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Vendredi 21 février 2025, SMART IMPACT reçoit Fabien Cordon (Directeur Général IDF, Les Alchimistes) , Anne-Sophie Gervais (Co-Head, Raise Sherpas) , Valérie Le Roy (Directrice, Salon International de l'Agriculture) et David Robert (Codirecteur, J’accueille)
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00:00Bonjour à toutes et à tous, c'est un grand format de Smart Impact que je vous propose aujourd'hui, une heure pour creuser les enjeux de transformation environnementale et sociétale avec un grand entretien de 26 minutes et cette question prête pour l'impact que je pose à une personnalité qui compte dans notre économie, ce sera Thierry Blandinière, le patron d'Invivo qui répondra tout à l'heure.
00:29Une émission où il sera donc particulièrement question d'agriculture puisque je reçois également, juste après ces titres, la directrice du salon international de l'agriculture, Valérie Leroy.
00:39Dans notre débat, on parlera des liens entre les startups et le monde associatif alors que la fondation du groupe Raise lance son accélérateur destiné aux associations.
00:50Dans notre rubrique Smart Ideas, je vous présenterai les alchimistes, leur solution de collecte des biodéchets mais aussi des couches bébés biodégradables.
01:00Voilà pour les titres, c'est parti pour ce Smart Impact en format XXL.
01:05L'invité de Smart Impact, c'est Valérie Leroy. Bonjour. Bonjour. La directrice du salon international de l'agriculture, 61e édition qui se tient du 22 février au 2 mars.
01:23Comme toujours, les chiffres sont impressionnants. Combien de visiteurs, d'exposants, de politiques en visite ?
01:32C'est vrai que sur le salon de l'agriculture, qui est quand même un événement hors normes, tout est hors normes.
01:38Pour les visiteurs, imaginez qu'on reçoit 1% de la population française en moyenne chaque année, ce qui fait à peu près entre 600 et 620 000 visiteurs.
01:49C'est quand même beaucoup. Plus de 1000 exposants avec des producteurs et des éleveurs également présents, 4000 animaux.
01:57Et je termine sur les visites politiques. On va dire jusqu'au Covid qui a été un marqueur, on est à une moyenne d'une cinquantaine.
02:06Et là, depuis, on est passé plutôt à 80, 85 visites chaque année.
02:11Et on en reparlera évidemment ensemble. Ça représente 16 hectares, 9 pavillons. Comment faire en sorte qu'un tel barnum pollue et consomme le moins possible ?
02:21C'est très compliqué. Vous avez donné les dates du salon qui couvrent 9 jours. En réalité, on occupe le parc pendant 21 jours.
02:31Oui, ça bosse là.
02:33Ça vaut dans deux jours, mais il y a déjà des équipes qui y sont depuis la semaine dernière.
02:38Donc 21 jours avec une période de montage, avec des camions qui viennent, avec plus tard les animaux, enfin demain les animaux, etc.
02:46C'est compliqué d'avoir un impact, déjà de mesurer son impact et de le réduire.
02:55Pour autant, depuis 6-7 éditions, on travaille et on crante des choses chaque année.
03:00Pas tout seul, avec les exposants, à qui on demande le plus souvent possible de construire des stands réutilisables ou en matériaux réutilisés.
03:10On fait des pôles d'apport volontaire de matériel pour entretenir nos filières de recyclage.
03:19Et on travaille aussi beaucoup avec le parc, puisque nous on loue, on est locataire du parc des expositions de la Porte de Versailles à Paris.
03:26Et ce parc, qui est en travaux, en mouvements, en réfection depuis des années, et pour encore 4-5 ans, a fait énormément de progrès aussi.
03:35Il y a certains halls qui sont HQE, par exemple, ils ont mis en place un système de récupération de pluie, chaudières aux colzas, etc.
03:45Donc tout ça, c'est des choses qui sont très importantes pour nous.
03:48Et qui améliorent, évidemment, Paris-Cochet aussi, le bilan carbone du Salon international de l'agriculture.
03:55— Il y a toujours une question centrale, que ce soit un événement comme le vôtre ou un grand événement sportif.
04:02Je pense aux JO, aux Jeux olympiques et paralympiques, à Paris l'été dernier. C'est le transport.
04:07C'est-à-dire vous nous dites 1% de la population française, 600, 650... Là, eux, ils viennent.
