- il y a 4 heures
Ce mardi 9 juin, François Monnier, directeur de la rédaction d'Investir, et Rachid Medjaoui, directeur adjoint de la gestion privée chez Louvre Banque Privée, se sont penchés sur les marchés boursiers en Europe et aux États-Unis, la BCE qui se dirige vers une hausse des taux, la volatilité des cours du pétrole, l'abandon du projet d'avion franco-allemand (SCAF), Renault qui veut plafonner ses revenus de défense, ainsi que l'introduction en Bourse de SpaceX, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.
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00:00BFM Bourse, le club de la bourse.
00:03Avec, ils viennent nous rejoindre, il y a un instant, ils viennent de nous rejoindre, ça y est, Rachid Medjawi,
00:08bienvenue Rachid.
00:09Bonsoir Guillaume.
00:10Directeur adjoint de la gestion privée de Louvre Banque Privée, François Meunier, il est là en fil rouge, directeur de
00:14la rédaction d'Investir, re-bonsoir François.
00:16Bonsoir Guillaume.
00:16Bienvenue également, oui, dans trois jours on parlera de SpaceX, on va en parler nous aussi dans un instant.
00:21Dans trois jours c'est SpaceX qui va s'introduire en bourse, on y consacrera une journée spéciale sur BFM
00:25Business.
00:25D'abord, avant d'en parler, un mot, nos marchés ici en Europe, alors qu'ils réduisent leurs gains à
00:30l'approche de la clôture.
00:31Est-ce que les marchés européens, Rachid, redeviennent attractifs, très en retard sur Wall Street depuis le début de l
00:35'année,
00:35et puis on n'a pas d'OVNI à venir ici, on n'a pas de SpaceX, on sait ce
00:39qui est coté ici en Europe.
00:40On comprend, il y a beaucoup de vieux meubles sur le marché, mais des vieux meubles qui fonctionnent bien encore,
00:46et certains même en train de se renouveler là.
00:47Est-ce qu'il vaut mieux investir en Europe compte tenu de notre retard en termes de valorisation, ou toujours
00:50et encore Wall Street ?
00:52Alors nous, on vient de terminer notre comité d'allocation d'actifs mensuels,
00:56et nous avons décidé effectivement de repondérer l'Europe.
00:59Alors ce n'est pas notre plus grosse pondération, notre podium c'est toujours les émergents,
01:06ensuite c'était les Etats-Unis et l'Europe, et là on vient de repasser l'Europe devant les Etats
01:12-Unis.
01:13Alors, il y a plusieurs raisons, il y a des facteurs que vous venez de citer,
01:18on sait tous qu'il y a un retard de valorisation, mais ce n'est pas nouveau.
01:22Non, plus fondamentalement, d'abord on estime que les chiffres très négatifs,
01:28avec le retournement, la chute de l'indice de surprise économique en zone euro,
01:32vous savez cet indicateur qui mesure si les chiffres sortent au-dessus ou en dessous des attentes,
01:36qui s'est retourné violemment, on estime qu'il exagère la tendance.
01:40On a eu un PIB en négatif, mais en réalité il n'est pas aussi négatif que ça.
01:46Ça c'est pour le passé, pour le futur, bah oui, si on fait l'hypothèse qu'on aura un
01:52dénouement,
01:53et manifestement le locataire de la Maison-Blanche veut un dénouement sur le dossier iranien,
01:57même si c'est compliqué, bah écoutez, dans un monde où la croissance économique est résiliente,
02:03où les profits sont plus que résilients, où notre indice, bah il est tout sauf très concentré dans le thème
02:11de l'IA,
02:12donc on me dit toujours, Wall Street surperforme finalement l'Europe,
02:17parce que les perspectives de croissance en réalité c'est à 80% une histoire d'IA,
02:22et puis changement énorme vendredi, je crois que possiblement vendredi,
02:26on a eu un tournant un peu dans les anticipations, sous réserve de ce qui va se passer sur Hormuz,
02:30c'est le fait qu'on découvre que la réserve fédérale, qui pour la majorité du consensus,
02:36allait au pire nous ficher la paie pour les prochains mois, c'est-à-dire un statu quo,
02:42vous avez vu le marché, à la suite des chiffres de l'emploi,
02:46se dit, bah finalement le scénario de surchauffe qu'on avait en début d'année,
02:50dans les scénarios alternatifs, qu'on a éliminé à la suite de la crise,
02:54du déclenchement de la crise iranienne, il est en train de revenir tout doucement,
02:58si on fait l'hypothèse, je répète, que Dormuz s'est réglé d'ici septembre,
03:04et bien si on remet sur la table le scénario de surchauffe aux Etats-Unis,
03:08on rentre dans un cycle de hausse des taux, en tout cas plus de baisse des taux,
03:12on va dire ça comme ça.
03:14C'est-à-dire qu'en Europe on anticipe une hausse de taux de la BCE,
03:17mais elle est déjà dans les cours, le risque de mauvaise surprise,
03:18il est plutôt aux Etats-Unis en l'occurrence.
03:20Alors il est aux Etats-Unis, mauvaise surprise, et puis là aussi au risque de nous tromper très lourdement,
03:26nous on pense que la hausse des taux de la BCE c'est une hausse, j'allais dire presque politique,
03:31c'est-à-dire que le mandat de la BCE c'est l'inflation, l'inflation est toujours l'inflation,
03:36depuis le départ de M. Draghi, l'ombre de la Bundesbank est revenue hanter la BCE à Francfort,
03:43et donc ils réagissent un peu, j'allais dire bestialement,
03:46mais ça n'ira pas loin, c'est-à-dire que nous on n'est même pas sûrs qu'ils
03:48montent les taux en septembre.
03:50Alors qu'aux Etats-Unis, si jamais on passe d'un mood plus de baisse de taux
03:55et voire risque de hausse des taux, ça sera pour des raisons plus fondamentales.
03:58– Le risque de mauvaise surprise aujourd'hui, il est plutôt sur les taux obligataires,
04:01par exemple sur les taux des banques centrales aux Etats-Unis qu'en Europe.
