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  • il y a 4 mois
Mercredi 3 septembre 2025, retrouvez Pierre Ferracci (fondateur, groupe Alpha), Jean-Michel Pasquier (fondateur, KOEO) et Yvan Ricordeau (secrétaire général adjoint, CFDT) dans SMART JOB, une émission présentée par Arnaud Ardoin.

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Transcription
00:00Bonjour à tous, ravi de vous retrouver dans SmartJob, votre rendez-vous emploi RH Management,
00:12débat, analyse, expertise et vos rubriques habituelles évidemment.
00:15Bien dans son job aujourd'hui, on parle du mécénat de compétences.
00:18Alors on connaît le mécénat de compétences, mais c'est un mécénat particulier à destination des seniors.
00:23On en parle avec Jean-Michel Pasquet, il est le fondateur de Coeo, il est notre invité.
00:27Le cercle RH pour parler de cette rentrée sociale explosive des manifestations le 10 septembre et le 18 septembre.
00:35Elle sera portée par les partenaires sociaux. Que se passe-t-il ?
00:37On parlera évidemment du dialogue social et de la crise de notre démocratie.
00:42On en parlera avec nos experts, Yvan Ricordo, secrétaire général adjoint de la CFDT,
00:46et Pierre Ferracchi, président du groupe Alpha, fin connaisseur de ce dialogue social.
00:51On fera le point avec eux. Voilà le programme. Tout de suite, c'est bien dans Saint-Jean.
00:57Bien dans Saint-Jean pour parler du mécénat de compétences.
01:10Alors c'est un concept, un outil qui existe depuis un certain nombre d'années,
01:14mais on va en parler là parce qu'il est la destination des seniors.
01:17Et le seigneur, on en a aussi beaucoup parlé, c'est le sujet d'actualité du moment.
01:21On en parle avec vous, Jean-Michel Pasquet, vous êtes fondateur de Coeo.
01:25Coeo, d'abord un petit mot parce que quand on choisit le nom d'une entreprise que vous avez depuis 15 ans,
01:29on ne le choisit pas par hasard. Ça veut dire quoi ?
01:31C'est mon passé latiniste, n'est-ce pas ? Autre génération, ça veut dire je fais route avec toi, je fais chemin avec toi.
01:37Chemin avec toi.
01:37Voilà, ce qui est très symbolique pour le mécénat de compétences.
01:40Coeo, c'est une entreprise qui fait du mécénat de compétences tout âge.
01:44Qui fait de l'accompagnement opérationnel au mécénat de compétences
01:47pour inciter les parties prenantes, à mettre ça en musique en fait, sur le terrain.
01:51Aussi bien côté employeur que côté structure bénéficiaire.
01:54Juste pour que ceux qui nous regardent y voient clair, le mécénat de compétences c'est quoi ?
01:58On connaît le mécénat, on est mécène, mais le mécénat de compétences c'est quoi ?
02:02Si on veut la faire très courte, le mécénat de compétences c'est du bénévolat pendant le temps de travail.
02:06C'est-à-dire que c'est la possibilité pour un employeur de proposer à ses collaborateurs
02:10de s'investir pendant le temps de travail, donc de quelques heures à quelques mois,
02:13on le verra tout à l'heure, auprès d'associations locales d'intérêt général.
02:16Donc le salarié va, avec autorisation évidemment de sa équibilisation ?
02:20Voilà, bien sûr, c'est l'employeur qui incite en fait généralement.
02:23Il va se détacher dans une association ?
02:25Voilà, il reste rémunéré, même niveau de rémunération,
02:27mais pendant ce temps-là il va être effectivement au profit d'une association.
02:31Alors, vous avez fait pivoter ou évoluer en tout cas votre offre,
02:34puisqu'on va parler des seniors.
02:36Pourquoi faire ce focus sur les seniors ?
02:38Je parle bien d'accompagner des seniors.
02:40Oui, oui, complètement. On ne l'a pas fait évoluer en fait.
02:42Depuis 15 ans, on accompagne des seniors, mais c'est vrai qu'on voit depuis à peu près 4-5 ans
02:46une montée, une émergence très forte de l'accompagnement des seniors.
02:50Notamment, on l'a vu il n'y a pas longtemps, on a signé il n'y a pas longtemps la charte 50+,
02:53qui a été signée au ministère du Travail.
02:55Et c'est vrai que de plus en plus, les organisations préambent un petit peu ce qu'on appelle l'offboarding,
02:59c'est-à-dire qu'on parlait beaucoup d'onboarding quand on intègre des compétences,
03:02mais on traitait très peu la sortie.
03:05La sortie, c'est important parce que les gens, ils parlent ensuite,
03:07j'ai été 15 ans dans cette boîte, 30 ans, etc.
03:09Donc, c'est important.
03:10En tout cas, ça peut être des mauvais ambassadeurs de l'entreprise.
03:12Exactement, négatif.
03:13Et donc, ce qui est important, c'est de pouvoir proposer à des collaborateurs
03:16qui sont à 2 ou 3 ans de la retraite, des droits à la retraite,
03:19de partir en association.
03:20Ils restent rémunérés par l'employeur,
03:22mais ils partent entre 24 et 36 mois dans des associations
03:24pour construire vraiment des projets pérennes.
03:26Et nous, on a construit ça vraiment sous une forme de projet de vie,
03:30c'est-à-dire vraiment, on vous offre la possibilité de rebondir,
03:32de partir sur autre chose, pour éviter plusieurs syndromes,
03:34la placardisation, j'ai fait le tour de mon job,
03:37je sors éventuellement d'un burn-out, etc.
03:39Les changements de métier aussi, ça c'est important.
03:41Les transphos et les organes.
03:42Exactement, des métiers qui vont disparaître.
