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  • il y a 6 mois
Mercredi 9 juillet 2025, retrouvez Olivier Raingeard (Directeur des investissements, Neuflize OBC) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.

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Transcription
00:00Nouvelle invitée dans cette édition spéciale de Smart Bourse depuis le sommet de la performance et du patrimoine organisé par le groupe FICAD, c'est Olivier Ringer, le directeur des investissements de Neuflis OBC à mes côtés.
00:22Bonjour Olivier, merci beaucoup d'être avec nous. Le sujet qui vous incombe pour ces 10 minutes d'entretien, c'est celui de l'allocation d'actifs. Comment bâtir une allocation d'actifs résiliente ?
00:34Résiliente dans le sens qui permet de naviguer dans l'environnement économique, de marché, géopolitique actuel.
00:43Peut-être qu'il faut définir un peu les caractéristiques de cet environnement de marché dans lequel on évolue aujourd'hui. Et encore une fois, quelles sont les clés d'une allocation d'actifs qui permettent d'être adapté et confortable avec cet environnement ?
00:57Alors effectivement, Grégoire, il faut d'abord comprendre l'environnement dans lequel on est. Et c'est vrai que ce n'est pas toujours évident de bien apprécier cet environnement compte tenu de la volatilité des annonces que l'on peut avoir.
01:09Mais si on prend un peu de recul, ce que nous considérons pour notre part, c'est qu'on a quatre grandes dynamiques structurelles qui sont en train progressivement d'avoir une influence très forte sur notre régime économique et financier mondial.
01:25La première dynamique, c'est la fragmentation géoéconomique. Et cette fragmentation géoéconomique, elle a plusieurs dimensions. Elle est d'abord politique, on le voit quasiment tous les jours.
01:34Elle est ensuite économique, la guerre commerciale. Elle est technologique avec probablement deux systèmes technologiques qui sont en train de se constituer.
01:43L'un autour du monde anglo-saxon et en particulier américain, l'autre autour de la Chine. Et puis elle est enfin financière.
01:51La deuxième grande transformation, elle est technologique. C'est bien sûr l'intelligence artificielle. C'est également la robotique.
01:58Ça aura des impacts sur la productivité, potentiellement sur le régime d'inflation. Troisième transformation, la transition énergétique avec tous ces enjeux d'avoir des économies plus décarbonées,
02:14qui nécessitent évidemment des investissements très importants, qui posent la question de l'accès aux métaux critiques.
02:21Bien sûr.
02:22Également. Et puis la dernière grande dynamique qui nous semble s'imposer, c'est la domination budgétaire.
02:28Et cette domination budgétaire signifie que la politique budgétaire prend le pas sur la politique monétaire.
02:34Et c'est tout le débat aujourd'hui que nous avons aux États-Unis.
02:39Une fois qu'on a identifié effectivement ces quatre tendances qui refaçonnent le monde, Olivier, comment est-ce qu'on pense ou comment est-ce qu'on repense des allocations d'actifs traditionnels ?
02:52Alors, la conséquence de tout cela, c'est probablement le fait que notre régime économique et financier mondial va être plus volatile qu'auparavant.
03:04Et potentiellement avec des régimes régionaux différents et donc une désynchronisation.
03:12Une fois qu'on a dit cela, qu'est-ce que ça signifie ?
03:15Sur les taux d'intérêt à court terme, sur les politiques monétaires des banques centrales, nous sommes entrés dans un régime de taux qui est différent de celui qu'on a eu avant la crise de la Covid,
03:26où les taux d'intérêt sont restés pendant plus de 10 ans à 0%.
03:30Autre élément, on a le sentiment que cette politique monétaire, elle est également plus volatile.
03:36On vient de voir ce qui s'est passé au cours de ces 24 derniers mois, une hausse formidable des taux d'intérêt en quelques trimestres de la part de la Banque centrale américaine et de la Banque centrale européenne
03:47et derrière une Banque centrale européenne qui rétropédale de manière très significative.