04:04François, en Europe on anticipe la hausse de taux de la BCE,
04:06aux Etats-Unis on se demande si effectivement la Fed ne va pas nous loucher avec non pas une baisse,
04:10mais pourquoi pas une hausse de taux ?
04:11Est-ce que le risque de mauvaise surprise est plus fort là-bas qu'ici ?
04:14– Oui absolument, non seulement il est plus fort aux Etats-Unis qu'en Europe,
04:18mais tout le monde a en mémoire ce qui s'est passé avec la grande saga,
04:24la grande méga tendance sur les GAFAM.
04:26De 2010 à 2021, le marché chaque année jouait les GAFAM,
04:32Google, Apple, Facebook.
04:352022, changement complètement de rotation sectorielle,
04:38parce qu'en 2022 on a un choc inflationniste.
04:39Et là, on quitte complètement les US, on achète de la banque,
04:45parce que quand il y a des hausses de taux, on achète plutôt de la value,
04:49et donc pas de la croissance.
04:50Et donc ça en fait, le sujet c'est pas tant est-ce qu'on va continuer à vendre des
04:56puces,
04:56la question c'est est-ce que si jamais il y a un choc inflationniste,
04:59on va avoir le bis repetita de 2022.
05:02Parce que, encore une fois, le train était tellement puissant de 2010 à 2021 sur les GAFAM,
05:08et là on le voit depuis 2023,
05:11la tendance est tellement puissante sur l'intelligence artificielle,
05:14que pour stopper souvent, c'est un choc inflationniste,
05:16ou des hausses de taux massives,
05:18qui font complètement basculer les investisseurs,
05:21qui commencent à avoir quand même beaucoup d'IA dans leur portefeuille,
05:23pour aller vers une autre thématique,
05:25et là ça engrange vraiment une rotation sectorielle extrêmement violente.
05:29Et donc c'est ça qui fait qu'on joue un petit peu à se faire peur.
05:35Vendredi, comme vous l'avez vu,
05:36forte chute des acteurs, des semi-conducteurs,
05:39mais lundi, fort rebond,
05:41parce que, voilà, on change de capitaine à la tête de la Fed,
05:46on ne sait pas exactement,
05:47est-ce que lors de sa première réunion,
05:49ou de ses premières réunions,
05:51tout de suite, il va appuyer sur le bouton hausse de taux,
05:56voilà, on a quand même beaucoup d'incertitudes,
05:58mais cette incertitude fait qu'il y a eu quelques prises de bénéfices,
06:00pour l'instant, on n'est pas du tout sur un choc méga inflationniste,
06:04on n'est pas encore sur des niveaux d'inflation de 2022,
06:06mais, voilà, le marché a à souvenir de ce qui s'est passé,
06:10et que ça, ça avait mis un terme au scénario 100% GAFAM, GAFAM.
06:15Et on a un marché de l'emploi sacrément résilient aux Etats-Unis,
06:17on rappelle le mois dernier,
06:18deux fois plus de créations de postes qu'attendues quand même,
06:19donc ça pourrait décomplexer un peu la fête,
06:21déjà le statu quo, il est quasi acquis pour la prochaine réunion,
06:24et pourquoi pas, certains commencent à se dire, une hausse de taux.
06:26De ce point de vue, donc, un risque de mauvaise surprise,
06:29plus important aux Etats-Unis,
06:31qu'ici en Europe, où la hausse de taux, elle est déjà pressée,
06:33et vous dites, Rachid, il n'y aura pas beaucoup d'autres hausses de taux,
06:35ce sera sans doute, voilà, un verre pour la route, quoi, en quelque sorte,
06:38mais, voilà, un, ça passe, deux, trois baisses de taux,
06:41bonjour les dégâts, et la BCE n'osera pas, c'est votre scénario.
06:43– C'est notre scénario, ils n'auront pas de, sauf énorme surprise,
06:47ils n'auront pas suffisamment d'éléments,
06:50on ne voit pas l'inflation repartir durablement en zone euro,
06:53on ne voit pas les salaires augmenter, alors, il faudra attention…
06:55– Même si le D3 d'Ormousse reste bloqué,
06:56parce que là, on se dit, oui, ça finira par rouvrir,
06:58ça fait des semaines qu'on dit ça, ça a l'air très compliqué, quand même,
07:00rouvrir le D3 d'Ormousse.
07:01– Alors, si le D3 d'Ormousse ne revient pas, vous avez bien,
07:04mais là, il n'y a pas le surchauffe, c'est la stagflation,
07:06et vous pouvez monter les taux tant que vous voulez,
07:07vous n'allez pas arranger l'inflation,
07:09vous allez plutôt, au contraire, voilà.
07:11Donc, je pense que le message de cette semaine,
07:14c'est plutôt un message au gouvernement,
07:16en disant, n'abusez pas trop sur les soutiens budgétaires,
07:19sinon, je vais frapper, ils vont frapper,
07:23mais c'est pour moi symbolique,
07:24plus qu'un début d'un cycle de hausse des taux courts.
07:27– Symbolique, mais peut-être une erreur aussi,
07:28parce qu'augmenter les taux, alors que notre croissance,
07:31elle est ultra molle,
07:33c'est nous amputer du surplus de croissance,
07:37ou du peu de croissance que nous avons,
07:40donc il faut voir que c'est certes symbolique,
07:43ça montre qu'ils sont là,
07:44mais ça peut faire des dégâts,
07:46et les dégâts, ça veut dire quoi ?
07:47Ça veut dire moins de croissance, plus de chômage,
07:49donc il y a un coût au symbole,
07:51c'est pas un symbole…
07:53– Oui, mais c'est pris de la crédibilité de la BCE aussi,
07:55c'est son mandat, quoi.
07:57Est-ce qu'il est le plus important,
07:58sauvegarder la croissance,
07:59mais c'est pas dans son mandat ou sa crédibilité ?
08:00– Je pense que la croissance est plus importante que la crédibilité,
08:02parce que c'est la croissance quand même qui fait de l'emploi,
08:05et qui donne à manger.
08:07– Alors François a parfaitement…
08:08– Les taux qu'on monte, on peut les rebaisser après ?
