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  • il y a 3 mois
Mardi 21 octobre 2025, retrouvez Pascal Payen-Appenzeller (Directeur général, Geste d'Or), Frédéric Leturque (Maire d'Arras et Vice-Président de France urbaine, Arras), Laurent Bouquin (directeur général des services, Communauté Urbaine Creusot Montceau) et Jean-Pierre Julien (Directeur général, Julien SAS) dans SMART IMPACT, une émission présentée par Thomas Hugues.

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Transcription
00:00Ce programme vous est présenté par la communauté urbaine du Creusot-Monceau, le territoire de tous les possibles.
00:16Bonjour, bonjour à toutes et à tous. Heureux de vous retrouver pour un nouveau numéro de Smart Impact.
00:20On est ici au Creusot pour les huitièmes journées nationales France urbaine.
00:27On va parler de planification écologique, d'investissement public, privé et de l'inertie gouvernementale que l'on subit depuis plus d'un an.
00:37Comment les régions, les communautés et les entreprises s'adaptent.
00:47Smart Impact, toujours aux journées nationales France urbaine, on parle de planification écologique.
00:54Je vous présente tout de suite mes invités Frédéric Le Turc.
00:56Bonjour, vous êtes le maire d'Arras.
00:58Bonjour à vous.
01:00Jacques-Laurent Bouquin, directeur général des services de la communauté urbaine Creusot-Monceau.
01:05Merci de nous accueillir chez vous.
01:07Ça fait plaisir d'être là.
01:09Jean-Pierre Julien, bonjour.
01:10Vous êtes le patron du groupe Julien.
01:12Et Pascal Payen-Appenzeller, bonjour, directeur général du Geste d'Or.
01:17Peut-être un mot sur ces journées nationales France urbaine.
01:20Peut-être le regroupement des grandes agglomérations, des grandes communautés.
01:25Qu'est-ce que ça représente pour vous ?
01:28Et puis, pourquoi vous avez besoin d'un événement comme ça éventuellement pour parler de planification et notamment de planification écologique ?
01:35Pour deux ou trois raisons.
01:37Un, c'est parce que le monde dans lequel on vit, a besoin de se transformer, de se réinventer.
01:43Et que l'expérience que l'on peut avoir les uns les autres nous permet de nous nourrir.
01:48Et puis de construire des chemins qui correspondent à nos territoires.
01:52Mais qui s'inspirent aussi de la manière dont les autres sont amenés à travailler.
01:56Et France urbaine, moi je connais depuis la naissance, puisque la communauté urbaine d'Arras que je préside a été en fait transformée en communauté urbaine en 1998.
02:08Et depuis fait partie de ce regroupement des grandes intercommunalités de France.
02:15Et effectivement, c'est plus facile pour un maire de se dire tiens, j'ai un collègue maire d'une ville similaire qui a qui a changé ça dans sa ville ou lancé tel investissement.
02:25Et c'est-à-dire que ça a marché, je le fais aussi ?
02:28Oui, entre maires, entre présidents, on se parle.
02:32Nos élus aussi ont l'habitude de travailler ensemble à travers des commissions.
02:37On échange beaucoup sur tous les sujets qui peuvent forcément nous intéresser.
02:43Pas simplement la planification, mais elle en fait partie.
02:45Parce que c'est un enjeu sur lequel nous avons à la fois des responsabilités, des devoirs.
02:50Et en même temps, des difficultés, des murs de difficultés qu'il faut savoir franchir parce que rien ne doit être impossible pour les collectivités.
02:59La communauté urbaine Creusot-Monceau, c'est combien de communes ? C'est quel budget ?
03:04Alors la communauté urbaine, c'est 34 communes, un peu moins de 100 000 habitants.
03:08Un budget global annuel, tout budget confondu.
03:10Un budget principal et aussi les budgets annexes, puisque dans les budgets annexes, on a l'eau, on a de l'assainissement, notamment le développement économique d'environ 200 millions d'euros par an.
03:18Et dans ce budget général, finalement, est-ce que vous pouvez nous dire, peut-être pas d'ailleurs, ce serait intéressant, ce que vous consacrez justement à la transition énergétique, à la transition carbone ?
03:33Alors on ne peut pas le raisonner comme ça, de mon point de vue, puisque en réalité, la transition, elle est transverse et elle vient irriguer toutes nos politiques publiques.
03:42Donc quelque part, qu'on parle d'eau, qu'on parle de transport, qu'on parle d'aménagement économique, d'aménagement du territoire, tout doit intégrer la planification et le changement climatique et écologique.
03:54Alors je vais continuer de présenter nos invités. Peut-être que vous nous présentez votre groupe. C'est quoi le groupe Julien ? Dans quel secteur vous travaillez ?
