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  • il y a 4 mois
Retrouvez Le 18/19 d'Hedwige Chevrillon en replay.

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00:00BFM Business et la Tribune présentent le 18-19 d'Edwige Chevrillon.
00:10Merci d'être avec nous dans ce 18-19.
00:14On va parler d'automobiles. Est-ce qu'on aura encore des automobiles européennes ?
00:18C'est la question qu'on peut se poser, c'est la question qu'on se pose assez régulièrement
00:21depuis la décision de l'Union Européenne de mettre fin aux véhicules thermiques.
00:25On en parle avec vous, Luc Châtel. Bonsoir.
00:27Bonsoir Edwige Chevrillon.
00:28Merci d'être là, président de la plateforme Automobiles,
00:31évidemment ancien ministre de l'Éducation nationale.
00:34On en dira peut-être un petit mot si on a le temps.
00:37Et puis après on parlera de dysmorphie financière.
00:40Je suis sûre qu'en tant qu'ancien ministre de l'Éducation nationale, vous savez ce que c'est.
00:43Vous verrez. Luc Châtel, il y avait une réunion importante,
00:46vendredi, enfin à tous les cas présentée comme telle.
00:49Est-ce qu'elle a été à la hauteur de vos espérances ?
00:52Il y a Ursula von der Leyen qui vous a tous réunis,
00:55les représentants de l'industrie automobile,
00:57pour voir qu'est-ce qu'il faut faire face à la défermante chinoise,
01:00qu'est-ce qu'il faut faire par rapport à cette fameuse clause de revoyure.
01:03Est-ce qu'on peut dire qu'aujourd'hui vous avez été rassuré ?
01:07C'est un peu l'instant de vérité pour l'industrie automobile européenne.
01:11Pourquoi ? Parce que la question qui se pose, c'est peut-on concilier agenda climatique et pérennité de notre industrie ?
01:23Ça paraît simple comme ça.
01:25Maintenant, la réponse est non.
01:26Quand on voit la destruction de valeur.
01:29Les industriels de l'automobile, ils veulent décarboner.
01:32D'ailleurs, ils ont commencé.
01:33Les voitures qui sont aujourd'hui en vente dans des concessions,
01:37elles émettent deux fois moins de CO2 qu'à 25 ans.
01:39Donc le travail a déjà commencé.
01:41Il y a eu une accélération avec le passage à l'électrique.
01:44Mais la vérité est que le sol est en train de se dérober sous nous-mêmes.
01:49Puisque le marché s'est contracté d'un tiers en Europe en cinq ans.
01:54Que nous avons perdu un million de productions de véhicules en France depuis cinq ans.
01:58Nous avons perdu 40 000 emplois.
02:00Et qu'on risque d'en perdre encore 75 000 dans les cinq ans.
02:02On va revenir là-dessus.
02:03Voilà ce qui est en train de se passer depuis que la décision...
02:06C'est ce qui se passe. Il faut expliquer aux gens, c'est ce qui se passe.
02:08Voilà, c'est ce qui se passe.
02:09Il est en train de se passer la disparition possible de notre industrie européenne.
02:17Alors, que pouvons-nous faire ?
02:19Nous ne tiendrons pas les engagements de 2035.
02:22C'est-à-dire que le marché tel qu'il se développe aujourd'hui,
02:26nous sommes entre 15 et 16 % en moyenne en Europe de véhicules 100 % électriques,
02:32n'est pas capable d'absorber cette transition.
02:35Ou alors il faudrait que ce soit une déflation globale qui s'effondre
02:38pour qu'on monte à 100 % de voitures électriques.
02:41Donc ça veut dire que des pans entiers de notre industrie sont menacés.
02:45Et cette réunion était très importante vendredi
02:47parce que nous avons le sentiment aujourd'hui,
02:50à force de répéter cela depuis des mois,
02:53de commencer à être entendus.
02:55C'est-à-dire qu'il y a une écoute.
02:57On dit « Ah, oui ! »
02:57D'accord, enfin bon, une écoute, on est très contents qu'ils vous écoutent.
03:00Mais enfin, vous voyez ce que je veux dire.
03:01Parce que vendredi, il en est sorti quelque chose
03:03qui fait qu'aujourd'hui, lundi, lendemain de week-end,
03:06Luc Châtel, vous vous dites
03:07« Bon, allez, on va y arriver.
