- il y a 3 mois
Retrouvez Le 18/19 d'Hedwige Chevrillon en replay.
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00:00BFM Business et la Tribune présente le 18-19 d'Edwis Chevrillon.
00:10Mon invité dans le 18-19, c'est tout d'abord Louis Gallois, co-président de la Fabrique de l'Industrie.
00:15Bonsoir Louis Gallois.
00:16Bonsoir.
00:17Merci d'être là.
00:18Beaucoup de questions à vous poser, notamment sur le grand ras-le-bol.
00:21On le sent bien ici à BFM Business, des industriels grands comme petits,
00:25mais on a vu quand même des témoignages assez forts.
00:27Et puis bien sûr, on reviendra sur la question du budget.
00:30Est-ce qu'il faut tailler dans les aides aux entreprises ?
00:32Est-ce qu'il faut continuer à les taxer ?
00:35Je connais déjà un peu votre réponse, mais ça va être intéressant
00:37parce qu'on a les derniers chiffres sur la désindustrialisation de la France.
00:40On voit quand même, on a beau dire, elle est quand même en marche.
00:43Vous nous direz qu'est-ce qu'il faut faire ou qu'est-ce qu'il faut maintenir ?
00:45Louis Gallois d'abord sur ce grand ras-le-bol des industriels.
00:49Après les grands patrons du secteur automobile et énergétique,
00:53c'est là, chez mes confrères des Echos,
00:55c'est les dirigeants d'Air France, KLM et Lufthansa, qui sortent du bois.
00:59Alors eux, c'est pour dire stop à l'Europe.
01:02On en a ras-le-bol de l'Europe, on en a ras-le-bol de toutes les mesures qui sont prises.
01:06Alors eux, ils prennent l'obligation qui pèse sur leurs seules épaules
01:09d'utiliser du carburant durable, l'interdiction du survol de la Russie,
01:13les avantages exorbitants consentis aux avions du Qatar,
01:16les freins mis par l'exécutif européen à toute opération de concentration, etc.
01:21La liste, elle est très longue.
01:22Quel est le climat des industriels que vous incarnez, Louis Gallois ?
01:26– Il y a deux choses.
01:27Ce que vous évoquez, c'est les questions européennes.
01:31Et je pense qu'il y a un vrai problème de gouvernance de l'Europe.
01:36Je crois que l'Europe est en échec sur trois sujets.
01:40Nous sommes dans la zone de croissance la plus faible du monde.
01:48Le rapport Draghi a montré que nous avions décroché en matière d'innovation et de technologie
01:53dans des proportions considérables.
01:56Il nous prévoit d'ailleurs, si nous ne changeons pas de cap, une lente agonie.
02:02Et troisièmement, nous sommes une puissance commerciale
02:05qui est incapable de faire jouer son poids dans le rapport de force
02:09avec les Américains et avec les Chinois.
02:12Donc je crois qu'il y a un vrai problème de gouvernance.
02:14Trop de réglementation.
02:17Les commissaires qui n'ont pas d'argent,
02:19puisque le budget de l'Europe est réduit comme ils veulent travailler,
02:25ils produisent de la réglementation.
02:27Ils produisent de la réglementation.
02:28Ils font la même chose avec le Parlement.
02:30Je pense que nous avons un vrai problème.
02:32Moi, je ne suis pas contre la réglementation.
02:35Mais cet abus de réglementation submerge les entreprises.
02:40Ça, c'est un premier aspect du ras-le-bol que vous évoquiez.
02:43Il y a un deuxième aspect qui est plus français.
02:45C'est que les chefs d'entreprise, et surtout ceux des PME,
02:51voudraient savoir où va le pays.
02:54Moi, je vous rappelle, on a fait un sondage à la Fabrique de l'Industrie,
02:58avec McKinsey, sur l'introduction des nouvelles technologies.
03:0350% des PME françaises ont un plan d'introduction.
03:1166% des Allemands, 66% des Allemands, 76% des Italiens.
03:16Et quand on leur demande pourquoi ils hésitent,
03:1950% des Français répondent,
03:22parce que je ne sais pas ce que sera l'environnement dans trois ans.
03:27En Allemagne, c'est 4%, et en Italie, c'est 0%.
03:32Et nous, nous sommes à 50% d'incertitude.
03:36Je pense qu'il y a péril dans la demeure.
03:40Et il y a urgence à redonner du cap.
03:43– Mais comment vous expliquez qu'on en arrive là ?
