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Retrouvez Le 18/19 d'Hedwige Chevrillon en replay.

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00:00BFM Business et la Tribune présente
00:02Le 18-19 d'Edwis Chevrillon
00:07Vous êtes toujours dans le 18-19, on habite, c'est Mohed Altrad, le président du groupe éponyme, comme on dit, du groupe Altrad.
00:17Bonsoir Mohed Altrad, merci beaucoup d'être avec nous.
00:21Beaucoup de questions à vous poser, alors, sur le business géopolitique, évidemment,
00:25parce que votre groupe aujourd'hui c'est presque 6 milliards de chiffres d'affaires.
00:29Un peu plus de 6 milliards, parce que vous avez les chiffres de l'année passée.
00:33Ah oui, d'accord, un peu plus, voilà.
00:35Donc là, vous avez un scoop, vous nous dites, c'est un peu plus.
00:37Vous me direz, vous n'êtes pas coté, donc vous pouvez nous donner tous les chiffres que vous voulez.
00:4165 000 employés, c'est les chiffres que vous m'avez donnés, donc c'est vrai qu'avec vous,
00:45comme vous grossissez quasiment à vue d'œil, c'est toujours intéressant.
00:50Vous confirmez 65 000 salariés ?
00:5265 000 salariés.
00:54Voilà, et vous êtes...
00:55Dans une centaine de pays.
00:56Oui, et vous êtes un des leaders dans tout ce qui est services industriels.
01:02Notamment, le point de départ, c'est évidemment les échafaudages, Altrade,
01:05on voit ça partout en France notamment, mais ça ne représente plus que 14% à peu près de votre chiffre d'affaires.
01:11Et puis sinon, vous êtes dans l'énergie, dans le pétrole, avec les tubulaires,
01:16et vous nous direz dans un instant comment ça fonctionne.
01:19Mais j'ai une question, d'abord, parce qu'on sait que la politique, quand même, ça vous démange.
01:25Vous êtes candidat à la mairie de Montpellier, on en parlera à la fin de cette émission,
01:30vous avez déjà été candidat, vous avez été reçu par Emmanuel Macron, je sais, en 2015,
01:35vous avez demandé de lui donner un coup de main sur les quartiers défavorisés,
01:39parce que vous avez une histoire incroyable, Altrade.
01:41Il y a d'autres ministres qui viennent vous consulter, vous avez dit, non, je ne veux pas être ministre.
01:46Quand vous regardez la France, on aperçoit Sébastien Lecornu,
01:51chez le confrère de BFMTV, qui défend la énième motion de censure
01:56pour essayer de faire adopter son budget et de la faire rejeter.
02:00Qu'est-ce que vous vous dites ? La France est en faillite ?
02:02Vous avez employé cette expression il y a quelque temps ?
02:05Le problème financier de la France, si vous voulez, c'est le gaspillage.
02:10Ce n'est pas la dépense justifiée.
02:14Donc c'est la dépense qui n'est pas justifiée,
02:17mais qui n'est pas, si vous voulez, durable dans ses effets.
02:21Lorsqu'on investit, je ne sais pas, un million d'euros,
02:24eh bien il faut que ce soit justifié.
02:27Et dans la majorité des cas, la dette qu'on a dans le pays,
02:31en partie, c'est la dette des collectivités locales.
02:34Et donc quoi ? Vous voulez créer tous les crédits aux collectivités locales,
02:38notamment à Montpellier ?
02:39Non, pas tout.
02:40Si c'est votre programme, ça peut être un peu risqué ?
02:42Vous savez, un pays, qu'est-ce qu'on a dans un pays ?
02:46On a des gens qu'il faut servir finalement.
02:49Dans les entreprises, c'est exactement ça.
02:52On a des gens qui travaillent, qui font des produits.
02:56Mais ce sont les hommes qui font des produits.
02:58Vous dites à l'instant qu'au départ, c'est l'échafaudage qu'on voit partout.
03:03Après, c'est l'énergie, que ce soit fossile ou renouvelable ou nucléaire.
03:10Et Altrad, aujourd'hui, est dans tous ces métiers-là.
03:14Donc, qu'est-ce qu'on fait ?
03:16On regarde la dépense.
03:17Est-ce qu'elle est justifiée ou elle n'est pas justifiée ?
03:20Dans les entreprises, c'est toujours justifié.
