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  • il y a 6 heures
Ce jeudi 18 juin, Alexandre Hezez, stratégiste indépendant, s'est penché sur l'impact déterminant du profil des dirigeants sur la valorisation des entreprises américaines, et le manque d'incarnation des dirigeants des entreprises européennes, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:0015h45, Alexandre, aisez nous rejoindre, stratégiste indépendant. Bonjour Alexandre.
00:04Bonjour.
00:04Face à ces marchés, vous allez rendre votre verdict, ce moment qu'on va vivre, ce verdict que vous allez
00:08rendre.
00:08Est-ce que vous l'assumez ?
00:09Je l'assume, Dieu.
00:11On vous écoute.
00:12Écoutez, je pense qu'une des... On parle beaucoup d'exceptionnalisme aux Etats-Unis,
00:17mais une des particularités que l'on nomme pas si souvent, c'est qu'aux Etats-Unis,
00:23les entreprises sont véritablement incarnées par des dirigeants qui portent finalement la valorisation de la société.
00:30Oui, et ça c'est très très important.
00:32L'Amérique, cote des héros, l'Europe, cote des organigrammes.
00:36Qu'est-ce que vous voulez dire par là ?
00:37Et c'est peut-être ce qui fait toute la différence en termes de valorisation entre les deux rives de
00:40la société.
00:41Exactement, c'est vrai que l'investisseur cherche une histoire,
00:45et notamment aux Etats-Unis, on investit vraiment dans une histoire dans le futur.
00:50Et c'est vrai que SpaceX est pour moi un cas d'école, mais pas que.
00:54Vraiment, c'est une particularité aux Etats-Unis où on a vraiment des héros.
00:57On prend dans le secteur bancaire, quand on a Jimmy Diamond, Larry Flink,
01:03tous ces personnages, en fait, deviennent des marques et incarnent la société,
01:07et incarnent effectivement les flux des investisseurs vers leur propre entreprise.
01:12En Europe, c'est beaucoup moins le cas.
01:13En fait, en Europe, on a des projets industriels, des entreprises de très bonne qualité,
01:16mais on a, en tout cas dorénavant, un manque d'incarnation des entreprises européennes.
01:22On peut prendre effectivement dans les satellites le fait qu'on a quand même un partenariat entre Airbus,
01:28Leonardo et Thalest dans les satellites pour devenir un géant mondial,
01:32et pourtant, finalement, ce projet n'est pas incarné,
01:35et on en a parlé beaucoup moins que le cas de SpaceX.
01:39Et pourquoi ? Parce que finalement, les investisseurs investissent dans SpaceX,
01:43mais principalement dans Musk, et c'est le cas dans beaucoup de secteurs.
01:47Oui, l'Amérique cote des héros, l'Europe cote des organigrammes, c'est ce que vous dites au marché.
01:53Exactement, l'Amérique cote des héros, et l'Europe cote des organigrammes, des bilans.
01:58Alors effectivement, ça n'empêche pas d'avoir des très belles entreprises
02:00avec des projets industriels qui sont tout à fait satisfaisants et prometteurs,
02:04mais il y a un pas de plus, en tout cas une prime en plus aux Etats-Unis
02:09pour la personnalisation de l'entreprise.
02:12Le Pogam, qui est un analyse financier, dit la même chose que vous.
02:15Il dit, avec Elon Musk pour le coup, qui voit en héros manifestement aussi,
02:18il dit pendant 50 ans, on nous a vendu un futur rétréci,
02:21moins d'énergie, moins d'ambition, moins d'enfants, gérer le déclin proprement.
02:25Et là, d'un coup, avec Elon Musk, on a un pari sur l'abondance,
02:28l'expansion et l'aventure.
02:30Ok, ok, mais les héros peuvent très vite, s'ils s'échoutent,
02:33devenir des anti-héros, c'est là que ça nous vient.
02:35Alors c'est vrai qu'en Europe, on peut avoir quelques cas.
02:37On a eu des héros, je veux dire, en tout cas des incarnations d'entreprises,
02:43LVMH, on a eu, il y a quelques années, les Dassault,
02:48on a eu Messier aussi dans les années 2000, c'était vraiment des héros.
02:52Et d'ailleurs, à l'époque, les flux, effectivement, jouaient l'effet Messier
02:57et plus que l'effet d'entreprise.
03:00Et on a vu, du coup, le côté parfois dangereux de ce genre de phénomène.