03:46Parce que, j'ai envie de dire, depuis 2017,
03:48on nous parle de la réindustrialisation de la France.
03:51Il y a quand même beaucoup d'argent qui a été déversé.
03:54Il y a eu France 2030.
03:56Vous, quand même, déjà en 2012,
03:58puisque c'est vous qui avez fait le fameux rapport gallois,
04:01vous avez un peu distillé cette politique de l'offre,
04:07qui devait être normalement propice aux entreprises.
04:11Aujourd'hui, si vous regardez les chiffres,
04:14la désindustrialisation, elle est quand même…
04:16– Non, la désindustrialisation…
04:18– Elle est en route, pardonnez-moi.
04:19– La désindustrialisation de 2016 à 2024,
04:24la désindustrialisation a été stoppée.
04:27L'emploi industriel a augmenté entre 2018 et 2024 de 6,8%.
04:32Et il y a eu plus d'usines créées que d'usines détruites.
04:36Le problème, c'est 2025.
04:392025, nous sommes repartis.
04:41– On est en dessous de 10%,
04:42mais même avant, on était en dessous de 10%.
04:44– Mais ça, ça n'a pas bougé.
04:46Pratiquement pas bougé.
04:47– On est quasiment à 9.
04:49– Vous savez, d'abord, le calcul de ce taux est extrêmement compliqué.
04:54Et d'autre part, je constate que l'emploi industriel avait repris.
04:59Le nombre d'entreprises créées avait augmenté.
05:02Et là, en 2025, nous repiquons, nous repiquons parce que…
05:07– Et pourquoi ?
05:08– Parce que le tissu industriel français ne sait pas très bien,
05:12ne sait plus où on va.
05:13– Oui, mais alors, pardonnez-moi, mais…
05:15– Les gens ne prennent pas de décision.
05:16– Oui, mais pourquoi ils ont besoin d'avoir un gouvernement ?
05:21– Mais ils ne savent même pas quelle fiscalité ils vont avoir.
05:25Ça les intéresse quand même de savoir quelle sera la fiscalité de l'an prochain.
05:29Ils ne le savent pas.
05:31Ils ne savent pas.
05:33On parle des aides publiques.
05:34Est-ce qu'il y aura encore un crédit d'impôt recherche ?
05:36À quelle mesure ? L'an prochain ?
05:38Vous savez, ils sont très sensibles à l'ère du temps.
05:43Et l'ère du temps, ce n'est pas vraiment un air du temps…
05:45– Justement, est-ce qu'ils ne sont pas trop sensibles ?
05:48Est-ce que le système français n'est pas trop dépendant de l'État
05:55à travers les 200 milliards, 211 milliards des deux entreprises,
05:59on y reviendra ?
06:00Vous voyez, est-ce qu'il n'y a pas un manque d'initiative ?
06:02– Peut-être que…
06:03– Pardonnez-moi, je me fais la critique.
06:05– Je n'en disconviens pas.
06:07Mais la situation est celle-là.
06:09Et je pense qu'il y a vraiment urgence à redonner un cap
06:13et qu'il y ait une visibilité à la politique.
06:16Et je propose, moi, que cette visibilité,
06:19ce soit celle de la production.
06:21Qu'on se batte pour la production.
06:22Je propose, moi, qu'il y ait un véritable pacte productif.
06:26Parce qu'on ne va pas faire rêver les Français
06:28avec la baisse du déficit.
06:32– Oui, mais…
06:33– Pour les entraîner, il faut leur dire
06:36on a besoin d'entrepreneurs et on a besoin de production.
06:39On a besoin d'ingénieurs, on a besoin de techniciens.
06:42C'est ça qui fait la vie de la France.
06:43– Oui, mais c'est ce qu'avait essayé de faire
06:48quand même Emmanuel Macron lors de son premier quinquennat.
06:50ce que vous avez essayé de faire avec François Hollande,
06:53avec le CICE.
06:55– Mais je pense…
06:55– Qu'est-ce qu'il faut encore ?
06:56– Qu'est-ce qu'il faut de plus ?
06:57– Non, mais il y a des choses qu'il faut faire.
06:59Je pense qu'il faut continuer la politique de l'offre.
07:02Mais il faut surtout donner de la visibilité, de la stabilité.
07:06C'est ça qui est important.
07:07La visibilité et la stabilité.
07:09Et puis il y a un certain nombre de réglementations
07:11quand même qui va falloir revoir.
