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  • il y a 3 mois
Ce mardi 21 octobre, les convictions d'Amiral Gestion, ont été abordées par Raphaël Moreau, gérant de fonds chez Amiral Gestion, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Et c'est Raphaël Moreau, gérant de fonds chez Amiral Gestion, qui est avec nous ce matin en plateau.
00:05Bonjour Raphaël Moreau.
00:06Bonjour Etienne.
00:06Merci d'être avec nous. Vous suivez de près ce secteur des petites et moyennes valeurs en Europe.
00:11On va parler de ce secteur qui connaît un petit frémissement, là ça y est, enfin depuis le début de l'année.
00:17Alors on voit que ce sont certaines valeurs qui tirent les indices, notamment les biotech dans les indices français.
00:22Mais si on doit regarder sur un spectre un petit peu plus large en Europe, comment se portent les petites et moyennes valeurs ?
00:27Vous avez eu l'occasion de rencontrer bon nombre d'entre elles ces dernières semaines.
00:31Oui, c'est vrai que j'ai fait depuis la rentrée une centaine de meetings avec des dirigeants un peu partout en Europe,
00:36que ce soit à Stockholm, Madrid, Munich ou des conférences dédiées à l'Italie ou à la France.
00:41Et c'est vrai que les ambiances sont un petit peu différentes selon les pays, naturellement.
00:44Et les messages clés que j'aurais envie de retenir, c'est déjà ce qui se joue en Allemagne autour du plan de relance.
00:50Il y a eu des annonces extrêmement puissantes au mois de mars qui ont un peu surpris tout le monde par leur rapidité et leur ampleur.
00:57Et là, on est un petit peu dans une phase de digestion où les gens finalement se disent « cet argent, il est où ? ».
01:04Bon, alors les gens, moi je trouve qu'ils s'impatientent un petit peu vite.
01:07On parle de plan d'infrastructure sur 12 ans et des infrastructures, ça ne s'invente pas en trois mois.
01:15Mais l'argent, il va arriver.
01:17Donc là, il y a la défense.
01:18Ça y est, depuis la semaine dernière, les commandes dans la défense ont commencé à accélérer.
01:22L'Allemagne s'est voté un budget au mois de septembre pour 2025.
01:26Donc eux aussi, ils étaient très en retard.
01:28Donc il y a aussi de l'argent public qui va commencer à arriver à partir de maintenant.
01:33Et donc nous, on voit cette phase de doute plutôt de manière constructive d'un point de vue boursier.
01:37Parce que finalement, derrière, il y a quand même de nombreuses années de forts investissements.
01:42Donc ça, c'est quand même assez intéressant.
01:43C'est assez intéressant si les entreprises, pour le moment, elles sont toujours dans un discours prudent parce qu'elles sont toujours sur une logique de cost-cutting, parce que l'activité a été très faible ces dernières années.
01:53En France, de manière assez étonnante, c'est plutôt positif.
01:58Les discours de la rentrée étaient très rassurants.
02:01Alors, je pense que ça veut juste dire qu'en bourse, il faut bien distinguer la politique, qui est catastrophique, de l'économie, qui n'est pas si mal finalement.
02:11Puisqu'on voit bien, on parle d'un taux de croissance d'autant de 1% en France.
02:14Le chômage reste bas pour des standards français.
02:19Après, il y a de l'attentisme quand même pour les sociétés aujourd'hui.
02:22Quand vous les rencontrez, j'imagine qu'il y en a pas mal qui ont gelé les recrutements, qui ont gelé les investissements.
02:27C'est quand même une réalité. Ce n'est peut-être pas le cas dans tous les secteurs, mais il y a de l'attentisme qui est présent.
02:32Il y a énormément de prudence et tout le monde est un peu écœuré par ce qui se passe sur le plan politique et l'incertitude politique, économique qui va avec.
02:40Mais il y a d'autres aspects macroéconomiques qui rentrent en ligne de compte en dehors de la politique française.
02:45La baisse de taux qui a démarré l'année dernière, elle commence à avoir un impact, un peu seulement maintenant, sur l'économie.
02:51Le marché immobilier, qui est celui qui réagit le plus fort, les prises de commandes dans la construction.
