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  • il y a 9 heures
Retrouvez Le 18/19 d'Hedwige Chevrillon en replay.

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00:00C'est La Tribune, présente
00:01Le 18-19 d'Edwige Chevrillon
00:06Vous êtes toujours dans le 18-19
00:11après avoir vu dans le domaine de la tech
00:14qu'est-ce qu'on peut faire, comment résister à Donald Trump
00:16on va voir si l'industrie, l'industrie française, européenne
00:19peut aussi essayer d'avoir des mesures de rétorsion
00:23vis-à-vis des Etats-Unis et de Donald Trump
00:26on va en parler avec l'ancien ministre de l'Industrie
00:28Marc Characci, bonsoir Marc Characci
00:29Merci d'être avec nous et puis avec moi à mes côtés
00:32ou face à vous, Mathieu Pechberti, grand reporter à BFM Business
00:35Bonsoir Mathieu
00:36Marc Characci, d'abord une question
00:38puisque maintenant vous êtes redevenu député ensemble pour la République
00:43des Français établis hors de franciens
00:45notamment la Suisse, Davos, ça dépend de vous
00:49Que faites-vous là ? Vous n'étiez pas à Davos ?
00:52Non, j'y étais l'année dernière, cette année je n'y étais pas
00:55et je n'y étais pas aussi parce qu'il y a un petit peu d'activité
00:58à l'Assemblée Nationale, vous le savez, avec les budgets budgétaires
01:01et avec beaucoup d'autres questions qui intéressent notamment les entreprises
01:04et notamment les entreprises industrielles
01:06donc je me dois aussi à mon poste et à mon mandat
01:09Est-ce que Donald Trump a fait une EPA sur Davos ?
01:12Enfin les Américains là ? Est-ce que Davos est devenu Américain à votre avis ?
01:15Je ne suis pas certain que la séquence qui s'est déroulée
01:18soit particulièrement favorable au président des Etats-Unis
01:21pour être complètement franc, j'ai plutôt vu un Donald Trump
01:24qui a au fond reculé sur l'annonce qu'il avait faite
01:28d'utiliser la force au Groenland
01:30et c'est plutôt une bonne nouvelle
01:31même s'il faut rester vigilant et il faut assurer le suivi de cette déclaration
01:35parce qu'on sait que le président des Etats-Unis
01:37Exactement, peut changer d'avis de manière assez fréquente et assez abrupte
01:42Je pense que le président de la République, je me dois d'en parler
01:46a eu des paroles très fortes
01:47des paroles très fortes sur la nécessité de préserver l'état de droit
01:51à l'échelle internationale
01:52c'est-à-dire de défendre le droit international
01:54sur la nécessité d'affirmer le dialogue contre la brutalité
02:00qui est aujourd'hui malheureusement la grammaire
02:02qui est utilisée par le président des Etats-Unis
02:04donc je pense que c'était des messages importants
02:07d'ailleurs il n'a pas été le seul à les porter
02:08je note que le Premier ministre canadien
02:10a porté également ce type de messages
02:11et de ce point de vue
02:13il y a une forme d'unité qui est en train de poindre
02:15que je trouve assez rassurant
02:17Et un geste quand même, moi j'ai trouvé très fort
02:20sans doute le geste le plus important
02:22en tous les cas de la riposte à Trump
02:26et les propos qu'il a tenus
02:27c'est Christine Lagarde
02:29donc présidente de la Banque Centrale Européenne
02:30qui en plus est presque la patronne de Davos
02:33lors d'un dîner où il y avait un Américain
02:36qui a tenu, on ne va pas le nommer pour ne pas trop pointer du doigt
02:39mais qui a tenu des propos très désagréables
02:42sur l'Union Européenne
02:43elle s'est levée au milieu du dîner
02:44elle est partie
02:45Je pense qu'on peut le nommer
02:46c'est Howard Lutnik
02:47qui est le secrétaire d'Etat américain au commerce
02:49le secrétaire américain au commerce
02:51et effectivement je pense que
02:53ça participe d'un état d'esprit général
02:55tout ça
02:56c'est-à-dire l'idée de ne plus se laisser marcher sur les pieds