07:13cette zéro artificialisation nette
07:18qui bloque la réindustrialisation de certaines régions,
07:23c'est quand même un problème.
07:23– Mais est-ce que c'est que ça ?
07:27Est-ce qu'il n'y a pas aussi peut-être…
07:30je ne sais pas, peut-être que la France
07:32ne sait plus tellement comment se réindustrialiser
07:36et devenir un pays de service
07:38comme l'ont souhaité des tas de libéraux en France par exemple.
07:41– Vous avez raison, il faut que les Français aient envie d'industrie.
07:47Il faut que les jeunes en particulier aient envie d'industrie,
07:49qu'ils aient envie de produire,
07:51qu'ils aient envie de s'engager dans l'industrie.
07:53Et ça c'est un travail qui concerne tout le monde,
07:55qui concerne l'éducation nationale.
07:57Moi je pense qu'il faut que l'éducation prenne en charge
08:00cette initiation à la production.
08:04Que les jeunes sachent la beauté que c'est de produire.
08:07Et puis il faut que l'industrie, les industriels,
08:10soient accueillants pour les salariés, pour leurs salariés.
08:14– C'est ce que vous essayez de faire à fabriquer de l'industrie.
08:15– Je pense que des efforts ont été faits,
08:17mais il y a encore des efforts à faire.
08:19– Lorsqu'on voit l'industrie agroalimentaire,
08:21je veux dire, quand même, c'était le fer de lance.
08:23Je ne parle pas de l'industrie automobile,
08:24parce que là, on va en dire un mot dans un instant, évidemment.
08:28Et comme vous avez dit, il y a aussi le versant européen
08:30qui est très très important,
08:32parce qu'il a été complètement sabordé par l'Union Européenne.
08:35Mais l'industrie agroalimentaire, je veux dire, c'est incroyable.
08:38La balance commerciale agricole, elle est déficitaire.
08:44Lorsqu'on voit d'où on vient, je veux dire,
08:46on se dit, mais qu'est-ce qui s'est passé en très peu de temps ?
08:49On l'a vu devant, et rien n'a été fait.
08:51– Et l'industrie agroalimentaire française n'est pas la moins dynamique.
08:57Elle est au contraire assez dynamique.
08:59Nous avons un problème de balance commerciale des produits agricoles.
09:02– Il y a 13 usines, vous vous rendez compte ?
09:06C'est quand même important.
09:07– Il y a eu certainement des réductions de capacité de production,
09:13mais il y a surtout un problème de produits agricoles.
09:17La France est en train de devenir un importateur de produits,
09:19un pays importateur de produits agricoles.
09:21Alors que nous avons un territoire qui est vaste,
09:24une densité assez faible,
09:26et une terre qui passait pour extrêmement productive.
09:29– Est-ce que vous avez déjà été aussi inquiétant au Galois ?
09:32– Pardon ?
09:32– Est-ce que vous avez déjà été aussi inquiet que vous ne l'êtes aujourd'hui ?
09:36– Je pense que je suis plus inquiet qu'avant.
09:40– Oui, c'est ce qui me frappe.
09:40– Je suis plus inquiet parce que je crois qu'il n'y a pas une prise de conscience suffisante
09:49des difficultés que rencontrent les entreprises actuellement.
09:55– Et en particulier les entreprises industrielles.
10:00Il n'y a pas cette prise de conscience au niveau français,
10:03et il n'y a pas cette prise de conscience au niveau européen.
10:06– Est-ce que finalement ce n'est pas Donald Trump qui a raison ?
10:10Est-ce que Louis Galois, vous qui êtes plutôt homme de gauche,
10:12vous dites que finalement pour l'industrie, il faudrait plutôt avoir un Donald Trump,
10:16le protectionnisme, les droits d'ouane, lorsqu'on voit que l'Europe est quand même ouverte ?
10:20Alors même si c'est une prise de conscience, il faut quand même voir que c'est en train d'évoluer un peu.
10:24– Je ne crois pas au protectionnisme.
10:26La France exporte quand même 600 milliards d'euros par an.
10:29Et ces 600 milliards d'euros, donc je ne voudrais pas qu'une politique protectionniste
10:34se traduise par une baisse de nos exportations.
10:38Deuxièmement, vous le savez, les Français consomment 60% de produits importés.
10:44– Ah oui, justement.
10:46– Si vous allez chez Action ou chez Lidl, vous verrez ce que c'est qui est produit étranger.