03:44Donc, c'est peut-être pas mal de pouvoir passer le témoin éventuellement
03:48à mi-temps avec quelqu'un en interne,
03:49et puis de travailler pour une association en parallèle.
03:52Donc, toutes ces choses-là qui font que le contexte devient de plus en plus favorable
03:56par rapport au mécénat senior.
03:57Ce que je trouve intéressant dans ce que vous décrivez,
03:59c'est l'aspect, alors pas nouveau,
04:01puisque quand on fait du mécénat de compétence,
04:02on y trouve du sens, en tout cas les témoignages de ceux qui s'engagent,
04:06mais là, il y a un double effet gagnant-gagnant.
04:08C'est-à-dire que vous remettez sur ses pieds un senior parfois un peu perdu dans la boîte,
04:11qui va pouvoir transmettre à quelqu'un qui lui-même est un peu perdu
04:15dans son association ou sa structure.
04:17Exactement, et à tel point que nous, on parle vraiment du collaborateur,
04:20de son parcours de vie, pas simplement de son parcours purement professionnel,
04:24quelqu'un qui nous dit « j'ai un petit neveu qui est autiste,
04:26j'ai envie de m'investir là-dessus »,
04:27évidemment, c'est quelque chose qui résonne énormément.
04:29Et puis, on va assez loin, puisque dans pas mal de cas maintenant,
04:32on va positionner le collaborateur sur un futur lieu de vie.
04:36Quelqu'un nous dit « là, j'ai une petite maison dans le perche »,
04:38ok, bingo, on va vous positionner d'entrer au travers du mécénat de compétence
04:42sur votre futur lieu de vie pour déjà vous impliquer,
04:47vous engager sur votre territoire futur.
04:49Mais vous qui venez des RH et qui avez aussi un parcours en tant que dirigeant
04:53dans une structure RH, c'est intéressant pour la RH ?
04:57Parce que ça évite, comme vous l'évoquiez, d'une rupture trop sèche
05:01ou d'une manière parfois un peu douloureuse pour le seigneur.
05:04C'est quoi ? C'est une sortie en pente douce, on peut le dire comme ça ?
05:07C'est une passe réelle, c'est une transition,
05:09à tel point qu'on essaie aussi d'explorer un petit peu tout ce qui est réorganisation,
05:13notamment les pré-PSE, les pré-PDV, pour essayer de dire
05:16il y a peut-être des solutions alternatives et le mécénat de compétence
05:19de fin de carrière en est une.
05:21Donc ça veut dire que vous rencontrez, vous les RH,
05:23vous posez votre ordinateur et vous leur dites
05:25vous avez combien de personnes de plus de 57 ans ?
05:28Vous démarrez à quel âge ? C'est quoi ?
05:30Généralement, c'est 2-3 ans, les droits à la retraite.
05:3258-59 ?
05:33Oui, 58-59, ça dépend du parcours, ça dépend de la date d'entrée en activité du collaborateur.
05:38Et puis ce gouvernement décidera de fixer ?
05:39Oui, si ça change encore dans 2 ans, on ne sait pas.
05:42Mais en tout cas, c'est vrai qu'on sent une appétence de plus en plus forte des collaborateurs,
05:46et des organisations employeuses.
05:47Jean-Michel, avant de nous quitter, vous évoquiez tout à l'heure quelques heures
05:50jusqu'à plusieurs mois dans le profil des seniors.
05:53J'imagine que vous les ventilez, ils sont ventilés sur une mission plus longue ?
05:57Non, quand je dis quelques heures, c'est pour les toutages.
05:59C'est-à-dire que nous, on balaye l'ensemble de la carrière,
06:02mais pour les seniors, effectivement, c'est grosso modo entre 6 et 36 mois,
06:05à peu près, pour les missions.
06:05Donc c'est des missions vraiment constructives qui s'intègrent de façon très forte
06:09dans une association qui a besoin de compétence et d'expertise.
06:12C'est génial. Combien de seniors, là, pour l'instant ?
06:14Alors, sur 2024-2025, on en a déployé à peu près 60.
06:18Donc c'est des entreprises comme ASIO, comme Alliance,
06:21comme Arkema, comme différentes boîtes, pas que du CAC 40, pas que du SBF 120.
06:26Ils veulent revenir dans leur boîte ?
06:27Ou quand ils sont placés, ils sont super contents et vous disent, je ne veux plus bouger ?
06:30Non, non, finalement, c'est des missions qui arrivent à terme,
06:32juste avant le départ à la retraite.
06:34Donc c'est pour ça qu'on parle de passerelle,
06:36parce qu'il n'y a pas de retour, effectivement, dans l'entreprise.
06:38C'est vraiment une transition entre j'arrête mon activité professionnelle
06:41et je pars en disponibilité de retraite.
06:44Et d'un point de vue très philosophique, ça fait une belle fin,
06:46parce que parfois, il y a beaucoup de seniors qui vous disent, j'ai une mauvaise fin.
06:49Exactement, et c'est de plus en plus fréquent.
06:50Et nous, on a beaucoup de collaborateurs qui nous disent,
06:52voilà, vous m'avez redonné un petit peu d'impulsion
06:54et voir beaucoup d'impulsion par rapport à mon parcours, et ça, c'est important.
06:57Je vous en prie, merci pour l'invitation.
07:00Sur ce travail, au-delà de l'ossature, qui était un vrai travail de remise en confiance
07:07et de positionnement de ces seniors qui, parfois, sont un peu déboussolés.
07:10Merci de nous avoir rendu visite.
07:11Je vous en prie.
07:12Fondateur de Coeo, faisons chemin ensemble.
07:14Exactement.
07:15Merci, on tourne une page, on s'intéresse à la rentrée sociale
07:17qui, évidemment, intéresse tous les Français, les chefs d'entreprise,
07:22les décideurs, rentrée sociale explosive, climat social,
07:25et démocratie en souffrance.
