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  • il y a 2 ans
LCP mobilise son antenne à l'occasion des grands évènements. Journées parlementaires, grands débats, votes et explications de vote, auditions des commissions d'enquête, congrès, session extraordinaire, discours et grandes cérémonies...la vie politique avec l'analyse des meilleurs experts et politologues.

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00:00:00– Bonjour à tous et merci de nous retrouver sur les chaînes parlementaires
00:00:12pour cette édition spéciale consacrée aux résultats des législatives,
00:00:15des législatives qui voient une configuration inédite sous la Vème République,
00:00:19une cohabitation sans majorité absolue et on en est loin,
00:00:23l'Assemblée est divisée en 4 blocs, c'est donc la gauche,
00:00:26le nouveau front populaire qui arrive en tête de cette élection
00:00:29suivi d'ensemble le camp macroniste, le Rassemblement National
00:00:33arrive en tête au premier tour, n'est que troisième
00:00:35et enfin les Républicains maintiennent à peu près leur nombre de députés.
00:00:38Voilà donc à quoi ressemblera le futur hémicycle de l'Assemblée Nationale,
00:00:42on va revenir sur les enseignements de ce second tour,
00:00:45ces législatives qui font bien sûr la une de la presse régionale ce matin,
00:00:49regardez quelques-uns de vos journaux régionaux
00:00:52et puis on va voir évidemment les résultats en région,
00:00:54on sera au Puy-en-Velay chez Laurent Wauquiez à Marseille
00:00:57avec les rédactions de la presse régionale
00:00:59et puis on retrouvera également nos envoyés spéciaux
00:01:01sur les terres d'Éric Ciotti à Nice, de François Ruffin à Amiens
00:01:05et d'Élisabeth Borne dans le Calvados.
00:01:07Dans une heure, notre grand débat politique
00:01:09avec les 4 représentants des 4 principales forces,
00:01:12Mathieu Vallée pour le Rassemblement National,
00:01:14Stéphane Rudulier pour les Républicains,
00:01:16Sébastien Vincini pour le nouveau Front Populaire
00:01:19et puis François Patria pour le camp présidentiel.
00:01:22Mais d'abord, on va voir l'analyse de nos experts,
00:01:25nos 3 experts qui sont avec nous en plateau,
00:01:27bonjour Yves Tréhard, merci.
00:01:28– Bonjour Auriane, bonjour à tous.
00:01:30– Directeur adjoint de la rédaction du Figaro, Pierre Jacquemin,
00:01:32bonjour, merci également d'être là,
00:01:34rédacteur en chef de Politis et puis Olivier Roucan,
00:01:37bonjour Olivier, politologue et constitutionnaliste.
00:01:40Avant de vous entendre,
00:01:41on va voir les grands enseignements de ce scrutin,
00:01:43des résultats et les réactions politiques.
00:01:45C'est avec Samia Dechir.
00:01:46– A 20h, c'est l'explosion de joie.
00:01:52Le nouveau Front Populaire est en tête des élections législatives.
00:01:56Les électeurs de gauche ont presque du mal à y croire.
00:01:59– On est tellement heureux, franchement c'est…
00:02:02Franchement, si le RN est passé, j'allais me mettre en larmes.
00:02:07– Très content de la fierté.
00:02:08Si on se mobilise, on peut faire bouger les choses.
00:02:10Une victoire inattendue à rebours de tous les sondages
00:02:14qui plaçaient le Rassemblement National en tête du scrutin.
00:02:17– Notre peuple a clairement écarté la solution du pire pour lui.
00:02:23Ce soir, le RN est loin d'avoir la majorité absolue
00:02:28que les commentateurs lui prédisaient il y a une semaine à peine.
00:02:33– L'Union de la gauche n'aura pas de majorité absolue,
00:02:35mais c'est elle qui aura le plus de députés, autour de 190.
00:02:40– Il fallait le faire, et non seulement nous l'avons fait,
00:02:44mais nous avons gagné et maintenant nous allons gouverner.
00:02:49– Au RN, c'est la douche froide.
00:02:52À l'annonce des résultats, les sourires s'effacent brusquement.
00:02:58– C'est un peu décevant.
00:02:59– Je suis dégoûtée, voilà.
00:03:02L'extrême droite progresse incontestablement,
00:03:04mais elle n'arrive que troisième, alors qu'elle se voyait déjà à Matignon.
00:03:08– Malheureusement, l'alliance du déshonneur
00:03:12et les arrangements électoraux dangereux,
00:03:15passés par Emmanuel Macron et Gabriel Attal
00:03:17avec les formations d'extrême gauche,
00:03:21privent ce soir les Français d'une politique de redressement
00:03:25qu'ils ont pourtant plébiscité largement.
00:03:28– La majorité présidentielle est en net recul,
00:03:30mais elle fait mieux que prévu.
00:03:32Avec environ 160 sièges,
00:03:34elle devient la deuxième force politique de l'Assemblée nationale,
00:03:37devant l'extrême droite.
00:03:38– Ce soir, le courant politique que j'ai représenté au cours de cette élection,
00:03:43celui de la République et du progrès, est bel et bien vivant.
00:03:46– Aucun groupe n'a obtenu de majorité absolue.
00:03:49Personne n'est donc en mesure de gouverner,
00:03:51sans forme et de coaddition.
00:03:54– On va revenir d'abord sur les grands enseignements, Pierre.
00:03:56Est-ce que cette victoire de la gauche est une surprise ?
00:03:59– Oui, je pense que personne ne s'attendait à ce que la gauche arrive en tête.
00:04:03La véritable victoire, s'il y a une victoire,
00:04:05c'est la défaite de l'extrême droite et c'est la victoire du Front républicain.
00:04:10C'est ça l'enseignement, en tout cas, principal,
00:04:12parce que ça a été dit à plusieurs reprises
00:04:15depuis ce matin dans votre émission, Auriane.
00:04:17Le problème, c'est que la gauche arrive en tête,
00:04:19mais pour faire quoi, avec qui, ça va être toute la difficulté.
00:04:23Mais c'est vrai que la première chose que j'ai envie de dire ce matin,
00:04:28c'est qu'on avait dit le barrage républicain mort,
00:04:31ou en tout cas, il commençait à s'effriter depuis 2002 qu'il existe.
00:04:36Il est bien vivant et le barrage s'est fait de manière assez forte,
00:04:40voire très solide, à gauche.
00:04:42C'est-à-dire que les électeurs de gauche sont très massivement mobilisés
00:04:45pour aller voter pour les électeurs du centre et de la droite.
00:04:49Et la droite, pareil, c'est assez mobilisé.
00:04:51Je crois que 57% des électeurs de droite
00:04:53s'est mobilisé pour aller voter pour des candidats de gauche.
00:04:55C'est quand même le premier renseignement.
00:04:57Et c'est vrai que la perspective de la prise du pouvoir
00:04:59par l'extrême droite, en tout cas à très court terme
00:05:01et donc très vivement rejetée,
00:05:05il y a une responsabilité extrêmement importante
00:05:07qui s'ouvre sur le camp de ceux
00:05:09qui ont joué le rôle du barrage républicain
00:05:12pour faire en sorte que Marine Le Pen n'arrive pas au pouvoir.
00:05:15Parce que cette situation peut aussi lui être profitable à moyen terme.
00:05:18– Oui, Yves, c'est la première fois
00:05:20sous la cinquième qu'il y a une telle inversion
00:05:22entre le premier tour et le second tour.
00:05:24C'est la preuve que le front républicain a bien marché ?
00:05:27– Oui, ça veut dire qu'il y a encore un plafond de verre.
00:05:29C'est-à-dire qu'il y a le front républicain,
00:05:31un plafond de verre,
00:05:33on est dans une situation inextricable, ingouvernable.
00:05:36Il va y avoir un gel de la politique française.
00:05:39Alors, ce n'est pas la politique qui va être gelée,
00:05:41mais je pense qu'on va faire du surplace pendant un an.
00:05:44Et je ne vois pas comment on ne peut pas, à terme,
00:05:46avoir une nouvelle dissolution l'année prochaine.
00:05:49Parce que j'ai beau retourner le Rubik's Cube dans tous les sens,
00:05:53Rubik's Cube dans tous les sens,
00:05:55je ne vois pas comment on peut trouver une majorité apte,
00:05:58majorité, j'entends, une majorité suffisamment solide,
00:06:02apte à pouvoir agir.
00:06:05C'est tout le génie du président de la République.
00:06:08Il a mis la quatrième dans la cinquième.
00:06:12C'est absolument incroyable.
00:06:16– C'est-à-dire qu'il voulait une clarification.
00:06:18Est-ce qu'aujourd'hui, on peut dire qu'il a accentué la crise ?
00:06:20– Il aurait dû consulter Charles Denner dans « L'aventure, c'est l'aventure »,
00:06:25qui était un grand spécialiste de la clarté dans la confusion.
00:06:29Eh bien, on est dans la confusion la plus totale.
00:06:33C'est vraiment terrible d'en arriver là,
00:06:36parce que contrairement, pour être sérieux,
00:06:38contrairement à nos voisins européens,
00:06:40qui ont tout à fait l'habitude de ce genre de situation,
00:06:44mais qui arrivent avec le temps, parce qu'ils prennent le temps
00:06:48à trouver des gouvernements de coalition, des majorités de coalition
00:06:52à partir de contrats de gouvernement.
00:06:54Parce que c'est en Allemagne, par exemple,
00:06:56je crois que le contrat de gouvernement qui scelle
00:06:58l'accord entre les trois parties au pouvoir actuellement,
00:07:00il fait 180 pages.
00:07:02Mais là, c'est impossible.
00:07:04Comment voulez-vous, par exemple, que la formation qui est arrivée en tête,
00:07:10qui s'appelle le Nouveau Front Populaire, arrive à gouverner,
00:07:15alors que l'un de ses arguments programmatiques,
00:07:21c'est l'abrogation de la réforme des retraites ?
00:07:23Je ne vois pas comment il peut faire cette abrogation
00:07:25de la réforme des retraites sans s'allier, par exemple,
00:07:28avec le Rassemblement National.
00:07:30Parce que les autres groupes étaient plutôt contre.
00:07:34On est dans une situation absolument absurde.
00:07:38Je vous fais réagir, Pierre, mais un mot d'Olivier.
00:07:40On est dans une configuration inédite aujourd'hui, Olivier,
00:07:43avec une post-dissolution, une assemblée post-dissolution
00:07:46qui n'a pas de majorité absolue et qui en est très loin.
00:07:49Ils sont quasiment sans siège de la majorité absolue.
00:07:51Oui, et de ce point de vue, c'est quand même l'échec de cette dissolution
00:07:54qui était censée clarifier les rapports de force.
00:07:56Il n'en est rien.
00:07:58Il va falloir changer de culture politique, presque, mais très vite,
00:08:03puisqu'il faudra bien trouver un contrat de gouvernement.
00:08:08Alors, il est vrai que cela semble aujourd'hui,
00:08:12en plus du fait des positions qui ont été prises hier soir,
00:08:15qui semblaient, dans tous les cas, au départ, très maximalistes.
00:08:20Pour le Nouveau Front Populaire, il s'agit d'appliquer le programme.
00:08:24Pour Laurent Wauquiez, il n'est pas question de se rallier au macronisme.
00:08:32Donc, comment faire ?
00:08:33Il va bien falloir négocier.
00:08:35Et je pense que cela va créer des tensions au sein des groupes parlementaires
00:08:41et peut-être occasionner quelques recompositions à partir de ces groupes.
00:08:47S'ils n'entrent pas dans une démarche, je dirais, de négociation,
00:08:51alors le système est bloqué.
00:08:53Et les institutions de la Ve, dysfonctionnent.
00:08:56Pierre, peut-être sur ce que disait Yves,
00:08:59est-ce que le Nouveau Front Populaire va devoir tendre la main au-delà de son périmètre
00:09:03et notamment au Rassemblement National, sur certains points ?
00:09:05Je ne pense pas que le Nouveau Front Populaire tende la main au Rassemblement National.
00:09:08C'est une certitude.
00:09:09En revanche, sur la réforme des retraites, je pense que c'est très simple.
00:09:15Il n'y a pas besoin de gouverner pour abroger la réforme des retraites.
00:09:18Il suffit que 4 groupes du Nouveau Front Populaire
00:09:22déposent dans le cadre de sa niche parlementaire
00:09:24une proposition de loi qui vise à abroger la réforme des retraites.
00:09:28La gauche n'est pas comptable des votes de l'ensemble des personnes
00:09:32qui siègent à l'Assemblée Nationale.
00:09:33Si l'extrême-droite vote…
00:09:34– Mais ils se perdent avec les voix du R.
00:09:35– C'est la démocratie qui le dira.
00:09:38Après, il y a quand même quelque chose de positif dans cette élection, je trouve,
00:09:41c'est que quand on fait la démonstration que l'on décorelle
00:09:45les élections législatives de l'élection présidentielle,
00:09:47il y a un regain de mobilisation des Français.
00:09:50Alors certes, on est dans un enjeu qui est quand même différent
00:09:52de bien d'autres élections législatives,
00:09:54mais il y a quand même cette mobilisation très forte
00:09:56constatée depuis le premier tour jusqu'à hier,
00:09:58la participation très importante.
00:10:00Donc ça veut dire qu'il y a une volonté quand même de participer.
00:10:04Et je pense que le fait que ce soit décorrélé l'élection présidentielle
00:10:06montre qu'il y a une véritable envie de redonner du pouvoir au Parlement.
00:10:10Et c'est ça la bonne nouvelle, c'est qu'on redonne le pouvoir au Parlement
00:10:14et c'est vrai que si demain il n'y a pas de majorité,
00:10:15il peut y avoir des majorités d'idées ou en tout cas des majorités de projets
00:10:18qui se créent en fonction des sujets à l'Assemblée Nationale.
00:10:21Ça veut dire que ce n'est plus le gouvernement qui est maître du jeu
00:10:25de l'ordre du jour de l'Assemblée Nationale,
00:10:27mais c'est le Parlement.
00:10:28Et s'il y a peut-être une idée qui est proposée
00:10:31dans le cadre du Nouveau Front Populaire
00:10:32ou du programme du Nouveau Front Populaire,
00:10:34sans parler de 6ème République,
00:10:35mais qui peut converger avec les aspirations des macronistes par exemple,
00:10:38c'est la rénovation des institutions françaises.
00:10:40Et je pense qu'un des messages à retenir d'hier,
00:10:42c'est quand même cette volonté de redonner du pouvoir au peuple,
00:10:45redonner le pouvoir au Parlement.
00:10:47Et peut-être que si pendant un an c'est l'immobilisme total,
00:10:50peut-être qu'il y a une possibilité de s'entendre entre centristes et la gauche
00:10:55sur la nécessité d'engager une réforme institutionnelle.
00:10:57Et je pense que ça serait utile de consacrer un an
00:11:00d'associer les Français à un processus constituant, je ne sais pas,
00:11:04ou en tout cas de repenser les règles du jeu démocratique.
00:11:07– Un mot là ?
00:11:08– C'est intéressant ça, parce que c'est peut-être un des messages envoyés,
00:11:11c'est possible.
00:11:13C'est une remise en question du pouvoir tout-puissant
00:11:15du Président de la République et les Français qui disent
00:11:18nous on veut que ça soit davantage équilibré,
00:11:20on veut fonctionner finalement comme nos voisins.
00:11:22– Il fait Gabriel Attal lui-même qu'il a dit hier soir,
00:11:24à Comté-de-Demain, le centre de gravité du pouvoir sera plus que jamais
00:11:26entre les mains du Parlement.
00:11:27– Ça paraît assez clair, mais pas complètement quand même.
00:11:30Parce que le Président de la République,
00:11:32et puis en plus c'est un Président de la République,
00:11:34vous me direz tous les Présidents de la République,
00:11:36peut-être en dehors d'Hollande, mais qui a un caractère particulier quand même,
00:11:40il n'entend pas se faire déposséder de son pouvoir.
00:11:43– Et puis l'ordre du jour reste quand même, pour sa moitié,
00:11:47maîtrisé par l'exécutif.
00:11:49Et sur les deux semaines du Parlement,
00:11:51une seule semaine permet d'inscrire des propositions de loi parlementaire,
00:11:55donc c'est quand même modéré en termes d'espace dans l'ordre du jour,
00:11:59ce qui est à discrétion de l'Assemblée.
00:12:02Et puis le gouvernement a toujours ses instruments,
00:12:06et vous avez déjà des constitutionnalistes qui vous disent
00:12:08on peut gouverner sans véritable majorité,
00:12:11et alors on va retrouver la batterie des instruments
00:12:13qui ont déjà été utilisés, c'est très contraignant pour l'Assemblée.
00:12:16Ce n'est pas gagné cette affaire de regain du Parlement,
00:12:19et je ne sais pas trop ce que les électeurs avaient en tête
00:12:21et s'ils pensaient institution quand ils allaient voter.
00:12:23Moi je pense qu'ils sont allés voter là massivement pour faire barrage,
00:12:28parce qu'il y a eu une peur d'un gouvernement rassemblement national,
00:12:32c'est ça aussi qui doit rester dans les esprits,
00:12:35à la fois de NFP et de Ensemble,
00:12:38parce que leur victoire est surtout due à ceci.
00:12:41– On va regarder les résultats bloc par bloc,
00:12:43on va rentrer dans le détail avec Alex Poussard qui nous rejoint,
00:12:47qui va nous faire des points évidemment réguliers sur ses résultats.
00:12:51On va parler des résultats de la gauche, les gagnants dans quelques instants,
00:12:54mais d'abord le grand perdant de cette entre-deux-tours,
00:12:57c'est le Rassemblement National.
00:12:58– Effectivement Orianne, 126 députés pour le Rassemblement National,
00:13:02143 si on compte les troupes d'Éric Ciotti alliées au RN,
00:13:06c'est une déception mais ça reste un score historique
00:13:08pour le parti de Marine Le Pen et de Jordane Bardella.
00:13:10Alors on va regarder les résultats de certaines personnalités du RN,
00:13:14et notamment la réélection de Jean-Philippe Tanguay,
00:13:16réélu dans le département de la Somme avec 57,5% des voix
00:13:21dans un duel avec le parti présidentiel.
00:13:23Laurent Jacobelli est lui aussi réélu en Moselle avec 54,4% des voix
00:13:29dans un duel cette fois face au nouveau Front populaire.
00:13:32La sœur de Marine Le Pen, Marie-Caroline Le Pen,
00:13:34a elle été battue de justesse dans la Sarthe à 200 voix près
00:13:38contre la candidate de la gauche Élise Le Boucher,
00:13:42et puis défaite également pour l'ancien sondeur Jérôme Sainte-Marie,
00:13:45candidat du RN dans les Hautes-Alpes,
00:13:47il récolte 48,4% des voix et est battu par une socialiste.
00:13:52– Alors quel est le résultat du côté des alliés du Rassemblement National ?
00:13:55– Alors 17 députés LR alliés au RN ont été élus,
00:13:59on le rappelle, il faut 15 députés au moins pour former
00:14:02un groupe politique à l'Assemblée Nationale,
00:14:04ça veut dire qu'Éric Ciotti va peut-être, sans doute,
00:14:07pouvoir former son groupe à l'Assemblée.
00:14:09Le président de ces LR alliés au RN a d'ailleurs été réélu
00:14:13dans les Alpes-Maritimes avec 45% des voix dans une triangulaire
00:14:18face au nouveau Front populaire, 32%, et face à Greg Monetti,
00:14:22le candidat du camp présidentiel et surtout le candidat de Christian Estrosi,
00:14:26maire de Nice, qui réalise donc 23% des voix Greg Monetti.
00:14:30La maire LR de Montauban, Brigitte Barège, qui a suivi Éric Ciotti
00:14:34dans son alliance avec le RN, elle a été élue députée du Tarn-et-Garonne
00:14:38avec plus de 51% des voix et elle s'impose face à une figure
00:14:42du Parti Socialiste, Valérie Rabault, qui avait été, on le rappelle,
00:14:45vice-présidente de l'Assemblée Nationale.
00:14:47Et puis Nicolas Dupont-Aignan, le président de Debout la France,
00:14:50est battu dans sa circonscription de l'Essonne,
00:14:52il arrive deuxième avec 37,4% des voix, derrière Béranger Cernon,
00:14:58candidat du nouveau Front populaire, plus de 40% des voix,
00:15:01et devant François Durovray, le président LR du Conseil départemental
00:15:04de l'Essonne, qui a récolté 22% des voix.
00:15:06– Merci Alex, à tout à l'heure on va parler des résultats de la gauche.
00:15:09Yves, un mot sur ces résultats du Rassemblement National,
00:15:12parce qu'on parle de défaite au vu des résultats du premier tour,
00:15:15mais ils ont quand même le groupe le plus important à l'Assemblée Nationale
00:15:18qu'ils n'ont jamais eu, et en plus avec un scrutin majoritaire.
00:15:21– Oui, bien sûr, non, mais ils progressent, depuis maintenant,
00:15:26plusieurs élections, je rappelle qu'en 2017, en 2012,
00:15:32ils n'étaient que deux à l'Assemblée Nationale, si ma mémoire est bonne,
00:15:37et que maintenant ils sont… – Et 8 en 2017.
00:15:42– 126, oui c'est ça, 8 en 2017.