02:59l'idée d'affirmer une forme de force et de puissance européenne
03:02et nous sommes forts et puissants quand nous sommes unis
03:05je pense que de cela les Américains doivent être conscients
03:08ils doivent rester des partenaires
03:10aujourd'hui ils sont des partenaires un peu moins fiables qu'avant
03:12il faut qu'on retrouve un petit peu le chemin de la raison
03:14Oui, Mathieu Pachberti
03:17Non mais avant de parler des rapports de force
03:19industrielles et commerciaux
03:20il y a effectivement d'abord les rapports de force purement politiques
03:23et des paroles politiques
03:24on voit que les dirigeants de l'Union Européenne
03:26sont relativement faibles
03:28les rares voies qui s'élèvent
03:30comme celle d'Emmanuel Macron
03:31qui essaye de batailler un petit peu
03:32n'est pas vraiment en suivi
03:34Ursula von der Leyen est quand même
03:35politiquement très faible
03:37et donc face effectivement
03:38Fédéric Merce donc quand même
03:39face effectivement à un fort en gueule
03:42pardon l'expression comme Donald Trump
03:44il faut effectivement cogner
03:45et ce geste de Christine Lagarde est symbolique
03:47je ne suis pas sûr qu'il reste non plus
03:49qu'il soit très efficace
03:51mais il est symbolique
03:51il faut que ce soit suivi de faits politiques
03:53exactement
03:54Vous me direz le président Macron
03:56a quitté Davos mardi soir
03:59Vous parliez du discours du Premier ministre canadien
04:02a été extrêmement fort
04:03et d'ailleurs si nous l'avons entendu
04:05et si beaucoup de gens l'ont entendu
04:06c'est qu'effectivement
04:07dans un premier temps
04:09c'est la seule réponse à Donald Trump
04:11c'est d'abord une réponse très politique et très forte
04:12Marc Ferracci je voudrais peut-être juste un mot
04:15qu'on fasse un petit détour par la France
04:16par l'Assemblée Nationale
04:18puisque vous arrivez de l'Assemblée Nationale
04:21on voit quand même que
04:23c'est un climat électrique très difficile
04:27il y a eu vraiment une séance
04:28très très très houleuse
04:32aujourd'hui vous l'avez vécu ?
04:34Oui je l'ai vécu
04:35j'arrive directement de l'hémicycle
04:37pour vous rejoindre
04:38au fond il n'y a pas grand chose de nouveau
04:41dans ce qui s'est passé
04:41qu'est-ce qui se passe ?
04:43et bien vous avez les deux extrêmes
04:44l'extrême droite
04:44le Rassemblement National
04:46et l'extrême gauche
04:46Sébastien Chenu qui est présidé
04:48la France Insoumise
04:48alors je ne parle pas du président
04:50parce que le président a une posture de neutralité
04:51là c'était Sébastien Chenu
04:53mais je parle de ce qui s'est passé
04:54entre l'extrême droite et l'extrême gauche
04:56il y a eu effectivement
04:57beaucoup de vociférations
04:59beaucoup d'agressivité
05:00il se trouve que
05:01les sujets qui étaient discutés
05:03étaient des sujets
05:04probablement de nature polémique
05:07en tout cas qui se prêtaient
05:08à ce genre d'échange
05:09extrêmement vif
05:11entre les extrêmes
05:13mais je le regrette évidemment
05:15parce qu'il faut bien dire quelque chose
05:17et là je parle notamment
05:18de la France Insoumise
05:19c'est qu'ils nous tendent un piège
05:21à nous autres
05:22qui sommes au fond des modérés
05:24au centre de l'hémicycle
05:25et au centre du jeu politique
05:27le piège qu'ils nous tendent
05:29c'est qu'ils n'ont pas simplement
05:30envie de faire prévaloir leurs idées
05:32ils ont envie de dégrader les institutions
05:33et en particulier l'institution
05:35de l'Assemblée Nationale
05:36parce qu'ils sont dans une logique
05:38de chaos et de bouleversement
05:39donc je pense qu'il ne faut pas
05:40tomber dans ce piège
05:41moi pour ma part
05:42j'essaie de rester calme
05:43et parfois je m'isole un petit peu
05:44quand je suis au milieu des débats
