00:0015h45, Alexandre, aisez nous rejoindre, stratégiste indépendant. Bonjour Alexandre.
00:04Bonjour.
00:04Face à ces marchés, vous allez rendre votre verdict, ce moment qu'on va vivre, ce verdict que vous allez
00:08rendre.
00:08Est-ce que vous l'assumez ?
00:09Je l'assume, Dieu.
00:11On vous écoute.
00:12Écoutez, je pense qu'une des... On parle beaucoup d'exceptionnalisme aux Etats-Unis,
00:17mais une des particularités que l'on nomme pas si souvent, c'est qu'aux Etats-Unis,
00:23les entreprises sont véritablement incarnées par des dirigeants qui portent finalement la valorisation de la société.
00:30Oui, et ça c'est très très important.
00:32L'Amérique, cote des héros, l'Europe, cote des organigrammes.
00:36Qu'est-ce que vous voulez dire par là ?
00:37Et c'est peut-être ce qui fait toute la différence en termes de valorisation entre les deux rives de
00:40la société.
00:41Exactement, c'est vrai que l'investisseur cherche une histoire,
00:45et notamment aux Etats-Unis, on investit vraiment dans une histoire dans le futur.
00:50Et c'est vrai que SpaceX est pour moi un cas d'école, mais pas que.
00:54Vraiment, c'est une particularité aux Etats-Unis où on a vraiment des héros.
00:57On prend dans le secteur bancaire, quand on a Jimmy Diamond, Larry Flink,
01:03tous ces personnages, en fait, deviennent des marques et incarnent la société,
01:07et incarnent effectivement les flux des investisseurs vers leur propre entreprise.
01:12En Europe, c'est beaucoup moins le cas.
01:13En fait, en Europe, on a des projets industriels, des entreprises de très bonne qualité,
01:16mais on a, en tout cas dorénavant, un manque d'incarnation des entreprises européennes.
01:22On peut prendre effectivement dans les satellites le fait qu'on a quand même un partenariat entre Airbus,
01:28Leonardo et Thalest dans les satellites pour devenir un géant mondial,
01:32et pourtant, finalement, ce projet n'est pas incarné,
01:35et on en a parlé beaucoup moins que le cas de SpaceX.
01:39Et pourquoi ? Parce que finalement, les investisseurs investissent dans SpaceX,
01:43mais principalement dans Musk, et c'est le cas dans beaucoup de secteurs.
01:47Oui, l'Amérique cote des héros, l'Europe cote des organigrammes, c'est ce que vous dites au marché.
01:53Exactement, l'Amérique cote des héros, et l'Europe cote des organigrammes, des bilans.
01:58Alors effectivement, ça n'empêche pas d'avoir des très belles entreprises
02:00avec des projets industriels qui sont tout à fait satisfaisants et prometteurs,
02:04mais il y a un pas de plus, en tout cas une prime en plus aux Etats-Unis
02:09pour la personnalisation de l'entreprise.
02:12Le Pogam, qui est un analyse financier, dit la même chose que vous.
02:15Il dit, avec Elon Musk pour le coup, qui voit en héros manifestement aussi,
02:18il dit pendant 50 ans, on nous a vendu un futur rétréci,
02:21moins d'énergie, moins d'ambition, moins d'enfants, gérer le déclin proprement.
02:25Et là, d'un coup, avec Elon Musk, on a un pari sur l'abondance,
02:28l'expansion et l'aventure.
02:30Ok, ok, mais les héros peuvent très vite, s'ils s'échoutent,
02:33devenir des anti-héros, c'est là que ça nous vient.
02:35Alors c'est vrai qu'en Europe, on peut avoir quelques cas.
02:37On a eu des héros, je veux dire, en tout cas des incarnations d'entreprises,
02:43LVMH, on a eu, il y a quelques années, les Dassault,
02:48on a eu Messier aussi dans les années 2000, c'était vraiment des héros.
02:52Et d'ailleurs, à l'époque, les flux, effectivement, jouaient l'effet Messier
02:57et plus que l'effet d'entreprise.
03:00Et on a vu, du coup, le côté parfois dangereux de ce genre de phénomène.
03:05Alors effectivement, est-ce que l'Europe ne pâtit pas de l'inverse de ce phénomène,
03:12comme effectivement chez Renault avec Carlos Ghosn,
03:14qui a en tout cas changé la société,
03:16et c'était vraiment le héros, en tout cas un héros dans les entreprises européennes.