07:28On en parle avec nos experts.
07:30On va faire le point, évidemment, sur ce qui nous attend.
07:33On les accueille, c'est le Cercle RH.
07:46Le Cercle RH, pour débattre de la rentrée sociale,
07:50rentrée sociale explosive,
07:52une première manifestation pour tout casser.
07:55Je reprends les mots des organisateurs le 10 septembre.
07:58Et puis, le 18, les partenaires sociaux, les syndicats,
08:01seront dans la rue pour une multitude de revendications.
08:06Et on va en parler.
08:07Avec, en toile de fond, une dette abyssale et une démocratie malade,
08:11puisque, évidemment, il y a toujours en suspens
08:14le renversement, le départ de François Bayrou pour un nouveau Premier ministre,
08:21peut-être même une dissolution,
08:22qui viendrait créer de la souffrance sur la souffrance.
08:25On en parle avec mes invités.
08:26Yvan Ricordo, merci d'avoir répondu à notre invitation.
08:28C'est un vrai plaisir.
08:29Secrétaire général adjoint de la CFDT,
08:31votre secrétaire général s'exprimait ce matin sur TF1,
08:35et qui prenait des positions très nettes sur les aides,
08:38notamment accordées aux entreprises, aux fameux 200 milliards.
08:40On y reviendra avec vous.
08:42Et avec nous, Pierre Ferracci.
08:43Je suis très heureux de vous accueillir.
08:44Pierre, vous êtes président du groupe Alpha.
08:46Vous êtes un fin connaisseur du dialogue social,
08:48et peut-être même au-delà de la manière dont s'organise la démocratie sociale.
08:54D'abord, Yvan Ricordo, juste un mot d'organisation,
08:56parce que les Français se disent,
08:57alors, je vais à quelle manif, moi ?
08:59Je vais à celle du 10 septembre ou je vais à celle du 18 ?
09:02Ils n'ont pas compris.
09:04Vous serez à laquelle ? Vous serez sur les deux ?
09:06Pour la CFDT, les choses sont claires.
09:08La CFDT appelle à manifester le 18 septembre,
09:12partout en France, de façon importante, massive,
09:15parce que dans notre pays, il y a une vraie colère,
09:17une colère de faire en sorte que le travail doit être revalorisé.
09:20Or, on a un projet de budget
09:21qui clairement fait peser l'essentiel des efforts sur les travailleurs.
09:25Donc, la CFDT, à ce moment-là, dit stop.
09:28Et celle du 10, on n'y va pas ?
09:29Et la CFDT appelle avec l'ensemble des organisations syndicales le 18 septembre.
09:33Il y a un autre mouvement qui a été annoncé,
09:35d'ailleurs, il y a de nombreuses semaines et de nombreux mois,
09:38qui est plutôt une mobilisation citoyenne,
09:40qui n'est pas une mobilisation syndicale.
09:41La différence, c'est qu'une mobilisation syndicale
09:44exprime une colère, pose des revendications,
09:46agit pour obtenir des résultats.
09:48Et donc, une mobilisation citoyenne,
09:50c'est plutôt une mobilisation d'expression de colère,
09:52ce qui est légitime.
09:53Mais en même temps, elle a été récupérée par des organisations politiques
09:59qui ont des objectifs qui ne sont pas celles des organisations syndicales.
10:03Voilà pourquoi la CFDT fait le choix et organise le 18 septembre.
10:06Je donne la parole à Pierre Ferracci.
10:07En quelques mots, l'enjeu de ces manifestations,
10:10évidemment, c'est de faire entendre votre voix,
10:12mais elles pèsent encore, ces manifs,
10:14dans les décisions prises par les gouvernements successifs.
10:17On a vu des grandes manifestations contre la réforme des retraites.
10:20Finalement, ça n'a pas abouti.
10:21Est-ce que vous pensez que vous pesez encore par les manifestations ?
10:24Oui, tout à fait.
10:25D'ailleurs, on le voit dans nombre de négociations,
10:28les organisations syndicales sont en capacité de construire des compromis
10:31et d'obtenir des résultats.
10:32Donc, ça fonctionne.
10:33Par contre, il y a effectivement une vraie question
10:35qui est posée au mouvement du 18 septembre,
10:38c'est qu'on a un projet de budget qui est bloqué.
10:41Les organisations syndicales disent,
10:43il faut construire un nouveau cadre.
10:45Si on a une proposition pour faire évoluer les choses,
10:48on sera entendus.
10:48Si ce n'est pas le cas, il y aura à nouveau un problème.
10:51La question des retraites a été un énorme problème social et démocratique
10:56dans notre pays.
10:57Il faut absolument faire différemment sur la question budgétaire
11:00qui nous est posée.
11:01Pierre Ferracci, la grogne, la souffrance de certains salariés,
11:05elle vient aussi faire écho à la crise démocratique dans laquelle nous sommes,
11:09comme si l'un répondait à l'autre.
11:11Est-ce que vous, qui observez notre vie politique et sociale depuis des années,
11:15est-ce que vous êtes, faites partie de ceux qui disent, je suis inquiet ?
11:20Il vaut mieux être inquiet en ce moment, parce que d'abord le pays est à cran.
11:24Il y a beaucoup d'angoisse et en même temps beaucoup d'incertitudes
11:27sur le plan économique, sur le plan social.
11:30Bon, moi je trouve d'abord que le fait que les organisations syndicales
11:32aient annoncé le jour dès le 18 septembre est une bonne chose,
11:35surtout en intersyndical.
11:36C'est la seule façon aujourd'hui d'être à peu près entendu d'un gouvernement
11:42qui, même s'il a fait peut-être un peu plus que les autres,
11:45un signe en direction des organisations syndicales et patronales
11:48avec le conclave, qui ne s'est plus appelé le conclave ensuite,
11:52n'a quand même pas écouté grand-chose dans la dernière période.
