00:00Et il nous rejoint d'ailleurs, Emmerich Didet, la Bourscage. Bonjour Emmerich.
00:03Bonjour bien.
00:03Directeur de la gestion de Pergam, vous allez Emmerich rendre votre verdict face au brouhaha politique.
00:08Ce verdict que vous allez rendre, l'assumez-vous ?
00:11Oui, je l'assume totalement.
00:13Alors on vous écoute.
00:15Alors j'assume que la chute d'un gouvernement n'est pas forcément synonyme de chute des marchés.
00:26Vous estimez que la chute des gouvernements n'est pas forcément synonyme de chute des marchés ?
00:29C'est exactement ce qu'on voit d'ailleurs, chute du gouvernement Bayrou, mais le CAC 40 progresse,
00:33alors que les taux français sont passés au-dessus des taux italiens.
00:35Mais le CAC monte quand même.
00:36Exactement, et on avait eu la même chose lundi avec le marché japonais,
00:40où finalement la chute du gouvernement japonais, le marché japonais avait pris un 45 le lundi matin.
00:47Là, aujourd'hui encore, on n'a pas de violence, de réaction de marché pour une raison assez claire,
00:54c'est qu'on s'y attendait, c'était déjà un petit peu anticipé.
00:58Donc finalement, ce n'est pas une nouvelle exceptionnelle.
01:04Malheureusement, quelque part, les politiques ont perdu de leur impact vis-à-vis des marchés.
01:09Et alors là, on est sur un classique, un morceau classique, on est sur le Boléro de Ravel,
01:13on connaît par cœur, et donc à chaque fois c'est la même chose.
01:15On n'a pas de nouvelles exceptionnelles, donc les marchés regardent plutôt ailleurs.
01:22Et là, on a encore aussi une nouvelle, c'est que ce ne sont plus les gouvernements qui mènent totalement seuls leur économie locale,
01:32c'est beaucoup plus les banquiers centraux qui ont beaucoup plus d'importance que les politiques locaux.
01:36les grands dirigeants en Europe, ça reste quand même le président de la Banque Centrale aux Etats-Unis,
01:43c'est le président de la Fed.
01:44C'est eux qui ont finalement le porte-monnaie.
01:47Donc c'est eux qui décident la crédibilité qu'on doit avoir dans les gouvernements ou pas.
01:53Donc voilà, c'est pour ça qu'il y a moins d'impact quand il y a des nouvelles locales.
01:58Et si la France était une exception ?
02:00En fait, on a une instabilité qui est là, c'est en train de devenir chronique en France,
02:03ça c'est très nouveau pour nous.
02:04D'habitude, la France, c'est un pôle de stabilité politique.
02:06Mais regardez, le Royaume-Uni, ils ont eu combien de premiers ministres en 10 ans ?
02:08Voilà, on ne les compte plus.
02:09Le Japon, le premier ministre a démissionné ce week-end.
02:13En Indonésie, l'immojage soudain du ministre des Finances.
02:16Puis en Argentine, Rabia Millehi vient d'essuyer une défaite dans des élections locales,
02:20ce qui fait chuter le Pesso d'ailleurs.
02:21Exactement, donc c'est des choses assez finalement pas banales, on ne va pas dire ça,
02:26mais dont l'impact peut être plus faible que ce qu'on peut imaginer
02:31ou ce que beaucoup aimeraient faire renaître un peu de volatilité par des événements.
02:37Parce que ça avait anticipé, c'est-à-dire que le CAC 40 sous-performe depuis maintenant un moment
02:41par rapport aux autres marchés européens.
02:42Et quand on regarde le marché obligataire, on se dit qu'on n'est peut-être pas quand même
02:44complètement au bout du mouvement.
02:46On a ce 10 ans français qui est aujourd'hui, Emery quand même, pour la première fois,
02:49aujourd'hui passe au-dessus du 10 ans italien, c'est la première fois que ça arrive.
02:52Oui, mais est-ce que ce n'est pas l'Italie qui fait aussi mieux qu'avant ?
02:55C'est ça aussi qu'il faut regarder, c'est qu'on est en face d'une économie italienne
02:59qui, on le sent, est un tout petit peu mieux dirigée et un peu plus vigoureuse
03:04ces derniers trimestres.
03:06Donc clairement, on a le phénomène double, c'est-à-dire une Italie qui va un peu mieux
03:10et une France qui monte, c'est sûr, évidemment, des signes d'instabilité à court terme
03:16dans la façon dont elle est dirigée depuis déjà là aussi quelques trimestres.
03:20Donc ça, ça explique ces mouvements qu'on subit.
03:233,40, c'est vrai, sur le 10 ans français, c'est un seuil.
03:273,5 seraient un vrai seuil important, mais pas encore de quoi crier au drame.
