Ce mercredi 14 janvier, nous avons eu le plaisir de recevoir Rónán Hession pour une rencontre autour de son nouvel ouvrage inédit en Français et paru aux éditions Les Grands Vents, La Montagne Fantôme.
Discussion animée par Ms Tim MacGhabann et Charles Roux.
Vous souhaitant de belles lectures,
L'écume 🌊
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La Quatrième : Roman traduit de l’anglais (Irlande) par Charles Roux
Un matin, une montagne surgit, silencieuse et inexplicable, en bordure d’une petite ville paisible. Ce qui n’était qu’un paysage ordinaire se trouve bouleversé : la communauté découvre une nouvelle silhouette à l’horizon, présence mystérieuse mais aussi vertigineuse absence de réponses. Dans ce roman choral à la douceur poignante, des voix se répondent et s’entremêlent : Ruth et Ocho, dont l’amour s’étiole ; le cartographe fasciné qui dresse les contours de l’impossible ; Dominic, dont la solitude vacille face à l’inconnu. Chacun tente de donner sens à cette montagne fantôme, miroir étrange de ses propres manques, peurs et désirs. Entre humour délicat et tendresse, La Montagne Fantôme explore la fragilité humaine, la force des liens invisibles, et l’inévitable confrontation à l’absence et au vide. Ce roman vibrant, signé Rónán Hession, invite à réinventer sa place, à résister à l’absurde, à s’attacher à ce qui, parfois, nous échappe.
00:00:00Désolée, mon conseil est un peu auxilé, donc je m'excuse d'avance,
00:00:05mais c'est pour moi un grand plaisir de vous présenter Roland Heschen,
00:00:09romancier et musicien irandais né à Dublin,
00:00:13dont les livres sont devenus l'objet d'un véritable culte littéraire,
00:00:17non seulement en Iran, mais maintenant, j'en suis sûr, en France aussi.
00:00:21Donc merci d'être venu tous, bonsoir.
00:00:24Son troisième roman, La montagne fantôme, marque son début en France,
00:00:30traduit par Charu, qui nous rejoins ce soir,
00:00:33et publié par Sophie Travelle-Noré chez l'édition Les Grands Vents.
00:00:38Je vous raconte un petit peu sur le roman.
00:00:43Une montagne surgit en bordure d'une petite vie paisible.
00:00:48C'est qu'un paysage ordinaire se trouve bouleversé.
00:00:51La communauté découvre une nouvelle silhouette à l'horizon.
00:00:55Présence mystérieuse et vertigineuse, absence de réponse.
00:00:59Ce qui n'était qu'en a-t-il, c'est-il, c'est-il, c'est-il, c'est-il,
00:01:02Ruth et Ocho, dont l'amour s'étiole,
00:01:05la carte poche fascinée qui traisse les contours de l'impossible,
00:01:09Dominique, dont la solitude vacille face à l'inconnu.
00:01:12Chacun tente de donner sens à cette montagne fantôme,
00:01:15miroir étrange que des proprements, peur et désir.
00:01:18Écrivain nocturne, il consacre le temps entre 22h et minuit après le coucher de ses enfants.
00:01:26Leonard and Hungry Paul, son premier roman, s'est sélectionné pour One Dolphin, One Book, en 2021,
00:01:32en honneur apte pour un écrivain né à l'hôpital Beaumont, dans la zone nord-ouest du centre de la ville de Dublin,
00:01:38ce qui lui rend une espèce de voisin en décalage de Stephen Daly,
00:01:42dont les randonnées urbaines autour de Mudd Island, Five Lamps et East Wall
00:01:47marquent le texte du portrait de l'acte de Young Man.
00:01:51L'enfance de Hessian s'est passée dans une flânerie pareille autour toute la ville de Dublin.
00:01:57Mais à la différence du grand maître moderniste,
00:02:00l'homme est resté là où il est né,
00:02:02et occupe une poste importante dans le service civil du gouvernement national.
00:02:06Donc, la fabrique sociale du pays, la fabrique marginative de ses livres,
00:02:12se tissent donc l'une sur l'autre.
00:02:15Leonard and Hungry Paul, le livre que Roland nous a expliqué,
00:02:19que j'ai écrit sur la table de ma cuisine,
00:02:21était publié par Blumus en 2019,
00:02:24et se situe dans le même milieu social où il est grandi.
00:02:28Son premier roman en anglais,
00:02:30il apparaît très en français avec l'édition des Canvents en 2027,
00:02:35suivi par Praninka, son deuxième roman en anglais, en 2020,
00:02:39et été traduit par Chauroux.
00:02:43Il ne reste pas beaucoup de parcs.
00:02:46Ce que j'adore chez Ronan,
00:02:50c'est la pureté et la clarté,
00:02:52non seulement de sa pensée,
00:02:53sinon de sa langage littéraire.
00:02:57Beckett nous a commenté qu'il est plus facile d'écrire son style en français qu'en anglais,
00:03:01mais Ronan, il s'est libéré de ses exigences formelles et statistiques du roman en anglais,
00:03:06sans franchir les frontières de son langage maternel.
00:03:10Ronan a commenté, à son tour,
00:03:12qu'il a échappé à ces mêmes exigences littéraires si contraignantes
00:03:16en lisant les grands romanciers de Chine,
00:03:18de Japon, de Croécie, d'Égypte et du Soudan.
00:03:22Tout en traduction.
00:03:23Doté d'un caractère généreux,
00:03:27Ronan m'a aidé, par exemple, par courriel,
00:03:29à comprendre un peu sur le roman jeu
00:03:31sorti de la tradition japonaise pendant le 19e siècle.
00:03:35Donc, je suis témoin de la valeur qu'il attribue
00:03:37au voyage littéraire pris par lui au fil des années,
00:03:41jusqu'au point de nous avoir commenté il y a quelques jours
00:03:43que l'honneur le plus important lui a rendu,
00:03:46c'est se traduire aux autres langages.
00:03:49Ses livres ont voyagé, plus que lui, je pense,
00:03:51à son tour, ils sont nommés pour une dizaine
00:03:54de prix littéraires anglophones et internationaux
00:03:57et ils sont traduits en dix langues
00:03:59et diffusés chez le BBC.
00:04:01Dans une adaptation de l'année dernière,
00:04:04vous sortent Jamie Lee O'Donnell et Alex Lothier
00:04:06et narré par une certaine Judy Roberts.
00:04:10Après une quarantaine de minutes d'entretien en anglais
00:04:13et français, plus franglais que français,
00:04:18nous vous invitons à contribuer vos questions,
00:04:20vos observations sur l'œuvre de Ronan,
00:04:24sur le travail de Charles comme traducteur
00:04:25et quoi que thème qui vous surgit pendant la discussion.
00:04:31Donc, ce soir, nous nous fêtons l'arrivée
00:04:33d'une importante voix irlandaise en français.
00:04:37Je profite de l'occasion de remercier l'équipe des pages,
00:04:40les vrais iconiques et historiques du carrié latin,
00:04:43pour nous avoir accueillis.
00:04:44Bonjour, bonsoir.
00:04:48Damn it, j'ai l'air de la première fois wrong.
00:04:50Beautiful.
00:04:50Il est un peu mieux que moi.
00:04:51Il est un peu mieux que moi.
00:04:53Vous n'êtes pas un peu de lire un peu de Ghost Mountain?
00:04:55J'ai l'air de la première fois.
00:04:56J'ai l'air de la première fois.
00:04:58And good evening, everybody.
00:04:59And apologies that I'm speaking to you in English
00:05:02and with the microphone off.
00:05:04I did that.
00:05:06This button is French and that button's English.
00:05:11So I'll just read the first page in English
00:05:14and then Charles, I think, is going to read in French.
00:05:16So hopefully everyone can understand.
00:05:19And I think one thing maybe when I'm reading
00:05:22is just trying to convey to you
00:05:24the sort of rhythm of the book, you know.
00:05:27Sometimes I read and people say,
00:05:28oh, I read it faster.
00:05:31No, no.
00:05:32So the first chapter is called Ghost Mountain.