10:50– Il n'y a que des produits venus d'Asie, on va dire.
10:50– Donc moi j'ai le droit de le dire, vous n'avez pas le droit de le dire.
10:54Mais moi je pense que quand on a ces deux sujets,
10:59on ne peut pas être pour une politique protectionniste.
11:02Mais il ne faut pas être naïf non plus.
11:04Il faut être capable de riposter.
11:06Et quand l'Europe riposte, elle riposte avec un an et demi de retard par rapport aux Américains.
11:10Sur l'acier chinois par exemple, un an et demi de retard par rapport aux Américains.
11:15– C'est faux, et quand on va sur l'industrie automobile…
11:17– Donc il y a un problème évident de gouvernance au niveau européen.
11:20Il y a une prise de conscience qui doit s'exprimer aussi au niveau européen
11:24qu'ils auront besoin de la réciprocité.
11:27C'est-à-dire que quand on ne peut pas accéder au marché public en Chine,
11:29il ne faut pas que les Chinois puissent accéder dans le marché public.
11:33Moi je pense que…
11:34– Oui mais là vous plaidez dans le désert depuis très très longtemps vous Galois.
11:38– Je plaide dans le désert mais il y a toujours un jour où vous êtes entendus.
11:42Donc il ne faut pas, il faut être persévérant.
11:44– Une question tiens, parce que je ne sais pas si vous avez vu ce rapport du Sénat
11:49qui montre que l'industrie risque de disparaître,
11:52l'industrie automobile, notamment à cause des décisions qu'a prises l'Union Européenne.
11:58On est en face à une crise profonde et durable,
12:00le crash qui peut conduire à la disparition de l'industrie automobile.
12:06Qu'en pense l'ancien patron de PSA ?
12:08– Écoutez, la décision prise d'interdire à partir de 2035 les ventes de voitures thermiques
12:19est une décision qui a été prise sans aucune étude d'impact.
12:24Je suis formel, sans étude d'impact.
12:26Pour être tout à fait franc, elle fait trois pages.
12:31Alors que ça concernait la principale industrie européenne.
12:36Qui était prêt à répondre à cela ?
12:39L'industrie chinoise.
12:40Ils ont dix ans d'avance sur nous, sur la voiture électrique.
12:43Donc on a fait le lit de l'industrie chinoise.
12:48Et maintenant, il faut ramasser les morceaux.
12:50Et je pense que pour ramasser les morceaux,
12:52il va falloir que l'industrie automobile européenne soit soutenue.
12:59Et surtout, qu'on adopte une attitude différente aux avis d'importation chinoise.
13:05Quand j'essayais de vendre des Airbus en Chine,
13:08on me disait, oui, mais vous pouvez vendre des Airbus,
13:11mais vous devez coopérer avec Comac, l'entreprise qui fabrique des avions.
13:16Coopérer, ça voulait dire les aider.
13:18Oui, transfert de technologie, c'est ce qui se passe.
13:19Moi, je pense que maintenant, nous sommes un pays hébergeant
13:22sur un certain nombre de produits vis-à-vis des Chinois.
13:25Il faut faire la même chose.
13:26Vous voulez vendre des batteries en France ?
13:28Faites des jaunes ventures.
13:29Faites des sociétés communes avec les entreprises françaises,
13:32avec du transfert de technologie.
13:35Française ou européenne.
13:36Mais c'est ce qui est en train de se passer un petit peu.
13:38Ça évolue de ce côté-là.
13:39J'attends de voir combien de temps on va mettre pour se décider.
13:43Tiens, juste un point.
13:45Juste avant le week-end, j'en recevais Nicolas Dufourque,
13:48qui est directeur général de BPI France,
13:51et puis qui est administrateur de Stellantis.
13:53Et je lui posais la question en disant,
13:54lorsqu'on voit la nouvelle gouvernance de Stellantis,
13:58elle est complètement italienne.
14:01Non, elle n'est pas complètement italienne.
14:01Non, mais pas complètement.
14:03Alors, elle est fortement italienne,
14:06au détriment des Français.
14:08Il faut appeler un chat un chat.
14:09Et alors, attendez, juste sa réponse, il dit,
14:11mais de toute manière,
14:11ce n'est plus un enjeu de nationalité aujourd'hui pour Stellantis.
14:15Vous êtes d'accord avec lui ?
14:17Alors, moi, je suis plus patriotard, peut-être, que cela.
14:22Patriotard.
14:24Louis Galois, le patriotard.
