- il y a 4 mois
L’IA transforme l’apprentissage en adaptant les parcours pédagogiques. Elle personnalise l’enseignement, soutient les enseignants et améliore l’accessibilité. Mais elle ne peut remplacer l’accompagnement humain et soulève des défis éthiques et de protection des données.
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00:00...
00:00Intelligence artificielle et éducation, ça bouge quand même en cette rentrée.
00:08On va en parler avec mes invités tout de suite.
00:10On a notamment au Danemark l'IA qui va être acceptée au baccalauréat.
00:13Et puis partout, des nouveaux outils d'intelligence artificielle
00:15qui viennent en soutien aux enseignants, personnaliser les pratiques pédagogiques.
00:20On va voir véritablement à quoi ça sert, quels sont ces nouveaux usages
00:23qui s'imposent à l'école et puis comment l'école réagit,
00:26comment les élèves s'emparent ou non de ces outils.
00:29Qu'est-ce qu'on fait avec les outils qui sont proposés aussi par les GAFAM ?
00:32Parce qu'on a vu Google présenter son assistant Gemini pour l'éducation
00:36et être prêt à s'installer dans les établissements scolaires français notamment.
00:41Alors on en parle avec Marie-Christine Levet. Bonjour Marie-Christine.
00:43Bonjour Delphine.
00:44Fondatrice d'Educapital, le plus grand fonds européen d'investissement
00:48dans le domaine des EdTech, donc les technologies pour l'éducation
00:51et également pour le futur du travail.
00:54Avec vous sur ce talk, nous avons Catherine de Vulpillière.
00:57Bonjour.
00:57Vous êtes la directrice générale, la cofondatrice d'Evidence B.
01:01On a parlé beaucoup d'Evidence B il y a quelque temps
01:04puisque vous êtes à l'origine de Mia Seconde
01:06qui a été annoncée par Gabriel Attal comme étant un nouvel outil d'IA
01:09en soutien aux élèves de seconde pour les mathématiques.
01:14Ce n'est pas le seul outil que vous proposez,
01:16mais disons que c'est celui qui fait vraiment parler de lui,
01:19d'autant plus qu'il est généralisé.
01:21Exactement, à la rentrée pour les 800 000 élèves de seconde générale technologique et professionnelle gratuitement.
01:28Et c'est des mathématiques, 24 modules de mathématiques et de français aussi,
01:32plus de 20 000 exercices et avec en effet de la personnalisation des parcours.
01:36Alors on va en parler, mais je sais aussi que vous êtes une spécialiste des sciences cognitives
01:39et je me demandais s'il y avait des enseignements nouveaux
01:41que nous apportaient les sciences cognitives sur la manière d'apprendre, d'apprendre avec des agents.
01:46Oui, exactement. Alors effectivement, nous, notre ADN chez Evidence B,
01:50c'est cette combinaison de sciences cognitives et d'IA, vous l'avez dit, sur les fondamentaux,
01:55parce que ce qui nous importe d'abord, c'est que les élèves apprennent mieux,
01:58les maths, le français, leur langue, une autre langue.
02:01Et donc effectivement, les sciences co, elles apportent deux savoirs, si je puis dire,
02:05deux éléments de résultats de recherche.
02:07Le premier, c'est sur ces fondamentaux, c'est-à-dire comment est-ce que le cerveau apprend le nombre,
02:11la fraction, le calcul littéral, etc., pour ne parler que des mathématiques.
02:16Et ça, on sait des choses. Et nous, on a déjà des activités très spéciales.
02:20Donc dans Mia Seconde, par exemple, on a des modules sur l'apprentissage de la proportion
02:27et on a fait du transfert de recherche avec des laboratoires de recherche,
02:30par exemple le laboratoire d'Emmanuel Sander à Genève,
02:34qui travaille sur les nombres, qui travaille sur la résolution de problèmes, sur la proportion.
02:38Et qu'est-ce qu'on a découvert sur cet apprentissage des nombres ?
02:40Alors, par exemple, sur le nombre, ce qu'on sait, c'est qu'en naissant,
02:43on a des qualités innées, des compétences innées sur le nombre.