08:10– Oui, voilà, François a parfaitement raison,
08:12cela étant, en réalité l'économie,
08:14elle ne vit pas que des taux courts,
08:16elle vit de taux obligataires moyens,
08:18et c'est vrai, et c'est une grande différence avec les Etats-Unis,
08:22le fait de faire une hausse préventive,
08:24que je trouve, pour ma part, effectivement,
08:27alors je ne sais pas où utiliser le terme erreur,
08:29mais on se rappelle tous de 2008,
08:31triché juillet ou juin 2008,
08:32il y a un risque de, si à la rentrée Hormuz n'est pas ouvert et que c'est pire,
08:37on me dira, finalement, la BCE, après 2008,
08:41nous refait une grosse erreur.
08:42– Point commun des Français à la tête de la BCE,
08:44ce n'est pas leur faute, mais enfin, quoi que, je ne sais pas.
08:46– Mais bon, mais par contre, ça a bien limité, effectivement,
08:48le risque de tension des taux longs,
08:50et ça, c'est la grande différence,
08:51et vous avez raison de commencer avec ça, Guillaume,
08:54c'est que Kevin Walsh, on a l'impression qu'il est un peu bloqué.
08:56– Il a été mis à la tête de la Réserve fédérale pour baisser les taux,
08:59il ne faut pas se raconter l'histoire,
09:00ils ont un refinancement budgétaire énorme sur des taux courts,
09:06il faut que les taux baissent, sinon ça leur coûte très très cher,
09:08donc soit il passe outre, il arrive à convaincre
09:10avec des arguments qui tiennent plus ou moins la route,
09:13il faut revoir la mesure de l'inflation,
09:16vous allez voir ce que vous allez voir dans trois ans,
09:17le choc de productivité de l'IA, enfin bon, voilà,
09:20il peut, et si c'est le cas, les taux longs vont s'envoler,
09:23soit il est crédible et il dit, non je ne peux pas,
09:26je suis obligé d'être un peu faucon,
09:27parce que, comme vous disiez, l'emploi, l'économie tient,
09:31on est quasiment en surchauffe,
09:33et à ce moment-là, il envoie,
09:35vous voyez, on a l'impression que, quel que soit,
09:38il n'a pas beaucoup de marge de manœuvre,
09:39alors que le BCE, 25 francs soir,
09:40c'est pour ça que je dis qu'ils doivent s'arrêter,
09:42et derrière, ils rebassent les taux,
09:43parce qu'ils devront les rebaisser.
09:45– Mais alors, est-ce que quelque part,
09:46la suite des événements, en fait,
09:48dépendra de moins en moins du conflit au Moyen-Orient,
09:49parce qu'on voit là, même hier, par exemple,
09:52où les tensions sont remontées,
09:53les pires tensions depuis le début du cessez-le-feu au Moyen-Orient,
09:55le pétrole n'a pas refranchi à la hausse les 100 dollars,
09:57est-ce que ça, c'est un signal encourageant ?
09:59Est-ce qu'on se rend compte que,
10:00même si 20% du pétrole mondial passe par Ormouz,
10:0280% ne passe pas par Ormouz,
10:04et on est moins dépendant du pétrole qu'il y a 30 ou 40 ans ?
10:06Est-ce que, du coup, le pétrole,
10:08dont on craignait qu'il casse quand même,
10:11si ses prix montrent trop,
10:12la dynamique économique mondiale,
10:14n'est plus vraiment au cœur du problème ?
10:15Est-ce que c'est ça, la bonne nouvelle du moment ?
10:17On est sous les 100 dollars,
10:18malgré la poursuite de la fermeture des droits d'Ormouz ?
10:21– On risque de me tromper,
10:22je n'irai pas jusqu'à là,
10:22parce qu'en réalité, pour plein de raisons,
10:25et notamment, on sait que les sociétés,
10:27enfin, ils ont communiqué,
10:28regardez, dans les chiffres PMI,
10:29vous avez les stocks qui ont augmenté,
10:31vous avez des couvertures, Guillaume,
10:33qui sont faites sur les marchés à terme de matières premières,
10:35et donc, ce que nous disent les sociétés que l'on rencontre,
10:38c'est qu'en gros, avec tout ça,
10:40ça tient jusqu'en septembre, pour faire simple.
10:42Donc, en réalité…
10:43– On disait juin, maintenant, 17 ans.
10:45– Vous avez raison, on disait un trimestre,
10:46et puis finalement, maintenant, deux trimestres,
10:48et puis voilà.
10:49Mais dire qu'en fait, Ormouz, ça n'a pas d'impact,
10:53moi, je n'irai pas jusqu'à là,
10:54c'est que plus le temps passera,
10:56et plus les effets seront cumulatifs.
10:58Ça, il vaut bien l'aventure.
10:59C'est-à-dire que l'économie, ce n'est pas linéaire,
11:01ça tient, ça tient.
11:02Vous connaissez l'adage,
11:04quand ça descend, ça peut descendre par l'ascenseur.
11:06Voilà, donc, il faut vraiment faire attention à ça.
11:10Et sur les taux longs, oui,
11:11moi, je crois que le sujet, il est vraiment là depuis vendredi.
11:14Enfin, c'est clair.
11:15– François, sur les cours du pétrole,
11:16on n'a pas franchi les 100 dollars depuis maintenant un certain temps.
11:18Est-ce que ce n'est pas encourageant malgré tout,
11:19alors que le détroit d'Ormouz reste en partie bloqué ?
11:21– Non, c'est plutôt inquiétant.
11:22Ça veut dire que tout le monde revoit à la baisse la croissance économique.
11:26Donc, qui dit moins de croissance,
11:27dit moins de besoin de carburant,
11:29moins de besoin de pétrole.
11:32L'OCDE, c'est quand même violent.
11:33Ils avaient, au début d'année,
11:35ils étaient plutôt à 3,4%
11:37et ils estimaient qu'ils allaient revoir à la hausse leurs prévisions
11:40en disant qu'ils étaient trop pessimistes.