04:02Le groupe Julien, entreprise familiale, dans l'industrie automobile. Nous sommes moulistes dans l'industrie automobile depuis plus de 50 ans.
04:08Et pour rebondir un peu sur votre transition écologique, la grosse problématique qu'on a à nous, les industriels, en tout cas petite PME, c'est qu'on n'a pas les moyens, justement, on n'a plus les moyens de nos ambitions écologiques.
04:19Et ça, c'est un vrai message que je veux faire passer, puisque c'est très important pour nous, malgré nos convictions.
04:26Parce que les premiers investissements, entre guillemets, je mets vraiment des guillemets au mot facile, mais les plus faciles ont déjà été faits.
04:32Non, justement pas. Justement pas, parce qu'on avait un gros projet d'investissement de transition écologique en 2019-2020.
04:39Il y a eu un petit épisode, vous vous en souvenez, qui nous a coupé de l'oeil sur le pied.
04:42Puis la crise énergétique 2022, ce qui fait qu'on reporte, parfois en grec, nos fameux investissements, notamment énergétiques, avec du solaire, etc.
04:53Que vous ne pouvez pas faire aujourd'hui.
04:55On ne peut absolument pas faire, qu'on ne peut plus faire aujourd'hui.
04:57Et donc, la question, effectivement, des financements, financements publics, financements des collectivités locales, de l'impulsion donnée, finalement, par ces financements, elle est centrale pour vous.
05:07Exactement, exactement.
05:08Puisqu'en fait, on s'aperçoit, puisqu'on nous sommes très proches avec la communauté urbaine, et on s'aperçoit que nous avons les mêmes contraintes, de toute façon.
05:15C'est tout à fait une réalité, malheureusement.
05:17Pascal Payet-Appenzeller, c'est quoi le geste d'or ? Racontez-moi.
05:20Le geste d'or est né il y a 20 ans.
05:22Et à l'origine, il s'occupait de la santé des façades.
05:25Et puis, il est passé aujourd'hui à la santé de la planète et de l'homme.
05:29Et en fait, on est passé au territoire.
05:31On a aujourd'hui 25 sièges en France, des sièges à l'étranger.
05:34Et pour donner un exemple, puisque les villes, aujourd'hui, sont mises en cause par le nouveau budget, quelque peu insensé au niveau national.
05:44Récemment, la ville d'Avignon, dans laquelle nous avons un siège et qui est une ville assez pauvre,
05:49eh bien, vient de concourir.
05:51Et c'est la première ville de France qui concourt, puisque nous sommes la belle France désormais, pour la ville climatique.
05:56Et je rejoins ce qu'a dit tout à l'heure le directeur des services.
05:59C'est qu'effectivement, l'économie énergétique, elle traverse la totalité des actions et des sujets.
06:06Et aujourd'hui, nous avons 19 départements.
06:08On a une sorte d'interministériel au geste d'or.
06:11Et cette interministérielle, elle est aussi, je dirais, au-delà de la santé, puisque santé de l'homme, santé de la planète, ça va tout à fait ensemble.
06:19Elle est liée à quelque chose qui est fondamental et qui fait que peut-être les citoyens n'ont pas tout à fait pris conscience de l'urgence des situations.
06:28C'est la formation, c'est-à-dire qu'il faut que nous soyons tous formés.
06:31Et aujourd'hui, nous avons un problème, parce qu'il ne faut pas oublier qu'on a des sujets annuels.
06:35Mais je prends l'exemple d'ADP, qui fait partie du geste d'or à Aéroport de Paris.
06:39Eh bien, ils ont 250 métiers et la moitié des gens partent à leur retraite dans 10 ans.
06:43Et nous, nous avons créé un système, une filière qui s'appelle la personne d'or.
06:47Il se trouve que je suis compagnon du Tour de France et qu'effectivement, c'est un compagnon âge de la maturité à partir de 30 ans
06:52pour prendre, disons, à l'avance le sujet de la formation en cause et de faire que dans chaque société, dans chaque filière,
07:03il y a une personne qui a le don de transmettre.
07:05Et cette personne qui a le don de transmettre va déjà transmettre.
07:07Et il y aura déjà une capacité à transmettre les compétences au moment où il y aura tous les nouveaux qui arriveront.
07:11Parce qu'il ne s'agit pas simplement de l'argent.
07:13Il ne s'agit pas de vouloir.
07:14Il s'agit d'avoir les compétences.
07:16Et aujourd'hui, le grand problème, c'est de prendre en compte la personne humaine.
07:20Mais par ailleurs, puisqu'on parle des communautés de communes,
07:23il vient de paraître un livre extrêmement important, que je conseille à tout le monde de lire,
07:27qui est à la fabrique des territoires, qui est l'écologie des biorégions.
07:30Aujourd'hui, il faut dépasser même la communauté urbaine.