00:15:46Non, c'est quand même une désillusion pour eux,
00:15:50parce que pendant toute la semaine de l'entre-deux-tours,
00:15:53tout avait été mis en scène pour que Jordan Bardella soit Premier ministre,
00:15:59il s'y voyait déjà d'ailleurs, c'était d'ailleurs pour eux une surprise,
00:16:03parce qu'ils n'étaient absolument pas prêts pour gouverner,
00:16:06on va dire quand même la vérité, et ils étaient d'ailleurs sur le reculoir
00:16:11par rapport aux propositions programmatiques qu'ils avaient faites par le passé,
00:16:17et moi ce que je retiens de cette partie de l'hémicycle,
00:16:22c'est quand même le relatif échec d'Éric Ciotti,
00:16:26parce qu'Éric Ciotti pensait, dans un premier temps,
00:16:30d'abord partir avec un bon nombre de candidats à cette élection législative,
00:16:37il en a eu moins que prévu, en tous les cas,
00:16:40il n'y en a pas eu beaucoup de son parti Les Républicains,
00:16:45et puis le résultat n'est quand même pas très bon,
00:16:47je ne sais pas s'il va pouvoir constituer un groupe,
00:16:49apparemment c'est Ricrac.
00:16:52– 17 selon le dernier décret, mais on va parler d'Éric Ciotti
00:16:55parce qu'on va aller à Nice dans quelques secondes,
00:16:57mais peut-être un mot Pierre, parce qu'on le disait,
00:16:59c'est la première fois qu'il y a un tel écart entre les résultats du premier tour
00:17:02et les résultats du second tour, et qu'ils sont à ce point infirmés,
00:17:05hier Jordan Bardella, il pointait du doigt ce qu'il nommait,
00:17:09je cite, une alliance politicienne contre nature, une alliance du déshonneur.
00:17:14– Oui, c'est sans doute ce qu'il avait de mieux à dire pour son camp,
00:17:19mais je ne parlerai pas de défaite du Rassemblement National,
00:17:23je trouve au contraire qu'ils ne font que progresser d'élection en élection,
00:17:27et ils ne doublent pas, mais presque, avec les alliés d'Éric Ciotti,
00:17:31leur nombre de députés à l'Assemblée Nationale,
00:17:33c'est pas rien d'imaginer qu'un quart de l'hémicycle est rempli par l'extrême droite,
00:17:39donc on a beau se rassurer, on a beau expliquer que la gauche est la surprise de cette élection,
00:17:45c'est difficile de relativiser quand même une assemblée avec autant de force,
00:17:51autant venue en tout cas des rangs de l'extrême droite,
00:17:55souvenez-vous, un sondage d'ailleurs qui avait été publié chez vous la semaine dernière par Rodoxa,
00:17:59on nous expliquait il y a encore une semaine que le barrage républicain,
00:18:03les français étaient avantageux, prêts à faire un barrage contre la gauche,
00:18:07prêts à faire un barrage contre l'extrême droite,
00:18:09force est de constater que les choses se sont un tout petit peu inversées,
00:18:12tout le monde a repris ses esprits et que cette gauche n'était pas aussi migrationniste,
00:18:16aussi gauchiste qu'elle ne l'était, puisque les gens ont fait le barrage républicain,
00:18:20mais le score de l'extrême droite est historique,
00:18:23et je vous le disais tout à l'heure, mais j'imagine que tout le monde en a conscience,
00:18:27mais c'est vrai qu'on se dit à chaque fois, c'est pour le coup d'après,
00:18:30Marine Le Pen l'a d'ailleurs dit, elle dit que ça n'est que repousser l'échéance
00:18:34vers laquelle l'extrême droite peut prendre le pouvoir,
00:18:36et c'est vrai que la situation dans laquelle on est aujourd'hui,
00:18:38avec cette impossibilité de trouver des majorités,
00:18:41ou en tout cas peut-être des majorités de projets,
00:18:43risque de conforter le discours de Marine Le Pen qui a toujours été
00:18:47cette classe du système qui est prête à s'allier contre nous,
00:18:51et nous qui sommes du côté du peuple, donc il y a un an,
00:18:55là c'est vrai que les un an qui vont arriver vont être assez décisifs,
00:18:59Marine Le Pen a joué le registre sur lequel elle sait le mieux se mobiliser,
00:19:04c'est le registre de la… je ne vais pas y arriver,
00:19:09de la victimisation depuis hier, elle est un peu là-dessus,
00:19:16et ça va être tout l'enjeu pour le reste des forces de l'Assemblée nationale
00:19:22que de trouver les moyens de faire progresser le pays pendant l'année qui arrive.
00:19:27– Un mot avant d'aller à Nice, Olivier Roucan,
00:19:29sur ce que disait hier Jordan Bardella,
00:19:31on disait apporter une alliance du déshonneur, et qui dit
00:19:33le Rassemblement national est désormais la vraie force d'alternance
00:19:36au parti unique qui va de Philippe Poutou à Édouard Philippe.
00:19:39– Bon, c'est un vieux… un vieil argument déjà du Front national,
00:19:44le Front national ou le Rassemblement national,
00:19:46seul contre tous, avant c'était la bande des quatre,
00:19:49maintenant bon, très bien, on a compris la rhétorique,
00:19:51la réalité c'est que quand même en effet il y a une progression
00:19:55en termes de suffrage exprimé, et on le voit territorialement aussi,
00:20:01tout l'arc méditerranéen voit des candidats à Rassemblement national élu,
00:20:08confirmation du succès en partie dans le Nord et dans l'Est,
00:20:12donc il y a un ancrage local, et même si les Républicains résistent,
00:20:18c'est un parti d'élus, je me demande comment doivent réagir
00:20:21dans ces airs les élus locaux républicains en pensant à la suite,
00:20:26et puis sur les reports de voix quand même, je remarque que d'après
00:20:29les données IPSOS, les électeurs de la droite, les Républicains,
00:20:34lorsqu'il y avait un candidat NPF face à un candidat RN,
00:20:40ont voté pour 34% pour un candidat RN, et seulement pour 29%
00:20:46pour un candidat Nouveau Front populaire.
00:20:49Donc on voit bien quand même que pour la suite les élus vont être dans un étau,
00:20:54et puis pour terminer par rapport à Sioty et tempérer ce que disait Yves tout à l'heure,
00:20:59son pari local il n'est pas perdu.
00:21:01– Ah non, ça c'est sûr.
00:21:02– Mais attendez, on va y aller, je vais vous interroger après,
00:21:06on va y aller, on y va tout de suite à Nice, on retrouve Stéphanie Despierres,
00:21:09bonjour Stéphanie, merci beaucoup d'être avec nous,
00:21:12Stéphanie vous avez suivi la soirée électorale d'Éric Sioty,
00:21:15est-ce qu'Éric Sioty a remporté son pari en se ralliant avec Jordan Bardella ?
00:21:21– Non, c'est un pari raté pour Éric Sioty,
00:21:23il espérait que son ralliement au RN lui permette d'obtenir un grand nombre d'élus,
00:21:27ils étaient 63 sur la ligne de départ,
00:21:29finalement les amis d'Éric Sioty, c'est leur bannière officielle,
00:21:32ne sont que 17 à devenir députés selon le dernier des comptes,
00:21:36cela permet de faire un groupe à l'Assemblée,
00:21:38mais un groupe qui ne pèsera pas beaucoup,
00:21:40les candidats LR, RN se sont heurtés de plein fouet au Front Républicain,
00:21:44alors que les Républicains restaient fidèles à la ligne historique du parti,
00:21:48eux ont bien résisté, alors hier soir devant des militants très déçus,
00:21:52Éric Sioty a quand même tenté de justifier son alliance avec le RN,
00:21:56il a lancé notre victoire complète,
00:21:58n'est une question de temps, nous allons y arriver,
00:22:01ayez à confiance, selon lui les résultats prouvent néanmoins
00:22:05que quand une partie de la droite refuse de s'unir,
00:22:07elle reste aux portes du pouvoir,
00:22:09Éric Sioty a surtout fustigé une alliance de la honte
00:22:12entre Emmanuel Macron et les Insoumis,
00:22:15seul motif de consolation hier soir pour le camp Sioty,
00:22:18les résultats locaux, Éric Sioty est réélu très largement
00:22:22avec 45% des voix, il est loin devant Olivier Salerno,
00:22:26le candidat du nouveau Front Populaire,
00:22:29et surtout loin devant le candidat du camp présidentiel,
00:22:33Greg Monetti, soutien du maire de Nice, Christian Estrosi,
00:22:37qui vous le savez est le rival d'Éric Sioty,
00:22:40Éric Sioty a désormais en ligne de mire un nouvel objectif,
00:22:43la mairie de Nice en 2026.
00:22:45– Merci Stéphanie, merci beaucoup,
00:22:47vous étiez avec nous depuis Nice sur les terres d'Éric Sioty,
00:22:50alors il a remporté sa circonscription,
00:22:52mais est-ce que c'est un échec pour son avenir national
00:22:54et pour la ligne qu'il a voulu donner au LR ou pas ?
00:22:56– Non, je n'irai pas jusque là,
00:22:58c'est un coup d'essai qui n'a pas marché, c'est vrai,
00:23:02il pensait vraiment qu'il pourrait,
00:23:04mais je pense qu'Éric Sioty dans sa démarche
00:23:07après les élections législatives,
00:23:09il se voyait ministre déjà,
00:23:11c'est-à-dire qu'il pensait que le RN
00:23:13allait remporter la mise aux législatives
00:23:16et que lui ferait partie de l'aventure,
00:23:19or ce n'est pas ce qui s'est produit,
00:23:22et qu'est-ce qui s'est produit, alors contre toute attente aussi,
00:23:25parce que c'est une des surprises,
00:23:27c'est quand même la bonne résistance des Républicains,
00:23:32bon alors évidemment si on fait un zoom arrière,
00:23:35on s'aperçoit qu'ils ont perdu beaucoup de plumes
00:23:37depuis maintenant des dizaines d'années,
00:23:39mais ils arrivent à conserver leur groupe d'une part,
00:23:45et deuxièmement ils se donnent un chef là,
00:23:47je peux me tromper, mais je pense que Laurent Wauquiez
00:23:50qui a été considéré, c'est d'ailleurs Éric Sioty
00:23:53qu'il avait mis sur orbite pour la présidentielle,
00:23:56ben là du coup Laurent Wauquiez revient à l'Assemblée nationale
00:24:00et il va probablement diriger le groupe,
00:24:03c'est un peu sa revanche par rapport aux défaites qu'il a subies
00:24:09de la part de son camp d'ailleurs,
00:24:13qui lui avait tourné le dos après des élections
00:24:18qui avaient été ratées, c'est l'édition européenne.
00:24:21– On va reparler de Laurent Wauquiez,
00:24:22puisqu'on sera au Puy-en-Velay dans une petite demi-heure,
00:24:25mais on va parler des vainqueurs de ce scrutin,
00:24:27le nouveau Front populaire,
00:24:29et on va accueillir à nouveau Alex
00:24:30pour voir les résultats des principales personnalités
00:24:33de ce nouveau Front populaire.
00:24:35Alex, un petit point avec vous, qu'en est-il ?
00:24:37– Alors parmi les 182 sièges du nouveau Front populaire,
00:24:41les Insoumis ont élu 75 députés,
00:24:44les socialistes 65, les écologistes 33 députés,
00:24:47et il reste 9 députés communistes,
00:24:50on peut également citer les 11 députés d'hiver gauche
00:24:53qui pourront être redistribués dans certains groupes.
00:24:56Alors on va regarder les personnalités de gauche élues hier soir,
00:24:59chez les socialistes, il y a d'abord François Hollande,
00:25:01l'ancien Président de la République,
00:25:02qui est élu député de Corrèze avec plus de 43% des voix
00:25:06dans une triangulaire face au RN et au LR.
00:25:10Le député socialiste sortant, Jérôme Guège,
00:25:12qui avait refusé l'alliance du Front populaire avec les Insoumis,
00:25:16il est réélu dans l'Essonne avec plus de 74% des voix
00:25:19face à une candidate du RN.
00:25:21Ça passe également pour l'ancien Président du groupe socialiste
00:25:23à l'Assemblée, Boris Vallaud, réélu dans les Landes
00:25:26face au RN avec 56,6% des suffrages.
00:25:31Et puis l'ancien ministre de la Santé d'Emmanuel Macron,
00:25:33Aurélien Rousseau, passé à gauche,
00:25:35candidat du Nouveau Front populaire dans les Yvelines.
00:25:38Il est élu député avec plus de 39% des voix dans une triangulaire
00:25:42face à une ancienne ministre macroniste, Nadia Hay,
00:25:45et face à la chef gastronomique Babette de Rozière
00:25:47qui était la candidate d'Éric Soti.
00:25:49– Quel résultat à retenir du côté des Insoumis ?
00:25:51– Il y a une victoire à noter, c'est celle de Raphaël Arnaud,
00:25:53insoumis, militant antifa, critiqué par la droite car il est fiché S,
00:25:57eh bien il a conquis une circonscription du RN dans le Vaucluse
00:26:01avec près de 55% des voix.
00:26:04– Il y a un petit peu d'avance.
00:26:06– Voilà, c'est Raphaël Arnaud qui est nouveau député insoumis du Vaucluse.
00:26:11– On revient à Louis Boyard.
00:26:13– On va revenir aux résultats d'avant avec un autre jeune insoumis
00:26:16qui l'a emporté hier soir, c'est Louis Boyard dans le Val-de-Marne,
00:26:19réélu avec près de 47% des voix dans une triangulaire,
00:26:23vous le voyez, face au candidat LR-RN Arnaud Barbotin
00:26:27et face au candidat Renaissance Loïc Signor, donc victoire de Louis Boyard.
00:26:31Une défaite en revanche pour Rachel Keke, l'insoumise,
00:26:35toujours dans le Val-de-Marne, elle avait marqué l'opinion il y a deux ans
00:26:37car c'était une femme de ménage qui faisait son entrée à l'Assemblée nationale
00:26:41mais elle est battue aujourd'hui par le maire les Républicains
00:26:44de l'Aïl-et-Rose, Vincent Jeanbrun.
00:26:46Elle est battue à 600 voix d'écart.
00:26:48Qu'en est-il des insoumis frondeurs ?
00:26:50Ce qui critique Léline Mélenchon.
00:26:52Eh bien chez ces désormais ex-insoumis ou les purgés, ils ont différents surnoms,
00:26:56François Ruffin a été réélu dans le département de la Somme
00:26:59avec près de 53% des voix face à une candidate RN.
00:27:03Alexis Corbière est réélu dans le département de Seine-Saint-Denis
00:27:06avec 57% des voix face à la candidate investie par la France insoumise
00:27:11Sabrina Ali Benali.
00:27:13Et puis même performance pour Daniel Simonnet, réélu largement à Paris
00:27:17avec 74% des voix face à la candidate officielle de la France insoumise,
00:27:22Céline Verzeletti.
00:27:24Un mot des communistes et des écologistes ?
00:27:26Oui, l'ancien président du groupe communiste à l'Assemblée nationale, André Chassaigne,
00:27:29député depuis 22 ans, est réélu dans le Puy-de-Dôme avec 55% des voix face au RN.
00:27:34Et puis l'ancienne présidente du groupe écologiste à l'Assemblée nationale,
00:27:37Cyrielle Chatelain, est réélu dans l'Isère avec 62% des voix
00:27:41contre un candidat, là encore, du Rassemblement national.
00:27:44Merci Alex, à tout à l'heure on voit les résultats de ces personnalités de gauche.
00:27:47Pierre, est-ce que le plus dur commence aujourd'hui pour le Nouveau Front Populaire ?
00:27:51Écoutez, on a dit que cette alliance était totalement improbable.
00:27:56C'est vrai que personne n'imaginait que cette alliance des gauches allait être possible.
00:28:03C'était d'ailleurs sans doute un des paris d'Emmanuel Macron quand il a fait la dissolution.
00:28:06On imaginait qu'il allait y avoir une division de la gauche
00:28:08qui lui permettrait d'arriver le plus possible au second tour
00:28:10et que la mobilisation de la gauche ferait qu'elle aurait fait élire davantage de députés macronistes.
00:28:15Ce n'est pas le cas et donc aujourd'hui on a quand même une gauche
00:28:18qui a réussi à se mettre d'accord sur un plan stratégique, d'accord sur un plan programmatique.
00:28:22Et en tout cas dans les voix que j'ai entendues hier émerger,
00:28:26j'ai ce sentiment qu'il y a une convergence sur la stratégie.
00:28:31C'est-à-dire que Jean-Luc Mélenchon dit que c'est le programme, tout le programme, rien que le programme.
00:28:34Olivier Faure dit qu'il n'y aura pas de compromission possible avec les macronistes
00:28:38et c'est le programme du Nouveau Front Populaire qui doit primer.
00:28:43Bon, il y a ce que l'on dit le soir d'un résultat électoral
00:28:47et puis il y a la réalité du quotidien qui fait qu'il va falloir à un moment donné
00:28:51que cette gauche-là prenne ses responsabilités.
00:28:54Ils aspirent à gouverner et ils ont bien raison de le penser
00:28:56parce que c'est eux qui arrivent en tête du scrutin.
00:28:59J'ai compris aussi qu'il y avait quand même un rééquilibrage à gauche.
00:29:03C'est aussi une des informations hier.
00:29:05On parle beaucoup du Rassemblement National,
00:29:07mais ceux qui connaissent la plus forte progression,
00:29:09même si c'est un parti installé depuis longtemps,
00:29:11c'est le Parti Socialiste qui fait quand même plutôt un très bon score,
00:29:15qui double presque le nombre de ses députés.
00:29:18Et c'est vrai que ça change un peu la donne sur,
00:29:21on parlait tout à l'heure de la matrice un peu,
00:29:24ou en tout cas la colonne vertébrale de qui va donner le ton à l'Assemblée Nationale.
00:29:29La France Insoumise ne peut plus revendiquer seule l'hégémonie à gauche.
00:29:33Donc il va y avoir nécessairement des compromis ou des discussions
00:29:37qui vont être forcées avec d'autres groupes de l'Assemblée Nationale,
00:29:42mais y compris au sein du Nouveau Front Populaire.
00:29:44Sans doute il va y avoir des discussions.
00:29:47Sans doute déjà cette nuit il y a eu des discussions, c'est certain.
00:29:51Mais je pense que ce serait…
00:29:55Il y a une responsabilité historique, on n'arrête pas de le dire,
00:29:58mais c'est vrai que l'enjeu c'est quand même que dans un an
00:30:00l'extrême droite ne reprenne pas le pouvoir.
00:30:02Donc j'ai assez confiance pour que la gauche se mette d'accord
00:30:05sur la stratégie d'une possible dissolution.
00:30:08– Yves, ce matin sur RTL, Marine Tondelier estime qu'Emmanuel Macron
00:30:11doit appeler dès aujourd'hui le Nouveau Front Populaire
00:30:14à lui transmettre un nom de Premier ministre.
00:30:16Mais est-ce qu'ils réussiront à se mettre d'accord sur un nom de Premier ministre ?
00:30:19– C'est tout l'enjeu, pour le moment ça va être compliqué.
00:30:22Je ne sais pas si un nom peut sortir aujourd'hui.
00:30:26Moi ce qui ne m'a pas échappé c'est quand même le discours
00:30:29et l'intervention de Jean-Luc Mélenchon,
00:30:31cinq minutes après la proclamation des résultats,
00:30:34qui tout de suite prend la parole, c'est-à-dire prend le pouvoir.
00:30:37Ça veut dire ça, c'est-à-dire c'est moi qui décide
00:30:41et c'est moi le groupe La France Insoumise,
00:30:45oui le groupe La France Insoumise est majoritaire
00:30:49à l'intérieur de ce Front Populaire
00:30:52et Jean-Luc Mélenchon n'entend pas du tout se laisser marcher sur les pieds.
00:30:57J'ai l'impression, quand il dit le programme, tout le programme, rien que le programme,
00:31:01ça rend les choses compliquées puisqu'on disait que sans un contrat de gouvernement
00:31:08avec des partenaires, la France était ingouvernable.
00:31:12S'il continue sur ce discours-là, c'est un discours qui dirige la France
00:31:19dans une impasse totale, je ne vois pas comment on peut s'en sortir.
00:31:23En plus, évidemment, des rivalités qui peuvent exister à l'intérieur de son camp.
00:31:28Olivier, on voit que c'est compliqué politiquement,
00:31:30juste un petit point constitutionnellement,
00:31:32que peut faire, que doit faire Emmanuel Macron ?
00:31:34Est-ce qu'il est obligé d'appeler un Premier ministre dès aujourd'hui
00:31:37sachant que Gabriel Attal a dit qu'il remettrait sa démission ce matin
00:31:41ou est-ce qu'il peut attendre la constitution de la Nouvelle Assemblée
00:31:44et qu'on y voit plus clair sur les groupes ?
00:31:47Juste, je reviens sur la gauche pour faire remarquer quand même
00:31:53que les rapports de force s'équilibrent, on l'a dit,
00:31:56que l'LFI n'est plus la composante majoritaire
00:31:59si l'on prend en compte les écologistes et les divers gauches
00:32:02et qu'au sein de l'LFI, il y a quand même également un travail qui se produit.
00:32:08Donc, Jean-Luc Mélenchon, certes, mais il va peut-être y avoir des recompositions
00:32:13si le centre de gravité à l'intérieur de la gauche a bougé,
00:32:16ne serait-ce qu'entre les européennes et ce qui s'est passé hier, je pense.
00:32:20Pour autant, il peut y avoir une stratégie qui est celle, peut-être,
00:32:25de se poser la question de l'intérêt à gouverner dans le cadre,
00:32:28dans le contexte qui est celui que nous connaissons.