02:56Alors prenons par exemple Exaom, premier constructeur de maison en France.
03:00Donc c'est un bon exemple. Son carnet de commandes était en hausse de 70% au premier semestre.
03:04Ça va commencer à faire du chiffre d'affaires en croissance à partir du quatrième trimestre.
03:09Donc là, ils ont dit l'année prochaine, ça sera l'année de la croissance et des marges.
03:13Dans notre portefeuille, on a par exemple des banques comme les caisses régionales du Crédit Agricole qui ont beaucoup monté cette année.
03:19Les banques, cette année, les banques françaises se refont un peu.
03:22Après, un contexte de taux qui n'avait pas été facile en fait pour les banques françaises, très positif pour l'Europe du Sud ces dernières années.
03:28Mais pour les banques françaises, c'était un petit peu différent.
03:31Donc finalement, ce n'est pas si mal.
03:33Et puis comme vous le disiez, le CAC Small est en hausse de plus de 50% cette année.
03:36Donc ça veut aussi dire qu'il y a des choses à faire.
03:39Et puis en Italie aussi, intéressant.
03:41On sent plutôt une sorte de ralentissement sur le plan de l'activité.
03:47Et ça, on pourrait dire que c'est pour la bonne cause parce que l'Italie consolide ses finances publiques.
03:54On va être sous 3% de déficit l'année prochaine.
03:57Et ça implique parfois d'avoir coupé certaines niches fiscales et donc avec un impact aussi sur l'activité.
04:06Ce n'est pas méchant.
04:08Mais en tout cas, ce qu'on peut dire, c'est que l'activité économique en Europe va mieux, se stabilise à un niveau bas.
04:16C'est-à-dire que les PMI qui ont été en dessous de 50 depuis 3 ans sont désormais à 50.
04:22Mais ils étaient à 42 en décembre.
04:23Donc il y a eu quand même un fort redressement.
04:26Et finalement, là où il y a surtout de la prudence dans les discours des entreprises, c'est aux États-Unis.
04:33Dans l'ensemble, les small caps sont peu exposés par rapport aux grandes valeurs,
04:37sont beaucoup moins exposés à l'activité nord-américaine ou chinoise ou autre.
04:41Mais pour celles qui le sont, le message est très prudent sur les États-Unis.
04:44L'été a été très faible, la rentrée est très faible.
04:47On l'a vu sur les sociétés comme Michelin qui ont déjà publié,
04:50qui ont fait un gros profit warning la semaine dernière à cause des États-Unis.
04:55Toutes les entreprises qu'on voit nous disent
04:57« Ouh là, aux États-Unis, il y a une telle incertitude que tous nos clients attendent avant de prendre des décisions ».
05:02C'est très très fort, sans même parler du shutdown,
05:04mais c'est vraiment le sujet de l'incertitude tarifaire en fait.
05:07Volvo a fait un profit warning la semaine dernière aussi sur des prises de commandes qui étaient faibles aux États-Unis.
05:12Mais par contre, en Europe, on est plutôt en phase de reprise
05:17avec l'Allemagne qui offre un peu cette lueur d'espoir après plusieurs années difficiles.
05:23C'est notamment le cas pour les infrastructures, pour le secteur de la défense.
05:26Vous en parliez il y a un instant.
05:27Dans le secteur des services, est-ce que là aussi, il y a eu une bonne résilience cet été ?
05:33Alors ça va dépendre un petit peu évidemment de quel type de service.
05:37Par exemple, dans les services informatiques,
05:40on voit qu'il y a une forme de...
05:43Alors il y a beaucoup de prudence, parce que toutes les sociétés clientes ont été en mode
05:46cost-cutting, discipline budgétaire.
05:49Et d'ailleurs, les entreprises, les entreprises européennes,
05:52dans toute cette phase de ralentissement économique depuis 2022,
05:55en fait, elles ont très bien tenu sur le plan des marges.
05:57Donc la dynamique de chiffre d'affaires a été faible,
06:01mais sur le plan des marges et de génération de cash flow,
06:03en général, ça a été très bon.
06:04Et ça s'est fait, notamment en serrant certains budgets
06:07de type service informatique.