03:10On va sauver notre industrie. »
03:12Ou c'est trop tôt ?
03:13Oui, il est sorti deux choses.
03:15L'idée qu'on assouplisse le calendrier
03:19et on assouplisse la réglementation,
03:21c'est ce que nous demandons.
03:23Nous ne demandons pas à renoncer à l'objectif.
03:25On ne va pas renoncer aux véhicules électriques.
03:27Ce n'est pas le sujet.
03:28Le sujet, c'est d'avoir un calendrier
03:30et des conditions de passage à la décarbonation
03:35qui garantissent l'avenir de notre industrie
03:37et qui fassent qu'on ne disparaisse pas
03:39et que finalement, on meurt guéri.
03:41Ce qui nous guette, c'est ça.
03:42C'est de mourir guéri.
03:43C'est-à-dire qu'on aura peut-être zéro émission,
03:45mais on n'aura plus d'industrie automobile en Europe.
03:47Donc oui, vendredi, on a commencé d'abord.
03:50Cette réunion s'est tenue.
03:52La présidente de la commission a entendu
03:53les différents acteurs
03:55et elle a mis sur la table un certain nombre de sujets.
03:58L'idée d'assouplir et donc d'avoir une flexibilité.
04:01Il va y avoir un groupe de travail dans les prochaines semaines.
04:04Et la deuxième chose très importante pour nous,
04:07c'est de travailler sur le contenu local.
04:11C'est-à-dire de se dire que si on veut résister,
04:14nous avons des entreprises très performantes
04:16mais on n'est pas assez compétitifs en Europe.
04:18On le voit bien.
04:19Et donc, face aux voitures chinoises
04:21qui arrivent massivement,
04:23on va avoir besoin à la fois de se protéger
04:27avec des clauses de contenu local,
04:29comme le font les Américains,
04:30comme le font les Chinois,
04:31et en parallèle, de renforcer notre compétitivité
04:34parce qu'on ne va pas créer un îlot
04:35au milieu de la prostitution.
04:37Vous n'avez toujours pas répondu à ma question
04:39de savoir si vous êtes un peu plus rassuré
04:40aujourd'hui que vendredi.
04:41J'entends notre demande.
04:44On a été entendus et il y a des groupes de travail.
04:47Maintenant, il faut passer à l'action.
04:48Là, vous avez raison.
04:49Parce qu'il est minuit moins une dans l'industrie automobile.
04:52Chaque jour qui passe, le marché s'effondre.
04:54Chaque jour qui passe, nous perdons des emplois.
04:56Est-ce qu'on a tué l'industrie automobile ?
04:58Est-ce que la Commission européenne, l'Union européenne
05:00a tué l'industrie automobile ?
05:02Qui était quand même le fer de lance de l'Europe.
05:05S'il y avait un truc qui marchait en Europe,
05:07il y en a deux, l'aéronautique
05:08et l'industrie automobile.
05:09J'ai dit le jour de l'adoption de cette direction
05:14par l'Union européenne de 100% véhicules électriques en 2035,
05:19j'ai dit que notre industrie automobile jouait sa survie.
05:22Et depuis, je ne cesse de répéter qu'elle est en danger de mort.
05:25Donc, nous avons prêché dans le désert pendant deux ans, on va dire.
05:31Nous commençons à être un peu entendus.
05:33Voilà, c'est un début.
05:34Et puis, il y a sur la table des travaux qui vont être modifiés.
05:37Je rappelle qu'il devait y avoir ce qu'on appelle une clause de revoyure en 2026.
05:41Il a été décidé de l'avancer
05:43et de faire en sorte qu'elle s'exerce.
05:45Quand précisément, cette clause de revoyure ?
05:46Normalement, d'ici 2025.
05:48Mais je ne suis pas commissaire européen.
05:49Attendez, on est en septembre.
05:50Je ne suis pas la présence de la Commission.
05:50Oui, c'est pour ça que je vous dis que vendredi,
05:53ont été évoqués l'accélération de ce calendrier.
05:57Le fait qu'on va mettre sur la table
05:58un certain nombre d'assouplissements,
06:00de flexibilité pour y arriver.
06:02Et les pénalités qui faisaient bondir
06:05Lucas de Meo, qui à l'époque était encore le patron de Renault,
06:08on en est où ?