00:32:31Et par rapport à ce que vous disiez, le gouvernement,
00:32:36enfin le Président va devoir attendre, il a d'ailleurs dit,
00:32:39qu'il y ait une structuration, a-t-il dit.
00:32:42C'est-à-dire quoi ? Comment se configurent les groupes parlementaires ?
00:32:46Comment commencent à se répartir les postes au sein de l'Assemblée ?
00:32:49Et à partir de là, il pourra composer un gouvernement.
00:32:54Donc, il peut y avoir une gestion des affaires courantes
00:32:57et on voit bien quand même qu'il y a une temporalité
00:33:01qui est celle de l'été, peut-être, qui peut passer.
00:33:04Mais bon, à un moment donné, il va quand même falloir désigner un Premier ministre.
00:33:08– Est-ce que Gabriel Attal peut rester jusqu'à la fin des JO ?
00:33:10– La méthode parlementaire, je crois que c'est Clémentine Autain, hier, qui très tôt a dit,
00:33:16il faut que l'ensemble du Nouveau Front Populaire se réunisse
00:33:20et élise ou désigne une figure, ce qui ne va pas être évident ou facile.
00:33:29Mais on voit bien, en effet, qu'on évolue vers des pratiques plus parlementaires
00:33:34que même si dans la Constitution, le Président nomme le Premier ministre.
00:33:39– Un mot, Pierre, après on va chez François Ruffin.
00:33:41– Oui, très rapide, justement, ça fera la bonne transition.
00:33:44Je ne dirais pas qu'il y a une défaite de la France insoumise,
00:33:46mais c'est une des forces qui est stable, qui ne progresse pas.
00:33:50Et non seulement elle ne progresse pas,
00:33:52mais la stratégie qui a été celle de Jean-Luc Mélenchon
00:33:54de mettre à l'écart tous ceux qui ont eu des voix un peu dissonantes,
00:33:57ont gagné les élections.
00:33:59Je pense à Alexis Corbière, Daniel Simonnet ou François Ruffin.
00:34:05– Ou François Ruffin, et bien on y va justement.
00:34:07On va du côté d'Amiens, dans la circonscription de François Ruffin.
00:34:10On retrouve Karim Yahiaoui.
00:34:12Bonjour Karim, journaliste à France 24.
00:34:14Merci beaucoup d'être avec nous ce matin.
00:34:16– Bonjour.
00:34:17– Vous avez suivi la soirée électorale du côté de chez François Ruffin.
00:34:19François Ruffin critique, très critique de Laline Mélenchon
00:34:22qui l'a donc emporté de justesse.
00:34:25– Il l'a emporté de justesse.
00:34:27Une soirée riche en émotions.
00:34:29Il avait donné rendez-vous à ses partisans
00:34:31dans un complexe sportif de flex-cours.
00:34:34C'est une commune de Picardie où Marine Le Pen a fait 65%
00:34:37à la présidentielle en 2022.
00:34:40C'était beaucoup d'émotions pour ses militants
00:34:43lorsqu'ils ont d'abord découvert que François Ruffin allait virer en tête
00:34:47et que les résultats étaient consolidés.
00:34:50Et puis émotions à la vue des résultats au niveau national.
00:34:54François Ruffin s'est exprimé bien après Jean-Luc Mélenchon
00:34:57aux alentours de 21h10 sans aucun triomphalisme
00:35:01en expliquant que même là, si ce front de la somme avait résisté,
00:35:06eh bien ils avaient tout de même perdu 8 points
00:35:09par rapport aux élections législatives de 2022.
00:35:12François Ruffin qui a soigneusement évité les questions
00:35:16qui concernaient le jour d'après.
00:35:19Il a voulu savourer sa victoire.
00:35:22On a aussi recueilli un peu la parole des militants.
00:35:25Une femme nous expliquait que cette soirée,
00:35:28c'était un peu comme un accouchement, quelque chose de douloureux
00:35:31mais à la fin, une intense joie.
00:35:34Et puis beaucoup de ces militants qui étaient rassemblés
00:35:37ne veulent pas qu'on tourne le dos à tous ceux
00:35:40qui ont voté pour le Rassemblement national.
00:35:43C'est désormais une nouvelle bataille qui commence.
00:35:46Une bataille qui concerne toute la gauche, celle de l'Union.
00:35:49Il faudra faire taire les frictions.
00:35:52En tout cas, François Ruffin ne siègera pas au sein de la France insoumise
00:35:55mais avec l'étiquette Picardie debout.
00:35:58Et d'ailleurs, hier soir, il n'y avait que des drapeaux Picardie debout
00:36:01et aucun drapeau La France insoumise.
00:36:04Merci beaucoup Karim.
00:36:06Merci pour ce point du côté de la somme dans la circonscription
00:36:09de François Ruffin, symbole de la ligne de fracture
00:36:12à la France insoumise.
00:36:14Il y a quelques jours, il parlait du boulet Mélenchon, François Ruffin.
00:36:17Oui, bien sûr, il y a une fracture.
00:36:20Pierre a raison, les dissidents,
00:36:23à part Raquel Carado qui n'a pas été réélu.
00:36:26Qui s'est désisté.
00:36:28Les quatre autres ont été réélus.
00:36:30Ils ont tous été réélus et plutôt bien réélus d'ailleurs.
00:36:33Donc il y a une question qui se pose effectivement sur l'avenir.
00:36:37Mais moi, je pense que Jean-Luc Mélenchon ne sera pas malléable comme ça.
00:36:40Je pense que ça sera compliqué, très compliqué.
00:36:43Ça veut dire qu'il va s'imposer ?
00:36:46Il va imposer un insoumis à Matignon, c'est ce que vous pensez ?
00:36:49Je ne sais pas, peut-être.
00:36:51Mais ce qui va être très intéressant, et ça c'est tout à fait inédit
00:36:54dans l'histoire de la Vème République en France,
00:36:57c'est que si ça se trouve, on va attendre deux mois
00:37:00avant d'avoir un nouveau Premier ministre.
00:37:02Là, on va jouer à l'Allemande si vous voulez.
00:37:05Ça va être intéressant de voir.
00:37:08Moi, je ne crois pas que le Président de la République puisse faire l'économie
00:37:11de proposer au moins à quelqu'un de la gauche
00:37:16de cet ensemble du Nouveau Front Populaire.
00:37:18À mon avis, il ne peut pas échapper à proposer le poste de Premier ministre
00:37:23à cet ensemble de droite.
00:37:25Mais est-ce qu'il faut qu'ils se mettent d'accord avant ?
00:37:28Après, c'est à eux de faire leur cuisine.
00:37:30Mais je ne vois pas constitutionnellement, ce n'est pas écrit,
00:37:33mais je ne vois pas comment il peut faire autrement,
00:37:35parce que ça serait considéré comme...
00:37:37– On va demander au constitutionnalisme.
00:37:39– Non, non, mais sauf s'il y a un accord programmatique avec LR.
00:37:42– Avec LR, bien sûr.
00:37:44– Oui, mais apparemment, ça ne va pas.
00:37:46– Voilà, ça semble mal parti, sauf que là aussi,
00:37:48on a quand même à l'intérieur du groupe LR des positions.
00:37:51Vous disiez tout à l'heure, Laurent Wauquiez peut être Président de groupe.
00:37:54Rappelons-nous quand même des conditions de son départ en 2019.
00:37:58Il n'y a pas d'union derrière Laurent Wauquiez.
00:38:01Donc ça peut être compliqué aussi de ce côté-ci.
00:38:04– On va parler du troisième bloc.
00:38:06On va retrouver Alex qui nous rejoint.
00:38:08Le troisième bloc, c'est le camp présidentiel.
00:38:10Et Alex, on va regarder les résultats du camp présidentiel
00:38:13qui a résisté à mes prévues.
00:38:14– Oui, 163 sièges pour ensemble le camp présidentiel.
00:38:17Et quand on fait le détail des différents partis,
00:38:20il y a 99 députés Renaissance,
00:38:2333 députés du Modem,
00:38:2526 députés d'Horizon,
00:38:27le parti d'Edouard Philippe.
00:38:29Alors, il y a eu beaucoup de ministres élus et réélus hier soir.
00:38:32Le premier d'entre eux, Gabriel Attal, a été réélu dans les Hauts-de-Seine
00:38:36avec plus de 58% des voix.
00:38:38Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin,
00:38:41est réélu dans le département du Nord face au RN.
00:38:44Il décroche 61% des suffrages.
00:38:47L'ancienne Première ministre, Elisabeth Borne,
00:38:50est réélu dans le Calvados avec 56% des voix
00:38:54contre un candidat RN.
00:38:56Et puis, celle qui présidait jusque-là l'Assemblée nationale,
00:38:59Yael Broun-Pivet, l'emporte également dans les Yvelines,
00:39:02dans une triangulaire face à la gauche
00:39:04et face au candidat LR allié au RN, Jacques Millard,
00:39:07donc Yael Broun-Pivet, 49% des voix.
00:39:09Et puis, autre ministre à avoir été élu hier soir,
00:39:13on peut évoquer Agnès Pannier-Runacher
00:39:16qui a été élue dans le Pas-de-Calais
00:39:19avec près de 56% des suffrages face au RN.
00:39:23Et puis, on peut également citer le ministre des Affaires étrangères,
00:39:26Stéphane Séjourné, qui a été élu dans les Hauts-de-Seine
00:39:29pour la première fois avec 72% des voix.
00:39:32– Voilà, pour Renaissance, qu'en est-il des alliés
00:39:34du camp présidentiel Horizon et le modèle ?
00:39:36– Alors, du côté du parti d'Édouard Philippe,
00:39:38Horizon, l'ancien président de groupe à l'Assemblée nationale,
00:39:41Laurent Marcangeli, résiste à la poussée du RN en Corse.
00:39:44Il est réélu député de Corse-du-Sud avec 63%.
00:39:48– 63%, parce que sinon ça ne marchait pas.
00:39:50– Voilà, avec 63% des suffrages.
00:39:54Du côté du parti Le Modem, allié dans ce camp présidentiel,
00:39:58on peut citer Marc Fesneau, le ministre de l'Agriculture
00:40:01qui a été réélu dans le Loir-et-Cher avec 60% des voix.
00:40:05Et du côté du Modem, ça ne passe pas.
00:40:07En revanche, pour la ministre Sarah El Haïry
00:40:09qui est défaite par la gauche dans une triangulaire
00:40:12dans son département de Loire-Atlantique.
00:40:15– Alors, ça c'est pour les réélus, mais il y a aussi débattu.
00:40:17– Oui, l'ancien porte-parole du gouvernement
00:40:19et ancien ministre de la Santé pendant le Covid, Olivier Véran,
00:40:22n'a pas été réélu dans le département de l'Isère.
00:40:25Il s'incline face au jeune insoumis Hugo Prévost dans une triangulaire.
00:40:30Le ministre de la Transformation publique, Stanislas Guérini,
00:40:34est lui battu par une candidate du Nouveau Front populaire.
00:40:38C'est à Paris, 46% des voix pour Stanislas Guérini, mais ça ne suffit pas.
00:40:42Et puis on peut citer un sénateur.
00:40:44C'est le seul sénateur qui a été élu hier soir député.
00:40:46Le centriste Philippe Bonnecarrère, élu dans le Tarn-et-Garonne.
00:40:50Il va donc passer d'une chambre du Parlement à l'autre.
00:40:53Et c'est quasiment la même trajectoire pour Valérie Létard,
00:40:56qui est ancienne sénatrice UDI.
00:40:58Elle avait quitté la Haute Assemblée en septembre dernier.
00:41:00Et elle a été élue hier soir députée du Nord
00:41:02grâce à sa victoire contre l'ARN avec 51% des suffrages.
00:41:06– Merci beaucoup, merci Alex pour ces résultats.
00:41:09Olivier, on le disait, le camp présidentiel qui a résisté beaucoup mieux que prévu.
00:41:13– Alors, il a résisté beaucoup mieux que prévu.
00:41:16Mais n'oublions pas le report massif de l'électorat de gauche.
00:41:21Et une fois de plus, on peut dire que la Macronie est sauvée,
00:41:26ou dans tous les cas passe, en grande partie,
00:41:29au second tour du fait de l'apport de voix de gauche.
00:41:32C'est-à-dire que c'est la même logique que pour la présidentielle.
00:41:35Et ça, il ne faudra sans doute pas l'oublier.
00:41:38C'est ce qui devrait pousser, en effet, à choisir plutôt un Premier ministre
00:41:42et essayer de faire un gouvernement du côté gauche.
00:41:46Bon, ceci étant dit, il y a, deuxième remarque, une implantation quand même
00:41:51de ces élus dont vous avez montré les figures.
00:41:55On a beaucoup dit des élus hors sol.
00:41:58Et finalement, quand même, il y a une résistance.
00:42:01On parlait de la résistance de l'LR.
00:42:03Renaissance, Le Modem sont maintenant repérés dans les circonscriptions.
00:42:09Ils obtiennent des résultats irrésistibles, même par temps de tempête.
00:42:14Il y a un affaiblissement, il n'y a pas un effondrement.
00:42:16On le disait déjà la semaine dernière.
00:42:18Par contre, Horizon, c'est une stagnation, on va dire,
00:42:23pour Édouard Philippe, qui rend son entreprise pour la suite
00:42:27peut-être un peu plus difficile que prévu.
00:42:30Et il y a là un Premier ministre, troisième remarque,
00:42:33qui a beaucoup compté, je pense, dans la dynamique des désistements
00:42:37et du bon report de voix pour faire barrage au RN.
00:42:41Et je pense que la figure de Gabriel Attal va, de ce point de vue,
00:42:44bénéficier de ce qui s'est passé hier.
00:42:47– Oui, Gabriel Attal, un des gagnants du scrutin.
00:42:49Hier, il a tenu un discours, certes de Premier ministre,
00:42:52mais on avait plutôt l'impression que c'était un discours
00:42:54de futur candidat à la présidentielle.
00:42:56– Oui, avec ces phrases et ces pics envoyés quand même
00:43:00au Président de la République, on a le sentiment
00:43:02qu'il va faire la cohabitation depuis l'Assemblée nationale.
00:43:07– Dès la première phrase, cette dissolution, je ne l'ai pas choisie.
00:43:09– Oui, je l'ai subie.
00:43:10– Première phrase.
00:43:12– Écoutez, moi, je trouve que Gabriel Attal,
00:43:15il s'en sort quand même très bien, je trouve, politiquement.
00:43:19Il n'a pas eu la vie facile ces derniers temps.
00:43:22On voit bien qu'effectivement, il le dit, ce qui nous arrive,
00:43:26collectivement, il l'a subi, il ne l'a pas choisi, il ne le voulait pas.
00:43:29Je trouve qu'il a eu des propos assez mesurés hier,
00:43:33même si je trouve que, là encore, on risque d'avoir une déception assez forte,
00:43:40voire d'ailleurs, presque le résultat d'hier risque de générer des frustrations de partout.
00:43:46C'est-à-dire que je pense que l'électorat RN vit un moment très difficile
00:43:50parce qu'il s'apprêtait, encore il y a dix jours,
00:43:53d'expliquer qu'ils allaient avoir la majorité absolue.
00:43:55La gauche, qui crie victoire, mais qui n'a aucun moyen de gouverner,
00:43:59si ce n'est en faisant des compromis, si ce n'est quelques compromissions,
00:44:03ce qu'elle ne fera sans doute pas pour une partie d'entre elles.
00:44:05Et puis ce discours qui, chez la majorité présidentielle,
00:44:09et je pense à Gabriel Attal, qui n'a pas été très clair hier,
00:44:11mais j'ai entendu Gérald Darmanin, j'ai entendu d'autres figures de la majorité
00:44:15dire, rendez-vous compte, y compris jusque dans les éléments de langage
00:44:18de l'entourage du président de la République, disant,
00:44:20hier, regardez, on nous avait dit qu'on perdrait énormément d'élus,
00:44:23au final, on limite les dégâts et on ne s'en sort pas si mal.
00:44:25Et c'est vrai, Olivier a raison, parce que c'est quand même tout le problème,
00:44:29et que je parlais de frustration, c'est que la gauche a quand même
00:44:31fait élire Emmanuel Macron à deux reprises.
00:44:33Emmanuel Macron, à deux reprises, a même dit très publiquement,
00:44:36en disant que j'ai bien conscience que ce n'est pas que mon électorat,
00:44:38et ça m'oblige, et là, rebelote, on est dans une configuration
00:44:42où la gauche s'est massivement, et je dis vraiment massivement,
00:44:45mobilisée, plus de 70% de l'électorat de gauche ont voté
00:44:47pour les candidats macronistes et de droite, c'est moins vrai
00:44:51pour les candidats macronistes, en tout cas, l'électorat macroniste
00:44:54a été rappelé, et que donc, du coup, on a quand même le sentiment
00:44:57que, encore une fois, c'est la gauche qui se fait avoir.
00:45:01Donc, il va falloir faire attention à ce discours-là,
00:45:04et surtout, de bien comprendre la frustration que génère une élection
00:45:08comme celle-là, où personne n'a gagné, si ce n'est le camp républicain,
00:45:11parce qu'il a défait l'extrême droite.
00:45:13– Et justement, on va voir l'un des symboles de cette victoire
00:45:15du camp républicain, parce qu'on va aller dans le Calvados,
00:45:17dans la sixième circonscription du Calvados, à Vire,
00:45:20où on retrouve Katia Guilder. Bonjour Katia, vous êtes dans
00:45:23la circonscription d'Elisabeth Borne, l'ancienne première ministre
00:45:26qui a sauvé son siège hier soir.
00:45:30– Et oui, exactement, Auriane, et ici, comme vous le dites,
00:45:33incontestablement, le barrage républicain a fonctionné
00:45:37très efficacement en faveur d'Elisabeth Borne,
00:45:40qui récolte un score de plus de 56%, c'est quatre fois de plus
00:45:44que lors des dernières élections, pour elle,
00:45:47elle a notamment bénéficié d'un report très important des voix
00:45:52qui s'étaient portées au premier tour sur le candidat insoumis,
00:45:56le candidat du nouveau front populaire Noé Gauchard,
00:45:58arrivé troisième, avec 23% des voix, le candidat insoumis
00:46:03qui s'était donc désisté pour permettre à Elisabeth Borne
00:46:06de sauver son siège. Ce n'était pas gagné, ce n'était pas évident,
00:46:10Auriane, puisqu'ici, l'ancienne première ministre avait quand même
00:46:13près de 5000 voix de retard sur le rassemblement national,
00:46:18le duel était donc très serré. Hier soir, Elisabeth Borne
00:46:22a remercié très particulièrement tous les électeurs de gauche
00:46:25qui ont voté pour elle, ça n'allait pas de soi,
00:46:28je sais que pour certains, ce n'était pas du tout évident,
00:46:31a dit l'ancienne première ministre.
00:46:33Ces électeurs de gauche qui ont tout de même mis de côté
00:46:36leur réserve à l'égard de celle qu'ils appellent ici
00:46:3949.3 qui a fait passer en force la réforme des retraites,
00:46:43ces électeurs qui avaient voté pour l'insoumis Noé Gauchard
00:46:46ont permis à Elisabeth Borne de sauver son siège
00:46:49ici dans la 6e du Calvados, noter néanmoins le fort score
00:46:54du rassemblement national qui a fait quand même 43%,
00:46:57une percée sur cette terre traditionnellement modérée.
00:47:01Si, Katia, merci beaucoup, vous étiez avec nous depuis le vir,
00:47:04la circonscription d'Elisabeth Borne.
00:47:06Elisabeth Borne, c'est peut-être un de ses symboles,
00:47:08le fonds républicain, c'est elle qui a porté la réforme des retraites,
00:47:11elle passe grâce aux voix de la gauche.
00:47:13Est-ce que le camp présidentiel va devoir de toute façon
00:47:16changer d'attitude et changer de politique dans la future assemblée ?
00:47:19– On va voir, peut-être, oui, non, mais c'est vrai
00:47:21que ce n'est pas le moindre des paradoxes
00:47:23que celle qui a porté la réforme des retraites soit élue
00:47:26grâce aux voix du parti qui a le plus milité
00:47:29contre cette réforme des retraites.
00:47:31C'est quand même assez cocasse
00:47:33et c'est là où on ne s'y retrouve plus tellement.
00:47:35Est-ce que le président de la République, pour autant,
00:47:38de toute manière, il doit tendre la main à la gauche,
00:47:40c'est à la gauche qu'il doit proposer la fonction de Premier ministre.
00:47:45Après, on verra, ce n'est pas en guise de remerciement,
00:47:49c'est simplement parce que c'est une espèce de tradition républicaine,
00:47:54il ne doit pas faire autrement.
00:47:55Après, ce n'est pas évident que ça marche et ce n'est pas évident que…
00:47:58– Mais pour les députés qui ont été élus hier,
00:48:00Elisabeth Borne, Gérald Darmanin,
00:48:01qui ont été élus grâce à la porte des voix de gauche…
00:48:03– Est-ce qu'ils peuvent changer ?
00:48:04– Est-ce qu'ils doivent changer ?
00:48:05– Ils ne peuvent pas changer de discours, ils peuvent changer d'attitude,
00:48:08mais ils ne peuvent pas changer de discours.
00:48:10Madame Borne ne va pas nous expliquer maintenant
00:48:12que cette réforme était une mauvaise réforme,
00:48:14parce qu'à ce moment-là, elle ouvre la porte au Rassemblement national,
00:48:18qui, comme l'a très bien dit Pierre, ne fait que progresser,
00:48:23en dépit de tout ce qu'on raconte.
