tout à fait.
10:40Oui, mais non,
10:41mais vous savez,
10:42globalement,
10:43plus ça va mal,
10:44plus les taux souverains
10:44ne pourront faire que baisser.
10:45Alors, il peut y avoir en fait
10:46quelques cas particuliers du type France
10:48où on a un petit écartement des spreads.
10:50Mais petit,
10:50là aussi, je rappelle tout de même
10:51qu'en début d'année,
10:52tout le monde nous disait
10:53que les taux à cause de la politique,
10:55notamment implémentée par Donald Trump
10:57d'ultra-protectionnisme,
10:58allaient en fait augmenter partout,
11:00que ça allait rendre en fait
11:01insoutenables les dettes publiques
11:02de partout dans le monde.
11:04La réalité,
11:05c'est que ce n'est pas le cas.
11:06Les taux ne peuvent...
11:06Vous savez quel est le bon niveau de taux,
11:08y compris le niveau de taux souverain ?
11:09C'est celui qui est supportable
11:10par les agents privés d'une zone.
11:12Les agents privés sont de deux ordres.
11:13Les ménages d'un côté,
11:14les entreprises de l'autre.
11:15J'ai envie de vous poser une question.
11:16Sur le bon niveau de taux,
11:17c'est très simple.
11:18Est-ce que si les taux montent
11:18ou si les taux restent au niveau actuel,
11:20les entreprises continuent d'investir
11:22telles qu'elles le faisaient jusqu'à maintenant ?
11:23Si la réponse est oui,
11:24les taux peuvent monter.
11:25Si la réponse est non,
11:25les taux baisseront.
11:26C'est la nature en fait qui l'emporte.
11:28Les taux d'intérêt,
11:29c'est le marché qui le fixe,
11:30c'est l'offre et la demande.
11:32Et l'offre et la demande,
11:32elle est conditionnée par notre capacité
11:34à supporter finalement
11:35des charges d'intérêt
11:36qui sont compatibles
11:37avec ce qu'on peut espérer
11:38comme création de richesse.
11:39Parce que sinon, il se passe quoi ?
11:40Il se passe que si on investit moins
11:42ou si on consomme moins,
11:43récession, récession,
11:44égale politique monétaire
11:45qui fait encore plus baisser les taux.
11:47Et si la baisse des taux de directeur
11:48ne suffit pas,
11:49la Banque centrale rachètera
11:50des obligations souveraines
11:51pour les faire baisser.
11:52Donc c'est une mécanique quasi à l'œuvre.
11:54C'est l'économie, c'est d'abord en fait,
11:55et ce que je peux conseiller
11:56à vos auditeurs,
11:57c'est essentiellement de fonctionner
11:59avec le raisonnement par l'absurde.
12:00Et si ça se passe,
12:01qu'est-ce qui se passe ?
12:02Et vous verrez en fait,
12:03vous arriverez à faire parfois
12:04des meilleures prévisions
12:05que beaucoup de gens
12:06qui peuvent parler
12:06à longueur de journée.
12:08Stéphane Lévy,
12:09il nous reste 4 minutes.
12:10Comment vous voyez la 2026
12:11sur les marchés boursiers ?
12:12Comment vous anticipez
12:13cette année chez Erivest ?
12:15Alors, je vais être très franc,
12:18mes anticipations,
12:21il y a 6 mois pour 2026,
12:22étaient assez noires.
12:24Il faut bien avoir conscience
12:25qu'on est quand même
12:26dans un environnement d'expansion.
12:28Oui, on est dans un environnement
12:29d'expansion économique,
12:30au sens en tout cas
12:31de nos indicateurs,
12:32nos indicateurs de momentum de cycle
12:33en Europe depuis bientôt
12:35près de 3 ans.
12:36C'est une durée extrêmement longue.
12:38C'est la plus longue durée
12:39d'un cycle expansif
12:40qu'on ait mesuré depuis 2003.
12:45Néanmoins, je pense que
12:47cette période d'expansion
12:48pourrait se prolonger au-delà,
12:50peut-être au-delà
12:51du premier sommet de l'année,
12:53mais ça, ça dépendra
12:54de la Banque Centrale Européenne.
12:56Voilà.
12:56Donc, le fameux ESI,
12:58Pierre, moi je souscris
13:00à ta façon de voir les choses,
13:02si Madame Lagarde,
13:03si la BCE décide de suivre
13:05l'avis de Madame Schnabel,
13:06ça va très, très, très mal se passer.
13:10L'Europe se suicide.
13:10Et donc, les choses vont bien se passer
13:14et on aura peut-être des réponses
13:15dès demain avec la réunion monétaire
13:17de la BCE.
13:19Je pense qu'il faut être très, très attentif
13:22aux propos que va tenir Madame Lagarde.
13:25la moindre inflexion dans le propos
13:28et notamment
13:29le fait de mentionner
13:33que le risque inflationniste
13:34aujourd'hui a disparu
13:36pourrait catalyser quelque chose
13:37d'assez positif
13:38pour la cote européenne,
13:40notamment pour le premier semestre.
13:41On parle beaucoup de la BCE,
13:43mais il n'y a pas que la BCE,
13:44il y a la Fed,
13:44il y a l'intelligence artificielle.
13:46En même temps, c'est rare,
13:46on ne parle jamais d'Europe,
13:47tout de même,
13:47on parle toujours des autres.