03:05Alors effectivement, est-ce que l'Europe ne pâtit pas de l'inverse de ce phénomène,
03:12comme effectivement chez Renault avec Carlos Ghosn,
03:14qui a en tout cas changé la société,
03:16et c'était vraiment le héros, en tout cas un héros dans les entreprises européennes.
03:20Mais je pense qu'il faut vraiment faire le pari
03:23et essayer d'incarner des projets pour expliciter avec des personnalités
03:27qui se mettent en avant de leur entreprise.
03:30Oui, Ananas, c'est un pseudo.
03:32Ananas nous suit sur le Félix BFM Bourse.
03:34Ce n'est pas son vrai prénom ?
03:35Si, Ananas, c'est le prénom, et Nas, c'est le nom de famille, Antoine.
03:38Bien sûr, Ananas.
03:39Il nous dit quoi ?
03:40Il nous dit aujourd'hui,
03:41« L'histoire boursière d'Elon Musk est assez simple.
03:43On doute, on critique, on se moque,
03:45puis l'entreprise exécute, domine son marché,
03:47crée une valeur colossale pour les actionnaires.
03:49Parier contre Elon Musk, dit-il, n'a pas souvent été une stratégie gagnante. »
03:53Bon, ça reste un risque malgré tout.
03:55Et c'est le principe.
03:56Alors on verra aussi si les prochaines IPOs aux États-Unis
03:59fondent leurs dirigeants des héros,
04:01patrons d'Entropique, patrons d'OpenAI,
04:03Sam Altman, s'en est déjà un à sa façon de toute façon.
04:06Quand vous regardez tout ça,
04:07est-ce que ça vous donne envie de renforcer ces valeurs,
04:09d'aller dans ces IPOs ?
04:10Ou vous dites, attention, ça va quand même un peu trop vite
04:11et il faut privilégier d'autres valeurs ?
04:13Pourquoi pas tech, mais d'autres valeurs quand même ?
04:15Alors effectivement, on peut imaginer que ça va trop vite
04:17et puis ça va faire un appel au marché
04:20de manière assez incroyable.
04:22On voit que l'IPO de SpaceX est quand même une vraie réussite.
04:25Tout est mis en place et tout sera mis en place,
04:28à mon avis, pour que ces IPOs soient une réussite.
04:31Il y a quand même une différence essentielle,
04:32c'est qu'on est dans des logiciels d'IA
04:37pour les deux prochaines entreprises,
04:38alors que SpaceX est une entreprise bien particulière
04:40qui n'a pas véritablement de concurrence.
04:43Donc avec peut-être des risques,
04:45en tout cas sur des acteurs purs d'IA,
04:47des risques réglementaires dont on parlera un peu plus forcément.
04:49Dans l'IPO de SpaceX, que j'apprécie particulièrement,
04:54je pense qu'il y a véritablement, encore une fois,
04:58dans l'avenir des espérances de marché
05:00qui n'existent pas sur les deux valeurs
05:03qui vont rentrer sur le marché.
05:05Donc SpaceX, c'est quand même, pour moi, une vraie réussite.
05:08Pour vous, ce n'est pas de la science-fiction,
05:09enfin, ça allait à ce stade,
05:10mais ça va se réaliser dans une vie d'homme,
05:12dans votre vie d'homme,
05:13allez, dans les 20, 30, 40 prochaines années,
05:15vous verrez le résultat de tout ce que SpaceX est capable de délivrer,
05:18y compris en bourse.
05:19Peut-être pas de tout sur Mars, pourquoi pas, à nos âges,
05:24mais je pense qu'au niveau de SpaceX,
05:28l'investissement qui va être fait va pouvoir amener une rentabilité
05:32qui est espérée sur la valeur.
05:33Antoine ?
05:33Bon, de SpaceX, d'Anthropic, d'Open AI,
05:38peut-être bien de Perplexity, mais là, il faudra attendre 2028.
05:42Laquelle de ces introductions en bourse vous botte le plus ?
05:46Déjà, il y a eu SpaceX qui a été une réussite.
05:49Après, c'est très difficile,
05:50parce que vous parlez de trois concurrents en frontale, SpaceX.
05:54Alors oui.
05:55Complètement, donc, avec des risques réglementaires,
05:58on voit bien comment les choses peuvent très vite évoluer
06:01entre Open AI et Anthropics,
06:04ne serait-ce qu'au niveau réglementaire.
06:07Donc, je pense qu'il faudra regarder les trois.
06:09Franchement, je n'ai pas, pour l'instant,
06:11sans en tout cas de challenger ou en tout cas de préféré.