06:09Tout ça est sur la table.
06:10Nous avons proposé...
06:11La table, elle va s'écrouler sur le nombre de trucs qu'il y a sur la table.
06:14Encore une fois, je ne fais qu'observer
06:17le fonctionnement de la Commission européenne
06:20et la façon dont elle réagit à une urgence.
06:23Oui, elle pourrait être plus réactive.
06:24Quand je vois l'IRA américain,
06:27c'est une décision qui a été prise unilatéralement,
06:33de manière d'application immédiate
06:35et avec un impact massif.
06:37Nous, on discute pendant des années.
06:40D'abord, on a du mal à prendre conscience de la réalité.
06:42On finit par l'entendre.
06:44On discute pendant des années avant d'agir.
06:46Là, il faut accélérer.
06:47Alors, vous dites plein de choses.
06:49On va essayer peut-être de tirer les fils, Luc Châtel.
06:53Mais il y a un point d'abord.
06:55Résons sur les États-Unis.
06:56Les États-Unis, il y a le droit de douane
06:58qui a été instauré sur les voitures européennes,
07:02notamment les voitures allemandes.
07:04Est-ce que déjà, vous avez mesuré l'impact ?
07:06Non, c'est trop tôt.
07:07Trop tôt ?
07:08Trop tôt.
07:08C'est-à-dire que c'est trop tôt.
07:10Pourquoi ?
07:10Parce que c'est horriblement complexe.
07:12C'est une industrie qui est multiplement dépendante.
07:16C'est-à-dire que vous avez un constructeur,
07:18par exemple, allemand,
07:20qui va vendre des voitures aux États-Unis.
07:21Mais ces voitures, il va les produire au Mexique.
07:24Et il va s'approvisionner avec des équipementiers français ou allemands
07:29et avec des fournisseurs qui seront d'autres pays.
07:31Donc, il y a une chaîne de valeur.
07:33Est-ce que l'impact, il est très fort, moyennement fort ?
07:36Il est trop tôt pour le dire.
07:38D'accord.
07:38Mais c'est mauvais.
07:40Pour toute la chaîne de valeur.
07:41Et nous cessons de le dire.
07:42De la même manière que c'est mauvais vis-à-vis de la Chine.
07:45C'est-à-dire que nous disons,
07:46et j'ai dit aux Chinois,
07:47sauf que je recevais l'ambassadeur de Chine vendredi,
07:49et nous lui avons dit, nous ne sommes pas favorables,
07:52par principe, à des droits de douane.
07:54Parce que c'est mauvais pour le commerce.
07:55Parce qu'à la fin, c'est le consommateur final qui paye.
07:57Et donc, ça surenchérit le prix des voitures.
08:00Et donc, ça baisse les volumes.
08:02Donc, nous sommes favorables à d'autres dispositions.
08:05Qui sont des dispositions de partenariats industriels.
08:09De partenariats industriels.
08:13De mise en place de contenu local.
08:15De joint venture.
08:16Les règles que les Chinois ont fixées il y a 25 ans.
08:19Chez eux.
08:19Quand ils nous ont demandé.
08:20Quand ils nous ont demandé.
08:22Oui.
08:22De venir nous implanter.
08:24Et je rappelle qu'un groupe comme Forvia, par exemple,
08:26a 80 usines en Chine.
08:28Valeo, 35 ou 40.
08:30Donc, il y a des jours plus français.
08:31Et eux, ils ne veulent surtout pas qu'on barre la route aux Chinois.
08:34Je m'en souviens, j'avais posé la question à Philippe Collère.
08:36Qui était à l'époque le patron de Forvia.
08:39Lors de votre colloque de la plateforme automobile.
08:41Il avait dit, ben non, moi, j'ai besoin.
08:44Je travaille avec les Chinois.
08:45Ce sont nos partenaires.
08:46Ce que je l'indique à l'instant.
08:47C'est-à-dire qu'il ne s'agit pas de barrer la route.
08:50Il s'agit de fixer des règles.
08:51Pour que la concurrence soit loyale.
08:53Alors, ce que nous ne pouvons pas accepter.
08:55C'est une concurrence déloyale.
08:57Et là, nous serons emportés.
08:58Mais vous savez, l'Europe, elle a vu arriver.
