Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 5 mois
Thomas Cazenave, député Ensemble pour la République de Gironde, était l'invité de Laure Closier dans Good Morning Business, ce mercredi 24 septembre. Il s'est exprimé sur l'annonce faite par Patrick Martin d'un grand meeting de chefs d'entreprise pour discuter la fiscalité et le quotidien des entrepreneurs, ainsi que sur le retour de l'ISF dans le débat public, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Notre invité ce matin c'est Thomas Cazenave, bonjour, vous êtes député ensemble pour la République de Gironde.
00:05Raphaël Le Gendre est à mes côtés, Patrick Martin a annoncé hier un grand meeting dans lequel les patrons allaient parler d'impôts,
00:13allaient parler de leur quotidien, de chef d'entreprise. Est-ce que si c'est organisé dans les prochains jours, vous allez y aller ?
00:19Non, d'abord je crois qu'il faut que le dialogue se passe.
00:23C'est le cas des rencontres qui sont organisées par le Premier ministre,
00:26avec toutes les forces vives, j'allais dire les partenaires sociaux, naturellement le MEDEF.
00:31Aujourd'hui, et je crois qu'il faut aller au bout de cette phase de discussion, de négociation,
00:36on ne va pas tous descendre dans la rue avec des pancartes.
00:39Mais vous comprenez que les patrons sont en colère, qu'ils ont l'impression qu'ils sont maltraités,
00:42on prend les entreprises comme des ennemis ?
00:44D'abord il y a quand même un gros problème sur la vision de qu'est-ce que c'est la fiscalité,
00:48à quoi servent les entreprises, qu'il faut créer de la richesse pour pouvoir ensuite la redistribuer.
00:52Et là on est parti tout feu tout flamme sur la taxe Zuckman,
00:56qui serait l'alpha et l'oméga de toutes les politiques publiques en France.
00:59Mais on ne nous a pas beaucoup entendu sur cette taxe Zuckman.
01:02Le bloc central est assez inaudible pour l'instant,
01:05vraiment c'est Gabriel Zuckman et le Parti Socialiste qui occupent toutes les ondes.
01:09Oui parce que je pense qu'on laisse beaucoup de place à celles et ceux qui la défendent.
01:12Je pense qu'on a tenu une ligne depuis le départ, c'est-à-dire oui il faut trouver un accord.
01:16On ne peut pas laisser le pays sans budget, sans accord.
01:19Je crois que moi je suis beaucoup sur le terrain à Bordeaux,
01:22les Françaises et les Français nous demandent de travailler ensemble.
01:26En revanche, nous on a quelques attachements,
01:29des lignes rouges, je vais dire, ce n'est pas vraiment des lignes rouges,
01:31mais on défend le travail, on défend la croissance, la création d'entreprises, la création d'emplois.
01:39Parce que si on n'a pas de croissance, on n'aura pas de quoi, y compris réduire nos déficits,
01:45financer notre modèle social.
01:46Et donc moi ce que je trouve dingue un peu dans la période, c'est qu'on ne parle que de la taxe Zuckman,
01:51comme si ça allait apporter des réponses à la baisse de la démographie,
01:55l'impact de l'intelligence artificielle, la faiblesse de la croissance et de la productivité.
02:00Mais pardon Thomas Cazenave, mais y compris chez vous, on parle de taxe Zuckman,
02:02on commence à dire oui, ok, on est prêt à l'accepter.
02:05Et ce matin, Marc Fénaud, alors ce n'est pas Renaissance et Modem,
02:08mais c'est quand même un allié historique du président de la République,
02:11plaide pour un impôt sur la fortune improductive.
02:15Un retour de l'ISF, c'est le dernier clou dans le cercueil du macronisme.
02:20Non, moi je pense qu'on va naturellement rentrer dans ce débat budgétaire.
02:24Un, je crois que si on appelle tout le monde à faire des efforts,
02:27et dans les propositions qui sont faites, il faut qu'on regarde les efforts qui sont demandés,
02:31y compris à celles et ceux qui le peuvent, et qui sont les plus riches.
02:35Et ce débat ne me choque pas.
02:37En revanche, nous, notre attention, ce sera un, on préserve le travail,
02:41c'est pour ça qu'on s'est opposé aux deux jours fériés par exemple,
02:44on a dit ça ne va pas dans la bonne direction,
02:46et deux, ne pas casser le moteur de l'investissement, de la croissance,
02:50on a quand même réussi à faire de ce pays un des pays les plus attractifs d'Europe ces dernières années,
02:56c'est pas pour casser ce moteur-là.
02:58Donc c'est quoi, c'est un ISF ?