00:05:36It was, in the ordinary sense of the word, a mountain.
00:05:42Emerging from the surrounding, unfamous landscape,
00:05:45it was higher than all around it,
00:05:48though not very high.
00:05:50Limpet-shaped, its crest was bare and rounded,
00:05:53like a knee.
00:05:54It faced in all directions without preference,
00:05:58as mountains do.
00:05:59It obstructed both light and wind,
00:06:03but so too did it bring out their personalities.
00:06:07Light, accommodating and peaceful,
00:06:10addressed the mountain with shade and contrast,
00:06:13whereas wind, which is never the same twice,
00:06:17often became exercised by it.
00:06:19From one aspect, there appeared to be two hollows,
00:06:24sitting like sunken sockets about halfway up its slope.
00:06:28A third hollow lay between but below the first two,
00:06:32creating what looked like a haunted expression,
00:06:35though the mountain did not, strictly speaking,
00:06:37ever express itself.
00:06:39When the time came to give it a name,
00:06:42it would be called Ghost Mountain,
00:06:44because of those hollows.
00:06:47To say that the mountain was this or that,
00:06:50to ascribe it physical or metaphysical characteristics,
00:06:54to describe it in a way that separated it
00:06:58from everything that was not it,
00:07:00these are all habits of the human mind.
00:07:04And so, it could justifiably be said
00:07:07that all and any such remarks
00:07:09described the describer more than Ghost Mountain.
00:07:14Ghost Mountain had no mind.
00:07:16It did not describe itself.
00:07:18It had no self or self-view.
00:07:22Ghost Mountain was Ghost Mountain.
00:07:24All we know is that it appeared yesterday.
00:07:27Thank you.
00:07:30La Montagne Fantôme
00:07:35C'était, dans le sens le plus ordinaire du mot,
00:07:40une montagne.
00:07:42Emergent du paysage alentour,
00:07:44qui était tout à fait quelconque,
00:07:46elle s'élevait plus haut que le reste,
00:07:49tout en n'étant pas très grande.
00:07:52Sa forme était celle d'une pâtelle.
00:07:54Son sommet était nu et rond,
00:07:57comme un genou.
00:07:58Elle faisait face à toutes les directions
00:08:00sans préférence,
00:08:02comme le font les montagnes.
00:08:05Elle entravait et le vent et la lumière.
00:08:08Mais ce faisant,
00:08:10elle révélait aussi leur personnalité.
00:08:13La lumière, conciliante et paisible,
00:08:16s'adressait à la montagne
00:08:17avec ombre et contraste,
00:08:20tandis que le vent,
00:08:21qui n'est jamais deux fois le même,
00:08:23se trouvait souvent renforcé par elle.
00:08:25Sous un certain angle,
00:08:28apparaissaient deux creux,
00:08:29posés comme des orbites,
00:08:31enfoncés à mi-pente environ.
00:08:34Un troisième creux
00:08:35se trouvait entre les deux premiers,
00:08:38mais plus bas,
00:08:40lui conférant ce qui ressemblait
00:08:41à une allure hantée,
00:08:43même si la montagne,
00:08:45à proprement parler,
00:08:47ne s'exprimait jamais.
00:08:48Quand viendrait le moment
00:08:51de lui donner un nom,
00:08:53on l'appellerait
00:08:53la montagne fantôme
00:08:54à cause de ses creux.
00:08:57Dire que la montagne
00:08:59était ceci ou cela,
00:09:01lui attribuer
00:09:02des caractéristiques physiques
00:09:04ou métaphysiques,
00:09:06la décrire
00:09:06de manière à la distinguer
00:09:08de tout ce qu'elle n'était pas.
00:09:11C'était là des habitudes
00:09:12de l'esprit humain,
00:09:13et l'on pouvait donc,
00:09:15à juste titre,
00:09:17affirmer que de telles remarques
00:09:18en disaient plus
00:09:19sur celui qui la décrivait
00:09:20que sur la montagne fantôme.
00:09:23La montagne fantôme
00:09:25n'avait pas d'esprit.
00:09:27Elle ne se décrivait pas.
00:09:30Elle n'avait ni soi,
00:09:31ni image de soi.
00:09:34La montagne fantôme
00:09:35était la montagne fantôme.
00:09:38La seule chose qu'on savait,
00:09:40c'était qu'elle était apparue hier.
00:09:43Sous-titrage Société Radio-Canada
00:09:45C'était très bien.
00:09:48C'était un très bon
00:09:49Ronan impression.
00:09:51Thank you very much.
00:09:57C'était très bien.
00:09:58C'était très bien.
00:09:58C'était très bien.
00:10:02C'était plus smoother
00:10:03que je pensais.
00:10:06Je vais essayer de faire
00:10:07que ça ne tourne pas
00:10:08un tutoriel
00:10:09parce que je suis obssessed
00:10:12avec ce livre.
00:10:13Et je suis en train de choisir
00:10:15les symboles
00:10:16dans tous les temps.
00:10:18Et je vais avoir
00:10:19une théorie
00:10:20que je ne vais pas
00:10:20expose tout le monde.
00:10:22Mais parce que c'est un livre
00:10:23launch,
00:10:24pas un seminar,
00:10:25nous allons commencer
00:10:25avec une introduction
00:10:27à ce processus.
00:10:28Il y a
00:10:29progressive
00:10:30darkening
00:10:32dans le monde.
00:10:33C'est un livre
00:10:35Oui, je pense que c'est vrai, qu'il y a eu,
00:11:05je pense que c'est vrai, qu'il y a eu,
00:11:35qu'il y a eu,
00:12:05je lui ai demandé si la séparation progressive entre les préoccupations esthétiques et locales de son travail,
00:12:24et commençons avec l'Enhangry Pole, où on est vraiment, à Dublin,
00:12:30jusqu'à Palenque, où on est dans une grande ville qui n'a pas de nom,
00:12:36jusqu'à Ghost Mountain, où la Montagne Fantôme,
00:12:39où nous sommes encore séparés de la location en soi,
00:12:45donc un phénomène géographique prend l'endroit de l'endroit.
00:12:50Je lui ai demandé s'il a attribué ce changement à un processus changé dans son travail,
00:13:01et il m'a commenté qu'au début, il cherchait plus d'espoir dans les endroits d'espoir,
00:13:10et il cherchait après des espoirs qui sont plus difficiles à rencontrer dans les vies des personnages.
00:13:17Est-ce que vous avez dit ?
00:13:19Oui, donc, le basic idea est que,
00:13:23à me, et je pense,
00:13:26dans mon expérience en vie,
00:13:28c'est que je n'ai pas vraiment besoin d'espoir dans les gens qui disent que tout va être OK.
00:13:36Vous savez, vous êtes à un point où vous savez,
00:13:39«well, ce sont des choses qui ne vont pas être OK.
00:13:42Comment on peut-être les choses et comment on peut-être les choses ? »
00:13:46Et je suppose que je suis following cette question,
00:13:49Et, you know,
00:13:52cleaning up some of the dirtiness of life
00:13:55involves having to deal with more difficult questions.
00:14:02And I think,
00:14:03but there is an ultimate purpose behind it,
00:14:06which I think is not a despairing view,
00:14:09but it's trying to look at life
00:14:11as something that exists in the world
00:14:15outside of Tim's life,
00:14:18prolon's life, charles of life.
00:14:19Donc, il a extendé la considération en disant
00:14:24que, par exemple, la nature ne meurt jamais.
00:14:27Les personnes meurent, tout passe, tout meurt.
00:14:30Mais la nature jamais.
00:14:31Et il a dit après, dans ce développement-là,
00:14:34tout va pas bien se passer.
00:14:41Ce que Ronan essayait de dire,
00:14:47c'est que souvent, on cherche à se rassurer en se disant
00:14:50« tout va bien se passer ».
00:14:51Et en fait, on sait d'avance que parfois,
00:14:54tout va pas bien se passer.
00:14:56Et comment on va gérer cette difficulté-là ?
00:15:01Et je pense vraiment, on touche là au cœur
00:15:05de ce qu'est la montagne de son taux.
