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  • il y a 5 mois
Vendredi 5 septembre 2025, retrouvez Sophie Rauch (docteure en sciences de gestion), Aurélien Esposito (fondateur, HumanXperience), Vinciane Beauchêne (directrice associée, BCG) et Étienne Lecoeur (cofondateur, Les EnthousIAstes) dans SMART JOB, une émission présentée par Arnaud Ardoin.

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Transcription
00:00Bonjour à tous, ravi de vous retrouver dans SmartJob, votre rendez-vous emploi RH Management,
00:11débat, analyse, expertise et vos rubriques habituelles évidemment.
00:15Bien dans son job, on parle des team building.
00:18Alors vous allez dire, ah le team building encore, ah non, pas celui-là.
00:20C'est un team building avec des scénarios immersifs et on accueille Aurélien Esquazito.
00:25Il est CEO d'Human Experience, justement des team building sur mesure et qui sont des véritables expériences.
00:33Il nous en parle dans quelques instants.
00:34Le cercle RH, comment être vraiment efficace avec l'IA générative ?
00:38Beaucoup se posent de questions encore, vous êtes de plus en plus nombreux à vous en servir.
00:42On en parlera avec Vinciane Beauchene, spécialiste RH et IA au BCG,
00:47avec une étude passionnante justement autour de cette utilisation de l'IA.
00:50Et Étienne Lecoeur, cofondateur de Les Enthousiastes, ils seront nos invités.
00:54Et on terminera notre émission avec le livre de Smart Job.
00:57On se fait une pause, nous dit l'autrice Sophie Roche.
01:00Elle est auteure de ce livre passionnant qui est un peu la vie microbienne de l'entreprise.
01:04Tout ce qui se passe en dehors du travail, de la pause café à la pause pipi, des rêvasseries en réunion.
01:10Ce livre explore toutes ces zones-là.
01:11On en parlera avec elle à la fin de notre émission.
01:14Tout de suite, c'est bien dans son job.
01:15Bien dans son job pour vous parler de team building, mais pas n'importe quel team building.
01:32J'accueille Aurélien Esposito.
01:34Bonjour Aurélien.
01:35Bonjour.
01:35Je suis ravie de vous accueillir.
01:36Vous êtes le CEO de Human Experience.
01:38C'est ça.
01:38Comme c'est écrit sur votre suite.
01:40Joli suite.
01:41Très joli suite.
01:42C'est intéressant parce que le team building, c'est un peu traditionnel.
01:45Très.
01:46Au moment de rencontre, de fin d'année, de regrouper des équipes pour se retrouver.
01:51Vous, vous avez décidé d'un peu disrupter tout cela et de vivre une expérience.
01:55Comment ça marche ?
01:56Alors, on est parti du constat d'un chiffre très simple.
01:59C'est les chiffres de l'INSEE qui datent de 2022.
02:0170% des gens n'ont pas envie d'aller en team building.
02:04Déjà, ça pose le cadre.
02:05Alors, la question.
02:06C'est ça.
02:07Pourquoi ?
02:08Alors, on a un marché qui n'a pas beaucoup bougé depuis 20 ans.
02:10Les activités, il n'y a pas eu de grande innovation.
02:12Et du coup, on a décidé de travailler là-dessus.
02:14Innovation.
02:15Vous, vous êtes sur l'humain.
02:16Mais l'humain qui va être projeté dans une expérience, j'allais dire, en exagérant un tout petit peu,
02:22mais presque cinématographique.
02:23Il y a un scénario et vous écrivez une histoire.
02:26C'est ça.
02:26C'est exactement ça.
02:28Les trois grandes données chez nous, c'est le fun, le mindset et la pédagogie.
02:32C'est-à-dire qu'aucune expérience ne sort du lab chez nous si elle n'a pas été travaillée pour faire progresser les gens,
02:36faire s'amuser et les faire apprendre quelque chose.
02:40Et cinématographique, c'est très vrai parce qu'on a une régie complète qui pilote à l'arrière, un peu comme chez vous d'ailleurs,
02:45qui pilote à l'arrière les expériences, les acteurs et autres.
02:48Et donc, tout ça est revu, redonné au client parce que c'est aussi, c'est un petit peu le film de mariage.
02:54On récupère ce film et on revit aussi ce qu'on a pu ressentir.
02:59Et j'imagine que vous avez, j'imagine, sur catalogue des team building immersifs,
03:04mais que vous vous adaptez à chaque demande de client.
03:07Tout à fait.
03:08Le marché est un petit peu compliqué parce que les prix ont baissé depuis quelques années aussi sur le prix moyen du team building.
03:13Donc, on a des offres catalogue qui commencent à 45 euros.
03:15Mais il y a toujours dans une expérience un coach.
03:19Par personne, entendez-moi.
03:19Bien sûr, évidemment.
03:21Merci à vous.
03:23Vaut mieux le dire.
03:23Vaut mieux le dire.
03:24Parce que c'est très attractif.
03:25Oui, parce que c'était vraiment très agressif.
03:27Non, non, bien sûr, c'est par personne.
03:29Et chaque expérience est accompagnée par un coach qui va, en plus du film de mariage,
03:32être capable de débriefer ce qui s'est passé dans l'équipe.
03:35Et c'est ça la vraie valeur ajoutée, c'est être capable de tirer le son de cet exercice sympa et ludique.
03:40Alors, faites-nous rêver Aurélien, c'est quoi ?
03:43On va en montagne, on va dans le désert, on va en forêt, on va où ?
03:47Eh bien, ça commence dans la salle de réunion de n'importe quelle entreprise du monde entier
03:50parce qu'on peut piloter de notre régie des expériences qui se dérouleraient chez eux.
03:54On a nos scénarios qui sont bilingues, qui peuvent travailler bilingues pour l'instant et autres si besoin.
03:58Et on va jusqu'à la forêt, oui, le terrain militaire, on peut, selon les besoins du client et ses souhaits.
04:06Et on peut pousser, on a un scénario qui s'est installé l'année dernière à Val-Torreims.