03:23Si on veut durer, comme Altrad, qui a été créé il y a 40 ans,
03:27et c'est notre 40e anniversaire.
03:30Donc, c'est une société qui a des ratios exceptionnels.
03:34Sur 40 ans, on a une croissance à deux chiffres.
03:37On n'a jamais perdu de l'argent.
03:39Donc, c'est ce programme-là qu'il faudrait mettre au service de la France ?
03:43C'est ça que vous nous dites ?
03:44Je ne sais pas si vous voulez.
03:45C'est compliqué.
03:46Je vais prendre un exemple, juste.
03:48Mon Altrad.
03:49Vous, vous avez dit, c'est simple, puisqu'on parlait des retraites à l'instant
03:52avec le patron de la Gire Carco.
03:54Il y a une chose.
03:55On n'a qu'à suspendre le paiement des retraites pendant deux ans.
03:59Ça, c'était une de vos préconisations.
04:01Et puis après, on voit qui est vraiment dans la difficulté.
04:05Et puis, à ce moment-là, on contrebalance.
04:08Vous imaginez une telle proposition, même le fait de l'évoquer.
04:12Là, ce n'est pas tout le monde dans la rue, mais ça ne sera pas en mai 68, mais mai 2026.
04:18Vous faites bien de mentionner ça.
04:20C'est une de mes notes ici que j'aimerais vous dire.
04:22Il y a un fake news qui tourne depuis des mois et des mois.
04:26Comme quoi, j'aurais dit que pour redresser la France, il faut sucrer la retraite pendant deux ans.
04:34Jamais de la vie.
04:35Je dénonce ça.
04:36Et je fais tous les efforts, si vous voulez, pour essayer de gommer ça.
04:41Comme ça, au moins, c'est dit.
04:42Voilà, c'est dit et c'est très clair.
04:45Les retraites, lorsqu'on est riche, comme moi, par exemple, vous l'avez fait très léger.
04:523 milliards, ça vous va ? 4 milliards ?
04:54Écoutez, en tout cas, 1 milliard, c'est déjà beaucoup.
04:572, 3, 4, c'est beaucoup, etc.
05:01Après, c'est un classement qui est fourni par des magazines spécialisés.
05:04Par challenge, voilà.
05:05Oui, par challenge, qui dit, bon, c'est pas loin de 5 milliards.
05:10Mais je n'ai pas honte de dire, je suis milliardaire.
05:13J'ai travaillé.
05:14Je ne l'ai pas voulu, cet argent-là.
05:16Ça fait 40 ans que je milite pour mon entreprise et, par conséquent, pour mon pays.
05:22Et ce groupe, le groupe Altrade, a été considéré par Bercy comme un groupe stratégique pour la France.
05:29Donc, il n'est pas à vendre totalement.
05:33On peut vendre des choses, etc.
05:36Mais il est stratégique pour la France.
05:39Alors, vous n'avez pas répondu d'abord.
05:41Ma première question, c'est, est-ce que vous considérez, aujourd'hui,
05:45que la France est en grande difficulté, en faillite ?
05:48Qu'est-ce que vous dites ?
05:51La France, si vous voulez, on est endetté, ça c'est clair.
05:56Donc, elle n'est pas en faillite.
05:57Vous êtes inquiète sur l'état de la France ?
06:00Là où ça m'inquiète, si vous voulez, c'est qu'il faudra que tout le monde contribue.
06:06Aujourd'hui, j'ai un problème, si vous voulez, avec la classe politique en général.
06:10Je nomme personne, je ne critique personne.
06:13Il y a un problème en France, qui est lié à la notion d'intérêt.
06:19Il y a l'intérêt privé, c'est-à-dire pour vous et moi, et l'intérêt public.
06:24Et j'ai l'impression, dans beaucoup de situations, et je cherche encore une fois à ne pas généraliser,
06:32certains, de qui sont maires, je parle de la gouvernance des gens de ma ville, de Montpellier,
06:39eh bien d'abord, c'est l'intérêt personnel.
06:42Après, on va avoir l'intérêt collectif.
06:44Or, c'est une erreur majeure, si vous le permettez, c'est une erreur majeure.
06:49On dit, puisque soit intérêt public, soit intérêt privé, mais c'est une erreur majeure,
06:56parce que si on travaille bien pour l'intérêt public, ça rejaillit sur nous à titre personnel.
07:01Vous comprenez ?