04:13Donc est-ce que vous avez, vous, des leviers ou est-ce que c'est un combat quasi impossible à mener pour les inciter à venir en train plutôt qu'en avion, qu'au voituret, etc., etc.
04:24— Alors on peut pas les forcer, évidemment, mais on peut fortement les inciter. Donc on a une communication qui va dans le sens de préférer les mobilités douces.
04:35Voici le plan pour venir à vélo, si vous êtes dans Paris, pour venir en bus, par exemple. Vous êtes 50 dans un bus, vous êtes pas tout seul dans une voiture, etc.
04:46Il y a un élément quand même important aussi. C'est qu'on a vu au fil des années, je dirais un peu comme dans beaucoup de villes, le nombre de voitures diminuer juste du fait que le nombre de places de parking a lui-même nettement diminué.
05:02Donc il y a eu une période où le salon de l'agriculture recevait sur les 9 jours 700 bus, par exemple. Les 700 bus, on ne peut plus les accueillir maintenant sur le parc.
05:14Donc en fait, quand ils viennent, ils vont se garer ailleurs dans différents parkings. Et les gens rejoignent le parc soit en métro, soit en tram, qui a nettement progressé aussi ces dernières années, soit à vélo, d'ailleurs.
05:27— Donc c'est un levier sur lequel on peut quand même agir. — Bien sûr, bien sûr.
05:30Quelques chiffres sur l'agriculture française. Balance commerciale excédentaire de plus de 5 milliards en 2023. La France, 6e exportateur mondial, 1er producteur européen de viande, bovine, céréales, oeufs, huîtres, graines, oléagineuses.
05:441er exportateur mondial de vins spiritueux, semences agricoles. Je vais pas faire toute la liste. Vous la voyez s'afficher. C'est vrai aussi des eaux minérales naturelles, des animaux vivants et j'en passe.
05:56Je donne ces chiffres parce qu'ils rejoignent le thème du salon que vous avez choisi cette année, la fierté française. Vous en avez marre de l'agribashing ? C'est ce que ça veut dire quand on lit « fierté française » ?
06:09— Alors nous, en tant qu'organisateur du salon, on est un peu la caisse de résonance même carrément de ce qui se passe dans le secteur agricole. Donc effectivement, c'est pas nous qui en avons marre, quoique.
06:21Mais je le mets de côté. Mais c'est le secteur agricole qui demande à avoir des occasions pour montrer ce qu'il sait faire de positif et être mis en avant. Donc on a un ministère de l'Agriculture
06:32et de la Souveraineté alimentaire qui travaille sur la souveraineté alimentaire. Pendant le Covid, on en reparlait tout à l'heure, on a découvert le métier essentiel qui était celui d'agriculteur.
06:43C'est quand même des gens qui nous nourrissent. C'est-à-dire s'ils étaient pas là, on mangerait pas. Et avec une certaine qualité en France due au fait du respect de cahiers des charges,
06:54de certains attendus pour pouvoir faire les productions, etc. Donc oui, il y a un besoin de montrer qu'ils sont fiers. Et le salon de l'agriculture, depuis 61 ans, 61 éditions,
07:06est l'endroit où se joue un dialogue entre ceux qui connaissent bien l'agriculture et qui la font et ceux qui la mangent ou qui la connaissent moins et qui viennent poser des questions.
07:17Donc les uns ont besoin de montrer qu'ils sont fiers de ce qu'ils font et les autres viennent les rencontrer pour découvrir justement ce qui fait cette fierté.
07:27Mais c'est aussi un métier qui attire moins. C'est-à-dire il y a une baisse régulière du nombre d'exploitations. On arrive avec une classe d'âge qu'il va falloir remplacer.
07:37C'est un des enjeux majeurs du secteur agricole aujourd'hui. Et ma question, elle rejoint finalement les enjeux de transition, de réduction d'impact dont on parlait.
07:49On a ce sentiment que le monde agricole, certainement que les normes sont trop nombreuses ou qu'elles sont trop complexes, mais est en train d'appuyer sur le frein dans cette ambition de transition environnementale.
07:59Comment vous, qui êtes la caisse de résonance, vous le ressentez, ça ?
08:03Alors nous, ce qu'on voit se jouer dans les thématiques qui ont cours dans le salon, c'est ce qui existe aussi dans la société, la difficulté des agriculteurs.