04:09Donc, on peut aller jusqu'en haut de montagne.
04:11Donc, Val-Torre, ça veut dire que vous avez un groupe, vous avez vos coachs ou le coach
04:15et ensuite, vous allez vivre une expérience.
04:17Qu'est-ce qu'ils vous demandent, les clients ?
04:19Ils vous demandent de resserrer les équipes ?
04:21Ils vous demandent de créer du lien entre eux ?
04:23Parfois, vous avez des petits secrets de tension qui se passent
04:26parce que c'est ça aussi la réalité d'un team building.
04:29Et c'est là que ça devient sexy.
04:31C'est-à-dire que si c'est linéaire et que vous savez ce que vous avez.
04:33Vous avez les cartes.
04:34Et c'est un peu le dessous du savoir-faire.
04:38Et on aime avoir les cartes parce que ça nous permet aussi d'atteindre les objectifs du client.
04:41C'est-à-dire que plus on a de levier à l'arrière,
04:43plus on peut emmener les équipes vers une situation qu'on veut leur faire vivre
04:45pour tirer le son de ça et grandir dans cette expérience.
04:48Ça peut être quoi ?
04:48Ça peut être des jeux ?
04:49C'est des jeux immersifs ?
04:50C'est quoi les outils que vous utilisez ?
04:53Alors, il y a plusieurs leviers dans le team building.
04:56Parce que ce qu'il faut savoir aussi, c'est qu'on est aussi dans la formation.
04:59On a le team building et la formation, qui sont deux métiers qu'on a croisés.
05:02On est Calliope, donc on est capable de souscrire à tous les prévretés de la formation.
05:05De la même manière, de manière fun, on utilise les leviers de la formation,
05:09du coaching, de l'accompagnement, mais aussi du fun,
05:11parce qu'on apprend bien quand on s'amuse.
05:13Parce que pour le coup, on prend du plaisir à le faire.
05:16Et de tout ce qu'on peut prendre en développement personnel, mindset et autres.
05:20Nous vous dites que les prix ont baissé.
05:21Ça veut dire que les clients, aujourd'hui, à une époque,
05:23on ne regardait absolument pas à la dépense.
05:25On louait une quarantaine de Porsche, on faisait des tours de circuit.
05:27J'ai l'impression que tout ça, ça a un peu baissé au profit de team building,
05:31je dirais plus managériaux, leadership, impliquants.
05:35Est-ce que c'est vers ça que les équipes ou les dirigeants vont ?
05:38Ceux qui achètent ?
05:39Oui et non.
05:41Oui et non, pourquoi ?
05:43Ils veulent soit du fun total, soit...
05:45C'est exactement ça.
05:45Voilà, ras-le-bol, on s'éclate.
05:46Oui, c'est ça.
05:47Ou on fait de l'apérothérapie, ce qui ne marche absolument pas sur une équipe.
05:49Si l'apéro suffisait à fédérer une équipe, on les aurait.
05:52Ça fait quand même quelques paires d'années que les gens prennent des apéros.
05:55Oui, aussi, mais il faut en prendre, je ne dis pas que c'est...
05:56En tout cas, ça ne règle pas les sujets.
05:58Ça ne règle pas les sujets de fond, quoi qu'il arrive.
06:00Il n'y a qu'avec des outils spécifiques, avec des coachs et des formateurs qu'on peut...
06:03Donc, soit ils vous disent qu'on veut du fun total,
06:05parce qu'on veut faire un break et qu'on veut se retrouver autrement,
06:07soit vous y mettez des pincées à l'intérieur avec des messages qui passent du dirigeant, du RH,
06:12c'est ça l'idée.
06:12Ça, exactement.
06:13On a créé des scénarios sur mesure pour des grands groupes du bâtiment
06:16où on accompagne 200 personnes vers une idée commune.
06:19On leur fait vivre l'expérience, ils comprennent l'idée,
06:21on leur dit, voyez, ce que vous avez vécu, c'est exactement votre quotidien,
06:23finalement, et vous y arrivez hyper bien, en réalité.
06:25Donc, en fait, vous créez aussi des chocs.
06:27Oui.
06:27Sur le coup, on se dit...
06:28Voilà, donc vous leur faites faire le pas de côté pour qu'ils regardent autrement leur...
06:32Ouais, c'est passionnant.
06:34Toujours dans le respect de chacun et de l'utilisateur.
06:36Et de la sécurité.
06:37Quand on dit choc, il faut modérer le propos, mais...
06:40C'est ludique, ça reste très ludique.
06:41Mais on crée une distorsion, oui.
06:44Et il y a des moments où vous dites à un client avant de nous quitter,
06:46non, ça, je ne fais pas, je ne fais pas le saut en parachute, en faisant triple saut périlleux.
06:49Alors, mais ça, on a eu des demandes un peu particulières, je ne donnerai pas de nom, bien sûr,
06:53mais des gens qui disent, bon, alors j'ai des gens licenciés,
06:54vous pouvez m'organiser une expérience pour pouvoir avoir des arguments pour le faire.
07:00Absolument jamais on ne rentre dans ce terrain-là.
07:02On a une éthique et des valeurs très fortes, et du coup, on reste dans ce qu'on sait faire.
07:05Parce que pour le coup, c'est un outil très puissant dans le changement.
07:08Absolument.
07:09Merci Aurélien Esposito d'être venu faire partager à la fois le concept,
07:13et puis les choses très concrètes que vous mettez en place,
07:15parce que ce n'est pas un concept,
07:16CEO de Human Experience, une autre manière d'aborder, de vivre un team building.
07:22Merci de nous avoir rendu visite,
07:23puisque c'est venu il y a deux ans de nous rendre visite.
07:25J'ai de la mémoire.
07:26Merci Arnaud.
07:27A très bientôt et bon vent.
07:29On tourne une page, on s'intéresse à l'IA générative à travers une étude du BCG.
