- il y a 7 semaines
Chères lectrices, chers lecteurs,
Voici la captation de notre soirée du mercredi 7 janvier 2026 en compagnie de l'autrice Noëlle Châtelet autour de son nouvel ouvrage paru aux éditions Robert Laffont, À l'école des filles.
🎙️ Discussion animée par son éditeur M. Thierry Billard.
Vous souhaitant de belles lectures,
L'écume 🌊
-
La Quatrième : Émancipation au féminin, sororité à toute épreuve et amours adolescentes : Noëlle Châtelet raconte ses années de pensionnat dans les années 1950-1960, la résistance à un cadre autoritaire, la découverte du désir et l’ivresse de vivre d’une jeune fille assoiffée de liberté.
« J’ai tout appris de la vie en pension. » Quittant à contrecœurs la campagne qu’elle aimait, la jeune Noëlle vit son arrivée en pension comme un enfermement brutal, loin de sa famille bien-aimée. Contrainte de porter l’uniforme, elle doit se soumettre aux ordres autoritaires de femmes strictes et sans cœur. Là, elle noue des amitiés indestructibles avec quelques pensionnaires, et découvre l’entraide et la résistance face aux injustices, ainsi que la naissance des émois sensuels et les premières expériences d’amours adolescentes. Sans tabou, avec délicatesse, la romancière analyse la candeur puis la maturité de ces âges successifs où elle devient femme. Elle en fera le moteur de ses décisions futures, de tous ses ouvrages littéraires personnels aussi. Ce texte d’apprentissage explore la découverte du désir intime – pour elle, enchanteresse – et la libération fondatrice de l’adolescence. Sans donner de leçons, il fait écho aux idéaux et aux tâtonnements des jeunes générations contemporaines sur l’amour et ses diverses formes, sur l’amitié féminine, et surtout l’invitation à suivre son instinct.
Voici la captation de notre soirée du mercredi 7 janvier 2026 en compagnie de l'autrice Noëlle Châtelet autour de son nouvel ouvrage paru aux éditions Robert Laffont, À l'école des filles.
🎙️ Discussion animée par son éditeur M. Thierry Billard.
Vous souhaitant de belles lectures,
L'écume 🌊
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La Quatrième : Émancipation au féminin, sororité à toute épreuve et amours adolescentes : Noëlle Châtelet raconte ses années de pensionnat dans les années 1950-1960, la résistance à un cadre autoritaire, la découverte du désir et l’ivresse de vivre d’une jeune fille assoiffée de liberté.
« J’ai tout appris de la vie en pension. » Quittant à contrecœurs la campagne qu’elle aimait, la jeune Noëlle vit son arrivée en pension comme un enfermement brutal, loin de sa famille bien-aimée. Contrainte de porter l’uniforme, elle doit se soumettre aux ordres autoritaires de femmes strictes et sans cœur. Là, elle noue des amitiés indestructibles avec quelques pensionnaires, et découvre l’entraide et la résistance face aux injustices, ainsi que la naissance des émois sensuels et les premières expériences d’amours adolescentes. Sans tabou, avec délicatesse, la romancière analyse la candeur puis la maturité de ces âges successifs où elle devient femme. Elle en fera le moteur de ses décisions futures, de tous ses ouvrages littéraires personnels aussi. Ce texte d’apprentissage explore la découverte du désir intime – pour elle, enchanteresse – et la libération fondatrice de l’adolescence. Sans donner de leçons, il fait écho aux idéaux et aux tâtonnements des jeunes générations contemporaines sur l’amour et ses diverses formes, sur l’amitié féminine, et surtout l’invitation à suivre son instinct.
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00:00On est là ?
00:02La vidéo fonctionne ?
00:04Bonsoir à tous, merci d'être venus, d'avoir affronté Paris, d'avoir affronté la neige, d'avoir affronté la circulation,
00:12l'absence de bus pour certains et les risques de chute pour tout le monde.
00:17Mais c'est vrai qu'on ne pouvait pas ne pas être là pour un moment important et pour Noël et pour nous.
00:25Et c'est vraiment une grande fierté, autant qu'un plaisir d'être ici dans une aussi belle librairie pour fêter le lancement d'un nouveau livre de Noël, Noël Châté,
00:36et qui est aussi ton premier ouvrage chez Robert Laffont, et que je me permets, je te l'ai déjà dit une fois, mais on peut te le redire,
00:43tous les personnes de Robert Laffont ici l'inspireront, c'est ta nouvelle famille, c'est ta nouvelle maison d'édition et ta nouvelle famille.
00:50Merci Julien, c'est grâce à toi.
00:53Alors je ne vais pas faire l'ajur de rappeler aux uns et aux autres la carrière de Noël, tes nombreux livres,
01:00mais quand même, je tiens quand même à rappeler que tu as eu de nombreux prix littéraires.