05:46mais il faut faire attention à ça
05:48Oui on va quand même dire
05:49que demain
05:49c'est après l'article 49.3
05:52qui a été déclenché
05:52par le Premier ministre
05:53donc demain matin
05:55ce sont les motions de censure
05:57qui vont être
05:57de LFI
05:58du Rassemblement National
05:59qui vont être
05:59de discuter
06:00juste un tout petit détail
06:02enfin pas un détail
06:02très important sur le fond
06:03mais comme on a
06:04d'autres sujets à aborder
06:05Marc Ferrati
06:06le 1er mai
06:07tous au boulot
06:08c'est les LR
06:10qui ont proposé ça
06:12est-ce que vous êtes
06:13est-ce que vous êtes favorable
06:14moi je suis
06:15le fait de faire travailler
06:17du moins
06:17des boulangers
06:18des artisans
06:18qui ont besoin d'être ouverts
06:20ou qui veulent être ouverts
06:21moi je suis favorable
06:22à une certaine liberté
06:24et au maximum
06:25de liberté possible
06:26dans le travail
06:27le travail du dimanche
06:28et le travail
06:29lors des jours fériés
06:29c'est quelque chose
06:30de sensible
06:31parce qu'il faut aussi
06:31préserver
06:32les temps familiaux
06:33les temps collectifs
06:34c'est ça qui est en jeu
06:35derrière cette problématique
06:37oui ce sont des acquis sociaux
06:38tout à fait
06:39maintenant je pense
06:40qu'on peut trouver
06:40des équilibres
06:41un petit peu différents
06:42et il y a une demande
06:43qui vient du terrain
06:43sur ce sujet là
06:44il y a une demande
06:44qui vient des artisans
06:45vous avez parlé des boulangers
06:46vous avez parlé des commerçants
06:47ce à quoi il faut veiller
06:49c'est ça qui sera
06:50je pense
06:51l'enjeu de l'examen
06:52de cette proposition de loi
06:53c'est qu'il y ait
06:54des garde-fous
06:55pour les salariés
06:55qui eux
06:56ne souhaitent pas travailler
06:57vous savez qu'il y a
06:57parfois un rapport de force
06:58un peu asymétrique
06:59entre l'employeur
07:00et le salarié
07:01c'est ça qu'il faut arriver
07:02à protéger
07:04c'est la situation
07:05des salariés
07:06qui ne seraient pas
07:06forcément volontaires
07:07pour travailler
07:08alors revenons sur
07:09cette guerre commerciale
07:10est-ce qu'il faut sortir
07:11le bazooka commercial
07:12ou pas
07:13c'est donc cet instrument
07:14de anti-coercition
07:16on s'en souvient
07:17lorsque vous étiez
07:18ministre de l'industrie
07:20Marc Ferrati
07:21déjà vous aviez prôné
07:22c'était je crois
07:23en juillet dernier
07:23vous aviez prôné
07:24la fermeté
07:25bon
07:26vous n'avez pas vraiment
07:27été suivi
07:28un an après
07:29enfin quasiment
07:30un an après
07:30on est toujours à peu près
07:31au même point
07:31en train de se demander
07:32qu'est-ce qu'il faut faire
07:33est-ce que vous pensez
07:34vraiment que la fermeté
07:35c'est ce qui peut arrêter
07:37Donald Trump
07:38et surtout
07:39c'est quelle méthode
07:40qu'est-ce qu'il faut faire
07:40merci de le rappeler
07:42c'est vrai que
07:42au moment
07:43c'est-à-dire l'été dernier
07:44où Donald Trump
07:45a imposé ses tarifs
07:47moi j'étais partisan
07:48on était un certain nombre
07:49notamment au gouvernement français
07:51à l'aide
07:51mais pas forcément
07:52à l'échelle européenne
07:53d'une fermeté
07:54assumée
07:55revendiquée
07:56et surtout d'une unité
07:57européenne
07:57pour utiliser les armes
07:58que nous avons
07:59à notre disposition
07:59notamment cet outil
08:01anti-coercition
08:02qui vise par exemple
08:04à fermer la commande
08:05publique européenne
08:06à des acteurs
08:07qui peuvent être américains
08:08c'est quelque chose
08:09de très puissant
08:10c'est quelque chose
08:10qu'il faut utiliser
08:11avec parcimonie
08:12vous voyez qu'encore aujourd'hui
08:13on se pose la question
08:14alors on va le faire
08:15on ne va pas le faire
08:15il faut quand même
08:17garder son sang-froid
08:19pourquoi ?