11:42Et là, ils les ont revus drastiquement à la baisse
11:44en disant que si jamais on résout le problème,
11:47c'est 2,8% de la croissance,
11:49qu'on passe de 3,4% à 2,8%
11:50et si jamais le conflit continue cet été,
11:52on passera à 2,1% pour l'ensemble du monde
11:55pour l'exercice 2026.
11:57Donc, tout le monde revoit à la baisse la croissance économique,
11:59donc on a besoin de moins de carburant.
12:02Donc, ce qui fait dire qu'augmenter les taux,
12:04alors que finalement, les cours du pétrole
12:06qui ont généré ce choc inflationniste
12:09sont en train de refluer,
12:11est-ce qu'il ne faut pas mieux attendre ?
12:12Parce que d'abord, une banque centrale,
12:15ce n'est pas un pompiste,
12:16ils n'ont aucune marge de manœuvre
12:17sur les cours du pétrole.
12:20Donc, eux, ils sont là quand même pour générer
12:22un peu de croissance.
12:23Donc, les États-Unis,
12:26ils vont peut-être attendre.
12:28Mais ça, à surveiller, bien sûr.
12:29Dans quoi on doit investir,
12:30quitte à investir en Europe ?
12:31Dans quoi on doit investir ?
12:32Je vous pose la question,
12:32parce que tout le monde s'est planté pour cette année.
12:34On se disait d'abord,
12:34le secteur bancaire en 2026,
12:36quand en 2025, ça va cartonner ?
12:37Ce n'est pas terrible depuis le début de l'année.
12:39Et puis, alors, le secteur de la défense,
12:40quelle déception quand même en Europe.
12:41On est négatif sur le secteur de la défense désormais.
12:44François ?
12:44Je pense que justement,
12:45il faut être sur la défense.
12:48Vous avez un secteur qui a des fortes croissances,
12:52qui est peu sensible aux révisions,
12:55justement au ralentissement économique,
12:57parce que le carnet de commandes
12:57permet de tenir.
13:00Et ce qui fait qu'il y a eu des prises de bénéfices
13:02sur la défense,
13:03c'est que d'abord,
13:03il y a eu des déplacements de flux
13:06défense vers l'intelligence artificielle.
13:08Ça, c'est le premier point.
13:09Et il y a le deuxième point,
13:09c'est que le fait que les États
13:10soient extrêmement endettés,
13:12on se dit que si les taux augmentent,
13:14il y aura moins de budget pour la défense,
13:15parce qu'il va falloir payer les charges d'intérêt.
13:17Donc, c'est cette crainte-là
13:19qui est une crainte un peu extrême,
13:20mais qui a fait peur au marché.
13:22Aujourd'hui, on a des niveaux de valorisation
13:23qui sont tout à fait sympathiques,
13:25et de la visibilité.
13:26Dans un monde où la visibilité,
13:28c'est quand même considérablement réduite.
13:30Donc, finalement, aujourd'hui,
13:33certes, ça n'a pas marché,
13:33alors que ça aurait dû marcher.
13:35On a vu qu'avec la guerre en Ukraine,
13:36il y avait eu un rallye.
13:38L'an dernier, ça a marché.
13:39Voilà, ça a marché jusqu'au déclenchement
13:43de la guerre au Moyen-Orient.
13:45Et c'est parce que la hausse des taux
13:47fait craindre le fait que les États
13:49extrêmement endettés vont devoir payer
13:50davantage de charges financières.
13:51Oui, Rachid, là-dessus, déçu par la défense,
13:54et c'est un bancaire depuis le début de l'année en Europe ?
13:55Non, non, nous, on y croit tellement,
13:57alors pas simplement la défense,
13:59mais sur le thème des infrastructures,
14:02et donc on y croit tellement
14:03qu'on a lancé un PEA Europe Souveraineté là-dessus,
14:05et dans lequel il y a un bon quart sur la défense.
14:11Je pense qu'il y a eu les performances de l'année dernière.
14:14Il y a effectivement le fait qu'il y a un risque
14:16de goulot d'étranglement, en fait.
14:17Je pense que derrière aussi,
14:18peut-être la sous-performance des valeurs de défense,
14:21il y a l'idée qu'elles ne vont pas réussir à délivrer,
14:23que voilà, on se pose...
14:26Mais il y a ça, enfin nous,
14:28le thème des jouets,
14:30les plans massifs d'investissement
14:32dans la défense, dans la sécurité alimentaire,
14:34dans la digitalisation, dans la décarbonation,
14:38pour nous, ce sont des fils rouges structurels
14:41dans nos portefeuilles.
14:42Et regardez la défense, par exemple.
14:44Antoine, le projet franco-allemand,
14:45le scaf d'avion commun,
14:47ce projet est mort et enterré, c'est fini, quoi.
14:50C'est là qu'on se dit que, oui, il y a du potentiel,
14:52mais quand il y a du potentiel,
14:53c'est là qu'on passe à côté,
14:54parce que quand il n'y a pas de potentiel,
14:55il n'y a pas de potentiel à côté duquel on peut passer.
14:57Là, on passe à côté de ce fameux potentiel.
14:58Oui, mais il faut voir pourquoi il a été mort, enterré.
15:00C'est parce qu'entre-temps,
15:01on a découvert qu'en fait, la guerre,
15:03ce n'était plus comme avant.
15:04On a découvert qu'un pays comme l'Iran
15:06pouvait tenir tête à la première puissance mondiale
15:08avec quelques drones.
15:09Donc, c'est aussi ça,
15:11alors que cet avion avait plutôt stratégiquement...
15:15Donc, enterrer le scaf, c'est faire preuve d'agilité.
15:17Je pense.
15:17D'accord, Antoine ?
15:19De toute manière, ces problèmes de management des projets,
15:22incluant plusieurs pays,
15:24ce n'est pas nouveau.
15:25Je me souviens, au début des années 80,
15:27on était censé construire un chasseur du futur ensemble
15:30avec l'Allemagne, avec l'Italie, avec l'Espagne.
15:35Et Dassault s'est retiré du projet
15:36en disant, il ne nous intéresse pas votre avion.
15:39Et 40 ans plus tard, on en est au même point.
15:41Exactement.
15:42À l'époque, ça a donné le rafale d'un côté
15:44et le refailleur de l'autre.