03:36Alors voilà, justement, c'est notre question aussi sur les réseaux sociaux, sur X et LinkedIn,
03:40vous pouvez participer, vous tous qui nous suivez.
03:41C'est fait, la France a emprunté tout à l'heure sur le marché secondaire, plus cher que l'Italie,
03:46pour la première fois depuis la création de la zone euro.
03:47Pour vous, la France va-t-elle vers une crise financière, première option, un très long étouffement,
03:53deuxième option, une prise de conscience, pourquoi pas, troisième option, ou ce business as usual ?
03:57C'est la question qu'on vous pose sur les réseaux.
03:59Vous votez quoi, vous, Emry ?
04:00Business as usual, malheureusement, on a bien vu que, quels que soient les gouvernements
04:05qu'on ait eus, aucun n'a été capable de prendre des décisions fortes, destinées
04:11à améliorer la situation financière, le bilan, la dette, le niveau de dette du pays.
04:19Maintenant, heureusement, on va tempérer ça par le fait que la dette française est plutôt
04:23très bien gérée.
04:24Et ça, c'est une chose qu'on entend peu, et c'est quand on fait, quand on regarde,
04:29il y a de l'attrait, il y a de la demande à chaque fois qu'il y a des émissions de
04:31dette, même s'il y en a un petit peu moins sur les dernières fois, il y en a encore.
04:35Et deux, le coupon moyen, si on regarde depuis une quinzaine ou une vingtaine d'années,
04:40dans le rétroviseur, il n'a pas arrêté de baisser, il a été très bien refinancé
04:44au moment où les taux étaient assez faibles, ce qui fait que finalement, la charge de la
04:48dette, qui est un poids extrêmement important dans le bilan actuel de l'État,
04:54il est bien géré.
04:55Donc, c'est pour ça qu'il faut tempérer un tout petit peu ces choses-là.
05:00Évidemment, on aimerait que les gouvernements soient capables de prendre des décisions fortes
05:04pour réduire le montant de la dette, mais malheureusement, c'est business as usual.
05:08Alors, la bonne nouvelle, c'est que la France a déjà réalisé plus de 80% de son programme
05:12d'émission de l'année.
05:13Il reste encore 3-4 mois, mais 80% a déjà été réalisé.
05:17Le petit hic, en revanche, c'est que l'Allemagne va arriver à son tour.
05:20Dès cet automne, son programme d'émission va venir de plus en plus concurrencer.
05:23Et donc, la demande qui reste très forte sur la France sera sans doute cette demande
05:26de plus en plus challengée, ce qui ne va pas nous aider, ça.
05:29Tout à fait, parce qu'il va y avoir un peu plus de concurrence vis-à-vis de l'Allemagne.
05:32Après, il va y avoir beaucoup de demandes, évidemment, pour la dette allemande.
05:35Maintenant, l'écart qu'il y a eu, l'écartement de spread entre l'Allemagne et la France,
05:40fait qu'il peut aussi y avoir de l'attrait pour la France, qui va rémunérer plus que la dette
05:45allemande.
05:46avec un niveau, finalement, si on se place avec des entités supranationales que sont
05:51les banques centrales, garantissent, entre guillemets, avec tous les guillemets qui vont
05:55bien, ces niveaux de dette.
05:57Donc, à choisir, est-ce que je préfère de la dette française à 10 ans, à 3,40,
06:01ou de la dette allemande qui sera peut-être à 2,80 ou 2,60 ?
06:06Actuellement, je ne sais pas si je ne préfère pas la dette française à 3,40 aujourd'hui,
06:10malgré les niveaux d'endettement de l'Allemagne qui sont quand même bien inférieurs à la
06:15dette française.
06:15C'est notre meilleur ennemi, le rendement, finalement.
06:17On a un rendement trop attrayant.
06:20Quelque part, oui, aujourd'hui, oui.
06:21Parce qu'on se bat encore avec des niveaux qui sont plus hauts que ce qu'on a connu dans
06:24le passé.
06:25Oui, exactement.
06:26Alors, on a deux stars du côté des entreprises aujourd'hui.
06:29Alors, il y a Apple qui fait sa keynote ce soir du côté de Cupertino.
06:32Techco Spécial à 19h30, il y a un Iva qui sera en direct de là-bas, d'ailleurs,
06:39pour commenter un petit peu tout ça.
06:41Chez nous, on a Kering.
06:42Kering, l'AG est en cours, donc elle doit introniser Luca Demeo à la direction générale.
06:50Bon, est-ce que c'est un game changer, cette séance, ou est-ce qu'il va falloir quand
06:54même infuser sur un peu plus long terme les décisions qu'il peut prendre Luca Demeo ?
06:59En tout cas, c'est important parce que Kering avait besoin de relais de croissance,
07:02fort sur deux gros sujets en particulier, qui sont Gucci, premièrement, donc il y avait
07:08besoin de relancer la croissance, essayer de monter en gamme, qu'il y ait une volonté
07:13claire sur la marque Gucci.