08:19parce qu'on le voit
08:20les déclarations
08:22de Donald Trump
08:22changent quasiment
08:24d'heure à heure
08:24en tout cas
08:25de jour en jour
08:25un jour
08:26il annonce
08:27qu'il va imposer
08:28200% de droits de douane
08:29sur les vins et spiritueux
08:30parce que la France
08:32refuse par exemple
08:33d'intégrer
08:35le conseil de la paix
08:36qui vient de monter
08:37et puis il revient
08:39sur cette idée
08:39il annonce
08:41qu'il va pénaliser
08:42les pays
08:42qui défendent
08:44l'intégrité territoriale
08:45du Groenland
08:46et puis ensuite
08:46il revient en arrière
08:47parce qu'il considère
08:49que ça n'est plus
08:50le sujet
08:50donc je pense que
08:52la première des réponses
08:53à Donald Trump
08:53c'est le calme
08:54le sang froid
08:55il ne faut pas tomber
08:56dans la fébrilité
08:56et ensuite
08:57si effectivement
08:58les menaces se concrétisent
09:01si les menaces se concrétisent
09:02et en particulier
09:03si elles étaient concrétisées
09:04sur le sujet du Groenland
09:05je pense qu'on serait
09:06dans un cadre d'école
09:07de ce qu'on appelle
09:08la coercition
09:09c'est-à-dire
09:09tordre le bras
09:10de vos adversaires
09:11pour obtenir
09:12quelque chose
09:13qu'ils ne souhaitent pas
09:13vous donner
09:14donc à ce moment-là
09:15je pense que l'outil
09:16anti-coercition
09:17a vocation à être utilisé
09:19c'est une évidence
09:20et j'espère que les Européens
09:21en sont convaincus
09:22parce que la plus grande force
09:23des Européens
09:23c'est évidemment
09:24leur unité dans cette affaire
09:25ils ne le sont toujours pas
09:27justement sur ce point
09:28c'est plus une question
09:30effectivement
09:30les Européens
09:32ne sont pas alignés
09:33en tout cas
09:33ne sont pas l'aide
09:34sur ce point-là
09:34je suis un peu moins
09:35critique que vous
09:37parce que je constate
09:38quand même
09:38c'est pas d'être critique
09:40c'est d'être salvateur
09:40je ne partage pas tout à fait
09:43ce constat
09:44tout simplement
09:46parce qu'on voit bien
09:47que Donald Trump
09:48a reculé sur le Groenland
09:49est-ce que c'est définitif
09:51ça n'est pas sûr
09:52c'est pour ça qu'il faut
09:53être prudent
09:53mais je constate quand même
09:55que le fait
09:56comme vous le disiez tout à l'heure
09:57de monter le ton
09:58sur le plan politique
09:59mais aussi
09:59de bien expliciter
10:01ce que sont les armes
10:01à notre disposition
10:02la riposte commerciale
10:04dont nous sommes capables
10:05et le poids
10:05de 450 millions d'Européens
10:07qui est un marché
10:08dont les Américains
10:09ne peuvent pas se passer
10:10je pense que tout ça
10:11ça joue
10:11est-ce que ça joue
10:12de manière pérenne
10:13on sait que Donald Trump
10:14est imprévisible
10:15donc il faut rester vigilant
10:16et rester ferme
10:17Mathieu Pachberti
10:18quels sont les secteurs
10:19qui sont les plus touchés
10:21je dirais
10:21par ces droits de douane
10:22alors Marc Ferretti
10:24disait à l'instant
10:25qu'on est effectivement
10:25un marché
10:26dont les Américains
10:26ne peuvent pas se passer
10:27moi il me semble
10:28que c'est ça
10:29la véritable arme
10:31des Européens
10:33au-delà
10:33je disais tout à l'heure
10:34de l'arme politique
10:36qui est évidemment indispensable
10:37et qui est dans le jeu
10:38diplomatique habituel
10:39il faut derrière
10:40des munitions
10:41et pour moi
10:42la première des munitions
10:43ou l'une des munitions
10:44importantes c'est effectivement
10:44les achats
10:45de produits dits énergétiques
10:47donc en gros le gaz
10:47et surtout
10:48le gaz naturel
10:49du café
10:49vous vous souvenez
10:50que Donald Trump
10:50il y a quelques mois
10:51avait voulu
10:51ou avait dit
10:52qu'il avait décroché
10:53un accord avec l'Union Européenne
10:54en disant qu'on allait lui acheter
10:55750 milliards d'euros
10:56de produits énergétiques
10:58sur trois ans
10:58et donc tout le monde
10:59était tombé de sa chaise
11:00en se demandant
11:02d'où sortait cet accord
11:03évidemment il ne sortait
11:04comme souvent
11:05avec Donald Trump
