- il y a 11 mois
Jeudi 11 septembre 2025, retrouvez Vincent Danis (Président, Savinianne) et Marc Fabayre (Associé, LGF Patrimoine) dans SMART PATRIMOINE, une émission présentée par Nicolas Pagniez.
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00:00Et dans Enjeux Patrimoine, on s'intéresse tout de suite aux enjeux de la rentrée.
00:08Une rentrée sous haute tension, en tout cas politiquement, c'est compliqué.
00:12Il y a forcément des impacts sur l'économie et peut-être même sur votre patrimoine ou sur votre portefeuille.
00:17Alors comment on va agir ? On en discute avec nos deux invités.
00:20Marc Faber, bonjour.
00:22Bonjour.
00:22Vous êtes associé chez LGF Patrimoine. Bienvenue à vous.
00:25Merci beaucoup.
00:25À vos côtés ou plutôt en face, Vincent Danis. Bonjour Vincent.
00:28Bonjour.
00:28Vous êtes le président de Savignane.
00:31Et avec vous, messieurs, on va s'intéresser à cette rentrée, un contexte macroéconomique, géopolitique, compliqué.
00:38Alors on était beaucoup focalisés sur M. Trump et cette trumperie, trumptitude,
00:42qui agitait en tout cas le monde économique et le monde financier.
00:47Et puis on a eu cette rentrée politique française en fanfare qui agite aussi les marchés.
00:51Marc Faber, comment vous décrivez cette situation actuelle, ce climat de rentrée ?
00:56Je dirais un peu agité et sans doute préoccupant pour les Français.
00:59Pour l'instant, moins préoccupant pour les Européens parce que ce qu'ils attendent, c'est de savoir quel sera, on va dire,
01:05le nouveau Premier ministre éventuellement, quel régime on va donner à la France en termes de croissance ou de réduction de dette.
01:13Ce qui pourrait être très gênant pour la France dans un contexte européen voire international, c'est si jamais il y avait une dissolution
01:21ou si M. Macron décidait de faire encore autre chose.
01:25Ça serait vraiment très pénalisant pour la France.
01:28Pour l'instant, on s'aperçoit qu'on est encore peu pénalisé.
01:31C'est largement dans les cours, même éventuellement la perte d'un certain, on va dire, en termes de notation de la part de Fitch,
01:41qui va sans doute nous dégrader, c'est déjà dans les cours aussi.
01:44C'est vraiment l'étape prochaine, c'est quel gouvernement, quelle politique fiscale, quelle politique éventuellement pour la croissance et donc pour la dette.
01:51Et oui, il envoie de la crédibilité, c'est ça de notre signature, sinon les taux vont augmenter pour nous et puis ça va renchérir le coût de l'argent.
01:58Vincent Danis, en tout cas dans ce contexte agité, une des premières conséquences, c'est l'épargne des Français qui bondit.
02:04On est à des niveaux records, 18,9%, pratiquement un cinquième de ce qu'on reçoit, on l'épargne tel des fourmis.
02:11Alors on épargne beaucoup, c'est faute de visibilité effectivement sur ce qui se passera après.
02:16Mais c'est aussi d'ailleurs un des principaux risques de la rentrée, c'est d'être trop dans l'attentisme.
02:21C'est-à-dire que le comportement habituel des épargnants dans ces phases d'incertitude, c'est j'attends d'y voir plus clair pour voir dans quoi je place, dans quoi j'investis.
02:29Et dans bien des cas, il faut prendre le pari de l'incertitude et se dire mieux vaut que j'investisse aujourd'hui sur des choses connues
02:37que d'attendre une évolution future que je ne connais certes pas encore, mais dont le sens est malheureusement prévisible
02:44parce que si nous n'avons pas de gouvernement, nous avons toujours une dette.
02:47Et quel que soit le futur gouvernement, il faudra bien qu'il cherche les solutions pour les résoudre.
02:50Alors expliquez-nous, c'est quoi les choses connues dans ces conditions ?
02:53Eh bien, par exemple, la fiscalité, tant qu'elle n'a pas évolué, on peut considérer aujourd'hui qu'on a des règles 2025 qui vont durer un certain temps,
03:02en tout cas jusqu'à ce qu'elles soient modifiées, ce ne sera peut-être pas avant janvier 2026.
03:06Et donc, partant de là, anticiper certaines décisions qu'on se préparait à avoir à faire sur les années futures,
03:13c'est peut-être une bonne idée pour la rentrée.
03:15Par exemple, dans le cadre du financement de ces revenus futurs en phase de retraite,
03:20on dispose d'un disponible fiscal sur ces revenus qu'on peut déduire de ces revenus imposables à un certain montant.