09:00Les Japonais en son temps.
09:01Les Coréens en son temps.
09:02L'automobile, c'est une industrie très concurrentielle.
09:05très compétitive.
09:06Les Chinois arrivent avec des véhicules de grande qualité.
09:09Pas cher.
09:10Qu'il y ait de la concurrence, c'est normal.
09:12Mais, à une condition.
09:13C'est qu'on ait des règles du jeu qui soient loyales.
09:16Et qui soient partagées.
09:17Alors, cette question.
09:18Parce que ça a été mis sur la table.
09:20Donc, d'avoir un contenu local.
09:23C'est ce qu'a fait Donald Trump.
09:25En fait, il a exigé des voitures.
09:28Pour ne pas qu'elles soient taxées.
09:29Il faut qu'elles soient construites sur le sol américain.
09:31Après, il y a une question de compétence.
09:33Parce que si les voitures américaines étaient si formidaires,
09:35il n'y aurait pas autant d'Audi et de Mercedes.
09:37Et voir de voitures françaises là-bas.
09:39Mais c'est un autre débat.
09:41Mais c'est comment ?
09:42Sur quoi ?
09:44Sur quelle partie de la voiture ?
09:47À hauteur de combien ?
09:48Vous voyez, c'est très compliqué.
09:49Vous, qu'est-ce que vous dites ?
09:51En tant que patron de la plateforme automobile.
09:53Aujourd'hui, une voiture qui est produite en Europe,
09:57elle a environ 80% de contenu européen.
10:00En volume.
10:01D'accord.
10:02En valeur, on est à 70% pour un véhicule thermique
10:06et à 60% pour un véhicule électrique hors batterie.
10:10Donc vous avez déjà, aujourd'hui,
10:12une part des composants de véhicules automobiles,
10:15il y a plus de 2000 composants d'un véhicule automobile,
10:17qui sont produits en dehors de l'Europe.
10:21La question, c'est qu'est-ce qui va se passer avec 2035
10:24et avec le passage, le virage vers l'électrique ?
10:27Nous allons assister à une accélération de ces délocalisations.
10:30Nous avons réalisé une étude avec un grand cabinet international
10:33qui démontre que, en gros,
10:3540% des composants d'un véhicule sont en danger.
10:40Et dans une voiture aujourd'hui produite en Europe,
10:43aucun composant, donc c'est-à-dire aucun sous-traitant,
10:46n'est à l'abri.
10:47C'est-à-dire que tout peut être potentiellement délocalisé.
10:49Mais l'étude estime qu'il y a environ 40%
10:52qui sont susceptibles d'être localisés.
10:55Donc si on ne fait rien,
10:57et ça, pourquoi ils sont susceptibles d'être localisés ?
10:59Parce que les écarts de compétitivité,
11:01les écarts de coût,
11:02sont de l'ordre de 35% avec la Chine.
11:06Les problèmes d'énergie,
11:07les problèmes de coût de main-d'œuvre,
11:09d'investissement dans l'innovation,
11:10d'aide d'État, etc.
11:11– 35% ?
11:12– 35%.
11:13Donc ça veut dire quoi ?
11:14Ça veut dire que, un, nous devons,
11:16et ça on le dit régulièrement,
11:18sans être suffisamment entendus,
11:21et je le dis au nouveau Premier ministre,
11:23futur gouvernement,
11:24nous devons améliorer la compétitivité
11:26sur le coût de l'énergie,
11:28qui est encore trop cher.
11:29Et vous savez,
11:29quand on fabrique une voiture électrique,
11:30on a besoin de plus d'électricité,
11:32trois fois plus,
11:33que quand on fabrique une voiture thermique.
11:35– Eh bien là, on a un atout,
11:37nous Français en tout cas.
11:38– Non, on n'a pas un atout,
11:38parce que le calcul du marché européen
11:40fait que nous ne payons pas l'électricité
11:44au coût marginal de la production du nucléaire français.
11:47Donc ça veut dire qu'il y a encore un écart
11:49qui est de 30 à 50%.
11:50Nos grands industriels,
11:52constructeurs, équipementiers,
11:53ils payent leur énergie en Europe
11:5635 à 50% plus cher qu'en Chine ou aux États-Unis.