11:05de nulle part
11:06l'Union Européenne
11:08achète en gros
11:0940 milliards d'euros
11:10de gaz par an
11:11aux Américains
11:12et évidemment
11:12c'était trois fois moins
11:14environ avant la guerre
11:16en Ukraine
11:16donc on achète énormément
11:17de gaz
11:18donc c'est à dire que
11:18le rapport de force
11:19est en notre défaveur
11:21et de plus en plus
11:21en notre défaveur
11:22depuis la guerre en Ukraine
11:23puisque le gaz américain
11:25a remplacé le gaz russe
11:26vous voyez
11:26je regardais les chiffres
11:28qui viennent de tomber
11:29en tout cas
11:30que je viens d'avoir ce matin
11:31la part du gaz naturel
11:32liquéfié
11:33qu'on achète aux Etats-Unis
11:35est passée de 40%
11:36en 2024
11:37à 55%
11:38des approvisionnements
11:38en gaz naturel liquéfié
11:39de l'Union Européenne
11:41dit autrement
11:41si on veut dire à Trump
11:43maintenant qu'on t'achète
11:44énormément de gaz
11:45on n'en achète plus
11:46ou surtout
11:47on en achète beaucoup moins
11:47il faut trouver du gaz ailleurs
11:50c'est l'effet de substitution
11:51donc s'il faut aller acheter
11:52du gaz ailleurs
11:53au Qatar
11:55éventuellement
11:56aux Australiens
11:58c'est beaucoup plus loin
11:59donc c'est beaucoup plus cher
12:00donc
12:00tout ça
12:02ça s'anticipe
12:02ça prend du temps
12:03on a bien vu que
12:04l'Union Européenne
12:05quand elle a remplacé
12:06le gaz russe
12:06par du gaz américain
12:07ça a pris du temps
12:08on voit que
12:08ces augmentations
12:09de volume
12:10c'est 2-3 ans
12:11donc il faut
12:12c'est une riposte
12:13qui ne se fait pas
12:14en 15 jours
12:15encore moins en 6 mois
12:16vous avez raison
12:17il y a
12:17deux éléments de réponse
12:19à cette dépendance
12:20qui est en train
12:21de devenir
12:21un peu plus
12:22une dépendance
12:22aux Etats-Unis
12:23qu'à la Russie
12:23parce que
12:24l'Union Européenne
12:24a fait le choix
12:25de sortir de la dépendance
12:27au gaz russe
12:27et à l'horizon 2027
12:29ce sera à peu près
12:30concrétisé
12:30mais évidemment
12:31il faut substituer
12:33donc la première réponse
12:34c'est de diversifier
12:35ces approvisionnements
12:36de diversifier
12:36ces approvisionnements
12:37vous faites référence
12:38à ce qui a été
12:39effectivement
12:39dealé
12:41si je puis dire
12:41à l'été
12:42à l'été 2025
12:44par Donald Trump
12:45c'est-à-dire
12:45des tarifs
12:47raisonnables
12:48mais contre
12:49des achats d'énergie
12:50à hauteur de 750 milliards
12:51et de défense
12:52on dira après
12:52et des investissements
12:53600 milliards d'euros
12:54d'investissement
12:55il faut bien comprendre
12:56quelque chose
12:57c'est que
12:57ces 750 milliards d'euros
12:59vous l'avez dit très bien
13:00c'est un chiffre
13:01qui est absolument
13:02inatteignable
13:03absolument inatteignable
13:04donc qu'est-ce que c'est
13:05au fond que ce chiffre
13:06c'est un alibi
13:08dont peut user
13:09l'administration américaine
13:11pour rehausser les tarifs
13:13s'il le souhaite
13:13en disant
13:13regardez vous ne m'avez pas
13:14acheté l'énergie
13:15qu'on avait évoquée
13:17et donc je remonte
13:18les tarifs
13:19c'est ce que je disais
13:19moi à l'époque
13:20je disais
13:20on n'est pas capable
13:22de satisfaire
13:24à ces achats
13:25ou à ces investissements
13:26et d'ailleurs
13:26ce n'est pas
13:27l'Union Européenne
13:27en tant que gouvernement
13:28ou l'Union de gouvernement
13:29qui décide des investissements
13:31ou des achats
13:31ce sont aussi
13:31les acteurs privés
13:32donc ça
13:33on ne sait pas le dire
13:34et donc ça
13:35c'est un élément
13:35la coercition
13:36le fait d'affirmer
13:37ce chiffre
13:38ensuite la deuxième réponse
13:39et je veux finir mon propos
13:40ce n'est pas la diversification
13:42c'est
13:43la sortie des dépendances
13:45vis-à-vis des énergies fossiles
13:46ça veut dire électrifier
13:48ça veut dire
13:49faire en sorte
13:49d'aller vers le nucléaire
13:51vers les énergies renouvelables
13:52vers tout ce qui est décarboné
13:54parce qu'aujourd'hui
13:55le gaz
13:55le pétrole