07:33Nous revenons aux régions géographiques.
07:35Il se trouve que dans ma génération, on enseignait les climats de Thènes.
07:38Et Hippolyte Thènes disait, chacun, par son climat, a son tempérament.
07:42Et qu'effectivement, aujourd'hui, par exemple, autour du Creusot, puisque nous y sommes,
07:46qui a une ceinture forestière intéressante, qui est née d'ailleurs d'une petite commune
07:50qui ensuite s'est divisée en d'autres communes, qui était un petit village,
07:54qui a donné ce territoire, et bien ce territoire doit redécouvrir tout son environnement naturel.
07:58Et à partir de ça, on peut faire une biorégion.
08:01On ne peut pas faire une bio dans une ville.
08:03Et un très grand agriculteur, chez nous, pardon, me disait récemment,
08:06personne n'est bio, on est sur le chemin.
08:09Mais faut-il que le chemin ne trouve pas trop d'obstacles ?
08:11Oui, effectivement, et que le cap soit tenu.
08:13Alors, j'allais vous poser cette question, Frédéric Leclerc, du bon échelon administratif,
08:18la commune, la communauté de communes, la région, effectivement, pour faire...
08:23La biorégion.
08:24Oui, j'ai bien entendu, pour faire bouger les lignes en la matière.
08:26Je pense qu'on vient d'avoir une belle démonstration de ce que doit être la décentralisation.
08:31C'est-à-dire une manière de travailler, de penser autrement,
08:34de confier au plus près, au plus juste et au niveau le plus intelligent,
08:40la construction, en fait, d'un écosystème, d'une dynamique de projet,
08:45qui fasse qu'on favorise et on encourage l'association d'intelligence collective
08:52qui permette finalement aux hommes, aux femmes de vivre dans un environnement de qualité
08:58qui considère, en fait, la manière dont elle doit imaginer son projet
09:04et pas, en fait, un copier-coller de ce qui pourrait être imaginé à l'intérieur du périphérique.
09:10Oui, c'est pour ça que j'allais vous demander, est-ce que vous avez des exemples de solutions
09:14qui vous ont été proposées, voilà, d'une façon très verticale
09:18et qui n'étaient vraiment pas du tout adaptées à la ville d'Arras ou même à la région ?
09:22Je pense que quand on dit, en fait, au territoire, go sur l'éolien, par exemple,
09:29si je prends ce cas-là, qui peut parler à tout le monde,
09:32l'éolien n'est pas obligatoirement quelque chose d'acceptable et d'intelligent partout.
09:36Il faut, en fait, simplement pouvoir y travailler, regarder intelligemment
09:41la manière dont les territoires sont organisés,
09:45pas vouloir obligatoirement massifier de manière, en fait, désespérante
09:49pour, en fait, massacrer des territoires qui ont des potentialités par ailleurs,
09:55y compris touristiques, et qui peuvent, en fait, par une abondance trop forte,
10:01devenir, en fait, insupportables.
10:02Donc, il faut de l'intelligence collective, et cette intelligence collective,
10:06elle passe par à la fois la manière de penser et de confier le développement
10:11et, en même temps, la confiance que l'on accorde à celles et à ceux qui sont sur le terrain
10:16pour imaginer leur projet.
10:19Laurent Bouquin, pourquoi ces territoires urbains, là, on est réunis pour cet événement,
10:24cette 8e édition des Journées nationales France urbaine,
10:27pourquoi c'est un échelon aussi, alors on parlait des biorégions,
10:30mais pourquoi les territoires urbains sont des échelons stratégiques, on va dire,
10:34de cette planification écologique dont on parle ?
10:37Je crois qu'un des éléments, c'est qu'il concentre un certain nombre de fonctions
10:42pour le quotidien des gens, des habitants et des territoires.
10:46À la fois, c'est une concentration de population,
10:49mais c'est aussi une concentration de fonctionnalités,
10:51notamment ce qu'on appelle des fonctions de centralité,
10:53c'est-à-dire l'organisation des mobilités, l'accompagnement au développement économique,
10:59l'émergence, Pascal Payan-Penzeller parlait de compétences et de transmission,
11:04le développement des savoirs passe aussi par ces territoires urbains,
11:08parce que concentration de savoir-faire et de compétences.
11:12Donc, c'est aussi cela qui amène la pertinence de cet échelon.
11:17Après, comme ça vient d'être dit par M. le maire d'Arras,
11:21l'enjeu, c'est tout l'enjeu de la confiance.
11:22Et en fait, ce que font les territoires...
11:25La confiance ou l'acceptabilité des projets.
11:27Absolument.