07:01Dans une entreprise, personne ne travaille pour son intérêt personnel,
07:09et travaille pour l'intérêt public, et gagne plus que ceux qui travaillaient pour son intérêt personnel.
07:16Donc ça, c'est très clair dans mon esprit, et c'est connu.
07:19Vous dites, mais d'Altra, tout le monde doit contribuer,
07:21donc ça veut dire que vous, vous contribuez d'une partie,
07:25c'est que d'abord, la surtaxe d'impôt sur les sociétés,
07:30comme votre entreprise fait, c'est un peu plus de 6 milliards de chiffre d'affaires,
07:33donc vous allez la payer, ça vous a coûté combien déjà en 2025 ?
07:36Je l'ai payé à titre personnel, et je l'ai payé à titre d'entreprise.
07:40C'est pour ça que je disais, vous êtes...
07:42Voilà, donc c'est un groupe ancré à Montpellier, et paye ses impôts en France.
07:47Ça vous a coûté combien, ça ?
07:48Ça a coûté, je ne sais pas si j'ai le droit de vous dire le montant,
07:52mais je suis pour la contribution.
07:54Vous avez tous les droits, puisque c'est votre groupe.
07:55Lorsque mon pays est en difficulté, il les demande de voir, de donner.
08:01Vous comprenez ? Je reviens à la retraite.
08:03Mais quelqu'un comme moi, si vous voulez, qui est assez riche quand même,
08:07si on peut dire les choses comme ça,
08:10il faudra qu'il donne aux retraités pauvres.
08:13Et je le ferai. Je le ferai à titre personnel.
08:16Vous comprenez ?
08:16Et vous le ferez comme moi.
08:17Mais d'abord, il faut gérer bien la ville de Montpellier,
08:19qui est en difficulté.
08:20On va revenir sur Montpellier, parce qu'on sait que ça, c'est votre nouveau défi,
08:24même si vous l'avez déjà tenté, c'est votre nouveau défi.
08:27Je voudrais juste qu'on reste un instant sur la politique et puis sur votre groupe.
08:33Est-ce que vous trouvez, lorsqu'on voit les déclarations quand même très virulentes
08:38du président du MEDEF, Patrick Martin, qui parle d'un budget de renoncement,
08:42qui dit que c'est un budget anti-entreprise,
08:45est-ce que vous êtes sur la même ligne ?
08:47Je ne pense pas, si vous voulez.
08:49En tout cas, je ne pratique pas ce milieu patronal,
08:54appelez-le comme ça, parce que je ne suis pas souvent en France.
08:58Donc, si je suis maire, je serai souvent en France, et même beaucoup.
09:02Je dis, lorsque le pays est en difficulté,
09:06comme une personne, une société, c'est une personne morale,
09:10vous et moi, nous sommes des personnes physiques,
09:12lorsqu'on est en difficulté, il faut aider celui qui est en difficulté.
09:16Il est dans notre rôle d'aider le pays pour qu'il se sorte de ça.
09:22Donc, vous n'êtes pas sur la même ligne.
09:23Mais j'insiste, si vous voulez, sur une chose.
09:25On aide, mais il faut que l'argent soit bien utilisé.
09:28Si on aide et on n'est pas bien utilisé,
09:31le pays ne sortira pas de ces difficultés,
09:34et nous, on va s'appauvrir,
09:36donc on va créer moins d'emplois et moins de richesses.
09:39J'ai une question qui est plus personnelle.
09:43On vous appelle souvent le bédouin milliardaire.
09:46Je trouve que c'est une belle expression,
09:47parce que, pardonnez-moi de le rappeler,
09:49parce que c'est vrai qu'on le rappelle,
09:50mais comme vous êtes un peu un cas unique,
09:52c'est toujours bien pour ceux qui ont soit oublié,
09:56soit qui ne connaissent pas,
09:58de le rappeler.
09:59Vous êtes née dans le désert syrien,
10:01d'un viol.
10:03Votre père est ensuite morte.
10:05Vous avez été exclue de la tribu.
10:07Après, vous avez été hébergée par un cousin, un oncle.
10:10Et puis, vous avez appris, vous êtes éduquée tout seule,
10:16depuis que vous avez 5 ou 6 ans,
10:17en écoutant de l'autre côté du mur de l'école.
10:21Et puis, il y a 17 ans, vous êtes partie en France,
10:23avec 200 francs à l'époque.
10:26Il n'y avait pas de...
10:27Non, évidemment.