00:15:07Parce que tout va pas bien se passer.
00:15:09Everything is not going to be okay.
00:15:11Mais quand même, il a dit que ce n'est pas
00:15:13une perspective désespérante.
00:15:18Comment on vit avec ça ?
00:15:20Comment on vit avec l'idée que tout va pas bien se passer.
00:15:22Ce n'est pas une perspective individuelle.
00:15:27Ce n'est pas une perspective universelle.
00:15:28Une perspective universelle.
00:15:29Oui.
00:15:30Now, when you talk about this neutrality,
00:15:34that brings me to your style, I think.
00:15:37And there's several moments,
00:15:38and I might ask you to read another bit,
00:15:40not just to fill time,
00:15:41but because it's an important moment where
00:15:44there's two characters who try consciously
00:15:47to think with their metaphors.
00:15:48How does that relate to them trying to...
00:15:53Do you feel then that they're closer
00:15:55to what the world wants them to be like?
00:15:58Or have they just accidentally found a way
00:16:00to deal with the real?
00:16:02Well, I think this is the landowner and his father.
00:16:08Yeah.
00:16:08Yeah.
00:16:09And Ursula too, I think.
00:16:10And Ursula, yeah.
00:16:11So really, if we take Ursula,
00:16:15and Ursula is a painter.
00:16:16To use a French expression,
00:16:19she's an artiste monquet.
00:16:20So in other words, an unfulfilled artist.
00:16:25And one of the problems,
00:16:27when I was trying to find a cover for the book,
00:16:30okay, and this is the same cover
00:16:31in the French edition,
00:16:34is when you look at a painting of a mountain,
00:16:39it's almost always symbolic.
00:16:41You know?
00:16:44So it's hard to find a painting of a mountain
00:16:46that's not in some way trying to say something
00:16:49about timelessness,
00:16:51about size,
00:16:53about permanence, absence.
00:16:56And what I loved about that painting
00:16:58was it spoke to that point in the novel,
00:17:01was that it's very hard
00:17:03to see something like a mountain
00:17:04and not project onto it.
00:17:08And what that's talking about in the book
00:17:11is that in life,
00:17:13what I think we all do,
00:17:16and why not?
00:17:17It's my book,
00:17:17why don't I speak for us all?
00:17:21Is that we don't fully understand ourselves,
00:17:24so we project something into the world
00:17:28and say,
00:17:30is that right?
00:17:32Is that what I am?
00:17:33And the world doesn't validate that.
00:17:37And we're left in this
00:17:38unfinished state.
00:17:41So when I'm talking about metaphors
00:17:44and projection in the book,
00:17:46it's trying to look at
00:17:47how people carry that incomplete
00:17:50side to their character.
00:17:51and what people usually do
00:17:55is they either
00:17:57shut things out
00:17:59until they can figure out the answer
00:18:01or they fill it with something.
00:18:04And that's what,
00:18:04and people's behaviour in the book
00:18:06is usually in one of those two camps.
00:18:10Just to get a follow-up in,
00:18:13or do you want to...
00:18:15Do you feel that people
00:18:17who profit least
00:18:19by the presence of ghost marriage
00:18:21are the ones
00:18:22who try to do something with it?
00:18:25Yeah, so there are
00:18:27certain people in the book
00:18:28who make something of the mountain.
00:18:31You know,
00:18:31they try to turn it
00:18:32into a spiritual object
00:18:33or even to
00:18:35capitalise on it.
00:18:37One character,
00:18:38the clerk of maps,
00:18:40tries to make a career out of it.
00:18:43And one thing about ghost mountain
00:18:44is it doesn't participate.
00:18:46It doesn't participate
00:18:47in the metaphors,
00:18:48it doesn't participate
00:18:49in the sort of,
00:18:51in the early stages of the book,
00:18:53the sort of circus
00:18:54that starts up around it.
00:18:57And that, I think,
00:18:59is, you know,
00:19:01ghost mountain itself
00:19:02refuses participation
00:19:02and it also,
00:19:05as I said in my previous answer,
00:19:07it refuses its role
00:19:08as a metaphor in the book.
00:19:10Ghost mountain is ghost mountain.
00:19:11And it's actually very hard.
00:19:13You need to repeat that
00:19:14almost a thousand times
00:19:16before it starts making sense.
00:19:18It's not the words ghost mountain.
00:19:19It's not the image of ghost mountain.
00:19:21It's not your idea of ghost mountain.
00:19:22Ghost mountain is,
00:19:24as Beckett once said,
00:19:25the thing itself.
00:19:26It is the thing itself.
00:19:28I couldn't possibly do justice
00:19:30but it's not the same thing.
00:19:31But...
00:19:31Maybe you want to translate?
00:19:34Maybe you could.
00:19:36You should have told me before.
00:19:40I'll try to resume
00:19:41a little bit
00:19:41what Ronan has said
00:19:42for those who don't speak English.
00:19:45I don't know if it's
00:19:46going to hope
00:19:46that everyone speaks English
00:19:47so that everyone understands
00:19:48that no one speaks English.
00:19:49So that everyone
00:19:49doesn't realize
00:19:50that I haven't heard
00:19:51everything.
00:19:51It's a book
00:19:52about the importance
00:19:56of the metaphors
00:19:57and the way
00:19:58in which the characters
00:19:59in the movie
00:20:01and the characters
00:20:02in the book
00:20:02serve as metaphors
00:20:05to try to understand
00:20:06what they are,
00:20:07to projeter
00:20:08the metaphors
00:20:09around them
00:20:09and to try to have
00:20:11a response
00:20:11and to ask
00:20:12if it's really
00:20:13that I am.
00:20:14I'm identifying
00:20:15to tell or tell
00:20:17form,
00:20:19to tell or tell
00:20:19the way
00:20:20to see things.
00:20:21You'll see
00:20:22in the book
00:20:22there are
00:20:22really
00:20:23metaphors
00:20:23very
00:20:25very
00:20:25very
00:20:26very
00:20:26that touch
00:20:26at the childhood
00:20:28to the poesie
00:20:29and it's the way
00:20:29in which the characters
00:20:30they try to see
00:20:32and well
00:20:33often
00:20:33what they would
00:20:35be renvoyed
00:20:35it's not
00:20:36the words
00:20:38of Ronan
00:20:39it's not
00:20:39valid
00:20:40by that
00:20:40and we
00:20:40get
00:20:41with
00:20:41the incomprehension
00:20:42of who we are
00:20:43so that
00:20:45it's
00:20:45obviously
00:20:46a novel
00:20:46on the
00:20:47existence
00:20:48and
00:20:49the
00:20:50mountain
00:20:51fantômes
00:20:51which is
00:20:51central
00:20:52in the
00:20:53novel
00:20:53se
00:20:54refuse
00:20:54to
00:20:54to
00:20:55use
00:20:56to
00:20:57use
00:20:57to
00:20:57metaphor
00:20:57to
00:20:58look
00:20:58and
00:20:58symbol
00:20:59and it was
00:21:00important
00:21:01for Ronan
00:21:02to use
00:21:03the mountain
00:21:03to
00:21:03the
00:21:03to
00:21:04the
00:21:04middle
00:21:04it's
00:21:04like
00:21:05the
00:21:05story
00:21:05begins
00:21:05the
00:21:06mountain
00:21:06it's
00:21:06what do you
00:21:07do with this
00:21:08mountain
00:21:08to
00:21:08people
00:21:09try
00:21:09to
00:21:10do
00:21:11to
00:21:11do
00:21:11to
00:21:12do
00:21:12to
00:21:13do
00:21:13to
00:21:14do
00:21:14to
00:21:14do
00:21:15to
00:21:15do
00:21:16to
00:21:17do
00:21:17autre chose, et chacun essaye d'y voir,
00:21:19parce qu'il a envie d'y voir, en fait, chacun essaye
00:21:21de projeter soi-même sur cette montagne,
00:21:23en fait, ça ne sert à rien, parce que la montagne,
00:21:25c'est la montagne, et c'est tout ce qu'il y a
00:21:27à dire. Peut-être que
00:21:29Roman est un petit peu extrême dans sa
00:21:31manière de terminer le propos, en disant
00:21:33répétons mille fois que la montagne
00:21:35fantôme n'est que la montagne fantôme,
00:21:37et rien d'autre, et
00:21:39au bout d'un moment, on commence à comprendre, les mots se
00:21:41vivent de toutes les images
00:21:43qu'on projette dessus, et ils ne deviennent plus
00:21:45que nous, la montagne est là,
00:21:47et peut-être que cet exercice,
00:21:49il faut le faire avec la montagne
00:21:50fantôme pour survivre, mais avec plein d'autres choses
00:21:53aussi dans nos vies, et d'arrêter
00:21:54de projeter systématiquement
00:21:56les métaphores pour trouver du sens,
00:21:59parfois il n'y a pas d'autre sens qu'il y a
00:22:01une montagne au milieu de nous, mais c'est comme ça.