15:45Ces deux avions qui se ressemblent,
15:47je ne dirais pas comme deux gouttes d'eau,
15:48mais qui ont à peu près la même forme
15:50et les mêmes spécificités.
15:52Voilà.
15:53Donc, on va sans doute avoir Dassault
15:54qui va nous construire un chasseur du futur
15:56pour remplacer le rafale.
15:58Il va ressembler comme deux gouttes d'eau
15:59à celui que s'empresse de proposer
16:02maintenant les autres pays européens.
16:04Ils ne seront pas interopérables.
16:05Ce sera chacun dans son coin.
16:06Ce ne sera pas nouveau.
16:08Et c'est bien dommage.
16:09C'est-à-dire que l'Europe, de ce point de vue-là,
16:10n'avance toujours pas.
16:11L'humanité et les humains ont réussi
16:13à créer la station spatiale internationale.
16:15L'Europe n'arrive pas à faire son scaf, François.
16:17Oui, on peut dire que c'est décevant.
16:20Après, on peut comprendre
16:21que les besoins ne sont pas tout à fait les mêmes.
16:22Je rejoins ce qui a été dit.
16:24Après, c'était aussi légitime du côté des Français.
16:26Nous, on sait faire des avions.
16:27Les Allemands, ça fait des chars.
16:28Donc, s'ils nous expliquent comment on fait des avions,
16:31ça ne peut pas fonctionner.
16:32Donc, c'est pour ça que Dassault
16:33ne pouvait pas accepter la mainmise des Allemands.
16:35Et après, on voit très bien que le rafale,
16:39ou le scaf, ça va être pour porter des charges nucléaires
16:42ou décoller de porte-avions.
16:44Les Allemands n'ont pas de porte-avions.
16:45Ils n'ont pas de nucléaire.
16:46Donc, voilà.
16:47Après, les besoins sont différents.
16:49Et de toute façon, les Français ne pouvaient pas accepter
16:50une seule seconde
16:52d'être, de co-diriger avec des Allemands,
16:55alors que les Allemands, leur spécialité,
16:57c'est plutôt les chars.
16:58Oui.
16:59Mais on voit parallèlement, toujours pour interroger,
17:01questionner le potentiel du secteur de la défense en bourse,
17:04après cette déception du premier semestre,
17:06Renault, par exemple, nous dit
17:07vouloir plafonner à 5% de son chiffre d'affaires
17:10les revenus liés à défense.
17:11On sait que les acteurs automobiles
17:12pourraient contribuer à l'effort de défense, etc.,
17:14se convertir à leur tour dans la production de drones.
17:16On le voit aussi aux Etats-Unis,
17:17par exemple, Tesla.
17:19Tesla compte, effectivement,
17:21utiliser aussi certaines de ses chaînes
17:22pour fabriquer des objets
17:23qui ne sont pas des voitures.
17:24Et donc, Renault, de son côté,
17:25quant à la défense,
17:26veut limiter le potentiel,
17:27son propre potentiel,
17:28et plafonner les activités de défense
17:30à 5% de son chiffre d'affaires.
17:31Est-ce que ce n'est pas un peu dommage, là ?
17:33Il n'a peut-être pas un autre métier à faire,
17:35Renault, quand même.
17:36Un peu de vente des voitures.
17:38Parce qu'ils veulent fabriquer des drones.
17:40Donc, ça demande des lignes de production
17:42entièrement nouvelles.
17:43et sans doute, pour le début,
17:46une cadence industrielle
17:47qui ne va pas être celle d'une Clio.
17:50Et sans doute pas avec les mêmes termes de rentabilité.
17:53Donc, oui, que ça se limite à 5%,
17:54c'est juste histoire de définir les questions stratégiques.
17:57Maintenant, peut-être que c'est amené à augmenter,
17:59on ne sait pas,
17:59mais pour l'instant,
18:00le boulot de Renault,
18:01c'est de vendre des voitures.
18:025%, c'est déjà beaucoup.
18:03Et c'est déjà beaucoup.
18:04En automobile.
18:05Et puis après, il faut voir aussi le parc,
18:07parce qu'on voit aussi
18:07qu'il y a beaucoup d'acteurs
18:08qui sont en train de vendre
18:09leur site de production aux Chinois.
18:11Donc, c'est avant ou après session, etc.
18:14Donc, il faut affiner ce fameux chiffre de 5%.
18:16Mais 5%, c'est quand même significatif.
18:18On poursuit nos échanges dans un instant.
18:20Juste une info,
18:20on a trouvé l'adresse de l'espace.
18:22Si vous demandez à quelle adresse sonner
18:23pour trouver l'espace,
18:25l'espace intersidéral,
18:26la stratosphère et au-delà,
18:28on a trouvé l'adresse,
18:29on vous la livre dans un instant.
18:30Juste après, un coup d'œil quand même,
18:31à cette tendance du jour,
18:32à 14 minutes de la clôture,
18:33on est en train d'accélérer.
18:34Dans la dernière,
18:36il y a une droite de la séance.
18:37Et on progresse toujours de 0,4% sur le cap,
18:39et c'est une hausse assez fragile,
18:40mine de rien.
18:41Voilà, on gagnait plus d'un pourcent tout à l'heure.
18:43Là, on a clairement limité nos gains.
18:45Et si l'or Luxottica reste en tête,
18:46plus 4% avec le secteur du luxe,
18:48Kering gagne 3,3%.
18:49En repli,
18:50eh oui, les semi-conducteurs,
18:52vous le disiez, Antoine,
18:52Solitech,
18:53STMicroelectronics recule.
18:54STM perd en ce moment un peu plus de 4%.
18:57Et on vous le disait,
18:58donc on a trouvé l'adresse de l'espace.
18:59Son adresse, c'est Wall Street,
19:01avec l'introduction en bourse de SpaceX.
19:03Ce sera la première fois que l'espace
19:05a autant de poids sur un seul marché d'action.
19:07SpaceX, plus grosse introduction en bourse
19:09de l'histoire à venir.
19:10On est à 3 jours.
19:12Journée spéciale à venir sur BFM Business.
