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  • il y a 4 mois
Ce mardi 9 septembre, Aymeric Diday, directeur de la gestion chez Pergam, s'est penché sur le faible impact des chutes des gouvernements sur les marchés, la légère avance du taux 10 ans français sur celui de l’Italie, et l'arrivée de Luca de Meo à la tête de Kering, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.


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Transcription
00:00Et il nous rejoint d'ailleurs, Emmerich Didet, la Bourscage. Bonjour Emmerich.
00:03Bonjour bien.
00:03Directeur de la gestion de Pergam, vous allez Emmerich rendre votre verdict face au brouhaha politique.
00:08Ce verdict que vous allez rendre, l'assumez-vous ?
00:11Oui, je l'assume totalement.
00:13Alors on vous écoute.
00:15Alors j'assume que la chute d'un gouvernement n'est pas forcément synonyme de chute des marchés.
00:26Vous estimez que la chute des gouvernements n'est pas forcément synonyme de chute des marchés ?
00:29C'est exactement ce qu'on voit d'ailleurs, chute du gouvernement Bayrou, mais le CAC 40 progresse,
00:33alors que les taux français sont passés au-dessus des taux italiens.
00:35Mais le CAC monte quand même.
00:36Exactement, et on avait eu la même chose lundi avec le marché japonais,
00:40où finalement la chute du gouvernement japonais, le marché japonais avait pris un 45 le lundi matin.
00:47Là, aujourd'hui encore, on n'a pas de violence, de réaction de marché pour une raison assez claire,
00:54c'est qu'on s'y attendait, c'était déjà un petit peu anticipé.
00:58Donc finalement, ce n'est pas une nouvelle exceptionnelle.
01:04Malheureusement, quelque part, les politiques ont perdu de leur impact vis-à-vis des marchés.
01:09Et alors là, on est sur un classique, un morceau classique, on est sur le Boléro de Ravel,
01:13on connaît par cœur, et donc à chaque fois c'est la même chose.
01:15On n'a pas de nouvelles exceptionnelles, donc les marchés regardent plutôt ailleurs.
01:22Et là, on a encore aussi une nouvelle, c'est que ce ne sont plus les gouvernements qui mènent totalement seuls leur économie locale,
01:32c'est beaucoup plus les banquiers centraux qui ont beaucoup plus d'importance que les politiques locaux.
01:36les grands dirigeants en Europe, ça reste quand même le président de la Banque Centrale aux Etats-Unis,
01:43c'est le président de la Fed.
01:44C'est eux qui ont finalement le porte-monnaie.
01:47Donc c'est eux qui décident la crédibilité qu'on doit avoir dans les gouvernements ou pas.
01:53Donc voilà, c'est pour ça qu'il y a moins d'impact quand il y a des nouvelles locales.
01:58Et si la France était une exception ?
02:00En fait, on a une instabilité qui est là, c'est en train de devenir chronique en France,
02:03ça c'est très nouveau pour nous.
02:04D'habitude, la France, c'est un pôle de stabilité politique.
02:06Mais regardez, le Royaume-Uni, ils ont eu combien de premiers ministres en 10 ans ?
02:08Voilà, on ne les compte plus.
02:09Le Japon, le premier ministre a démissionné ce week-end.
02:13En Indonésie, l'immojage soudain du ministre des Finances.
02:16Puis en Argentine, Rabia Millehi vient d'essuyer une défaite dans des élections locales,
02:20ce qui fait chuter le Pesso d'ailleurs.
02:21Exactement, donc c'est des choses assez finalement pas banales, on ne va pas dire ça,
02:26mais dont l'impact peut être plus faible que ce qu'on peut imaginer
02:31ou ce que beaucoup aimeraient faire renaître un peu de volatilité par des événements.
02:37Parce que ça avait anticipé, c'est-à-dire que le CAC 40 sous-performe depuis maintenant un moment
02:41par rapport aux autres marchés européens.
02:42Et quand on regarde le marché obligataire, on se dit qu'on n'est peut-être pas quand même
02:44complètement au bout du mouvement.
02:46On a ce 10 ans français qui est aujourd'hui, Emery quand même, pour la première fois,
02:49aujourd'hui passe au-dessus du 10 ans italien, c'est la première fois que ça arrive.
02:52Oui, mais est-ce que ce n'est pas l'Italie qui fait aussi mieux qu'avant ?
02:55C'est ça aussi qu'il faut regarder, c'est qu'on est en face d'une économie italienne
02:59qui, on le sent, est un tout petit peu mieux dirigée et un peu plus vigoureuse
03:04ces derniers trimestres.
03:06Donc clairement, on a le phénomène double, c'est-à-dire une Italie qui va un peu mieux
03:10et une France qui monte, c'est sûr, évidemment, des signes d'instabilité à court terme
03:16dans la façon dont elle est dirigée depuis déjà là aussi quelques trimestres.
03:20Donc ça, ça explique ces mouvements qu'on subit.