00:22:04Merci Jacques.
00:22:07C'est beau, c'est beau.
00:22:10Je suppose, ma prochaine question est
00:22:11qui s'envoie la montagne le mieux
00:22:13out of the characters.
00:22:17Well,
00:22:17that is a really good question.
00:22:22I'll try and answer
00:22:23because of the translation
00:22:25complexity,
00:22:27without foreplay, I'll go
00:22:29straight into the answer.
00:22:32I think
00:22:32the person who
00:22:35has the deepest
00:22:37understanding is Ursula.
00:22:39The book begins
00:22:42where Ocho
00:22:45is the main character
00:22:46and Ocho is
00:22:47something of a man-child.
00:22:51Ursula
00:22:52is
00:22:53someone who has
00:22:55from a very young age
00:22:57feels a profound
00:22:58sense of absence
00:22:59in her life.
00:23:00and
00:23:02she is aware
00:23:04that Ghost Mountain
00:23:05is important
00:23:05to that.
00:23:08That it's not
00:23:08the answer.
00:23:10But I think
00:23:11by the time
00:23:11the book
00:23:12finishes,
00:23:14her relationship
00:23:15with Ghost Mountain
00:23:16is
00:23:17only beginning
00:23:19really.
00:23:21You know,
00:23:21she's really
00:23:22understanding
00:23:22that
00:23:23this will be,
00:23:25this is a force
00:23:26in her life.
00:23:26La question
00:23:29qui était posée
00:23:30à Roman,
00:23:30c'était
00:23:30quel est le personnage
00:23:31qui comprend le mieux
00:23:33un montagne fantôme ?
00:23:35Donc c'est le personnage
00:23:35d'Ursula
00:23:36qui est une peintre.
00:23:39Ce qui est intéressant,
00:23:39c'est la réponse
00:23:42de Roman
00:23:43fixe sur Ursula
00:23:44qui va peindre
00:23:46pas mal de choses,
00:23:47mais notamment
00:23:48cette montagne.
00:23:50Il y a quelqu'un
00:23:50qui a dit
00:23:51« She's not gonna paint it
00:23:53because she says
00:23:54it's impossible. »
00:23:56I'm not gonna spoil
00:23:56the story.
00:23:57No,
00:23:58I think
00:23:58her problem
00:23:59is that
00:24:01she just can't
00:24:02see it
00:24:02clearly enough.
00:24:05She can't,
00:24:05in the same way
00:24:06that so many people
00:24:07who paint mountains
00:24:08don't get it right
00:24:10because they're
00:24:10painting the shape
00:24:11of the mountain,
00:24:12the colour
00:24:12of the mountain,
00:24:14but they're projecting
00:24:15something onto it.
00:24:17She has to
00:24:17unlearn that
00:24:19so she can see
00:24:22but it's not clear.
00:24:23dans la suite
00:24:25de sa réponse
00:24:26précédente,
00:24:26il faut arriver
00:24:27et c'est ce que Ursula
00:24:28essaie de faire
00:24:28en vain,
00:24:30de se débarrasser
00:24:31de toutes les visions
00:24:32qu'elle peut avoir
00:24:32et de toutes les images
00:24:33qu'elle peut avoir
00:24:33de cette montagne
00:24:34et de ne peindre
00:24:35que la montagne.
00:24:36Elle le dit elle-même
00:24:36et c'est impossible
00:24:38de ne pas y arriver
00:24:39et pourtant
00:24:39c'est celle
00:24:39qui s'en approche
00:24:40le plus.
00:24:41Le roman
00:24:42qui nous disait Roman
00:24:43commence avec
00:24:43le personnage
00:24:44de Hocho
00:24:45qui est vraiment
00:24:46le mot de Roman
00:24:48c'est un même enfant
00:24:49qui est dans une relation
00:24:51avec sa femme
00:24:52qui lui sert presque
00:24:53de mère,
00:24:55de grande sœur
00:24:55par maman
00:24:56et on a une forme
00:24:58de pitié
00:24:59kind of pity
00:25:02for him
00:25:02et c'est probablement
00:25:05celui qui
00:25:06un de ceux
00:25:07qui ne va rien comprendre
00:25:08à toute cette histoire
00:25:09qui va se heurter
00:25:11à un mur
00:25:13à quoi on peut en parler
00:25:14il essaie de comprendre
00:25:16ce qui se passe
00:25:16avec cette montagne
00:25:18mais il ne comprend rien.
00:25:19Mais
00:25:26ce n'est pas
00:25:30ce n'est pas
00:25:30de rien
00:25:31avec la montagne
00:25:32c'est la seule
00:25:33qui ne veut
00:25:34ne veut
00:25:34profiter
00:25:35ou représenter
00:25:36ou alter
00:25:37ou en quelque sorte
00:25:37Yes, I think what Ursula, Ursula isn't even in the book when the book starts.
00:25:54And she wasn't in my brain when I started the book.
00:26:00But she was, she was, no, is it?
00:26:07That's okay. I wonder, is it feeding off this?
00:26:18Maybe.
00:26:19So, I think what Ursula's journey is really on is that she is to some extent continuing the journey.
00:26:33Her mother Elaine is also an artist.
00:26:35Elaine actually can see much more clearly.
00:26:42But she lacks confidence.
00:26:44And I think she carries too much weight from her life for her artistic vision to break through.
00:26:55So, Ursula has to take up that baton.
00:27:00Ursula is the one, but she's not yet ready.
00:27:02This is sounding very Star Wars and Jedi-like when I sort of thought of it like this.
00:27:07But I suppose the artistic journey is central to this.
00:27:13The miraculous number of things that need to come together for an artist's vision to be realized.
00:27:21Neither of them.
00:27:22Together, they probably have a complete vision.
00:27:26But Ursula is still too artistically immature to see Ghost Mountain properly.
00:27:33And you're right, she doesn't want anything from it.
00:27:35But it comes into her life and she just recognizes it, as art does in our lives.
00:27:42And we continue on the figure of Ursula who doesn't want to attend what that is of the mountain.
00:27:54She's going to try to the lapin.
00:27:55Like we said, she doesn't know what it is.
00:27:57Because she is at the beginning of her journey, of her career as artist.
00:28:01She reprend the figure of Jedi and the savoir.
00:28:05And it's interesting that it's to recover the savoir who is transign by her mother.
00:28:11For the time, the relations between Hélène and Ursula are not...
00:28:15I think there are more in terms of relations with her mother-filles.
00:28:18You will hear it.
00:28:20And there is this...
00:28:23This...
00:28:23This...
00:28:24This...
00:28:24This...
00:28:24This...
00:28:24This...
00:28:24This...
00:28:25This...
00:28:26This...
00:28:27This...
00:28:28This...
00:28:29This...
00:28:30This...
00:28:31This...
00:28:32This...
00:28:33This...
00:28:34This...
00:28:34This...
00:28:35This...
00:28:35This...
00:28:35This...
00:28:35It's also a very funny book and reasonably priced.
00:28:49Just to say...
00:28:50I suppose this brings me slowly but surely to a point about your narrative voice.
00:29:05I think Ursula's attempt to think without metaphor and to live without representation and simply
00:29:14to see to an extent greater than her mother's.
00:29:20It makes it a Bildungsroman without an artwork, which is great.