01:03Histoire de bouche a eu le prix Goncourt de la Nouvelle,
01:05La dame en bleu a eu le prix Anna de Noailles de la Calédie française,
01:09La dernière leçon qui est un très grand succès a eu le prix Renaud de l'Élysée 1.
01:13Donc aussi avoir un livre de toiche dans d'autres maisons,
01:16à un moment où on est en plus en phase de remontrer tout le travail littéraire qui existe dans cette maison.
01:23C'est vraiment important pour nous et on tenait justement à faire ce moment avec toi et à ce que tu sois là.
01:30On en est conscient, on est honoré de cette chance parce que ton texte, il n'est pas comme les autres.
01:36Il est dans la lignée de ce que tu as écrit mais tu as toujours eu une identité d'écriture et des récits très particulières,
01:43très personnelles. Le texte, il est fort, il est intense, il est universel et intime en même temps.
01:50Je trouve qu'il dit beaucoup d'une époque, celle que tu vas nous raconter dans quelques instants,
01:53mais aussi par ricochet de la nôtre et des enseignements qu'on peut en tirer.
01:57Je trouve que c'est une ode à la liberté, mais la liberté voulue.
02:03En fait, c'est comme à l'école.
02:05Mais je suis comme à l'école parce que, non, je suis comme je suis,
02:07c'est-à-dire que je ne supporte pas de voir des gens debout s'ils peuvent s'asseoir.
02:10Rassalez-vous, profitez-en.
02:11C'est mon côté empathique, tu avais remarqué.
02:13C'est une ode à la liberté voulue, c'est une ode à l'envol des émotions et des engagements,
02:22aussi bien personnels que littéraires.
02:24Et donc, l'action de ce livre se passe dans un passionnat de jeunes filles.
02:29Tu as dit passionnat.
02:30C'est presque un passionnat, effectivement.
02:32Le lapsus, il est pas mal.
02:34Nous y reviendrons, mon cher Thierry.
02:36D'abord, après, je vais te laisser la parole parce que je sais combien tu aimes ce texte
02:40et combien tu en parles bien.
02:41Mais déjà, comment l'idée est venue et pourquoi maintenant ?
02:45Je voulais d'abord te présenter et te remercier, Thierry, parce que, en tant qu'éditeur,
02:52un grand éditeur, très attentif et exigeant, mais aussi très respectueux,
02:58à la fois de ceux que tu suis et que tu aides à réécrire encore mieux, si je puis dire.
03:06Et je voulais remercier aussi Frédéric Martin, qui est là, le grand patron de Robert Laffont.
03:13Je me sens effectivement, je dois le dire, dans ma maison, c'est le terme.
03:19Et remercier tout particulièrement Julien, le passeur qui vient du Perche,
03:24de Neige du Perche.
03:26Vous les connaissez, les Neige du Perche ?
03:28Oui, elles sont assoncées là-bas.
03:30Alors, pourquoi ce livre maintenant ?
03:34Je suis contente d'avoir écrit ce livre seulement maintenant.
03:40à 80 ans, 80 ans j'avais, quand j'avais fini.
03:45Je pense que si je l'avais écrit plus tôt, et j'y pensais, depuis longtemps,
03:51à l'écrire ce livre, il aurait été très différent,
03:56et il n'aurait pas eu la force qu'il a pour moi aujourd'hui.
04:01Et même, j'ajouterais la révélation qu'il est pour moi.
04:05Ceux qui me connaissent savent un peu que je suis sur le fil rouge
04:11que je tire indéfiniment, que je tirerais jusqu'à ma mort, je crois,
04:16d'une réflexion sur les métamorphoses du corps dans le dialogue avec la psyché.
04:23Et parmi ces moments de métamorphose,
04:26je m'intéresse tout particulièrement aux moments fatidiques de basculement.
04:30Et s'il y a un moment de basculement exemplaire,
04:35c'est bien celui de l'adolescence.
04:37Alors, pourquoi ai-je tant attendue ?
04:41C'est parce que je crois qu'il fallait que je passe par d'autres expériences d'écriture,
04:46d'autres expériences de vie,
04:47pour arriver à celle-ci,
04:50qui me permet de revenir sur mes pas,
04:52et, oh, surprise, cadeau, cadeau extrême,
04:59de me dire, mais c'était là.
05:02Quoi c'était là ?
05:03Ben oui, c'était là que tout a commencé,
05:06de ce que je suis aujourd'hui à 81 ans.
05:10Qu'est-ce qui s'est passé dans ce fonctionnement ?
05:12Vous allez le lire.
05:17Vous allez le lire.
05:18Mais, j'aime bien l'expression à l'école des filles,
05:22qui a été trouvée par,
05:25elle est là en principe, Géraldine,
05:27une grande saxophoniste de jazz,
05:29parce que c'était une école, en effet,
05:36où on m'a, d'une certaine manière, obligée à vivre,
05:44mais ça a formé en moi une autre école bien plus intime
05:48de la compréhension de ce que je devenais en grandissant.