07:32comment s'approprient les salariés cette nouvelle technologie
07:37qui à la fois leur fait peur et qui commence à être de plus en plus présente dans notre quotidien.
07:42On en parle dans le Cercle RH, c'est notre débat, et j'accueille mes invités.
07:45Le Cercle RH, c'est notre débat pour parler de l'IA générative.
08:01On en a beaucoup parlé sur ce plateau.
08:04C'est un sujet dont vous parlez beaucoup.
08:05Et d'ailleurs, vous utilisez beaucoup l'IA générative sur votre smartphone,
08:09notamment de Tchab GPT pour la marque la plus connue.
08:12où en est-on justement dans l'appropriation de cette IA générative ?
08:16On en parle avec mes invités.
08:18Vinciane Beauchene, ravi de vous accueillir.
08:20Vous êtes spécialiste RHIA au BCG et vous portez une étude qui est très intéressante.
08:26Et on va la commenter avec des chiffres.
08:28On voit qu'on s'approprie de plus en plus cette IA,
08:30mais qu'il peut y avoir peut-être une fracture.
08:32On y reviendra dans quelques instants.
08:34Et puis, Étienne Lecoeur est avec nous.
08:35Bonjour Étienne.
08:36Bonjour Arnaud.
08:36Très heureux de vous accueillir.
08:37Co-fondateur de Les Enthousias,
08:39qui est un groupement, une association d'entrepreneurs de plusieurs secteurs.
08:45Et vous expérimentez, vous analysez cette IA.
08:49On parlera du marketing, de la finance, des RH dans quelques instants avec vous.
08:53Et vous êtes conférencier par ailleurs.
08:55Merci d'être là.
08:56Commençons avec vous Vinciane.
08:57Parce que l'étude BCG, elle dit qu'on s'approprie de plus en plus l'IA,
09:02mais on voit quand même qu'il y a déjà une différence entre les dirigeants,
09:06ou les cadres, et les salariés employés.
09:09Est-ce que c'est déjà une première ligne de fracture dans cette étude ?
09:13Oui, tout à fait.
09:14On voit vraiment une IA à deux vitesses qui est en train de se dessiner.
09:18Aujourd'hui, si on parle d'adoption, les gens qui utilisent régulièrement l'IA,
09:21on est à 72%.
09:23Mais il y a un vrai écart entre les dirigeants,
09:25qui sont plus de 80% à utiliser l'IA de façon très régulière.
09:2885% je crois, non ?
09:29Oui.
09:30De façon régulière.
09:31Et les salariés, qui ne sont que 1 sur 2.
09:34Et on a sondé 11 000 salariés dans 10 pays,
09:38mais on a focalisé sur des gens qui ont un intérêt à utiliser l'IA.
09:41On n'est pas allé chercher les gens dans les usines,
09:43mais vraiment ce qu'on appelle les white collars, les cadres,
09:45donc qui ont une raison d'utiliser l'IA.
09:47Et pourtant, ils ne sont que 1 sur 2 à utiliser l'IA de façon régulière.
09:50Et autre indice intéressant,
09:52c'est qu'on fait cette étude année après année.
09:54On l'a fait depuis 2018,
09:56donc on a eu l'occasion de suivre un petit peu la progression.
09:59Par rapport à l'an dernier, les salariés stagnent.
10:02Donc les dirigeants, les managers intermédiaires
10:04continuent à progresser dans l'utilisation de l'IA.
10:07Plafond de verre sur les salariés.
10:09Ça, c'est une des fractures.
10:10L'autre fracture intéressante aussi, c'est géographique.
10:13On voit qu'en fait, les pays du Sud utilisent énormément l'IA.
10:15On est à des taux d'adoption au-delà de 90%.
10:18La France, l'Europe de façon générale,
10:20mais même les U.S. sont à plus à la traîne.
10:23On est dans les 60%,
10:24deux tiers des Français salariés qui utilisent l'IA.
10:27On va revenir, j'évoquais la manière dont s'approprient les métiers,
10:30parce que c'est ce que vous observez aussi.
10:31Mais dans l'étude BCG que vous avez examinée,
10:34il y a une donnée que je trouvais très intéressante.
10:35L'accès à l'outil, 54% des répondants en général et 45% en France,
10:42et ça, c'est intéressant pour les dirigeants d'entreprises,
10:44utiliseraient, disent-ils, des outils IA,
10:46même s'ils n'étaient pas autorisés.
10:49Donc, le phénomène est très répandu.
10:51Ça veut dire quand même que ça interroge les dirigeants que vous croisez
10:54et ceux qui sont chez les enthousiastes,
10:55c'est de dire discrètement aux toilettes, tranquillement,
10:58on va aller chercher le doc.
11:00C'est un vrai sujet d'ailleurs de protection des datas,
11:02des données de l'entreprise.
11:03C'est inquiétant, ça, quand même, ça.
11:04Oui, oui, c'est inquiétant.
11:06Effectivement, il faut, je pense, adresser le sujet de manière raisonnable.
11:11C'est pas le Far West, l'IA, pour paraphraser Clara Chapaz.
11:15C'est pas le Far West.
11:16Il y a des cadres qui doivent être mis en place,
11:19une gouvernance de l'IA qui doit être mise en place en interne à les entreprises.
11:22Après, chacun peut expérimenter l'IA chez soi,
11:26sur ses appareils domestiques,
11:28mais le cadre de l'entreprise est un cadre qui est quand même réglementé
11:31pour ne pas faire n'importe quoi, effectivement.
11:32Mais, Etienne, on a son ordinateur ou sa tablette professionnelle,
11:36puis à côté, on a son smartphone.
11:38Enfin, je veux dire, il y a beaucoup de salariés qui vous disent
11:39qu'évidemment, ils sont sur le smartphone
11:41et vont sur l'IA pour accélérer leur processus,
11:44on va dire, à la rapidité et la compétitivité.
11:47Ça se fait.
11:47Alors, ça se fait.
11:48Et c'est pas très légal, d'ailleurs.