14:28Actuellement, ce qui caractérise Stellantis,
14:30effectivement, c'est que le président du conseil,
14:33c'est John Elkahn, qui est italien,
14:35et le directeur général est également italien.
14:38– Voilà, et puis il y a deux nominations
14:40de deux nouveaux Italiens.
14:41– Oui, ça fait quand même beaucoup.
14:42– Parallèlement, il y a eu des nominations.
14:44– Excusez-moi, ça fait beaucoup.
14:45– Moi, j'ai connu ça chez Airbus.
14:47On compte les pions.
14:48Ce n'est pas ça le principal.
14:49Ce qui m'intéresse, c'est de savoir
14:50combien on va investir en Europe.
14:53– Ok.
14:53– Stellantis.
14:54– Mais ça, qui est plus tellement de pions français, quand même.
14:56– Non, mais…
14:57– Excusez-moi, vous avez été le patron de PSA.
14:59– Non, mais moi, j'ai vu ça chez Airbus.
15:01On compte les pions.
15:03Moi, je n'ai jamais compté les pions chez Airbus.
15:04– Ça a toujours été quand même un peu sympa.
15:06– Je n'ai jamais compté les pions.
15:07– Oui.
15:07– Et j'ai pu faire des nominations d'Allemands
15:10qui ont choqué la dépêche du midi.
15:13D'ailleurs, on ne me les a pas pardonnés, je peux vous dire.
15:16– Oui.
15:16– Et pourtant, moi, c'est mon prince…
15:18– Vous, vous étiez français et le patron.
15:20Vous voyez ce que je veux dire ?
15:21Il y avait un Français à la tête d'Airbus.
15:23– Non, mais j'avais un président du conseil de surveillance
15:25qui était allemand.
15:26– On est d'accord.
15:27Mais il y avait quand même un Louis Gallois.
15:29Là, il n'y a plus de Louis Gallois chez Stellantis.
15:32– Écoutez, je vous rappelle que Carlos Tavares,
15:33c'était portugais.
15:35– Oui, enfin, avec une double nationalité.
15:38– Non.
15:38– Je crois.
15:39– Non, il n'y a pas du tout là.
15:40– Je ne crois pas.
15:40– Par les Français comme vous et moi.
15:42– Non, non, je crois que ce qui est important,
15:44c'est que Stellantis vient d'annoncer 12 milliards de dollars
15:47d'investissement aux États-Unis.
15:49– J'espère qu'il va annoncer quelque chose de comparable en Europe.
15:53– Non, pour l'instant, il ferme ses usines.
15:54Vous avez vu que c'est une mise à l'arrêt,
15:55Sochaux, Poissy, donc on n'est pas complètement
15:58dans la même logique de croissance.
16:01Non, non, non, mise à l'arrêt.
16:02– Mais là, actuellement, quand il y a des surcroîtes de production,
16:06on met l'usine à l'arrêt.
16:08C'est clair, pendant 15 jours…
16:10– Et Poissy, vous pensez que c'est la logique…
16:11– Ce n'est pas la peine de stocker les voitures.
16:12– Et Poissy, c'est la logique de fermer ?
16:14– Pardon ?
16:15– De fermer Poissy, c'est ce qui va se passer ?
16:18– Poissy est un site sur lequel il y a 5000 personnes.
16:21– Oui, je sais bien.
16:22– Et notamment l'essentiel des fonctions support de Stellantis,
16:28direction des ressources humaines, direction de l'ingénierie, etc.
16:30Donc Poissy est un site important.
16:33Sur le plan de la production, c'est un site qui a un poids relativement limité.
16:39Mais le site de Poissy ne sera pas déserté par PES, par Stellantis.
16:44– C'est en termes de fermeture de l'usine elle-même.
16:49Alors maintenant, grand débat, il nous reste deux minutes, trois minutes sur la…
16:54Est-ce qu'il faut tailler dans les aides aux entreprises ?
16:57Notamment sur les exonérations de charges sociales,
17:00de charges de cotisation sociale.
17:02Vous avez amorcé le CICE et aujourd'hui, on voit que, même si ce n'est plus en activité,
17:11on voit que dans les tableaux des aides aux entreprises, du montant des aides aux entreprises,
17:15on dit beaucoup, regardez le CICE, ça a coûté…
17:18– Maintenant, c'est transformé en allégements de charges.
17:20– Maintenant, c'est transformé.
17:21Oui, mais à l'époque, on dit que ça a coûté très très cher, trop cher.