05:54Ça a été une école d'une grande violence.
05:58Imaginez une petite fille de 10 ans, à peine, 9 ans,
06:01choyée par ses parents,
06:05dans un grand centre où mon père s'occupait de délinquants,
06:11caractériels, dans une liberté absolue.
06:14Ma mère l'avait rejoint.
06:15D'ailleurs, mon père,
06:16elle avait abandonné son métier de sage-femme
06:18pour la rejoindre et être l'infirmière de ce centre.
06:22Et là, j'ai eu une sorte d'éducation à la Rousseau,
06:27c'est-à-dire avec des méthodes éducatives
06:31extraordinairement libres pour l'époque
06:33qu'avait mon père,
06:36et un regard sur moi, petite fille,
06:39devenant poussant,
06:41tendre et formidablement intéressée
06:46au sens presque philosophique de ma mère.
06:52Imaginons cette petite fille, d'un seul coup,
06:58ayant vécu dans la nature,
07:00partant des heures entières le soir
07:02pour grimper dans les arbres,
07:05après avoir fait ses devoirs.
07:06Jamais on ne me demandait si j'avais fait mes devoirs.
07:08Ils étaient faits, évidemment.
07:09C'était ça, l'auto-éducation.
07:11Une éducation donc libre, joyeuse,
07:15j'allais dire parfaite,
07:17et transportée d'un coup.
07:20Ce fut un véritable traumatisme
07:23dans une pension des années 55-65,
07:27pension laïque cependant,
07:29extrêmement dure,
07:31où finalement,
07:33qu'est-ce qu'on voulait faire
07:34de ces petites filles ?
07:37On voulait les mettre aux normes.
07:40On voulait les faire grandir,
07:43j'en suis même pas sûre.
07:45Plusieurs fois dans le livre,
07:46je me disais, mais non,
07:48sur l'échelle de l'éducation,
07:49on essaie de me faire trébucher.
07:53Et on m'a fait trébucher.
07:55Et j'ai vécu donc ces 8 ans,
08:00de l'âge de 10 ans à 18 ans,
08:02comme une expérience d'une rudesse incroyable,
08:04mais où j'ai développé des armes
08:10extraordinairement, comment dire, solides,
08:17dont j'ai vu qu'elles étaient encore aujourd'hui
08:19en ma possession.
08:21C'est là que je les ai fignolées, ces armes.
08:25Et dans ces armes pacifiques,
08:28parce que toute violence m'est insupportable,
08:30il y avait la solidarité,
08:34l'amitié, l'empathie,
08:36on en parlait tout à l'heure,
08:38et la force du groupe, du clan,
08:44des amitiés qui se formaient, etc.
08:47Je dis à un moment donné dans le livre,
08:49mais là, j'ai 10 ans à peine,
08:53on était 4 là,
08:55toutes branchées sur la même prise.
08:58Je dis, mais c'est incroyable.
09:02C'est une véritable usine
09:04que notre petit groupe,
09:06on était branchés pour résister.
09:09Résister à la violence de l'éducation de l'époque.
09:12Alors c'était quoi la violence ?
09:13La violence, c'était déjà nous mettre en uniforme.
09:16Et nous mettre en uniforme,
09:17c'était déjà le début de l'uniformisation.
09:20Moi, je le vis comme ça, voilà.
09:22Avec gants blancs, bérets, etc.
09:24Montrer ses gants,
09:26et saluer à chaque montée de quart,
09:32ou de descendre de quart, etc.
09:35C'était obtenir tout
09:38en nous disant que nous étions inférieurs.
09:43que nous ayons payé d'être là.
09:50Et c'est ce qui s'est passé.
09:53C'est ce qui s'est passé pendant des années.
09:55Et je crois que c'est l'amitié qui m'a sauvée, je crois.
10:00Et aussi ce sens de la solidarité que j'ai acquis très tôt,
10:05à douze ans quand même,
10:07inventer les mousquetaires de la justice.
10:11Je voudrais dire que j'étais d'artagnan,
10:12mais je ne devrais pas me vanter.
10:14Ça a été décidé d'une manière absolument
10:16en accord avec tout le monde,
10:20je veux dire démocratique,
10:22avec des pendentifs.
10:23et pour se lever
10:27à chaque fois que c'était nécessaire
10:29et dire, là ça ne va pas.
10:31Vous avez commis envers cette élève
10:33ou cette petite fille
10:35qui est en larmes là au fond de la classe,
10:37une terrible injustice.
10:39Et nous on est là, tous les quatre,
10:41pour la défendre.
10:43Voilà, donc j'ai appris,
10:44j'ai appris à me,
10:46non pas à me rebeller,
10:47mais plus que ça,
10:49j'ai appris les armes
10:51de la résistance.