02:48Et ce qu'on a appris avec les sciences cognitives, c'est comment accompagner ces compétences innées,
02:54et là aussi les sciences co-aides, pour gravir les petites marges de cette cognition mathématique.
02:58Donc nous, ce qu'on a, c'est des activités, par exemple, sur le nombre.
03:01C'est extrêmement important de pouvoir, pour avoir, même en seconde, une bonne connaissance des nombres,
03:06placer des nombres sur la ligne numérique, faire le rapport entre la numérosité,
03:11qui dans le cerveau est un endroit spécial, et l'espace, qui est un endroit très proche.
03:15C'est extrêmement prometteur, en fait, de progrès en mathématiques.
03:17Donc ce sont ce type d'activités qu'on met.
03:20Et ce qui apporte les sciences co-aides aussi sur ce qu'on appelle la métaconnition,
03:23comment, en général, l'humain apprend.
03:25Et là, effectivement, ce qu'on sait, notamment,
03:29et c'est dans cette perspective qu'a travaillée Pierre-Evoudéhier du laboratoire Flowers à Enria,
03:33avec qui on travaille, dont on transfère les recherches dans nos algorithmes de MIA, par exemple,
03:39c'est que l'humain, en fait, il aime apprendre,
03:42mais que pour apprendre correctement, il a besoin d'être motivé.
03:46Donc c'est la notion de curiosité intrinsèque, de motivation intrinsèque.
03:50D'encouragement.
03:50D'encouragement, et donc d'être dans une zone de progrès tout le temps.
03:54Et ça, l'algorithme qu'on a dans MIA, c'est un algorithme,
03:57ce n'est pas de l'IA générative, en fait, c'est du machine learning,
04:00et donc qui va permettre de détecter tout le temps où en est l'élève
04:05et de lui donner l'exercice qui n'est ni trop facile, ni trop difficile, pour motiver, en fait.
04:10Parce qu'en maths, il y a ces difficultés cognitives qu'on évoquait,
04:12mais il y a aussi le cercle vicieux, en fait, de la démotivation,
04:17ou le cercle vertueux de la motivation.
04:18Si finalement je suis nulle, j'y comprends rien.
04:19Voilà, et pour les filles en particulier, on aura peut-être l'occasion d'y revenir.
04:23Les filles qui sont bonnes en maths jusqu'à une certaine classe.
04:26Exactement.
04:27Et là, c'est des leviers, en fait, pour aussi endiguer le décrochage scolaire en mathématiques,
04:31grâce à cette motivation.
04:32Donc ça, c'est le cœur de réacteurs, presque de l'IA qu'on porte.
04:36Oui.
04:36Cette notion de chance cognitive.
04:38Avant la technologie, en fait, c'est comprendre les mécanismes d'apprentissage.
04:42Elle est importante, cette rentrée pour l'IA Tech, Marie-Christine Levey ?
04:45Comment vous la voyez ?
04:46Oui, elle est importante, comme toutes les rentrées, parce que l'IA, c'est vraiment une révolution.
04:50Une révolution dans les usages pédagogiques, à la fois pour les professeurs et pour les étudiants.
04:56D'ailleurs, dans les 400 millions d'utilisateurs d'OpenAI, 360 millions sont des étudiants.
05:00Donc les étudiants se sont massivement emparés de cette technologie.
05:04Les professeurs commencent à y venir.
05:05Il y a une étude qui a été parue récemment, qui montre que 50% des professeurs l'utilisent toutes les semaines.
05:11Il n'y a que 20% de professeurs.
05:12Mais pourquoi faire ? Parce que ça dépend. Est-ce que c'est pour travailler ?
05:14Alors, les professeurs s'en sont vraiment emparés pour préparer leurs cours.
05:18Donc c'est vraiment aujourd'hui rentrer dans les usages où on va chercher de la formation et ça leur fait gagner énormément de temps.
05:24Donc la préparation des cours, la préparation des quiz, des exercices et aussi faire des activités qui sont un peu plus engageantes pour les élèves.