00:48:24– Mais est-ce qu'ils sont coincés avec l'épée de Damoclès
00:48:26d'une dissolution qui pourrait arriver dans un an ?
00:48:28– Évidemment, il peut y avoir une dissolution dans un an,
00:48:31s'ils inversent complètement leur discours,
00:48:35alors là, dans un an, ils sont balayés.
00:48:37– Oui, et puis rappelons qu'à plusieurs reprises,
00:48:40Emmanuel Macron est, en marche renaissance,
00:48:44élu grâce aux apports de gauche,
00:48:47et tout de suite, gouvernement prenant des mesures
00:48:51qui droitisent énormément la majorité sortante,
00:48:55donc pourquoi pas une troisième fois ?
00:48:57On verra.
00:48:59– Edouard Philippe, Pierre hier, qui a eu un discours assez clair,
00:49:03il a dit que les forces politiques centrales doivent trouver
00:49:05sans compromission un accord, sans RN, sans LFI,
00:49:08mais ce sera un accord temporaire.
00:49:10– Je pense qu'Edouard Philippe a fait une erreur monumentale
00:49:13pendant cette campagne, c'est sa fameuse déclaration
00:49:17où il appelle au mini, c'est-à-dire qu'ici,
00:49:19il se retrouvait dans une situation où il aurait eu un candidat RN
00:49:23face à un candidat LFI, il disait
00:49:25je ne vous choisis ni l'un ni l'autre,
00:49:27et donc il mettait un trait d'irrégalité
00:49:29entre la LFI et le Rassemblement National.
00:49:31Je pense que là-dessus, il fait une erreur fondamentale.
00:49:34Par ailleurs…
00:49:35– Il l'a redit hier, accord sans RN, sans LFI.
00:49:37– Oui, mais j'entends bien, je ne vois pas très bien
00:49:39comment c'est envisageable,
00:49:41d'autant plus qu'on a quand même un bloc de gauche
00:49:43qui est quand même solide, que j'ai entendu
00:49:45le premier secrétaire du Parti Socialiste hier
00:49:47et Jean-Luc Mélenchon, ils sont quand même assez alignés
00:49:49sur l'absence de volonté de créer des compromis avec le centre,
00:49:53même si in fine, probablement, ils seront un peu obligés,
00:49:57y compris sur des engagements comme la réforme institutionnelle
00:50:00ou peut-être d'autres sujets.
00:50:03Mais Édouard Philippe fait une deuxième erreur,
00:50:06sans doute à ne pas être dans l'hémicycle demain.
00:50:10On va avoir un hémicycle très politique,
00:50:13ça a toujours été très politique, mais là quand même,
00:50:15on risque d'avoir M. Attal, chef de file des macronistes,
00:50:21Laurent Wauquiez, chef de file de la droite,
00:50:23à gauche, on va voir comment tout ça va se structurer
00:50:26parce que les groupes ont aussi évolué.
00:50:28– Marine Le Pen, chef de file du RN.
00:50:30– Marine Le Pen, voilà exactement,
00:50:31donc ce que je veux dire c'est qu'Édouard Philippe
00:50:33va être un peu mis hors jeu du champ politique.
00:50:36Donc je pense que c'est une des personnalités
00:50:41qui a perdu hier, ou en tout cas,
00:50:43comme vous le disiez Olivier tout à l'heure,
00:50:45l'entreprise d'Édouard Philippe à 2027,
00:50:49est un peu compromisée.
00:50:51– Il a fait une erreur, Édouard Philippe, en ne se présentant pas.
00:50:53– D'ailleurs, vous avez vu le nombre d'élus horizon,
00:50:56ils ne sont pas très nombreux, ils sont 26 je crois,
00:50:59par rapport aux autres groupes de la majorité sortante,
00:51:02c'est beaucoup moins,
00:51:05donc c'est vrai que ça va être compliqué pour lui.
00:51:07– Mais ils ne perdent pas beaucoup,
00:51:08ils perdent moins que les autres groupes.
00:51:09– Oui d'accord, mais ce n'est pas un très bon score,
00:51:12parce qu'il pensait faire mieux que ça,
00:51:14il est candidat presque déclaré à l'élection présidentielle,
00:51:18il ne va pas siéger effectivement au palais Bourbon,
00:51:21non ce n'est pas simple pour lui,
00:51:23parce que je pense que dans la course avec Gabriel Attal,
00:51:28il a perdu beaucoup de longueur par rapport à Gabriel Attal,
00:51:32qui lui a bien mené sa barque,
00:51:34et le résultat d'ailleurs de la majorité présidentielle,
00:51:36à mon avis, il est en grande partie,
00:51:39on peut lui attribuer en grande partie,
00:51:41parce qu'il a fait le job, il a un discours qui est très clair,
00:51:45et vis-à-vis du président de la République,
00:51:47et vis-à-vis des autres partis,
00:51:50donc là, Édouard Philippe, à mon avis,
00:51:53effectivement, a perdu du terrain.
00:51:56– Vous êtes d'accord Olivier, dans le match Attal-Philippe,
00:51:58c'est 1-0 pour Gabriel Attal ?
00:52:00– Oui, pour l'instant, on a l'impression que Gabriel Attal,
00:52:03encore une fois, du fait de la clarté de son discours sur les désistements,
00:52:07de la dynamique qu'il a insufflée,
00:52:09bénéficie à plein du maintien relatif de Renaissance d'ensemble.
00:52:17Édouard Philippe, il a peut-être une chance,
00:52:19au-delà de sa stagnation, c'est d'enfoncer un coin dans LR.
00:52:23Si LR se fragilise entre pro-antivoquais,
00:52:27c'est le seul petit avantage, je suis d'accord avec vous Pierre,
00:52:31mais petit avantage de son positionnement,
00:52:33qui est le même que, en gros, beaucoup de députés LR,
00:52:36ce n'était ni LSI, ni ARN, ça peut les rapprocher,
00:52:41simplement, ce ne sera pas avec 29 députés en position de force.
00:52:46– Justement, on va parler des LR, c'est le quatrième groupe,
00:52:49quatrième bloc, alors moins important que les trois autres,
00:52:52mais on va aller voir l'une des figures de ce groupe LR,
00:52:55vous en parliez, c'est Laurent Wauquiez,
00:52:57on va au Puy-en-Velay, en Haute-Loi, le chef de Laurent Wauquiez,
00:53:00on retrouve Marion Becker.
00:53:01Bonjour Marion, merci beaucoup d'être avec nous,
00:53:04Marion Laurent Wauquiez,
00:53:05qui va donc faire son grand retour à l'Assemblée nationale.
00:53:10– Et oui, Auriane, car Laurent Wauquiez a été confortablement élu,
00:53:14hier soir, avec 61,6% des suffrages,
00:53:17il va donc retrouver son siège de député,
00:53:19de cette première circonscription de Haute-Loire,
00:53:21qu'il avait quittée en 2017,
00:53:23alors c'était pour se consacrer à la politique nationale,
00:53:26être président des Républicains,
00:53:29dans l'espoir de devenir le leader naturel de la droite,
00:53:33pour la présidentielle,
00:53:35mais depuis, voilà, la situation politique a changé,
00:53:38alors Laurent Wauquiez s'est représenté,
00:53:41il avait face à lui un candidat du Rassemblement national,
00:53:44après le désistement de la candidate de la NFP,
00:53:48qui, elle, a appelé au barrage républicain,
00:53:51sans appeler directement à voter pour Laurent Wauquiez,
00:53:54mais il y a bien eu un report de voix, hier,
00:53:57sur ce candidat, les Républicains, donc largement battus.
00:54:02Alors, quelle place, quel rôle occupera Laurent Wauquiez,
00:54:05dans cette nouvelle Assemblée nationale ?
00:54:08C'est toute la question.
00:54:10En tout cas, ici, au Puy-en-Velay, dans son fief,
00:54:13dès hier soir, face à quelques journalistes,
00:54:15il s'est posé en leader,
00:54:17a annoncé qu'il allait mettre toute son énergie
00:54:20à reconstruire la droite,
00:54:22il n'y aura pour lui, ni coalition, ni compromission,
00:54:26dans cette nouvelle Assemblée, en tout cas, de son camp,
00:54:29avec aucun des autres camps,
00:54:31selon lui, en tout cas, cette élection,
00:54:33acte la fin du « en même temps »,
00:54:36les Français attendent, disent-ils, plus de clarté politique,
00:54:41c'était un discours à envergure nationale,
00:54:44que Laurent Wauquiez a tenu, ici, hier soir, au Puy-en-Velay.
00:54:48– Merci, merci beaucoup, Marion Becker,
00:54:51et Marion le disait, il va s'imposer,
00:54:53comme le leader des LR historiques,
00:54:55Laurent Wauquiez, selon vous…
00:54:57– On va voir, on va voir,
00:54:59c'est pas évident qu'il y parvienne,
00:55:01il a eu quand même une expérience malheureuse,
00:55:03il y a quelques années,
00:55:05il a été quasiment limogé de son propre parti,
00:55:08après la défaite des précédentes européennes,
00:55:12et donc, on va voir,
00:55:14s'il a les moyens de reprendre en main
00:55:19les Républicains depuis le départ d'Éric Ciotti,
00:55:23dont il ne faut pas oublier
00:55:25qu'il n'a pas encore démissionné de son poste de président,
00:55:28il est toujours président des Républicains,
00:55:30on va voir, Wauquiez n'a pas que des amis à l'intérieur de sa famille,
00:55:33il n'a pas que des amis à l'intérieur de sa famille politique,
00:55:36moi je pense qu'il va y avoir,
00:55:39il y a 3 tiers à l'intérieur des Républicains,
00:55:41même s'ils ne sont pas très nombreux.
00:55:43– 70 nuances de Républicains, chez les Républicains.
00:55:45– Oui, c'est compliqué,
00:55:47mais il y a ceux qui sont partis avec Éric Ciotti,
00:55:49il y a ceux qui seraient capables, éventuellement,
00:55:52de faire un bout de chemin
00:55:54avec la majorité présidentielle sortante,
00:55:57et puis il y a ceux qui veulent rester complètement indépendants,
00:56:01comme Éric Ciotti,
00:56:03mais ils ne seront pas très nombreux non plus,
00:56:07donc ça ne va pas être simple pour lui, pas du tout.
00:56:11– D'autant qu'à l'image de la réélection de Laurent Wauquiez,
00:56:14les Républicains historiques ont finalement bien résisté
00:56:17à cette dissolution légitime.
00:56:19– Oui, mais encore une fois, les Républicains historiques
00:56:22ont modifié le cours de l'histoire,
00:56:24ça veut dire quoi les Républicains historiques ?
00:56:26Ça veut dire qu'ils n'ont pas parti à Éric Ciotti,
00:56:28bon d'accord, ils ont résisté,
00:56:30et encore une fois, je pense qu'ils ont résisté
00:56:32parce que c'est un parti d'élus,
00:56:34et ils sont ancrés, ils tiennent bien leur…
00:56:36Mais quand on regarde la géographie,
00:56:38on est toujours sur une grande stabilité,
00:56:40donc, comment dire, le massif central,
00:56:45bon, quelques points encore dans l'Alsace,
00:56:49on voit bien que du côté de l'Ouest, ça peut se réveiller,
00:56:51mais par endroits,
00:56:53c'est un parti qui aujourd'hui est affaibli,
00:56:57qui est vraiment recroquevillé sur ses positions,
00:57:01alors là, pour le coup, traditionnelles, historiques,
00:57:04mais, si vous voulez, il est très divisé
00:57:07sur le plan de la stratégie à suivre,
00:57:09et si Laurent Wauquiez a une probabilité
00:57:12d'avoir le leadership du groupe parlementaire,
00:57:15de mon point de vue, il ne peut pas l'être
00:57:18en gardant le discours qui a été le sien
00:57:21depuis qu'il a été, entre guillemets,
00:57:24comme a dit Yves Limogé,
00:57:26dans tous les cas, depuis son départ,
00:57:28il ne peut pas garder cette ligne,
00:57:30donc, sur quel discours, sur quel équilibre
00:57:35se structurer ce groupe à l'avenir,
00:57:38et notamment en pensant à se différencier de horizon,
00:57:42enfin, comment…
00:57:44Il y a peut-être une recomposition,
00:57:46de ce point de vue, qui peut être opérée.
00:57:48– Oui, il y a la ligne politique sur le fond,
00:57:50et puis, il y a le positionnement.
00:57:52Est-ce que c'est tenable, ce qu'a dit Laurent Wauquiez hier,
00:57:54pas de coalition, pas de compromission ?
00:57:56Les moyens de rester indépendants, les alertes
00:57:58dans ce nouvel hémicycle ?
00:57:59– C'est toute la question, et d'ailleurs,
00:58:01c'est, je trouve, une sorte d'hypocrisie
00:58:03qui existe chez les Républicains.
00:58:05J'ai toujours pensé que la filiation idéologique
00:58:07des Républicains était totalement Macron-compatible,
00:58:09et c'est vrai que je pense qu'ils ont fait
00:58:11une erreur majeure à ne pas vouloir créer
00:58:13d'alliance avec la Macronie,
00:58:15d'avoir cherché absolument, à tout prix,
00:58:17à s'en distinguer.
00:58:18Des voix, à droite, Nicolas Sarkozy, le premier,
00:58:21ont appelé, justement, à la raison,
00:58:23à ce que les Républicains nouent un accord
00:58:25avec la Macronie.
00:58:27Je pense que ce serait la meilleure des stratégies
00:58:29pour eux aujourd'hui, même si, bon,
00:58:31c'est l'autre problème, c'est qu'y compris,
00:58:33si vous additionnez les Macronistes et les Républicains,
00:58:35ça ne fait pas de majorité absolue non plus.
00:58:37Donc la difficulté…
00:58:38– Mais ça les met en majorité relative, ça les met en tête.
00:58:40– Ça peut leur donner une majorité relative, voilà.
00:58:42Ils peuvent peser, donc ce que je veux dire,
00:58:44c'est que ce qu'on dit des Républicains,
00:58:46c'est qu'ils sont un groupe pivot.
00:58:48D'abord, effectivement, ils ne sont pas tous d'accord
00:58:50les uns avec les autres, mais la seule chose un peu positive
00:58:52pour le groupe, sans doute, c'est qu'Olivier Marleix,
00:58:54qui était l'ancien président du groupe,
00:58:56on ne peut pas dire qu'il pesait beaucoup,
00:58:59en tout cas qu'il était très soutenu parmi les siens.
00:59:02Donc si c'est peut-être Laurent Wauquiez
00:59:04qui prend la place d'Olivier Marleix,
00:59:07sans doute le groupe va retrouver un peu de vigueur.
00:59:10Mais là aussi, deuxième hypocrisie
00:59:12à pointer quand même du côté des Républicains,
00:59:14c'est que la ligne politique,
00:59:16la colonne vertébrale idéologique de Laurent Wauquiez
00:59:18est totalement sciotique compatible,
00:59:20et que même s'il a juré qu'il ne ferait jamais d'accord
00:59:23avec l'extrême droite, on sait que ses positionnements
00:59:25très identitaires, très souverainistes parfois,
00:59:29le rendaient compatible avec l'extrême droite.
00:59:32Sauf qu'il a une stratégie qui est une stratégie personnelle
00:59:35qui veut aller à l'élection présidentielle
00:59:37et que du coup, il est obligé de recentrer son discours.
00:59:39Donc voilà, sans doute, il va garder cette position indépendante
00:59:41pour en tirer les bénéfices à moyen terme.
00:59:43– Et est-ce que l'échec relatif du Rassemblement national,
00:59:45c'est une bonne nouvelle pour les Républicains ?
00:59:47On peut imaginer qu'il y aurait peut-être eu une petite hémorragie
00:59:50si jamais le Rassemblement national s'était retrouvé
00:59:52en position de force, là ça va la calmer ?
00:59:54– Oui, probablement, mais encore, c'est peut-être pas évident
00:59:59parce qu'ils voient l'avenir les uns et les autres.
01:00:03Il y a la présidentielle quand même,
01:00:05et puis il peut y avoir une autre élection législative d'ici un an.
01:00:09Donc je crois que l'avenir des Républicains n'est pas simple,
01:00:13pas du tout, il n'est pas uniforme et il n'est pas simple,
01:00:16de mon point de vue.
01:00:18– Dernier tour de table avec une question compliquée, Olivier,
01:00:21c'est comment on sort du blocage selon vous ?
01:00:23Est-ce qu'on peut sortir du blocage dans les prochains jours ?
01:00:26– Dans les prochains jours ?
01:00:28Alors là, ce serait la surprise sur la surprise, je dirais.
01:00:32Non, négociation, pas à pas, je pense que ça va continuer
01:00:38à être intéressant et plein de suspense.
01:00:41Mais sortir du blocage, non.
01:00:44– Pierre ?
01:00:45– Je vous le disais en début d'émission, j'ai le sentiment quand même
01:00:48qu'on arrive, je ne sais pas si c'est la mort de la Vème République
01:00:51et la naissance d'une nouvelle République, en tout cas,
01:00:54j'ai le sentiment qu'on fait la démonstration aujourd'hui
01:00:57de l'obsolescence, du caractère obsolète de nos institutions
01:01:00et que si pendant un an, on se dit qu'effectivement,
01:01:02il va y avoir un immobilisme total, autant profiter de cette année
01:01:07qui est devant nous pour engager une réforme institutionnelle
01:01:09et je pense que là, il y a possibilité de trouver une majorité
01:01:12pour engager ce processus en associant les Français,
01:01:15je ne sais pas si ça va être un processus constituant,
01:01:17mais je pense que ça pourrait être utile à notre pays, à la France,
01:01:22en tout cas, d'engager cette réforme.
01:01:24– Il faut l'accord du Sénat quand même, dans ce cas, et des Républicains.
01:01:27– Bien sûr, pas pour toutes les règles du jeu.
01:01:29– Et Yves, un dernier mot.
01:01:31– Je suis moins optimiste que ça, je pense.
01:01:36Une réforme institutionnelle, peut-être qu'elle serait utile,
01:01:39mais je ne pense pas qu'elle soit possible.
01:01:41Moi, je crois qu'on va avoir un nouveau Premier ministre
01:01:44à la sortie de l'été, c'est comme ça que je vois les choses se dessiner.
01:01:48Je vois pendant un an une stagnation totale de la vie politique
01:01:52avec pas de mesure phare particulière qui soit votée,
01:01:58peut-être qu'il y a des choses qui pourront être faites par décret, certes,
01:02:02et puis une nouvelle élection législative dans un an,
01:02:05parce qu'on sera arrivés au bout du bout.
01:02:08– Merci à tous les trois, merci beaucoup d'avoir été avec nous
01:02:11pour l'analyse de ces résultats du second tour des législatives.
01:02:15Dans quelques secondes, le grand débat politique
01:02:17avec les représentants des quatre forces qui composent l'Assemblée nationale.
01:02:21Mais d'abord, on en parlait face à une Assemblée divisée en quatre.
01:02:24Comment gouverner une coalition ? Est-elle possible ?
01:02:26On voit ça avec Jérôme Rabiet.
01:02:28– À peine les résultats connus et la première place rapidement célébrée à gauche,
01:02:32les regards se sont tournés vers l'avenir
01:02:35et la constitution d'une hypothétique majorité avec un fort degré d'incertitude.
01:02:40– Nous avons besoin de constituer une majorité sociologique
01:02:43qui accompagne cette victoire.
01:02:45Nous n'avons pas la majorité absolue.
01:02:47Nous ne sommes pas dans une situation de confort total.
01:02:50Nous avons besoin d'aller chercher, semaine après semaine,
01:02:53les Françaises et les Français.
01:02:55– Un discours qu'il faudra accorder entre alliés du Nouveau Front populaire
01:02:59et les filles ayant insisté sur la fin du macronisme
01:03:02et donc l'impossibilité de s'allier avec ses députés.
01:03:05Des députés du Bloc central qui constituent tout de même
01:03:08la deuxième force de la future Assemblée
01:03:11et que Gabriel Attal espère conduire vers une nouvelle étape.
01:03:14– Il faudra inventer quelque chose de neuf, de grand, d'utile.
01:03:19Pour cela, nous devrons assumer de tout remettre en question.
01:03:23Dès demain, notre espace politique devra se mettre au travail
01:03:27pour bâtir une offre politique nouvelle.
01:03:29Penser toujours et avant tout aux Français, à leur vie
01:03:33et incarner à nouveau l'espoir pour eux.
01:03:35– Une position là encore qui sera discutée à plusieurs.
01:03:39Édouard Philippe ayant lui aussi placé ses pions pour la suite
01:03:42en ouvrant son appel aux forces DLR qui n'ont pas suivi Éric Ciotti
01:03:46mais la droite tentera de jouer une partition indépendante.
01:03:50– Le en même temps est mort ce soir.
01:03:53Et tous ceux qui voudront le prolonger dans le dos des électeurs
01:03:56seront discrédités demain.
01:03:59Ma conviction, c'est que la France ne pourra se relever que dans la clarté.
01:04:03Et pour nous, il n'y aura ni coalition, ni compromission.
01:04:07– Une absence de coalition qui risque de plonger le pays dans l'incertitude
01:04:11pour encore quelques jours, semaines ou même des mois
01:04:14au grand dam du Rassemblement national qui a échoué à conquérir une majorité.
01:04:19La France se voit privée d'une majorité, d'un gouvernement pour agir
01:04:23et donc d'un cap clair pour redresser la France.