08:15C'est-à-dire comment aller dans le sens d'une transition agro-écologique au sens large, comment s'adapter aux changements climatiques tout en ayant un impact limité sur le business tout de suite et l'exploitation.
08:33Concrètement, quand on dit à un agriculteur qu'il va falloir irriguer autrement, qu'il va falloir arrêter tel système de phytosanitaire, etc., ça a un impact sur son rendement.
08:47Ils sont très nombreux à avoir très peu de marge et à être mal payés.
08:51Absolument. Donc l'ambiguïté, le paradoxe de dire qu'il faut aller vers plus de verres et en même temps, éventuellement, ça peut avoir des impacts pour certaines des productions des agriculteurs, ça existe évidemment dans le salon de l'agriculture et c'est discuté dans le salon de l'agriculture aussi.
09:09Mais il y a pour la deuxième année consécutive un SIAPRO, une partie du salon destinée aux professionnels. Il y sera beaucoup de questions d'énergie verte, de compléments de revenus, de méthanisation, etc.?
09:25Oui, parce qu'un des leviers pour progresser dans ce domaine-là, c'est de proposer aux agriculteurs des moyens financiers. C'est-à-dire qu'une perte de rendement peut peut-être être compensée par la fabrication d'électricité, par exemple en méthanisation ou en énergie nouvelle avec des éoliennes, etc.
09:43Avec de l'agrivoltaïsme aussi.
10:13Vous l'avez dit tout à l'heure, plus de 80 personnalités politiques attendues. J'ai l'impression que c'est un record et qu'il est un peu battu chaque année. Est-ce que vous n'en avez pas ras-le-bol d'être un peu trivial ?
10:39Non, on n'en a pas ras-le-bol. C'est aussi une source de fierté comme le salon d'accueillir toutes ces personnalités politiques. Néanmoins, une fois qu'on a dit cela, le sujet, c'est de garder un équilibre entre la vocation première du salon, qui est pour les agriculteurs de se montrer à du grand public et des professionnels, et en même temps de recevoir des personnalités politiques.
11:04C'est sûr que quand on en reçoit 20 dans la journée, par exemple, à part le débordement du service protocole qui toute la journée en enchaîne, ça peut nous poser des problématiques de flux.
11:18Il faut rappeler que c'est un événement privé, le salon international.
11:23Vous faites bien de le rappeler, c'est un événement privé dans lequel tout le monde a des droits et des devoirs, y compris les personnalités politiques et leurs équipes.
11:34On l'a rappelé, sur le salon lui-même, on a pour tout le monde, toutes les catégories de public, un code de conduite qui s'appelle l'assiette-attitude et qu'on propose à tout le monde d'adopter.
11:44C'est-à-dire, on se comporte bien, si on boit un coup avec des amis, on ne boit pas trop, on respecte les animaux, etc.
11:51On a proposé aussi aux politiques une charte de bons déroulements en leur listant un certain nombre de choses qu'on pensait être respectables par eux pour avoir un salon confortable pour tous.
12:05Est-ce que le président de la République va signer la charte ? Parce que sa visite l'an dernier, ça ne doit pas être un très bon souvenir pour vous.
12:11Non.
12:12Qu'est-ce que vous avez prévu pour que ça ne se reproduise pas ? Je ne dis pas que c'est facile.
12:16Non, ce n'est pas un bon souvenir. On ne lui a pas demandé de signer la charte, mais on l'a transmise à son cabinet.
12:22Qu'est-ce qu'on a prévu là ? On a prévu d'anticiper au maximum, puisque l'année dernière, il y avait une dimension qui ne convient à aucun organisateur de grand événement.
12:32C'est une dimension de surprise avec une intrusion d'une manifestation.
12:38Là, on est en train de prévoir le maximum de choses. Je ne dis pas que tout va pouvoir être prévu, mais on essaye au maximum d'anticiper et de répéter aux visiteurs.
12:48Notre campagne dans ce sens-là va s'accentuer demain et après-demain de venir en semaine et de prendre en compte que la matinée inaugurale du samedi matin nécessite parfois des adaptations qui peuvent rendre la visite moins confortable que d'autres jours.
13:11Si vous pouvez choisir, venez plutôt le lundi ou le mardi.
13:14Le samedi après-midi, peut-être déjà. Effectivement, c'est mieux.
13:18C'est un bon conseil. Merci beaucoup Valérie Leroy.