05:32Et aussi qui peuvent être à la fois du podcast, de la vidéo.
05:36Donc les professeurs commencent à s'en emparer.
05:39Mais il faut énormément les former.
05:40On a un énorme sujet de formation des professeurs.
05:43Et là, ça bouge.
05:45J'ai l'impression qu'il se passe des choses là.
05:47Ça bouge.
05:48Ça change en fait 2025-2026.
05:49Ça bouge.
05:50La ministre de l'Éducation, Elisabeth Borne, a annoncé 20 millions pour ce qu'on appelle le geste enseignant.
05:56C'est-à-dire des outils pour les professeurs.
05:59Donc voilà, on espère qu'il y aura une certaine stabilité politique.
06:02C'est le plus important dans l'éducation et dans la tech.
06:06C'est qu'on ait une stabilité politique pour ne pas recommencer à chaque fois qu'un nouveau ministre.
06:10On avait quand même eu sept ministres depuis 2017.
06:13Donc à un moment donné, pour ne pas recommencer à chaque fois et réinventer la roue et avoir une continuité dans l'usage et former les professeurs à de nouveaux outils.
06:24Donc voilà, cette rentrée est très importante.
06:26Et c'est vrai qu'il y a révolution à la fois le métier des profs.
06:31Donc il va falloir aussi créer de nouveaux parcours de pédagogie.
06:35Et pour les élèves, je trouve que la révolution la plus importante, c'est vraiment cet apprentissage personnalisé.
06:42On en parle un peu, c'est ce que fait Evidence B.
06:45C'est vraiment de dire, finalement, c'est le tuteur IA.
06:48C'est qu'on offre à chaque élève un professeur particulier.
06:49Mais comment est-ce qu'on reste dans le collectif, l'apprentissage tous ensemble ?
06:55Parce qu'on voit bien la nécessité d'être accompagné seul à seul à la maison.
07:01Mais il y a ce temps commun en classe.
07:02On commence à avoir un petit peu de recul, d'ailleurs, sur l'utilisation de ces outils.
07:06Parce que Mia Seconde a déjà un peu d'expérience sur l'année précédente.
07:10Et même l'année d'avant.
07:11Et même l'année d'avant.
07:12Donc ça fait déjà deux ans, ça passe tellement vite.
07:13Il y a 20 000 élèves l'année dernière qui ont utilisé.
07:16Qu'est-ce que vous avez comme premier retour sur les utilisations ?
07:18Oui, tout à fait.
07:19Donc l'année dernière, il y a eu quand même...
07:20Mia, c'est une des ressources sans doute les plus expérimentées de toute l'éducation nationale.
07:24Parce que les maths, c'est un sujet important.
07:26Voilà.
07:26On a envie de progresser, tant mieux.
07:28Donc l'année précédente, il y avait quand même eu 8 académies avec un taux d'usage très fort.
07:34Des enseignants et des élèves, 96% d'usage.
07:36L'année dernière, il y a eu presque 900 professeurs qui l'ont utilisé, 20 000 élèves dans plus de 300 lycées, 4 millions d'exercices faits, etc.
07:46Donc les retours qu'on a par rapport à ça, et pour répondre aussi à votre question sur la classe, bon, effectivement, c'est d'abord des résultats.
07:53J'ai évoqué un usage tout à fait important.
07:57On a, par rapport à ces sciences cognitives, un taux de succès qui est toujours au-dessus de 70%.
08:02Donc en fait, ça marche effectivement pour motiver les élèves.
08:06Et on a une autre mesure.
08:07C'est quoi ce taux de succès ?
08:09En fait, c'est que les élèves, c'est la réussite des élèves, de bonnes réponses au fil du temps.
08:17Donc ça change quand même un petit peu par rapport à ce qui se passe dans la classe au jour le jour.
