00:00Chaque matin, un gérant action vient sur BFM Business pour évoquer les valeurs qui font l'actualité et puis surtout les convictions des différentes maisons.
00:08Ce matin avec nous, Olivier David, gérant action chez Vega IS. Bonjour Olivier David.
00:13Bonjour Ken.
00:13Merci d'être avec nous ce matin en plateau. Ce matin, on va regarder un petit peu les valeurs auxquelles vous vous intéressez chez Vega IS,
00:20notamment en termes de souveraineté européenne, comment jouer l'Europe, Rheinmetall, SPI, SAP.
00:26Commençons peut-être par la grande surprise de cette année, Rheinmetall, titre qui a fait x3 depuis le début de l'année.
00:33Tout à fait. Rheinmetall, c'est la plus grosse capitalisation de défense désormais en Europe.
00:38C'est l'un des principaux bénéficiaires du plan Rearm Europe qui a été dévoilé en milieu d'année.
00:45C'est le seul acteur capable de fournir notamment les munitions avec une capacité de production de munitions qui a été accrue il y a quelques semaines.
00:53Ils ont annoncé une nouvelle usine à Hunterless. C'est 350 000 obus qui seront produits en 2027 et qui portera leur capacité de production à 1 million de munitions.
01:06Par ailleurs, le groupe est en train de se diversifier. Ils font des partenariats avec Lucky de Martin, par exemple, qu'on peut citer aux États-Unis.
01:12Ils vont produire le fuselage du F-35 qui sera fourni à la Luftwaffe. Et on parle aussi de production de missiles sur le sol européen, environ 10 000 missiles.
01:23Par ailleurs, le PDG aussi voudrait se diversifier dans le naval. On a appris ça en début de semaine.
01:29Et qui veut mettre aussi un guichet unique. C'est dingue comment aujourd'hui Rheinmetall veut être un acteur indispensable de la défense en Europe
01:35en proposant toute une panoplie de services, mais également de produits, comme vous l'avez souligné.
01:41Alors les niveaux de valorisation, ils peuvent interroger. Comment vous, en tant que gérant, vous arrivez à valoriser une société
01:46qui est dans une telle croissance qu'en fait, est-ce que le PE, c'est-à-dire le prix de la valeur par rapport à ses bénéfices, a un sens ?
01:54Aujourd'hui, ça se paye 44 fois en 2026.
01:55Exactement. Ce qu'on considère en fait, c'est que la croissance qu'on voit actuellement et qui est prévue en gros par les analystes,
02:02elle ne reflète pas encore cette tendance de très long terme.
02:06On n'est pas sur des croissances du chiffre d'affaires qui vont uniquement perdurer pendant 2 à 3 ans.
02:11On pense qu'on rentre sur un cycle très très long. On parle plutôt d'une décennie de croissance.
02:16Vous avez vu que le budget allemand devrait être voté bientôt, mais on parle de 350 milliards d'euros.
02:24Ça en fera le deuxième plus gros budget de l'OTAN derrière les Américains.
02:31Et par ailleurs, du coup, Ryan Metal va probablement revoir ses prévisions.
02:36Ça va être probablement le cas lors du CMD qui a lieu en novembre.
02:39Les analystes attendent 33 milliards à horizon 2030.
02:45Quand vous écoutez le PDG, on est plutôt sur les 50 milliards.
02:48De facto, cette valo qui apparaît en tout cas pour l'instant très élevée,
02:53si vous incluez ces nouveaux chiffres sur des horizons un peu plus long terme,
02:57vous retombez sur des valos qui, pour nous, restent attractives sur un segment qui est en forte croissance.
03:03Un titre qui a été multiplié par 10 en l'espace de 3 ans.
03:0686 milliards de capitalisation boursière désormais pour Ryan Metal, qui est bien sûr coté à Francfort.
03:11Si on s'intéresse désormais à la place parisienne, SPI.
03:14Très belle performance. Alors là, on n'est pas dans le CAC 40.
03:16Ça pèse 8 milliards. Néanmoins, le titre fait plus 60% depuis le début de l'année.
03:21On aime beaucoup SPI. C'est dans notre thématique un peu de sécurité énergétique sur la souveraineté européenne.
03:26On a des valeurs comme ION dans la transmission, la distribution d'électricité.
03:30Mais SPI nous intéresse aussi parce que, justement, du fait de son appartenance à la France,
03:35elle a été pénalisée depuis cet été.
03:37SPI, c'est un acteur des services multitechniques.
03:42Son chiffre d'affaires en France représente encore 30%, enfin un tiers du chiffre d'affaires.
03:46Mais l'Allemagne, désormais, va dépasser le chiffre d'affaires français
03:50et être le premier pays en termes de contribution.
03:52En Allemagne, ils sont très exposés à tout ce qui est distribution et transmission.
03:57Ils s'occupent de tout ce qui est montage, des lignes à haute tension.
04:00Et quand vous savez que le plan d'infrastructure allemand, qui va être aussi dévoilé bientôt,
04:04ambitionne de moderniser et aussi de relier les zones de production d'électricité,
04:10du renouvelable pour alimenter les zones de consommation,
04:13on pense que SPI, du coup, devrait offrir de bonnes perspectives.