11:55C'est important aussi parce que le mouvement du 10 septembre,
11:58qu'il faut regarder à la loupe, parce qu'il exprime effectivement aussi une colère,
12:03mais on voit bien qu'il y a une forme de récupération.
12:04Au début, on pensait à l'extrême droite,
12:06aujourd'hui c'est plutôt la France insoumise qui essaie de mettre...
12:09Des propos violents, on va tout casser.
12:10Ça perturbe les organisations syndicales, en tout cas certaines,
12:13peut-être moins la CFDT qui a une attitude claire là-dessus,
12:16on voit bien que du côté de la...
12:17La CGT.
12:18La DEUS, oui, la CGT, il y a quelques mouvements un peu contradictoires,
12:23et je trouve que Sophie Binet essaye de prendre une position équilibrée,
12:27mais ce n'est pas simple, c'est en tout cas moins simple que du côté de la CFDT.
12:30Il peut y avoir d'autres organisations qui sont impactées
12:33par le mouvement du 10 septembre.
12:36Et puis le 8, il y a sans doute la démission du Premier ministre,
12:39sans doute, on ne sait jamais, il peut y avoir des miracles,
12:41il n'y en a pas eu avec le conclave.
12:43Et donc dissolution, élection présidentielle anticipée,
12:46on n'en sait rien, nouveau Premier ministre.
12:49Donc pour revenir à votre question,
12:51je pense qu'en dehors des problèmes économiques
12:53et du déficit des finances publiques qu'on a à gérer,
12:57il y a un vrai problème démocratique dans le pays
12:59qui s'exprime aussi du côté de la démocratie sociale.
13:02Les partenaires sociaux n'ont pas été assez entendus.
13:04Je prends l'exemple, c'est bien de leur dire aujourd'hui,
13:06vous allez prendre en main l'assurance chômage.
13:09Mais si c'est pour prendre en main l'assurance chômage,
13:11on l'accorde ce temps avec des lettres d'orientation
13:13qui donnent l'impression que le gouvernement a la main,
13:16je pense que les syndicats réfléchiront deux fois avant d'y aller,
13:20alors que ça peut être un vrai sujet, effectivement,
13:22pour régénérer cette démocratie sociale.
13:24Je vous souviens, cette petite phrase de Tocqueville,
13:26elle est intéressante parce que c'est exactement
13:27la situation dans laquelle on est.
13:29On a le sentiment que le gouvernement est dans les phares.
13:33La dette est abyssale et on doit trouver des marches.
13:36Tocqueville dit, le moment le plus dangereux
13:38pour un mauvais gouvernement est d'ordinaire
13:40celui où il commence à se réformer.
13:42Est-ce que vous êtes d'accord avec ça ?
13:45C'est abyssale cette phrase.
13:47Un mauvais gouvernement, dès qu'il va faire une réforme,
13:49et on l'a vu, François Bayrou,
13:51on va lancer les thèmes,
13:52il vous a annoncé il y a un mois,
13:54il avait trouvé la formule magique,
13:56on allait supprimer deux jours fériés, par exemple.
14:00Vous a laissé sans voix, ma phrase de Tocqueville.
14:02Je ne pense pas que le risque pour un gouvernement,
14:06dans la période actuelle, soit de réformer.
14:09La question, c'est comment il s'y prend pour réformer.
14:12Donc la méthode pour réformer.
14:13Elle est essentielle.
14:15Et après, le contenu l'est tout autant.
14:17Mais d'abord sur la méthode,
14:18sur la question du budget,
14:20en fait, qu'est-ce qu'il s'est passé ?
14:21Le Premier ministre a fait une conférence de presse
14:24pour mettre tout le monde devant le fait accompli,
14:26de dire la situation, elle est celle-là,
14:28la solution est celle-là.
14:30Ça ne peut pas passer.
14:32Dans une situation de blocage,
14:34comme on connaît dans notre pays,
14:35depuis de nombreuses années,
14:38il faut trouver des espaces de dialogue
14:40qui permettent de trouver les bons compromis,
14:43qui permettent de construire...
14:44Il n'y a plus de dialogue.
14:45Et ça veut dire deux choses.
14:46Ça veut dire qu'il faut permettre
14:48les différentes voies pour s'exprimer,
14:51pour regarder si le compromis est partagé,
14:53ce qui est nécessaire,
14:54y compris sur la question budgétaire.
14:55Vous avez dit que le déficit était abyssal.
14:57Le déficit, il existe.
14:59Il est important.
14:59La CFDT ne le nie pas du tout.
15:01Par contre, la façon de présenter
15:03une situation budgétaire de façon catastrophique
15:05est le choix du gouvernement.
15:07Ce n'est pas le choix de la CFDT.
15:08Mais qui est responsable, selon vous, de ce déficit ?
15:10La CFDT, elle plaide depuis très longtemps
15:12sur le fait qu'il faut organiser dans notre pays
15:15une conférence des finances publiques.
15:17C'est-à-dire de mettre en situation
15:19l'ensemble des acteurs,
15:20le gouvernement bien sûr,
15:21notamment plus le Parlement,
15:23qui est en première ligne,
15:26et les acteurs de la société civile,
15:27pour regarder...
15:28Patronaux et salariaux.
15:30Oui, voire même associatifs,
15:31pour regarder comment collectivement,
15:33on est dans une situation
15:34qui nécessite de faire des choix.
15:36Et donc la méthode de construction est importante.
15:38Et après, le contenu aussi.
15:40Mais voyez le paradoxe perforatif,
15:42parce qu'il y a 53% de prélèvements obligatoires
15:44sur les chefs d'entreprise et les dirigeants
15:45qui vous disent,
15:45nous, on est assommés de fiscalité,
15:48et dans le même temps et au même moment,
15:50vous avez des salariés qui vous disent,
15:51moi, avec 1300 ou 1400 euros,
15:53je ne peux pas vraiment vivre dignement.
