00:00Il nous rejoint, Bastien Dru pour CPRM.
00:03Bonjour Bastien.
00:04Bonjour.
00:04Vous allez, Bastien, rendre votre verdict face au marché
00:07et prononcer ce verdict dans un instant en direct à l'antenne.
00:10Ce moment, cet instant, l'assumez-vous ?
00:12Je l'assume.
00:14Alors on vous écoute.
00:15Alors j'estime et je l'assume que la Fed est très en retard
00:19et qu'elle va devoir baisser ses taux directeurs très rapidement.
00:26La Fed va devoir baisser ses taux très rapidement, dites-vous.
00:28Allons droit au but.
00:31C'est la semaine prochaine qu'elle va rendre sa décision politique monétaire.
00:34Est-ce qu'elle devra, dès la semaine prochaine, baisser ses taux pas de 25, mais de 50 points de base ?
00:37Bastien.
00:38C'est une vraie possibilité.
00:40En fait, c'est une vraie possibilité à laquelle le marché ne croyait pas il y a quelques jours.
00:44Mais l'avalanche de chiffres qu'on a pu avoir,
00:47on en parlait avec John Plassard à l'instant,
00:48avec les révisions de l'emploi, par exemple les révisions annuelles de l'emploi,
00:53les deux derniers job reports qui ont été très mauvais,
00:56l'inflation qui finalement n'accélère pas,
00:58tout ça fait que la Fed est finalement en retard dans son cycle manifestement
01:03et une baisse de 50 points de base est tout à fait possible la semaine prochaine.
01:07Ça dépendra notamment du chiffre d'inflation, le CPI qui sortira demain.
01:10Oui, pour l'instant, le marché price plutôt 25, 90%, 25,
01:14mais 8-10% pour une baisse de taux de 50 points de base.
01:17Vous dites que ce scénario existe.
01:18C'est une façon de dire que c'est votre scénario, 50 points de base la semaine prochaine ?
01:22Donc bon, si juste avant le FOMC, une baisse de 50 n'est pas pricée,
01:27il y a peu de chances finalement que la Fed baisse de 50.
01:30En tout cas, le message qui sera affiché la semaine prochaine,
01:36ce sera vraisemblablement que la Fed va rentrer à nouveau dans un cycle de baisse de taux,
01:40que ce ne sera pas une seule baisse de taux la semaine prochaine,
01:43mais que ce sera une série de baisses de taux,
01:44et qu'on reviendra au moins rapidement à la neutralité monétaire,
01:49ce qui est, selon les estimations de la Fed, aux alentours de 3%.
01:52Je rappelle que les taux directeurs actuellement sont entre 4,25 et 4,50%,
01:56ce qui est quand même assez restrictif.
01:58On le voit dans le rythme de création d'emplois,
02:01il est vraiment très flèble actuellement.
02:03Je donnerais juste un chiffre.
02:04Si on enlève le secteur de la santé,
02:08le secteur privé aux États-Unis n'a créé que 10 000 emplois sur les six derniers mois.
02:12Donc ça montre quand même la faiblesse,
02:14le coût d'arrêt au marché du travail qu'on a eu récemment,
02:18ce qui montre que la Fed est bien en retard.
02:20Oui, parce que sur ce marché de l'emploi, il y a énormément de trompe-l'oeil.
02:22Alors déjà, le chiffre a été massivement révisé des créations de postes des derniers mois.
02:27Bon, enfin, sur un an, c'est incroyable quand même cette révision.
02:30Et par ailleurs, l'essentiel des créations de postes, en fait,
02:32viennent d'un seul secteur.
02:33Ce secteur, c'est le secteur de la santé.
02:35C'est bien que dans le reste du secteur privé,
02:36il n'y a quasiment pas eu de création de postes depuis un an.
02:39Pourquoi le secteur de la santé, particulièrement ?
02:41Là, on peut penser que...
02:42Alors, il y a deux choses.
02:43Il y a une méga tendance qui est celle du vieillissement de la population,
02:47qui fait que les besoins médicaux sont de plus en plus importants
02:50et que les besoins dans les services à la personne
02:53en ce qui concerne le secteur de la santé sont de plus en plus importants.