10:54J'ai appris à te lever.
10:56J'ai appris aussi à me lever.
10:57Et alors,
10:59plus tard,
11:00plus tard,
11:01mais pas tellement plus tard,
11:03à treize ans,
11:05voilà, tu pars.
11:08Que le désir arrive
11:09dans un corps normalement
11:12constitué de jeunes filles.
11:14Et ce désir,
11:17j'ai décidé
11:18de
11:20l'ausculter
11:24comme quelque chose
11:28qui m'arrivait
11:29comme un cadeau
11:31et que je devais garder
11:33pour moi-même,
11:34secret.
11:35Et qui m'a permis
11:37de,
11:38après l'amitié,
11:39de connaître des amours
11:41qui ont été des amours
11:42salvatrices.
11:44Salvatrices, pourquoi ?
11:45Parce que c'est là,
11:46à travers ces amours
11:48que j'ai découvert
11:49là, vraiment,
11:51véritablement,
11:51la liberté
11:52et que les murs
11:53de la prison
11:54dans lesquels
11:54j'étais enfermée
11:55sont tombés
11:56les uns
11:57derrière les autres.
11:59Quand je monte
12:00à treize ans,
12:03l'escalier
12:04qui me conduit
12:05du dortoir
12:07des petites
12:08au dortoir
12:10des grandes
12:10où m'attend
12:12parce que
12:15je l'ai choisi.
12:16Est-ce que j'allais dire ?
12:16C'est des amours roulés ?
12:17Parce que je l'ai choisi.
12:20Une élève
12:21de 19 ans
12:21avec
12:23cette image
12:25que j'emploie
12:26du chamois
12:27parce que
12:29je ressemblais,
12:30paraît-il,
12:31à un chamois.
12:31Je ne sais pas
12:32si c'est encore
12:32le cas aujourd'hui.
12:33Je ne me préviendrai pas déjà.
12:34Avec les oreilles dressées
12:35à l'écoute
12:36de la nature.
12:37Quand ce chamois
12:38monte cet étage-là,
12:41c'est plus qu'un étage.
12:43Je franchis
12:44un moment
12:44de ma vie
12:45qui va
12:47que tu connais ?
12:49Annick ?
12:51Elle connaît.
12:52Très bien.
12:53Un moment
12:54de ma vie
12:55qui va
12:56en réalité
12:58me
12:59rappeler
13:01que je suis
13:02un être
13:02libre
13:03et que je ne suis
13:05pas comme les autres
13:06précisément.
13:07m'ouvrir
13:10les portes
13:10de la normalisation
13:12et de la violence.
13:14Et
13:15ça répond
13:17à la première question
13:18que tu m'as posée.
13:19Pourquoi ce livre-là
13:19maintenant ?
13:20Pourquoi ce livre-là
13:21maintenant ?
13:22Aussi ce livre-là
13:25maintenant
13:25parce que
13:26je ne sais pas
13:27si vous partagez
13:29mon avis
13:30mais je trouve
13:30que nous sommes
13:31véritablement
13:32submergés
13:33par des histoires
13:36d'adolescentes
13:37violentées
13:40abîmées
13:41violées
13:42on croule
13:44sous les livres
13:45qui parlent
13:46de ces amours
13:47si
13:48comment dire
13:49tragiques
13:50et
13:52il me semblait
13:54nécessaire
13:55de raconter
13:56en me prenant
13:57moi-même
13:57comme objet
13:58et sujet
13:58de la réflexion
13:59en exploratrice
14:01de ma propre
14:02intimité
14:03je me sentais
14:06dans l'obligation
14:07de dire
14:08à ma façon
14:08mais vous savez
14:10il y a aussi
14:11des amours
14:12adolescentes
14:13interdits
14:14mais heureux
14:15et choisi
14:17parce que
14:19choisi
14:19précisément
14:21parce que
14:22choisi
14:22et j'avais
14:24envie
14:24d'apporter
14:27cette petite
14:28lumière
14:28dans
14:29l'ombre
14:32terrible
14:32et plus
14:33qu'une ombre
14:33dans l'obscurité
14:34dans laquelle
14:35nous sommes
14:36aujourd'hui
14:36et qui
14:37fait
14:38peut-être
14:39s'interroger
14:40les jeunes
14:40il y en a une
14:42sur les dangers
14:48du désir
14:49par exemple
14:50les dangers
14:51du désir
14:51mais bien sûr
14:52que c'est dangereux
14:53le désir
14:54mais c'est
14:55beau aussi
14:57parce que
14:57c'est dangereux
14:58s'il y a
14:59un moment
14:59de la vie
15:00et c'est
15:00le cas
15:01de l'adolescence
15:02où le pas
15:03de côté
15:03est nécessaire
15:04où transgresser
15:07est nécessaire
15:08vivre l'interdit
15:10et secrètement
15:10est nécessaire
15:11c'est bien
15:12à l'adolescence
15:13et ce moment-là
15:14il ne faut pas
15:15le rater
15:15et si des prédateurs
15:18des salopards
15:19nous le font rater
15:20alors on est brisé
15:22pour la vie
15:22voilà
15:23et c'est aussi
15:26pour cette raison