04:17On a une croissance environ de 10% sur les deux à trois prochaines années.
04:21SPI protège sa marge.
04:23Elle ne souhaite pas avoir de contrat qui viendrait diluer sa marge.
04:27Donc, on devrait avoir une marge qui pourrait s'approcher des 8%.
04:30Et ça, ça en fait, je trouve, une bonne combinaison
04:33sur un titre qui a bien reflué depuis l'annonce du risque.
04:39Du vote de confiance, oui.
04:40C'était fin août, le titre a perdu quelques points.
04:43Mais il les a bien regagnés depuis, puisqu'on était sous les 46 euros début septembre.
04:47Et on est à 49,36 euros à l'instant pour ce titre SPI.
04:51Un dernier mot, peut-être ?
04:53Alors, une nouvelle fois sur une valeur allemande.
04:54Mais c'est vrai que dernièrement, c'est la croissance des valeurs se fait en Allemagne.
04:58Il suffit de voir la bourse de Francfort, le DAX, qui gagne plus de 20% depuis le début de l'année.
05:02Avec Rheinmetall, on en parlait il y a un instant.
05:04Mais aussi avec SAP.
05:05Alors, ça a été un moteur important, SAP et du DAX.
05:08Ça l'est moins.
05:08Ça l'est moins depuis cet été, oui, tout à fait.
05:12Les résultats du deuxième trimestre ont été un peu décevants,
05:14notamment au niveau de son carnet de commandes, qui était un peu plus faible que prévu.
05:17Néanmoins, on pense qu'il y a plusieurs drivers qui vont arriver, notamment en ce moment,
05:21mais surtout qui vont être des drivers à long terme pour SAP.
05:24C'est à la fois le fait qu'ils utilisent désormais l'IA pour leurs produits.
05:29Donc, ils ont intégré l'IA dans leurs produits.
05:30Ça, c'est un driver de croissance de revenus futurs pour SAP.
05:33La transition aussi du cloud vers le cloud et vers S4ANA.
05:39Ça, c'est une augmentation des revenus, mais surtout une augmentation de la rentabilité
05:42qui devrait progresser jusqu'à 34% alors qu'on est actuellement à 29% sur la marge de SAP.
05:50Et ensuite, vous avez vu des annonces de cloud souverains.
05:53Je pense que les clients européens, notamment, sont très intéressés
05:56puisque vous savez que si vous êtes sur des hyperscalers américains,
05:59vous offrez avec le Cloud Act la possibilité à l'administration américaine de consulter ces données.
06:04On pense que ça, ça devrait être du chiffre d'affaires supplémentaire.
06:07SAP, en gros, jusqu'en 2030, c'est 12 à 13% de croissance du chiffre d'affaires.
06:11Une marge qui va progresser et cette combinaison, pour nous, nous paraît intéressante.
06:16Progression des marges, progression du chiffre d'affaires.
06:18Un PE qui a un peu reflué, justement, depuis cet été,
06:21puisqu'on est aux alentours des 30 fois pour SAP à horizon 2026.
06:26Si vous le comparez aux autres acteurs américains, c'est très attractif.
06:30Mais peut-on les comparer ?
06:31C'est un titre qui a perdu 20% SAP depuis le mois de février.
06:35Alors, ça pèse toujours 270 milliards en bourse.
06:37Typiquement, c'est plus gros qu'un acteur comme LVMH.
06:39Néanmoins, il y a pas mal de questions concernant SAP,
06:43concernant l'ensemble des éditeurs de logiciels,
06:45concernant l'intelligence artificielle,
06:47sur le fait qu'ils pourraient être disruptés par des acteurs plus locaux
06:50qui arriveraient en vitesse incroyable à développer des logiciels
06:55avec l'intelligence artificielle et donc concurrencer ces géants.
06:58Alors, effectivement, c'est une grande question depuis cet été.
07:00C'est l'IA et, en gros, on joue l'IA contre les softwares
07:04qui pourraient être impactés par l'IA.
07:07On considère que des acteurs comme SAP,
07:09qui adressent plutôt des grands groupes dont les données
07:11sont quand même assez sensibles,
07:15sont plutôt bien protégés par rapport à des acteurs
07:18qui, eux, sont plutôt spécialisés sur les PME ou les petites entreprises.
07:22Et donc, SAP, dans ce cadre-là, devrait,
07:25sachant qu'en plus, eux, développent leur propre intelligence artificielle,
07:29enfin, qu'ils introduisent dans leurs produits,
07:31devrait plutôt en bénéficier.
07:32Donc, on trouve que, justement,
07:34elle a été injustement punie récemment
07:37et ça nous paraît attractif.
07:39221 euros ce matin pour ce titre SAP
07:42qui est donc en baisse de 7% depuis le 1er janvier
07:45et en baisse de 20% depuis son plus haut du mois de février.
07:48Merci beaucoup, Olivier David, de nous avoir accompagnés
07:50afin de nous faire part de vos convictions
07:53chez Vega IS, Rheinmetall, SPI et donc SAP.
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