10:28Et puis, vous avez créé ce groupe,
10:29et maintenant, c'est plus de 6 milliards de chiffre d'affaires.
10:32Vous venez de l'expliquer.
10:34Est-ce que c'est encore possible,
10:35une histoire à la moelle altra d'aujourd'hui, vous pensez ?
10:38Vous savez, j'écris beaucoup.
10:41Vous avez oublié quand même...
10:42Vous avez écrit 4 livres.
10:43Vous êtes écrivain.
10:434 romans.
10:454 romans, dont le dernier a été sélectionné par le comité Goncourt
10:49comme coup de cœur.
10:51Et le second a été sur la short list, comme on dit...
10:53Du Renaudot.
10:54Du Renaudot.
10:55Donc, après, à côté de ça,
10:57j'ai écrit beaucoup de livres philosophiques sur le management.
11:01Vous voyez ?
11:01Et je réponds à votre question.
11:03J'ai écrit un livre qui s'appelle
11:05Le dépassement de soi.
11:06Le dépassement de soi dans l'imaginaire de tout le monde,
11:10c'est quelque chose...
11:11C'est faire quelque chose d'exceptionnel que personne ne peut faire.
11:15Mais c'est faux.
11:16Moi, je démontre que c'est faux.
11:18La chose exceptionnelle, si vous voulez,
11:21vient ou provient des petites choses
11:25qu'on fait tous les jours,
11:26mais qu'on les consolide au fur et à mesure.
11:29Je prends un exemple.
11:30Quelqu'un qui saute à la perche,
11:32il peut sauter 10 mètres,
11:33mais il peut sauter en faisant de l'exercice,
11:37cardio, musculation, etc.
11:39Il peut sauter.
11:41Et ils le font.
11:42Ils le font.
11:42Dans l'entreprise, dans la vie,
11:44on peut faire exactement la même chose.
11:46Oui.
11:47Enfin, tout le monde ne peut pas faire ce que vous avez fait.
11:50Parce qu'on ne connaît...
11:51Moi, je ne connais que votre expérience.
11:53Enfin, chaque expérience est unique.
11:55Mais enfin, quand même, vous avez...
11:57Je crois que c'est même vos enfants
11:59qui ont choisi, qui ont décidé
12:01quand est-ce que vous êtes inné.
12:03De la date de naissance.
12:04Parce que votre date de naissance,
12:05personne ne la connaît.
12:06Je ne la connais pas non plus.
12:08Mais je vous rassure, je ne suis pas très jeune.
12:10Non, non, non.
12:11Mais ce n'est pas pour ça que je disais ça.
12:12Non, mais c'est vrai que tout ça
12:14est un peu étonnant.
12:16Est-ce que...
12:17Tiens, aujourd'hui, il y a tout un débat
12:18pour savoir, parce qu'il y a des chiffres
12:20qui ont été connus sur le nombre d'immigrés,
12:22le nombre d'immigrés
12:25qui ont obtenu leur carte de séjour.
12:26Il y a même Gérald Darmanin
12:27qui est le ministre de la Justice
12:29qui dit peut-être en 2027
12:31qu'il faudrait peut-être arrêter l'immigration et tout.
12:34Vous, c'est quoi votre position par ça ?
12:35Est-ce qu'il y a trop d'immigrés en France ?
12:36Est-ce qu'il faut arrêter l'immigration ?
12:38Comment vous réagissez par rapport à ça ?
12:41Vous savez, je connais Gérald Darmanin.
12:46On en a discuté, je crois, que très rapidement.
12:48Oui, bien sûr.
12:49Je dis qu'il faut faire la part des choses
12:51et il faut être assez réaliste.
12:54Dans mon entreprise, aujourd'hui,
12:56il manque des emplois.
12:58OK ?
12:58Oui.
12:59Voilà.
13:00Et on n'arrive pas à recruter.
13:02Eh bien, peut-être, des étrangers
13:05qui sont qualifiés,
13:06ils peuvent nous rendre service
13:07et rendre service à la France.
13:10Oui, en même temps,
13:10on voit que dans les chiffres dont je parlais,
13:13qui ont été rendus publics par Beauvau,
13:17les titres de séjour délivrés
13:19pour motifs économiques
13:21ont reculé de 13%.
13:22Donc, vous, vous dites que c'est dommage ?
13:26Moi, je pense que c'est dommage,
13:27si vous voulez.