03:233,40, c'est vrai, sur le 10 ans français, c'est un seuil.
03:273,5 seraient un vrai seuil important, mais pas encore de quoi crier au drame.
03:36Alors voilà, justement, c'est notre question aussi sur les réseaux sociaux, sur X et LinkedIn,
03:40vous pouvez participer, vous tous qui nous suivez.
03:41C'est fait, la France a emprunté tout à l'heure sur le marché secondaire, plus cher que l'Italie,
03:46pour la première fois depuis la création de la zone euro.
03:47Pour vous, la France va-t-elle vers une crise financière, première option, un très long étouffement,
03:53deuxième option, une prise de conscience, pourquoi pas, troisième option, ou ce business as usual ?
03:57C'est la question qu'on vous pose sur les réseaux.
03:59Vous votez quoi, vous, Emry ?
04:00Business as usual, malheureusement, on a bien vu que, quels que soient les gouvernements
04:05qu'on ait eus, aucun n'a été capable de prendre des décisions fortes, destinées
04:11à améliorer la situation financière, le bilan, la dette, le niveau de dette du pays.
04:19Maintenant, heureusement, on va tempérer ça par le fait que la dette française est plutôt
04:23très bien gérée.
04:24Et ça, c'est une chose qu'on entend peu, et c'est quand on fait, quand on regarde,
04:29il y a de l'attrait, il y a de la demande à chaque fois qu'il y a des émissions de
04:31dette, même s'il y en a un petit peu moins sur les dernières fois, il y en a encore.
04:35Et deux, le coupon moyen, si on regarde depuis une quinzaine ou une vingtaine d'années,
04:40dans le rétroviseur, il n'a pas arrêté de baisser, il a été très bien refinancé
04:44au moment où les taux étaient assez faibles, ce qui fait que finalement, la charge de la
04:48dette, qui est un poids extrêmement important dans le bilan actuel de l'État,
04:54il est bien géré.
04:55Donc, c'est pour ça qu'il faut tempérer un tout petit peu ces choses-là.
05:00Évidemment, on aimerait que les gouvernements soient capables de prendre des décisions fortes
05:04pour réduire le montant de la dette, mais malheureusement, c'est business as usual.
05:08Alors, la bonne nouvelle, c'est que la France a déjà réalisé plus de 80% de son programme
05:12d'émission de l'année.
05:13Il reste encore 3-4 mois, mais 80% a déjà été réalisé.
05:17Le petit hic, en revanche, c'est que l'Allemagne va arriver à son tour.
05:20Dès cet automne, son programme d'émission va venir de plus en plus concurrencer.
05:23Et donc, la demande qui reste très forte sur la France sera sans doute cette demande
05:26de plus en plus challengée, ce qui ne va pas nous aider, ça.
05:29Tout à fait, parce qu'il va y avoir un peu plus de concurrence vis-à-vis de l'Allemagne.
05:32Après, il va y avoir beaucoup de demandes, évidemment, pour la dette allemande.
05:35Maintenant, l'écart qu'il y a eu, l'écartement de spread entre l'Allemagne et la France,
05:40fait qu'il peut aussi y avoir de l'attrait pour la France, qui va rémunérer plus que la dette
05:45allemande.
05:46avec un niveau, finalement, si on se place avec des entités supranationales que sont
05:51les banques centrales, garantissent, entre guillemets, avec tous les guillemets qui vont
05:55bien, ces niveaux de dette.
05:57Donc, à choisir, est-ce que je préfère de la dette française à 10 ans, à 3,40,
06:01ou de la dette allemande qui sera peut-être à 2,80 ou 2,60 ?
06:06Actuellement, je ne sais pas si je ne préfère pas la dette française à 3,40 aujourd'hui,
06:10malgré les niveaux d'endettement de l'Allemagne qui sont quand même bien inférieurs à la
06:15dette française.
06:15C'est notre meilleur ennemi, le rendement, finalement.
06:17On a un rendement trop attrayant.
06:20Quelque part, oui, aujourd'hui, oui.
06:21Parce qu'on se bat encore avec des niveaux qui sont plus hauts que ce qu'on a connu dans
06:24le passé.
06:25Oui, exactement.
06:26Alors, on a deux stars du côté des entreprises aujourd'hui.
06:29Alors, il y a Apple qui fait sa keynote ce soir du côté de Cupertino.
06:32Techco Spécial à 19h30, il y a un Iva qui sera en direct de là-bas, d'ailleurs,
06:39pour commenter un petit peu tout ça.
06:41Chez nous, on a Kering.
06:42Kering, l'AG est en cours, donc elle doit introniser Luca Demeo à la direction générale.
06:50Bon, est-ce que c'est un game changer, cette séance, ou est-ce qu'il va falloir quand
06:54même infuser sur un peu plus long terme les décisions qu'il peut prendre Luca Demeo ?