11:49Non, mais c'est intéressant parce que nous,
11:51à travers cette étude que l'on mène avec KPMG,
11:54qui s'appelle Trends OVI,
11:55qui a un rythme annuel identique à celle qui a été présentée par Vinciel,
11:58c'est une étude annuelle qui adresse huit métiers cette année.
12:01Quatre métiers l'an passé, huit métiers.
12:03Marketing, finance, RH, achat, relation client, supply chain, risk management.
12:08Donc, c'est intéressant, d'ailleurs, de voir les bonnes pratiques
12:11mises en place par les différents métiers.
12:13En gros, il y a un quintet qui n'est pas dans le même ordre, selon les métiers.
12:16Vous parliez de l'usage personnel qui peut être fait par certains salariés.
12:21Alors, c'est bien et pas bien.
12:23Pourquoi c'est bien ?
12:24Parce qu'une certaine manière, ça rentre dans le scope de l'expérimentation.
12:28On a une phase de découverte.
12:29Donc, forcément, il y a des petits débordements.
12:32Ça va faire l'objet d'une note de cadrage, je pense,
12:34dans les différentes entreprises assez rapidement.
12:36Donc, il y a un sujet d'expérimentation qui est très important dans l'IA.
12:39Et donc, ça, ce que vous pointez, Arnaud, en fait partie.
12:42Et d'ailleurs, l'expérimentation doit assez rapidement montrer
12:45s'il y a un bénéfice, s'il y a de la création de valeur ou s'il n'y en a pas.
12:49On va dire en bon français, fail, but fail fast.
12:52Poc, oui, mais si ça ne marche pas, on arrête, on passe à autre chose.
12:55On y terre et on avance.
12:56Premier point, ça, c'est l'expérimentation.
12:57Deuxième point, évidemment, crucial pour la bonne mise en œuvre de projets IA en interne,
13:01c'est d'attacher une attention particulière à la donnée, la data.
13:04Il faut qu'elle soit homogène, il faut qu'elle soit nettoyée,
13:08il faut qu'elle soit centralisée.
13:10Il faut donc une gouvernance de la data.
13:11Ça, c'est un enseignement très fort.
13:13Je pense qu'il y a quelques années...
13:14Il y a des éléments qui font écho dans votre étudiant.
13:16Mais il y a quelques années, la hantise de mes clients, c'était le shadow IT.
13:19Maintenant, c'est le shadow AI.
13:20Et le problème, c'est que cet expérimentation...
13:22C'est un gros sujet, ça, quand même.
13:23Complètement.
13:24Et avec des vrais risques, la data...
13:26Ah oui, de fuite de données...
13:28Mais je pense qu'un autre sujet, c'est cette expérimentation.
13:31Elle est intéressante, en effet, pour susciter l'adoption.
13:35Mais sans formation, elle amène à un certain nombre de risques,
13:38parce qu'il n'y a pas de prise en compte...
13:3936% seulement des personnes interrogées indiquent qu'ils ont reçu une formation de qualité en IA.
13:44C'est-à-dire qu'il y a des formations, mais ils disent globalement,
13:46ça ne m'a pas servi à grand-chose.
13:47C'est ça, hein ?
13:47Exactement.
13:48Et on voit que ça a un vrai impact sur l'adoption,
13:50parce que dès lors que vous formez les gens plus de 5 heures sur le terrain,
13:53avec du coaching dans le cadre du travail...
13:56Là, oui.
13:56Vous réussissez vraiment à passer un cap.
13:58Et par ailleurs, vous réussissez à éviter un certain nombre d'écueils qu'on évoquait.
14:01Mais sur le sujet de l'expérimentation,
14:03on voit aussi qu'en fait, aujourd'hui,
14:05on a la moitié des salariés qui utilisent régulièrement l'IA,
14:09par jour, à peu près, grâce à l'IA.
14:12Donc, ça a un vrai impact.
14:13Et pourtant, on a aujourd'hui 60% des entreprises qui disent
14:16« je n'ai pas réussi à tirer de la valeur de l'IA ».
14:18Et on n'a que 5% des entreprises qui disent
14:20« moi, ça y est, j'ai de l'IA, de la valeur à l'échelle. »
14:24Donc, on est encore sur la ligne de crête.
14:25C'est-à-dire qu'on fait des essais, on a des cas pratiques,
14:28on tâtonne, on expérimente.
14:30Quand on parle de l'IA génératif pour les collaborateurs,
14:32qu'on soit bien d'accord ensemble,
14:34ce n'est pas l'outil qui est mis en place par l'entreprise,
14:36c'est le CHAP-GPT que j'ai installé sur mon téléphone.
14:38Est-ce qu'on parle bien de la même chose ?
14:40C'est toujours la même histoire du mec hors bail.
14:44C'est soit l'entreprise développe son propre LLM,
14:47son propre système,
14:48en quel cas il y a un cadre,
14:49un circuit fermé, sécurisé,
14:51soit on arrive dans une logique qui est un peu moins maîtrisée,
14:53qui est moins chère,
14:54qui est plus facile à mettre en œuvre,
14:56plus rapide à mettre en œuvre,
14:57mais qui naturellement comporte des risques.
14:59Un autre élément peut-être que je voulais vous partager
15:02sur le fruit de cette étude qualitative
15:04qu'on a menée entre mars et juin
15:06au contact de 100 décideurs de ces 8 fonctions.
15:08C'est donc le troisième point
15:10après l'expérimentation
15:11et l'importance attachée à la donnée,
15:14c'est avoir le sponsoring de la direction.
15:17Pourquoi c'est hyper important ?
15:18Évidemment, ça va conditionner des investissements,
15:20ça va conditionner une trajectoire,
15:22mais ce qui est fondamental,
15:23c'est bien d'être adoubé par le pape,
15:26c'est une bonne chose,
15:27mais derrière, il faut que l'IA rentre
15:29dans la feuille de route stratégique de l'entreprise.
15:31Ce n'est pas tout de décréter.
15:32Là aussi, point commun avec l'étude BCG.