02:59Non, moi je n'aime pas, j'allais dire, la fiscalité sur le stock,
03:03pardon d'être un peu technique.
03:04Référé sur le flux.
03:06La taxe du Hütte-Mann, on taxe une richesse qui est virtuelle,
03:10elle n'arrive pas encore sur le compte en banque.
03:11En revanche, dire, est-ce qu'il y a une réflexion à voir sur la fiscalité du capital ?
03:16Le prélèvement forfaitaire unique, si les socialistes veulent avancer par ça.
03:20Donc une augmentation du taux de la flat tax, le prélèvement forfaitaire unique,
03:23effectivement, d'un point, deux points, peut-être trois, ne vous choquerez pas ?
03:27Moi, je n'y suis pas favorable.
03:29Je n'y suis pas favorable, mais il faut trouver des accords.
03:33Vous êtes favorable à quoi, du coup ?
03:34Je préfère qu'on s'oriente vers ce type de réponse,
03:37c'est-à-dire des dispositifs anti-optimisation,
03:40et on sait que ça existe.
03:43On sait aussi qu'on peut travailler sur la fiscalité du capital.
03:47Je préfère toutes ces réflexions-là à le retour d'une fiscalité sur le patrimoine professionnel.
03:55C'est quand même dingue, la proposition de Zuckmann.
03:57C'est ça le problème principal.
04:00On serait le premier pays à le faire, en Europe, et probablement dans le monde.
04:05Donc, réorientant le débat sur ce type de mesures,
04:08c'est normal que tout le monde soit appelé à faire des efforts, des contributions supplémentaires.
04:12Y compris les grandes entreprises, on parle de plus en plus d'un maintien,
04:15de la surtaxe d'impôts sur les sociétés.
04:17Une dizaine de milliards d'euros, ça n'est pas une paille, payée en 2025.
04:21Est-ce que vous seriez favorable à son maintien en 2026 ?
04:23Mais moi, je ne suis pas favorable aux augmentations d'impôts.
04:26Je trouve que la question des économies...
04:27Oui, mais il vous faut un accord.
04:28Mais je dis juste que dans le menu de tout ce qu'on nous propose,
04:32il faut revenir à des solutions qui ne cassent pas le moteur économique.
04:36Et je préfère, je le dis, fiscaliser un peu plus les revenus du capital,
04:41fiscaliser les bénéfices,
04:43plutôt que s'attaquer au patrimoine professionnel de celles et ceux
04:46qui créent des emplois, qui créent de la richesse dans notre pays.
04:50Est-ce que dans le socle commun, on parle encore de baisse des dépenses,
04:52où c'est un sujet qui n'existe plus ?
04:54Oui, oui et oui. Pourquoi ?
04:57Nous, on a toujours soutenu des propositions d'économie.
05:00Nous l'avons dit, nous continuons à le défendre.
05:03Il faut aussi que dans la discussion qui ait lieu avec toutes les formations politiques,
05:07on va faire entendre notre voix en disant
05:09qu'on ne peut pas passer de 44 milliards d'économies
05:14à 20 à 30 milliards de recettes fiscales supplémentaires.
05:19Quand j'entends parfois nos oppositions dire
05:21qu'on est un pays néolibéral qui s'inflige une cure d'austérité,
05:27on a le niveau de dépense publique le plus élevé d'Europe,
05:29le niveau de fiscalité le plus élevé d'Europe.
05:32Donc déjà, le point de départ n'est pas le bon.
05:34Et on a un problème de soutenabilité de notre modèle social.
05:37Je le disais, baisse des naissances,
05:39baisse de la productivité, faible croissance.
05:42Notre modèle social n'est plus financé.
05:43Et donc, il faut soutenir la croissance et parler d'économie.
05:48Vous avez été l'élève de Thomas Piketty à l'école d'économie de Paris,
05:52Thomas Cazenave.
05:54Thomas Piketty, qui dans une interview à Bloomberg,
05:55propose un mécanisme de taxation des grandes fortunes
05:59liées au nombre d'années vécues en France
06:02afin d'éviter l'évasion fiscale.
06:05Il propose quasiment de les enfermer s'ils veulent quitter la France.
06:07Des arrêter l'aéroport, oui.
06:08Des arrêter à l'aéroport.
06:10Un commentaire.
06:11Oui, c'est là où on vit dans un monde ouvert.
06:15Et heureusement qu'on vit dans un monde ouvert.
06:18On bénéficie de ce monde ouvert.
06:20Je pense que Thomas Piketty ne peut pas défendre ce type.
06:23Et on voit une forme de dérive complète sur la...