03:53Donc ça, c'est le régime de taux d'intérêt sans risque.
03:56Une fois que l'on a défini ce régime, on peut s'intéresser aux obligations et aux obligations d'État qui, là aussi, retiennent l'attention.
04:05Ce que l'on pense des obligations d'État, c'est que dès lors que vous avez un taux court qui est plus élevé qu'auparavant, mais également plus volatile,
04:13ça signifie qu'on a une sphère d'obligation d'État qui est sur un régime de taux un peu plus élevé et également plus volatile.
04:21Et d'ailleurs, lorsqu'on regarde la volatilité aujourd'hui de la sphère obligataire, et en particulier des obligations d'État américaines,
04:26on est sur un régime totalement différent de celui qu'on a eu de 2010 à 2020.
04:31On est revenu sur le régime de volatilité des années 90.
04:33Il y a une nouvelle hiérarchie du risque et de la volatilité partant notamment de cette classe d'actifs cœur, centrale, que sont les obligations d'État américaines.
04:41Tout à fait. Et une fois évidemment qu'on a compris cela, ou en tout cas qu'on apporte cette analyse, on peut s'intéresser à ce que sont les espérances de rendement
04:50des deux grandes classes d'actifs qui sont utilisées par les investisseurs, les actifs liquides et les actifs illiquides.
04:57Les actifs liquides, ce sont tous les marchés privés, donc private equity, dette privée, infrastructure, immobilier.
05:08Et ce que l'on pense de cette classe d'actifs, c'est qu'elle a de la valeur, elle continue à avoir de la valeur,
05:13mais son espérance de rendement sera sans doute inférieure au rendement que l'on a enregistré au cours de ces 15 dernières années.
05:21D'accord.
05:22Pour quelle raison ? Parce que le taux d'intéressant risque…
05:24Le coût de financement est plus élevé.
05:25Le coût de financement est plus élevé.
05:27Donc il faut intégrer ça.
05:29D'accord.
05:29Dernière classe d'actifs, les actions, sur lesquelles on peut se concentrer quelque peu.
05:35Sur les 15 dernières années, vous achetiez les États-Unis, vous étiez un investisseur très très heureux avec des performances incroyables.
05:44Alors il faut se rappeler une phrase, les performances passées ne préjugent pas des performances à venir.
05:49Elle est écrite partout cette phrase normalement.
05:51Elle est écrite partout.
05:52Effectivement.
05:53Donc c'est bien de se rappeler cette phrase.
05:55Mais si vous êtes convaincu par l'idée que le monde se fragmente, alors dans ce cas-là, il n'est pas évident que les grandes capitalisations boursières,
06:05en particulier américaines, qui ont profité de ce monde totalement globalisé, soient les gagnants des années à venir.
06:14Et donc ça pose la question de la place des actions américaines dans une allocation d'actifs.
06:19Et ça incite à avoir une allocation sur les actions bien diversifiées entre les différentes régions.
06:25Autrement dit, quand on a vu le poids représenté par des actions américaines dans un indice mondial comme le MSCI World,
06:33qui a pu atteindre plus de 70%, vous dites avec une vision long terme, on a peut-être là atteint un top, un pic de quelque chose de l'exceptionnalisme américain,
06:42pour le formuler d'une manière liée.
06:44Alors je vais oser le dire, il est possible que nous ayons atteint un pic.
06:53Et quand vous regardez l'histoire très longue des marchés financiers et le poids des actions américaines dans les actions mondiales,
07:02vous voyez une cyclicité certaine qui est assez importante et potentiellement on est en train de rentrer dans une nouvelle phase
07:11où le poids des actions américaines dans les actions mondiales pourrait reculer au cours des années à venir.
07:18Bon, comment on sort ou comment on s'allège un peu du poids des actions américaines ?
07:24C'est-à-dire par quoi est-ce qu'on remplace une partie des actions américaines qu'on a en portefeuille aujourd'hui, Olivier ?