15:35Vous dites exactement la même chose,
15:37c'est que si on ne transforme pas l'orga
15:40en accompagnant l'IA, ça ne marche pas,
15:43c'est du plaquage, ça ne fonctionne pas,
15:44c'est ce que vous dites.
15:44Il faut avoir une approche en profondeur
15:46en annularité des sujets d'IA.
15:48C'est la même chose.
15:49Dans cette étude, nous, on a réussi à montrer
15:51qu'aujourd'hui, seuls 25% des salariés
15:52considèrent qu'ils sont encadrés,
15:55soutenus par leur direction de façon appropriée.
15:58Et là encore, ça, c'est un des leviers
16:00les plus forts en termes de susciter l'adoption.
16:02Vous nous décrivez dans un moment
16:04de transformation de notre société,
16:06je ne parle pas des sujets politiques et géopolitiques,
16:08je parle vraiment de notre entreprise,
16:09on est un peu dans une forme de zone grise,
16:12on est un peu dans une intermédiaire,
16:14une zone intermédiaire, vous êtes d'accord ?
16:15On ne sait pas trop où vraiment on va aller là.
16:18Et on parlait de la création de valeur
16:20qui, in fine, est la question,
16:21puisqu'on parle beaucoup d'adoption,
16:22mais in fine, les compadnie qui mettent
16:24quand même pas mal d'argent là-dedans,
16:25c'est la question de, est-ce que ça crée de la valeur ?
16:28Pour moi, il y a une vraie différence
16:29entre je fais de l'adoption,
16:31j'essaie d'encourager les gens à utiliser des outils
16:34qui existent sur étagère
16:36ou qu'on a développé spécifiquement.
16:37C'est de l'éveil.
16:38C'est de l'éveil, quoi.
16:39Et vraiment repenser la façon dont on travaille,
16:42la façon dont les processus fonctionnent
16:44au sein de l'entreprise.
16:44Ça, c'est quelque chose qu'on a aussi regardé
16:46dans le cadre de l'étude.
16:47On s'est posé la question,
16:48quelles sont les compagnies qui se contentent
16:49de déployer un chat GPT
16:51et d'encourager l'utilisation ?
16:52Quelles sont les compagnies qui se posent
16:55vraiment la question de,
16:56qu'est-ce que ça change, in fine ?
16:57Comment est-ce que ça m'aide
16:58à repenser la façon dont je travaille ?
17:00Aujourd'hui, une compagnie sur deux
17:01fait un vrai travail de ce que nous,
17:03on appelle reshape,
17:04de réinvention des processus.
17:06Et ce qu'on a réussi à démontrer,
17:07c'est que dès lors qu'il y a ce travail
17:08de fait sur la réinvention,
17:10un, ça suppose plus d'investissement,
17:12et ça, c'est d'où le point
17:13sur la direction générale.
17:15Il faut investir plus dans la tech,
17:17mais aussi dans l'humain.
17:19Parce qu'en fait, il y a un vrai travail
17:19de formation, d'évolution,
17:21de gestion du changement.
17:23Jean, on ne l'a pas dit,
17:23mais il reste encore des salariés
17:24qui considèrent qu'il va supprimer
17:26leur travail.
17:2741%.
17:2741%.
17:28On ne l'a pas dit,
17:29mais ça, c'est l'élément
17:30contre lequel c'est la phrase clé.
17:32Oui, d'accord, mais enfin,
17:33je perds mon boulot.
17:34Vous êtes d'accord ?
17:35Donc, il y a quand même un enjeu
17:36d'angoisse quand même autour de ça.
17:37Et donc, il faut investir plus,
17:42du budget d'investissement.
17:43Il doit être consacré à la gestion
17:44du changement, à l'humain,
17:45à la refonte des processus.
17:47Mais la bonne nouvelle,
17:47c'est que quand vous faites ça,
17:48vous tirez aussi beaucoup plus de valeur.
17:49C'est ce que j'allais vous dire.
17:50Plus de valeur en termes
17:51de niveau d'adoption,
17:52en termes de temps sauvé,
17:54mais aussi en nombre de salariés,
17:55en proportion de salariés
17:56qui vous disent, moi, maintenant,
17:57je passe du temps
17:58sur des tâches plus stratégiques,
17:59plus fortes valeurs.
18:00J'économise du temps
18:01pour en gagner sur d'autres tâches.
18:02C'est quand même ça, l'enjeu.
18:03Mais c'est intéressant ce qu'on entend.
18:05C'est-à-dire qu'il y a quand même
18:07aujourd'hui à la fois
18:08une appropriation
18:08et une angoisse un peu existentielle
18:10sur l'outil.
18:11C'est contre ça qu'il faut lutter.
18:12Mais dans votre étude,
18:13on voit que par secteur,
18:14marketing, génial.
18:16Les ventes, ils sont à fond.
18:17Mais après, il y a des secteurs
18:18sur lesquels on met un peu plus
18:19le pied sur le frein.
18:20La finance, un peu les RH.
18:23Comment vous l'expliquez ?
18:24On n'est pas uniforme face...
18:26Absolument pas.
18:27On n'est pas égaux devant l'IA.
18:28Devant l'IA.
18:29C'est une formule.
18:30C'est une formule qui n'est pas magique,
18:31mais qui est pragmatique.
18:33Et pour reprendre l'exemple
18:34de la finance, par exemple,
18:35puisque vous le pointez, Arnaud,
18:38évidemment, la finance joue
18:39avec des données
18:41qui sont particulièrement sensibles.
18:43Donc, dès lors qu'on a un système
18:44qui est ouvert,
18:45on ne va pas injecter les données.
18:46Donc, déjà, on n'est pas
18:47à la même vitesse
18:48qu'une étude marketing
18:49qui va générer des images
18:50avec tel ou tel outil
18:51qui sera en freemium.
18:53Bon, il y a effectivement
18:54des disparités
18:55par rapport au métier.
18:57Je reviens sur ce fameux quintet.