19:13La matinale,
19:14il sera quasi entièrement consacré.
19:16Et bien sûr, BFM Bourse,
19:16on suivra les premières cotations en direct
19:18depuis Wall Street.
19:19On sera sur place là-bas aussi
19:20avec nos envoyés spéciaux,
19:22bien sûr, vendredi après-midi,
19:23journée, ça va être sympa.
19:25Vous serez tous les deux,
19:26bien sûr, connectés,
19:27on imagine,
19:27pour suivre ces premières cotations
19:28de SpaceX.
19:30Il va falloir y aller ou pas ?
19:32Investir dans SpaceX ou pas ?
19:33Rachid ?
19:34Nous, c'est facile
19:35parce qu'on ne fait jamais d'IPO
19:36chez l'ouvre bon privé,
19:37donc c'est réglé.
19:38Mais par contre,
19:39non, je pense que ça va être un succès.
19:42J'ai eu combien de temps,
19:43je n'en sais rien,
19:43mais ça va être un succès
19:44parce que c'est un actif rare.
19:46Voilà, c'est la rareté
19:48qu'on va acheter,
19:50que probablement le monde retail
19:51va acheter jeudi.
19:54Parce qu'il n'y aura pas
19:54de temps d'action que ça, en fait.
19:55Non, non, non.
19:5615 milliards levés.
19:57Et si vous voulez,
19:58SpaceX,
19:59le côté positif,
20:01c'est que c'est un actif rare
20:01parce que, voilà,
20:02l'espace,
20:04des télécoms,
20:05Starlink,
20:06enfin, voilà.
20:06Vous ne trouvez pas comme ça
20:08des valeurs,
20:09mais le côté,
20:09c'est un conglomérat
20:10et rapidement,
20:11on va avoir un problème
20:11de valorisation,
20:12mais ça va être plutôt
20:14un succès.
20:15Il y a 9000 milliards,
20:15je rappelle,
20:16il y a 9000 milliards
20:17qui dorment
20:17dans les dépôts à vue
20:21des ménages américains,
20:23donc il y a du cash.
20:24Le bitcoin qui s'écroule,
20:27bon, moi,
20:27je ne suis pas spécialiste
20:28du bitcoin,
20:28mais peut-être,
20:29probablement,
20:29que certains font un peu de place.
20:31Voilà, donc,
20:32à court terme,
20:33je ne vois pas le risque.
20:35À moyen terme,
20:35là, on a plus de...
20:36On se pose des questions
20:37parce qu'encore une fois,
20:38valoriser un conglomérat
20:39comme ça aussi
20:41disparaître,
20:42ce n'est pas facile.
20:42Oui, et puis varier,
20:43il y a plein d'activités,
20:44en fait.
20:45Il y aura besoin
20:45de beaucoup d'argent.
20:46C'est un truc
20:47qui va consommer énormément
20:49de capitaux,
20:50donc il y a des risques
20:50de dilution.
20:52L'argent va coûter
20:53normalement plus cher
20:53parce qu'il y a
20:54une compétition mondiale,
20:55on ne le dira jamais assez,
20:56mais tous ces plans massifs
20:57dont on loue,
20:58dont on est très content,
21:00ça va faire de la compétition
21:01pour l'épargne mondiale.
21:03Et SpaceX va avoir besoin
21:05de beaucoup de capitaux
21:06pour financer son développement.
21:08Et alors,
21:09la question,
21:09c'est est-ce qu'il y a
21:09assez d'argent
21:10pour financer un truc pareil,
21:11sachant que ce n'est pas
21:12la seule intro,
21:13il y aura ensuite
21:13Anthropique, etc.
21:14Il y a des levées
21:15de capitaux d'Alphabet,
21:16de Meta aussi gigantesque
21:17pour l'intelligence artificielle.
21:18Donc, est-ce qu'il y a
21:19ces liquidités dans le marché
21:20et est-ce que SpaceX
21:21a suffisamment d'arguments
21:22pour les attirer durablement ?
21:24Est-ce que vous sentez bien
21:26ce type de SpaceX ?
21:27Est-ce qu'il y a assez d'argent ?
21:28La réponse est oui.
21:29Pour vous donner juste un exemple,
21:31là, ils sont en train
21:32de préparer la levée
21:34de 75 milliards.
21:35Au même moment
21:36où ils sont en train
21:37de lever 75 milliards,
21:38il y a Nvidia qui a annoncé
21:39qu'ils allaient faire
21:40un rachat d'actions
21:40de 80 milliards.
21:42Donc, il y a toujours
21:43des rachats d'actions
21:43aux Etats-Unis.
21:44Et là, on redécouvre,
21:46et j'entends beaucoup
21:46des gens surpris en disant
21:48« Ah, ils lèvent de l'argent ! »
21:49Mais la bourse,
21:49c'est fait pour ça.
21:50La bourse, c'est pas fait
21:51pour racheter les actions,
21:52c'est fait plutôt pour enlever.
21:53Et là, on redécouvre
21:54qu'il y a des appels d'air.
21:55Alors certes,
21:56les augmentations de capital
21:57sont massives,
21:58on n'a jamais vu
21:59des montants aussi importants,
22:00mais on n'a jamais vu non plus
22:02des investissements aussi importants.
22:03Donc, la bourse,
22:03c'est fait pour lever de l'argent
22:05et pour séduire
22:07de nouveaux actionnaires.
22:08Donc, ça, c'est ça.
22:10Ce qui est plus compliqué,
22:12c'est le niveau de valorisation,
22:14mais les Américains
22:16savent très très bien raconter
22:17une histoire
22:17et savent très très bien
22:18distribuer leurs actions,
22:20leurs produits.
22:22Et d'ailleurs,
22:22petite anecdote quand même,
22:23il faut vous rappeler
22:24qu'il y a quelques mois,
22:26Euronext a expliqué
22:28qu'il fallait,
22:29pour falsisiter
22:30les introductions en bourse
22:31à la bourse de Paris,
22:32il faut que les introductions
22:33en bourse soient réservées
22:34aux institutionnels
22:35et on ne va pas mettre
22:36de particuliers
22:36parce que si on ouvre
22:38le capital à des particuliers,
22:40à des actionnaires individuels,
22:41ça va ralentir
22:42et ça peut faire échouer
22:42les introductions en bourse.