15:27cette deuxième raison
15:28que j'ai voulu
15:29écrire ce texte
15:30et comme dans
15:32tous les livres
15:33où j'ai parlé
15:34à la première personne
15:35il n'y en a pas beaucoup
15:36il y a
15:37le pays des vermeilles
15:38qui m'a rencontré
15:40avec la
15:40la grand maternité
15:42il y a la dernière leçon
15:45et il y a celui-là
15:45il ne se pouvait pas
15:47que je ne l'écrive pas
15:48à la première personne
15:49parce que j'avais besoin
15:51de faire ce travail
15:52à rebours
15:52et de
15:53d'analyser
15:54et de retrouver
15:56la petite fille
15:57que j'étais
15:57pour voir comment
15:59elle avait grandi
15:59et pourquoi
16:00elle avait grandi
16:01de cette façon-là
16:02la docilité
16:03qu'on découvre
16:04dans cette adolescente
16:05je pense que c'est
16:06le lieu
16:07qu'il l'a créée
16:08où elle était déjà
16:09en toi
16:09et le lieu
16:09l'a fait émerger
16:11non
16:13elle n'était pas en moi
16:13j'étais une petite fille sage
16:15surtout envers ma famille
16:20qui ne m'apportait
16:21que des joies
16:22donc c'était une sorte
16:23de rébellion douce
16:24j'aime bien le terme
16:26de rébellion douce
16:27mais c'est surtout
16:28une rébellion
16:29à laquelle je ne m'attendais pas
16:31qui a été vitale
16:32qui m'a permis
16:34de surmonter
16:36ces huit années
16:37en redeble
16:38une classe
16:39ça disait
16:40psychiquement
16:42il y a aussi
16:44des viols
16:45psychiques
16:46par une prof
16:47de maths
16:47que j'appelais
16:48Quasimoda
16:48la description
16:51est terrible
16:52et qui m'a
16:55prise comme victime
16:58devant toute la classe
17:00c'était un monstre
17:02aussi bien physiquement
17:03que moralement
17:04qui
17:05au moins
17:07tous les quinze jours
17:08qui a duré
17:09la première année
17:09de quatrième
17:10me faisait venir
17:14au tableau
17:16m'écrasait
17:17de son corps immonde
17:19me crachait
17:20son venin
17:21de femme
17:22laide
17:23et méchante
17:24parce qu'elle voyait bien
17:25que j'allais devenir
17:28ce que je suis
17:29oui
17:31mais elle le sentait
17:32elle le sentait
17:33elle le sentait bien
17:34que j'allais m'en sortir
17:34et elle
17:36elle me renvoyait
17:37mademoiselle J
17:38après m'avoir
17:40craché sa haine
17:41dans le visage
17:42elle me renvoyait
17:43à ma place
17:44en me disant
17:45mademoiselle J
17:46vous avez encore
17:47un zéro
17:48et elle m'a fait
17:49redoubler
17:50ma quatrième
17:51ce qui fait que
17:52dans l'échelon
17:53de l'échelle
17:55de l'éducation
17:56je suis revenue
17:57en arrière
17:58et c'est parce que
17:59je suis retombée
18:00d'un échelon
18:01que je suis allée
18:02encore plus loin
18:03dans l'interdit
18:04et que là
18:05j'ai aimé
18:07des femmes plus âgées
18:08que moi
18:09mais que
18:10encore une fois
18:11j'ai choisi
18:13et qui m'ont
18:14incroyablement
18:17transformée
18:18voilà
18:19tu as appris
18:20beaucoup avec elle
18:21tu as appris sur toi
18:24tu as appris sur
18:24j'ai appris sur moi
18:26j'ai appris sur elle
18:27j'ai appris sur
18:27ce qu'est une femme
18:29et
18:30j'ai appris
18:32que cette femme
18:33elle ne peut
18:33s'exprimer
18:35et s'embellir
18:36qu'à travers
18:37le partage
18:38un choix partagé
18:42oui
18:42absolument
18:43et c'est elle
18:44qui avait
18:44mauvaise conscience
18:45oui c'est ça
18:46elle avait 20 ans
18:47j'avais 15 ans
18:48à ce moment là
18:49et elle se disait
18:50mais
18:50qu'est-ce que je suis
18:51en train de faire
18:52avec toi
18:52nous sommes dans
18:53l'interdit
18:54je dis
18:54oui mais n'aie pas peur
18:56tu ne me fais pas de mal
18:57tu me fais grandir
18:59enfin tu me fais grandir
19:00et c'est toi
19:01qui le faisais grandir
19:02je crois qu'elle a grandi aussi
19:04c'est ce que m'a dit
19:04son mari
19:05il n'y a pas très longtemps
19:06c'est joli
19:07on ne s'est jamais oublié
19:10elle n'est plus de ce monde
19:11je ne l'ai jamais revue
19:13enfin presque pas
19:14juste le temps
19:15d'une manifestation
19:16où je l'ai croisée
19:17comme ça
19:18je l'ai cherchée
19:18puis elle a disparu
19:19mais il y a une autre chose