13:2071e Salon international de l'agriculture et 2e. S'il y a pro, on passe à notre débat. Comment les start-up et les associations peuvent travailler ensemble ?
13:37Le débat de Smart Impact. Je vous présente mes invités tout de suite. Anne-Sophie Gervais, bonjour.
13:41Bonjour.
13:42Bienvenue. Vous êtes la co-directrice de Reis Sherpa. David Robert, bonjour.
13:45Bonjour.
13:46Co-directeur de Jacqueuil. Quelques mots de présentation. Reis Sherpa, c'est le fonds de dotation du groupe Reis, c'est ça ?
13:52Exactement. On est la partie philanthropique d'un groupe d'investissement. Reis, c'est un groupe d'investissement qui reverse 50% de son carré d'intérêt reste à une fondation qui s'appelle Reis Sherpa.
14:04Depuis 10 ans, on accompagne des projets à fort impact environnemental et social.
14:08Ça vous donne quel levier, quelle amplitude, quel budget ?
14:12On a 60 millions de budget au global. Aujourd'hui, on a accompagné plus de 200 start-up à travers du financement et de l'accompagnement. On va en parler aujourd'hui aussi 9 associations depuis un an dont Jacqueuil.
14:28On va raconter pourquoi vous avez créé cette branche Reis Sherpa. Jacqueuil, c'est donc une association. Je veux bien que vous nous la présentiez. David Robert, une émanation de Synga, c'est ça ?
14:40Exactement. Un programme de ce qu'on appelle de l'hébergement citoyen qui a été mis sous le feu des projecteurs notamment à l'occasion de la crise ukrainienne mais qui existe depuis une dizaine d'années.
14:48Le principe, c'est de permettre à des citoyens qui veulent ouvrir leurs portes d'accueillir dans les bonnes conditions des personnes réfugiées pour évidemment créer du lien social, de la compréhension, progresser plus vite, accéder plus vite à un emploi, à un logement.
15:01Utiliser aussi le réseau social des accueillants et la connaissance des codes socioculturels des accueillants pour permettre à ces gens une meilleure inclusion dans la société.
15:08Ça existe depuis combien de temps ?
15:10Ça fait 10 ans tout juste.
15:12Et donc vous lancez Anne-Sophie Gervais, Rescherpa Association. De quoi il s'agit et quel est le principe ? Le principe, c'est un accompagnement je pense sur une durée assez longue, c'est ce que j'ai compris.
15:22Exactement. Alors pour revenir à la jeunesse du projet, notre fond de dotation à Rescherpa, il accompagne depuis 10 ans des startups dans leur changement d'échelle.
15:30Et donc on a créé autour de ces startups un réseau de mentors, d'opérateurs qui les accompagnent au quotidien.
15:36Et en fait un jour on s'est dit pourquoi ne pas mettre tout ce qu'on avait créé pour les startups au profit du monde associatif.
15:43Et justement financer à travers du don pluriannuel et accompagner ces associations dans leur changement d'échelle.
15:49Avec en fait une volonté au global de financer l'innovation sociale environnementale qu'elle soit dans des startups ou dans des associations comme j'accueille.
15:56Et de mettre aussi en contact les unes et les autres, c'est-à-dire les startups, les entreprises de la tech et les associations ?
16:02Notre mission à Rescherpa c'est vraiment de créer des ponts entre des écosystèmes qui se parlent trop peu selon nous et qui ont beaucoup à s'apporter.
16:09Donc d'abord la finance et la philanthropie, c'est le modèle même de la création de Rescherpa.
16:14Ensuite le monde des startups et le monde des grandes entreprises parce qu'elles ont beaucoup aussi à s'apporter mutuellement.
16:19Et aujourd'hui créer des passerelles entre le monde de la tech et le monde associatif en se disant que chacun a à s'apporter mutuellement.
16:26Que ce soit sur des enjeux de digitalisation pour des associations mais aussi pour des startups de la tech justement d'aller plus loin dans leur engagement.
16:34Et alors justement on va rentrer dans le concret, que vous apporte ce type de collaboration, de synergie pour j'accueille ?
16:42Beaucoup de choses, c'est une évidence de commencer par ça.
16:45Peut-être un point de contexte d'abord, notre métier à nous c'est de créer du lien social.
16:50C'est de faire en sorte qu'en rencontrant des gens qu'on n'aurait pas l'occasion de rencontrer dans sa vie de tous les jours.