13:56je parle pour la France
13:57c'est 70 milliards
13:5865-70 milliards
13:59de factures
14:00sur notre balance commerciale
14:01et quand
14:02un Poutine
14:03décide de fermer
14:03le robinet du gaz
14:04on est obligé
14:05d'en dépenser
14:06à peu près autant
14:06pour protéger
14:07les Français
14:07contre la hausse
14:08donc on voit bien
14:09qu'on a une stratégie
14:11qui est forcément
14:11vous l'avez bien dit
14:12une stratégie de moyen
14:13et de long terme
14:13mais il faut aller vers
14:14cette stratégie
14:15sortir de la dépendance
14:16aux énergies fossiles
14:16juste un petit déto
14:18je ne sais pas si
14:18dans le discours
14:18vous avez écouté hier
14:19Donald Trump
14:20dans son discours
14:21il a taclé
14:22la sortie du nucléaire
14:24des Allemands
14:26en disant
14:26que la tragédie
14:28verte
14:29de l'Allemagne
14:31qui est sortie
14:31du nucléaire
14:32et qui a complètement
14:34plié
14:34toute sa politique
14:36nucléaire
14:37face à des gens
14:38stupides
14:38il a eu des propos
14:39qui étaient absolument
14:40d'une force
14:42et d'une violence
14:42inouïe par rapport
14:43aux verres
14:44qui ont effectivement
14:44conduit notamment
14:45les Allemands
14:46à sortir du nucléaire
14:48alors je voudrais
14:48qu'on continue
14:49ça c'était l'énergie
14:50l'industrie de défense
14:51parce que ça
14:52c'est un point
14:53quand même
14:53très important
14:54parce que ça faisait
14:55partie du deal
14:56on l'a bien vu
14:57on en parlait à l'instant
14:58dans tout ce qui est
14:59investissement
15:00technologie
15:00c'est 1000 milliards
15:02investis aux Etats-Unis
15:03dans les logiciels
15:04et notamment
15:05dans les logiciels
15:06de l'industrie de défense
15:08qu'est-ce qu'on peut faire
15:10et tiens
15:11j'en profite juste
15:11pour dire que
15:12demain surtout
15:13ne manquez pas
15:13à 12h30
15:14l'interview
15:15de Catherine Vautrin
15:16par Michel Cabirol
15:19et Jean-Baptiste Huet
15:20dans une nouvelle émission
15:21qui s'appelle
15:21Air Défense
15:22donc très intéressant
15:23d'avoir sa réponse
15:25qu'est-ce qu'on peut faire
15:26on voit les Danois
15:28les Allemands
15:29qui achètent tous
15:30des F-45
15:30parce que justement
15:31ils ont besoin
15:33pardon
15:34des F-35
15:35j'ai dit quoi ?
15:3645
15:36mais c'est pas grave
15:37F-35 évidemment
15:39qu'est-ce qu'on peut faire
15:41est-ce qu'on a vraiment
15:42les moyens
15:43de construire
15:43l'industrie de défense
15:44et de leur dire stop ?
15:46Alors
15:46évidemment que
15:47l'horizon qu'on se donne
15:48et je pense qu'on est
15:49en train d'y aller
15:50c'est de s'autonomiser
15:52pas simplement
15:53d'un point de vue énergétique
15:55mais aussi sur notre base
15:56industrielle
15:56notamment sur l'industrie
15:57de défense
15:57mais ça prendra du temps
15:58il faut bien se le dire
15:59on n'a pas aujourd'hui
16:01la capacité
16:03à produire les volumes
16:04que nécessite
16:05le fait de tenir
16:06un conflit
16:07de haute intensité
16:08comme on l'appelle
16:08comme le conflit ukrainien
16:10en France
16:11notre base industrielle
16:12et technologique de défense
16:13c'est 200 000 emplois
16:15c'est 4 000 entreprises
16:15et capable de produire
16:16à peu près tout ce qu'on a
16:18besoin d'avoir
16:19sur un champ de bataille
16:20mais pas forcément
16:20en grande quantité
16:22et donc
16:22il faut qu'on assume
16:24cette transition
16:25mais d'ici là
16:26ce qui est vrai
16:27c'est qu'on a toujours
16:28besoin
16:29en tout cas
16:30certains pays
16:30qui ont l'habitude
16:31d'acheter américain
16:32et bien
16:32ont besoin
16:33d'assumer cette transition
16:34moi ce que j'espère
16:35c'est que derrière
16:36les achats de F35
16:38et bien
16:39on structure notre filière
16:40industrielle de défense
16:41de telle sorte
16:42qu'on soit capable
16:43dans 5 ans
16:43dans 10 ans
16:44de répondre
16:44j'y crois profondément
16:46je vais vous dire pourquoi
16:47d'abord parce que
16:48les européens
16:49se sont réveillés
16:49sur ce sujet
16:50et un pays
16:51comme l'Allemagne