01:04:26Le Rassemblement national incarne plus que jamais la seule alternance
01:04:30face au parti unique qui s'étend ce soir de Philippe Poutou à Édouard Philippe.
01:04:35– Fort de plus de 140 députés, le RN et ses alliés
01:04:38continueront de jouer le rôle de premiers opposants à l'Assemblée.
01:04:41Une Assemblée qui saura qu'il y ait accord de coalition ou non
01:04:45sous la menace d'une nouvelle dissolution dans un an.
01:04:49– Et c'est l'heure de notre grand débat politique.
01:04:524 invités qui représentent les 4 forces de l'Assemblée.
01:04:55Mathieu Vallée, bonjour.
01:04:56Merci beaucoup d'être avec nous, député européen du Rassemblement national.
01:05:00Sébastien Vincigny, bonjour.
01:05:01Merci également d'être avec nous.
01:05:02Vous présidez le Conseil départemental de la Haute-Garonne
01:05:05et vous êtes le secrétaire national du Parti socialiste.
01:05:07Vous représentez le nouveau Front populaire.
01:05:09François Patria, bonjour.
01:05:10– Bonjour.
01:05:11– Merci également d'être avec nous, sénateur de la Côte d'Or,
01:05:13président du groupe RDPI Renaissance.
01:05:15Ici au Sénat, vous représentez ensemble la coalition du camp présidentiel.
01:05:19Et Stéphane Lerodulier, bonjour.
01:05:20– Bonjour.
01:05:21– Merci d'être là.
01:05:22Sénateur, Les Républicains, des Bouches-du-Rhône.
01:05:24Avant de parler du visage de cette nouvelle Assemblée
01:05:27et de savoir si elle est gouvernable ou pas, je vais vous faire réagir chacun,
01:05:30si vous voulez bien, au résultat de votre camp.
01:05:33On va commencer par vous, les vainqueurs.
01:05:35Sébastien Vincigny, le nouveau Front populaire est donc majoritaire,
01:05:39en majorité relative, mais majoritaire quand même.
01:05:41Ça a été une surprise pour vous hier soir.
01:05:42– Ça a d'abord été un soulagement de voir que, d'abord,
01:05:46la gauche avait réussi à se dépasser, à s'unir en bâtissant le nouveau Front populaire
01:05:50et puis ensuite en appelant à un nouveau Front républicain
01:05:54et de voir que les électrices et les électeurs ont fait ce choix,
01:05:58ont fait le choix de faire barrage à l'extrême droite
01:06:01et évidemment aussi de clarifier finalement,
01:06:05c'était l'appel d'Emmanuel Macron, il voulait une clarification,
01:06:09il y en a une, c'est une situation inédite, il n'y a pas de majorité absolue,
01:06:14il va falloir se laisser aussi donner du temps au temps
01:06:18pour apaiser, réconcilier, faire de la politique autrement.
01:06:22Je pense que c'est ce qu'ont exprimé nos concitoyens hier.
01:06:26– François Patria, les candidats du camp présidentiel,
01:06:29Ensemble, forment le deuxième bloc de l'Assemblée nationale.
01:06:33Ça a été quoi, un soulagement pour vous,
01:06:35de voir qu'Ensemble a mieux résisté qu'Annoncé ?
01:06:37– Bon, nous ne l'aurons pas parce que ce n'est quand même pas un succès,
01:06:40que les choses soient claires.
01:06:41Il faut beaucoup d'humilité ce matin devant le choix des Français.
01:06:44La question qu'a posée le chef de l'État c'est,
01:06:46voulez-vous, oui ou non, un gouvernement du Front National,
01:06:49demain, du Rassemblement national ?
01:06:51Les Français ont répondu très massivement,
01:06:53c'est en quoi il a eu raison d'appeler les Français à voter.
01:06:56On n'a jamais vu depuis 40 ans un tel score de participation.
01:07:00Donc déjà, premièrement, les Français ont répondu massivement.
01:07:03En second lieu, ils ont massivement, très massivement répondu
01:07:06qu'ils ne voulaient pas du RN au pouvoir en France.
01:07:10Troisièmement, ils nous ont dit, parlez-vous.
01:07:12On va inscruter un peu, c'est vrai, c'est une situation inédite,
01:07:15mais qui appelle aujourd'hui à trouver une coalition à l'Allemande.
01:07:18Je pense que c'est vers ça qu'on va se tourner demain.
01:07:21– Mathieu Vallée, les résultats du Rassemblement national,
01:07:24alors certes, vous allez me dire que c'est la première fois
01:07:26que vous avez un groupe aussi important,
01:07:27mais quand même, est-ce que ce n'est pas une déception pour vous,
01:07:29un échec au vu de ce qu'annonçait le premier tour ?
01:07:31– Si vous faites la réponse avant le flux de réponses,
01:07:34ça va être compliqué.
01:07:36Mais d'abord, on a fait près de 10 millions de voix quand même hier,
01:07:39le Nouveau Front Populaire en a fait 6,5 millions,
01:07:42l'ensemble 6 millions, donc effectivement,
01:07:44on est premier dans les résultats des pourcentages des Français,
01:07:46mais troisième en termes de force politique,
01:07:49et donc on va être une opposition constructive,
01:07:51une opposition qui va continuer à voter les textes dans l'intérêt général
01:07:55et à aussi défendre les convictions et les positions
01:07:59que les Françaises et les Français dans le pays majoritairement nous donnent,
01:08:02donc 10, presque 10 millions de voix, ce n'est pas hasardeux, si j'ose dire,
01:08:06et M. Patria disait qu'ils ont largement dit qu'ils ne voulaient pas de nous,
01:08:09le nombre d'électeurs disent au contraire,
01:08:11et c'est les chiffres du ministère de l'Intérieur.
01:08:13Si vous me permettez madame, l'ancien policier que je suis
01:08:15a une pensée pour ce CRS à Nantes,
01:08:17qui a été brûlé au second degré par un cocktail molotov issu des antifins,
01:08:21et tous les heurts qu'a eu Place de la République à Paris,
01:08:23à Nantes et dans d'autres villes en France,
01:08:25doivent nous interroger dans le Nouveau Front Populaire
01:08:27qui veut enlever les lanceurs de balles de défense et les grenades
01:08:29et les forces de l'ordre, c'est ce qui leur permettait jusqu'à présent
01:08:31de se protéger de ces antifins qui veulent les brûler vifs,
01:08:33et donc il va y avoir rapidement des sujets,
01:08:35claironner une éventuelle victoire c'est bien,
01:08:37sauf que demain c'est les Français,
01:08:39notamment les forces de l'ordre qui vont trinquer,
01:08:41et donc j'espère qu'ils pourront continuer à nous protéger,
01:08:43notamment les manifestants pacifiques,
01:08:45parce qu'aujourd'hui c'est ça le sujet, c'est les fonds de programmes,
01:08:47qui à mon sens n'ont pas été assez évoqués durant cette épreuve.
01:08:49On va revenir sur vos programmes, et je vais vous laisser débattre de vos programmes,
01:08:51mais honnêtement il n'y avait pas de déception hier
01:08:53dans le camp du Rassemblement National ?
01:08:55Non, parce qu'on a fait presque 10 millions de voix,
01:08:57après c'est le système de la majorité absolue à deux tours,
01:08:59et honnêtement on s'est battu, on a eu quand même...
01:09:01Vous attendiez à être le troisième bloc ?
01:09:03Non, on aurait voulu une majorité absolue bien sûr,
01:09:05mais il y a toujours à redire,
01:09:07mais par contre je ne vais pas vous vanter une histoire
01:09:09qui n'est pas celle qu'on a vécue hier soir,
01:09:11moi j'étais hier pendant une heure avant
01:09:13aux côtés de Marine Le Pen et de Jordan Bardella dans le QG,
01:09:15dans le bois de Vincennes,
01:09:17et donc j'étais bien présent, vous n'y étiez pas,
01:09:19donc je peux dire qu'effectivement
01:09:21on souhaitait une majorité absolue,
01:09:23maintenant on va continuer à travailler,
01:09:25on va continuer à défendre les Françaises et les Français,
01:09:27on va continuer à défendre des convictions
01:09:29qui ne sont pas celles caricaturales
01:09:31qu'ont voulues faire de nous les adversaires,
01:09:33et on continuera peut-être avec plus de pédagogie,
01:09:35mieux les expliquer, et peut-être effectivement
01:09:37à revoir certaines choses.
01:09:39Stéphane Ruvelier, les Allers qui sont donc le quatrième bloc,
01:09:41alors moins important que les trois autres,
01:09:43mais quand même les Républicains qui sauvent leur groupe,
01:09:45c'est quoi, c'est du soulagement chez vous aussi hier soir ?
01:09:47Soulagement et surtout satisfaction,
01:09:49on voit que nos candidats grattent je pense
01:09:51à l'ancrage territorial,
01:09:53au travail de terrain,
01:09:55ont mieux fait que résister,
01:09:57puisqu'on a même une légère évolution
01:09:59par rapport à 2012,
01:10:01c'est la première fois
01:10:03qu'il y a un léger rebond
01:10:05pour la droite républicaine,
01:10:07par rapport à 2022.
01:10:09Par rapport à 2022, pardon.
01:10:11Je m'en réjouis,
01:10:13mais dans le même temps,
01:10:15la tâche est encore immense,
01:10:17parce qu'il va falloir reconstruire
01:10:19la famille politique, reconstruire
01:10:21la droite républicaine dans son ensemble
01:10:23pour être prêt pour les prochaines échanges.
01:10:25– Justement, on va parler de ce qui se passe maintenant,
01:10:27je vais vous laisser débattre,
01:10:29François Patria, Emmanuel Macron, avec sa dissolution,
01:10:31il voulait une clarification,
01:10:33est-ce que là, il n'a pas une situation encore plus embourbée
01:10:35que précédemment ? – J'ai déjà un peu répondu,
01:10:37la première clarification, c'est contrairement
01:10:39à ce qu'on nous annonçait tous les jours,
01:10:41vous allez donner les clés au RN du pouvoir en France,
01:10:43vous allez donner les clés à Macron,
01:10:45bon, la clarification elle est là,
01:10:47les Français, même s'ils ont fait 10 millions
01:10:49de voix aujourd'hui, ça ne fait pas une majorité
01:10:51dans un pays de 50 millions d'habitants.
01:10:53– Ça se respecte. – Je respecte,
01:10:55je n'ai pas dit que je respectais,
01:10:57c'est pas la majorité, vous êtes minoritaire en voix,
01:10:59quoi qu'il arrive, il y a une majorité de Français,
01:11:01les deux tiers des Français en voix
01:11:03ne veulent pas du rassemblement national.
01:11:05– Il n'y a pas de majorité absolue.
01:11:07– Première chose, ensuite, maintenant…
01:11:09– Vous y voyez clair dans la nouvelle assemblée ?
01:11:11– Écoutez, je vois surtout que les Français
01:11:13qui aspiraient à une proportionnelle
01:11:15l'ont eue hier, intégralement devant eux,
01:11:17ils l'ont, donc il y a deux choses,
01:11:19soit on veut rester absolument libre,
01:11:21indépendant, droit dans ses bottes,
01:11:23sans discuter, c'est pas à l'intérêt de la France,
01:11:25soit on pense à autre chose qu'à l'intérêt
01:11:27de sa boutique, et on pense à l'intérêt
01:11:29des Français, et on cherche à discuter
01:11:31et à construire une coalition commune
01:11:33dans l'arc républicain,
01:11:35j'exclue les filles aujourd'hui,
01:11:37les filles parce que je crois se dire
01:11:39qu'elles ne sont pas dedans,
01:11:41exclue aussi le rassemblement national,
01:11:43trouver des bonnes volontés, trouver des gens
01:11:45capables de dialoguer, et ça va commencer maintenant,
01:11:47on va appeler tout le monde, on va voir,
01:11:49donc aujourd'hui, ne prévoyons pas
01:11:51dans l'immédiat ce qui peut se passer,
01:11:53il faudra sans doute du temps.
01:11:55– Sébastien Vincigny, puisque l'ensemble
01:11:57vous tend la main, est-ce que vous pourriez
01:11:59accepter cette main tendue, est-ce que
01:12:01le nouveau Front Populaire va travailler
01:12:03à une coalition ? – Je crois que dans
01:12:05notre pays, cette élection,
01:12:07je ne sais pas si elle a clarifié
01:12:09la situation politique, elle a été
01:12:11révélateur de l'état
01:12:13de l'opinion et comment se situe
01:12:15notre pays, il y a une véritable
01:12:17fragmentation qu'on a retrouvée dans
01:12:19l'archipélisation du vote,
01:12:21et aujourd'hui, l'Assemblée nationale
01:12:23est à l'image finalement de cette
01:12:25France fracturée, je crois
01:12:27qu'il va y avoir besoin de dialogue,
01:12:29et ça ne va pas se passer en quelques heures
01:12:31ou en quelques jours, de combinaisons
01:12:33ou de tripatouillages politiques,
01:12:35je crois que ça serait trahir la parole
01:12:37et l'expression
01:12:39de nos concitoyens, pour autant,
01:12:41on est la sixième puissance au monde,
01:12:43il va falloir aussi
01:12:45gérer le pays,
01:12:47on va organiser dans les prochaines
01:12:49semaines les Jeux Olympiques,
01:12:51c'est un événement international qui a besoin
01:12:53d'être un événement sécurisé,
01:12:55et dans ce contexte-là,
01:12:57on va devoir être responsable,
01:12:59le nouveau Front Populaire porte
01:13:01une responsabilité, mais ce n'est pas le seul
01:13:03à porter la responsabilité, il y a aussi
01:13:05Emmanuel Macron qui a provoqué
01:13:07ces élections en trois semaines,
01:13:09et dans ce cadre-là,
01:13:11on a la nécessité, oui, de faire
01:13:13différemment, de comprendre ce que les Françaises
01:13:15et les Français ont exprimé.
01:13:17Et qu'est-ce qu'ils ont exprimé pour vous hier soir ?
01:13:19Depuis trois semaines, on l'a vu
01:13:21déjà avec le scrutin des Européennes,
01:13:23un vrai ressentiment, d'abord
01:13:25une colère et une révolte
01:13:27qui s'est exprimée du monde
01:13:29rural, de la France,
01:13:31des périphéries, périphéries
01:13:33des métropoles, avec ce
01:13:35sentiment d'abandon
01:13:37qui est souvent ressorti sur les campagnes,
01:13:39moi je l'ai vécu sur le département
01:13:41de l'Haute-Garonne, qui est à l'image
01:13:43finalement du pays, avec
01:13:45des territoires ruraux qui ont dit
01:13:47on vit un véritable sentiment
01:13:49de déclassement dans les quartiers
01:13:51populaires, avec aussi une révolte
01:13:53qui a exprimé ce sentiment
01:13:55ou cette réalité aussi d'insécurité
01:13:57qui progresse dans notre pays.
01:13:59On doit tenir compte de ces mots-là.
01:14:01Comme des colères aussi,
01:14:03on n'avait pas eu de débouchés politiques.
01:14:05La réforme des retraites, la crise des gilets jaunes,
01:14:07l'après aussi Covid
01:14:09qui avait exprimé chez nos concitoyens
01:14:11un besoin de voir se restaurer
01:14:13dans notre pays un système de santé
01:14:15puissant avec
01:14:17les mouvements dans les urgentistes, etc.
01:14:19Mais tu n'as pas eu de débouchés politiques.
01:14:21Est-ce que sur tous ces sujets, vous êtes prêt à travailler avec d'autres ?
01:14:23Est-ce que vous êtes prêt à travailler avec Ensemble ?
01:14:25Est-ce que vous êtes prêt à travailler avec l'LR ?
01:14:27Je ne vous pose pas la question pour Lorraine, ça a été très clair hier de votre côté.
01:14:29Dans notre programme
01:14:31du Nouveau Front Populaire,
01:14:33nous avons mis des marqueurs.
01:14:35Il y a effectivement la question des services publics,
01:14:37la question du pouvoir d'achat,
01:14:39la question de revaloriser aussi l'école
01:14:41qui a perdu aussi
01:14:43de son efficacité et de sa présence
01:14:45aussi sur l'ensemble du territoire.
01:14:47Vous savez, quand on est élu d'une commune rurale,
01:14:49c'est arrivé à de nombreuses
01:14:51conseillères municipales
01:14:53ou conseillers municipaux
01:14:55de devoir être devant une classe d'élèves
01:14:57pendant une demi-journée, une journée,
01:14:59deux jours, faute d'avoir
01:15:01de remplacement de professeur.
01:15:03Ça, ça a été exprimé. Et ça déclenche
01:15:05quoi chez nos concitoyens ? Ce sentiment
01:15:07d'abandon, du recul de l'État.
01:15:09C'est pas en quelques jours ou quelques
01:15:11semaines qu'on va rétablir. Mais il va falloir
01:15:13apaiser, dialoguer,
01:15:15trouver des majorités sur des projets
01:15:17très clairs. Mais avec qui ? Parce que c'est ça la question.
01:15:19Avec qui ? Avec qui vous êtes prêt à trouver une majorité ?
01:15:21Vous savez, c'est une situation inédite.
01:15:23Je ne vais pas vous répondre là en quelques minutes
01:15:25de comment on passe d'une situation
01:15:27où il y avait déjà une majorité relative.
01:15:29Il n'y avait pas de majorité absolue.
01:15:31La France a quand même été gouvernée.
01:15:33Demain, elle le saura aussi.
01:15:35Il faut être responsable dans la séquence.
01:15:37C'est pas la peine de ravouter du trouble ou de l'agitation.
01:15:39Nos concitoyens, ils vont chercher
01:15:41aussi un cap. Ils vont se poser
01:15:43des questions. Ce matin, ils se réveillent
01:15:45en se disant, ouf !
01:15:47Mais tout reste à faire.
01:15:49Et dans ce cadre-là, je crois qu'on va devoir
01:15:51être responsable. – Là, on est dans une situation où les motions de censure
01:15:53ne passaient pas. Là, on pourrait se retrouver dans une situation
01:15:55où les motions de censure pourraient passer.
01:15:57Ça change quand même la donne.
01:15:59– Je crois qu'il va falloir que tout le camp,
01:16:01l'art républicain, comme le disait
01:16:03M. le sénateur, il va falloir quand même
01:16:05qu'il soit responsable aussi.
01:16:07Que le pays reste gouvernable.
01:16:09– Stéphane Lerue-Julier, est-ce que vous,
01:16:11vous êtes prêt à dialoguer avec les autres forces
01:16:13qui composent l'Assemblée ?
01:16:15– Écoutez, il faut être très clair.
01:16:17Quel est le point commun
01:16:19entre le parti socialiste, le parti communiste
01:16:21et les LR ?
01:16:23Il n'y en a aucun.
01:16:25On s'est affronté, notamment
01:16:27à travers des réformes de structure
01:16:29qu'avait voulu le président de la République.
01:16:31La réforme des retraites, le projet de loi
01:16:33immigration. – L'assurance-chômage.
01:16:35– L'assurance-chômage. On a vu véritablement
01:16:37qu'il y a eu une rupture idéologique.
01:16:39Je pense qu'il faut respecter cette rupture idéologique
01:16:41par rapport au sensé.
01:16:43Et quand vous regardez la composition
01:16:45de l'Assemblée nationale, par rapport
01:16:47à celle d'avant,
01:16:49elle fait plus penser à la 4ème République.
01:16:51Vous aviez d'un côté les communistes,
01:16:53les gaullistes et une multitude
01:16:55de partis au centre
01:16:57qui essayaient de trouver
01:16:59une combinaison pour gouverner
01:17:01que sur une composition
01:17:03qui ressemble à la 5ème République.
01:17:05La 5ème République, c'est le fait majoritaire.
01:17:07Et je pense qu'on balaye très vite ce qui s'est passé
01:17:09au premier tour. Au premier tour,
01:17:11les Français nous ont dit, nous voulons choisir
01:17:13entre deux projets de société. Même si
01:17:15l'offre était la plus radicale,
01:17:17je parle du Nouveau Front Populaire
01:17:19et du Rassemblement National.
01:17:21Mais on voit très bien que c'est ces deux forces-là
01:17:23qui sont arrivées en tête parce que les gens
01:17:25avaient besoin de ce retour du clivage
01:17:27gauche-droite. Et j'ai l'impression qu'on
01:17:29efface très vite cela et qu'on veut
01:17:31mettre en place une coalition.
01:17:33En fait, la seule solution pour Emmanuel Macron
01:17:35sur un an, c'est un gouvernement
01:17:37technique pour expédier
01:17:39les affaires courantes avant de prononcer
01:17:41une nouvelle dissolution pour clarifier
01:17:43la situation.
01:17:45– Ça promet encore des épisodes
01:17:47et des feuilletons. – Vous avez dit tout à l'heure
01:17:49quelque chose d'intéressant. Vous avez dit, nous, on serait
01:17:51une opposition constructive. Ça veut dire quoi concrètement ?
01:17:53– D'abord, je réponds
01:17:55juste à mes concurrents
01:17:57politiques. Je savais qu'il y avait
01:17:59le grand chancelier de la Légion d'honneur qui distribuait
01:18:01les Légions d'honneur en France et je ne savais pas qu'il y avait
01:18:03le grand censeur de France qui distribuait les brevets de républicanisme.