11:28Et en fait, ce à quoi s'attellent chacun des territoires,
11:33c'est à leur échelle de tisser de la confiance avec l'ensemble de leur écosystème,
11:37les acteurs économiques, les acteurs associatifs, la participation citoyenne, ainsi de suite.
11:42Et ça, c'est la clé, parce que quel que soit le projet,
11:44quelle que soit la transition que l'on souhaite engager,
11:47il faut cette mise en mouvement de l'ensemble des acteurs
11:50et cette création de confiance à l'échelle d'un territoire.
11:52Avec les effets, effectivement, des décisions prises, vous disiez, à l'intérieur du périphérique,
11:56mais aussi au niveau européen.
11:58Je voudrais qu'on parle de...
12:00Puisqu'on est en train d'évoquer les uns et les autres la planification environnementale,
12:05le secteur automobile, il a pris un sacré choc quand même.
12:08La décision d'interdire la vente de voitures thermiques en 2035,
12:11à quel point ça a obligé le secteur à aller vite.
12:16Et pour une entreprise, pour un groupe comme le vôtre, avec quelles conséquences ?
12:19Conséquences dramatiques, vous vous doutez bien.
12:21Et surtout, ce qui est surtout dramatique, c'est ces grands constructeurs européens
12:24qui n'ont pas vu venir, pas su voir dans quel sens évoluer ces dernières années.
12:29Ils ont fait cette grave erreur que nous payons très cher.
12:33Nous, toute la filière automobile, aujourd'hui, envahie par évidemment
12:36notre concurrence chinoise qu'on a bien nourrie pendant toutes ces années.
12:42Donc voici où on en est.
12:44De toute façon, alors effectivement, on a le pantin d'en face,
12:48l'autre Atlantique, qui annonce des grandes réformes,
12:52des grandes annonces qui ne font rien, de toute façon pas grand-chose,
12:56à part des mots.
12:58Maintenant, ce qui va se passer, je ne sais pas.
13:00Il se discute de grandes choses en ce moment,
13:01notamment l'Allemagne est vent debout.
13:04Oui, le chancelier allemand vient de demander un délai.
13:07Est-ce que la date butoir de 2035 soit repoussée ?
13:10Voilà, donc qu'est-ce qui va se passer ?
13:12Je n'en sais rien.
13:14Mais il faut écouter, on est quand même résilients.
13:16On croit en notre avenir quand même.
13:18On croit en nos territoires.
13:20Mais est-ce que quand un grand groupe,
13:23puisque ce sont vos donneurs d'or dans quelque sorte,
13:25décident de prendre un virage environnemental par capillarité ?
13:29Quelles conséquences ça a pour une entreprise comme la vôtre ?
13:32Ça a des conséquences, si vous voulez,
13:33qu'eux vont prendre des grandes décisions dont ils ont les moyens
13:37ou dont l'État leur donne les moyens,
13:39les subventions leur donnent les moyens.
13:41Et nous, derrière, en gros, sans être vulgaire,
13:43on doit se démerder.
13:44Voilà, on doit se démerder à travailler,
13:47à continuer à travailler, comme d'habitude,
13:48mais on doit prouver qu'on est sur la bonne voie.
13:51Voilà ce qui se passe.
13:52Ça, c'est un petit peu dommage.
13:53On fait beaucoup de politique et on oublie la réalité de terrain
13:56que sont les contraintes quotidiennes des PME
13:59et des petits, même de l'autre entrepreneur, etc.
14:03Qui avons toujours cette idée, évidemment,
14:06de transition, d'écologie, etc.
14:08Nous avons ça ancré en nous, mais on ne peut pas le prouver.
14:11On n'a pas les moyens.
14:11Ça, c'est dommage.
14:12Vous parliez de biorégion.
14:14Je veux bien que vous me définissiez un peu plus.
14:16La biorégion, c'est au-delà du cercle de la ville
14:21et de sa communauté de communes.
14:23C'est reconnaître quel est le territoire naturel.
14:28Qui n'est pas forcément celui des régions
14:29telles qu'elles sont définies aujourd'hui ?
14:31Non, les régions, aujourd'hui, ne sont pas définies.
14:33Elles sont indéfinissables.
14:35Un jour, le directeur général des régions,
14:37puisque nous avons chez nous un certain nombre de départements
14:39au Geste d'Or, 32 départements qui sont membres du Geste d'Or.
14:42Mais ce directeur des régions me disait
14:44surtout, surtout, ne faites pas rentrer les régions.
14:46Ce sont les nouvelles féodalités.
14:47Donc, ce sont des régions politiques.
14:49Ce ne sont pas des régions naturelles.
14:50Or, la biorégion, c'est reconnaître,
14:53au-delà de ce que l'administration,
14:54peu à peu, a construit.