15:57Comment on fait ?
15:58Parce qu'en fait, on a le sentiment
15:59que le pays est cassé.
16:00D'abord, pour revenir à la citation de Tocqueville,
16:03ce gouvernement, il succède à combien ?
16:056-7 gouvernements précédents.
16:06On en est au 6e Premier ministre.
16:08Oui, c'est ça.
16:09Et bientôt le 7e.
16:10Donc, il faut le juger aussi à l'aune
16:13de ce que les autres ont fait.
16:14Et moi, je pense qu'on paye aujourd'hui.
16:16Yvan Ricordo a raison.
16:17La dette, elle est là.
16:18Les finances publiques sont exemptes.
16:20Mais il faut trouver la bonne façon
16:21de les redresser.
16:22Là, on ne l'a pas.
16:23Mais on paye un petit peu ce qu'on n'a pas fait
16:25pendant des années.
16:25Je prends un exemple qui est celui des retraites.
16:28La seule façon dans ce pays
16:30qu'on a de faire travailler plus les seniors,
16:32c'est de décaler l'âge du départ à la retraite.
16:35Il y a des pays scandinaves,
16:36je l'ai souvent dit,
16:36qui ont pris le problème autrement,
16:38qui ont travaillé sur le cadre des seniors
16:40enceintes carrières professionnelles,
16:42qui l'ont aménagé.
16:43Ça ne veut pas dire qu'ils ont sauté d'enthousiasme
16:44quand on les passait de 62 à 64 ans.
16:47Mais en tout cas, ils ont créé les conditions
16:48pour que le travail soit plus facile
16:50qu'il n'a pas été fait sur la pénibilité.
16:53Donc du coup, le dernier outil,
16:56c'est de dire on décale.
16:56Et là, effectivement,
16:57les gens, pour garder un pouvoir d'achat correct,
17:00ils sont obligés, pas tous d'ailleurs,
17:02d'y aller.
17:02Il y en a beaucoup qui se retrouvent aussi
17:03en maladie ou au chômage.
17:05Donc je pense qu'il faut réfléchir
17:07à ce qui n'a pas été fait
17:08pour arrêter de prendre de mauvaises décisions.
17:11Et la question qui est posée par ce budget,
17:13c'est d'abord un problème d'équité.
17:14Un problème d'équité.
17:15Il y a des choses qu'on sous-estime
17:17et où il n'y a pas assez de débat dans ce pays.
17:19La transition environnementale,
17:20tout le monde est pour.
17:21Presque tout le monde est pour.
17:23On en parle moins, c'est en fait.
17:24Sauf que le coût de la transition environnementale,
17:26il va être colossal.
17:27Et quand on dit qu'il va être colossal,
17:29qui paye derrière ?
17:30Les entreprises, les citoyens,
17:32les salariés, les actionnaires.
17:34Je veux dire, si on ne mesure pas ce coût-là
17:36et si on ne le traite pas de façon équitable,
17:39il y aura ce qui est arrivé dans d'autres pays
17:41et pas seulement aux États-Unis,
17:42une opinion populaire qui se révoltera
17:45contre des mesures dont tout le monde sait
17:46qu'elles sont importantes pour protéger la planète.
17:48Donc, cette situation peut provoquer
17:50une montée des populismes
17:51et une mise en danger de la démocratie.
17:53Mais elle le provoque déjà.
17:55On est déjà dedans.
17:56Oui, tout à fait.
17:57On est déjà dedans.
17:58Et un des enjeux...
17:59Les syndicats font des remparts quand même à tout ça.
18:01Un des enjeux, justement,
18:02de ne pas agrandir les fissures démocratiques
18:05et la montée de l'extrême droite
18:07est de retrouver des voies de dialogue
18:09qui permettent de construire des perspectives d'avenir.
18:12Vous n'en avez plus de voies de dialogue, là, aujourd'hui ?
18:14Le dialogue est rempli.
18:15Là, manifestement, dans la période budgétaire,
18:17on ne s'y est pas pris de la bonne façon
18:20pour y arriver.
18:21Mais l'enjeu,
18:22quelle que soit d'ailleurs la situation
18:24post-8 septembre,
18:25il y a un vote de confiance.
18:27C'est au Parlement de gérer
18:28la question du vote de confiance.
18:29Il n'y a aucune compétence
18:30pour une organisation syndicale
18:31d'émettre un avis sur cette question-là.
18:33Par contre, ce dont on est sûr,
18:34c'est que le 9 septembre,
18:36exactement les mêmes questions sont posées.
18:38C'est-à-dire qu'à partir du 9 septembre,
18:40la question de comment, dans ce pays,
18:42on arrive à dialoguer
18:43pour faire en sorte de poser
18:44le bon diagnostic budgétaire
18:45et les bonnes réponses sont posées.
18:47Et dans le contenu de ce qu'il faut faire,
18:50la CFDT ne nie pas
18:51qu'il y ait des efforts à faire.
18:52Mais ce qu'on veut absolument,
18:54c'est que les efforts soient répartis
18:56entre les entreprises,
18:57ceux qui ont du patrimoine
18:58et les salariés.
18:59Or là, on a une réponse
19:00sur laquelle on fait porter tous les efforts
19:02uniquement sur les salariés.
19:03J'allais y venir justement
19:04sur la juste répartition
19:06et la manière dont on va aller chercher,
19:08c'est 44, 41 milliards pour commencer.
19:12C'est sur les entreprises
19:13qu'il faut faire porter l'effort
19:14parce que je l'évoquais tout à l'heure.
19:16Là, pour l'instant,
19:16vous avez des propositions
19:17qui, là-bas, allaient chez vous.