01:18:05Le seul maître dans le pays,
01:18:07c'est le peuple. Et donc moi, je n'ai pas de leçons
01:18:09à recevoir, notamment vu mon parcours, et je le
01:18:11prends souvent très mal. Je pense que la République,
01:18:13elle a confondu beaucoup plus que certains alliés qui ont fait ça
01:18:15toute leur vie en étant sur le terrain, en combattant les voyous
01:18:17et les islamistes, notamment les terroristes, le 13 novembre,
01:18:19au soir, quand j'étais engagé, sur les terrasses
01:18:21du petit Cambodge et du Carrillon. Donc moi, j'ai du respect
01:18:23pour les formations politiques. On a un débat constructif,
01:18:25ce qui n'a pas toujours été le cas. Pour avoir, sans prétention,
01:18:27fait beaucoup de débats durant cette campagne.
01:18:29Et moi, je dis simplement que, par exemple, pour les Jeux olympiques,
01:18:31monsieur, j'ai contribué au début
01:18:33à les préparer en tant que chef d'état-major de la police régionale
01:18:35des transports. Et quelle que soit
01:18:37la politique du gouvernement, et j'en reconnais grâce
01:18:39à monsieur Darmanin, il y a eu pendant 3 ans et demi
01:18:41des hauts fonctionnaires et des serviteurs
01:18:43de l'État qui ont préparé cette cérémonie.
01:18:45Personne ici remet en question votre rôle
01:18:47de fonctionnaire et de serviteur de l'État.
01:18:49C'est pas du tout mon parcours.
01:18:51Si, parce que je pense
01:18:53que mon passif et mon parcours parlent pour moi.
01:18:55Et donc, je dis simplement que
01:18:57cette cérémonie, peu importe la couleur politique
01:18:59de demain, elle est déjà prête.
01:19:01Et en réalité, il va falloir de l'humilité en reconnaissant
01:19:03les serviteurs de l'État qui l'ont préparée depuis 3 ans et demi.
01:19:05Ensuite, je vois que...
01:19:07Au niveau...
01:19:09Attendez, je vous ai laissé parler, donc je vais terminer.
01:19:11Et le nouveau Front Populaire,
01:19:13par exemple, il a indiqué hier qu'il voulait
01:19:15supprimer la réforme des retraites et certains sujets
01:19:17par décret. Alors pendant 2 ans, ils se sont égosillés
01:19:19à l'Assemblée pour dire que Mme Borne
01:19:21faisait du 49-3. Et aujourd'hui,
01:19:23on nous explique qu'on va faire la même chose par décret.
01:19:25En tout cas, c'est ce qui a été annoncé hier
01:19:27sur tous les plates. Vous savez, j'y étais.
01:19:29C'est pas possible.
01:19:31Donc, le Front Populaire
01:19:33nous vend déjà des choses qui ne sont pas possibles.
01:19:35– Juridiquement, c'est pas possible.
01:19:37– Non, mais ça en dit long. C'est peut-être pas possible,
01:19:39mais ça veut dire que si c'était possible, ils le feraient.
01:19:41C'est sur la méthodologie dont j'entends parler.
01:19:43Alors, sur la constructivité qui est la nôtre,
01:19:45je vous donne un exemple très simple.
01:19:47Mme Neymar Moutchou, qui était, je ne sais pas si elle a été réélue,
01:19:49qui est de la majorité de M. Patria.
01:19:51– Qui est pour Horizon.
01:19:53– Et qui avait proposé, quand j'étais syndicaliste,
01:19:55les peines minimales. C'est-à-dire, tu touches à un flic,
01:19:57tu vas en prison, même pour une courte peine.
01:19:59Le Rassemblement National, les Républicains avaient voté pour,
01:20:01Horizon avait voté pour et, effectivement,
01:20:03tout le reste avait voté contre.
01:20:05Et ce n'était pas une mesure qui était initiée par un de nos députés.
01:20:07Donc, voilà, exemple typique.
01:20:09Sur l'universalité des allocations familiales,
01:20:11on n'a pas été suivi. Sur les aides financières d'urgence
01:20:13pour les femmes de victimes conjugales,
01:20:15on n'avait pas non plus été suivi.
01:20:17Je peux égrainer la liste.
01:20:19Donc, est-ce que demain, c'est l'intérêt des Français qui va primer
01:20:21ou est-ce que c'est les chapelles syndicales,
01:20:23les chapelles politiques qui font que la France,
01:20:25comme disent ces deux élus, doit avancer.
01:20:27Et donc, dans ce cas-là, chiche.
01:20:29Sur les sujets majeurs, avançons.
01:20:31Sébastien Massigny, je vous laisse répondre.
01:20:33Après, on va à Marseille, chez vous, Stéphane Leroy-Juliet,
01:20:35avec le correspondant de presse régionale.
01:20:37J'interpelle toujours les représentants du Rassemblement National
01:20:39sur la question républicaine.
01:20:41Lorsque vous introduisez dans votre programme
01:20:43et dans votre projet la priorité nationale,
01:20:45c'est une rupture d'égalité du droit
01:20:47de chaque citoyen devant le droit
01:20:49qui est un principe fondamental dans notre République
01:20:51qui reconnaît chaque citoyen,
01:20:53quel que soit sa couleur de peau,
01:20:55quel que soit son patronyme,
01:20:57quel que soit son origine...
01:20:59– On est sur la nationalité, monsieur.
01:21:01Vous confondez l'origine et la nationalité,
01:21:03c'est dommage pour un élu.
01:21:05– Lorsque vous introduisez le principe...
01:21:07Oui, mais non, ce n'est pas ce qui est dit dans votre projet.
01:21:09– Ah ben, si, si, vous l'avez mal lu.
01:21:11Je vous donnerai, comme ça, vous l'irez un peu mieux.
01:21:13– Je l'ai très bien lu, je l'ai parfaitement lu.
01:21:15Lorsque vous introduisez la question des binationaux,
01:21:17lorsque vous introduisez la question de la priorité nationale,
01:21:19qui était la question de la préférence nationale hier,
01:21:21vous introduisez une rupture d'égalité de droit
01:21:23de chaque citoyen devant le droit
01:21:25et vous introduisez une rupture d'égalité de droit
01:21:27devant le droit français.
01:21:29– Monsieur, je suis issu de l'immigration espagnole.
01:21:31Vous essayez de nous faire croire qu'on trie les gens
01:21:33en fonction de leur origine.
01:21:35La seule chose qui vaille pour nous, c'est la nationalité française.
01:21:37Donc oui, nous assumons, ne vous en déplaisez,
01:21:39et les Françaises et les Français tranchent lors des élections.
01:21:41On assume que le logement social, comme certains emplois,
01:21:43j'en suis la preuve vivante, puisque pour être fonctionnaire de police,
01:21:45il faut avoir la nationalité française,
01:21:47sont réservés à des gens qui ont une nationalité.
01:21:49Mais le drame de certains élus comme vous,
01:21:51c'est que vous faites cette erreur manifeste
01:21:53dans votre origine, je suis d'origine espagnole,
01:21:55mais de nationalité française, et la nationalité,
01:21:57donc oui, nous, nous, nous, nous, nous, nous,
01:21:59nous priorisons les Français, quelles que soient
01:22:01leurs convictions, leurs origines,
01:22:03leurs appartenances politiques,
01:22:05contrairement à certains partis comme vous
01:22:07qui triez les gens en fonction des bons Français
01:22:09qui votent pour vous et des mauvais Français
01:22:11qui voteraient pour le racisme national avec l'art républicain.
01:22:13Moi, je ne vous permets pas de dire que je ne suis pas dans l'art républicain,
01:22:15donc vous voyez, quand chacun sera solide
01:22:17dans ses bases, on pourra avancer.
01:22:19– On va faire une petite pause dans ce débat,
01:22:21sur les résultats dans nos régions.
01:22:23Grâce à nos partenaires de la presse régionale,
01:22:25on va à Marseille, où on retrouve Léo Purguet.
01:22:27Bonjour Léo, merci beaucoup d'être avec nous,
01:22:29président et directeur éditorial du journal La Marseillaise.
01:22:31Léo, d'abord, on va faire un point sur les résultats
01:22:33dans la ville de Marseille.
01:22:37– Oui, à Marseille, le camp présidentiel disparaît,
01:22:41c'était le cas dès le premier tour,
01:22:43avec y compris la ministre Sabrina Agresti-Roubach
01:22:47qui avait choisi de se désister.
01:22:49La ville de Marseille a longtemps été partagée
01:22:53entre le nord et le sud.
01:22:55Cette fois, c'est un partage entre l'ouest et l'est,
01:22:59avec l'ouest, des circonscriptions acquises
01:23:03au Nouveau Front Populaire,
01:23:05et à l'est, des circonscriptions acquises
01:23:09au Rassemblement National.
01:23:11La gauche est majoritaire en voie sur la commune.
01:23:17– Et on va voir un mot sur la 14e circonscription
01:23:21des Bouches-du-Rhône, il y avait une triangulaire ?
01:23:23– Oui, c'était la seule triangulaire de Provence.
01:23:27L'assortante macroniste Anne-Laurence Pétale
01:23:31avait fait le choix de se maintenir,
01:23:33bien qu'étant arrivée 3e,
01:23:35et elle est sèchement battue en arrivant 3e,
01:23:39encore un peu plus loin que lors du premier tour.
01:23:41Mais son maintien fait gagner le candidat
01:23:45de l'extrême droite qui a été désigné
01:23:49à la faveur de l'accord Ciotti-Bardella,
01:23:52et qui par ailleurs avait fait un temps escale
01:23:56chez Reconquête, dans cette circonscription
01:23:59qui contient le nord d'Aix-en-Provence
01:24:02et de nombreux villages, c'est un coup de tonnerre,
01:24:05parce que ça n'avait jamais été une zone
01:24:08du département des Bouches-du-Rhône
01:24:10qui votait à l'extrême droite.
01:24:13– Peut-être un mot, restez avec nous Léo,
01:24:15un mot là-dessus, puisque effectivement
01:24:17c'était une triangulaire qui a beaucoup fait parler
01:24:19le non-désistement de la candidate de Renaissance
01:24:21qui a donc permis l'élection du candidat
01:24:24du Rassemblement National.
01:24:25Est-ce que ça a été une erreur François Patriard ?
01:24:28– Au vu du résultat, oui.
01:24:29Mais au vu du résultat du premier tour,
01:24:31ce n'était pas aussi évident.
01:24:32Anne-Laurence Pétale est une parlementaire bien implantée,
01:24:34qui travaille, qui est reconnue comme telle,
01:24:36pouvait espérer que son travail de terrain,
01:24:38que sa connaissance des dossiers,
01:24:40pouvait l'emporter contre les excès d'aujourd'hui,
01:24:42qu'on a pu regarder.
01:24:44Mais en fin de compte, c'est vrai,
01:24:46on a eu raison, je pense, de pratiquer ce désistement.
01:24:49On n'a pas toujours été récompensés d'ailleurs, en l'occurrence.
01:24:52Mais c'est vrai, parce que parfois d'autres,
01:24:55des partenaires putatifs…
01:24:56– Bon, on rigole parce que c'est vrai, vous avez raison,
01:24:57je suis prêt à dire.
01:24:58– …putatifs, auraient pu parfois nous rendre l'appareil,
01:25:00ils ne l'ont pas fait.
01:25:01Bien, je pense qu'il y a des républicains,
01:25:03je le dis à Stéphane Juridelier ici,
01:25:05tout à fait républicainement,
01:25:07mais quand on a maintenu des candidats républicains
01:25:09qui faisaient 8 ou 9% des voix
01:25:11pour faire passer soit un LFI, soit un Front National,
01:25:14ce n'est pas de bonne manière,
01:25:15ce n'est pas une façon de rester libre aujourd'hui,
01:25:17mais enfin, qu'importe.
01:25:18Là, Anne-Laurence Pételle,
01:25:19je pouvais comprendre qu'elle puisse se maintenir,
01:25:21malgré tout, elle aurait pu, comme d'autres,
01:25:23respecter la règle, et c'était difficile.
01:25:25Vous savez, Madame Katabi s'est retirée en Côte d'Or,
01:25:27alors qu'elle était en 3ème, et pas mal placée.
01:25:29Aujourd'hui, c'est un LFI qui passe, voilà.
01:25:32– On retourne.
01:25:33– Juste répondez, mais on va repartir à Marseille.
01:25:36– C'est un socialiste, pardon, je me suis trompé.
01:25:38– J'allais vous faire la remarque.
01:25:40– Excusez-moi, excusez-moi.
01:25:41– On a toujours été dans une seule ligne politique,
01:25:44libre et indépendant.
01:25:45Moi, vous savez, j'ai très mal vécu,
01:25:47entre le premier et le second tour,
01:25:49l'atmosphère du tripatouage électoral
01:25:52que vous avez orchestré avec le nouveau Front Populaire.
01:25:55Preuve en est, vous…
01:25:56– Ce n'était pas fidèle à votre histoire.
01:25:58Jacques Chirac, un de son temps,
01:25:59avait su appeler à faire le Front Républicain.
01:26:02– Ce n'était pas pareil, c'était une élection présidentielle.
01:26:05– Non, non, il y avait aussi eu des élections régionales,
01:26:08où il y avait eu des retraits.
01:26:10– Je suis bien placé pour savoir qu'on peut faire aussi
01:26:12des alliances parfois à contre-nature.
01:26:15Mais au-delà de ça, on voit très bien une chose,
01:26:18c'est que dès lors qu'il y a une triangulaire,
01:26:20et je salue la candidate Anne-Laurence Pétale
01:26:22qui est allée jusqu'au bout de la démarche.
01:26:24Il y a une règle.
01:26:25La règle, c'est 12,5% des inscrits.
01:26:27Elle avait le droit de se maintenir, et vous avez raison.
01:26:29Il y avait très peu d'écarts de voix, 300 ou 400,
01:26:32entre le troisième et le second.
01:26:34Mais ce qui veut dire une chose, c'est que,
01:26:36des triangulaires au duel,
01:26:38vous voyez bien qu'on a changé la carte électorale.
01:26:40Par le rétrécissement de l'offre politique,
01:26:43on a changé, en fait, le résultat du second tour.
01:26:47Et donc, il y a certains Français qui sont réveillés aussi.
01:26:50Par exemple, on nous a appelés de voler l'élection
01:26:52par rapport à le scénario qui était écrit…
01:26:54– Vous, Stéphane Lerbier, vous voulez déposer une proposition de loi
01:26:57pour interdire les désistements entre deux tours.
01:26:59– Pas pour interdire, c'est de se dire,
01:27:00je m'inscris dans le cadre d'une législative,
01:27:02il y a deux tours, on le sait.
01:27:03Dès lors que je fais 12,5% des inscrits,
01:27:05il n'y a pas de réinscription pour le second tour.
01:27:08– C'est vraiment ce qui nous différencie.
01:27:10Moi, je suis très fier d'avoir participé à ce combat
01:27:12contre le Rassemblement National,
01:27:14sur lequel le Nouveau Front Populaire a retiré 131 candidats
01:27:17et la majorité présidentielle 80 candidats.
01:27:20Sinon, aujourd'hui, effectivement,
01:27:22il y aurait une majorité très probablement absolue
01:27:25pour le Rassemblement National.
01:27:27Et c'est ce que nous voulions éviter.
01:27:29– On fait juste un dernier tour, je vous redonne la parole,
01:27:31Stéphane Lerbier.
01:27:32Pour Marseille, parce que dans les Bouches-du-Rhône,
01:27:34en tout cas, il y a un autre résultat qui était attendu.
01:27:37Et depuis hier soir,
01:27:38les communistes n'ont plus de députés dans les Bouches-du-Rhône.
01:27:41– Tout à fait.
01:27:43Dans la treizième circonscription des Bouches-du-Rhône,
01:27:45Pierre Darréville a échoué,
01:27:48a regagné son siège face au Rassemblement National.
01:27:52C'est une des illustrations qui doit probablement
01:27:56faire réfléchir à gauche la France des sous-préfectures,
01:28:01des zones industrielles, des campagnes et des périphéries,
01:28:06a du mal désormais à élire des députés de gauche.
01:28:11C'est très significatif dans notre région
01:28:15où la gauche n'est élue que dans les centres urbains,
01:28:19Marseille, Avignon, Aix-en-Provence.
01:28:23Et puis la majorité présidentielle qui désormais est en minorité,
01:28:29elle a fait élire son candidat à Toulon.
01:28:32– Merci beaucoup, merci Léo pour ce point quasi complet
01:28:35sur ce qui s'est passé du côté de Marseille et des Bouches-du-Rhône.
01:28:37La Une de la Marseillaise ce matin,
01:28:39le nouveau front populaire prend la main.
01:28:41C'est à la Une de votre journal.
01:28:43Merci beaucoup Léo Purgat.
01:28:44Un mot quand même sur ce qui s'est passé sur Pierre Darréville.
01:28:47Il y a Pierre Darréville, mais c'est peut-être symptomatique.
01:28:49Léo disait, ça doit faire réfléchir à gauche.
01:28:51Il y a Pierre Darréville, il y a Sébastien Jumel également,
01:28:53il y a Ferdinand Roussel.
01:28:54– Ça fait réfléchir.
01:28:55– Ce sont des candidats communistes
01:28:56qui ont perdu face au Rassemblement National dans des zones ouvrières.
01:28:59– Ça fait réfléchir en fait.
01:29:00Il y a 7 ans, Emmanuel Macron avait promis la Start-up Nation.
01:29:04Il parlait d'une douzaine de métropoles
01:29:06qui seraient presque les locomotives de notre pays.
01:29:10L'hyper-métropolisation de celles et ceux finalement
01:29:13qui vivent une mondialisation heureuse, j'ose ce terme entre guillemets,
01:29:18montre une France qui se fracture avec une vraie cassure.
01:29:22À 30 km des métropoles, vous avez…
01:29:25– Vous parlez d'Emmanuel Macron, Sébastien Racine,
01:29:27mais la question c'est pourquoi cette gauche ouvrière et communiste
01:29:30tombe vers le Rassemblement National aujourd'hui ?
01:29:32– Cette accélération de l'hyper-métropolisation
01:29:35donne le sentiment qu'il y a des Frances qui se côtoient
01:29:37mais qui ne se parlent plus.
01:29:39Des Frances qui ne sont plus considérées.
01:29:41C'était déjà le révélateur, la crise des Gilets jaunes en 2019,
01:29:44à laquelle nous n'avons pas apporté collectivement des réponses.
01:29:48Oui, la gauche aussi a son examen de conscience à faire.
01:29:52Personne ne fera l'économie d'essayer de comprendre,
01:29:55d'entendre les colères, de comprendre ce sentiment
01:29:58qui est exprimé par à la fois la ruralité,
01:30:00mais surtout la France des sous-préfectures.
01:30:02Moi, j'en suis témoin à la fois sur la 7e circonscription de l'Haute-Garonne,
01:30:06où nous avons la sous-préfecture du Muray,
01:30:09on touche la métropole toulousaine et on a vu cette fragmentation,
01:30:12ce tissu social se désagréger et avec un recul des services publics.
01:30:17Vous savez, lorsque vous voyez la concentration des moyens
01:30:19en matière de mobilier douce, en matière d'école,
01:30:22en matière de services publics sur les métropolisations,
01:30:26et qu'à 30, 40, 50 kilomètres de Toulouse,
01:30:29il faut attendre 6 mois pour avoir un généraliste.
01:30:32On voit des classes se fermer.
01:30:34On ne voit pas les RER, les futurs RER métropolitains,
01:30:37arriver jusqu'à 30, 40 kilomètres.
01:30:39Ils s'arrêtent à la limite des périphériques.
01:30:42C'est ça la réalité.
01:30:44Vous croyez que nos concitoyens qui travaillent,
01:30:47ou jeunes retraités, n'ont pas le sentiment
01:30:50de passer à côté de quelque chose ?
01:30:52Ils ont cotisé. On entend souvent ça.
01:30:54Moi, je paye aussi des impôts, je travaille.
01:30:57Et j'ai droit à quoi ? C'est quoi mon retour ?
01:31:00– Et pourquoi vous n'avez plus une réponse aujourd'hui ?
01:31:02– Parce que depuis des années…
01:31:04– Pourquoi dans ces circonscriptions qui sont communistes depuis des années,
01:31:06aujourd'hui, c'est le Rassemblement National qui l'emporte ?
01:31:08– Le Rassemblement National ne l'a pas emporté partout.
01:31:11Sinon, ce soir, il aurait une majorité.
01:31:13– Je parle de ces cas spécifiques.
01:31:14Mais vous avez raison.
01:31:15Aujourd'hui, c'est le Rassemblement National
01:31:18qui a une prédominance sur ces circonscriptions très typiques,
01:31:21qui touchent à la fois à l'urbain, mais qui vont jusqu'au rural.
01:31:25La gauche en a gagné quelques-unes.
01:31:27Ruffin, Christophe Ebex, moi j'ai deux camarades socialistes,
01:31:31Jacoberti, Arnaud de Garonne, Arnaud Simion,
01:31:35ce sont à la fois des circonscriptions qui viennent en pétale,
01:31:37finalement, sur les métropoles, et qui vont après jusqu'à la ruralité.
01:31:41Donc, c'est à regarder, il faut vraiment analyser un peu partout
01:31:46comment ça résiste ou comment ça s'ancre avec le Rassemblement National.
01:31:50Mais parce que c'est un sentiment de colère.
01:31:52Et aujourd'hui, il y a une facilité à avoir désigné
01:31:57quel est le coupable de cette situation,
01:31:59quel est le bouc émissaire de cette situation.
01:32:01Mais elle est bien plus complexe, cette situation à analyser.