22:43Et là,
22:45alors que les Français
22:45ont décidé
22:46de faire la possibilité
22:48qu'il y ait des introductions
22:49en bourse
22:49sans particuliers,
22:51les Américains,
22:51eux,
22:52ouvrent les vannes,
22:53ils disent
22:53c'est accessible
22:55aux Américains,
22:56aux particuliers Américains
22:57et c'est accessible
22:57aussi aux Français.
22:58Et donc là,
22:59on va,
22:59alors qu'il y a un débat politique
23:01de dire
23:01l'argent part aux Etats-Unis,
23:03mais oui,
23:03mais évidemment qu'il part
23:04aux Etats-Unis
23:04parce qu'on a tout fait
23:06pour que cet argent
23:07parte aux Etats-Unis.
23:08Donc finalement,
23:09les Français,
23:09quand il y a des introductions
23:10en bourse,
23:10n'y participent pas,
23:11ils ne peuvent pas y participer
23:12et là,
23:13on va pouvoir,
23:14nous Français,
23:15acheter du SpaceX
23:16au moment de l'introduction
23:18en bourse
23:18et souscrire à l'opération.
23:20Donc,
23:20c'est une opération
23:21qui est mondiale,
23:22c'est une opération
23:23qui est très bien orchestrée
23:24parce que Elon Musk
23:26a mis la pression
23:28aux fabricants d'indices
23:29pour pouvoir être logés
23:30dans les indices
23:31très rapidement.
23:32Il ne les a pas tous
23:32convaincus,
23:33mais oui,
23:33on a la ZAC déjà,
23:34c'est bien.
23:35Et là,
23:35on le voit,
23:36toutes les maisons
23:37qui fabriquent des ETF
23:39se mettent à avoir
23:40un ETF
23:41spatial
23:42pour loger du SpaceX
23:43au bout de 10 jours
23:45de cotation.
23:46C'est des délais
23:47vraiment flash,
23:48on n'a jamais vu
23:48aussi court
23:49pour intégrer
23:50et donc là,
23:51toute la gestion passive
23:52va s'engouffrer.
23:53Donc,
23:53à court terme,
23:54il y a de fortes chances
23:55que SpaceX décolle.
23:56Après,
23:57est-ce qu'ils vont aller
23:57sur Mars ?
23:58Ça,
23:58c'est une autre question.
24:00Mais à court terme,
24:02il n'y aura
24:02un regain d'intérêt.
24:04Antoine,
24:04P6,
24:05J-3 ?
24:06Alors,
24:07juste en écoutant
24:09les experts
24:10qui s'enchaînent
24:10dans Tout pour investir,
24:12je n'ai jamais vu
24:13un consensus aussi
24:14unanime sur
24:16on va passer notre tour
24:18et on va regarder
24:19comment ça marche
24:20avant d'y mettre
24:21le moindre bout d'orteil.
24:23Mais il faudra sauter
24:24très très haut
24:24pour rater après la fusée,
24:25s'il la rate
24:26au décollage.
24:27Oui,
24:27mais ça,
24:29une bonne impulsion.
24:30Oui,
24:30non,
24:31mais avoir peur
24:31de rater la fusée,
24:34franchement,
24:34ça ne fait peur à personne.
24:35On préfère laisser
24:36la fusée décoller
24:38quitte à la rattraper ensuite.
24:39Non,
24:40il y a deux choses.
24:41Premièrement,
24:42sur la valeur intrinsèque
24:43de SpaceX
24:44qui est totalement inévaluable.
24:47Et deuxièmement,
24:48sur l'abondance
24:50de produits
24:51qui frôlent
24:52n'importe quoi
24:53qui sont édités
24:54en ce moment
24:54pour s'exposer
24:55à SpaceX
24:56avant l'introduction.
24:58Oui,
24:58non,
24:58mais attendez.
25:00Tout ça,
25:01ça va avoir
25:01un effet sur la cotation,
25:03un effet réel.
25:04Tout ça,
25:05c'est des produits
25:06d'options indexées
25:07sur,
25:07on ne sait pas trop quoi,
25:09tokenisés
25:09sur des blockchains,
25:11mais tout le monde en veut.
25:12Et attention,
25:14il y a un moment donné,
25:15l'ombre de choc,
25:16on va se la prendre.
25:17C'est un produit
25:18tellement exotique
25:19en soi-même
25:19de SpaceX
25:20et ouvert au particulier.
25:21Est-ce que le fait
25:22que cette introduction
25:23en bourse
25:24de SpaceX
25:25soit ouverte
25:26aux particuliers
25:27comme ça
25:28risque
25:31de rendre
25:32la question
25:32de la valorisation
25:33encore moins importante ?
25:34Les particuliers
25:34s'en fichent
25:35contrairement aux institutionnels
25:36de la valorisation,
25:36les ETF aussi,
25:37les ETF,
25:37ils répliquent les choses.
25:38Ils s'en fichent
25:39de la valo.
25:39Quelle que soit la valo,
25:40leur boulot,
25:40c'est de répliquer
25:41en aveugle.
25:43Et les particuliers
25:44ne sont pas non plus sensibles
25:45à la valorisation.
25:45Donc quand on dit
25:46SpaceX,
25:47c'est très très cher,
25:47la valorisation n'a aucun sens,
25:48certes,
25:49mais est-ce que le fait
25:50que ce soit ouvert aux particuliers
25:51et que beaucoup d'ETF
25:52pourront l'intégrer
25:56malgré tout ?
25:57Oui,
25:57ce que je disais tout à l'heure,
25:58c'est que la probabilité
25:59pour qu'il y ait un succès
26:00et que le momentum
26:00soit positif,
26:01mais on a plein d'exemples
26:03qui montrent
26:04qu'à un moment donné,
26:04les stratégies momentum,
26:06juste pour le momentum,
26:07sans valorisation fondamentale,
26:10ça ne va pas au bout.