00:29:23That's the best kind of Bildungsroman.
00:29:24But I suppose is Ursula's head voice and the closest to the voice that I fall in love with in your three books, which is, I think it's among the neatest, smoothest and most finical forms of this George Eliot, Jane Austen, omniscient voice.
00:29:47It's like if you zoomed on the way out, it's like if you zoomed on the way out, it's like if you zoomed Google Earth all the way out, but stayed human somehow.
00:29:53That's what Ronan has been doing for eight, seven years now, I think.
00:29:57Yeah, and he doesn't do this thing that Jane Austen and George Eliot do where they kind of elbow you to say, did you get that?
00:30:06He lets the book just be what it is.
00:30:08Now, letting the book be what it is, does that mean that Ursula is your sort of avatar for that wonderful narrative voice?
00:30:18So, what I've tried to do in this book and what I've sort of learned, so I've used the omniscient third-person narrator in the three books, what I've tried to do is to do something just really direct.
00:30:35Okay.
00:30:36You know?
00:30:37So, you know when a child goes up and says, I don't like you, you smell, right?
00:30:43And both those things might be true, but most people don't say them.
00:30:47And what I'm trying to give a bit more direct, I find that the longer I'm writing books and reading books, I feel I've seen the patterns and I feel they're not reaching the itch anymore.
00:31:07I'm not crying when the old lady dies at the end of movies.
00:31:10I feel there's just a lot of very strong feelings in my own head and in my own life and my heart that I just really did not want to leave unsaid.
00:31:26And I think a lot of that's to do with Thomas Kinsla, who's an Irish poet, often says that he writes in the space between the outer and the inner storm.
00:31:37And I feel that's where Ghost Mountain is.
00:31:40I wish I'd read that before I wrote Ghost Mountain, but it would have really helped me.
00:31:44But I think that's where it is.
00:31:45It's at that half beat before conscious awareness, conscious self-awareness.
00:31:52It's when your instincts haven't yet been pasteurized and socialized and cleaned up by knowing how to behave.
00:32:02And to actually get the characters to act at that point.
00:32:06You should really make longer answers.
00:32:08It's amazing that my books are so short, really, when you think about it.
00:32:15Do you want me to get out of it?
00:32:16No, it's okay, it's okay.
00:32:17I think that Ronan wants to say, in spite of the narration, the narrator omission, the third person in this book and in the others,
00:32:28what he tried to do, in all of a sudden, he's trying to do it as a necessity, because you can't do anything else.
00:32:34Otherwise, he begins to write books, to read books, to read books, to see that it's all the same logic, the same stories that we're talking about.
00:32:43And you need to go to the essence and say things in a way direct, a little bit like an infant, he's trying to give an example of an infant who's going to have an adult and who's going to say,
00:32:50I don't know, I don't know, I don't know, I don't know, I don't know, I don't know, I don't know.
00:32:55And we, on a posé, in tant qu'individus, social, conscientisés, tout un tas de filtres et d'empêchements et de barrières.
00:33:04Et souvent, on écrit des livres pour dire ce qu'on n'arrive pas à dire à l'oral.
00:33:12Et je pense que ça fait partie de ces livres qui permettent de dire des choses directement et d'aller vraiment à l'essentiel.
00:33:19Et en dépit de la simplicité que ça représente, c'est très complexe, justement, d'enlever toutes ces couches-là.
00:33:28Et c'est vraiment ce que Roman a essayé de faire.
00:33:32Parce qu'il n'y a pas d'autres options pour raconter cette histoire.
00:33:38Il y a sans doute plein d'histoires.
00:33:39En tout cas, en traduisant le livre, la difficulté n'était pas du tout sur le niveau de langue qui est très accessible.
00:33:51C'est une langue très simple, mais pas simpliste.
00:33:54Et chaque mot est juste, chaque mot est vraiment précis.
00:33:57Et ça compose une symphonie avec un choix de vocable peut-être limité en apparence, mais en fait qui va à l'essentiel.
00:34:09Et c'est ça la difficulté d'être dans le...
00:34:13Comme on dit, je crois vraiment que c'est compliqué d'écrire simplement.
00:34:17Et je crois que Roman n'y arrive très bien.
00:34:19Merci Charles.
00:34:20Et c'est le truc de l'omniscience, c'est que vous zoomez en sur le schoules des personnages et vous restez.
00:34:31Et vous n'êtes pas juste à apprendre un couple de euphémismes pour le sexual acte.
00:34:37Nous apprenons l'histoire de pourquoi l'euphémisme vient de l'écrire,
00:34:40de comment leur métaphore concretise dans les childhood memories.
00:34:45Vous choisissez très judiciously.
00:34:47Je pense que c'est l'infinite interiorité, comme anybody's est.
00:34:52Ils ne sont pas vraiment des personnages, ils sont des personnages qui sont des personnages qui sont des personnages.
00:34:55Oui.
00:34:55Vous savez ce.
00:34:58Et ce est le plus annoying question dans le monde pour un magiste, mais vous êtes un.
00:35:02Donc, commentez-vous faire ça ?
00:35:03Commentez-vous faire ça ?
00:35:05Oui.
00:35:07Alors, je pense que le basic...
00:35:11Je suis à travailler avec un gars qui était un artist, un painter.
00:35:15Et il...
00:35:17Et il y a qui a indiqué une belle certitude,
00:35:26et il m'a dit qu'il 0,
00:35:29il m'a dit qu'il ait été juste devant le leash.
00:35:30Et je pense que c'est ce que un artistie a fait que un Frozen entour m'よう.
00:35:35I think a lot of what's in a book
00:35:37You can read and say I could have thought of that
00:35:39But it's knowing which ones
00:35:41And I feel
00:35:42Maybe because I'm getting older
00:35:45And they're maybe
00:35:46More impatient
00:35:48But I feel I'm making bolder lines
00:35:51You know
00:35:52Really not
00:35:53Not building up too much
00:35:56Like in Leonard and Hungry Paul there's a lot of this
00:35:58Hi Tim, I'm Ronan
00:36:00Hi Ronan, I'm Tim
00:36:02Hi Cheryl, I'm Ronan
00:36:03There's none of that, it's just straight into it
00:36:05So I think that narrative voice
00:36:08And that sort of
00:36:10The sort of
00:36:12The sort of
00:36:14The clarity of that
00:36:15It's not something that
00:36:18I'm even planning
00:36:20You know I do
00:36:21For Ghost Mountain I wrote it very differently
00:36:24I did
00:36:25What I would call
00:36:27Heron riding
00:36:29Which is basically where you wait
00:36:32You wait
00:36:33You wait
00:36:34You wait
00:36:35You wait
00:36:37You wait
00:36:38You wait
00:36:39You wait
00:36:41You wait
00:36:42You wait
00:36:44You wait
00:36:45And then write really quickly
00:36:46And part of what you're doing
00:36:50Is letting all your fancy ideas about writing
00:36:53Just settle down
00:36:55And then
00:36:56Pop
00:36:58And then
00:36:59Back out again
00:37:01So that's why the sentences are short
00:37:04The chapters are short
00:37:04You literally could spend 20 minutes just sitting there
00:37:07And maybe nothing will come
00:37:08And maybe you do nothing that day
00:37:10But you go
00:37:11Then if something comes
00:37:12Bang
00:37:13And then finish
00:37:14Before
00:37:15You're writing
00:37:17Pretensions
00:37:18You're writing
00:37:18Ideas
00:37:20Start creeping in
00:37:21And saying
00:37:22I know how this works
00:37:23So you're keeping it really raw
00:37:25Ronan a commencé
00:37:31En parlant d'un
00:37:32Bon ami artiste peintre