03:20Mais je pense qu'il faut vraiment faire le pari
03:23et essayer d'incarner des projets pour expliciter avec des personnalités
03:27qui se mettent en avant de leur entreprise.
03:30Oui, Ananas, c'est un pseudo.
03:32Ananas nous suit sur le Félix BFM Bourse.
03:34Ce n'est pas son vrai prénom ?
03:35Si, Ananas, c'est le prénom, et Nas, c'est le nom de famille, Antoine.
03:38Bien sûr, Ananas.
03:39Il nous dit quoi ?
03:40Il nous dit aujourd'hui,
03:41« L'histoire boursière d'Elon Musk est assez simple.
03:43On doute, on critique, on se moque,
03:45puis l'entreprise exécute, domine son marché,
03:47crée une valeur colossale pour les actionnaires.
03:49Parier contre Elon Musk, dit-il, n'a pas souvent été une stratégie gagnante. »
03:53Bon, ça reste un risque malgré tout.
03:55Et c'est le principe.
03:56Alors on verra aussi si les prochaines IPOs aux États-Unis
03:59fondent leurs dirigeants des héros,
04:01patrons d'Entropique, patrons d'OpenAI,
04:03Sam Altman, s'en est déjà un à sa façon de toute façon.
04:06Quand vous regardez tout ça,
04:07est-ce que ça vous donne envie de renforcer ces valeurs,
04:09d'aller dans ces IPOs ?
04:10Ou vous dites, attention, ça va quand même un peu trop vite
04:11et il faut privilégier d'autres valeurs ?
04:13Pourquoi pas tech, mais d'autres valeurs quand même ?
04:15Alors effectivement, on peut imaginer que ça va trop vite
04:17et puis ça va faire un appel au marché
04:20de manière assez incroyable.
04:22On voit que l'IPO de SpaceX est quand même une vraie réussite.
04:25Tout est mis en place et tout sera mis en place,
04:28à mon avis, pour que ces IPOs soient une réussite.
04:31Il y a quand même une différence essentielle,
04:32c'est qu'on est dans des logiciels d'IA
04:37pour les deux prochaines entreprises,
04:38alors que SpaceX est une entreprise bien particulière
04:40qui n'a pas véritablement de concurrence.
04:43Donc avec peut-être des risques,
04:45en tout cas sur des acteurs purs d'IA,
04:47des risques réglementaires dont on parlera un peu plus forcément.
04:49Dans l'IPO de SpaceX, que j'apprécie particulièrement,
04:54je pense qu'il y a véritablement, encore une fois,
04:58dans l'avenir des espérances de marché
05:00qui n'existent pas sur les deux valeurs
05:03qui vont rentrer sur le marché.
05:05Donc SpaceX, c'est quand même, pour moi, une vraie réussite.
05:08Pour vous, ce n'est pas de la science-fiction,
05:09enfin, ça allait à ce stade,
05:10mais ça va se réaliser dans une vie d'homme,
05:12dans votre vie d'homme,
05:13allez, dans les 20, 30, 40 prochaines années,
05:15vous verrez le résultat de tout ce que SpaceX est capable de délivrer,
05:18y compris en bourse.
05:19Peut-être pas de tout sur Mars, pourquoi pas, à nos âges,
05:24mais je pense qu'au niveau de SpaceX,
05:28l'investissement qui va être fait va pouvoir amener une rentabilité
05:32qui est espérée sur la valeur.
05:33Antoine ?
05:33Bon, de SpaceX, d'Anthropic, d'Open AI,
05:38peut-être bien de Perplexity, mais là, il faudra attendre 2028.
05:42Laquelle de ces introductions en bourse vous botte le plus ?
05:46Déjà, il y a eu SpaceX qui a été une réussite.
05:49Après, c'est très difficile,
05:50parce que vous parlez de trois concurrents en frontale, SpaceX.
05:54Alors oui.
05:55Complètement, donc, avec des risques réglementaires,
05:58on voit bien comment les choses peuvent très vite évoluer
06:01entre Open AI et Anthropics,
06:04ne serait-ce qu'au niveau réglementaire.
06:07Donc, je pense qu'il faudra regarder les trois.
06:09Franchement, je n'ai pas, pour l'instant,
06:11sans en tout cas de challenger ou en tout cas de préféré.
06:15Et alors l'Europe ?