19:22qui m'a fait grandir aussi
19:24c'est après les brimades
19:26les punitions
19:27dont j'ignorais tout
19:28parce que moi
19:29j'avais appris à lire
19:30et à écrire
19:31dans une ferme
19:32au milieu
19:33des poules
19:34des cochons
19:34des lapins
19:35et des chevaux
19:36voilà
19:37dans la ferme école
19:39de cette fameuse école
19:40que dirigeait mon père
19:41auprès d'adolescents
19:42donc je ne savais pas
19:44ce que c'était
19:44d'être une mauvaise élève
19:47je suis devenue
19:50finalement
19:50en pension
19:51parce que là
19:52on était numéroté
19:53voilà
19:54on était
19:55taxé
19:57enfin voilà
19:58moi j'ai toujours été
19:59première ou deuxième
20:00dans la petite classe
20:01de dix personnes
20:02nous étions
20:03dans cette
20:03dans cette
20:04dans cette classe
20:06dans cette école
20:08voilà
20:09j'ai dû perdre mon fil
20:11là tu le tiens toi
20:12mais tu l'avais fait grandir aussi
20:13oui
20:13ah non
20:14mais la deuxième chose
20:15qui m'a fait grandir
20:16c'est de passer de professeurs
20:17qui me
20:18comme celle
20:19comme Casimodo
20:20qui cherchait à me boyer
20:21et qui ont failli le faire
20:23Casimoda
20:24qui ont failli le faire
20:25parce que je suis tombée malade
20:26plusieurs fois
20:27en pension
20:28et j'ai failli
20:29ils laissaient ma peau
20:30vraiment
20:31et
20:32en trouvant
20:34en fin de parcours
20:35une professeure
20:38de l'être
20:39qui elle
20:40m'a ouvert
20:40l'autre porte
20:41qui me manquait
20:42celle de la littérature
20:44sans laquelle
20:45je ne serais pas là
20:46aujourd'hui
20:47et à laquelle
20:48cette professeure
20:49je rends un hommage
20:50vibrant
20:50parce que
20:52j'étais en train
20:53d'écrire
20:54à son propos
20:55quand je
20:57je lui ai téléphoné
21:00et je lui ai dit
21:02parce que
21:03à chaque livre
21:03que j'ai écrit
21:04je lui ai envoyé
21:05avant la publication
21:06parce que
21:07c'était mon professeur
21:09elle l'est restée
21:09toute ma vie
21:10et là
21:11je lui ai dit
21:11je suis en train
21:12d'écrire sur toi
21:13elle m'a dit
21:14j'aimerais bien
21:15tu sais
21:15c'est un hommage
21:16que je te rends
21:17elle me dit
21:17fais vite
21:19si tu veux
21:19que je le lise
21:20et elle est morte
21:21avant de l'avoir lu
21:21mais elle a su
21:23que je lui rendais
21:24hommage
21:24et là
21:25ben voilà
21:26il y a eu
21:28dans cette pension
21:29le meilleur
21:30comme le pire
21:31le pire
21:33m'a fait devenir
21:35meilleure
21:35paradoxalement
21:36et peut-être
21:38m'a construite
21:38comme je suis
21:39aujourd'hui
21:39je pense que
21:40je n'aurais pas
21:41développé
21:42ces capacités
21:43de résistance
21:44de rébellion
21:44de refus
21:46de la
21:48de la justice
21:50si
21:51effectivement
21:52je n'avais pas
21:53vécu
21:53à la fois
21:56cette violence
21:57et puis tout à coup
21:57la récompense
21:59il y a une grande magie
22:01dans ce livre
22:02on pourrait croire
22:02en t'entendant
22:03que c'est un livre
22:03très noir
22:05de violence
22:06etc
22:06mais
22:06en fait
22:07quand on le lit
22:08on en sort
22:09on en sort heureux
22:11on en sort réjoui
22:12il y a beaucoup de douceur
22:13il y a beaucoup de sensualité
22:14il y a
22:15il y a beaucoup de tendresse
22:17il y a une sorte de légèreté
22:19qui caracole
22:19comme ton chamois
22:20et malgré
22:22les moments très durs
22:23c'est aussi pour ça
22:24qu'il ressort encore plus
22:25on sent quand même
22:26une sorte
22:27je ne vais pas dire
22:27une euphorie
22:28en tout cas
22:28une fantaisie
22:30là aussi douce
22:30qui est très
22:31très importante
22:33c'est typique de choix
22:34tu voulais l'écrire comme ça
22:36parce qu'au final
22:36c'est une époque heureuse
22:38on est dans une époque
22:40où c'est qui raconte
22:40je crois que je suis une femme joyeuse
22:42oui
22:42fondamentalement joyeuse
22:44et puis
22:47anti-violente
22:48pour ne pas dire pacifique
22:50comme l'était mon père
22:52et
22:54ce n'était pas dans ma nature
22:56d'être broyée
22:57il a fallu
23:01que