16:55Donc des vieux quand on est jeune, des noirs quand on est blanc, des musulmans quand on est chrétien etc.
16:59On fasse démocratie ensemble et ça c'est important.
17:02Et aujourd'hui le temps dévoué à la création du lien social il est quand même de plus en plus passé sur des petits écrans et un petit peu moins à se rencontrer.
17:10Et nous on vit et on peut faire notre métier parce qu'on a des milliers de bénévoles, d'accueillants partout en France.
17:15Ces gens là aujourd'hui le seul moyen qu'on a de les toucher concrètement avec ce qui est devenu le quotidien en 2025 c'est de passer par le digital.
17:23Historiquement le digital demande pour les entreprises des investissements massifs avec des moyens que les associations n'ont pas.
17:30Et donc pour nous la première chose que ça nous apporte c'est de rencontrer, de comprendre le monde de la tech.
17:36En gros de façon à nous donner des moyens qui ne soient pas anecdotiques par rapport à nos besoins.
17:41Si on veut recruter des milliers de personnes, des milliers d'accueillants il faut qu'on sache ce qu'est une politique d'acquisition sur les réseaux sociaux.
17:47Si on veut faire des formations, des sensibilisations à très grande échelle il faut qu'on soit capable de diffuser des vidéos, des contenus à grande échelle et de bonne qualité.
17:56Et pour ça historiquement le monde des associations est très peu doté et donc on est mis en relation avec des professionnels qui vont nous donner du temps, des compétences et parfois des moyens.
18:04Et donc là concrètement c'est avec une start-up, c'est avec des différents professionnels qui travaillent dans différentes entreprises ?
18:11En fait il y a différents types. Il y a déjà un accompagnement stratégique.
18:14Anne-Sophie nous met en lien avec des gens qui ont fondé des grandes entreprises de la tech et qui ont envie d'apporter leurs compétences, leurs visions sur le développement des outils digitaux au service de l'intérêt général.
18:25Donc là j'ai une forme de mentorat avec le fondateur de Mano à Mano par exemple.
18:30Et puis ensuite on est mis en lien avec beaucoup de techniciens qui sont des gens qui peuvent donner un jour, dix jours, vingt jours de leur temps de travail pour nous aider à développer en l'occurrence une plateforme d'open data, un outil d'intelligence artificielle pour mieux comprendre les dynamiques sociales d'un territoire et mieux travailler.
18:45C'est du mécénat d'entreprise aussi de la part de ces entreprises de la tech qui participent au programme ?
18:52Demain ça peut l'être. En fait nous il faut nous voir comme un peu ce tiers de confiance qui connecte en fait.
18:59Parce qu'aujourd'hui le problème c'est qu'on a fait une étude notamment avec OpinionWay qui montre que 13% des startups ne vont pas à la rencontre des associations, manque de temps, manque de connaissances sur ce monde là.
19:10Donc en fait c'est un peu connecter ces deux mondes en fonction des besoins comme disait David sur des sujets de digitalisation, de compréhension, de modèles un peu tech et connecter en fait ces différentes parties là.
19:22Mais si on se met du côté des entreprises de la tech, qu'est-ce que ça leur apporte ? Moi j'ai ma petite idée mais je veux bien vous entendre là-dessus.
19:30Alors après moi j'ai du mal à me mettre à leur place mais je pense qu'aujourd'hui il y a un vrai sujet d'engagement aussi de la part du monde de la tech.
19:38Et de se dire notamment, je pense que c'est pas un sujet de communication c'est vraiment un sujet d'engagement de collaborateurs.
19:44Et on pourra en parler tout à l'heure parce que Jacqueu est rentré dans un programme qui s'appelle Data for Good et qui est fabuleux aussi.
19:50Mais c'est de se dire en fait je donne aussi du sens à mes collaborateurs qui travaillent dans l'IT, qui travaillent dans le marketing pour mettre à profit leurs compétences au profit d'associations.
20:00C'est un peu en fait aller plus loin que j'ai pas vraiment de sens dans ma vie donc je vais donner un peu de temps à une association en allant faire une maraude.
20:08Là c'est de se dire mais en fait je suis un professionnel du marketing digital et mon temps je peux le donner à Jacqueu et ça va leur servir à recruter de nouvelles familles qui vont accueillir de nouveaux réfugiés et créer ce fameux lien.
20:22C'est vraiment ça qu'on essaye de réconcilier.