26:12Donc oui,
26:12ça peut monter,
26:13mais il y a un moment donné,
26:14on parlait tout à l'heure
26:15de la réserve fédérale,
26:16on parle d'Hormuz,
26:17on parle de plein de choses,
26:18il suffit d'un grain de salle
26:19et là,
26:19on découvre que c'est bien
26:20d'avoir des investisseurs
26:21institutionnels.
26:22Alors je remarque,
26:23apparemment,
26:24notre ami,
26:25il n'est plus aux commandes,
26:26mais le fond de...
26:27Oui,
26:28de Warren Buffett,
26:29Berkshire,
26:31il va en faire un peu,
26:32je pense,
26:32mais voilà,
26:34il ne faut pas en plus croire
26:35qu'il n'y aura que du retail,
26:36mais c'est vrai
26:37qu'il n'est targeté
26:38que pour le retail.
26:39Mais l'essentiel,
26:40ce sera les institutionnels
26:41et les stratégies momentum
26:43avec des moteurs,
26:45etc.,
26:45c'est les institutionnels
26:46qui les mettent en place,
26:47ce n'est pas les particuliers.
26:47Est-ce qu'avec SpaceX,
26:48on invente l'homme infini,
26:50Elon Musk,
26:50en termes de fortune personnelle,
26:51après l'IPO,
26:52la fortune nette
26:53d'Elon Musk
26:54devrait représenter
26:54à peu près 3%
26:56du PIB américain,
26:57une fortune nette
26:57équivalente au PIB
26:58de 125 pays.
27:013% du PIB américain,
27:02ça correspond à la situation
27:03de Rockefeller en 1913.
27:05Voilà,
27:05est-ce que c'est l'homme infini
27:06à travers cette fortune personnelle
27:07d'Elon Musk
27:08à l'issue de l'IPO ?
27:09Et puis l'homme infini
27:10aussi à travers le pouvoir
27:11d'Elon Musk quand même
27:12sur SpaceX.
27:13L'actionnaire,
27:13l'investisseur qui choisira
27:14de mettre son argent
27:15dans SpaceX,
27:15il ira dans...
27:18dans une...
27:18Il ne pilotera pas la fusée.
27:19Il se passe sur un siège passager
27:21et il n'y a pas de démocratie
27:23actionnariale.
27:23Zéro droit de vote.
27:25Aucune.
27:26Aucune.
27:27Aucune.
27:28Aucune,
27:28mais aujourd'hui,
27:28ce n'est pas le sujet
27:29pour le particulier
27:30parce qu'il se dit finalement
27:31moi quand j'achète
27:33de l'alphabet,
27:34je n'ai pas non plus...
27:35Je ne peux pas influencer
27:37la stratégie de la société
27:38quand j'achète
27:39du Microsoft non plus.
27:40Donc aujourd'hui,
27:41l'américain qui achète
27:42du SpaceX,
27:43il ne l'achète pas
27:44pour les droits de vote.
27:45Il l'achète pour l'aventure,
27:48il l'achète
27:48pour le côté fun aussi
27:51parce que c'est tendance
27:51de dire...
27:52À un moment donné,
27:53c'était tendance
27:53d'avoir du Bitcoin.
27:54Aujourd'hui,
27:55avoir du Bitcoin,
27:56c'est beaucoup moins tendance.
27:57En revanche,
27:57se dire j'achète des fusées,
27:59des satellites et de l'IA,
28:01ça fait rêver.
28:02Donc il y a ce phénomène-là.
28:04Après,
28:05le véritable sujet,
28:07c'est quand même la valo,
28:07vous avez raison.
28:0890 fois le chiffre d'affaires,
28:10c'est stratosphérique
28:11pour une société
28:11qui a 5 milliards de pertes.
28:15Donc oui,
28:17la valo,
28:17elle est stratosphérique.
28:19Après,
28:19pour l'homme de la rue,
28:20il achète
28:21la success story
28:22Hélène Mesc.
28:23Effectivement,
28:24ils ont vu
28:25ce qu'il a fait avec Tesla.
28:26Enfin,
28:26je veux dire,
28:26il a monté la valo de Tesla.
28:28C'est ça.
28:29Voilà.
28:30Malgré un business
28:30qui a déçu.
28:31Donc voilà,
28:31vous vous dites,
28:32bon,
28:32vous avez des spécialistes
28:33qui me disent
28:34que ça va être compliqué
28:35à être valorisé,
28:36mais moi,
28:36tout ce que je sais,
28:36c'est que ce gars-là,
28:38il transforme le plan en or.
28:39Donc,
28:40je vais le suivre.
28:40Et on n'est pas à l'abri
28:42que si jamais SpaceX
28:44allait moins bien,
28:46il y a une fusion
28:46entre Tesla
28:47et SpaceX.
28:49Là,
28:49l'actionnaire de SpaceX
28:50ne pourrait rien dire.
28:51Et lui,
28:52il pourrait toujours justifier
28:53en disant,
28:53dans Tesla,
28:54j'ai les robots humanoïdes.
28:55Donc,
28:56pour aller dans l'espace,
28:57j'ai besoin de robots.
28:58Donc,
28:59ça fait des synergies.
29:00J'ai mes fusées,
29:01j'ai mes satellites,
29:03j'ai mon IA,
29:04j'ai mes robots.
29:05Ça fait un tout.
29:05Et il est fort probable
29:07que dans quelques années,
29:08si on est en plateau
29:09tous ensemble,
29:10on parle de la fusion
29:11Tesla,
29:12SpaceX,
29:13la plus grande méga fusion.
29:16On est rodé
29:16pour nos spéciales
29:17de vendredi,
29:18SpaceX,
29:18donc première cotation
29:19à suivre vendredi après-midi.
29:20Alors,
29:20on ne verra peut-être pas
29:20le cours évoluer tout de suite
29:21parce qu'il y a tellement
29:22d'argent en jeu
29:23que ça prendra sans doute
29:24quelques dizaines de minutes,
29:25voire quelques heures.
29:26Mais enfin,
29:26voilà,
29:28premiers ajustements,
29:28en tout cas,
29:29à partir de 15h30
29:31vendredi à Wall Street
29:31et une journée spéciale
29:32sur BFM Business.
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