23:01que je me batte
23:03pour
23:03protéger
23:05le meilleur
23:08de cette adolescence
23:09et en particulier
23:09le désir
23:10pour faire que
23:13cet objet précieux
23:15le demeure
23:16et grâce à ça
23:19grâce à
23:21à cette épreuve
23:23à ces épreuves
23:25récompensées
23:26je suis allée
23:29arriver à 19 ans
23:30et je suis allée
23:32droit
23:33vers un autre interdit
23:35François Châtelet
23:37mon professeur de philosophie
23:39en Hippocagne
23:40j'avais 19 ans
23:42il avait 19 ans
23:43de plus que moi
23:43mais j'étais sûre de moi
23:47et c'est moi qui l'ai choisi
23:48lui un peu aussi
23:50mais
23:51je ne pense pas
23:53que je serais allée vers lui
23:54je ne pense pas
23:54que j'aurais osé
23:55aller vers cet homme
23:56qui était un grand personnage
23:58quand même
23:59de la pensée
24:00à l'époque
24:01si
24:02je n'avais pas
24:04grandi
24:06comme j'ai grandi là
24:07dans la
24:08à la fois dans l'épouvante
24:10mais aussi
24:11la joie des réparations
24:13Lors d'une conversation
24:17qu'on a eue avec Frédéric
24:18Frédéric Martin
24:19Frédéric a noté
24:21qu'Annie Ernaud
24:22Annie Lebrun et toi
24:23vous étiez grosso modo
24:24de la même génération
24:25que vous êtes toutes les trois
24:26restées des femmes de combat
24:28des auteurs engagés
24:29toi tu as eu de nombreuses batailles
24:30dans ta vie
24:30pas seulement le féminisme
24:33à travers ta vie notamment
24:34en fait le texte
24:36derrière le passé
24:37qu'il raconte
24:37est-ce que c'est aussi
24:38un moyen justement
24:39en quoi il parle
24:40aux femmes d'aujourd'hui
24:41au combat des femmes d'aujourd'hui
24:42parce que je crois
24:44que j'ai toujours été
24:45une féministe
24:46mais une féministe
24:49qui n'a jamais
24:50cherché à donner des leçons
24:52et je l'ai été aussi
24:56grâce à ma mère
24:57il faudrait lui faire
24:58presque
24:59si on avait
25:00dix minutes de plus
25:01je ferai l'éloge
25:02de cette femme
25:02qui était une accoucheuse
25:05et
25:07qui a regardé
25:10cet enfant
25:10qui souffrait
25:11elle souffrait aussi
25:12de cette séparation
25:13on le voit bien
25:14on le voit bien
25:14et qui a sans dire un mot
25:18parce que je reprenais
25:20goût à la vie
25:22grâce à ses amours
25:23interdits en particulier
25:25qui ne m'a jamais posé
25:27aucune question
25:28qui savait
25:29qui savait
25:31comme une mère peut savoir
25:32qui arrive à sa fille
25:33parce que tu vas quand même
25:34chez tes parents
25:36tu n'es pas toute seule
25:37non j'y amène même
25:39un autre professeur
25:40de mathématiques
25:41qui elle a été
25:43le pendant
25:44opposé
25:46à Casimoda
25:47qui nous a fait faire
25:49des cours de mimes
25:50en particulier
25:51qui m'a donné
25:52le goût
25:52de la comédie
25:53je pense que
25:54si je n'avais pas rencontré
25:55ce grand professeur
25:56de littérature
25:57je serais peut-être
25:58devenue comédienne
25:58j'adorais être sur scène
26:00j'adore encore d'ailleurs
26:01ça se voit peut-être
26:02et
26:03je ne sais plus
26:07j'ai perdu le fil
26:07moi aussi
26:09ah bon
26:09grâce à cette
26:11deuxième professeur
26:13on parlait de ta mère
26:13qui était quand même
26:14très ouverte
26:14qui le disait
26:15j'ai amené
26:16le week-end
26:18quand je n'étais pas
26:19prévue de sortie
26:20à cause de mes rébellions
26:21quand même
26:22c'était aussi
26:23une manière
26:23de me briser
26:25ça quand même
26:26j'allais
26:29donc je retournais
26:30dans cet endroit
26:31de rêve
26:32j'aimerais bien
26:35tous vous emmener
26:35parce que vous verrez
26:37combien il est beau
26:40cet endroit
26:40et tout ce qu'il porte
26:41grâce à mes parents
26:42donc
26:46cette mère
26:48elle m'a
26:49elle m'a accompagnée
26:51dans mon malheur
26:54puis dans mes bonheurs
26:55très discrètement
26:57sans un mot
26:59et quand je suis venue
27:01avec cette deuxième
27:02professeure de mathématiques
27:04avec qui j'ai eu aussi
27:05une très jolie
27:06histoire
27:07et qu'elle m'a dit
27:09alors
27:10les draps
27:12plein les bras
27:13une chambre
27:16ou deux chambres ?