18:58On l'a évoqué avec Vinciane,
19:00la question de la formation
19:01est fondamentale.
19:02C'était le quatrième point.
19:03Il y a un cinquième point
19:04qui peut peut-être être mis en avant
19:06qui ressort encore une fois
19:06de cette étude qualitative.
19:08C'est la communication.
19:09C'est-à-dire qu'il y a en interne
19:11la nécessité aussi
19:13de parler en toute transparence
19:14de la manière dont ça appréhende
19:17l'IA, les entreprises,
19:18que ce soit positif,
19:20que ce soit négatif.
19:21Encore une fois,
19:22stop and go.
19:22On met sur la table.
19:23Il faut parler des choses
19:24de manière très transparente.
19:25Et pourquoi ne pas avoir
19:26un référent IA
19:27qui, de manière transversale,
19:29veut observer ce qui se passe
19:29et rendre des comptes
19:31essayez d'évangéliser.
19:32Pourquoi évangéliser ?
19:33Parce qu'il y a trois catégories
19:34de personnes face à l'IA
19:36en entreprise.
19:37Il va y avoir les enthousiastes
19:38que je vais essayer de représenter.
19:41Il va y avoir les réfractaires
19:42qu'il va falloir embarquer,
19:44convertir au risque
19:45qu'ils s'isolent
19:46et qu'ils perdent
19:47potentiellement leur travail
19:48parce qu'en gros,
19:49un salarié ne va pas disparaître.
19:50Il va être potentiellement
19:50remplacé par un salarié
19:51quand il a les mêmes compétences
19:52augmentées par l'IA.
19:53C'est ça le sujet.
19:54C'est un peu ça le sujet.
19:55Et puis, il y a les neutres.
19:56Il y a ceux qui sont
19:57un peu dans une zone grise,
19:58comme vous le disiez,
19:59qui ne savent pas trop
19:59sur quel pied d'en c'est
20:00et qu'il va falloir accompagner
20:01pour qu'ils puissent voir
20:03le bénéfice qu'ils puissent
20:04en tirer au quotidien.
20:04Vinciane, évidemment,
20:07Étienne, mais il y a
20:08le grand jeu des ROI
20:09parce que ce sujet
20:10de l'investissement,
20:12c'est que les dirigeants
20:13aujourd'hui,
20:13dans une crise économique
20:14dans laquelle certaines entreprises
20:16sont, se disent
20:16mais attendez,
20:17moi, je veux bien investir
20:18sur des outils très onéreux.
20:19Moi, mon ROI, c'est quoi ?
20:21On gagne du temps,
20:22mais est-ce que derrière,
20:23moi, ça, vous avez réussi
20:25à tirer aussi la ficelle
20:26sur ce sujet ?
20:26On a regardé.
20:27Alors, c'est assez intéressant
20:28de voir qu'aujourd'hui,
20:30pour les compagnies
20:31qui sont juste dans une logique
20:32de déploiement d'outils,
20:34pas encore de refonte intégrale
20:36des processus
20:36dans la façon de faire, etc.
20:38Ils n'ont qu'un tiers
20:38à mesurer la valeur.
20:39Donc, déjà,
20:39il y a toute une série d'entreprises
20:40qui sont en train de faire
20:41un chèque en blanc
20:42et qui ne mesurent pas la valeur.
20:43La mesurabilité d'une action.
20:45Après, moi, ma conviction,
20:46notamment sur les écarts
20:47et l'égalité face à l'IA,
20:48c'est que même ceux
20:49qui mesurent la valeur
20:50ne sont pas encore allés
20:52au bout du geste.
20:53On reste sur des logiques
20:54très, très court-termistes,
20:55entre guillemets.
20:56On regarde si on gagne du temps
20:57et si on gagne de l'argent.
20:58Nous, on pense qu'il faut
20:59avoir une définition
20:59plus large de la valeur.
21:01Travailler plus en profondeur.
21:03Et regarder,
21:03y compris des questions sur
21:04est-ce que ça génère
21:06plus de joie au travail ?
21:07Est-ce que ça génère
21:08de l'engagement ?
21:09Oui, ce n'est pas
21:09que du business quantitatif.
21:10Est-ce que je comprends
21:11ce qui compte vraiment
21:12pour mes clients,
21:14pour mes partenaires ?
21:15Est-ce que je dégage du temps
21:16pour aller faire du sport ?
21:17Non, mais vous parlez
21:18de dégager du temps.
21:19L'option.
21:19Et on voit d'ailleurs
21:20que si on ne guide pas,
21:22les salariés,
21:23le temps qu'ils gagnent,
21:23ils le réinvestissent
21:24là où ils le sentent, en fait.
21:25On le peut aussi pour certains.
21:27On le peut,
21:27donc ça finit par être diffus
21:29et être très dilué.
21:31Mais cette question
21:31de la valeur
21:32qui doit dépasser
21:33la question de la productivité,
21:35elle est clé.
21:35Aujourd'hui,
21:36elle est mal appréhendée
21:36au sein des entreprises.
21:37Ce débat est passionnant.
21:38Il est porté par deux études
21:40passionnantes.
21:41Celle du BCG
21:41qu'on peut découvrir évidemment
21:42sur le site du BCG.
21:45Portée par vous,
21:46Vinciane Beauchel,
21:47merci d'être venu.
21:47Etienne Lecoeur
21:48sur le site des enthousiastes,
21:49si je ne m'abuse.
21:50Sur la page LinkedIn.
21:51LinkedIn des enthousiastes
21:52et KPMG
21:53qui travaille avec vous
21:54sur cette étude.
21:56Et on voit bien
21:56des passerelles
21:57et des points communs.
21:59Donc c'était intéressant
21:59de vous réunir
22:00sur le même plateau
22:01parce que vous portez,
22:02je crois,
22:02les mêmes convictions
22:03aux entreprises
22:04ensuite de s'emparer
22:05et aussi aux salariés,
22:06si je ne m'abuse,
22:07d'accord,
22:07de pouvoir s'emparer
22:09de ces sujets.