01:32:03– D'abord, sur ces phénomènes que vous évoquez à juste titre,
01:32:06je voudrais vous dire qu'il y a une responsabilité collective
01:32:08qui date de plusieurs années, voire de plusieurs décennies.
01:32:11Faire porter aujourd'hui au gouvernement et à Emmanuel Macron
01:32:14les mots qui surgissent aujourd'hui, mais qui datent de longtemps.
01:32:16– Je dis qu'il y a eu une accélération.
01:32:18– Deuxième chose, je ne partage pas cet avis de la fracture ville-campagne.
01:32:23Moi j'habite justement, ce que vous dites, un petit canton rural
01:32:26de 5000 habitants à 45 km de la pétropole régionale.
01:32:30Je n'ai pas le sentiment d'être déclassé.
01:32:32Parce qu'aujourd'hui, on a fait des maisons médicales,
01:32:34il y a 5 médecins dedans, canton rural.
01:32:36On a fait une maison de service public.
01:32:38Il y a 18 000 personnes qui y viennent.
01:32:40Je n'ai pas le sentiment que dans le canton où j'habite aujourd'hui,
01:32:42on ferme des classes.
01:32:43J'étais maire d'une commune, attendez, une commune,
01:32:45où il y a pratiquement zéro chômeur, où il y a 3 RMistes,
01:32:48où le plein emploi existe, où il y a un immigré,
01:32:51où ils ont les services à proximité et qui votent à 55%
01:32:54pour le Rassemblement national.
01:32:55Mais où est le déclassement ? Il y a un vote irrationnel.
01:32:58On a appuyé sur ces peurs.
01:32:59Certains ont ici appuyé pour montrer aux gens qu'ils étaient malheureux,
01:33:02qu'ils souffraient, qu'ils étaient oubliés, qu'ils étaient délaissés.
01:33:05Alors que ce n'est pas le cas pour la plupart des cas.
01:33:07Et on arrive à ce résultat.
01:33:09– Nous, à gauche, on n'est pas des marchands de peur ou de colère.
01:33:12Il faut vraiment percevoir ce que ça veut dire le ressenti,
01:33:15la peur du déclassement.
01:33:16– Moi, je dis que j'habite sur mon terrain.
01:33:18– Un mot là-dessus, Mathieu Valère.
01:33:19– Il y a une future majorité qui discute entre elles
01:33:21pour avoir un gouvernement.
01:33:22– Justement, vous, vous faites la transition.
01:33:24– On est sur l'analyse, pas sur le programme.
01:33:27– Il faut comprendre avec beaucoup d'humilité ce qui s'est passé.
01:33:29– Oui, mais moi, je n'ai pas besoin de comprendre, monsieur,
01:33:31parce que je vais sur le terrain.
01:33:32Parce que quand on est sur le terrain, comme vous, j'imagine,
01:33:34on n'a pas besoin de se faire de l'eau.
01:33:36– Très bien.
01:33:37Moi, vendredi, j'étais à Vézoul, dans la Haute-Saône.
01:33:39On ne doit pas vivre dans la même France avec monsieur Patria.
01:33:42– Je connais très bien la Haute-Saône.
01:33:44– Oui, mais vous n'énervez pas, monsieur Patria.
01:33:46Laissez parler les adversaires.
01:33:48Ça vous changera des 49.3 et des manifestations que vous avez réprimées.
01:33:52Et donc, je dis simplement qu'en Haute-Saône, à Vézoul,
01:33:55on n'a pas un train qui est régulièrement là.
01:33:57On n'a pas facilement d'accès à un médecin.
01:33:59C'est pour ça qu'on avait d'ailleurs proposé…
01:34:01– Il y a un très bel hôpital à Vézoul.
01:34:03Vous n'avez pas dû le visiter.
01:34:04– Le problème, c'est qu'il peut y avoir des beaux hôpitaux,
01:34:06mais s'il n'y a pas de médecin dedans, ça ne sert à rien.
01:34:08– On va revenir.
01:34:09– Si les murs sont beaux et que vous vous en satisfiez,
01:34:11c'est très bien, moi aussi, mais s'il n'y a pas de médecin dedans,
01:34:13on ne va pas faire grand-chose.
01:34:14– Et le gouvernement a investi à Vézoul.
01:34:15– Oui, mais je sais qu'avec vous, monsieur Patria,
01:34:17tout le monde a bien réussi chez vous.
01:34:19Tout est bon, tout est propre.
01:34:21– Et on va revenir à ce qui va se passer à l'Assemblée.
01:34:24Terminé Mathieu Valèbre, on revient à ce qui va se passer.
01:34:27– D'abord, la Marseillaise, c'est bien, il change,
01:34:29parce qu'il avait fait une, leur magazine, contre l'Assemblée nationale.
01:34:32Donc les éditoriaires qui sont contestés sur certaines chaînes
01:34:34ne sont pas ailleurs.
01:34:35Et donc, je dis simplement que sur les services publics et sur la ruralité,
01:34:39mais même dans le Pas-de-Calais, chez les ouvriers,
01:34:41nous sommes aujourd'hui plébiscités parce qu'on propose des mesures concrètes
01:34:44et on ne dénigre pas nos concurrents politiques.
01:34:46Nous, on parle des programmes, on ne parle pas des partis.
01:34:48– Allez, on va revenir à ce qui va se passer.
01:34:49– Un programme inapplicable.
01:34:50– Justement, on va en parler à l'Assemblée qui gouvernait avec qui ?
01:34:53On va écouter Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti Socialiste
01:34:56qui lance un appel et qui fait une annonce sur le futur Premier ministre.
01:35:01On va écouter ça, il était l'invité de la matinale de France 5.
01:35:03– Après la question, tenez, tiens, Christiane raconte forcément
01:35:07les équilibres entre nous et puis de ce que nous voulons faire.
01:35:10Et donc, oui, il faut que dans la semaine, nous puissions être en mesure
01:35:14de présenter une candidature pour Matignon et faire en sorte
01:35:18d'obliger le chef de l'État à tenir compte de cette situation.
01:35:21– Une candidature dans la semaine, Sébastien Racine.
01:35:24Est-ce que c'est tenable, selon vous ?
01:35:26– Comme disait Coluche, je me mords.
01:35:29– À situation inédite depuis…
01:35:32– C'est un silence qui en dit long, ça.
01:35:33– Non, à situation inédite depuis trois semaines, le temps politique est bouleversé.
01:35:39Une semaine pour bâtir le nouveau Front populaire,
01:35:4448 heures pour faire en sorte qu'il y ait ce réflexe historique
01:35:48dans notre pays du Front républicain, une semaine encore inédite
01:35:54où il n'y a pas de majorité absolue, où on est très loin même
01:35:57de la majorité absolue, où on se retrouve avec trois blocs.
01:36:01Oui, la gauche qui est arrivée en tête doit réfléchir,
01:36:07faire des propositions, le pays ne peut pas rester bloqué.
01:36:10– Pour aller un peu plus loin, parce que là on parle en termes de blocs,
01:36:12mais si on regarde à l'intérieur du bloc, c'est le groupe des insoumis
01:36:15qui arrive en tête, en tout cas selon les décomptes provisoires.
01:36:18Est-ce que le Premier ministre que vous allez proposer va être un insoumis ?
01:36:22– Vous venez d'évoquer que c'était un décompte provisoire.
01:36:25Moi, on l'a demandé hier soir, je pense que l'ensemble des formations
01:36:30à gauche l'ont prononcé, laissons l'Assemblée s'installer.
01:36:35Et nous verrons la réalité des rapports de force au sein de l'Assemblée.
01:36:38L'ensemble, d'ailleurs, des groupes politiques,
01:36:41pas simplement du nouveau Front populaire.
01:36:44Je pense qu'il faut aussi de la clarté.
01:36:47La clarté, ça sera par l'installation des groupes, des intergroupes,
01:36:50et voir comment l'Assemblée, déjà, va fonctionner.
01:36:54– Jean-Baptiste Trias.
01:36:55– Je voudrais poser la question à mon collègue, enfin monsieur le député.
01:36:58Demain, est-ce qu'il va y avoir un seul groupe,
01:37:00ou bien va-t-il y avoir un groupe socialiste, un groupe vert, un groupe LFI ?
01:37:05Moi, je pense que, comme l'a dit Olivier Faure à l'instant,
01:37:08présenter, obliger le Président, attendez, obliger le Président
01:37:10à prendre un Premier ministre.
01:37:12D'abord, on n'oblige pas le Président, c'est lui qui choisit,
01:37:14que les choses soient bien.
01:37:15– Deux points de vue constitutionnels, vous avez raison.
01:37:17Article 8.
01:37:18– Donc voilà, première chose, c'est ça.
01:37:20Ensuite, il va y avoir des différences entre les groupés.
01:37:22Moi, je pense que la poutre va travailler, parce qu'elle est sur un programme.
01:37:26J'ai entendu hier soir, figurez-vous, j'ai entendu hier soir,
01:37:28sur un plateau qui n'est pas celui-là, un député européen, socialiste,
01:37:32dire qu'on allait abroger, dans les 15 jours, la loi sur les retraites,
01:37:36et que pour le faire, on trouverait une majorité avec le Rassemblement national.
01:37:39J'ai entendu ça hier soir.
01:37:40– Pardon ?
01:37:41– Oui, j'ai entendu ça hier soir, sur le plateau, en face de moi, j'ai entendu.
01:37:44On pouvait trouver, avec le Rassemblement national,
01:37:46une majorité pour abroger la réforme des retraites.
01:37:48Bon, vous voyez que tout va bouger demain, on le voit bien.
01:37:51Donc, je crois que Monsieur le député a tout à fait raison.
01:37:53– Je crois qu'il faut garder la nuque raide, ces moments-là,
01:37:56et pas tomber dans des tripatouillages politiques que personne ne comprendrait.
01:38:00– Je comprends.
01:38:01– Mais comment vous allez l'abroger sans le Rassemblement national ?
01:38:04Allez-y, finissez franchement.
01:38:05– Avouez que si on écoute Olivier Faure,
01:38:07un gouvernement, aujourd'hui, du Nouveau Front Populaire,
01:38:09il ne tient pas trois jours à l'Assemblée.
01:38:11Il ne tient pas trois jours à l'Assemblée.
01:38:13Donc, il faudra bien faire autre chose.
01:38:14– Je pense que le Président de la République
01:38:16aurait tout intérêt, c'est son libre-arbitre,
01:38:18de nommer, effectivement, un Premier ministre émanant de LFI.
01:38:24Pour voir combien de temps il tiendrait.
01:38:26Ce qui veut dire une chose, c'est que personne n'a la majorité absolue.
01:38:30Et donc, ce sera un gouvernement, a fortiori minoritaire,
01:38:34et qui sera au jour, en fait, des partis au niveau de l'Assemblée nationale.
01:38:38Ça se voit bien.
01:38:39Et déjà, là, ça se fissure.
01:38:41Vous avez présenté un programme commun entre trois ou quatre partis politiques.
01:38:46Et on est en train de se dire, tout compte fait,
01:38:49on s'installe à l'Assemblée nationale,
01:38:51on met de côté l'ensemble des propositions que vous avez présentées,
01:38:54et on va commencer à réfléchir à une coalition.
01:38:57Mais est-ce que ce n'est pas une trahison ?
01:38:59– Je ne m'amuse pas, moi, de la situation politique,
01:39:01et je ne ferai pas d'ironie sur ce plateau.
01:39:03– Justement, c'est la question.
01:39:04Il y a une trahison par rapport à l'offre politique.
01:39:06– Mais il n'y a aucune trahison.
01:39:08Ne parlez pas de trahison, mais ne faisons pas de la politicisation là.
01:39:11– Vous êtes élus sur un programme.
01:39:12– Oui, effectivement, nous sommes élus sur un programme.
01:39:14– Le projet est-il appliqué, puisque vous êtes minoritaire ?
01:39:17– Il faut avoir l'humilité de regarder aussi,
01:39:20et la lucidité de voir quel est le paysage politique
01:39:23qui s'installe au sein de l'Assemblée.
01:39:25Personne n'a de majorité, absolument.
01:39:27– Absolument.
01:39:28– Personne ne peut prétendre arriver et dire,
01:39:30sur notre ligne politique, nous pouvons gouverner seuls.
01:39:33– Ce n'est pas ce qu'a dit M. Mélenchon, à 20h02.
01:39:36– Je ne suis pas ici, moi, le porte-parole de Jean-Luc Mélenchon.
01:39:39Je pense que, alors là, si vous lisez mon histoire…
01:39:41– C'est bien le leader du Nouveau Front Populaire.
01:39:43– Non, ce n'est pas le leader du Nouveau Front Populaire.
01:39:47Régulièrement, c'est agité ainsi.
01:39:49Ça a été agité ainsi.
01:39:51Ça n'a pas fonctionné.
01:39:53Ce n'est pas la réalité.
01:39:54– À deux reprises.
01:39:55– Non, mais est-ce qu'il ne va pas y avoir des tensions
01:39:57au sein du Nouveau Front Populaire, Sébastien Marcy ?
01:39:59Comment allez-vous désigner votre Premier ministre ?
01:40:01– Il y avait sur une fin à la mota qui ont quitté quand même leur parti.
01:40:04– Regardez, ça atteste qu'il n'y a pas de leader suprême
01:40:11qui dirige l'ensemble des 180 députés.
01:40:14– Comment vous allez désigner le candidat au poste du Premier ministre ?
01:40:16– Le Nouveau Front Populaire.
01:40:17Mais ça fait partie des éléments de discussion qui sont encore devant nous.
01:40:21Je crois qu'à situation inédite et illégitime,
01:40:24qu'on se donne du temps et qu'on puisse rentrer…
01:40:27– Il faudra des semaines.
01:40:28– Mais du temps, c'est quoi ?
01:40:29C'est-à-dire que pour vous,
01:40:30Gabriel Attal doit rester jusqu'à la fin des Jeux Olympiques ?
01:40:32– Moi, je crois qu'il y a deux choses à faire.
01:40:35Premièrement, l'Assemblée Nationale,
01:40:37c'est d'un point de vue constitutionnel,
01:40:39s'installe à partir du 18 juillet.
01:40:42Ça nous donnera déjà une photographie beaucoup plus précise
01:40:45de la réalité des rapports de force au sein de l'Assemblée Nationale,
01:40:49où se trouvent les groupes, où se trouvent les intergroupes.
01:40:52Nous, nous allons fonctionner en intergroupe.
01:40:54Chacun va garder son identité et son groupe.
01:40:56Il n'y a pas eu de dissolution, des divergences ou des nuances
01:41:00au sein de la gauche.
01:41:01– Donc vous allez tenter d'amener dans votre groupe Alexis Corbière,
01:41:03les frondeurs LFI et des divers gauches, c'est ça ?
01:41:06– Pardon ?
01:41:07– Vous allez tenter d'amener dans le groupe PS
01:41:08les frondeurs LFI et des divers gauches ?
01:41:10– Ça appartiendra à eux de se positionner aussi.
01:41:12– C'est purgé quoi.
01:41:13– Moi je…
01:41:14– C'est plutôt été purgé.
01:41:15– Chez les socialistes, on n'a pas une tradition
01:41:17à faire la loi chez les autres et à décider pour eux.
01:41:19Je crois que ça serait là aussi…
01:41:21– Vous voulez devenir le premier groupe de gauche,
01:41:23vous n'avez pas trop le choix finalement ?
01:41:24– On n'est déjà pas loin d'être le premier groupe de gauche.
01:41:26Moi je vous invite vraiment à regarder non plus les résultats provisoires
01:41:30mais ceux qui sont en train de s'affiner.
01:41:32Le pays, on a quelques semaines devant nous
01:41:38pour aussi gérer quelque chose qui est un impératif.
01:41:41Dans plusieurs semaines, on doit donner le meilleur visage de la France
01:41:45en organisant un événement international qui doit être sécurisé
01:41:49et qui doit donner le plus beau visage de notre pays.
01:41:52– C'est le 26 juillet, c'est la révélation ?
01:41:54– Oui, ça arrive très vite.
01:41:55– Le 26 juillet ?
01:41:56– Je pense que dans la séquence, il peut y avoir un gouvernement technique
01:41:59qui gère les impératifs.
01:42:01Nous devons assurer cet événement, donner de la stabilité,
01:42:05de la visibilité aussi dans ce contexte qui est quand même encore incertain.
01:42:08La guerre en Ukraine ne s'est pas arrêtée,
01:42:10les conflits mondiaux ne se sont pas arrêtés.
01:42:12Et les acteurs économiques vont très vite demander à ce que le pays redémarre
01:42:16parce que ça fait trois semaines que tout le monde est à l'arrêt.
01:42:18Et je crois qu'il y a besoin d'envoyer ce signal,
01:42:21comme quoi, oui il y a une situation inédite,
01:42:24oui il n'y a pas de majorité absolue,
01:42:26mais pour autant notre pays peut quand même fonctionner.
01:42:28Je vous rappelle, et on en débat souvent sur votre plateau,
01:42:32notre pays est aussi décentralisé et déconcentré.
01:42:35Il y a des préfets, des présidents de région, des présidents de départements,
01:42:39le pays peut fonctionner.
01:42:40– Est-ce qu'un gouvernement technique c'est envisageable ?
01:42:43Est-ce qu'Emmanuel Macron doit accepter la démission de Gabriel Attal ce matin ?
01:42:47– Je pense que d'abord le Premier ministre devrait démissionner,
01:42:50je l'ai rencontré hier soir, on n'a pas parlé de ça effectivement,
01:42:53mais il a dit, moi d'abord je l'ai félicité pour la campagne qu'il a faite.
01:42:56Il a fait une très belle campagne.
01:42:57– Lui il va démissionner, mais est-ce qu'Emmanuel Macron va accepter la démission ?
01:43:00– Je pense que le Président va lui demander de rester en poste avec le gouvernement,
01:43:04que ça peut durer, comme tout à l'heure ça a été dit par un chroniqueur ici,
01:43:07jusqu'à la fin de l'été, très bien, le temps que les discussions s'instaurent,
01:43:11le temps qu'on dégage, que les JO passent, que tout se passe.
01:43:14Et vous savez on avait dit, attendez, Emmanuel Macron a eu tort de démissionner
01:43:17la veille des Jeux Olympiques, vous vous rendez compte l'image ?
01:43:19Bon, les JO vont se passer bien normalement, voilà.
01:43:22– Alors il recherche un ministre d'Intérieur,
01:43:23M. Darmanin a dit qu'il ne voulait pas continuer au gouvernement,
01:43:25donc il va falloir trouver un ministre d'Intérieur.
01:43:27C'est quand même le Premier Ministère pour les Jeux Olympiques.
01:43:29– Écoutez, on verra la réponse qu'il donnera au chef de l'État.
01:43:31– Ah ben pardon, c'est les déclarations des membres de votre majorité.
01:43:33– Ce matin, oui, mais si je vous envoie, vous savez,
01:43:35les déclarations que vous avez faites avant, la composition de votre gouvernement,
01:43:38j'aurais beaucoup à vous dire.
01:43:39– C'est pas nous qui sommes à l'élysée, M. Patria.
01:43:40– J'aurais beaucoup à vous dire, vous aviez déjà tous les ministres.
01:43:42– Oui, non mais changez de discours, on parlait de notre parti,
01:43:44parlez du vôtre, ça vous changera.
01:43:45– Vous, vous parlez du mien, parlez du M. Darmanin.
01:43:47– Parce que c'est M. Macron qui va, moi je respecte l'institution,
01:43:50j'ai M. Macron qui va nommer le premier ministre,
01:43:52c'est pas Darmanin qui va nommer le premier ministre.
01:43:54Par contre, juste une petite phrase, Jean-Luc Mélenchon n'est absolument pas disqualifié.
01:43:57– On va y venir.
01:43:58– Jean Matignon affirme Matim Pagneau,
01:44:00donc j'ai l'impression que la tambouille franc populaire
01:44:03va donner quand même une cuisine amère.
01:44:05– La réponse a été faite par le chef de l'État, il a dit,
01:44:08demain, un gouvernement de coalition sans LFI, que les choses soient claires.
01:44:12C'est ça la règle, voilà.
01:44:13– Ça va être compliqué de choisir.
01:44:14En fait, vous savez, moi j'ai travaillé trois ans à Marseille,
01:44:17Mme Rubirola s'était présentée pour être maire.
01:44:19Au bout de trois mois, c'est M. Payan du Parti Socialiste
01:44:22qui n'aurait jamais été élu, connaissant bien la ville où il habitait,
01:44:25sous les couleurs du Parti Socialiste.
01:44:26Là, on va avoir la même chose, on a une alliance.
01:44:28– On a du printemps en Marseille.
01:44:30– Ah bah écoutez, là, vous voyez bien qu'on est en train de nous dire,
01:44:32et je respecte éminemment le Parti Socialiste,
01:44:34moi j'ai connu le parti de Jaurès, le parti de Clemenceau,
01:44:37qui, me semble-t-il, n'a rien à voir avec le parti de M. Mélenchon.
01:44:40Et en réalité, moi ce que je dis simplement à monsieur,
01:44:44c'est qu'aujourd'hui, vous allez faire une tambouille électorale
01:44:48qui va être très compliquée, on va garder les écologistes,
01:44:50mais pas les LFistes, on va garder les socialistes,
01:44:52mais on va voir si on travaille avec les macronistes,
01:44:55et moi demain, je me demande comment un gouvernement va être mis en place,
01:44:58et le gouvernement d'experts, pardon, mais dans une démocratie,
01:45:02j'estime que quand on a des élus à l'Assemblée,
01:45:04au Sénat vous avez raison, dans les corps intermédiaires également,
01:45:07il faut qu'on ait des gens qui représentent le peuple,
01:45:09parce que des technocrates à la tête de ministères,
01:45:11on l'a déjà fait avec l'Association civile dans les gouvernements
01:45:13de droite comme de gauche, et ça n'a jamais donné des très bons résultats.