12:00Deuxièmement, vous avez des sujets
12:01d'aide à l'innovation,
12:03d'investissement,
12:05où là, on a besoin de grands programmes européens,
12:07comme les Américains l'ont fait,
12:09j'évoquais l'Ira tout à l'heure,
12:10comme les Chinois sont capables de le faire.
12:12Nous avons besoin d'accompagnement,
12:14par exemple, les petites entreprises
12:15ont besoin d'être aidées pour la robotisation.
12:18On a encore une insuffisance en robotisation.
12:19– Oui, et ça, j'entends ça.
12:21Pardonnez-moi, Luc Châtel,
12:22moi, ça, j'entends ça.
12:22– Oui, mais là, c'est l'avantage d'avoir un peu de bouteille.
12:25– La différence, c'est que là, il est minu moins une.
12:27Si on ne fait pas ça,
12:29on n'a plus d'industrie automobile dans 10 ans.
12:30Donc, on doit agir sur la compétitivité,
12:33et de l'autre côté,
12:34on doit agir sur cette notion de contenu local,
12:37c'est-à-dire fixer des clauses
12:38qui considèrent qu'une voiture
12:40qui est produite en Europe,
12:43eh bien, elle doit à un pourcentage à déterminer.
12:46On va travailler là-dessus.
12:47– Pour vous, c'est quoi, le pourcentage ?
12:48Comme ça, vu de nez, après, vous allez...
12:50– Non, il n'y a pas de vue de nez.
12:50– Non, mais c'est 50%, 60%, 40%.
12:53– Vous avez venu de vous dire vous-même
12:54que c'est suffisamment complexe.
12:55C'est complexe.
12:56Et donc, on va travailler finement là-dessus.
12:58Et on va regarder, finalement,
13:00quel niveau on propose.
13:02Et là, la Commission est d'accord
13:04pour nous entendre sur ce sujet.
13:05Voilà, donc, on a besoin de ce travail
13:08sur le contenu local.
13:08– OK, alors ça, c'était le vendredi.
13:10– C'est très novateur, je termine.
13:11Pourquoi c'est très novateur ?
13:12Parce qu'on pourrait dire,
13:14tiens, c'est un moyen pour, en gros,
13:16les fournisseurs ou les équipementiers
13:18de se protéger.
13:19Et que les constructeurs, finalement,
13:20ils ne sont pas d'accord.
13:21Eh bien, nous avons réussi à aligner
13:23l'ensemble de la filière.
13:24Pourquoi ?
13:24Parce que les constructeurs ont compris
13:25que c'était finalement, à la fin,
13:28leur intérêt que leurs fournisseurs,
13:30leurs équipementiers,
13:32soient dans un écosystème européen.
13:33Et c'était, finalement,
13:35la raison d'être de notre industrie.
13:36Il en allait de sa pérennité,
13:38de son avenir.
13:39Donc ça, c'est vraiment un point essentiel.
13:41– Juste un point là-dessus,
13:42c'est qu'en même temps,
13:43les sous-traitants sont presque
13:44en position de force, paradoxalement,
13:47parce qu'ils peuvent travailler
13:48avec des Chinois,
13:49ils peuvent travailler avec d'autres pays,
13:51d'autres que les constructeurs européens.
13:53Est-ce que c'était moins le cas avant ?
13:54– Alors, c'est déjà le cas, c'est-à-dire…
13:56– Oui, non, mais bien,
13:56c'est moins le cas.
13:58– J'évoquais tout à l'heure
13:59les usines, y compris françaises, européennes,
14:01qui sont en Chine et des fournisseurs
14:03qui peuvent produire des produits en Chine.
14:06Simplement, aujourd'hui,
14:08il n'y a pas une logique de dire
14:09des localisants à outrance
14:10de la part des donneurs d'ordre,
14:11des constructeurs.
14:12On n'est pas dans cette logique-là.
14:14Et puis, il faut avoir en tête
14:15qu'il faut intégrer le coût de transport,
14:18qu'il faut intégrer demain les mesures.
14:19Regardez le nouveau bonus
14:21qui vient d'être proposé
14:22par le gouvernement en démissionnaire.
14:24Eh bien, il est réservé aux véhicules
14:27qui sont produits en Europe.
14:29Donc, on va avoir de plus en plus
14:30des mesures incitatives
14:32qui feront que ce ne sera pas forcément
14:34intéressant de délocaliser.