17:24Aujourd'hui, c'est des allégements de charges.
17:26Est-ce qu'il faut les supprimer et faire qu'aujourd'hui, du coup,
17:32les entreprises aient leur propre politique, je dirais, salariale, sans aides, sans exonération ?
17:38– Lorsqu'on regarde le total des prélèvements obligatoires,
17:43et qu'on en déduit les aides, travail, café, rex et code,
17:48il reste à la charge des entreprises en net 10% du PIB français.
17:53C'est 8% en Allemagne.
17:572%, ça fait près de 60 milliards d'euros.
18:01Donc, je pense que les entreprises françaises ne reçoivent pas des cadeaux.
18:07D'autre part, les aides, ce ne sont pas des cadeaux.
18:10Si on a fait l'allègement des charges sociales pour les bas salaires,
18:14c'est essentiellement pour des questions d'emploi.
18:17Et ça a permis la réduction du chômage.
18:19– Oui, mais maintenant, vous voyez bien que ça remonte, malheureusement.
18:24– Pas dans la proportion, ça a baissé.
18:27– Un, c'est de mettre peut-être une conditionnalité sur ces aides,
18:31et deux, de dire, mais de toute manière, les chaînes entreprises,
18:35ils vont embaucher, ils ont besoin d'embaucher, ils n'ont pas besoin d'aide.
18:38– Je trouve ça, ce débat, absolument curieux.
18:43Quand vous faites un allègement de charges sociales qui concerne toutes les entreprises,
18:47il n'y a pas une conditionnalité sur toutes les entreprises.
18:50Je ne sais pas combien il y a d'entreprises en France, mais c'est plus d'un million.
18:52Vous croyez que les services des impôts allant vérifier un million d'entreprises, ou plus ?
18:59Non, je pense que lorsqu'il y a une aide, comme le crédit d'impôt recherche,
19:03quand il y a une aide à l'investissement, bien sûr qu'il y a des questions de conditionnalité.
19:07Et si la condition n'a pas été remplie, il faut demander le remboursement à l'entreprise.
19:11– Je crois que c'est qu'il y a des excès, non ? Le crédit d'impôt recherche, je parle du crédit d'impôt recherche.
19:16– Oui, le crédit d'impôt recherche.
19:17– Il faut peut-être resserrer un peu les critères.
19:20– Je veux bien, mais ce que je constate, c'est que si les grandes entreprises font leur recherche en France,
19:27ce n'est pas à l'étranger, ce n'est pas ce qu'il y a de la crédit d'impôt recherche.
19:29Vous savez qu'un ingénieur coûte quand même 30% en France, plus cher qu'en Allemagne,
19:34parce qu'il y a un plafondant des charges sociales en Allemagne.
19:37S'il n'y avait pas le crédit d'impôt recherche, je ne sais pas ce que ferait Airbus avec son bureau.
19:40– Donc pour vous, il ne faut pas toucher aux aides des entreprises ?
19:44– Et pour les PME, pour les ETI, ça a permis de porter leur effort de recherche.
19:48Je constate que les entreprises françaises, prises l'une par une, font plus de recherche
19:52que toutes les entreprises européennes, à l'exception des Suédois.
19:55– Donc il faut tout maintenir, on ne change rien si je vous écoute le galoir.
20:00– Je ne dis pas qu'il ne faut rien changer, je dis qu'il faut regarder,
20:02il y a peut-être des questions de conditionnalité, il y a 2000 systèmes d'aide en France,
20:06c'est beaucoup trop, on peut peut-être faire le ménage.
20:08– Oui, on est d'accord.
20:10– Mais il y a aussi l'idée que certains eussent, on baisse les aides et on baisse les charges.
20:14– Oui, voilà, c'est un effacement parallèle pour reprendre l'expression de Patrick Bata.
20:18– Peut-être, dans une certaine proportion, peut-être.
20:20– Oui, d'accord, bon.
20:22Jean Casse-Sex à SNCF, c'est une bonne idée ?
20:24– Écoutez, je crois qu'il adore le chemin de fer,
20:27et c'est bien que le nouveau patron de la SNCF aime le chemin de fer.
20:30– Louis Gallois, toujours prudent, le patriotard, Louis Gallois.
20:34Merci beaucoup d'avoir été avec nous, en tous les cas,
20:37coprésident de la Fabrique de l'Industrie.
20:38– Sous-titrage Société Radio-Canada
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