07:16Ça, c'est le premier gros, gros, gros plan à mettre en place.
07:20Et puis, le deuxième, c'est le niveau de bilancier de Kering, où on a vu une dette
07:26qui a remonté, même si au deuxième trimestre, elle a été inférieure, inférieure à 10 milliards
07:30d'euros. Là, on a quand même un montant de dettes qui était... On avait pas mal désendetté
07:35le groupe, puis c'est remonté assez fortement. Donc, il y a un petit sujet, un petit challenge
07:39de désendettement du groupe Kering. Des challenges, c'est bien d'en avoir parce que c'est ce qui
07:44permet de faire progresser les entreprises. Luca Demeo est sûrement une bonne personne
07:50par rapport à ces challenges-là. On a vu ce qu'il a fait dans le passé. Donc, on a plutôt
07:54du crédit. Et le marché s'y trompe pas. Vous regardez le titre Kering, il a plutôt mieux
08:00performé depuis l'annonce. Donc, on adresse pas mal de sujets, à mon avis, chez Kering
08:07par un changement de management. Donc, au niveau opérationnel, ça peut avoir un impact
08:13important. Donc, autant de laisser un peu de crédit à Luca Demeo et donc potentiel
08:20pour la hausse du titre Kering. Oui. Pourquoi pas renforcer vos positions
08:23sur Kering, donc ? Tout à fait. Dans le secteur du luxe, nous, on fait partie
08:27de ceux qui pensons que le secteur du luxe, vu qu'il a quand même énormément
08:31déreilleté par la baisse des chiffres, justifié, aujourd'hui, ça reste quand même
08:36des groupes, des grands paquebots avec un savoir-faire et des valeurs de la marque
08:39extrêmement puissantes. Et qu'au niveau international, ça vaut quelque chose.
08:43Donc, on est plutôt à l'achat sur les groupes de luxe aujourd'hui.
08:46Peut-être le moment, d'ailleurs, étant donné que c'est une des plus fortes baisses
08:49du CAC, on perd 1,17% en ce moment, 236,10€. Peut-être que, justement, en face,
08:56il y a des acheteurs, justement, pour cette séance importante pour l'histoire de Kering.
09:00Voilà, c'est ça. Luca Demeo, donc, intronisé à l'occasion de l'Assemblée Générale
09:03aujourd'hui. C'est un peu un volcan s'éteint, un être s'éveille, là.
09:06François Bayrou s'en va, Luca Demeo arrive.
09:08Alors là, on a deux tempéraments différents.
09:11C'est plutôt un être s'éteint, un volcan s'éveille, là.
09:13Deux histoires totalement différentes, mais moi, je regarde plutôt la chose qui nous intéresse
09:17le plus, ça reste quand même les entreprises, et j'ai tendance à dire
09:19heureusement qu'elles sont là, et on voit qu'elles sont, heureusement, très, très bien dirigées.
09:23Vous achetez lesquelles, là, en cette rentrée en bourse, Émeric ? Vos choix ?
09:26Alors, nos chouchous, on continue d'apprécier le secteur bancaire, même s'il a rebaissé.
09:33Il y a une belle histoire, il y a beaucoup de changements là-dedans, dans le secteur.
09:38Donc, au niveau européen, c'est vraiment un sujet qui nous intéresse.
09:42On sait qu'il y a un sujet qui est compliqué, qui reste compliqué, qui a la santé,
09:45qui n'est pas chère et qui, un jour, reviendra fort, mais encore trop tôt pour s'intéresser
09:49à cette histoire-là.
09:52On va être très contrariant et acheter quelques valeurs pro-France, c'est-à-dire les FH
09:59Vinci, qui ont été des valeurs extrêmement attaquées quand on parle d'émissions des
10:04gouvernements et de mouvements au sein des gouvernements en France.
10:08Donc, là-dessus, on est plutôt à l'achat, parce que les titres sont revenus.
10:11Et puis après, on va rester dans les vraies sociétés cycliques croissance, avec des
10:16Schneider, des sociétés assez cycliques.
10:20Et puis, malheureusement, ou heureusement, on va garder les tech US, malgré le dollar.
10:26Nous, on est acheteurs des grandes tech US, parce que la croissance, elle reste quand même
10:31importante là-bas.
10:33Tout le secteur du software reste quand même très, très, et l'IA reste quand même
10:37centrale dans la croissance aux États-Unis.
10:39Donc, grande tech US, et en Europe, quelques beaux cas spécifiques, mais plutôt grande
10:45valeur, grande valeur.
10:46Ce soir, Oracle va publier ses résultats, ce sera après la clôture de Wall Street, en
10:50l'occurrence.
10:50Même si, merci Aymeric d'être passé nous voir.
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