19:18Suppression de deux jours fériés,
19:20une réforme de l'assurance chômage
19:21pour réduire les indemnités
19:22et une monétisation,
19:23ça c'est intéressant,
19:24portée par la ministre du Travail,
19:26de la cinquième semaine de congés payés.
19:28Est-ce que vous avez l'impression
19:29qu'on est en train, doucement mais sûrement,
19:31de toucher, comme on l'appelait ça avant,
19:33aux acquis sociaux ?
19:34Dans ce qu'il nous est proposé, oui.
19:36La réponse, elle est claire.
19:37Puisque les solutions sont
19:39de faire porter les efforts
19:40sur les salariés,
19:42les mesures sont des mesures
19:44sur le droit du travail,
19:46ça veut dire qu'on détricote
19:47le modèle social français.
19:48D'ailleurs, sur une argumentation
19:50qui est très aléatoire,
19:51c'est qu'on nous parle toujours
19:52de moyenne européenne,
19:53on nous parle des fois
19:54de comparaison outre-Atlantique.
19:57Donc, la question, c'est par exemple,
19:58on parle souvent de la question
20:00du travail et de l'emploi
20:02comparée à l'Allemagne.
20:03Et que je sache,
20:05au niveau des compétences
20:06du dialogue social dans une entreprise,
20:07le modèle allemand
20:08et le modèle français
20:09n'ont rien à voir.
20:10Donc, si on veut comparer les taux,
20:12il faut qu'on compare aussi les modèles.
20:13Mais, Pierre Ferracci,
20:14est-ce qu'on est en train,
20:15doucement mais sûrement,
20:16d'une manière presque inexorable,
20:18parce que la dette,
20:19parce que des déficits,
20:20parce que des taux
20:21qui sont encore montés
20:21à 4,5 pour payer notre dette
20:23sur 30 ans,
20:25est-ce qu'une manière inexorable,
20:26il va falloir repenser
20:27notre modèle social ?
20:28D'abord,
20:29s'il y a unanimité des syndicats
20:30pour le 18 septembre
20:32pour contester ce budget,
20:34sous des formes diverses,
20:35ils ne sont pas tous d'accord sur tout,
20:37c'est que ce budget,
20:38effectivement,
20:38c'est l'amorce
20:39d'un détricotage
20:40du modèle social,
20:41ça paraît évident.
20:41Et ça ne concerne pas
20:42que les deux jours fériés,
20:44on reprend en tête
20:45dont la date a été
20:46très mal choisie,
20:46le 8 mai,
20:47et le lundi de Pentecôte,
20:50si on voulait toucher
20:51à quelques catégories
20:52bien particulières,
20:54on ne s'y prendrait pas autrement.
20:55Et des enjeux touristiques.
20:55Donc, après,
20:57moi, je ne fais pas partie
20:57de ceux qui disent
20:58la dette,
20:59ce n'est pas important,
21:00il n'y a que le coût
21:00de la dette qui est important,
21:01ce que disent parfois
21:02certains économistes atterrés,
21:04je pense que le problème
21:05est réel.
21:06Et à partir de là,
21:06il faut essayer de regarder
21:07un petit peu
21:08où doivent être faits
21:09les efforts.
21:10On a dans ce pays,
21:11par exemple,
21:11aujourd'hui,
21:11un problème de productivité.
21:13Le problème de productivité,
21:14il est aussi lié
21:15à ce qu'on a fait
21:16ou qu'on n'a pas fait
21:17ces dernières années.
21:18On parle souvent
21:19du coût du modèle social,
21:21on a un déficit aujourd'hui
21:22d'investissement
21:22dans la recherche-développement,
21:24c'est évident.
21:24On a un problème
21:25dans l'éducation,
21:26tout le monde commence à le dire.
21:27Et le traitement
21:28du marché du travail,
21:29il se traite d'abord
21:30du tout au début
21:31dans l'éducation
21:32des tout petits.
21:33Et avec l'intervention
21:34aujourd'hui
21:34de l'intelligence artificielle,
21:36on a intérêt
21:36à bien regarder
21:37comment le système éducatif
21:38va évoluer.
21:39C'est là que certains pays
21:40sont en avance,
21:40et pas seulement les pays scandinaves
21:42qu'on cite souvent en exemple.
21:44Bon, moi,
21:44je suis assez d'accord
21:45avec Yvan Ricordo aussi
21:46et puis les organisations syndicales.
21:48Sur les aides publiques,
21:49il faut regarder
21:49ce qui est efficace
21:50et ce qui ne l'est pas.
21:51Aides publiques aux entreprises.
21:52Oui, aux entreprises.
21:53Il y en a qui sont légitimes,
21:54il y en a qui ne le sont pas.
21:56Je ne vois pas pourquoi
21:56on ne regarderait pas
21:58des sommes
21:59qui sont de plusieurs dizaines
22:00de milliards d'euros.
22:01Après,
22:02de temps en temps,
22:03dans l'appareil d'État,
22:04il manque ici des moyens.
22:05Il y a peut-être des moyens
22:06qui sont un peu pléthoriques
22:07de ce côté-là.
22:08Il ne faut pas hésiter non plus
22:09à regarder ce qu'on peut faire
22:11dans ce domaine particulier.
22:12Quand on touche au modèle social,
22:14on touche finalement
22:14au quotidien des Français.
22:15Ce n'est pas qu'un grand mot
22:16philosophique,
22:17c'est aussi le temps libre,
22:18c'est aussi le pouvoir d'achat,
22:19c'est aussi la capacité
22:20de pouvoir acheter,
22:22investir dans une maison,
22:23dans une voiture.
22:24Je vous repose la question
22:25de manière un peu plus directe.