13:48Les marchés, c'est un puzzle.
13:49Là, on parle d'une pièce,
13:50mais il y a plein d'autres pièces,
13:51au final, dans cette équation,
13:53Pierre Sabatier.
13:53Pour vous, c'est quoi la pièce maîtresse
13:55pour l'année prochaine ?
13:56La pièce maîtresse,
13:57ça reste les États-Unis,
13:59ça reste la boussole.
14:002026, je serais pour le coup
14:02plus circonspect.
14:04Alors évidemment,
14:04si les marchés actions américains
14:06tiennent,
14:06les marchés européens,
14:07en fait, ne décrocheront pas.
14:08Mais la question de la performance
14:09relative des différents marchés,
14:10puisque Stéphane évoquait le fait
14:11qu'en 2025,
14:13l'Europe s'est bien tenue
14:14par rapport aux autres,
14:15je ne crois pas que ce phénomène-là
14:16soit tenable dans la durée.
14:18Les vrais risques associés
14:19aux marchés sont plus
14:20du côté des États-Unis.
14:21Alors là, pour le coup,
14:21je vais à rebours de ce que disent
14:23beaucoup de gens,
14:24savoir que nous ne sommes pas
14:25très inquiets par les niveaux
14:25de valorisation, en fait,
14:26des quelques titres
14:27qui tirent la cote américaine,
14:29donc depuis maintenant
14:30de très nombreuses années,
14:31parce que la réalité,
14:32c'est que les gens n'ont pas...
14:33Enfin, il faudrait travailler
14:33un peu plus parfois,
14:34mais parce que la réalité,
14:36c'est que les multiples
14:36de valorisation des très grands groupes
14:38dont on parle hormis Tesla,
14:39c'est entre 20 et 30.
14:40Regardez les niveaux de valorisation
14:42des grandes valeurs
14:42lors des précédents de buts,
14:44que ce soit au Japon,
14:45à la fin des années 80,
14:46début des années 90,
14:47ou partout dans le monde
14:48au niveau des années 2000,
14:49on était sur des niveaux
14:50de valorisation
14:51qui étaient beaucoup plus élevés
14:52que ceux-ci.
14:53Donc la question de la cherté
14:54n'est pas un élément suffisant,
14:55en fait, pour faire baisser les marchés.
14:56Non, le vrai sujet,
14:58c'est jusqu'où l'élastique
14:59pourra se tendre,
15:00et le vrai risque,
15:00c'est d'abord de la radicalité politique.
15:02Et vous savez,
15:03c'est ce que nous,
15:03on fait jouer depuis très très longtemps,
15:05ce qu'on fait jouer aux États-Unis,
15:06c'est la thématique
15:07des trusts technophiles.
15:09Et ça, on y tient,
15:09c'est qu'en fait,
15:10ce n'est pas la techno
15:10qui l'emporte,
15:11c'est le trust,
15:12c'est la taille de la boîte
15:13qui est si importante
15:14et qui est si assise
15:15sur une montagne de cash
15:15que quelles que soient
15:17les conditions de marché,
15:18elle l'emporte.
15:19Elle continue, en fait,
15:20de capter des parts de marché
15:22et de manière
15:23de plus en plus importante.
15:23Et quand vous regardez
15:24la contribution microéconomique
15:26de ces grands groupes
15:27dans la croissance bénéficiaire,
15:28notamment du S&P 500,
15:29elle est colossale.
15:30C'est-à-dire qu'il y a une forme
15:30de quasi-prévisibilité
15:33de qui l'emporte
15:34sur le champ de la microéconomie,
15:36donc sur les marchés financiers.
15:37Vous savez comment ça se termine.
15:38Quand les huit plus grosses boîtes
15:40aux États-Unis pesaient
15:41il y a six ans maintenant,
15:4220% de la richesse créée,
15:4320% du PIB aux États-Unis,
15:45aujourd'hui,
15:46elles pèsent 80%.
15:47Quand un président,
15:49comme le président français,
15:50dit il y a une vidéo fausse
15:51qui circule sur moi
15:52que sur un coup d'État en France,
15:53il dit Facebook,
15:54faites quelque chose,
15:54on lui répond que non.
15:56La réalité,
15:56c'est que c'est déjà arrivé
15:57dans un temps passé très lointain
15:59au début du XXe siècle.
16:00Quand vous avez
16:01des entreprises privées
16:01qui deviennent si importantes
16:03qu'elles sont des concurrents
16:04légitimes de l'État,
16:05le risque principal,
16:06c'est la radicalité politique
16:08et c'est qu'il y a
16:08un changement profond
16:09au niveau du jeu
16:09qu'il est soit des coupes,
16:11soit contraignés.
16:12Et ce n'est pas le sujet de 2026
16:13parce que Donald Trump
16:14est très très pro-cyclique
16:15et peu radical en termes
16:17de politique intérieure,
16:18ce qui fait que 2026
16:19pourrait poursuivre
16:20la tendance sur laquelle
16:21les marchés se sont orientés
16:23en 2025.
16:24On est pris par le temps.
16:25Merci beaucoup en tout cas
16:26à tous les deux
16:26pour ce tour d'horizon.
16:27Pierre Sabatier,
16:28économiste et fondateur
16:29de PrimeVue
16:29et Stéphane Lévy,
16:30stratégie chez Irivest,
16:32IIM.
16:32Et puis,
16:33on est pris par le temps.
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