13:28Maintenant, il ne faut pas prendre n'importe qui.
13:30Je crois que la politique du pays,
13:32aujourd'hui, est de faire attention
13:33à qui on accueille.
13:34Vous êtes, donc, un, dans l'immobilier.
13:38Nous sommes maintenant dans la construction.
13:41Et vous êtes aussi dans le pétrole, le nucléaire.
13:46Si on reste un instant sur la conjoncture
13:49de la construction,
13:50qui est quand même très mauvaise,
13:52qui est vraiment en berne,
13:53quel impact ça a eu sur vous ?
13:56Comment est-ce que, pour vous,
13:58c'est un secteur qui est un peu naufragé ?
14:00C'est une situation, si vous voulez,
14:02qui me rappelle la situation de la Covid,
14:05mais c'est aussi de la crise.
14:06Vous vous rappelez, de 2008,
14:08que j'avais anticipé huit mois à l'avance.
14:12Donc, qu'est-ce qui se passe dans ce cas-là ?
14:16Eh bien, il faut trouver des solutions à ça.
14:19Mais justement, par ce qu'on appelle
14:21les drivers qu'on crée dans la société,
14:25qui sont des concepts.
14:26Lorsque je suis empêché de faire quelque chose
14:29que je dois faire,
14:31eh bien, je suis empêché.
14:33Mais, ça ne veut pas dire que je n'ai pas de solution
14:35pour faire autre chose
14:36qui produit des richesses dans le pays.
14:38OK, mais est-ce que vous, ce que vous observez,
14:40la construction est en berne aujourd'hui ?
14:42La construction est impactée.
14:44La construction...
14:45Vous savez, la guerre de l'Ukraine,
14:48on achète beaucoup d'acier.
14:49Vous le disiez, qu'on utilise dans l'échafaudage,
14:52mais c'est dans le nucléaire,
14:54mais dans l'énergie renouvelable.
14:56On fait de l'énergie renouvelable.
14:58Eh bien, ça a grimpé de 100%.
15:01Vous voyez, le prix a été multiplié par deux.
15:05Donc, on a trouvé des moyens.
15:07Vous voyez, on a trouvé des moyens
15:08en faisant de la productivité,
15:11en allant chercher des sources
15:13d'approvisionnement ailleurs, etc.
15:15Et on a passé la crise.
15:17Donc, pendant la Covid,
15:18notre chiffre d'affaires a baissé.
15:19Pourquoi ?
15:20Parce que nous, salariés,
15:21ils ne peuvent pas aller sur les chantiers
15:22pour se travailler.
15:23Mais aujourd'hui, est-ce que ça redémarre un peu ?
15:26Aujourd'hui, si vous voulez,
15:28il faut se diversifier.
15:30Et ça, c'est très important.
15:31C'est une notion que j'avais depuis toujours,
15:33depuis 40 ans de la création du groupe.
15:36C'est qu'il faut diversifier en termes de produits,
15:39mais c'est aussi en termes de géographie.
15:41Ici, c'est la crise.
15:43En Australie, ce n'est pas la crise, vous comprenez.
15:45Ici, c'est la crise.
15:46Au Canada, c'est beaucoup moins.
15:48En Allemagne, c'est la crise.
15:49Donc, il faut chercher des contrées
15:52où la chose se balance
15:55et on arrive à un équilibre
15:57et on a toujours fait notre chiffre d'affaires.
15:59D'accord.
16:00Donc, ça n'a pas eu d'impact pour l'instant chez vous.
16:03Si on regarde l'énergie
16:05qui est vraiment maintenant au cœur de votre...
16:08Parce que c'est plus de 310 % maintenant.
16:11C'est l'essentiel de votre chiffre d'affaires.
16:14Où est-ce que vous êtes présent ?
16:16Ou parce que c'est...
16:18Et on va vraiment dire que votre groupe,
16:19vous l'avez construit à coup d'acquisition.
16:22C'est comme ça que vous avez développé...
16:24Deux choses, madame.
16:26La première chose, c'est par acquisition, effectivement.
16:29On en a fait beaucoup.
16:30On a fait 200 acquisitions, je pense, au moins.
16:33Mais par la croissance interne également.
16:35Ce qu'on appelle la croissance organique.
16:38Si vous faites l'un sans l'autre...
16:39C'est sur BFM Business, oui.
16:41Justement.