14:56Et déjà, la communauté de communes,
14:57comme l'intercommunale,
14:58que l'on vient de sanctionner fortement
15:00dans la nouvelle loi de finances,
15:02qui est une catastrophe,
15:035% de moins, quand même, pour les collectivités locales.
15:05Et puis, ça ne sera jamais reversé,
15:06contrairement à ce qui est dit.
15:07Eh bien, effectivement, la biorégion,
15:09c'est la reconnaissance, véritablement, non pas.
15:13Et c'est la grande différence.
15:14Nous ne sommes pas au Geste d'Or écologiste.
15:16Nous sommes écologues.
15:17C'est une grande différence.
15:18C'est-à-dire qu'on reconnaît la nature.
15:20Il se trouve que moi, personnellement,
15:21j'ai la chance, étant franco-suisse,
15:23d'avoir une formation d'anthroposophie,
15:25dont Rudolf Steiner.
15:26Et j'ai été éduqué à reconnaître vraiment la biodynamie.
15:29Parce que, voilà, ça date de 1900.
15:31Rien n'est nouveau.
15:33Nous retrouvons les choses.
15:34Mais je voulais dire une chose
15:35par rapport à ce qui vient d'être dit là.
15:36C'est qu'effectivement,
15:38puisque M. le maire d'Arras y a fait allusion,
15:40et que moi-même, j'ai eu à essayer de lutter
15:42contre la pléthore d'éoliennes
15:44prévues par le gouvernement dans le Nord,
15:46et qui était une catastrophe pour vous,
15:48elle peut, elle, être bien à certains endroits,
15:50encore que je pense qu'on songe actuellement,
15:52très clairement, à démonter toutes les éoliennes.
15:55Ça coûtera beaucoup plus cher que prévu.
15:56Mais bon, ceci est...
15:57Parce que les blocs de béton dans le champ,
15:59c'est terrible.
16:00Mais au-delà de ça,
16:01je réfléchissais en vous écoutant
16:02qu'on pourrait donner une nouvelle définition
16:04de la République,
16:05au lieu de la faire une et indivisible,
16:07il faudrait l'appeler plurielle et indivisible.
16:09Parce que les territoires,
16:11c'est une mosaïque.
16:12Et aujourd'hui,
16:13le véritable conflit qui a été mis en cause...
16:15Mon président est un sociologue des organisations.
16:17Donc, les enquêtes croisées dans une entreprise,
16:19comme dans l'État,
16:19pour faire que nous sortions de nos îles otages.
16:21Eh bien, effectivement,
16:23aujourd'hui, il y a un conflit
16:24entre deux aspects et deux idées de la politique.
16:26Ou bien la France une
16:28est toute semblable partout,
16:30et c'est la politique nationale, centrale,
16:32ou la France mosaïque,
16:34c'est-à-dire qui retrouve ces régions naturelles.
16:36Et nous sommes sur ce chemin,
16:38qui est formidable.
16:39Sauf qu'on est pressé
16:40et que ça ralentit.
16:42Oui, effectivement.
16:43Est-ce que, Frédéric Lec-Turc,
16:44finalement, l'inertie
16:47ou le chaos politique
16:48qu'on traverse depuis plus d'un an,
16:51je pourrais même remonter un peu plus loin,
16:52mais bon, je vais déjà...
16:54Soyons raisonnables.
16:55Voilà, soyons raisonnables
16:55à partir de la dissolution.
16:57Mais est-ce que, finalement,
16:58ça n'incite pas,
17:00c'est ce que vous venez de dire,
17:01les régions, les villes,
17:02les départements,
17:03à avancer sans attendre le...
17:06Ce n'est pas si simple,
17:06parce que, parfois,
17:07il y a des financements
17:08de l'État dont on a besoin.
17:10Moi, je suis un républicain, démocrate.
17:13Je respecte la cohésion nationale
17:15autour de laquelle je pense
17:16qu'on a encore besoin
17:17de se retrouver
17:19et qui est d'ailleurs
17:19une valeur partagée
17:21qu'on devrait tous réapprendre
17:23à défendre et à porter.
17:25Quand je vois les débats
17:27à l'Assemblée nationale,
17:29je pleure devant ma télévision.
17:31Mais deuxième chose,
17:33en fait,
17:34oui, je suis assez d'accord
17:36sur le fait que la France
17:37est plurielle,
17:38de toute façon,
17:38même si on doit préserver l'unité
17:40et que construire, en fait,
17:42des projets de territoire,
17:43c'est le chemin.
17:44C'est ce que chacun d'entre nous,
17:46d'ailleurs, est amené à faire
17:47dans son territoire.
17:48Je suis persuadé qu'ici,
17:49il y a un projet de territoire.