08:22Et puis, on a une autre mesure qu'on peut avoir grâce à nos données,
08:25qui est quand on divise l'accord de tous ces élèves en trois groupes,
08:29quand on prend les 15% les plus faibles,
08:31donc ceux qui sont potentiellement surtout en seconde et en seconde pro, etc.,
08:35à risque peut-être de décrochage,
08:37quand on n'a pas les fondamentaux au début de la seconde,
08:40eh bien ceux-là, ils progressent plus vite que les autres et plus que les autres,
08:44que les deux autres groupes.
08:45Et donc, on voit que c'est une forme d'antidote quand même, justement, au décrochage.
08:49Donc effectivement, dans ce cadre-là, c'est un outil qui doit être utilisé à bon escient,
08:55comme toute la tech, comme tout outil, d'une certaine manière, aucun élève fait des exercices.
08:59On l'utilise avec le professeur en classe, avec ses camarades, seul chez soi.
09:02Tous les usages existent, voilà.
09:03Donc il y a différents modes dans MIA,
09:05donc tout est possible, le professeur peut tout à fait construire des groupes,
09:08il peut affecter des ressources à un groupe, à toute sa classe.
09:13Il a des tableaux de bord, ça c'est très important, l'enseignant,
09:15pour voir en direct ce qui se passe dans ses différents groupes.
09:18Donc c'est un usage possible, ça peut être justement à la maison.
09:22L'avantage de l'algorithme, c'est qu'il est offline.
09:26Donc même, on peut tout à fait faire ça dans le bus, en rentrant de chez soi, etc.
09:30Et puis vous évoquez le collectif,
09:34et effectivement il y a par exemple un mode collaboratif,
09:37il y a plusieurs modes collaboratifs,
09:38mais il y en a un en particulier qui s'appelle le mode duo,
09:40et où l'enseignant peut choisir de créer des binômes,
09:43des groupes en fonction justement de ses tableaux de bord,
09:45puisqu'on a des tableaux de bord assez complets aussi,
09:49quoique simples d'accès,
09:50mais voilà, et là aussi lié à de la tech,
09:53et à de la pédagogie,
09:54et effectivement il peut faire des binômes, etc.
09:56Donc voilà, tout est possible.
09:58Et à l'IA, ce qui est très intéressant,
09:59c'est que l'IA répond aussi à un problème énorme,
10:01qui est la non-homogénéité des classes.
10:03Il peut y avoir des différences de niveau,
10:05jusqu'à des fois trois ans dans une même classe,
10:07et là, grâce à l'IA, finalement,
10:09c'est comme si c'était un professeur particulier
10:11qui donne des exercices différents aux élèves qu'il a.
10:16Là, on peut le faire sur des classes de 40,
10:18puisqu'on peut avoir pour chaque élève son propre parcours,
10:21et c'est vraiment aujourd'hui le besoin le plus important.
10:24Et la guerre qu'on fait aux écrans aujourd'hui à l'école,
10:26elle ne va pas compliquer un peu la tâche
10:27pour proposer ces nouveaux outils ?
10:33En général, la plupart des écoles qui proposent ça
10:36sont équipées d'ordinateurs ou de tablettes.
10:39Donc il n'y a pas de sujet là-dessus ?
10:41Et encore une fois, ce n'est pas deux heures par jour.
10:44Après, comme je dis toujours,
10:45s'il y avait une addiction,
10:46si les cinq heures par jour faites par les élèves
10:50étaient faites sur des exercices de maths,
10:52je pense qu'on serait contents.
10:55C'est plutôt les 4h50 faites sur du TikTok
11:00ou sur autres réseaux sociaux.
11:01C'est ça le drame.
11:02Je lançais dans le sujet l'idée qu'on avait quand même
11:06les GAFAM qui étaient bien positionnés aussi
11:07sur ces adtechs.
11:09Comment ça se passe aujourd'hui en France, en Europe ?
11:11On utilise d'abord nos techs nationales, européennes ?
11:17Je pense qu'il y a vraiment un sujet très important.
11:19C'est important de créer des adtechs françaises et européennes
11:24pour préserver nos valeurs aussi.
11:26Et à un moment donné,
11:26toutes ces adtechs éducatives,
11:29elles utilisent bien sûr les grands modèles de langage,
11:32mais elles utilisent aussi des ressources scolaires.