16:42Si vous faites l'un sans l'autre,
16:43eh bien, là, allez, la cathédrale
16:48ne va pas tenir longtemps.
16:50Donc, il faut un ciment.
16:51Un ciment, c'est la croissance organique.
16:55Et là, ça se développe beaucoup.
16:56Et vous êtes présent...
16:58Tiens, j'ai regardé.
16:58Vous êtes présent dans une centaine de pays.
17:00Vous n'êtes pas présent aux Etats-Unis ?
17:02On est aux Etats-Unis, mais marginalement.
17:04Oui, pourquoi ?
17:05Est-ce que vous y allez ?
17:07Ça sera compliqué.
17:07C'est les opportunités, si vous voulez,
17:10qui nous amènent,
17:12combinées par les critères
17:14qu'on se met sur nous-mêmes.
17:16C'est-à-dire, il faut aller là
17:17où c'est plus facile, si vous...
17:19Alors, moi, Edal Trat,
17:20on va arriver quand même à votre candidature
17:23à la mairie de Montpellier.
17:24Moi, j'ai une question.
17:25Vous êtes la plus grosse entreprise de la région.
17:28Oui.
17:28Vous êtes propriétaire du club du rugby,
17:31du Montpellier Hero Rugby.
17:33Vous êtes le principal sponsor
17:35de l'équipe de France,
17:36du 15 de France.
17:38J'ai envie de dire, ça ne vous suffit pas.
17:39Vous avez oublié les All Blacks.
17:41Les All Blacks, voilà.
17:43Les sponsors des All Blacks.
17:44Vous n'oubliez forcément quelque chose.
17:45Ça ne vous suffit pas ?
17:46Vous voulez encore accrocher quelque chose
17:48à votre palmarès ?
17:50Sachant que vous avez déjà perdu
17:52parce que vous êtes présenté il y a deux fois.
17:56C'est votre deuxième tentative.
17:57Oui.
17:58Alors, pourquoi ?
18:00Parce que, si vous voulez...
18:02Parce qu'en plus, vous n'êtes pas tout jeune.
18:03C'est vous qui l'avez dit.
18:05Mais j'ai beaucoup d'idées.
18:08La jeunesse n'est pas toujours un handicap,
18:13si vous voulez, ou un avantage.
18:14Par son expérience, par sa culture également,
18:18on peut combler le manque peut-être d'énergie
18:22ou d'envie, etc.
18:24Mais je suis en plein forme.
18:26Je garantis que je serai en plein forme pour ça.
18:29Pourquoi Montpellier ?
18:30Parce que Montpellier est un territoire
18:32qui est dévasté.
18:34Et je dis bien, c'est un territoire
18:36qui est dévasté.
18:38Vous comparez d'abord
18:39la gouvernance actuelle,
18:42pour ne pas nommer le maire actuel,
18:44à endetté la ville,
18:46je crois, pour dix ans.
18:48On connaît ça à Paris.
18:49Et la métropole, de la même manière,
18:54si vous voulez,
18:54elle est endettée.
18:56Donc, on était,
18:58pour la métropole ou pour la ville,
19:00ça dépend,
19:00parce que vous savez,
19:01la métropole,
19:03la ville,
19:04la plus importante de la métropole,
19:05c'est Montpellier,
19:06il y a possibilité
19:07de prendre l'argent
19:10d'un des villages
19:12ou d'une petite ville.
19:14Donc, c'est ça.
19:15Donc, on est endetté.
19:16Mais comment sortir
19:18de cet endettement ?
19:20Il faut des recettes
19:21de chefs d'entreprise,
19:22c'est ça que vous dites.
19:22Il faut créer des emplois.
19:25Vous comprenez ?
19:26Et qui, moi,
19:27sur les trois dernières années,
19:29j'ai créé 30 000 emplois
19:31dans mon entreprise.
19:32Mais je peux le faire à Montpellier,
19:34et c'est un des aspects
19:37de mon programme,
19:38c'est création
19:39de 30 000 emplois.
19:42Je reviens sur la retraite aussi,
19:43parce qu'il n'y a pas
19:45le retraité,
19:46ils continueront
19:47à avoir le retraite
19:48comme par le passé,
19:49et ça a été voté.
19:51De toute façon,
19:51on ne peut pas revenir.
19:52Donc, le fake news
19:54qui circule encore
19:55sur certains réseaux sociaux,
19:57ce n'est pas de moi.
19:58Je le démentis.