14:35Et le contenu local,
14:36c'est un peu cette idée.
14:37C'est-à-dire de se dire
14:38qu'il faut mettre en place,
14:39au moins de manière provisoire,
14:41le temps que la courbe d'expérience
14:43fasse son travail,
14:44le temps qu'on apprenne
14:45à faire des batteries compétitives,
14:47le temps qu'on soit capable
14:48de sourcer en Europe,
14:49par exemple, des coups poussants…
14:51– On ne peut pas parler tout,
14:52mais regardez même sur les batteries,
14:53sur les batteries,
14:53on a quand même déversé énormément d'argent
14:55pour un résultat mitigé.
14:58– On a fait en 5 ans
14:59ce que les Chinois ont fait en 20 ans.
15:01Donc, on ne peut pas demander plus.
15:03Vous voyez l'industrie automobile ?
15:04– Oui.
15:05– C'est une industrie
15:05qu'on peut beaucoup critiquer,
15:06mais elle a une agilité.
15:08– Ah non, l'industrie automobile,
15:10oui, mais sur les batteries,
15:11vous considérez que c'est un succès ?
15:12– Non, non, je ne dis pas
15:13que c'est un succès aujourd'hui.
15:15Je dis que nous avons investi massivement,
15:17vous l'avez rappelé,
15:18et qu'à la fin,
15:20on finira par y arriver.
15:21Mais simplement,
15:22on est en train de faire,
15:23en moins de 5 ans,
15:25l'Airbus de la batterie,
15:26c'est à l'âge de 2021.
15:27Donc, en 4 ans,
15:28ce que les Chinois ont mis
15:30en 20 ou 25 ans,
15:31avec un retour d'expérience
15:33de toute leur filière
15:34de produits de consommation.
15:34– Oui, les batteries chinoises,
15:36elles marchent.
15:36– Oui, elles marchent.
15:37Mais encore une fois,
15:39ça fait partie
15:39de la courbe d'expérience des produits.
15:40Vous connaissez suffisamment
15:41l'économie,
15:42Edwige Chevriand,
15:43pour savoir qu'il y a
15:43une courbe d'expérience.
15:44Et que quand on n'a jamais fait
15:45un produit de sa vie,
15:46on ne le fait pas
15:47du jour au lendemain.
15:48– Oui, c'est clair.
15:50Les véhicules électriques,
15:53est-ce que ça bouge
15:54un tout petit peu ?
15:55Là, on devait avoir,
15:56il y a eu une petite mesurette
15:58qui a été faite justement
15:59par le gouvernement
16:00juste avant de partir.
16:02Est-ce que ça bouge un peu ?
16:04– Non, ça ne bouge pas.
16:06C'est-à-dire qu'en gros,
16:08nous ne sommes pas dans les clous
16:09par rapport aux projections
16:11que nous avions réalisées
16:13il y a 2 ou 3 ans.
16:14C'est-à-dire que pour être,
16:15comme je l'évoquais tout à l'heure,
16:16à 100% de véhicules électriques
16:18en 2035,
16:19il faudrait qu'aujourd'hui
16:20on soit environ à 25%
16:22de parts de marché.
16:23Voilà.
16:23On est à 15% en Europe,
16:24on est à 17% en France,
16:25donc on en est très loin.
16:26Là, on en est très loin.
16:28Donc, c'est une solution importante,
16:31ça n'est pas l'unique.
16:32Et tout l'enjeu
16:32de la clause de revoyure,
16:34c'est d'ouvrir de nouveau le débat,
16:36de mettre en place
16:37ce qu'on appelle
16:37de faire revenir
16:38la neutralité technologique.
16:40Laissez les industriels
16:41faire leur travail.
16:42Faire en sorte qu'à la fin,
16:43on décarbone,
16:44mais on décarbone
16:44avec des solutions technologiques
16:46variées, différentes.
16:48Il y a une question,
16:49deux questions,
16:49on a deux minutes.
16:50Le fait qu'il y ait
16:51de nouveaux patrons
16:52à la tête d'Antonio Filosa,
16:53à la tête de Stellantis,
16:56aussi, ça bouge
16:57du côté de la gouvernance
16:59en tous les cas de Renault.