11:35Et donc, à un moment donné,
11:36elles ne se basent pas que ce n'est pas que du tchat GPT.
11:40Et par exemple, si on prend le domaine de l'histoire,
11:42je pense qu'à un moment donné,
11:43c'est important qu'on apprenne l'histoire,
11:46non pas à la manière de ce que l'Amérique raconte sur l'histoire
11:49ou de ce que peut-être les Chinois vont raconter sur l'histoire
11:52et qu'on préserve nos valeurs européennes.
11:54Oui, c'est très bien ça déjà.
11:56Et donc, c'est important de créer des filières adtechs européennes.
12:02En tout cas, quand ça s'adresse...
12:04Mais il y a un soutien du côté de l'éducation nationale,
12:06adtechs françaises en particulier ?
12:08Oui, on peut dire qu'il y a un soutien.
12:10Oui, oui.
12:10Et c'est vrai que quand on s'adresse aux élèves,
12:13de toute façon, il y a des questions de sécurité des données.
12:18Donc, en fait, par exemple, nous, MIA, c'est un partenariat,
12:21enfin, c'est un projet qui a été co-mené avec DocaPost.
12:24Et donc, il y a le système...
12:26Sur l'hébergement.
12:27Sur l'hébergement.
12:28Donc, c'est une garantie, en fait, quand même,
12:30que les données des élèves ne vont pas aller se promener n'importe où.
12:33Il y a une anonymisation, etc.
12:35Donc, des données, tout ça est quand même sécurisé
12:38et finalement permet quand même une efflorescence aussi
12:41des adtechs françaises.
12:42Alors, il y a un sujet quand même avec l'IA
12:44et l'utilisation des chatbots que tout le monde connaît.
12:48Les élèves s'en emparent aussi pour discuter,
12:51comme avec un camarade, comme un confident.
12:54Donc, ça va poser des questions de modération,
12:57des questions de protection de la vie privée.
13:00Comment est-ce qu'on appréhende cette difficulté, en fait,
13:03de laisser l'intelligence artificielle s'emparer d'une relation
13:07avec les élèves pour les aider dans leur apprentissage
13:11et leur bien-être à l'école ?
13:12Et en même temps, prendre toutes les précautions nécessaires ?
13:15Je pense qu'il est important aussi de former à l'IA.
13:17Donc là, à la rentrée, on a appris que les quatrièmes et les secondes
13:21vont avoir des formations à l'IA.
13:23Encore faut-il que les gens qui les forment à l'IA
13:26soient aussi eux-mêmes formés.
13:28Mais bon, ma quatrième seconde, c'est à un moment donné
13:31où on commence à apprendre un peu, à se forger son esprit critique, etc.
13:35C'est fondamental d'avoir une formation.
13:39Qu'est-ce qu'il faut faire l'IA ?
13:39Qu'est-ce qu'il faut faire ?
13:40Les dangers de comprendre les choses.
13:43Et aussi, c'est fondamental, je trouve, moi, que le professeur,
13:46même si les élèves utilisent l'IA,
13:48parce qu'on ne pourra pas aller contre la mécanique,
13:51le tsunami qui s'est engagé.
13:54Donc, même si les élèves utilisent l'IA,
13:56c'est important aussi, en classe, qu'ils puissent avoir un esprit critique
14:00et avoir un esprit critique sur ce que l'IA leur a dit.
14:03Et ça, ça demande de la formation,
14:05des moments privilégiés en classe pour le faire.
14:09L'IA au baccalauréat au Danemark,
14:12vous vous dites super, enfin, ça bouge en Europe ?
14:15Oui, je pense qu'il faut, ça rejoint ce que disait Marie-Christine Levé,
14:19en fait, il faut prendre acte de ça
14:21et, du coup, construire aussi des évaluations qui tiennent compte de ça
14:27et des évaluations qui vont mettre en œuvre d'autres compétences
14:29que celles qui étaient autrefois, finalement,
14:33simplement redonnées des connaissances, etc.
14:36Donc, je pense que ça va plutôt dans le bon sens.