02:57Donc il y a déjà ça.
02:58Ensuite, la deuxième chose, c'était qu'après la période du Covid,
03:02il y a eu finalement un coup d'arrêt dans ce secteur pour le recrutement.
03:05Il y a eu un moment quand même assez difficile dans le secteur de la santé aux États-Unis,
03:09qui a duré, on va dire, deux ans.
03:11Et il y a un vrai rattrapage, cette fois-ci, conjoncturel,
03:13qui vient s'ajouter finalement aux raisons plus structurelles,
03:16donc liées au vieillissement de la population.
03:18Donc on a un secteur de la santé qui crée énormément d'emplois.
03:21Et si on enlève ce secteur de la santé,
03:23effectivement, la dynamique de création d'emplois aux États-Unis,
03:26elle est quasiment nulle sur les six derniers mois.
03:28Et ces créations d'emplois dans la santé,
03:29c'est souvent régulièrement des emplois pas très bien payés par ailleurs,
03:32ce qui n'est pas forcément au pouvoir d'achat des Américains.
03:34Les droits de douane, quand même,
03:36ils finiront par avoir un impact sur l'inflation, vous ne pensez pas ?
03:39C'est vrai que pour l'instant, ça semble encore limité,
03:41mais est-ce que ce n'est pas devant nous tout ça ?
03:43L'effet des droits de douane sur l'inflation,
03:45de toute façon, il va mettre beaucoup de temps à se mettre en place.
03:47Ça, c'est une certitude.
03:49Mais nous, notre position, déjà depuis quelques mois,
03:52c'est que finalement, l'impact sur l'inflation,
03:54il ne sera pas si important que ça.
03:55Parce qu'il y a des exportateurs non américains
03:59qui baissent leurs prix pour justement essayer de compenser
04:02ces hausses de droits de douane.
04:04Il y a les entreprises qui vont raboter un petit peu leurs marges.
04:06Puis ensuite, il y a seulement les entreprises
04:08qui vont répercuter les hausses de droits de douane
04:10sur les prix finaux auxquels feront face les consommateurs.
04:14Ce n'est qu'une seule partie finalement de la hausse des droits de douane
04:16qui va s'en ressentir dans les prix.
04:18Et donc, c'est pour ça qu'on pense que cette hausse des prix
04:21liée aux droits de douane, elle sera finalement assez limitée.
04:25Ce qui permettra à la FED de baisser clairement ses taux.
04:27Et donc, pour vous, on est à la veille d'un nouveau cycle.
04:30Cette fois, un cycle de baisse de taux de la part de la Réserve fédérale américaine.
04:33Le retour à venir peut-être de l'argent facile.
04:35Alors, c'est l'objet de notre question du jour sur les réseaux sociaux.
04:37X et LinkedIn, vous participez, vous tous, à cette émission BFM Bourse.
04:40Si la Fed baisse ses taux la semaine prochaine, par exemple,
04:43et qu'il y a un nouveau cycle de baisse de taux débarré,
04:46est-ce que les marchés, après avoir acheté la rumeur, vendraient la nouvelle ?
04:49Est-ce que les marchés pourraient baisser quand la Fed annoncera ses baisses de taux ?
04:52Oui, non. C'est la question qu'on vous pose à vous tous.
04:53Et vous, Bastien, vous avez une réponse à ça ?
04:55Ça dépendra vraiment du message, en fait, de la teneur des propos de Jérôme Powell.
05:00S'il tient des propos, qu'il cède à la panique, qu'il donne des indications que les États-Unis seraient proches de la récession, par exemple.
05:10Là, clairement, ça pourrait créer un mouvement négatif sur les marchés actions.
05:15S'il arrive à tenir des propos beaucoup plus rassurants, finalement, ça pourrait stabiliser le marché.
05:21Et on pourrait avoir plutôt une réaction positive dans ce cas-là.
05:23Donc là, Jérôme Powell, il joue toujours gros, mais il joue encore plus gros.