06:15Et alors l'Europe ?
06:16Qu'est-ce qu'on en fait de l'Europe ?
06:17Au milieu de tout ça, vous dites, en Europe,
06:18on code des organigrammes,
06:19alors que les Américains, eux, ont à la tête de leurs entreprises
06:22de véritables héros en ce moment,
06:23les héros des temps modernes.
06:25Qu'est-ce qu'on fait de l'Europe et des marchés européens ?
06:26On regardait tout à l'heure la performance du StoxxEurope 600.
06:30Il est à égalité, le StoxxEurope 600,
06:32avec le S&P depuis le début de l'année.
06:34Ces deux indices, donc l'indice phare européen et américain,
06:36ces deux indices gagnent chacun 8%.
06:38De ce point de vue, on n'a pas trop à rougir, finalement.
06:40Non, on n'a pas trop à rougir, en tout cas depuis le début de l'année.
06:43Sur les années précédentes, ça n'est pas le cas.
06:46Enfin, je veux dire, c'est une suite.
06:47Ce qui est intéressant, en tout cas sur l'Europe,
06:49c'est que la baisse du pétrole va certainement donner une bouffée d'air,
06:54en tout cas pour les entreprises européennes.
06:56Je pense que ça va encore avoir des difficultés.
06:59Mais à court terme, l'Europe pourrait beaucoup plus profiter,
07:02en tout cas d'un rebond qui n'est pas véritablement consensuel.
07:06Avec en plus un pétrole qui baisse.
07:08On disait l'Europe la plus exposée avec l'Asie au conflit au Moyen-Orient,
07:11la fermeture d'Ormuz, la réouverture si elle se confirme,
07:14et on est bien parti manifestement.
07:15C'est une aubaine pour l'Europe ?
07:16C'est une aubaine pour l'Europe.
07:17En tout cas, je pense que l'Europe était tellement non consensuelle,
07:21en tout cas, et était sortie de nombreux portefeuilles,
07:24en tout cas sous-pondérés,
07:25que là, on peut avoir un afflux d'investissement.
07:30Après, quand on regarde de manière très claire,
07:34alors ce n'est pas le même prix, l'Europe est beaucoup moins chère,
07:36mais en termes de croissance,
07:37on est quasiment à 25% de croissance des bénéfices sur 2025 sur les Etats-Unis,
07:43on est à 7-8% en Europe,
07:45donc on n'est pas du tout dans le même monde,
07:48mais encore une fois, vous avez un secteur bancaire,
07:49un secteur des assurances,
07:51aussi des valeurs de tech,
07:53et sur les semi-conducteurs qui fonctionnent extrêmement bien,
07:55et qui vont de toute manière participer à cet engouement sur les investissements,
07:59on a des très très belles valeurs.
08:01– Oui, oui, alors il y a encore Legrand qui gagne 3%,
08:03c'est fou, encore plus forte hausse du CAC aujourd'hui.
08:05– Schneider, Legrand, c'est quand même des acteurs,
08:07des purs acteurs européens mondiaux,
08:09qui vont profiter des investissements colossaux,
08:13et encore une fois colossaux, mais aussi visibles,
08:14jusqu'en 2027, 2028,
08:16on sait à peu près que l'année prochaine,
08:18on aura 1 000 milliards,
08:18en 2028, ça va continuer,
08:20donc on a une visibilité,
08:22comme on n'a jamais vu, en tout cas sur les investissements.
08:24– On verra ce que délivrent les entreprises
08:26à l'occasion des publications du deuxième trimestre,
08:28– Ce sera dans un mois, il nous reste 3-4 semaines avant les premières publications,
08:30est-ce qu'il faut s'en méfier de ce deuxième trimestre ?
08:32Parce que là, on verra vraiment l'impact,
08:33tout l'impact de la guerre au Moyen-Orient.
08:35– Oui, on verra certainement l'impact,
08:37mais je pense que les entreprises se sont assez bien adaptées,
08:40il y a certains secteurs certainement qui ont un peu plus souffert,
08:43mais ce qui va être intéressant,
08:45c'est que, alors on n'aura pas encore la fin du mémorandum,
08:48mais on aura peut-être une visibilité,
08:50ne serait-ce que monétaire en tout cas,
08:52pour bien analyser la chose,
08:55et notamment avec des banques centrales en juillet.
08:57– Alexandre Rezé, merci beaucoup Alexandre de nous avoir accompagné.
08:59– Merci.
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