22:26Est-ce que vous aussi,
22:27en tant que syndicaliste,
22:28vous dites
22:28on est inquiet,
22:29nous syndicalistes,
22:30on sera les remparts
22:32d'éventuels débordements populistes
22:33parce que beaucoup s'inquiètent de ça,
22:35finalement,
22:35de la violence,
22:36de la casse,
22:36de Français tellement exaspérés
22:38et qui tournent le dos aux politiques
22:40qui globalement sont prêts à tout.
22:41Est-ce que ça,
22:41vous le craignez aussi ?
22:43Il y a un danger.
22:44Il y a un danger,
22:44mais on a aussi des réponses.
22:47Et donc,
22:47il n'y a rien d'intangible
22:48dans la situation
22:49qui est celle de notre pays aujourd'hui.
22:51Par exemple,
22:52une réponse
22:52sur comment on peut donner
22:54des perspectives dans notre pays.
22:56La question du rapport au travail
22:57est quelque chose
22:58qui est fondamental,
22:59qui est d'ailleurs assez positif.
23:01C'est-à-dire que les salariés
23:02ont une appréciation
23:03globalement positive
23:04de leur travail,
23:06au quotidien
23:07et de comment ils sont reconnus
23:08de leurs valeurs.
23:10Et donc,
23:10autant s'appuyer là-dessus.
23:11Et pour la CFDT,
23:12il y a quelque chose
23:13qui est essentiel,
23:14incontournable.
23:15C'est pour les salariés
23:16qui ont tenu le pays
23:17pendant le Covid,
23:18ce qu'on a appelé
23:19les travailleurs
23:20et notamment
23:20les travailleuses essentielles.
23:22Les premières lignes.
23:23Les premières et les deuxièmes lignes.
23:25On leur a promis
23:26que leur valeur sociale
23:28serait reconnue.
23:29Il ne s'est rien passé depuis.
23:31Quelques applaudissements
23:32et on tourne la page.
23:33Aujourd'hui,
23:33dans un projet de budget,
23:35on peut très bien prévoir
23:36qu'il y a des efforts
23:36qui soient faits
23:37sur des salariés,
23:38alors qu'il y a des récompenses
23:39qui soient données
23:39à d'autres salariés.
23:40C'est ça ce qu'elle attend
23:41la CFDT.
23:42C'est-à-dire qu'on est dans
23:43un monde qui est compliqué,
23:44d'accord,
23:45mais on est aussi dans un monde
23:46qu'on doit construire.
23:47Les constructions sociales
23:48de demain,
23:49elles sont possibles
23:49et on peut commencer
23:50à travers ces éléments-là
23:52qui ne sont pas symboliques,
23:53qui sont clairement attendus
23:54dans les entreprises.
23:55On a beaucoup de salariés
23:57qui sont adhérents
23:58à la CFDT,
23:59qui sont du secteur
23:59de la propreté,
24:00du tourisme,
24:01de la restauration,
24:02du sanitaire et du social
24:04qui attendent ces mesures-là.
24:05Mais c'est pénurique par ailleurs,
24:07il faut le préciser.
24:08Pierre Ferretti,
24:08avant de nous quitter,
24:09je voulais quand même
24:09vous poser la question
24:10et je vous la pose
24:10à tous les deux.
24:11J'ai lu un post passionnant
24:13d'un RH sur LinkedIn
24:14qui disait,
24:15attendez,
24:15on est en train
24:16de nous remettre en question
24:16les ruptures conventionnelles
24:18très utilisées.
24:19Et lui,
24:19il démontrait l'inverse
24:20en disant,
24:20oui,
24:21c'est peut-être très utilisé,
24:22mais moi RH,
24:24je suis face à des gens
24:24qui viennent me supplier
24:25de quitter leur entreprise
24:26dans les meilleures conditions
24:27en ayant une rupture conventionnelle
24:29qui leur garantisse,
24:30j'allais dire,
24:30un minimum vital
24:31ou en tout cas
24:32de quoi survivre ou vivre.
24:33Vous en pensez quoi,
24:34vous,
24:35à la tête du groupe Alpha
24:36qui avait une connaissance aussi ?
24:37On les supprime
24:38ces ruptures conventionnelles
24:39ou pas ?
24:39Avant de dire un mot
24:40sur les ruptures,
24:41c'est marrant les ruptures
24:42parce que j'étais intervenu
24:44dans la commission Atali
24:45à l'époque
24:45au moment où c'était voté
24:46en 2008.
24:48D'abord sur le travail,
24:48Yvan a raison,
24:49c'est une question essentielle,
24:50à un triple point de vue.
24:52Rémunération,
24:53notamment pour des métiers
24:53très pénibles
24:54et qui ont été en première ligne.
24:55On les revalorise ?
24:56Reconnaissance
24:57et puis conditions de travail.
24:58On oublie souvent de dire
24:59que dans ce domaine-là,
25:00en matière d'accès
25:01en du travail,
25:01on n'est pas les mieux classés
25:02en Europe.
25:02On est même plutôt derrière
25:04et si j'évoquais le problème
25:05de productivité tout à l'heure,
25:06il renvoie aussi à ça.
25:08La productivité,
25:09c'est aussi un cadre de travail
25:10qui permet aux salariés
25:11de s'exprimer pleinement.
25:12Alors les ruptures conventionnelles,
25:14c'était étonnant
25:18les patronats et les syndicats,
25:20non pas contre
25:21la rupture conventionnelle
25:22en tant que telle,
25:22mais pour qu'on identifie
25:23l'origine de la rupture conventionnelle.
25:25Exactement.
25:25Et notamment qu'on distingue
25:26ce qui relève plutôt
25:28d'un plan social,
25:29de motif économique
25:30ou de motif personnel.
25:32Bon, je me rappelle
25:33que dans la commission d'Elie,
25:34ceux qui représentent
25:34tel patronat
25:35et que je respecte beaucoup d'ailleurs,
25:37ont défendu l'idée
25:38qu'il ne fallait pas définir
25:39l'origine,
25:40que c'était comme ça.