17:50Moi, j'ai fait délibérer
17:52en juin dernier
17:53le projet de territoire
17:54du Grand Arras
17:56qui est le fruit
17:56de la construction
17:58de toutes les politiques publiques
17:59dont on a compétence,
18:00que l'on a revisité
18:02sur les cinq années
18:03de mandat
18:04et qui est aujourd'hui
18:05scellée dans le marbre
18:06pour donner la trajectoire,
18:08y compris sur la planification.
18:10Justement,
18:10et y compris sur la question
18:11environnementale.
18:12Surtout sur la question
18:13environnementale,
18:14mais pas que.
18:15D'une manière générale,
18:16sur la manière
18:17dont on s'empare
18:18des compétences
18:19de la communauté urbaine,
18:20dont on les partage
18:21avec l'ensemble des communes,
18:2346 communes,
18:25et dont on essaye
18:27de construire
18:28en fait du concret
18:29au service
18:30des 110 000 habitants
18:32en sachant que l'objectif,
18:34l'objectif,
18:35c'est que l'habitant
18:36adhère,
18:37j'irai à cette démarche
18:38de projet.
18:38On revient à cette acceptabilité.
18:39C'est pour ça
18:40que la construction du projet
18:41s'est faite
18:42en prenant du temps
18:43et avec énormément
18:44de réunions,
18:46de discussions
18:46de contributions,
18:49de temps de partage,
18:50de travail,
18:51y compris dans les communes,
18:52pour que l'habitant
18:53s'exprime sur l'eau,
18:55s'exprime sur l'énergie,
18:57s'exprime sur le verdissement,
18:59s'exprime en fait
19:00sur l'aménagement urbain,
19:02s'exprime sur les mobilités,
19:04s'exprime sur l'emploi,
19:05s'exprime sur l'habitat.
19:07Et c'est comme ça
19:07en fait que par exemple,
19:09plutôt que de continuer
19:10à produire entre guillemets
19:11900 logements neufs par an,
19:14on a en fait
19:14avec les discussions
19:15qui ont été engagées,
19:17décidé de plutôt mettre
19:1910 millions d'euros
19:19pour accélérer
19:20la rénovation énergétique
19:22des bâtiments,
19:23notamment des bâtiments sociaux,
19:26des bailleurs sociaux
19:26qui sont en retard
19:27sur la rénovation urbaine
19:30et qui ont besoin
19:30d'un coup de pouce.
19:32Donc,
19:32on l'a fait concrètement.
19:33on a essayé,
19:36parce qu'on respecte aussi
19:37ce que l'on est
19:37en termes historiques,
19:39de travailler sur
19:40l'histoire de la communauté urbaine.
19:42Donc,
19:42on a sorti un livre là
19:43il y a un mois
19:45sur l'histoire du Grand Arras
19:46parce qu'on s'est rendu compte
19:48en fait que
19:48si notre frontière
19:50du Grand Arras
19:51était administrative,
19:53elle avait tout de même
19:53une certaine
19:55gestation
19:57qui en fait
19:58n'était pas qu'administrative.
19:59nos communes
20:00avaient historiquement
20:02des histoires en commun,
20:05des rêves en commun
20:06et tout ça a été
20:09en fait écrit
20:10par des historiens locaux
20:13qui ont permis
20:14de produire
20:14je dirais
20:15un document
20:16qui aujourd'hui
20:17en fait permet
20:17de resserrer les liens
20:19entre les habitants.
20:20Je pense que
20:20on a besoin
20:21de construire un projet
20:22et de pousser
20:24en fait
20:25nos politiques publiques
20:26mais on a besoin aussi
20:27d'asseoir
20:28notre crédibilité
20:29sur ce que l'on est
20:31au plus profond de soi
20:32c'est-à-dire
20:32notre histoire en commun.
20:35Notre histoire
20:35et notre identité.
20:36Laurent Bouquin
20:36a la dimension là aussi
20:38de la région où on est
20:41et de cette communauté
20:43Creusot-Monceau.
20:46Il y a souvent
20:47l'obligation
20:47effectivement
20:48d'organiser
20:48des séances
20:50des débats publics
20:51pour faire accepter
20:52ou non
20:52des projets environnementaux.
20:54Est-ce que vous êtes
20:54dans cette démarche
20:55et est-ce que vous avez
20:55un exemple
20:56de grand projet
20:58qui est en cours
20:59et pour lequel
21:00il a fallu convaincre
21:02tout simplement
21:02pour que les habitants
21:04comme vous le disiez
21:05soient associés
21:07finalement à la démarche ?
21:09Oui alors
21:10exemple
21:10d'un grand projet
21:12et qui est un projet
21:13d'initiative privée.
21:14Donc c'est aussi intéressant
21:15de voir à quel point
21:16ce qu'on disait tout à l'heure
21:18la nécessité
21:19de créer du lien
21:20et de la confiance
21:20entre tous les acteurs.