20:26Vous parlez de quoi ? C'est une sorte de potentiel de développement à faire éclore ? C'est un peu ça l'idée ?
20:33Exactement après il y a deux sujets nous ce qu'on vient faire et on l'a toujours fait c'est un peu la veine sur philanthropie si on finance parce qu'on n'en a pas parlé mais Jacqueu tu pourras le dire David a développé une plateforme
20:45qui aujourd'hui a besoin aussi de voir comment elle peut être mise dans les mains des bonnes personnes au bon moment pour prouver son full potentiel.
20:54L'innovation dans une start-up c'est aussi financé comme ça c'est ce qu'on appelle le product market fit qu'on connaît tous et de se dire quelle est l'adéquation entre mon produit et l'utilisateur final.
21:05Et bien ça ça demande du temps ça demande du financement et donc nous on vient aussi financer.
21:09C'est là que vous intervenez.
21:10Sur trois ans on a financé nous on fait du don non fléché c'est à dire qu'on ne flèche pas on ne dit pas mon argent tu dois l'utiliser pour faire ceci ou cela.
21:17On fait des dons entre 30 et 40 000 euros sur trois ans donc ça fait des enveloppes entre 90 et 120 000 euros donc ça c'est la première brique.
21:24Financement ça on la coupe l'accompagnement c'est à dire au quotidien on se parle de quoi tu as besoin qui je pourrais te connecter et c'est vraiment ça qui crée la base.
21:33Faut imaginer que ce financement c'est un peu plus qu'un équivalent temps plein d'un développeur à plein temps.
21:39Vous n'auriez pas pu vous le payer ?
21:41Mais jamais évidemment que non c'est quelque chose c'est très complexe à développer.
21:45Pour des bonnes raisons quand on finance une association quand un mécène ou quand l'état la puissance publique donc notre argent l'argent des contribuables finance une association.
21:53L'idée c'est de se dire il faut qu'on finance son coeur de métier ce qui est essentiel on a un devoir de sobriété un devoir d'utilisation modérée de l'argent public.
22:01Et donc évidemment si on veut développer des innovations on est plutôt dans une logique d'investissement que dans une logique de mécénat.
22:07Et donc on dit bah nous si on veut dire que l'intelligence artificielle c'est pas seulement pour acheter plus vite depuis son canapé des produits polluants mais c'est aussi pour aider un monde un peu plus juste.
22:17Il faut investir dans l'intelligence artificielle ça coûte une fortune et en temps humain en compétences humaines et en matériel.
22:23Et donc ça on pourrait jamais se le payer si on n'avait pas un autre type de financement qui est plutôt un financement pour l'innovation sociale et pas un financement pour le courant.
22:31Est-ce que vous envoyez déjà les effets ou est-ce que c'est trop tôt pour faire un bilan ?
22:34C'est un peu tôt. Les effets qu'on voit c'est que c'est tellement difficile de financer l'innovation dans le monde de l'intérêt général
22:40que le simple fait de recevoir des financements qui nous permettent de développer des produits un peu originaux ça nous donne un peu plus de visibilité.
22:49Témoigne notre présence sur ce plateau aujourd'hui. Donc ça c'est un premier effet.
22:52Donc d'une certaine façon c'est aussi une forme d'appel à dire financer l'innovation sociale.
22:56Les 90% de mes coûts sont des salariés qui reçoivent des personnes en grande vulnérabilité et qui essayent de trouver des solutions.
23:04C'est un travail de personne à personne, un travail de terrain qui n'a rien à voir avec les écrans.
23:09Mais si j'ai pas ce 10% qui nous permet de toucher davantage de bénévoles, de toucher davantage de personnes, de professionnels, de faire comprendre notre travail,
23:16on n'a plus d'essence dans le réservoir d'une certaine façon. Nous sans bénévoles on peut rien faire.
23:20Et aujourd'hui ces bénévoles on les recrute par ce biais.
23:23Comment vous choisissez, Anne-Sophie Gervais, les associations accompagnées ?
23:27Puisqu'il n'y en a pas tant que ça. C'est neuf c'est ça ?
23:30On a neuf à date et c'est six par an.
23:32D'accord. Donc un appel à candidature c'est ça ?
23:35On a deux appels à projet mais c'est pas vraiment ça. Parce qu'on communique pas forcément sur ces appels à projet.