06:16Qu'est-ce qu'on en fait de l'Europe ?
06:17Au milieu de tout ça, vous dites, en Europe,
06:18on code des organigrammes,
06:19alors que les Américains, eux, ont à la tête de leurs entreprises
06:22de véritables héros en ce moment,
06:23les héros des temps modernes.
06:25Qu'est-ce qu'on fait de l'Europe et des marchés européens ?
06:26On regardait tout à l'heure la performance du StoxxEurope 600.
06:30Il est à égalité, le StoxxEurope 600,
06:32avec le S&P depuis le début de l'année.
06:34Ces deux indices, donc l'indice phare européen et américain,
06:36ces deux indices gagnent chacun 8%.
06:38De ce point de vue, on n'a pas trop à rougir, finalement.
06:40Non, on n'a pas trop à rougir, en tout cas depuis le début de l'année.
06:43Sur les années précédentes, ça n'est pas le cas.
06:46Enfin, je veux dire, c'est une suite.
06:47Ce qui est intéressant, en tout cas sur l'Europe,
06:49c'est que la baisse du pétrole va certainement donner une bouffée d'air,
06:54en tout cas pour les entreprises européennes.
06:56Je pense que ça va encore avoir des difficultés.
06:59Mais à court terme, l'Europe pourrait beaucoup plus profiter,
07:02en tout cas d'un rebond qui n'est pas véritablement consensuel.
07:06Avec en plus un pétrole qui baisse.
07:08On disait l'Europe la plus exposée avec l'Asie au conflit au Moyen-Orient,
07:11la fermeture d'Ormuz, la réouverture si elle se confirme,
07:14et on est bien parti manifestement.
07:15C'est une aubaine pour l'Europe ?
07:16C'est une aubaine pour l'Europe.
07:17En tout cas, je pense que l'Europe était tellement non consensuelle,
07:21en tout cas, et était sortie de nombreux portefeuilles,
07:24en tout cas sous-pondérés,
07:25que là, on peut avoir un afflux d'investissement.
07:30Après, quand on regarde de manière très claire,
07:34alors ce n'est pas le même prix, l'Europe est beaucoup moins chère,
07:36mais en termes de croissance,
07:37on est quasiment à 25% de croissance des bénéfices sur 2025 sur les Etats-Unis,
07:43on est à 7-8% en Europe,
07:45donc on n'est pas du tout dans le même monde,
07:48mais encore une fois, vous avez un secteur bancaire,
07:49un secteur des assurances,
07:51aussi des valeurs de tech,
07:53et sur les semi-conducteurs qui fonctionnent extrêmement bien,
07:55et qui vont de toute manière participer à cet engouement sur les investissements,
07:59on a des très très belles valeurs.
08:01– Oui, oui, alors il y a encore Legrand qui gagne 3%,
08:03c'est fou, encore plus forte hausse du CAC aujourd'hui.
08:05– Schneider, Legrand, c'est quand même des acteurs,
08:07des purs acteurs européens mondiaux,
08:09qui vont profiter des investissements colossaux,
08:13et encore une fois colossaux, mais aussi visibles,
08:14jusqu'en 2027, 2028,
08:16on sait à peu près que l'année prochaine,
08:18on aura 1 000 milliards,
08:18en 2028, ça va continuer,
08:20donc on a une visibilité,
08:22comme on n'a jamais vu, en tout cas sur les investissements.
08:24– On verra ce que délivrent les entreprises
08:26à l'occasion des publications du deuxième trimestre,
08:28– Ce sera dans un mois, il nous reste 3-4 semaines avant les premières publications,
08:30est-ce qu'il faut s'en méfier de ce deuxième trimestre ?
08:32Parce que là, on verra vraiment l'impact,
08:33tout l'impact de la guerre au Moyen-Orient.
08:35– Oui, on verra certainement l'impact,
08:37mais je pense que les entreprises se sont assez bien adaptées,
08:40il y a certains secteurs certainement qui ont un peu plus souffert,
08:43mais ce qui va être intéressant,
08:45c'est que, alors on n'aura pas encore la fin du mémorandum,
08:48mais on aura peut-être une visibilité,
08:50ne serait-ce que monétaire en tout cas,
08:52pour bien analyser la chose,
08:55et notamment avec des banques centrales en juillet.
08:57– Alexandre Rezé, merci beaucoup Alexandre de nous avoir accompagné.
08:59– Merci.
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