22:09Peut-être pas en clandestin
22:11parce que c'est un peu
22:12le sujet qui a été posé
22:13mais de manière
22:14très officielle et ouverte.
22:15Vous êtes d'accord avec ça ?
22:16Absolument.
22:16Ne vous cachez pas aux toilettes
22:17pour consulter de chaque GPT.
22:19Faites-le chez vous.
22:20Ou faites-le chez vous
22:21si évidemment
22:24merci à vous.
22:24C'était un vrai plaisir
22:25de partager ce débat avec vous.
22:27On tourne une page.
22:28On va s'intéresser
22:28à un sujet qui va vous intéresser.
22:30C'est un livre.
22:31Et si on faisait une pause,
22:32c'est une chercheuse
22:33qui s'intéressait
22:34à toutes les pauses
22:35et tous les moments,
22:36les interstices.
22:37Vous savez,
22:37on va justement
22:38faire sa pause café
22:39quand on va aux toilettes.
22:41Toutes ces réunions,
22:41on rêvasse,
22:42on ne travaille pas,
22:43on ne produit pas.
22:44Ça s'appelle La Pause
22:45et elle en a écrit un livre
22:46qui est absolument passionnant.
22:48J'accueille l'autrice.
22:54Le livre de Smart Job.
23:04On se fait une pause ?
23:05Point d'interrogation.
23:05Vous l'avez tous dit,
23:07je l'ai dit,
23:08cette petite phrase
23:08qui fait qu'on a envie
23:09de faire une petite pause
23:10dans sa journée de travail,
23:11café, réunion,
23:12pause sur Internet.
23:13Ce que le non-travail dit de nous
23:15chez Viber,
23:16écrit par Sophie Roche.
23:17Elle est notre invitée.
23:18Bonjour Sophie.
23:19Bonjour, merci.
23:20Je suis très heureux
23:21de vous accueillir
23:21parce que j'ai pris
23:23un plaisir immense
23:23à lire ce livre.
23:25Je précise que ce livre
23:26est le fruit
23:26d'un travail de thèse
23:28parce que vous êtes
23:28une chercheuse.
23:29Tout ça est un travail
23:30très sérieux
23:30sur le non-travail,
23:32gratifié d'ailleurs
23:33du premier prix solennel
23:34de la thèse
23:34de la chancellerie
23:35des universités
23:36en 2024.
23:37Faut-il le préciser ?
23:39Cette thèse sort en livre
23:41et vous êtes par ailleurs
23:42professeure-chercheuse
23:43à l'ESCP Business School.
23:47Plein de choses dingues.
23:49Comment vous est venue
23:50l'idée de vous pencher
23:51de ce que moi j'appelle,
23:52je ne sais pas si vous
23:53le validerez,
23:54un peu le monde
23:54microbien du travail ?
23:56Chose qu'on ne voit pas
23:56à l'œil nu
23:57mais qui en fait
23:58est partout.
23:59C'est ça.
23:59En fait, c'est un peu
24:00la face cachée
24:01de la vie en organisation.
24:03Ça m'est venu
24:04il y a très longtemps
24:05quand j'étais en école
24:05de commerce
24:06que je faisais mes études
24:07en Master 2.
24:08J'ai fait mon mémoire
24:09de fin d'études
24:09sur la série The Office
24:11que je trouvais
24:12hyper paradoxale
24:14parce que d'un côté
24:15ça représentait super bien
24:16la vie quotidienne
24:18au travail
24:18et en même temps
24:19forçait de constater
24:20que les gens
24:20ils travaillent très peu
24:21dans la série
24:21et je me suis dit
24:22il se passe quelque chose
24:23d'étonnant.
24:24On entend tout le temps
24:25qu'il faut travailler plus,
24:27qu'il faut être sans cesse
24:28efficace, productif,
24:29sérieux au travail
24:30et pourtant
24:30la vie quotidienne au travail
24:32elle est peuplée
24:33de moments pas du tout
24:34efficaces, productifs, etc.
24:36Et je me suis dit
24:37ça peut être intéressant
24:38de se pencher
24:38sur cette question.
24:39Donc j'ai fait mon mémoire
24:40de Master 2 là-dessus
24:41avec une sociologue
24:42des médias
24:43en tutrice
24:45et après j'ai fait
24:46mes premières expériences
24:47professionnelles
24:47et puis en fait
24:48très vite
24:49je me suis dit
24:49que je voulais me lancer
24:50dans une thèse
24:50sur ce sujet.
24:52Vous avez très bien fait
24:53parce qu'on y découvre
24:54évidemment tout ce qu'on peut vivre
24:56la pause apéritif
24:58la pause typique
24:58avec le rendez-vous médicaux
25:00qui est un peu une fuite
25:01les pauses cigarettes
25:02et puis vous abordez
25:03le sujet le plus tabou
25:03dans ce livre
25:04et vous le dites
25:05vous avez eu un mal fou
25:06à pouvoir extraire
25:07cette réalité
25:08c'est-à-dire les pauses toilettes
25:09qui sont des temps passés
25:11en dehors
25:12de son lieu de travail
25:13qui sont quoi ?
25:14Comment on les analyserait ?
25:15Parce qu'il y a ceux
25:16qui mettent même
25:16dans leurs agendas
25:17des avocats
25:17qui m'ont
25:17avant le rendez-vous
25:19je suis parti
25:19pause toilette
25:20enfin tout est écrit
25:21c'est absolument incroyable
25:22c'est quoi ?
25:23C'est un moment de fuite
25:24c'est un moment de refuge ?