21:22Grand projet
21:23porté par
21:23Framatome
21:24puisque ici
21:25on a une filière
21:27nucléaire
21:27qui est très importante
21:28dans l'industrie
21:30et Framatome
21:32envisage
21:32la construction
21:33d'une nouvelle forge
21:34donc un projet
21:36titanesque
21:37d'environ 600 millions
21:38d'euros
21:38et au regard
21:40de la taille
21:40du projet
21:41il est soumis
21:42à l'obligation
21:43de la commission nationale
21:44du débat public
21:45et donc
21:46a été organisé
21:47par Framatome
21:48avec un certain nombre
21:49d'acteurs
21:50tout ce travail
21:52de concertation
21:53des habitants
21:54et des différents
21:55acteurs du territoire
21:56sur la période
21:57de juin
21:59juillet
21:59et
22:00cette concertation
22:02vient enrichir
22:03vient soulever
22:03les attentes
22:06et les conséquences
22:08pour le territoire
22:08parce qu'un projet
22:09comme celui-ci
22:09oui
22:11il est important
22:12pour l'industriel
22:12mais j'ai envie de dire
22:13il est presque systémique
22:14pour le territoire
22:15parce qu'un projet
22:16avec un tel investissement
22:17c'est à peu près
22:19300 à 400 personnes
22:20qui travailleront
22:21sur le chantier
22:21pendant 5 ou 6 ans
22:23c'est 250 créations
22:25d'emplois
22:26d'emplois directs
22:27à terme du projet
22:28et derrière
22:29c'est où ces personnes
22:31vont-elles se loger
22:32comment vont-elles
22:32se déplacer
22:33sur le territoire
22:34quid de l'emploi
22:35des conjoints
22:36l'accueil des familles
22:37sur le territoire
22:39donc on voit
22:39à quel point
22:40ça embrasse
22:40l'ensemble des thématiques
22:42et des politiques publiques
22:43et où quel que soit
22:44le projet
22:44dès lors qu'il est
22:45aussi impactant
22:46il ne peut pas se traiter
22:47de façon cloisonnée
22:48tel acteur
22:49sans concerter personne
22:51nécessairement
22:51il faut que l'ensemble
22:52des parties prenantes
22:53soit autour de la table
22:54et contribue à orienter
22:55et à améliorer
22:56le contenu du projet
22:57Est-ce que vous faites
22:58le lien entre ces enjeux
23:01dont on parle
23:02de planification écologique
23:04ou en tout cas
23:04d'engagement environnementaux
23:06et l'attractivité
23:07d'un territoire ?
23:08Tout à fait
23:09bien sûr
23:09c'est très important
23:10et l'attractivité
23:11du territoire
23:11est primordiale
23:13pour effectivement
23:14attirer les talents
23:14et les retenir
23:15surtout les retenir
23:16je dirais
23:17parce qu'on a
23:17ce déficit d'image
23:19c'est vrai sur la communauté urbaine
23:20et c'est bien dommage
23:20mais bien souvent
23:21les gens sont très surpris
23:23d'arriver ici
23:24et ils sont très heureux
23:25d'ailleurs
23:25et il faut les retenir
23:27en fait
23:27donc évidemment
23:28cette attractivité
23:30du territoire
23:31est très importante
23:32et je pense
23:33que la communauté urbaine
23:34mène de belles actions
23:35justement
23:36pour embellir
23:37notre région
23:38Mais quand vous cherchez
23:39à recruter des talents
23:40c'est peut-être pas
23:40l'argument environnemental
23:43qui est le premier
23:43dans la discussion
23:44quand même
23:45on va être honnête
23:46non ?
23:46On est d'accord
23:47mais tout dépend
23:48à quel niveau
23:49vous recrutez
23:49on va pas se mentir
23:50c'est évident
23:51que vous recrutez
23:52des ingénieurs
23:53des cadres
23:53etc.
23:54ils vont avoir
23:54ce regard là
23:55on va pas se mentir
23:57que quand vous êtes
23:57sur une main d'oeuvre
23:58qualifiée
24:00ils ont pas
24:01ce regard là
24:02mais il n'empêche
24:04que si vous avez
24:04ces discussions
24:05avec eux
24:05malgré tout
24:06ils sont assez attirés
24:07par ça
24:08Si on regarde là
24:09comment les territoires
24:10se font aussi
24:11concurrence
24:12est-ce que ça vous semble
24:13cet argument
24:14environnemental
24:15dont on parle
24:15un vrai facteur
24:17d'attractivité
24:18ou pas ?
