00:00 dire à ses enfants "je vous aime tous pareil" c'est pas très productif parce qu'ils se
00:03 rendent tous compte que ce n'est absolument pas vrai, on les aime tout autant mais pas
00:07 de façon pareille.
00:08 Souvent les rivalités dans la fratrie sont des rivalités hiérarchiques, c'est-à-dire
00:17 que la question qu'un enfant pose à ses parents, il faut le savoir, n'est pas "m'aimes-tu"
00:21 mais "me préfères-tu".
00:22 Le principe de la préférence est celui qui guide les intentions affectives de chaque
00:26 enfant.
00:27 Ça va être de répondre à chacun de ses enfants sans blesser les autres.
00:31 "Toi je te préfère pour ceci, toi je te préfère pour cela" et permettre à chacun
00:35 de se développer dans sa singularité.
00:37 Dire à ses enfants "je vous aime tous pareil" c'est pas très productif parce qu'ils se
00:40 rendent tous compte que ce n'est absolument pas vrai, on les aime tout autant mais pas
00:44 de façon pareille.
00:45 Alors les rivalités sont essentiellement liées à des formes de comparaisons, des
00:53 comparaisons affectives.
00:54 Je suis le préféré ou je suis le moins préféré ou je suis le détesté.
00:58 Ce sont des rivalités affectives et des rivalités effectives lorsque par exemple elles sont liées
01:04 aux résultats scolaires, au niveau de performance dans un sport ou ailleurs.
01:07 Et donc c'est la compétition qui va induire ces mécanismes de rivalité.
01:11 C'est pour ça qu'il est essentiel dans les familles de réduire au maximum tout ce
01:14 qui de près ou de loin ressemble à un esprit de compétition qui est aiguisé entre les
01:18 frères et soeurs.
01:19 Alors ce sont les émotions qui vont toujours être le signal déclencheur lorsqu'un enfant
01:27 est triste, lorsqu'il est en colère, lorsqu'il a peur par rapport à un ensemble de domaines
01:32 dans lequel il est amené à se mettre en jeu.
01:35 Un sport, l'école, les jeux, un jeu de société par exemple.
01:39 Lorsqu'on joue tous ensemble, les jeux de société servent à faire en sorte que chacun
01:43 puisse harmoniser ce qu'il est avec ce que les autres sont.
01:46 C'est pour ça qu'on les appelle des jeux de société.
01:47 Et la manière dont un enfant réagit aux jeux de société lorsqu'ils sont joués en
01:51 famille indique s'il accepte ou pas les rivalités ou si ces rivalités le font ou pas souffrir
01:56 et quelles sont les stratégies qu'il utilise pour vivre avec ces rivalités.
01:59 Il y a un truc tout simple, c'est d'essayer d'éviter au maximum tout ce qui de près
02:08 ou de loin ressemble à de la compétition et de la recherche de performance en fonction
02:13 de cette compétition.
02:14 C'est vraiment important que chacun puisse découvrir aussi ses propres niches de développement.
02:19 L'école pour certains, un sport pour d'autres, le dessin pour un troisième.
02:23 Chacun a ses domaines dans lesquels il sent qu'il est en mesure de s'épanouir sans
02:28 se mettre en rivalité avec les autres.
02:30 Alors en ayant ce sentiment que ce qui est important c'est l'harmonie, c'est-à-dire
02:38 pas la bonne entente permanente avec un accord sur tout, un consensus absolu sur qu'est-ce
02:45 qu'on va faire ensemble, comment est-ce qu'on va s'occuper tous ensemble ce soir.
02:48 Il est normal qu'il y ait des dissensus, qu'il y ait des contestations, qu'il y
02:51 ait même des conflits.
02:52 Mais ce qui est important c'est que toujours ils puissent se résoudre dans l'harmonie.
02:55 Et pour se résoudre dans l'harmonie, il faut juste être respectueux des émotions
02:59 de chacun qui sont nécessairement différentes.
03:02 Il faut savoir que la fratrice c'est le début de la démocratie et la seule chose
03:06 qui rend les êtres humains égaux les uns par rapport aux autres, ce sont leurs émotions.
03:10 Les émotions ne peuvent jamais être hiérarchisées, l'émotion du petit frère, du grand frère,
03:14 de papa, de maman ont la même valeur et le même poids dans la prise de décision et
03:19 c'est important que l'enfant l'apprenne très très tôt dans son développement.
03:22 Alors ce qui est important c'est que les fratrices maintenant ne sont plus des fratrices
03:27 je vais dire qui vont rester figées dans le temps.
03:30 On a des demi-frères, des quart de frère, des huitièmes de frère, c'est-à-dire
03:32 qu'on aura des familles qui vont être à géométrie variable.
03:36 Et c'est très bien parce que c'est comme ça que les enfants vont apprendre très très
03:39 tôt qu'en apprenant les liens de fraternité et en apprenant à les harmoniser, on apprend
03:44 aussi à vivre en société.
03:45 Et donc avoir des fratries étendues c'est plutôt un bénéfice parce que ça suppose
03:50 effectivement un apprentissage très précoce d'une vie familiale qui ressemble très très
03:54 fort à l'heure à une vie sociale.
03:55 !
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