03:27Peut-être qu'il n'est pas idiot d'aller verser un peu plus que ce qu'on avait l'habitude de faire,
03:31tant qu'on connaît les règles qui s'appliquent.
03:34Quel dispositif en particulier ?
03:37Sur les PER, lorsque l'on dispose d'un PER, quand on n'en dispose pas, on peut en ouvrir,
03:42et si on dispose de formes plus anciennes de contrats type des PERP, on peut toujours verser dessus.
03:47Alors, le plan d'épargne retraite, le PERP, effectivement, vous craignez, Marc Faber,
03:53qu'il y ait une remise en question de ces dispositifs.
03:56On sait que l'État, évidemment, a besoin d'argent, les niches fiscales vont être dans le viseur,
04:00on parle de taxes, de taxes Zuckman en particulier, sur les plus hauts revenus.
04:03Qu'est-ce qui pourrait changer ?
04:05Alors, ce qui peut changer, et dont on parle également aussi,
04:07c'est le prélèvement féditaire libératoire, qui l'augmente d'un point au deux, deux points.
04:12C'est ce qui, sans doute, menace depuis un petit bout de temps.
04:16Ce qui pourrait changer aussi, c'est sur, on en parle de plus en plus, c'est sur l'immobilier.
04:22La situation est fort tendue, je parle d'immobilier locatif,
04:26par rapport au meublé ainsi aussi, de plus en plus de tensions,
04:29donc la fiscalité peut également changer, ça ferait déjà pas mal de travail,
04:33potentiellement avec des rentrées d'argent non négligeables pour l'État.
04:38Ensuite, tout dépendra de qui sera au gouvernement,
04:41la tasse Zuckman, est-ce qu'elle sera validée ou pas validée par le Conseil constitutionnel ?
04:45Point d'interrogation.
04:46De toute manière, ça passera par une légère hausse d'impôts pour tout le monde.
04:51Oui, effectivement, on ne va pas y couper.
04:52Oui, j'abonde sur la partie immeublée, puisque dans le calendrier 2026,
04:56il y a également des élections municipales.
04:59Un changement ou un enjeu électoral, c'est pour beaucoup les centres-villes
05:03qui ont été marqués par le fait que des logements qui étaient disponibles
05:06à la location pour les habitants ont été reconvertis en Airbnb.
05:10Et c'est un sujet probablement pour les maires qui voudraient se faire réélire
05:13que de montrer comment ils vont parvenir à redonner un peu plus de vie à leur centre-ville.
05:18Donc, une taxation du meublé sur ce plan-là n'aurait pas d'opposition.
05:22Donc, en étant un peu plus dur.
05:23Parce que vous êtes tendu à Paris, vous avez, en cinq ans,
05:27la proposition meublé traditionnel a été divisée par deux.
05:30Divisé par deux.
05:31Paris-Région Paris.
05:32Ce qui explique la pénurie actuelle, on ne trouve plus rien.
05:34Oui, c'est la pénurie actuelle pour ceux qui cherchent à se louer de façon durable.
05:38D'accord.
05:38Par des beaux traditionnels.
05:40C'est dû donc à, je ne sais pas, à une précarisation de ces beaux,
05:44c'est-à-dire les propriétaires aujourd'hui, ils préfèrent louer en courte durée ?
05:47C'est fiscalement un plus intéressant de louer en courte durée.
05:50C'est plus facile de se séparer d'un locataire au cas où.
05:55Et puis, ça rapporte plus, puisque vous n'êtes pas dans le cadrement des loyers.
05:59Oui, tout à fait.
06:00Comme un des soucis de la rentrée est l'évolution des taux d'intérêt à long terme,
06:05des taux d'intérêt élevés sur des échéances longues,
06:09c'est aussi un risque fort pour l'immobilier résidentiel,
06:12puisque ça veut dire moins de pouvoir d'achat pour ceux qui voudraient changer de logement.
06:16Et ça, c'est quelque chose qu'il va falloir intégrer très, très vite.
06:19Dans les bonnes résolutions à prendre avant la fin de l'année,
06:21c'est pour les personnes qui ont des offres de prêts ou des projets immobiliers,
06:25les accélérer avant que les barèmes de taux n'aient été revus chez les prêteurs
06:29et s'apprêter à faire le dos rond après,
06:32puisque des taux d'intérêt à moins de 4 pour un emprunteur
06:35quand l'État français a emprunté à 3,50,
06:38c'est que ça paraît très logique.
06:40C'est pas mal, effectivement.
06:41C'est vrai que c'est une énigme.
06:42Enfin, en tout cas, vu de l'extérieur, on se dit,
06:44tiens, la BCE a fait le boulot, elle a massivement baissé ses taux.