00:37:33Avec qui il a
00:37:34Travaillé
00:37:35Avec qui il était en contact
00:37:36Et qui a gagné un jour
00:37:38Un concours de peinture
00:37:40Et Ronan lui a demandé
00:37:41Pourquoi tu penses que tu as gagné
00:37:44Ce concours de peinture
00:37:45Et l'artiste lui a répondu
00:37:47Je crois que j'ai mis des lignes
00:37:49Au bon endroit
00:37:49Et Ronan utilise cette expression
00:37:55Pour expliquer que dans son roman
00:37:56Et là encore une fois
00:37:58Je crois vraiment que ce qu'il essaie de nous dire
00:38:01C'est que c'est pas un choix
00:38:01C'est que c'est une nécessité qui s'impose à lui
00:38:04Avec les années
00:38:04Avec l'expérience
00:38:05En tant que de vie
00:38:07Mais aussi d'écriture
00:38:08D'aller à l'essentiel
00:38:10D'être plus courageux
00:38:12D'être plus audacieux
00:38:13D'être plus direct
00:38:14Et d'enlever toutes les souritures
00:38:17De se débarrasser aussi
00:38:18Ce que Ronan nous invite à faire
00:38:20A se débarrasser
00:38:22De toute forme de prétention
00:38:23De toute représentation de soi-même
00:38:25En tant qu'écrivain
00:38:26Et je suis sûr que
00:38:28Je le sais
00:38:29Puisque je reconnais plein de visages
00:38:30Et dans la salle
00:38:31Il y a plein de gens qui écrivent
00:38:32Et qui sont étanisés
00:38:34À l'idée de se dire
00:38:34Mais est-ce que j'ai le droit d'écrire
00:38:36Qu'est-ce que j'écris
00:38:37Est-ce que c'est bien ce que j'écris
00:38:38Et si j'écris ça
00:38:39Et l'invitation que Ronan nous propose
00:38:44C'est de dire
00:38:45Ne nous précipitons pas sur la feuille
00:38:47Calmez-nous
00:38:48Attendons
00:38:49Je ne vais pas vous refaire
00:38:51J'attends
00:38:51J'attends
00:38:52J'attends
00:38:53Mais vous avez l'idée
00:38:55Et c'est vrai qu'il faut accepter
00:38:57Dans ce cas-là
00:38:58Qu'il y ait des sessions d'écriture
00:39:00Ou des journées
00:39:01Où il n'y a rien qui sort
00:39:02Mais en fait
00:39:03Tout est en train de retomber
00:39:04Et quand ça va sortir
00:39:06D'un coup
00:39:07Ça va sortir
00:39:08Et ça va être essentiel
00:39:09Efficace
00:39:10Ça va être là
00:39:10Et il n'y aura rien à retirer
00:39:12Et il faut accepter
00:39:13De se laisser d'un coup
00:39:15Apprendre et emporter
00:39:16Mais pour ça
00:39:17Alors c'est très paradoxal
00:39:19Il nous dit qu'il y a un patient
00:39:32Qui veut aller à l'essentiel
00:39:33Mais en fait
00:39:34La méthode qu'il nous livre
00:39:36C'est de nous dire
00:39:37Attendons
00:39:38Attendons
00:39:38Soyons le plus patients possible
00:39:40Pour que ça déborde
00:39:41Et que ce soit là
00:39:41Et là on n'aura pas de problème
00:39:44De page blanche
00:39:45De qu'est-ce que je dois écrire
00:39:46De est-ce que c'est bien
00:39:47Ce que j'écris
00:39:47D'un coup ça sort
00:39:48Et on écrit
00:39:49Et c'est là
00:39:49Et c'est comme ça
00:39:50Et parce qu'on a eu
00:39:51Le courage
00:39:52L'audace
00:39:53D'attendre
00:39:54Et de ne pas se précipiter
00:39:55Et de ne pas se dire
00:39:56Il faut que j'écrive
00:39:57Parce que j'ai dit que j'écris
00:39:57You know what I'm going to
00:40:04Ask you about next
00:40:05Which is
00:40:05Heron writing
00:40:06No
00:40:07It's the egolessness
00:40:11Of your production
00:40:12Like
00:40:13The way your artist friend
00:40:14Talks about the line
00:40:15I just had to put it
00:40:16In the right place
00:40:16He got out of his own way
00:40:17To do it
00:40:18I guess
00:40:19Some of this
00:40:20I have a silly theory
00:40:22That I'm going to
00:40:23Inflict on everybody
00:40:24Which is
00:40:25Is ghost mountain
00:40:26Cold mountain
00:40:27In what way?
00:40:35It's unincorporable, I guess.
00:40:38Yeah, I would say it has that in common with the Buddhist perspective of clarity, you know.
00:40:51But it applies actually in other art forms, you know.
00:40:55So, for example, if you listen to a piece of instrumental music, you understand it.
00:41:04It's very hard actually to put words on it.
00:41:08Your brain, your emotions understand it.
00:41:14You wouldn't say that particular note means this emotion, that means that.
00:41:18You understand it.
00:41:19So your brain has this huge capacity and when you're writing books, you can overlook that by just focusing on a small part of your brain that deals with the words department.
00:41:35And the words department is just a small department in a much bigger office block.
00:41:39And I think other artists have better access to that if they're not in word-based forms.
00:41:48So conceptual, visual artists, musicians.
00:41:52And they're very comfortable talking about how inspiration works and art works.
00:41:57writers, for all their comfort with words, often struggle with that, I think.
00:42:03They put too much weight on the words and the concepts and they forget about that sort of raw electricity, which is the kind of point of the whole thing in the first place.
00:42:12Next time, I'm going to need to read the question and the answers before.
00:42:20On est parti sur l'essence de la nature de Bouddha et la nature de toutes choses, donc on va essayer d'être comme le plus accessible possible.
00:42:29C'est une question sur l'art en général et sur l'écriture en particulier.
00:42:36Comment est-ce qu'on capte juste la chose telle qu'elle est, la musique telle qu'on l'entend, le son telle qu'on entend, l'image telle qu'on la voit.
00:42:44Et ce que Ronan nous disait juste à la fin, c'est que c'est probablement plus difficile pour les écrivains que pour les autres artistes d'accéder à cette vérité-là,
00:42:54de toucher à la chose pure, parce qu'on s'encombre de tout un tas de mots, de phrases.
00:43:02Ce que Ronan nous disait avant, c'était qu'il fallait se débarrasser de toutes ces surritures.
00:43:08Elle est essentielle et c'est un vrai paradoxe parce que l'écriture, on a à sa disposition tout un tas de mots, de phrases, de l'exemple, de tout prendre et de tout mettre ensemble.
00:43:20Mais pourtant, il faut s'abstenir de le faire et agir avec parcimonie.
00:43:26Le mot est déjà presque en trop pour dire la chose.
00:43:31Et c'est vrai qu'un trait de peinture ou une note de musique, on ressent plus.
00:43:35Ronan parlait de l'électricité pure, brute, juste la forme qui est là.
00:43:42Et évidemment, si on veut commencer à voir les choses ainsi, il faut faire une retraite de quelques années pour commencer à voir la nature même des choses
00:43:52et de se dire que ça, ce n'est pas ton livre, ce n'est pas mon livre, ce n'est même pas un livre, c'est juste cet objet qui est là, qui est devant nous.
00:44:00Et c'est très compliqué de faire ça de manière générale dans la vie et en particulier dans l'art et dans l'écriture.
00:44:06Mais c'est ce que Ronan inspire à faire et il fait de mieux en mieux.
00:44:11Ça peut être intéressant de savoir la différence, la différence entre un musicien et un écrivain,
00:44:20entre son travail de musicien et son travail de écrivain.
00:44:23Oui, et juste à ajouter, un des raisons pourquoi mes questions et mes answers sont long et aussi interesting
00:44:30est parce que je n'ai pas pensé de ces answers avant.
00:44:36Je n'ai toujours essayé, quand je parle de mon travail, à faire le même que je fais mon travail.
00:44:43Donc je suis pensé de ce que je fais maintenant.
00:44:45Ce n'est pas ce que je n'ai pas pensé, ce n'est pas ce que je n'ai pas pensé.
00:44:50Non, je n'ai pas pensé.
00:44:51Oui, je sais, mais ce que je veux dire, c'est que je pense que c'est plus ouvert de faire ça.
00:44:59Juste de penser à ça et dire ce que je pense vraiment, c'est la façon dont je l'ai pensé.