06:25Il fait de l'économie ou de la politique aujourd'hui, Thomas Piketty ?
06:27Thomas Piketty, quand je l'entends,
06:29je ne vois plus le professeur d'économie parfois.
06:31Il est dans un combat de nature politique.
06:33C'est vrai, il a le droit d'avoir des convictions politiques.
06:35Mais je trouve qu'on mélange un peu les gens.
06:37Je n'ai pas lu ses travaux d'économiste sur les mécanismes d'arrêt à la frontière des grands patrons et son impact économique.
06:45Donc là, on sort complètement de l'économie au profit de la politique.
06:49Et je regrette un peu en ce moment le mélange des genres.
06:51Dans votre négociation avec le Parti Socialiste au sens large,
06:54il semble que l'assurance chômage et la réforme potentielle passent à la trappe.
06:57Ça tenait à cœur à Gabriel Attal.
06:59Est-ce qu'il faut conserver une future réforme ?
07:02Est-ce qu'il faut que les gens travaillent plus ?
07:03Qu'est-ce qu'on doit faire sur ce point ?
07:05On a besoin collectivement de travailler plus.
07:08Je le disais, notre modèle social aujourd'hui, il n'est plus financé.
07:11Donc tout ce qui contribue à ce qu'on soit plus nombreux à travailler,
07:15que ce soit les seniors, les plus jeunes,
07:18on a fait beaucoup de progrès avec la réforme de l'apprentissage.
07:21Tout doit être fait pour encourager le maximum de personnes à travailler.
07:25À la fin...
07:25On va réduire les aides dans l'apprentissage dans le prochain budget a priori.
07:28Je sais, mais c'est quand même une grande avancée.
07:30C'est une grande avancée de ces dernières années.
07:32Le problème, c'est qu'à la fin, si on dit qu'il n'y aura pas d'année blanche,
07:36il n'y aura pas de réformation en chômage,
07:38il faut abolir la réforme des retraites,
07:41on enfoncerait le pays littéralement dans une dérive profonde de nos finances publiques.
07:46Donc nous, on doit aussi tenir bon sur la nécessité de faire des économies
07:50et qu'elles soient au programme de ce prochain budget.
07:53C'est ce que pense le Premier ministre aussi.
07:55On ne l'entend pas beaucoup.
07:55On a des mesures symboles, comme la suppression des budgets de communication de l'État.
07:59C'est normal qu'on ne l'entende pas beaucoup.
08:03Et je pense qu'il est en train de gagner un peu la partie
08:05sur le dialogue qu'il noue avec les forces politiques et syndicales.
08:09Il les reçoit, il y a de nombreux échanges,
08:12tout ça pour aboutir à une proposition,
08:14je l'espère qu'il mettra sur la table dans les prochains jours.
08:16Mais il vaut mieux le faire comme ça qu'à micro ouvert, si vous voulez.
08:19Donc moi, ça ne m'inquiète pas qu'on n'entende pas beaucoup le Premier ministre.
08:22Par contre, j'attends de lui qu'il trouve cette voie de passage
08:24pour donner de la stabilité au pays,
08:26parce que moi, sur le terrain, tout le monde me dit
08:28« Entendez-vous, entendez-vous ! »
08:30Pour donner un peu de visibilité jusqu'en 2027,
08:33ce n'est pas à nous de résoudre les problèmes qui sont les vôtres.
08:36Et votre problème, c'est de trouver des majorités à l'Assemblée.
08:39Et est-ce qu'on vous demande de revenir sur la réforme des retraites ?
08:41On ne m'en parle jamais.
08:44Jamais ?
08:44Je veux dire, je suis par ailleurs en campagne
08:46pour une échéance municipale à Bordeaux,
08:48donc je suis quand même beaucoup sur le terrain.
08:50Personne ne me parle des retraites.
08:52Personne ne me parle des retraites.
08:53On me dit, en effet, il faut que tout le monde contribue.
08:56Il faut que les plus riches contribuent.
08:58Alors, on peut rentrer dans le détail de la Taxi-Man,
09:00ce que je fais, on disait d'autres solutions,
09:02mais on ne me parle jamais de la réforme des retraites.
09:04Et on me dit surtout, surtout, sortez-nous de l'instabilité.
09:07On veut du calme.
09:09Et c'est votre problème.
09:10Trouvez les voies d'un accord à l'Assemblée.
09:12Merci beaucoup Thomas Cazenard.
09:13Vous êtes venu ce matin dans la matinale de l'économie.
09:15Merci.
09:16Merci.
09:17Merci.
Commentaires

Recommandations