06:59En tout cas, c'est important parce que Kering avait besoin de relais de croissance,
07:02fort sur deux gros sujets en particulier, qui sont Gucci, premièrement, donc il y avait
07:08besoin de relancer la croissance, essayer de monter en gamme, qu'il y ait une volonté
07:13claire sur la marque Gucci.
07:16Ça, c'est le premier gros, gros, gros plan à mettre en place.
07:20Et puis, le deuxième, c'est le niveau de bilancier de Kering, où on a vu une dette
07:26qui a remonté, même si au deuxième trimestre, elle a été inférieure, inférieure à 10 milliards
07:30d'euros. Là, on a quand même un montant de dettes qui était... On avait pas mal désendetté
07:35le groupe, puis c'est remonté assez fortement. Donc, il y a un petit sujet, un petit challenge
07:39de désendettement du groupe Kering. Des challenges, c'est bien d'en avoir parce que c'est ce qui
07:44permet de faire progresser les entreprises. Luca Demeo est sûrement une bonne personne
07:50par rapport à ces challenges-là. On a vu ce qu'il a fait dans le passé. Donc, on a plutôt
07:54du crédit. Et le marché s'y trompe pas. Vous regardez le titre Kering, il a plutôt mieux
08:00performé depuis l'annonce. Donc, on adresse pas mal de sujets, à mon avis, chez Kering
08:07par un changement de management. Donc, au niveau opérationnel, ça peut avoir un impact
08:13important. Donc, autant de laisser un peu de crédit à Luca Demeo et donc potentiel
08:20pour la hausse du titre Kering. Oui. Pourquoi pas renforcer vos positions
08:23sur Kering, donc ? Tout à fait. Dans le secteur du luxe, nous, on fait partie
08:27de ceux qui pensons que le secteur du luxe, vu qu'il a quand même énormément
08:31déreilleté par la baisse des chiffres, justifié, aujourd'hui, ça reste quand même
08:36des groupes, des grands paquebots avec un savoir-faire et des valeurs de la marque
08:39extrêmement puissantes. Et qu'au niveau international, ça vaut quelque chose.
08:43Donc, on est plutôt à l'achat sur les groupes de luxe aujourd'hui.
08:46Peut-être le moment, d'ailleurs, étant donné que c'est une des plus fortes baisses
08:49du CAC, on perd 1,17% en ce moment, 236,10€. Peut-être que, justement, en face,
08:56il y a des acheteurs, justement, pour cette séance importante pour l'histoire de Kering.
09:00Voilà, c'est ça. Luca Demeo, donc, intronisé à l'occasion de l'Assemblée Générale
09:03aujourd'hui. C'est un peu un volcan s'éteint, un être s'éveille, là.
09:06François Bayrou s'en va, Luca Demeo arrive.
09:08Alors là, on a deux tempéraments différents.
09:11C'est plutôt un être s'éteint, un volcan s'éveille, là.
09:13Deux histoires totalement différentes, mais moi, je regarde plutôt la chose qui nous intéresse
09:17le plus, ça reste quand même les entreprises, et j'ai tendance à dire
09:19heureusement qu'elles sont là, et on voit qu'elles sont, heureusement, très, très bien dirigées.
09:23Vous achetez lesquelles, là, en cette rentrée en bourse, Émeric ? Vos choix ?
09:26Alors, nos chouchous, on continue d'apprécier le secteur bancaire, même s'il a rebaissé.
09:33Il y a une belle histoire, il y a beaucoup de changements là-dedans, dans le secteur.
09:38Donc, au niveau européen, c'est vraiment un sujet qui nous intéresse.
09:42On sait qu'il y a un sujet qui est compliqué, qui reste compliqué, qui a la santé,
09:45qui n'est pas chère et qui, un jour, reviendra fort, mais encore trop tôt pour s'intéresser
09:49à cette histoire-là.
09:52On va être très contrariant et acheter quelques valeurs pro-France, c'est-à-dire les FH
09:59Vinci, qui ont été des valeurs extrêmement attaquées quand on parle d'émissions des
10:04gouvernements et de mouvements au sein des gouvernements en France.
10:08Donc, là-dessus, on est plutôt à l'achat, parce que les titres sont revenus.
10:11Et puis après, on va rester dans les vraies sociétés cycliques croissance, avec des
10:16Schneider, des sociétés assez cycliques.
10:20Et puis, malheureusement, ou heureusement, on va garder les tech US, malgré le dollar.
10:26Nous, on est acheteurs des grandes tech US, parce que la croissance, elle reste quand même
10:31importante là-bas.
10:33Tout le secteur du software reste quand même très, très, et l'IA reste quand même
10:37centrale dans la croissance aux États-Unis.
10:39Donc, grande tech US, et en Europe, quelques beaux cas spécifiques, mais plutôt grande
10:45valeur, grande valeur.
10:46Ce soir, Oracle va publier ses résultats, ce sera après la clôture de Wall Street, en
10:50l'occurrence.
10:50Même si, merci Aymeric d'être passé nous voir.
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