25:40Bon, aujourd'hui,
25:41on s'aperçoit
25:42que ça coûte un peu cher.
25:44Moi, je pense qu'il faut réfléchir
25:45à ce qu'a été
25:46la rupture conventionnelle
25:46pendant les années.
25:47C'est vrai que ça a pris
25:48petit à petit le pas
25:49sur les plans sociaux traditionnels.
25:51Ils les ont contournés,
25:52même, d'ailleurs.
25:52Dans sa dimension individuelle
25:53et puis ensuite
25:53dans sa dimension collective,
25:55puisque c'est arrivé
25:56avec les ordonnances,
25:57la rupture que...
25:58Bon, il faut réfléchir
25:59un petit peu à ça,
25:59demander ce qu'ils en pensent
26:00aux partenaires sociaux,
26:02notamment aux organisations
26:03syndicales,
26:03et avant de toucher ça,
26:05se demander
26:06quels sont les avantages
26:07pour les salariés
26:08et les inconvénients,
26:09quels sont les avantages
26:10pour les entreprises
26:10et leurs inconvénients,
26:12au lieu de partir d'en haut
26:13et d'avoir
26:14une démarche politique
26:15sur quelque chose
26:15qui relève pour moi
26:16des partenaires sociaux,
26:17pour l'essentiel.
26:18Vous avez le mot de la fin,
26:19Yvan Ricordo.
26:19C'est un sujet
26:20qui paraît comme ça
26:21un peu léger,
26:21ça coûte cher,
26:23c'est contesté.
26:23Est-ce que vous les remettez
26:24en question, vous,
26:25ces ruptures conventionnelles
26:27extrêmement utilisées
26:28et parfois à mauvais escient ?
26:29La CFDT fait partie
26:31des organisations
26:32qui ont négocié
26:33et mis en place
26:33les ruptures conventionnelles.
26:35La remise en cause
26:36des ruptures conventionnelles
26:37posera la question
26:38de la situation précédente.
26:40La situation précédente,
26:41c'est des situations
26:42dans les entreprises
26:43où entre l'employeur
26:44et le salarié,
26:45les choses se discutaient
26:46de façon complètement
26:47insécure juridiquement
26:48et pour l'un
26:49et pour l'autre
26:49pour faire en sorte
26:50que les séparations
26:51soient mal organisées.
26:53Donc ça a été mieux organisé
26:54et tout le monde dit
26:55que c'est aujourd'hui
26:56mieux organisé.
26:57Ce qui est intéressant,
26:58c'est que Pierre Faradji
26:58dit qu'aujourd'hui,
27:00il y a peut-être
27:00un biais qui a été pris
27:01sur la façon
27:02dont les entreprises
27:03s'en servent.
27:03C'est clair.
27:04Mais sauf que
27:04l'interrogation du gouvernement
27:06qui nous est posé aujourd'hui,
27:08c'est comment on contraint
27:09les salariés
27:09sur l'utilisation
27:10des ruptures conventionnelles
27:12et pas les entreprises.
27:13Une nouvelle fois,
27:14la CFD a été dit,
27:15comme pour les aides
27:15aux entreprises,
27:17s'il y a des contraintes,
27:18des obligations,
27:19des devoirs à mettre,
27:20autant sur les entreprises
27:21que sur les salariés,
27:22ça serait quand même
27:22un peu plus équitable.
27:2310 secondes,
27:24Pierre Faradji,
27:24si vous voulez rajouter un mot ?
27:27Non, simplement,
27:27j'espère que la journée
27:30du 18 sera réussie
27:31parce que je crois
27:32effectivement
27:32que les organisations syndicales
27:34et plus largement
27:35les partenaires sociaux,
27:36y compris le patronat,
27:37peuvent être effectivement
27:38une digue
27:39dans une situation politique
27:40qui est extrêmement compliquée
27:42où la montée
27:43des populismes,
27:44quelle que soit la façon
27:45de les qualifier,
27:46peut être extrêmement
27:47préoccupante demain.
27:48Merci messieurs
27:49de nous avoir éclairés.
27:50Manifestation le 18,
27:51c'est celle des partenaires sociaux
27:52et celle du 10,
27:53vous l'évoquiez,
27:54c'est une manifestation
27:54dite apolitique,
27:55récupérée par un certain nombre
27:56de mouvements politiques
27:57qui seront probablement
27:59dans le cortège.
28:00Merci Yvan Ricordo
28:01d'être venu secrétaire adjoint
28:02de la CFDT,
28:04merci d'être venu sur le plateau,
28:05merci à Pierre Faradji,
28:06président du groupe Alpha,
28:07et puis président aussi de...
28:09J'ai transmis la présidence
28:11à Estelle Sova.
28:12C'est ce que je voulais
28:12vous faire dire.
28:13Depuis le 19 juin,
28:14je suis toujours
28:15dans le groupe Alpha.
28:16Et la présidente est aujourd'hui
28:18Estelle Sova.
28:19Rectifions immédiatement,
28:20c'est vrai que vous avez
28:21transmis les codes nucléaires
28:23à Estelle Sova
28:24et nous rectifierons
28:25évidemment dorénavant
28:26votre présentation.
28:27Puis président du PFC
28:28qui a gagné,
28:29on peut le dire,
28:30et ça aussi,
28:30ça fait plaisir.
28:31Voilà,
28:31ce petit club en Ligue 1,
28:32c'est un grand club,
28:34évidemment.
28:34Merci à vous,
28:35merci à toute l'équipe,
28:36merci à Nicolas Juchat,
28:38merci à tous ceux
28:38qui m'aident à préparer
28:40cette émission,
28:40puis je vous dis
28:40à très bientôt.
28:41Bye bye.
28:41Sous-titrage Société Radio-Canada
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