05:27Mais vu que les marchés sont chers, il ne pourrait pas chercher justement à dégonfler un tout petit peu les marchés ?
05:31L'un des mandats de la Fed, c'est la stabilité financière.
05:33Ce n'est pas le premier, mais ça en fait partie.
05:35Est-ce que pour la stabilité, il ne faudrait pas aider le marché à faire un pas en arrière ?
05:38Il n'y a pas forcément de nécessité de dégonfler, entre guillemets, le marché actions de la part de la Fed.
05:44Alors, on a vu cet après-midi les prix à la production du côté des États-Unis,
05:48qui s'affichaient en baisse assez inattendue sur le mois écoulé.
05:51Mais alors, que dire de la baisse des prix à la production en Chine ?
05:54Oui.
05:55Là, c'est du moins 2% en août.
05:59Bon, la Chine est de retour avec ses grosses entreprises qui marquent des points à ne plus savoir qu'en faire,
06:03et notamment sa big tech, mais la situation économique est loin d'être simple.
06:07Alors, l'économie chinoise, elle est plombée par deux choses.
06:12Il y a une première raison qui date déjà d'il y a deux ou trois ans, c'est le secteur immobilier.
06:17La crise immobilière, elle est très forte en fait en Chine, et elle s'est réaggravée récemment.
06:22Les prix ont baissé, se sont mis à baisser de plus en plus,
06:25alors qu'on avait eu une stabilisation au début de l'année 2025.
06:29Donc, cette crise immobilière et ces baisses de prix immobiliers,
06:33ça pèse vraiment sur le pouvoir d'achat, sur la confiance plutôt des ménages chinois.
06:39Donc, ça, c'est une première chose.
06:40Puis, la deuxième chose, c'est quand même la guerre commerciale,
06:42avec des exportations vers les États-Unis qui ont quand même baissé.
06:45Bon, après, les exportations peuvent transiter par d'autres pays, ça c'est clair.
06:49Au mois d'août, les exports de la Chine vers les États-Unis ont chuté de 33%.
06:52Ils ont très fortement baissé, effectivement.
06:54Et donc, on a une économie chinoise qui est vraiment plombée par ces deux facteurs,
06:58donc la crise immobilière et la guerre commerciale.
07:01Oui, et alors cette déflation, les prix à la production en Chine qui reculent de 2,9%,
07:05c'est de la déflation.
07:06La Chine est en déflation.
07:07Tout à fait.
07:07Il reste ancré dans ce cercle de la déflation.
07:10On a des surcapacités de production qui sont extrêmement fortes en Chine,
07:15en particulier dans le secteur automobile.
07:17Ça se voit dans les quantités de voitures qui sont exportées par la Chine dans le reste du monde.
07:22et ça vient peser sur les prix un peu partout dans le monde.
07:26Et clairement, la Chine est dans une situation de quasi-déflation
07:30et qu'elle est en train d'exporter vers le reste du monde.
07:32Ce qui est une bonne nouvelle pour le reste du monde.
07:34Ça vient compenser finalement les éventuels risques haussiers sur l'inflation
07:38qui proviendraient de la guerre commerciale.
07:40Le CAC 40, on est ensemble en direct, 15h49.
07:42Le CAC 40 est toujours en hausse de 0,2%.
07:44Wall Street, après presque 20 minutes de cotation, est en hausse aussi.
07:48On reviendra sur Oracle, la fusée Oracle aujourd'hui qui cartonne
07:51et qui progresse très très fortement également après son carnet de commandes.
07:56Ce sont des carnets de commandes qui a littéralement...
07:57Plus 37% si tu cherches.
07:58Combien ?
07:59Oui, je suis en train de chercher.
07:59Plus 37%.
08:01C'est de la folie furieuse.
08:04Et un homme aujourd'hui s'enrichit comme personne d'autre,
08:07comme nul autre avant lui, c'est le patron d'Oracle.
08:08On vous expliquera combien il est en train de gagner,
08:10juste sur la hausse du titre à l'instant.
08:12Nous, au contraire, on essaie chaque jour de mesurer le poids de nos boulets ici en France.