23:43Mais en fait on a deux sessions par an. On a deux thèmes. La protection de l'environnement et l'inclusion sociale.
23:48Ça regroupe quand même beaucoup de sujets. Et nous ce qu'on va choisir c'est vraiment des associations avec un angle innovant.
23:53Ou en tout cas la façon dont est gérée l'association innovante et qui ont un vrai potentiel de changement d'échelle.
23:58On en parlait tout à l'heure mais c'est vraiment faire le parallèle entre ce qu'on faisait sur les start-up, sur les associations.
24:04Et aider vraiment pendant cette phase critique qui est le changement d'échelle.
24:07Et typiquement sur j'accueille financer une plateforme qui demain peut vraiment donner une autre dimension.
24:14Enfin tu vas peut-être dire ce que fait cette plateforme parce que c'est vraiment passionnant.
24:17Une autre dimension à l'association. Pour nous c'est fondamental. Et c'est là qu'on aura réussi finalement.
24:22Et après c'est bien sûr créer un peu des liens avec tout l'écosystème.
24:26Comprendre qui finance quelle association à quel moment. Et prendre le relais.
24:30Parce qu'aujourd'hui le financement des associations c'est un énorme enjeu. Le fundraising.
24:35Les assos ils passent entre 10 et 40% de son temps. A chaque fois je sors ce chiffre mais c'est plus de ton temps.
24:42Et comment nous on vient agréger plusieurs financeurs et aider des associations à passer plus de temps sur leur mission.
24:50Que sur la recherche de financement.
24:52Allez on conclut là-dessus. Moins d'une minute. Cette plateforme justement qu'est-ce qu'elle change ?
24:56Moins d'une minute. Cette plateforme dans l'absolu elle change tout. On espère.
25:02Aujourd'hui la question de la quête des réfugiés elle est extrêmement politique.
25:06Elle est complexe. Elle est instrumentalisée systématiquement.
25:10Nous on essaye de se dire d'un côté il y a des emplois en tension.
25:13Il y a des gens qui ont besoin d'embaucher qui n'y arrivent pas.
25:16Il y a des classes qui ferment. Des services publics qui ferment dans les campagnes.
25:20Et puis il y a des logements vacants partout.
25:22Et le gros problème c'est d'inventer une mobilité qui soit bénéfique à tout le monde.
25:27Et au lieu de se dire on va se répartir la charge des personnes réfugiées.
25:30On se tire une balle dans le pied parce qu'on supposerait que ces gens là ne sont bons qu'à être des charges.
25:34On se dit comment on va faire de l'accueil une richesse pour tout le monde.
25:37Et donc on utilise en gros en un mot l'intelligence artificielle
25:40pour faire correspondre les endroits où on a des emplois en tension, des logements vacants,
25:44des écoles qui vont fermer pour des problèmes d'effectifs.
25:46Et on essaye de dresser un tableau prospectif de qui a le plus intérêt d'accueillir à court terme
25:51dans les meilleures conditions pour que ça se passe bien pour tout le monde.
25:53Parce que accueillir trois familles dans un village ça ne peut que faire du bien si c'est encadré intelligemment.
25:58Voilà en gros comment on utilise dans l'absolu les ressources de l'avenir ou même du présent aujourd'hui
26:04pour dessiner une politique publique un peu plus intelligente.
26:06Merci beaucoup à tous les deux et à bientôt sur Be Smart For Change.
26:10On passe à notre rubrique Prêt pour l'impact tout de suite.
26:21Smart Ideas avec Fabien Cordon, bonjour, bienvenue.
26:24Vous êtes directeur général Ile-de-France des Alchimistes,
26:27entreprise créée fin 2016 par Alexandre Guilly et Fabien Kenzo Sato.
26:32Ça représente quoi le réseau des alchimistes aujourd'hui ?
26:35Aujourd'hui les alchimistes c'est 22 agglomérations à peu près,
26:39un réseau d'une quinzaine d'entrepreneurs dans toutes les grandes métropoles françaises
26:43et c'est 30 000 tonnes de déchets alimentaires collectés.
26:46Votre cœur de métier c'est quoi ? Le tri, la récupération des déchets et notamment des biodéchets ?
26:56C'est ça, notre cœur de métier c'est de sortir les biodéchets des poubelles classiques
27:00pour pouvoir les transformer ensuite en compost et qu'ils puissent retourner au sol.