14:38C'est pas juste un nouvel outil numérique,
14:39c'est vraiment quand même de re-questionner la manière dont on enseigne.
14:42Qu'est-ce qu'on enseigne aussi ?
14:43Oui, la question d'enseigne, ça re-questionne aussi tout le process pédagogique
14:48parce que le devoir à la maison tel qu'il était fait,
14:50il a peut-être moins d'utilité.
14:53Par contre, il va falloir apprendre à développer l'esprit critique,
14:57développer aussi l'apprentissage à l'oral, etc.
14:59C'est une énorme révolution des pratiques pédagogiques.
15:03Un énorme défi.
15:04Et est-ce que vous attendez quelque chose de l'académie de l'IA
15:06qui est proposée dans le plan OZEIA par la ministre Clara Chappaz
15:10et qui doit développer une offre de formation, justement, à l'intelligence artificielle ?
15:13Est-ce qu'il peut se passer des choses, des liens ?
15:16Tout ce qui peut être fait, je pense, les cafés IA, etc.,
15:18tout ce qui vulgarise l'IA qui montre les impacts,
15:22qui montre les dangers, est positif.
15:24Parce qu'il y a aussi une crainte de l'IA.
15:25Oui, mais il faut un plan d'envergure au niveau de l'éducation nationale.
15:28Il faut un plan d'envergure.
15:29Je pense qu'on a déjà la priorité, elle est sur la formation des profs.
15:32Parce qu'aujourd'hui, il y a quand même 20% de profs qui sont référentaires à l'IA.
15:37Je pense que dans des outils comme les nôtres,
15:39c'est important d'expliquer ce que sait faire l'IA,
15:42parce qu'elle ne sait pas faire, typiquement,
15:44donner aujourd'hui des retours personnalisés à chaque élève
15:47en lui expliquant pourquoi c'est juste, pourquoi c'est faux,
15:49ça, c'est de la science-fiction.
15:50Il n'y a personne qui peut faire ça de manière sérieuse.
15:53De la même manière, Marie-Christine l'évoquait tout à l'heure,
15:55sur les contenus.
15:56Il y a quand même un certain nombre d'acteurs
15:58qui vont aller proposer des contenus,
16:00mais qui sont piochés, je dirais, dans le tout venant.
16:03Or, en fait, les contenus, la qualité des contenus,
16:06la qualité de ces retours, c'est très important.
16:08C'est vrai que nous, Evidence B, c'est ce qu'on fait.
16:09C'est Evidence Based Education, on ne fait que du transfert de recherche.
16:13Et ça ne va pas aussi vite que ce qu'imaginent la plupart des gens.
16:16Donc, d'expliquer pourquoi là, on peut donner un retours personnalisé,
16:19pourquoi on ne peut pas le donner, etc.
16:20Je pense que c'est important de remettre aussi,
16:23à sa juste mesure, ce que peut faire aujourd'hui l'IA.
16:25On prend le temps, comme on le fait avec les manuels classiques.
16:28Même si ce sont des promesses énormes, il faut tout à fait,
16:31mais qui ne sont pas aujourd'hui.
16:33Et il y a un autre sujet.
16:34Alors, juste pour terminer.
16:35Oui, c'est celui quand même de la durabilité de l'IA générative.
16:40Je pense que c'est un point aveugle aujourd'hui.
16:42On a l'impression que c'est gratuit, que ça ne coûte rien.
16:44Que les élèves apprennent que pour faire une addition,
16:46utiliser l'IA générative, c'est très coûteux, c'est une chose.
16:49Et là, il y a des enjeux très forts, en fait,
16:51à utiliser l'IA générative à bon escient,
16:53pour ce qu'elle sait faire, des plus petits modèles, etc.
16:55Merci beaucoup, Catherine de Villepillière,
16:57qui est directrice générale cofondatrice d'Evidence B,
17:00d'avoir été avec nous, ainsi que Marie-Christine Levet,
17:02des Ducapital.
17:02Merci encore.
17:03Merci.
17:04À suivre, c'est notre rendez-vous sur l'économie du mobile.
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