27:18et que j'ai dit
27:18bah une chambre
27:19maman
27:20je l'aurais
27:23je crois que là
27:24elle a
27:25elle a
27:25donné l'image
27:26de la plus
27:27généreuse des mères
27:29vraiment pour le coup
27:30c'était extraordinaire
27:31il y avait qu'elle
27:32qui avait compris
27:32personne d'autre
27:33dans la famille
27:34mais
27:35je lui dois aussi
27:37je lui dois aussi
27:39cet accompagnement
27:41et
27:42je lui dois tellement
27:44que c'est sans doute
27:45pour cette raison
27:46qu'au moment où elle a choisi
27:48de partir
27:50à son heure
27:51je me suis sentie
27:53comme un devoir
27:53en retour
27:54de l'accompagner
27:55c'est comme ça
27:57que
27:57c'est vécu
27:59et
28:00c'est comme ça
28:01que
28:02c'est écrit
28:04la dernière leçon
28:05et tu parlais
28:06de mon militantisme
28:08tout à l'heure
28:08elle a fait partie
28:09de ma
28:10et mon père également
28:11c'était des
28:12c'était des militants
28:14c'était des militants
28:15et
28:16j'ai suivi
28:17j'ai repris
28:18leurs flammes
28:19et
28:20je ne
28:20me vois pas
28:21aujourd'hui
28:22sans cause
28:23à défendre
28:24voilà
28:25il y en a une
28:26qui me tient
28:26beaucoup à coeur
28:27qui est évidemment
28:28la question de la fin de vie
28:29qui va revenir
28:29évidemment
28:30sur le terrain
28:31ça fait plus de 20 ans
28:33que je me bats
28:34avec d'autres
28:35bien sûr
28:36pour que cette loi
28:37avance
28:38mais je me bats aussi
28:40concernant
28:42la question des vieux
28:43de la vieillesse
28:44pas seulement
28:45parce que je suis
28:45devenue vieille
28:46mais parce que
28:47je pense qu'il y a
28:48autre chose à faire
28:49de la vieillesse
28:50aujourd'hui
28:50que d'inventer
28:52des monrois
28:52donc
28:54là peut-être
28:57que j'étais
28:58avant d'aller en pension
29:01que cet esprit militant
29:03est né
29:05la graine était là
29:06mais elle a poussé
29:08extraordinairement
29:10à travers l'expérience
29:11de ces années de pension
29:12enfin dernière question
29:14avant qu'on passe
29:15au dédicace
29:16qu'est-ce que tu aimerais
29:17que l'on dise au final
29:18de ce livre
29:19avec un titre aussi incroyable
29:20aussi beau
29:20qu'à l'école des filles
29:21ça tient en une phrase
29:24et si on réenchantait
29:28le désir adolescent
29:29merci beaucoup
29:35s'il y a des questions
29:46je vois des coucous
29:47là-bas
29:48il y a beaucoup de monde
29:50derrière
29:50sinon on peut évidemment
29:51avec grand plaisir
29:52passer à la séance
29:53de dédicace
29:54peut-être des questions
29:56j'ai tout dit
30:00non j'ai pas tout dit
30:01bon alors ils sont très gros
30:01merci en tout cas
30:04d'avoir bravé le froid
30:06merci à tous
30:07pour revenir jusqu'à moi
30:08je souhaite que ce livre
30:12soit lu aussi par les adolescents
30:14les adolescentes d'aujourd'hui
30:15je suis inquiète pour eux
30:17on va parler
30:19merci beaucoup
30:22place au dédicace
30:24merci
30:24applaudissements
30:26applaudissements
30:28applaudissements
30:29applaudissements
30:30applaudissements
30:32applaudissements
30:33applaudissements
30:34applaudissements
30:35applaudissements
30:36applaudissements
30:37applaudissements
30:38applaudissements
30:39applaudissements
30:40applaudissements
30:41applaudissements
30:42applaudissements
30:43applaudissements
30:44applaudissements
30:45applaudissements
30:46applaudissements
30:47applaudissements
30:48applaudissements
30:49applaudissements
30:50applaudissements
30:51applaudissements
30:52applaudissements
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