27:04Donc on a aussi une étape sensibilisation et formation pour expliquer le geste de tri,
27:09pourquoi c'est important et ensuite on vient faire toute la chaîne de A à Z.
27:13Avec une méthode qui est assez originale, vous notez toujours vos clients,
27:16je lisais ça en préparant l'émission, on ne paye pas exactement la même chose
27:20en fonction de la qualité du tri, c'est ça ?
27:22Exactement, nous notre but c'est de nourrir les sols ensuite
27:25et si on le nourrit avec du plastique ou une boîte de conserve,
27:28on ne va pas pouvoir faire pousser des légumes et des frondilles.
27:32Donc on va noter chaque bac, chaque client et on va lui faire payer une différence
27:37suivant s'il a bien trié ou pas et s'il a mal trié, on va pouvoir faire une action de formation
27:42pour lui expliquer comment corriger.
27:44La loi qui impose le tri à la source des biodéchets,
27:49j'imagine que c'est un accélérateur de croissance, ça fait un peu plus d'un an,
27:54quel bilan vous en faites ?
27:56Oui, l'année 2024 a été une grosse année,
27:58beaucoup de personnes ont voulu se mettre en conformité avec la loi,
28:02c'est la loi GEC qui concerne à la fois les particuliers et les professionnels,
28:06donc tout le monde doit faire le geste de tri depuis le 1er janvier 2024.
28:10Et donc ça vous ouvre des marchés qui n'existaient pas jusqu'à présent ?
28:14Oui, ça nous ouvre les marchés des collectivités qui avant ne s'étaient pas lancés
28:19et puis aussi les professionnels, aujourd'hui tout bureau doit avoir une solution de tri pour ses biodéchets,
28:26par exemple pour la machine à café, on a le marre de café,
28:29on a les pots de bananes pour le goûter,
28:31et ça on vient les collecter, spécifiquement en vélo quand c'est des petits volumes
28:35ou des gros camions pour les collectivités.
28:38Vous avez aussi développé un programme qui s'appelle les couches fertiles,
28:42on parle des couches bébés, de quoi il s'agit ?
28:45C'est comme l'idée des biodéchets, c'est-à-dire qu'aujourd'hui on met dans nos poubelles classiques,
28:49ça part en incinération ou en enfouissement, alors que c'est plein de nutriments pour le sol ensuite.
28:55Donc on a fait beaucoup de R&D avec les producteurs de couches pour créer une couche 100% compostable.
29:01On est parti d'une couche avec des matériaux plastiques qui n'étaient pas compostables,
29:05on est aujourd'hui à une couche 100% compostable, on vient la collecter dans des crèches, dans des maternités,
29:10et puis ensuite on vient les composter, c'est plus de 250 000 couches en 2024 collectées en France.
29:18Ça veut dire un partenariat avec un réseau de crèches, ça veut dire une filière de collecte spécifique ?
29:27Quand on aimait l'idée, on trouve ça super, après il faut l'organiser ?
29:31Ça peut être soit des crèches publiques, on a travaillé avec des collectivités engagées,
29:36ou des réseaux de crèches privées qui souhaitent aussi se lancer, ou des maternités,
29:41et ensuite on vient faire la collecte comme les biodéchets, suivant les volumes, soit à vélo, soit en camion.
29:47Dernier thème, les Alchimistes, c'est aussi un réseau inclusif, vous faites travailler des personnes éloignées de l'emploi,
29:54c'est un des piliers de l'entreprise ?
29:56Oui, l'idée de l'entreprise c'est de faire du bien à la planète, tout en faisant du bien aux personnes,
30:01en créant ce qu'on appelle des emplois heureux.
30:03Plus de 50% de nos équipes d'exploitation sont initialement éloignées de l'emploi,
30:08donc des gens qui n'avaient pas de travail, des difficultés,
30:11et nous par le travail on vient après l'action d'insertion, leur proposer un CDI,
30:16et puis une courbe d'apprentissage et des compétences chaque mois différentes.
30:20Merci beaucoup Fabien Cordon, et bon vent aux Alchimistes !
30:24Merci à vous !
30:25Voilà, c'est la fin de ce numéro de Smart Impact.
30:28Je voudrais remercier Alexis Mathieu et Marie Billa à la programmation et à la production,
30:32le réalisateur Romain Luc et l'ingénieur du son Saïd Mahmoud.
30:36Belle soirée, belle journée, et à très vite.
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