24:18Je prends un exemple
24:19il se trouve que
24:20j'ai la charge
24:20du réaménagement
24:22du mine de Rungis
24:23ce n'est pas un marché
24:24d'intérêt national
24:25il est
24:26c'est son nom
24:26mais c'est le marché
24:27d'intérêt international
24:28toute l'Europe
24:29vient s'y approvisionner
24:30Rungis
24:31c'est 250 hectares
24:32environ
24:32c'est en fait
24:33une ville
24:34sous péage
24:35qui est
24:36publique
24:37privée
24:37puisque c'est l'État
24:38et le crédit agricole
24:39et il se trouve
24:40qu'est-ce qu'on fait
24:41c'est à l'origine
24:42premier marché
24:43de frais du monde
24:44deuxièmement
24:45c'est le premier
24:45entrepôt d'Europe
24:46et bien troisièmement
24:47aujourd'hui
24:47on y fait une ville
24:48pourquoi on y fait
24:50une ville
24:50pourquoi on a fait
24:51reconstruire
24:52à l'initiative
24:52du geste d'or
24:5340% déjà
24:54Stéphane Layani
24:54qui en est le président
24:5540% des bâtiments
24:56pour qu'il soit mieux fait
24:58mais maintenant
24:58le nouveau pavillon
24:59que nous récompensons
25:00au geste d'or
25:01le pavillon 6
25:02qui est le premier
25:02pavillon de fromage
25:03du monde
25:03ou par ailleurs
25:05puisque je ne m'appelle
25:05pas Yann Penzeler
25:06on vend de la Penzel
25:07qui est le fromage
25:08qui porte mon nom
25:09et j'en suis assez fier
25:09et bien
25:10on le refait
25:11à la manière urbaine
25:12c'est à dire que désormais
25:14les pavillons
25:14ont des boutiques
25:15désormais
25:16on fait ville
25:17et parce que
25:18l'internet fait
25:19qu'il y a moins
25:19de gens qui viennent
25:20acheter en direct
25:21ils achètent par internet
25:22mais il y a de plus en plus
25:23de gens qui viennent
25:23s'y promener
25:24qui viennent y vivre
25:25et aujourd'hui
25:26si on sait faire ville
25:27je prends l'exemple
25:28du mine de Rangis
25:28parce qu'il est très particulier
25:29que ce marché
25:31disparaîtrait
25:32par la pression immobilière
25:33qui est tout autour
25:34c'est au centre
25:35du Grand Paris
25:36et c'est très important aussi
25:37donc dans une sorte
25:38de communauté urbaine
25:39mais Paris est très particulier
25:40et effectivement
25:41aujourd'hui
25:42c'est la qualité
25:43de fréquentation
25:44et qui elle-même
25:46permet deux choses
25:47premièrement
25:48refaire la culture
25:48des produits
25:49et c'est capital
25:50car aujourd'hui
25:51ce dont on n'a pas parlé
25:52aujourd'hui
25:52et que moi
25:54comme prof
25:54comme enseignant
25:55comme chercheur
25:55etc.
25:56depuis tant d'années
25:57et bien je vois
25:57c'est la perte culturelle
25:58mais tout le monde
25:59a envie de culture
26:00sauf qu'il faut savoir
26:01la passer
26:01il faut aujourd'hui
26:03par exemple
26:03que dans les écoles
26:04il faut réformer
26:05l'éducation nationale
26:06que dès l'âge de 5 ans
26:07on n'apprenne pas
26:08à cultiver
26:09dans une cour d'école
26:10où on a remis la terre
26:11où on a enlevé l'asphalte
26:12ou le ciment
26:13ou le béton
26:14pour faire quelques petites cultures
26:15non non
26:16il faut l'enseigner
26:17cette culture
26:17il faut aujourd'hui
26:18que nous préparions
26:19les jeunes générations
26:19qui
26:20et je compléterai
26:21ce qu'a dit là
26:22monsieur Jean-Pierre Julien
26:23c'est que
26:23même un ouvrier
26:25aujourd'hui
26:25un jeune ouvrier
26:26il a un intérêt
26:27à mieux vivre
26:29et à vivre sa vie privée
26:30et cette vie privée
26:32qu'il a envie de vivre
26:32c'est une vie équilibrée
26:34et cette notion d'équilibre
26:35elle est absolument fondamentale
26:37et ça
26:38je dirais
26:39les gouvernements
26:40en général
26:40n'ont pas pris en compte
26:41le désir privé
26:42c'est fondamental
26:44c'est fondamental
26:44là-dessus
26:44merci beaucoup
26:45merci à tous
26:46d'avoir participé
26:47à ce débat
26:48merci à toutes et à tous
26:50de votre fidélité
26:51Abysmart for Change
26:53la chaîne des audacieuses
26:54et des audacieux
26:55salut
26:55ce programme vous a été présenté
26:57par la communauté urbaine
26:58du Creusot-Monceau
26:59le territoire de tous les possibles
27:01merci à tous
27:03merci à tous
27:03merci à tous
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