08:17Les boulets qu'on a au pied, le poids de nos boulets,
08:19c'est les taux d'intérêt auxquels on emprunte.
08:21Alors là, le 10 ans français, il est un peu plus de 3,40,
08:23à deux points sous le 10 ans italien.
08:26On est toujours tout proche du 10 ans italien.
08:29Demain, la BCE va se réunir.
08:30Est-ce qu'elle va parler du cas français ?
08:32Est-ce que vous pensez que la BCE pourrait faire un geste pas explicite vis-à-vis de la France ?
08:35Mais compte tenu de ces tensions sur les taux,
08:37pourquoi pas moins réduire son bilan ?
08:40Alors, explicite sur la France, non.
08:42Je pense que ça n'arrivera pas.
08:43Il y aura forcément des questions qui seront posées à Christine Lagarde
08:45sur la situation française, mais je pense qu'elle ne commentera pas la situation politique interne.
08:50En revanche, l'une des questions qui se posent,
08:53c'est finalement celle du quantitative tightening,
08:55donc la réduction du bilan de la BCE.
08:57Sous les 12 derniers mois, les émissions nettes de titres des États de la zone euro,
09:01c'est un peu plus de 500 milliards d'euros.
09:05Ce qu'a remis sur le marché la BCE,
09:07le rythme auquel la BCE remet des titres,
09:10c'est à peu près 500 milliards d'euros aussi.
09:12C'est-à-dire que la BCE est en train de remettre sur le marché des titres
09:15dans des proportions à peu près similaires aux émissions des États
09:20qui viennent financer le déficit.
09:22Et c'est notamment ça qui pèse à la hausse,
09:24qui fait monter les taux européens, pas spécifiquement français.
09:29Et effectivement, là, la BCE ne va pas finalement changer demain
09:34son programme de réduction de bilan,
09:37mais elle pourrait commencer à donner des indications
09:39qu'elle pourrait réduire cette réduction de bilan sur les prochains mois.
09:44Oui, la France ayant par ailleurs un chemin de croix face à elle.
09:47La première étape du chemin de croix, c'est la chute du gouvernement euro.
09:50La deuxième, c'est aujourd'hui avec le mouvement Bloquons-Tout.
09:52La troisième étape du chemin de croix sera vendredi.
09:55La quatrième étape, ce sera la semaine prochaine
09:57avec cette journée de manifestation et grève le 18 septembre, etc.
10:00puisque les autres agences aussi nous noteront tout au long de l'automne.
10:04Vous chômeriez pas chez CPRM.
10:06On a du travail.
10:07Quoi faire ?
10:07Merci beaucoup Bastien de nous avoir accompagné.
10:10Bastien Dru pour CPRM.
10:11Ah tiens, non, juste un tout petit mot quand même sur la Fed.
10:13Il se trouve que Lisa Cook va pouvoir rester temporairement à son poste.
10:16C'est ce qu'a décidé une magistrate,
10:17même si Donald Trump voudrait la destituer.
10:19Cette magistrate dit non, il n'y a pas de quoi la destituer,
10:21donc elle peut rester là.
10:22Oui, pour l'instant, elle peut rester.
10:25Donc ça fait partie de...
10:26Maintenant, pour lire l'économie américaine,
10:28il faut être spécialiste de la Cour suprême.
10:30Donc là, le cas de Lisa Cook ira récemment devant la Cour suprême,
10:34tout comme l'autre annonce juridique de la soirée,
10:37qui est que les droits de douane, finalement,
10:39seront étudiés par la Cour suprême très rapidement,
10:43a priori au niveau, enfin, lors du mois de novembre.
10:46Et on pourrait avoir des nouvelles de ce dossier,
10:48enfin, une conclusion de ce dossier,
10:50avant la fin de l'année 2025,
10:52sur la légalité des droits de douane,
10:54les CIPRO qui ont été...
10:55Oui, voilà.
10:56Vous êtes économiste et de plus en plus juriste, effectivement.
10:59Merci Bastien.
10:59Bastien Drou avec nous, c'était R.A.M.
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