06:47On n'est plus, effectivement, à des taux extrêmement élevés.
06:49Et pourtant, de par notre situation actuelle,
06:52c'est vrai qu'on emprunte toujours très cher
06:53et donc ces taux restent élevés, voire ils sont en train de remonter.
06:55En distinguant de taux courts et taux longs,
06:57est-ce que la BCE a baissé les taux courts ?
06:59Mais les taux longs, on le voit bien, par exemple,
07:01sur la crise de l'immobilier de rendement depuis 2 ans,
07:03on est toujours à 3,5 sur 10 ans et on en démontre pas.
07:05Si vous me permettez, il ne faut pas confondre taux courts et taux longs.
07:08Il faut bien voir que la BCE et les taux courts,
07:10c'est pour l'activité au quotidien, l'activité de près aux entreprises
07:12et, en tout cas, ça se répercute aussi sur le crédit à la consommation
07:16pour les particuliers.
07:17Les taux longs sont là pour financer autre chose, du long terme.
07:20Les taux longs, ils ont été bridés.
07:23Moi, avec mon âge, j'ai connu des taux que vous n'avez jamais connus.
07:26Pour moi, des taux à 3,50, ce n'est pas élevé.
07:29Certes, il y aurait plus de croissance, mais ça n'a pas encore monté.
07:314, 4,50, rien d'aberrant s'il y avait de la croissance.
07:35C'est un autre débat.
07:36Mais aujourd'hui, il faut bien voir pourquoi les taux sont élevés.
07:39C'est que, un, vous avez des grands emprunteurs,
07:42c'est l'Italie, la France, l'Espagne revient.
07:44Et puis, surtout, c'est que vous avez un nouveau venu sur le marché.
07:46Vous allez avoir l'Allemagne qui revient sur le marché.
07:48Donc, l'Allemagne va faire appel au public.
07:51Donc, on sera plus tenté d'acheter de la dette allemande.
07:54Très sécure.
07:55Encore plus sécure que les autres, et encore mieux noté que les autres,
07:58que la dette française qui ne pose aucun problème.
08:00Mais si on va dans l'échelle des risques,
08:02la France est super bien notée, il n'y a pas de problème de remboursement avec la France.
08:05Mais entre l'Allemagne et la France, on va d'abord commencer par l'Allemagne,
08:09puis après par la France, puis après les autres pays.
08:11Autre point aussi qui joue sur les taux d'intérêt,
08:13c'est que la BCE n'achète plus ou n'achète beaucoup moins de dette.
08:18Donc, moins de propositions à l'achat, des taux qui montent et c'est normal.
08:22Et voilà, effectivement, c'est le taux long.
08:24En général, c'est vrai qu'en la BCE, il y a quand même un effet d'entraînement,
08:26mais pas cette fois.
08:27Alors, ça c'est pour les taux et l'immobilier, c'est compliqué.
08:30Est-ce que, à notre bout du spectre, on peut regarder du côté de l'obligataire ?
08:34Est-ce qu'il y a des choses à faire de ce côté-là, Vincent Daim ?
08:37Alors là, il faudra bien distinguer le côté emprunt d'État et le crédit.
08:40Parce qu'aujourd'hui, sur les entreprises, il n'y a pas trop de défauts.
08:45On a quand même vu une belle compression des taux.
08:47Aujourd'hui, les rendements embarqués sur les fonds obligataires
08:50sont moins attractifs qu'ils n'étaient il y a un an.
08:53Il y a deux zones d'intérêt, selon moi.
08:55Déjà, il y a tous les pays émergents.
08:57Donc, si on regarde la situation des États,
08:59on voit qu'aujourd'hui, ces pays-là sont beaucoup moins endettés
09:02que ne le sont les pays dits développés.
09:04Donc, il y a probablement des choses à faire.
09:06Et là, les rendements embarqués restent attractifs.
09:09Et les placements obligataires qui peuvent être trouvés
09:10sont plus complémentaires.
09:12Quel type de pays en particulier ?
09:14Alors, des pays...
09:15Je ne dirais pas l'Argentine depuis deux jours.
09:18Mais d'autres pays d'Amérique du Sud, pourquoi pas ?
09:20Et les pays de l'Est en Europe,
09:22qui globalement sont faiblement endettés
09:24et qui sont tous des taux de croissance supérieurs
09:26à ce qu'on connaît sur la partie d'Europe occidentale.
09:29Il y a quelque chose qu'il faut bien prendre en considération,
09:31c'est qu'il faut prendre en considération
09:33à la fois le rendement et la potentialité
09:35de la hausse des taux ou d'une baisse des taux.
09:37Un rendement, c'est quelque chose de certain, on est d'accord.
09:40Mais lorsque les taux montent, on perd en capital.