19:59Je le combat.
20:00D'accord.
20:00Donc, c'est la guerre ouverte,
20:01notamment,
20:01oui, avec le...
20:03La circulation,
20:04c'est un drame.
20:06Ça s'est amélioré.
20:07Moi qui connais bien
20:07Montpellier,
20:08ça s'est amélioré.
20:09Mais c'est détérioré,
20:10madame.
20:10Je suis désolé
20:11de vous contredire.
20:12Toutes les routes,
20:14toutes les rues de Montpellier,
20:15pratiquement toutes...
20:17Le point du Rassemblement
20:18national, c'est quoi ?
20:18On a coupé les routes,
20:22un, deux,
20:23par égale,
20:25et vous avez un vélo
20:26qui roule de temps en temps.
20:28Oui, on a ça à Paris,
20:29vous qui êtes arrivé tout à l'heure.
20:31On connaît ça à Paris.
20:32C'est Montpellier
20:33qui m'intéresse.
20:34Les nouvelles mobilités.
20:35Il y a des gens
20:35qui s'en occupent, oui.
20:36C'est ça,
20:37c'est les jeunes générations,
20:38c'est les nouvelles mobilités.
20:40Le Rassemblement national
20:41est très présent là-bas,
20:42le Rassemblement national,
20:44il aurait 8-9%,
20:47ça n'a jamais été très important.
20:48D'accord, c'est pas...
20:49Et les filles,
20:50peut-être un peu plus,
20:51etc.
20:53L'autre défi,
20:54ça va être bientôt,
20:55il y a le début du tournoi
20:57des cinq,
20:58des six nations.
20:59Six nations.
20:59Vous êtes donc le principal sponsor.
21:02Quelles sont les chances
21:03du 15 de France ?
21:04On a eu la connaissance
21:08de la liste,
21:09ça a fait grincer quelques dents.
21:11Est-ce que les Français
21:12sont les favoris
21:13de ce tournoi ?
21:15On a failli l'emporter
21:16la semaine l'année dernière.
21:18Vous avez six nations,
21:19vous savez,
21:21c'est pour ça
21:21on l'appelle les six nations,
21:22c'était les cinq nations,
21:24après on a ajouté
21:25les Italiens pour faire...
21:26Les six nations
21:26parce qu'il y a l'Italien.
21:27Oui, l'Italien, oui.
21:28Donc,
21:29c'est relativement récent.
21:31Donc,
21:32on est un des candidats crédibles.
21:34Mais,
21:35c'est le sport.
21:36Vous imaginez
21:37ce que c'est le sport.
21:38Malin,
21:39qui peut vous dire
21:39qu'il va gagner
21:40avant que le match
21:41ait joué.
21:43Donc,
21:44l'année passée,
21:45je crois qu'on a été
21:46vice-champions.
21:47Oui, oui.
21:48On l'a gagné
21:49plein de fois.
21:50Aujourd'hui,
21:51une génération
21:51absolument splendide.
21:53OK ?
21:54Donc,
21:54on travaille très dur.
21:56On travaille très dur
21:57pour gagner ce tournoi.
22:00Mais dites-moi
22:00tiens,
22:01à propos,
22:02vous avez un procès
22:04qui va passer en appel.
22:05Ça sera en septembre 2026.
22:07En septembre 2026.
22:08Donc,
22:08avec Bernard Laporte,
22:10on ne va pas revenir
22:10sur tous les détails.
22:11Mais ça,
22:12ça peut peut-être
22:13vous handicaper
22:14pour être candidat
22:15à la mairie de Montpellier
22:16ou pas ?
22:17Je souhaite
22:18ne pas en parler,
22:19madame.
22:19Pourquoi ?
22:19Parce que c'est
22:20entre les mains
22:21de la justice.
22:22Mais au fait,
22:22c'est bien de le mentionner.
22:23Ça ne me gêne pas.
22:25Effectivement.
22:26Mais je suis un sursis.
22:28Donc,
22:28je suis innocent
22:29de par la loi.
22:30Donc,
22:31je passe
22:32en septembre,
22:34effectivement.
22:35Et puis,
22:36les juges,
22:37je leur fais confiance
22:38totale.
22:39Ils décideront
22:40ce qu'ils pensent
22:42la solution
22:43possible
22:44pour cette situation-là.
22:46Et alors,
22:47si vous êtes...
22:48Si vous êtes...