06:10On voit que dans certains secteurs,
06:11comme par exemple la banque, qui est un gros donneur d'ordre
06:13pour ce type de service,
06:15c'est plutôt en train de repartir.
06:18Mais là, il faut effectivement voir un peu
06:20quel type de service dont on parle.
06:23Mais sur ce plan-là, nous, on est assez exposés sur cette thématique.
06:27Il y a un peu de mieux,
06:29même si dans tout ce qui est service à l'industrie,
06:33là, ça reste encore un peu difficile.
06:34Le juge de paix, bien sûr,
06:35ça sera encore et toujours les résultats d'entreprise.
06:38On est en pleine saison,
06:39notamment pour les grosses capitalisations boursières.
06:41Ça arrivera un peu plus tard pour les small et mid-cap.
06:43En termes d'allocations, en termes de convictions,
06:46ça donne quoi aujourd'hui dans vos portefeuilles
06:47chez Amiral Gestion ?
06:49Nous, on a un ADN assez value,
06:53et donc parfois assez contrariant.
06:54Donc on regarde beaucoup les valorisations.
06:56Et aujourd'hui, le marché le moins cher d'Europe,
06:58sans surprise, c'est la France.
06:59Alors, il y a un an, c'était l'Allemagne.
07:01Donc l'année dernière,
07:02j'étais à la fameuse conférence à Munich
07:04d'où je reviens.
07:06Il y avait le moral dans les chaussettes,
07:08la fréquentation était en chute libre.
07:10Et cette année,
07:11les rendez-vous étaient bien pleins.
07:15Donc la France est le marché le moins cher d'Europe.
07:17Donc on est assez exposés à la France,
07:19avec environ 35% d'exposition.
07:22Et ensuite, c'est l'Allemagne,
07:24qui malgré son rebond n'est toujours pas très cher.
07:25Finalement, aujourd'hui,
07:26le marché le plus cher d'Europe,
07:27c'est l'Italie.
07:28Donc on a une bonne exposition sur France-Allemagne.
07:32Et en termes de secteur,
07:35comme je disais,
07:37ce qui a le plus monté cette année,
07:38c'est défense et plein d'infrastructures Allemagne
07:40dans notre portefeuille.
07:41Alors, aucun contributeur,
07:43dans les pires contributeurs,
07:44il n'y a aucune valeur française,
07:45juste pour illustrer que...
07:46Mes plans d'infrastructures ont très bien marché.
07:50On a toujours du Billfinger, par exemple,
07:53qui a beaucoup monté cette année.
07:55On est exposés sur MBB,
07:57d'ailleurs, qui a relevé ses attentes ce matin,
08:00qui est une société
08:00qui est dans les infrastructures énergétiques en Allemagne.
08:02Il faut se rendre compte que l'Allemagne,
08:04ils ont arrêté le charbon, le nucléaire,
08:07le gaz russe,
08:08tout ça en quelques années.
08:09Et il faut qu'ils remplacent ça par du LNG,
08:12qui va venir d'ailleurs,
08:14par de l'électricité générée à partir d'éoliennes
08:17qui vient de Mer du Nord.
08:19Et il faut tout reconfigurer
08:20le paysage énergétique allemand.
08:23Et ça, ça nécessite énormément de travaux,
08:25d'infrastructures pour des années et des années.
08:27Donc ça, c'est un titre aussi
08:27qui a beaucoup monté cette année.
08:30Et on a vendu la filiale Friedrich Forwerk
08:33et on s'est repositionné sur la holding
08:35qui s'appelle MBB.
08:37Voilà des exemples de convictions
08:40que vous détenez dans vos portefeuilles
08:42chez Amiral Gestion.
08:43Merci beaucoup Raphaël Moreau
08:44de nous avoir accompagné ce matin.
08:45Je rappelle que vous êtes gérant de fonds
08:47donc chez Amiral Gestion
08:48pour faire un point sur ces petites
08:50et moyennes valeurs en Europe
08:51qui retrouvent des couleurs.
08:53Le CAC 40, lui, est parfaitement stable
08:54ou presque plus 0,14%.
08:56Toujours au-delà des 8200 points
08:58à quelques encablures de son record
09:00du printemps dernier.
09:028218 points quand l'Eurostox 50
09:04est parfaitement stable.
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