16:52regardez le scaf
16:53c'est un exemple
16:55de coopération difficile
16:57entre l'Allemagne
16:58mais néanmoins
16:59les européens
17:00se réveillent
17:01sur l'idée même
17:02de dépenser
17:02beaucoup plus
17:03pour leur défense
17:03et je pense en particulier
17:04à l'Allemagne
17:05qui a décidé
17:05de dépenser
17:06100 milliards d'euros
17:07pour sa défense
17:08ça c'est quelque chose
17:09qui change le jeu
17:11ensuite effectivement
17:12la question
17:12c'est de savoir
17:13si en même temps
17:14qu'on s'autonomise
17:16d'un point de vue militaire
17:17on s'autonomise aussi
17:18d'un point de vue industriel
17:19c'est-à-dire vis-à-vis
17:20des armements américains
17:22ce qu'il faut bien rappeler
17:23quand même
17:24c'est pour utiliser
17:25et c'est ce que commencent
17:25à reconnaître
17:26des pays comme le Danemark
17:27qui sont menacés
17:29par les Etats-Unis
17:30avec le Groenland
17:30c'est que pour utiliser
17:31des armes américaines
17:32il faut l'autorisation
17:33des américains
17:34donc à un moment
17:35à un autre
17:35l'instabilité
17:36et la versatilité
17:38et la versatilité
17:40tout à fait
17:40la versatilité
17:41de l'administration
17:41américaine
17:43et de Donald Trump
17:43devrait faire réfléchir
17:45beaucoup les gens
17:45non mais effectivement
17:46je rejoins la critique
17:47ou en tout cas
17:48la remarque d'Edwige
17:49sur l'exemple de la défense
17:51où il y a effectivement
17:51ce mouvement
17:52mais de manière contradictoire
17:53les pays européens
17:55n'achètent pas
17:55assez européens
17:56et quand on essaye
17:57de faire des projets communs
17:59alors effectivement
18:00le SCAF est à la fois
18:01ou le bon exemple
18:02ou le mauvais
18:03parce qu'il y a aussi
18:04des exemples
18:05de projets industriels communs
18:06qu'on arrive à mener
18:07mais l'avion du futur
18:07n'arrive pas à être
18:08mis en place
18:09avec deux groupes
18:11quasiment français
18:11Airbus
18:12qui est franco-allemand
18:13mais Edasso
18:14et où là
18:15je reviens au premier point
18:16dont on parlait au début
18:16de notre discussion
18:17le pouvoir politique
18:18le poids politique
18:19n'est pas assez fort
18:20pour enjoindre
18:22ces industriels
18:22de travailler ensemble
18:23là où aux Etats-Unis
18:24il y a une seule parole politique
18:25et on revient
18:26de manière inextricable
18:28sur cette divergence
18:30de politique en Europe
18:31vous avez raison
18:31vous avez raison
18:31mais je vais vous donner
18:32un contre-exemple
18:33un contre-exemple
18:33très important
18:34dans le domaine
18:34du spatial
18:35dans le domaine
18:36du spatial
18:36on vient d'annoncer
18:37un projet fondamental
18:39une constellation
18:40de satellites européennes
18:41avec trois acteurs
18:43Thales, Airbus
18:45et Leonardo
18:45qui est italien
18:46et ça c'est un élément
18:47de souveraineté
18:48donc vous avez raison
18:49il y a des projets
18:50qui patinent
18:51qui ne marchent pas
18:51mais il y a aussi
18:52des projets qui éclosent
18:53vous avez raison
18:53et puis il faut plutôt
18:54regarder ceux-là
18:55ceux qui marchent
18:56rapidement rapidement
18:56un dernier petit point
18:57je pense qu'il y a
18:58un dernier petit point
18:58parce que personne ne l'évoque
19:01il y a beaucoup d'investisseurs
19:01financiers américains
19:02qui sont présents
19:03à la fois en France
19:04et en Europe
19:04et ça je pense que c'est aussi
19:06un sujet qui doit être étudié
19:08parce que la force financière
19:09des Etats-Unis
19:09passe par
19:10les grands fonds d'investissement
19:12les grandes banques américaines
19:13BlackRock
19:14et nous en France
19:15est-ce qu'il ne faut pas
19:16commencer à mettre
19:19non pas le holà définitif
19:20mais en tout cas
19:20à freiner ses investissements
19:21ou à menacer cela
19:23c'est important
19:24et puis je pensais
19:24à la parole
19:25du Premier ministre canadien
19:26qui vient d'arriver
19:27finalement est-ce que
19:28les ennemis de nos ennemis
19:29ne sont pas nos futurs amis
19:30et est-ce qu'il ne faut pas
19:31une sorte d'alliance