22:51Alors,
22:51on va faire
22:51deux scénarios possibles
22:52pour conclure rapidement.
22:54Moi,
22:54d'Altrape.
22:54Vous êtes élue.
22:55Qui va diriger
22:56votre entreprise ?
22:58Vos enfants ?
22:58Vous avez cinq enfants,
22:59je crois.
23:00Lorsqu'on a 65 000,
23:02d'ailleurs,
23:03qui vont passer
23:03à 70 000,
23:05eh bien,
23:06on ne peut pas...
23:08Ce n'est pas une personne
23:09qui dirige.
23:10C'est tout un management
23:11global
23:12qu'on appelle
23:13l'organisation matricielle.
23:14Ce n'est pas
23:15l'organisation
23:15arrachisée.
23:16et la gestion
23:18des entreprises
23:18se fait
23:19au plus près
23:20de terrain.
23:21Voilà.
23:21Bien sûr...
23:22Mais il y a quand même
23:22un président et il y a...
23:24Oui,
23:24je suis président.
23:25Vous resterez président
23:26si jamais vous êtes élu ?
23:28Je resterai président,
23:29peut-être,
23:30mais je démissionnerai
23:32du club de Montpellier.
23:33Ah,
23:34vous démissionnerai
23:35du club de Montpellier ?
23:36Oui,
23:36parce qu'il est subventionné
23:38par la ville
23:39et la métropole.
23:40D'ailleurs,
23:40une subvention
23:41qui n'arrête pas
23:42de baisser
23:42d'année en année.
23:43Si vous êtes battu,
23:45qu'est-ce que ça va changer
23:47pour vous ?
23:47Rien.
23:48Rien.
23:49J'aurais fait une offre
23:50au Montpellier
23:51qui est une offre sincère.
23:53Je travaillerai
23:53pour Montpellier.
23:55Tous les axes
23:57de mon programme
23:57seront accomplis,
23:59madame.
23:59Et notamment
24:00la création d'emplois.
24:02Aujourd'hui,
24:02votre seule recette,
24:04c'est les impôts locaux
24:05que vous recevez.
24:07Mais si vous ne criez pas,
24:08mais si vous voulez,
24:09vous ne pouvez pas
24:09faire de la dette,
24:11construire
24:12ce qu'il faut
24:14pour créer moins
24:15de pollution.
24:16Qui va vous succéder ?
24:17Parce que,
24:17comme vous l'avez dit,
24:18vous pouvez quand même
24:19parler de votre succession.
24:20Au groupe,
24:21vous voulez dire ?
24:21Oui.
24:22Ça sera vos enfants
24:22ou ça sera...
24:24D'abord,
24:25je vais vous parler
24:25de deux directeurs généraux.
24:27Il y en a un
24:28qui s'occupe
24:29de l'aspect opérationnel
24:31et l'autre,
24:31tout le reste.
24:33Donc,
24:33j'ai cinq enfants.
24:35Deux ne travaillent pas
24:36dans la société.
24:37Ils font autre chose.
24:38Ils ne souhaitent pas
24:39travailler dans la société.
24:41Il en reste trois.
24:42Ma fille s'occupe
24:43de la fondation Altrad.
24:44et deux autres.
24:46Ils travaillent dans la société.
24:48Mais ils n'ont...
24:50Et donc,
24:50il y a un président
24:51un jour ?
24:51Ils apprennent tous les jours.
24:53Ils progressent tous les jours.
24:54Mais ils ne sont pas au niveau
24:55de gérer un groupe
24:56de cette invérure.
24:56Ils ne sont pas au niveau.
24:57Ce ne doit pas être facile
24:58d'être...
24:59de succédier à Moët d'Altrad.
25:02Merci.
25:02Il y a d'autres avantages.
25:03Mais en tous les cas,
25:04ça doit être...
25:04Merci, madame.
25:05Merci beaucoup.
25:06Et puis,
25:06résultat des courses
25:07pour les élections municipales.
25:08Merci beaucoup
25:09d'être venu nous voir.
25:11Moët d'Altrad,
25:11donc le patron du groupe Altrad,
25:13était donc notre invité.
25:15Tout de suite,
25:16vous retrouvez Stéphanie Collot
25:17pour le Grand Journal de l'Éco.
25:19Et nous,
25:19on se retrouve demain.
25:20Bonne soirée.
25:20Le 18-19 d'Edwige Chevrillon
25:24sur BFM Business.
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