00:45:05Donc je sais que c'est plus difficile pour mes deux amis ici, mais j'espère que c'est worth it.
00:45:12Ce que Ronald nous dit, c'est qu'il tient en fait à nous offrir sa vision et les réponses à ses questions de manière...
00:45:20Ce n'est même pas improvisé, c'est de réfléchir en même temps.
00:45:24C'est une sorte de réflexion à voix haute, de co-construire sa pensée et de ne pas arriver avec des idées toutes faites.
00:45:30Ça correspond à ce qu'il dit juste avant sur l'écriture et de se débarrasser, de « il faut que ce soit comme ci, comme ça, et parler de ci, et parler de ça »
00:45:38et de prendre la chose comme elle vient, il vient réfléchir et visurer les...
00:45:41Et finalement, de faire ses réponses un petit peu, comment il écrit, comment il compose, d'ailleurs, comme ça vient.
00:45:48Et c'est cette réponse, il ajoute que c'est en fait des réponses tout à fait intéressantes, je suis d'accord avec lui.
00:45:53De toute façon, la spontanéité est toujours préférable aux choses trop organisées qui deviennent ennuyeuses.
00:46:00Donc je pense que nous passons un bon moment ce soir. Merci Ronald.
00:46:04Merci Ronald. En fait, j'ai plus tes questions maintenant.
00:46:08Mais quand même, je vais vous libérer.
00:46:12Peut-être que vous avez des questions.
00:46:13Oui, oui, exactement, en invitant à vous à nous poser des questions que vous allez surgir pendant la discussion.
00:46:25Et sinon, je vais justement, d'ailleurs, à Ronan, aller un petit peu plus du livre.
00:46:31Quand je l'écoute à vous, je me suis demandé, avez-vous pratiqué une sorte de méditation ou quelque chose comme ça ?
00:46:37Parce que vous soundez très full de cette sorte.
00:46:41Vous avez dit bullshit, là.
00:46:47Oui, je suis toujours très careful.
00:46:52Parce que j'ai vu des artistes qui disent que méditation peut être un peu de créativité.
00:46:59Et le important thing about meditation et créativité est de faire pour ne raison.
00:47:07Donc, vous Philippines.
00:47:14洋 Jésus- estable urgent...
00:47:16Pas du libre pour un actus pour un moment.
00:47:17Il faut être quiete pour un moment.
00:47:19Et le part de vous qui fait politique pour des sorins pour un которое de sesiatres,
00:47:25de prendre une chance.
00:47:27so they have that in common
00:47:28but I have seen
00:47:30writers and other artists like David Lynch
00:47:33used to use transcendental meditation
00:47:35use meditation
00:47:37to open a door into their
00:47:39work
00:47:40so I avoid that
00:47:43the other thing
00:47:46is about meditation
00:47:47I'll be honest with you
00:47:49a lot of people who teach meditation are not really
00:47:51experienced
00:47:52and I have had
00:47:55I've had some very deep experiences of meditation
00:47:57very difficult experiences
00:47:58and I've found a lot of teachers
00:48:01didn't know how to help with that
00:48:03so it's kind of
00:48:06seen as something like yoga
00:48:08that's just relaxing
00:48:09and it can be that
00:48:11but your mind is a very delicate
00:48:13thing
00:48:14so I think
00:48:16I think
00:48:19meditation, I have meditated
00:48:21I stopped a good few years
00:48:24ago for that reason
00:48:25but
00:48:28I think it sits
00:48:31in a
00:48:31in a toolbox
00:48:33along with
00:48:34exercise
00:48:35listening to music
00:48:37getting rest
00:48:39talking to
00:48:41people you like
00:48:42as things
00:48:43that keep a normal
00:48:45mind
00:48:45normal creative
00:48:46healthy mind
00:48:47fresh
00:48:48so I think it can be helpful
00:48:49but
00:48:50I would always say to people
00:48:52if you're going to do it
00:48:53don't do it for your work
00:48:54and
00:48:55if you're doing it
00:48:56don't do it
00:48:57do an experienced teacher
00:48:58I keep forgetting
00:49:06see we have to translate
00:49:07I keep forgetting
00:49:07sorry
00:49:08in spite of the appearance
00:49:13and
00:49:14I think
00:49:14Ronan is almost
00:49:17a little
00:49:17bouddha
00:49:18a man
00:49:18full of
00:49:19sagesse
00:49:20and
00:49:20all
00:49:21traversed
00:49:22by the
00:49:22lumière
00:49:22ronan
00:49:24ronan
00:49:24ronan
00:49:24nous dit
00:49:24que
00:49:25la méditation
00:49:26n'est peut-être
00:49:26pas
00:49:26la solution
00:49:28à tout ça
00:49:28que la méditation
00:49:29peut être
00:49:30décevant
00:49:32même s'il l'a
00:49:32pratiqué
00:49:33et qu'elle
00:49:33a pratiqué
00:49:34des choses
00:49:34il parlait
00:49:34de
00:49:35dans son process
00:49:40créatif
00:49:40ce que ronan
00:49:42nous dit
00:49:42je suis complètement
00:49:43d'accord
00:49:43avec lui
00:49:44on va aussi
00:49:45pratiquer la méditation
00:49:46et pratiquer l'écriture
00:49:47souvent les gens
00:49:49qui ne méditent pas
00:49:51ou qui commencent
00:49:52à aller regarder ça
00:49:53un peu de loin
00:49:55finissent par venir
00:49:56nous voir
00:49:56et dire
00:49:56pourquoi tu médites
00:49:58ça sert à quoi
00:49:59la méditation
00:49:59et c'est vrai
00:50:00que la vraie
00:50:01seule réponse
00:50:01c'est à rien
00:50:02ça sert à rien
00:50:04ensuite
00:50:04on y trouvera
00:50:05ce qu'on y trouve
00:50:06et sans doute
00:50:07que l'écriture
00:50:08c'est un petit peu
00:50:08ça aussi
00:50:09ronan
00:50:09nous agite
00:50:10à laisser
00:50:12au coin du feu
00:50:13l'animal économique
00:50:14et productif
00:50:15qui est en nous
00:50:17ne pas se dire
00:50:17qu'on va écrire
00:50:18pour être publié
00:50:19ne pas se dire
00:50:19qu'on va écrire
00:50:19pour gagner de l'argent
00:50:20ne pas se dire
00:50:21qu'on va écrire
00:50:22pour être reconnu
00:50:23par les autres
00:50:23mais écrire
00:50:24pour écrire
00:50:25parce que
00:50:25c'est juste ça
00:50:27c'est la nécessité
00:50:28c'est le moment
00:50:29exactement
00:50:29je ne crois pas
00:50:31qu'il faut se lancer
00:50:32dans la méditation
00:50:32pour être sage
00:50:33ou pour être heureux
00:50:34il faut méditer
00:50:34parce qu'on a envie
00:50:35de méditer
00:50:36et il se passera
00:50:37ce qui se passera
00:50:37je pense que
00:50:39ronan a fini
00:50:40par écarter
00:50:41la méditation
00:50:42de son équilibre
00:50:44d'être humain
00:50:45et d'artiste
00:50:46c'est bien
00:50:49bien se reposer
00:50:51travailler
00:50:52se faire plaisir
00:50:53on n'a pas trop parlé
00:50:55des relations
00:50:56de sa famille
00:50:57et de ses amis
00:50:57je pense que tout ça
00:50:58aussi rentre
00:50:58dans un équilibre
00:50:59équilibre délicat
00:51:00qu'on essaie tous
00:51:01d'atteindre dans nos vies
00:51:03et je pense que
00:51:04c'est une agitation
00:51:05comme pour l'écriture
00:51:07à la simplicité
00:51:08encore une fois
00:51:11très facile
00:51:12donc on va terminer
00:51:23avec une petite lecture
00:51:25du moment
00:51:25plus méditatif
00:51:26que ronan
00:51:27a pu rencontrer
00:51:29dans son propre livre
00:51:29suivi par
00:51:31la traduction française
00:51:32Donc je vais
00:51:47lire
00:51:52en LS
00:51:53OK
00:51:55WILL I
00:51:59READ A PARGRAPH
00:51:59AND YOU READ A
00:52:00PARAGRAPH
00:52:00AND THAT WAY
00:52:01WE KEEP IT
00:52:02Excellent.