07:31Je pense qu'il y a deux idées. La première, c'est évidemment l'Europe, avec cette question de savoir si l'Europe va réussir à exécuter ou pas le plan Draghi
07:42et restaurer sa compétitivité. Si c'est le cas, l'Europe pourrait offrir un potentiel très important sur les années à venir,
07:50mais il y a un risque d'exécution qui est important. Il faut le garder à l'esprit.
07:56Et puis le deuxième marché qui retient l'attention des investisseurs, c'est évidemment les marchés émergents.
08:02Marchés émergents dont le poids dans ce fameux MSCI World ne reflète pas leur poids économique.
08:09Donc si cette force économique finit par s'imposer ou reprend ses droits, dans ce cas-là,
08:16les émergents également pourraient bénéficier de ce monde qui est en train de se fragmenter.
08:21Ces mouvements d'allocations, c'est des mouvements qui s'inscrivent quand même dans un temps long, Olivier.
08:26On ne bascule pas d'un monde à l'autre comme ça aussi rapidement.
08:30Il y a encore des biais, des résistances. On l'a vu à l'issue du premier semestre sur les marchés.
08:35La tech américaine n'est pas totalement morte encore aujourd'hui.
08:38Nvidia tutoie les 4 000 milliards de dollars de capitalisation boursière avec beaucoup d'achats de particuliers.
08:44Mais encore, ce que vous décrivez là, ça s'inscrit aussi dans un temps long qu'il faut comprendre, Olivier.
08:49Il faut bien comprendre effectivement qu'on s'inscrit sur les 10 années à venir.
08:53Premier élément.
08:53Deuxième élément, lorsque l'on incite les investisseurs à réfléchir sur l'allocation,
09:01on ne dit pas qu'il faut vendre toutes les actions américaines.
09:03Non, encore une fois.
09:04Très loin de là.
09:04Mais il faut penser vraiment cette allocation régionale.
09:08On ne peut plus se permettre de réfléchir comme avant où vous achetez des actions américaines
09:14et vous étiez sûr d'avoir des performances très solides.
09:17Ça pourrait être moins le cas au cours des années à venir.
09:20La baisse du dollar, ça aide à réfléchir, entre guillemets.
09:23Olivier, ça a été un des marqueurs de ce premier semestre de l'année 2025.
09:27Ça a été une forme de double peine pour ceux qui étaient investis dans des actifs en dollars.
09:34Là aussi, est-ce que la volatilité des changes fait partie d'un nouveau régime tel que vous l'imaginez, Olivier ?
09:41Et comment on gère cette volatilité dans une allocation d'actifs ?
09:46Je pense qu'effectivement, la volatilité des changes va faire partie de ce régime dans lequel nous sommes en train d'entrer.
09:52Dès lors que vous avez de la volatilité sur les régimes économiques, des désynchronisations, de rythmes de croissance, d'inflation, de taux d'intérêt,
09:59vous avez naturellement une volatilité plus importante sur le change.
10:05Alors comment on intègre ce risque de change dans les allocations ?
10:09Le premier élément à retenir, c'est de bien comprendre quelle est l'exposition d'investisseurs à son risque de change.
10:16Ça, c'est vraiment clé.
10:18Le deuxième élément, c'est de comprendre ce risque de change, pas nécessairement que sur son allocation d'action,
10:25mais sur l'ensemble de son allocation diversifiée à 360 %.
10:29Et une fois que cet exercice est fait, se pose la question de savoir si on supporte un risque de change
10:37qui est en accord avec le profil rendement risque de l'investisseur.
10:42Et si ce risque de change est trop important, il ne faut pas hésiter dans ce cas-là à mettre en place des stratégies de couverture.
10:48Merci beaucoup, Olivier.
10:48Merci d'être passé par notre stand avec cette édition spéciale de Smart Bourse
10:54depuis ce sommet du patrimoine et de la performance.
10:58Olivier Ringer, le directeur des investissements de Neuflis, OBC à mes côtés.
11:01Merci.
11:02Merci.
11:03Merci.
11:04Merci.
11:05Merci.
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