01:45:16– Gouvernement technique, c'est envisageable ou pas ?
01:45:18Et Gabriel Attal qui reste jusqu'à la fin des JO ?
01:45:21– C'est la seule solution, on le voit bien.
01:45:23– La solution ultime.
01:45:24– C'est la seule solution pour qu'effectivement l'événement
01:45:27qui arrive dans une quinzaine de jours soit…
01:45:29– Le 26 juillet.
01:45:30– 26 juillet.
01:45:32– Jusqu'au 11 août, quand on veut défendre le pays,
01:45:34il faut quand même connaître les dates des JO, c'est mieux.
01:45:37– Bon, on ne va pas faire un quiz sur les dates des JO,
01:45:39alors allez-y, gouvernement technique quoi.
01:45:41– Je l'avais laissé, mais bon, ce n'est pas grave.
01:45:43– Tant mieux, je vous en fais.
01:45:45– Merci.
01:45:46Donc, pour que les JO se passent dans les meilleures conditions possibles,
01:45:52et là, j'ai confiance quand même aux structures de l'État,
01:45:56aux fonctionnaires d'État qui ont œuvré pendant des semaines,
01:46:00voire des mois sur cette préparation.
01:46:02Maintenant, il est clair qu'effectivement, nous sommes dans une impasse,
01:46:06clairement institutionnelle, et que malheureusement,
01:46:10la seule solution qui s'offre à Emmanuel Macron,
01:46:13c'est de mettre en place un gouvernement technique,
01:46:16dit technique, pour expédier les affaires courantes.
01:46:19Mais ce qui me rend malade, moi, c'est que depuis 40 ans,
01:46:22on n'a pas fait de réformes structurelles dans notre pays.
01:46:25On l'a vu, quand Emmanuel Macron a voulu faire ces réformes,
01:46:28je pense à la réforme des retraites, je pense au projet de loi immigration,
01:46:32les mêmes qui aujourd'hui essayent de taper dans la main avec Emmanuel Macron
01:46:36et étaient vent debout à l'Assemblée nationale et bordélisaient l'hémicycle.
01:46:41– Personne n'essaye de taper, je ne sais pas qui c'est qui a pointé du doigt
01:46:44en disant qu'on essaye de taper dans la main d'Emmanuel Macron.
01:46:47Je suis admiratif de voir comment on fait de la réforme des retraites.
01:46:50– Attendez, parce que la réforme des retraites, ça c'est important
01:46:52parce que c'est une de vos principales promesses de campagne.
01:46:54– On est bien d'accord.
01:46:56– Comment vous allez l'abroger, Sébastien Massigny, cette réforme des retraites ?
01:47:00– Mais je ne ferai pas de politique fiction.
01:47:02– Attendez, ce n'est pas de la politique fiction,
01:47:04vous avez été élu sur un programme, dans votre programme,
01:47:06il y avait l'abrogation de la réforme des retraites, comment vous allez l'abroger ?
01:47:08– Pour l'instant, il n'y a pas de Premier ministre de gauche avec un agenda social.
01:47:11Nous sommes en train de travailler à une proposition,
01:47:14mais pour l'instant, celui qui fixe l'agenda constitutionnel,
01:47:19ça reste le Président de la République.
01:47:23Donc à ce stade, il n'y a pas de Premier ministre de gauche désigné aujourd'hui
01:47:28avec un gouvernement de gauche qui peut fixer la temporalité de l'agenda social.
01:47:34Donc je ne vais pas vous répondre, dans trois semaines, à la sortie de l'été,
01:47:37nous allons abroger de telle manière ou de telle manière la réforme de la retraite.
01:47:41Oui, c'est dans notre programme.
01:47:43Oui, c'est dans le souhait de nos concitoyens.
01:47:45On l'a entendu sur l'ensemble des marchés et l'ensemble des campagnes.
01:47:49Mais depuis le premier jour que cette loi a été proposée,
01:47:52si elle a soulevé autant d'incompréhension, de colère,
01:47:55un front syndical uni de la CFDT jusqu'à la CGT,
01:48:01on n'avait pas vu ça, historiquement, depuis plus de 20 ans dans notre pays,
01:48:04contre une réforme antisociale.
01:48:06Donc cette réalité-là, elle s'appuie aussi sur une base sociale.
01:48:09Mathieu Vallée, est-ce que vous pourriez voter l'abrogation ?
01:48:11Est-ce que vous allez voter l'abrogation de la réforme de la retraite
01:48:13si le non-faux front populaire la présente ?
01:48:15Vous faites une blague ce matin, madame.
01:48:17Madame Borne, elle a été élue grâce à qui ?
01:48:19Madame 49.3 qui a été désignée ainsi par les nouveaux alliés du Parti Socialiste.
01:48:23Si les députés du Rassemblement National vont voter l'abrogation de cette réforme de la retraite.
01:48:27Mais pour faire quoi ? Parce qu'abrogénois, c'est ça, mais qu'est-ce qu'on y fait derrière ?
01:48:30On n'a pas les mêmes propositions.
01:48:32Nous, on est pour le départ à 60 ans pour les gens qui ont travaillé avant l'âge de 20 ans
01:48:35avec 40 annuités, et on est pour 62 ans pour ceux qui ont 42 annuités après l'âge de 20 ans.
01:48:40Donc vous ne voterez pas avec le nouveau front populaire ?
01:48:42Non mais il faut... Comment ?
01:48:44Vous êtes plus clair que M. Bardet, là. J'ai compris votre proposition.
01:48:47C'est dommage qu'on ne se soit pas vu avant. J'ai l'impression que M. Bardet était aussi clair.
01:48:50Mais écoutez, tant mieux si je peux vous aider sur ce bataille que je ne veux pas pour rien.
01:48:54Mais pas un chèque signé en blanc par rapport à ce qu'il y a derrière.
01:48:58Demain, ils disent qu'on abroge la loi immigration pour devenir français.
01:49:01Cette loi prévoit qu'il faut savoir parler français.
01:49:03Cette loi prévoit d'expulser, même s'il reste un certain nombre de verrous qu'on voulait faire sauter,
01:49:07des clandestins et des délinquants et criminels étrangers hors du territoire national.
01:49:11Demain, M. me dit qu'on abroge la loi, mais qu'est-ce qu'on y met derrière ?
01:49:14Moi, pardon, ma mère est espagnole.
01:49:16Quand on est arrivé sur le territoire français, il me semblait important quand même de savoir parler français.
01:49:19Tous les pays du monde font ça.
01:49:21Pareil, on va être le seul pays au monde à ne pas expulser,
01:49:23même si déjà aujourd'hui, c'est compliqué avec 8% d'obligations du territoire français qui sont exécutées,
01:49:27on va être le seul pays du monde à ne pas expulser des gens qui rentrent par effraction en France.
01:49:31Donc, c'est une violation de la loi votée par les députés.
01:49:33Et en plus, qui font des victimes sur le territoire national.
01:49:36Donc, vous savez, caricaturer les gens comme ça a été fait.
01:49:38Et moi, je l'ai très mal vécu.
01:49:40Moi, je ne suis pas anti-étranger. Je suis pro-français.
01:49:42Mais moi qui suis issu de l'immigration, j'en ai marre de voir des gens qui arrivent
01:49:46sans papier sur le territoire national, qui font des victimes,
01:49:49ce que moi-même, je ne me serais jamais permis de faire en arrivant dans un autre pays.
01:49:52Non, mais c'est très important.
01:49:53C'est l'ADN d'un pays de savoir où on va, qui on accueille, qui reste et qui part.
01:49:57Vous savez, madame, que 90% des déboutés du droit d'asile ne partent pas.
01:50:01Oui, mais ça, M. Patria, c'est la réalité.
01:50:03L'avenir, c'est quoi ?
01:50:04La campagne est finie.
01:50:06Vous faites comment, M. Patria, pour exécuter les EQTF que vous avez promis 100% et qu'on n'est pas ?
01:50:09Vous savez très bien qu'il y aurait le même nom d'EQTF à Noël si vous aviez été au pouvoir.
01:50:12Non, pas du tout, monsieur, parce qu'on aurait eu plus de courage que vous.
01:50:15On m'a dit que c'était la volonté politique, mais ce n'est pas ça du tout.
01:50:17Bien sûr, bien sûr.
01:50:19Je voudrais répondre, moi, parce que ça, c'est le débat de la campagne.
01:50:22Moi, je vous félicite d'abord.
01:50:23Sur le Sénat, les débats sont beaucoup plus apaisés, beaucoup plus compréhensifs,
01:50:26et je pense qu'on doit continuer dans ce sens-là.
01:50:29En tout cas, monsieur a compris notre réforme des retraites.
01:50:31Je voudrais me tourner vers Stéphane Lerédéli.
01:50:33Tout à fait, contre-internellement, en tant que parlementaire.
01:50:36Il dit aujourd'hui qu'il n'y a qu'un gouvernement technique qui peut marcher.
01:50:39Et dans le même temps, il dit, parce qu'on ne pourra pas faire des réformes,
01:50:43mais l'expérience, vous l'avez démontré vous-même,
01:50:45quand vous travaillez avec nous, les réformes constructives, on les passe.
01:50:49Pourquoi vous ne voulez pas continuer ?
01:50:50Vous l'avez fait sur la loi sur les retraites, vous l'avez fait sur l'immigration.
01:50:53Voyez bien que quand vous sortez de votre liberté originelle...
01:50:56– Vous aviez la main, aujourd'hui, vous n'avez plus la main.
01:50:58– Quand vous avez la liberté originelle, quand vous travaillez avec nous,
01:51:00on peut faire des réformes que vous appelez.
01:51:02– On dirait un vieux couple, on dirait qu'ils sont en train de se faire arrêter.
01:51:05Bon, j'aimerais s'être engueulé.
01:51:07– C'est l'idée du Sénat, ça, c'est la sagesse du Sénat.
01:51:09– On peut rigoler un peu.
01:51:11– Écoutez, si vous êtes ensemble, assumez-le.
01:51:13– C'est l'idée du Sénat d'avoir des divergences,
01:51:15mais d'essayer de trouver à chaque fois des consensus.
01:51:17– Sur la loi immigration, en tout cas, vous avez été quand même déçus,
01:51:20puisque vous l'avez évoquée.
01:51:21– Non, non, on a durci le texte.
01:51:23– On va le faire avec l'Assemblée.
01:51:25La même majorité de M. Patria a détricoté la loi.
01:51:28– Allez, comme dit François Patria, on ne va pas revenir sur le passé.
01:51:31– C'est dit par qui, malheureusement ?
01:51:32– On ne va pas revenir sur...
01:51:33– Un mot sur eux quand même, puisque Mathieu Vallée,
01:51:35vous l'avez signalé sur la déclaration de Mathilde Pannot ce matin,
01:51:37Jean-Luc Mélenchon n'est absolument pas disqualifié pour Matignon.
01:51:40C'est aussi votre avis ?
01:51:41– Si.
01:51:42– Il est disqualifié pour Patria.
01:51:44– Je pense que c'est un faux sujet.
01:51:49– Il n'est pas disqualifié.
01:51:51– A tort ou à raison, M. Mélenchon n'est pas le nom
01:51:57qui fera l'unanimité au sein du nouveau Front populaire.
01:52:01Et je pense que le président de la République ne l'appellera pas.
01:52:05– François Patria, vous avez réponse, elle est claire.
01:52:08– Je pense que ce n'est pas qu'il soit disqualifié,
01:52:10c'est qu'il n'est pas qualifié.
01:52:11Voilà, parce qu'il n'a pas les vertus pour être qualifié.
01:52:13– Moi j'avais appelé à faire barrage au nouveau Front populaire
01:52:17il y a 48 heures, 72 heures, parce que je sentais que c'était la menace.
01:52:20La menace, c'est la France insoumise, clairement en France, donc non.
01:52:23– Jean-Luc Mélenchon à Matignon, c'est censure du Rassemblement national ?
01:52:25– Vous savez, quand je t'ai porté parole du syndicat,
01:52:27je ne savais déjà pas l'encadrer parce qu'il nous insultait à longueur de journée.
01:52:30Alors ce n'est pas moi sur votre plateau qui vais vous dire
01:52:32qu'il doit diriger la France demain.
01:52:33– Allez, on va continuer à voir les résultats dans nos régions.
01:52:37On va aller du côté du Puy-en-Velay, où on retrouve Christophe Darne,
01:52:40rédacteur en chef de l'Éveil de la Haute-Loire.
01:52:42Christophe, bonjour.
01:52:43Hier, Laurent Wauquiez est parvenu à se faire élire plutôt confortablement.
01:52:47– C'est une terre à les filles, ça.
01:52:48– Tout le monde le sait.
01:52:50– Oui, Laurent Wauquiez a réussi son pari, celui de revenir dans l'hémicycle.
01:52:53L'ancien chef de file des Républicains a été élu hier
01:52:56sur la première circonscription de Haute-Loire avec plus de 61% des voix.
01:53:01Il devance assez nettement son adversaire du Rassemblement national,
01:53:04un candidat parachuté qui avait, il faut bien le dire,
01:53:07créé la surprise au premier tour en talonnant l'ex-maire du Puy-en-Velay.
01:53:11Dimanche dernier, 1900 bulletins seulement les séparaient.
01:53:15Hier, Laurent Wauquiez a pu compter sur un report de voix favorable
01:53:18pour une victoire confortable.
01:53:20Cette campagne des législatives, l'une des plus difficiles de son propre aveu,
01:53:25n'a pas été de tout repos.
01:53:27Bousculé au premier tour, il s'était retrouvé sur une triangulaire inédite pour la Haute-Loire
01:53:32avant le désistement de la candidate du Nouveau Front populaire
01:53:35qui avait appelé à faire barrage sans pour autant appeler à voter Laurent Wauquiez.
01:53:40On le sait, la figure de l'homme fort de la droite locale
01:53:43cristallise les tensions chez ses adversaires.
01:53:45Ces derniers jours, l'ancien ministre a réalisé une campagne de terrain
01:53:49misant sur le local plutôt que sur l'enjeu national.
01:53:52À 49 ans, Laurent Wauquiez va entamer son quatrième mandat de député,
01:53:5520 ans après son entrée à l'Assemblée nationale à la suite de Jacques Barrault.
01:53:59Laurent Wauquiez, on imagine qu'il ne compte pas rester en député parmi d'autres.
01:54:03Oui, la dissolution au lendemain des européennes a clairement accéléré les plans de Laurent Wauquiez.
01:54:09Avec ce siège de député, il entend retrouver une place sur l'échiquier national.
01:54:14Lui qui s'était ces dernières années replié sur sa région Auvergne-Rhône-Alpes.
01:54:19Il devrait conduire prochainement le groupe des Républicains au sein de l'Assemblée nationale
01:54:23qui tentera de faire entendre sa voix dans une droite bien malmenée,
01:54:27plus affaiblie que jamais, notamment avec le départ d'Éric Ciotti.
01:54:31Laurent Wauquiez veut défendre une ligne claire, je cite,
01:54:34sans coalition ni compromission.
01:54:36Son objectif est affiché, préparer le terrain pour ce qu'on appelle déjà dans son entourage
01:54:41la mission Élysée 2027.
01:54:44Merci beaucoup Christophe, la ligne de l'éveil de la Haute-Loire,
01:54:47c'est retournement national.
01:54:49Un petit mot sur les scores des Républicains.
01:54:52D'abord, Laurent Wauquiez va prendre la présidence du groupe ?
01:54:55Je le présume, on verra, ce n'est pas à moi d'en décider.
01:54:58Un mot sur le cœur d'Éric Ciotti, peut-être.
01:55:00Éric Ciotti, lui, a été réélu dans sa circonscription.
01:55:03Il peut faire un groupe, il aurait 17 députés.
01:55:06Qu'est-ce que ça va dire de l'avenir d'Éric Ciotti ?
01:55:09Ça veut dire quand même qu'il y a eu un énorme gâchis
01:55:11parce que quand on regarde bien, je sais qu'en politique ce n'est pas de l'arithmétique,
01:55:15mais nous avons présenté 400 candidats sur 577 circonscriptions
01:55:20et quand on regarde le résultat, même s'il peut être en trompe-l'œil,
01:55:25il y a quand même une forme de dynamique.
01:55:27On aurait pu espérer avoir un meilleur score, un nombre de sièges beaucoup plus conséquent
01:55:33si dès lors on était parti unis.
01:55:35Le deuxième point, c'est qu'on sent qu'il y a une recomposition de la droite dite républicaine.
01:55:42On voit Édouard Philippe, Gérald Darmanin se démarquer de la Macronie,
01:55:49on ne peut plus appeler ça la majorité présidentielle.
01:55:51Donc ça donne aussi un espoir d'une recomposition de la droite
01:55:56et j'appelle également au clivage gauche-droite.
01:55:58Là où, je pense, vous avez fait une erreur.
01:56:03On termine sur un point d'accord, mais très rapidement.
01:56:05A mon sens, c'est que le Parti socialiste, avec la campagne de Glucksmann,
01:56:09une très belle campagne où il était à 14%,
01:56:12aurait dû profiter de cette dynamique-là pour proposer des candidats indépendants.
01:56:16Et vous aurez échappé de la France insoumise.
01:56:18Au premier tour des législatives, on a fait 31%.
01:56:21Et c'est fini, on va regarder ce qu'est à la une de la presse régionale,
01:56:24puisque ces législatives, évidemment, sont à la une de vos journaux régionaux.
01:56:27Alex nous rejoint.
01:56:29Et Alex, on voit ça tout de suite, votre revue de presse régionale.
01:56:32Alors que retiennent les quotidiens régionaux de ces législatives ?
01:56:35Et à la fin, c'est la gauche qui gagne, titre le journal La Dépêche du Midi.
01:56:39Mais la France, après ces élections, est coupée en trois,
01:56:42rappelle le journal La Charente Libre.
01:56:44Et maintenant, qui pour gouverner ?
01:56:46Se demande l'Est républicain.
01:56:49Quelle majorité ? Quelles alliances ? Quel Premier ministre ?
01:56:51Beaucoup de questions sont posées.
01:56:53En fait, la France est-elle devenue ingouvernable ?
01:56:55Titre le journal Paris-Normandie.
01:56:58Alors on va maintenant regarder quelques résultats dans certains territoires,
01:57:01comme la région Nouvelle-Aquitaine, avec le journal Sud-Ouest.
01:57:04Une région où le Rassemblement national perd des sièges.
01:57:07L'URN, qui après une poussée en 2022 dans cette région,
01:57:11a perdu des sièges hier soir.
01:57:13Alors un siège perdu en Lothé-Garonne,
01:57:15un autre siège perdu en Gironde avec la défaite de Grégoire de Fournasse.
01:57:19Et puis la gauche fait un carton plein dans ce département de la Gironde.
01:57:22Jean Lassalle, lui, est défait dans son territoire du Béarnes.
01:57:25Direction Lille avec le journal Nord-Éclair.
01:57:28Et dans la métropole lilloise, c'est la prime aux sortants,
01:57:31sauf pour l'URN qui perd encore un siège.
01:57:34Six députés du camp présidentiel ont été élus,
01:57:36dont Gérald Darmanin et Violette Spielbutt.
01:57:38Quatre députés du Nouveau Front populaire ont été, eux, élus hier soir,
01:57:42dont les Insoumis David Guirault et Hugo Bernalicis.
01:57:47– La gauche fait carton plein à Lyon.
01:57:48– Oui, l'URN, on le précise, a gagné deux sièges dans le département du Rhône,
01:57:52ce qui est inédit.
01:57:53Mais la gauche rafle tous les sièges à Lyon.
01:57:56La gauche renaît, l'URN éclot, titre Le Progrès de Lyon,
01:57:59avec une participation très forte dans le Rhône, 70% de participation.
01:58:03Et puis, un autre territoire vire à gauche, c'est la Côte d'Or.
01:58:06C'est à la une du bien public, puisque les habitants de Côte d'Or
01:58:09ont élu trois députés du Front populaire, un député LR et un député RN.
01:58:13– Très rapidement, un mot sur la Corse ?
01:58:15– Oui, le candidat d'hiver droite, François-Xavier Ceccoli,
01:58:18prend le siège du nationaliste Jean-Félix Aquaviva.
01:58:21Mais la poussée du RN est contenue avec les deux autres députés nationalistes sortants
01:58:25qui ont été réélus, et puis le député horizon Laurent Marcangeli,
01:58:28qui a également été réélu face au RN.
01:58:30Et puis, on finit par une remontada à la une de l'Aisne-Nouvelle,
01:58:33celle du député sortant LR, Julien Diff, qui a gagné face au RN à 500 voix près.
01:58:38– Merci beaucoup.
01:58:39Merci Alex pour cette voix de presse.
01:58:40Merci messieurs, merci d'avoir été avec nous pour ce débat.
01:58:43Merci à tous de nous avoir suivis.
01:58:46La journée spéciale continue sur les chaînes parlementaires.
01:58:48Je vous donne rendez-vous à 12h30 pour une nouvelle édition spéciale
01:58:51avec LCP Assemblée Nationale. À tout à l'heure.
01:58:54– Sous-titrage par SousTitreur.com
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