25:26Alors c'est très intéressant
25:27parce que c'est ambivalent
25:28comme à peu près
25:28toutes les autres activités
25:30de non-travail
25:30que j'ai collecté
25:31j'en ai collecté 38
25:3238 exact
25:33voilà
25:34j'ai fait une méthodologie
25:35un peu bizarroïte
25:36parce qu'au départ
25:37je me suis dit
25:37en recherche
25:38sciences humaines qualitatives
25:40ça peut être pas mal
25:41d'observer les gens
25:44parce que si les gens
25:45se savent observer
25:46ils attendent qu'ils travaillent
25:48donc du coup
25:49pour contourner cet obstacle
25:50qui fait qu'en fait
25:51finalement le non-travail
25:52est assez tabou étonnamment
25:53je suis passée par des proches
25:55à qui j'ai demandé
25:56de noter sur un journal de bord
25:57ce qu'ils considéraient eux
25:58comme leur non-travail
25:59dans leur propre quotidien
26:00Effectivement
26:01on a l'indice
26:02de ceux de vos proches
26:02mais quand même
26:03il y a des gens
26:04qui vous ont dit
26:04droit dans les yeux
26:05écoute moi ma journée de travail
26:06en fait qui est prévue
26:07sur 7h30
26:08globalement
26:09on travaille effectif
26:10j'ai fait 1h30
26:10est-ce qu'il y a des gens
26:11qui ont le courage
26:14et c'est plutôt l'inverse
26:16qui s'est passé
26:16il y a des gens
26:17qui m'ont inscrit
26:17des plages horaires
26:18très importantes
26:19sans pause
26:20et après on est revenu dessus
26:23en entretien
26:23et je leur demandais
26:25mais là t'es sûr
26:26que t'as pas eu un moment
26:27de décrochage etc
26:28et ils me disaient
26:28mais j'y réfléchis
26:29et je pense qu'effectivement
26:30j'ai pas dû le noter
26:31mais en fait il y a forcément
26:32des moments où j'ai décroché
26:33et donc c'est tellement multiforme
26:35et tellement cousu
26:37au rythme de travail
26:39le non-travail
26:39que parfois même
26:40la personne se rend même pas compte
26:41qu'elle décroche etc
26:42mais en fait vous soulevez
26:43à travers ça
26:44il faut lire ce livre
26:45parce que ça nous renvoie
26:46à nous-mêmes
26:46parce que nous sommes
26:47sur notre lieu de travail
26:48nos pauses
26:50la pause déjeuner
26:51enfin toutes ces pauses
26:52tous ces moments
26:52et vous parlez aussi
26:53des réunions
26:54un mot
26:54enfin là c'est hallucinant
26:56c'est même drôle
26:57quand on ouvre l'ordinateur
26:58il y a la visio
26:58ça démarre en 11h
26:59mais elle démarre en 11h07
27:00au bout de 10 minutes
27:02la personne complètement
27:03s'envole par sur autre chose
27:04ouvre l'ordinateur
27:05travaille à côté
27:06une sorte de vacuité
27:08aussi dans tout ça
27:09quelque chose d'inutile
27:10en fait
27:11alors c'est ça qui est très intéressant
27:12l'élément pivot
27:13pour distinguer
27:14le non-travail du travail
27:15c'est l'idée d'utilité
27:16et en fait
27:16elle n'est pas forcément placée
27:17où on le pense
27:18parfois il y a du non-travail
27:19qui s'avère extrêmement utile
27:20et à l'inverse
27:21du travail
27:22qui est très représentatif
27:24du quotidien de travail
27:24type les réunions
27:25qui en fait
27:26est le parangon
27:27d'inutilité
27:27pour les personnes
27:28que j'ai interrogées
27:28et donc c'est une inversion complète
27:30en fait
27:30du rapport à ce qui est utile
27:31efficace et productif
27:33mais ça renvoie
27:33ce livre aussi
27:34à ce que
27:35le sujet sur lequel
27:37se penche notre classe politique
27:38c'est à dire
27:38la productivité
27:39la compétitivité
27:40l'idée de travailler
27:41au-delà de 35 heures
27:42quand on lit votre livre
27:43on se dit
27:43mais déjà
27:44si on travaillait pleinement
27:45nos 35 heures
27:46parce qu'en fait
27:46vous décrivez un monde
27:47où on travaille
27:48un peu comme dans la série
27:49par intermittence
27:51en fait
27:51tout à fait
27:51et je pense que
27:52ça en dit long
27:53sur le travail réel
27:55en fait
27:55le travail réellement exercé
27:56par les individus
27:57au plus près de leur intimité
27:58donc c'est pour ça
27:59qu'on parlait de la postolette
28:00enfin il y a des choses
28:01très intimes
28:01qui m'ont été confiées
28:02dans ce que m'ont dit
28:03mes participants
28:04parce que je pense que
28:05on a une vision trop linéaire
28:06en fait du travail
28:07et du processus de travail
28:09qui en fait
28:09se construit
28:10se déconstruit
28:11on est interrompu
28:12on travaille
28:13en dépit des autres
28:14en dépit de soi-même
28:15parfois
28:15et donc en fait
28:16arriver à purement
28:17bien travailler
28:18à être vraiment concentré
28:19et efficace
28:20c'est très dur
28:20et c'est sur des plages
28:22très courtes
28:23exactement
28:23lisez le livre
28:25de Sophie Roche
28:26qui est une enseignante
28:27chercheuse
28:28à l'USCP Business School
28:29enfin qui s'apprête
28:30post-doctorante
28:31post-doctorante
28:32pas de bêtises
28:33café réunion
28:34pause sur internet
28:35on se fait une pause
28:36édition
28:36libère
28:37lisez ce livre
28:39ça va vous faire sourire
28:40de très belles illustrations
28:41par ailleurs
28:42donc c'était aussi
28:42un livre très ludique
28:43merci à vous
28:44merci Sophie
28:45d'avoir rendu visite
28:45j'espère que j'ai bien
28:46fait mon travail
28:47je suis resté très concentré
28:48en tout cas
28:48je peux vous le dire
28:49merci à vous
28:50merci de votre fidélité
28:51merci pour vos messages
28:52merci à Nicolas Juchat
28:53évidemment
28:54et à toute l'équipe
28:54qui m'aide à préparer
28:55cette belle émission
28:56je vous dis à très bientôt
28:57bye bye
28:57merci à tous
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