00:52:02In time.
00:52:04So, Ocho et Ruth lay beside each other in bed.
00:52:08She wore loose pyjamas, and he wore boxer shorts and a vest.
00:52:13They had just coupled, or as they often described it, they had had hee-haw.
00:52:19Ocho et Ruth étaient allongés côte à côte dans leur vie.
00:52:24Elles portaient un pyjama ample, et ils portaient un caleçon et un débardeur.
00:52:28Ils venaient de faire l'amour, ou, comme ils écrivaient souvent ainsi, ils avaient fait hee-haw.
00:52:38When Ocho was a young boy, his mother had walked into his room while he was privately discovering himself.
00:52:45She bolted.
00:52:46He was left frozen in the pose she had found him in.
00:52:50It was one of those moments that had a feeling of repercussions about it.
00:52:54For some time, Ocho had been starting his day that way.
00:52:59It was his waking-up routine.
00:53:02He had felt no shame about it, but the incident with his mother stirred in him the understanding
00:53:07that shame was a question of the relationship between Auraqs and other people.
00:53:14He was deeply ashamed over breakfast, and again later, when she emptied the laundry basket in his room.
00:53:20For her part, she feigned an imperturbable normality as a way of conveying to him
00:53:26that as far as she was concerned, nothing had changed.
00:53:31Though she hadn't fully appreciated it herself, she was actually schooling him in the adult concept of denial.
00:53:39This was different to a child's concept of denial, which is about not confessing to an adult.
00:53:45Adult denial was about not confessing to yourself.
00:53:50Un jour, où Ocho était petit garçon, sa mère était entrée dans sa chambre,
00:53:55alors qu'il était en pleine découverte intime de lui-même.
00:53:59Elle avait refermé historique.
00:54:01Il était resté figé dans la position où elle l'avait trouvée.
00:54:05C'était l'un de ces moments qui laissaient présager des répercussions à venir.
00:54:10Depuis quelques temps, Ocho commençait sa journée ainsi.
00:54:14C'était son rituel du matin.
00:54:15Il n'en éprouvait aucune honte, mais cet incident avec sa mère avait éveillé en lui la compréhension que la honte était liée à la relation entre nos actes et le regard des autres.
00:54:28Il avait ressenti une profonde honte au petit-déjeuner, et à nouveau plus tard, lorsqu'elle avait vidé le panier de linge sale de sa chambre.
00:54:35Quant à elle, elle avait faim une normalité imperturbable, comme une manière de lui faire comprendre que, de son point de vue, rien n'avait changé.
00:54:47Même si elle n'en avait pas pleinement conscience, elle était en fait en train de lui enseigner le concept adulte du déni.
00:54:54Celui-ci était différent du concept enfantin du déni, qui consistait à ne pas avouer quelque chose à un adulte.
00:55:03Le déni des adultes consistait à ne pas s'avouer quelque chose à soi-même.
00:55:07Later that evening, his father entered his room and sat on his bed.
00:55:14«Has-tu been sleeping well? » he asked.
00:55:17«Yes, very well, » said Ocho.
00:55:19Ocho was often mystified by his father, who dressed in army fatigues, even though he was not in the military.
00:55:26He worked in road maintenance and often smelled of tar.
00:55:31He operated a stop-go sign at the roadworks.
00:55:33The reason he wore army fatigues, he said, was because they were durable, comfortable clothes,
00:55:39and they were cheap to buy at the army surplus shop.
00:55:43Even when he retired years later, he still wore them.
00:55:47He still smelled of tar.
00:55:50Plus tard ce soir-là, son père était entré dans sa chambre et s'était assis sur son oeuvre.
00:55:56« Tu dormais bien, maman ? » lui avait-il demandé.
00:55:59« Oui, très bien, » avait répondu Ocho.
00:56:01Ocho était souvent intrigué par son père, qui portait des traînés militaires, même s'il n'était pas dans la route.
00:56:10Il travaillait à l'entretien des routes et sentait souvent le goudron.
00:56:14Il manipulait les panneaux de signalisation sur les champs.
00:56:17La raison pour laquelle il portait ses vêtements, disait-il, tenait au fait qu'ils étaient résistants, confortables,
00:56:26et qu'il pouvait les acheter à un bon prix au magasin de surplus militaires.
00:56:32Même lorsqu'il avait pris sa retraite, des années plus tard, il les portait encore.
00:56:38Il sentait encore le goudron.
00:56:40Ocho's father knocked on his bedroom door every evening for a few weeks
00:56:50to ask him if he was sleeping well.
00:56:53Ocho always answered that he was sleeping well,
00:56:56but didn't mention that this was partly because he had started to discover himself at bedtime also.
00:57:02With no progress, his mother came into the room one morning after knocking
00:57:07and said that his father was bringing him out to learn about nature.
00:57:12This, it turned out, meant going to the open farm
00:57:15where Ocho's class went every year for its school tour.
00:57:19Le père d'Ocho avait frappé à la porte de sa chambre pendant plusieurs semaines
00:57:25pour savoir s'il dormait bien.
00:57:28Ocho répondait toujours qu'il dormait bien.
00:57:32Mais il ne mentionnait pas le fait que c'était en partie parce qu'il s'adonnait le soir aussi
00:57:38à la découverte intime de l'humain.
00:57:41Comme la situation ne semblait pas évoluer,
00:57:43sa mère avait débarqué un matin dans sa chambre
00:57:47après avoir frappé à la porte
00:57:49et lui avait dit que son père
00:57:51allait l'emmener dehors
00:57:52afin de lui apprendre des choses sur la nature.
00:57:55Cela signifiait en réalité
00:57:56une visite à la ferme pédagogique
00:57:59où la classe d'Ocho se rendait chaque année
00:58:01en sortie store.
00:58:03At the open farm,
00:58:05his father leaned his elbows on the fence
00:58:07at the donkey sanctuary.
00:58:09He had a philosophical look in his eyes.
00:58:11Donkey milk is much better than cow milk,
00:58:15much higher in goodness and lower in fat.
00:58:18It is the most like human breast milk.
00:58:20He turned to Ocho.
00:58:22Do you know what I mean?
00:58:26Ocho, who didn't know, said yes.
00:58:29They waited there for quite some time.
00:58:32Ocho asked if he could pull some of the long grass
00:58:34outside the enclosure
00:58:35and feed it to the donkeys through the fence,
00:58:38but his father said not yet.
00:58:40In time, one of the stallions
00:58:43mounted one of the jennies
00:58:44and braided in climax.
00:58:47You see, said his father mysteriously,
00:58:50hee-haw.
00:58:52Ocho nodded.
00:58:54Hee-haw.
00:58:56His father said it was okay
00:58:57to feed the long grass to the donkey now.
00:58:59A la ferme pédagogique,
00:59:03son père avait appuyé ses coudes
00:59:05sur la clôture de l'enclos des âmes.
00:59:08Il avait un regard empli de philosophie.
00:59:12Le lait d'anès est bien meilleur que le lait de vache,
00:59:15plus riche en nutriments
00:59:16et plus pauvre en glace.
00:59:18C'est celui qui ressemble plus au lait maternel humain.
00:59:21Il s'était tourné vers Ocho.
00:59:22Tu vois ce qu'il veut dire ?
00:59:25Ocho, qui ne voyait pas du tout,
00:59:26avait répondu
00:59:27« Oui ».
00:59:29Ils avaient attendu là un long moment.
00:59:32Ocho avait demandé
00:59:33s'il pouvait cueillir un peu d'herbe haute
00:59:35située à l'extérieur de l'enclos
00:59:37et la donner aux ânes à travers la clôture.
00:59:40Mais son père avait répondu
00:59:41« Pas encore ».
00:59:43Enfin, un des mâles
00:59:46était arrivé à monter l'une des ânes
00:59:48et lorsqu'était arrivé le moment critique,
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