19:32comme lui le dit
19:33des puissances moyennes
19:35je le pense
19:36et je vous réponds
19:36sur la question du financement
19:37très rapidement
19:38il faut être en défense
19:39quand il y a des enjeux
19:40de souveraineté
19:41c'est-à-dire
19:41quand les investissements
19:43peuvent mener
19:44à l'acquisition d'actifs
19:45qui sont stratégiques
19:46et ça il faut faire
19:48très attention
19:48on a une procédure
19:49que moi-même
19:50en tant que ministre
19:50j'ai beaucoup utilisée
19:52qui est la procédure
19:52de contrôle des investissements
19:53étrangers en France
19:54et il faut l'utiliser
19:55avec la plus grande rigueur
19:55il y en a de plus en plus
19:56il y en avait 100
19:57il y a 10 ans
19:58par an
19:58il y en a 400 aujourd'hui
19:59par an
19:59et plus de la moitié
20:01de ces contrôles
20:02aboutissent
20:02soit à des interdictions
20:04soit à des réserves
20:04sur la structure
20:05des investissements
20:06ça c'est le premier
20:07le deuxième point
20:08c'est qu'on doit aussi
20:09être offensif
20:10et se doter
20:10de nos propres outils
20:11de financement
20:12et moi je dis un truc
20:12très simple
20:13deux trucs
20:14un, il faut intégrer
20:15le marché européen
20:16des capitaux
20:17deux, il faut aller
20:19vers la capitalisation
20:19en matière de retraite
20:20parce que ce sont aussi
20:22les fonds de pension
20:22qui donneront la capacité
20:24de financer
20:25nos investissements
20:26industriels
20:26en franco-français
20:27Marc Ferrati
20:29qu'est-ce que vous répondez
20:30à Vladimir Zelensky
20:32qui a dit
20:32l'Europe est fragmentée
20:34et perdue
20:35face à Trump
20:35je ne partage pas
20:37ce sentiment
20:38parce que je vois
20:39les lignes bouger
20:40je vois les lignes bouger
20:41en écoutant
20:42à la fois
20:42le président Macron
20:43le chancelier Mers
20:44qui vis-à-vis
20:46des Etats-Unis
20:47je parle du chancelier
20:48a une posture
20:49beaucoup plus ferme
20:50que ne l'avait
20:51les précédents allemands
20:52rien n'a bougé en un an
20:53très sincèrement
20:55on est obligé
20:57de faire avec la versatilité
20:58de Trump
20:58c'est-à-dire qu'on est obligé
21:00de ne pas forcément
21:01prendre pour argent comptant
21:02toutes ces déclarations
21:03c'est un exercice
21:05très difficile
21:05parce que c'est déjà
21:07très difficile
21:07d'assumer un rapport de force
21:08mais quand en plus
21:09il change toute la journée
21:09ou tous les jours
21:10c'est très compliqué
21:12moi je pense que
21:13les Européens
21:13ont pris conscience
21:14du fait que l'Ukraine
21:15était leur première ligne
21:16de défense
21:17vis-à-vis de la Russie
21:18ils ont pris conscience
21:19du fait que
21:20Poutine ne s'arrêtera pas
21:21au Donbass
21:22c'est-à-dire à l'est
21:23de l'Ukraine
21:23dans sa démarche de conquête
21:25qu'il ira jusqu'à Kiev
21:26et qu'il ira peut-être
21:26jusqu'à la Pologne
21:27si d'aventure
21:28on lui en laisse l'occasion
21:29et ça
21:30je pense que c'est
21:31une prise de conscience
21:31qui a eu lieu
21:32dans l'esprit
21:32de tous les Européens
21:33et qui a déjà
21:34fait bouger les lignes
21:35un exemple
21:36la coalition des volontaires
21:38c'est-à-dire
21:38cette alliance de pays
21:39en soutien à l'Ukraine
21:40c'est une réussite diplomatique
21:42du président de la République
21:43on peut dire ce qu'on veut
21:44mais c'est un relais
21:47et Volodymyr Zelensky le dit
21:49c'est un relais
21:51à l'appui américain
21:52à un moment ou à un autre
21:53il faut que l'Europe
21:54arrive à mener
21:55ce genre d'initiative
21:56pour se défendre elle-même
21:57merci Marc Ferrat
21:58c'est quand même difficile
21:59de vouloir sanctionner
22:00en tous les cas
22:01Donald Trump
22:02mais peut-être que
22:03justement ça va nous réveiller
22:04merci d'avoir été avec nous
22:05merci Mathieu Pesverti
22:07voilà c'est la fin
22:08de ce 18-19
22:09vous retrouvez tout de suite
22:10Guillaume Paul
22:11bonne soirée
22:12le 18-19
22:16d'Edwish Chevrion
22:17sur BFM Business
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