09:43Lorsque les taux baissent, on perd en capital.
09:44Donc, ce n'est pas parce qu'on a du 4% embarqué annuellement.
09:48Si par malchance, vous avez sur un taux à 10 ans
09:50une hausse de 1%,
09:52ça vous fait à peu près 6% de perte en capital.
09:55Donc, il ne faut pas perdre ça de vue,
09:56même si on peut le gérer en termes de sensibilité.
09:59Donc, c'est pour ça que c'est très important de le savoir,
10:00et Vincent a tout à fait raison, c'est dans quelle zone géographique
10:02on souhaite investir.
10:04Et pour l'épargne en français,
10:05il reste au moins pendant 18 mois
10:07une solution à ne pas oublier,
10:09qui sont les fonds en euros avec bonus,
10:11grâce à la générosité des assureurs.
10:13On peut avoir un 3,5, 4, 4,5 sur 18 mois.
10:17Sans risque.
10:17Ce qui se comparera avantageusement à un fonds obligataire,
10:21tout en étant à peu près la même nature de risque,
10:23sauf qu'il y a les garanties en capital apportées par l'assureur.
10:26Il nous reste deux minutes, un petit peu plus,
10:28pour faire notre allocation type de rentrée.
10:31Allez, Marc Favère, vous avez la parole.
10:32Qu'est-ce qu'on fait ?
10:32Plutôt action, plutôt obligation ?
10:34On mixe ?
10:34Alors, vous avez pu comprendre que je ne suis pas du tout obligataire aujourd'hui.
10:38En tout cas, si il était obligataire,
10:38ce serait comme pour Vincent sur de l'émergent,
10:41mais pas sur de l'européen,
10:43et pas en tout cas sur l'européen zone euro.
10:45Action, oui, action européenne,
10:48petites et moyennes valeurs.
10:50Moi, je continuerai à revenir sur les petites et moyennes valeurs européennes.
10:53Vous avez des très belles choses.
10:54Alors qu'ils ne font pas encore leur remontada,
10:56mais bon, il y a du mieux.
10:57Il y a quand même pas mal de mieux,
10:59on va dire ça comme ça.
11:00Ce qu'on appelle les longs shorts aussi.
11:03Pourquoi ?
11:03Parce que ça évite de prendre un risque action,
11:06et vous avez différents longs shorts
11:07avec une sensibilité action plus ou moins forte,
11:09ce qui permet à la fois de capter une certaine hausse des actions
11:13et de limiter la baisse des actions.
11:15Et puis, pourquoi pas regarder un peu l'immobilier,
11:17parce que je sais que c'est la grande connaissance de Vincent,
11:21et vous avez des jolies choses aujourd'hui,
11:23parce que le marché se comporte malgré tout un peu mieux.
11:26Et l'avenir, on lui dira si cette poursuite peut se faire ou pas.
11:30Alors, Vincent ?
11:31Avec un grand intérêt pour les SCPI qui collectent,
11:34qui sont capables d'investir.
11:36Les nouvelles, donc ?
11:37Pas que les nouvelles, vraiment celles qui collectent.
11:39En fait, si les taux montent,
11:41elles vont investir à des conditions meilleures
11:42que ce qui était imaginé il y a un an, deux ans.
11:44Et quand les taux rebaisseront,
11:45elles verront une valorisation de ces actifs acquis à très bon compte.
11:49Donc là, il est opportun de ne pas attendre
11:51que les hausses apparaissent dans les expertises.
11:53Elles commencent tout juste à être stabilisées.
11:56Pour commencer à se positionner sur ces véhicules
11:58qui collectent et investissent au meilleur moment,
12:00ça, pour moi, c'est un des choix forts de la rentrée.
12:02Et puis, autre choix, pour compléter ce qu'a dit Marc,
12:06regardez toujours les mines d'or.
12:08Elles ont fait un très beau parcours déjà en 2025,
12:11mais comme l'or continue de monter
12:12et que l'énergie ne bouge pas trop,
12:15ça garde une belle perspective de résultat dès 2026.
12:18Eh bien voilà, ça nous donne pas mal de pistes d'investissement
12:22ou peut-être de réallocations.
12:23Cette rentrée, on a noté les small et mid-cap du côté européen
12:28et puis l'immobilier via les SCPI,
12:30et en tout cas celles qui collectent et pourquoi pas les mines d'or.
12:33Merci, messieurs, pour ce panorama de rentrée d'incendalisme.
12:38Merci, je rappelle que vous êtes président de Savignane
12:41et Marc Faber, merci également, associé de LGF Patrimoine.
12:45Merci à vous.
12:46Dans un instant, la suite, ça va être l'œil de l'expert.
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