17:00Pour vous,
17:01c'est plutôt un bon signal,
17:03ça c'est ma première question.
17:04Est-ce que ça va faciliter
17:05les choses ?
17:05Parce qu'au contraire,
17:07ils vont rentrer,
17:08ils vont être encore plus pugnaces.
17:10Et puis, deuxième question,
17:11on voit quand même
17:12que dans le côté
17:12de l'industrie allemande,
17:14il y a des rumeurs
17:15de restructuration,
17:16justement,
17:17entre les sous-traitants,
17:18entre les différents constructeurs.
17:20Donc, ça entraîne
17:22beaucoup de choses.
17:22Alors là aussi,
17:23vous avez plusieurs questions
17:24en une.
17:25Oui, il y en a deux.
17:26Je ne sais pas si c'est des rumeurs.
17:27Moi, je fais des études
17:28et on a réalisé
17:29qu'une étude
17:30qui montre
17:31qu'il y a 75 000 emplois
17:32menacés
17:32dans la fayette automobile.
17:34Donc,
17:34qu'il y ait des rumeurs
17:35de restructuration,
17:36ça ne me surprend pas.
17:38Deuxième élément,
17:39est-ce que
17:40le fait que les patrons changent,
17:43ça bouscule complètement
17:44les entreprises ?
17:45Il y a des équipes,
17:47il y a des comex,
17:48il y a des gens
17:48qui restent en place
17:49et donc qui assurent
17:50la continuité.
17:51Maintenant,
17:52je vous donne un exemple
17:52très précis.
17:53Vous avez vu tout à l'heure
17:54le contenu local.
17:55Voilà un sujet
17:56qui a bougé.
17:57Je ne dis pas du fait
17:59parce qu'on était
17:59en train de bouger,
18:00mais l'arrivée
18:01de deux nouveaux patrons,
18:03en l'occurrence
18:03François Provo
18:04et Antonio Filosa,
18:06et encore Jean-Dominique Sénard,
18:07c'est pour ça
18:07que je disais la gouvernance,
18:08a permis
18:09de bouger
18:11sur ce sujet
18:12du contenu local
18:13et de faire en sorte
18:14que les constructeurs
18:15qui étaient un petit peu
18:16à la remorque
18:17soient moteurs,
18:18sans jeu de mots,
18:19en la matière.
18:20Et donc,
18:20ils sont aujourd'hui
18:21pleinement convaincus
18:22que c'est indispensable
18:23pour la filière automobile française.
18:25Et donc,
18:26un calendrier
18:26très très serré.
18:27Merci beaucoup,
18:28Luc Châtel.
18:29Allez,
18:29on espère que
18:30ça va déboucher
18:31sur quelque chose
18:31parce que c'est comme vous dites,
18:33c'est minuit moins une.
18:34Merci beaucoup
18:35d'avoir été avec nous
18:36dans un instant.
18:36on va parler
18:37de dysmorphie financière.
18:39Vous savez ce que c'est
18:40que la dysmorphie financière ?
18:41Ah,
18:41la crainte du déclassement,
18:42c'est ça ?
18:43Oui,
18:43absolument.
18:44C'est-à-dire qu'à la force
18:44de regarder sur les réseaux sociaux
18:46un tel,
18:47un tel
18:47avec son yacht,
18:49son deuxième yacht,
18:50son avion,
18:51son machin,
18:51etc.
18:52Du coup,
18:53tout le monde a l'impression
18:53d'être pauvre,
18:54y compris les plus aisés
18:55à l'heure
18:56où on parle tout le temps
18:57des riches,
18:57de taxer les riches.
18:59Il y a une grande règle
18:59dans la vie,
18:59c'est qu'on est toujours
19:00le pauvre de quelqu'un
19:01et le riche de quelqu'un.
19:02Absolument.
19:03Il faut s'en satisfaire.
19:04Merci d'avoir été avec nous.
19:06Luc Châtel,
19:07président de la plateforme automobile
19:08et dans un instant,
19:09c'est l'économiste
19:09Mickaël Mangot
19:10qui sera avec nous,
19:12qui est spécialiste
19:12d'économie compartementale
19:14et qui enseigne
19:15à l'ESSEC Business School.
19:16A tout de suite.
19:19Le 18-19
19:20d'Edwish Chevrillon
19:21sur BFM Business.
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