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  • il y a 6 semaines
Chères lectrices, chers lecteurs,

Mardi 2 décembre 2025, nous avons eu le plaisir d'accueillir Inès Boittiaux pour un échange autour de Frida Kahlo, artiste à laquelle l'autrice consacre cet automne un nouvel ouvrage dans la collection l'Art plus grand (éditions Hazan).

🎙️Discussion animée par Caroline Dhennin.

Vous souhaitant de belles lectures,

L'écume 🌊

-

📖 La Quatrième : Son visage, qu’elle a inlassablement peint tout au long de sa courte vie, est l’un des plus célèbres de l’histoire de l’art. Icône de l’art mexicain, Frida Kahlo a bâti sa propre légende, qu’elle a aussi bien transposée sur la toile qu’incarnée dans sa vie quotidienne. « Je n’ai jamais peint mes rêves, j’ai peint ma propre réalité », affirmaitelle. Gravement meurtrie dans sa chair lors d’un terrible accident, consumée par sa passion dévorante pour Diego Rivera, l’artiste a transcendé ses souffrances par la peinture. À la force de son pinceau, elle a affronté ses tourments pour s’imposer comme une femme et une peintre libres. Dans son atelier de la Casa Azul, s’affranchissant du carcan des avant-gardes européennes et de tous les codes moraux et artistiques, Frida Kahlo a façonné une oeuvre habitée par son histoire personnelle, ses idéaux politiques et les traditions ancestrales mexicaines.
Noirceur et allégresse, amour et violence, sensualité et pulsion de mort : sa peinture se lit comme un oxymore qui dit tout de la personnalité magnétique de cette artiste révolutionnaire, l’une des plus fascinantes et puissantes figures de l’histoire de l’art du xxe siècle.
La collection L’ART+GRAND, présentée dans une reliure luxueuse, propose, à travers un texte didactique, de découvrir les plus grands artistes de l’histoire de
l’art. En plus d’une cinquantaine de toiles parmi les plus célèbres, l’ouvrage reproduit six tableaux exceptionnels sous forme de dépliants grand format qui permettent d’observer ces chefs-d’oeuvre dans les moindres détails. Cette collection offre ainsi une immersion inédite dans la matière et la touche picturale.
Transcription
00:00Bonsoir à tous, ce soir les films des pages, grand plaisir de recevoir Inès Bocchio pour son livre sur Frida Kahlo aux éditions ASAN, collection de l'art plus grand, une collection vraiment très intéressante, on vous le montrera ultérieurement.
00:17Inès c'est la directrice de la partie web du magazine Beaux-Arts.
00:25Non pas tout à fait directrice, j'ai vu Chef, Chef mais pas responsable éditorial qui est ici présente.
00:34Pardon ?
00:35Non mais no fait, elle a un rôle très important.
00:41Chef de rubrique sur le livre sur le livre sur le livre sur le livre sur le livre sur le livre sur le livre sur le livre sur le livre sur le livre sur le livre sur le livre.
00:47Et alors, il y en a une qui vient de sortir récemment, très intéressante, sur le tableau El Sueno, Inès, vendue à plus de 54 millions de dollars chez Sotheby's en 5 minutes.
00:59Est-ce que vous voulez qu'on commence par ça, Inès ?
01:02Et bien, commençons par ça. C'est, je pense, une très bonne entrée en matière.
01:07C'est vrai que Frida Kahlo, elle n'a pas fini visiblement de faire parler d'elle pour plein de raisons,
01:13y compris pour celle-ci, puisqu'elle vient de battre le record de l'œuvre la plus chère, peinte par une artiste femme.
01:23Record qui était jusqu'alors détenu par Georgia O'Keeffe depuis 2014.
01:29Et donc, pour cette vente, elle était donc pressentie.
01:33Tout le monde s'attendait à ce qu'elle batte ce record.
01:36Et en effet, elle est pile poil, elle est tombée dans les estimations qui, voilà, l'œuvre est estime entre 40 et 60 millions de dollars, il me semble.
01:45C'est à peu près 55, enfin, le temps de marteau est tombé, c'était autour de 55 millions.
01:50Voilà, donc c'est record absolu pour cette œuvre, qui est donc un autoportrait.
01:54Mais qui n'est pas un autoportrait tel qu'on a l'habitude, en tout cas, d'en croiser.
01:59Quand on voit, même quand on imagine un autoportrait de Frida Kahlo, on imagine tout de suite un autoportrait où, voilà, l'artiste se représente de trois quarts, en buste, en nous regardant comme ça, de son regard un peu magnétique.
02:12Là, ce n'est pas du tout le genre d'autoportrait, c'est un autoportrait déjà format paysage, donc un format très inhabituel après la vie.
02:19Et puis un format, enfin, un autoportrait où elle se représente en train de dormir, en train de rêver.
02:25Et ce qui est intéressant aussi avec cette autoportrait, c'est qu'elle, qui s'est toujours défendue d'appartenir au courant surréaliste,
02:35là, c'est un autoportrait, on peut dire, purement surréaliste, qui convoque, voilà, quelques, aussi, enfin, l'imaginaire de quelques grands artistes.
02:43Quand on voit ce ciel, on pense évidemment à Magritte, quand on voit cette femme, enfin, cet artiste, Frida Kahlo allongé, on pense à Delgo, enfin, et puis l'œuvre faisait aussi partie d'une vente
02:54qui, voilà, qui contenait plein d'autres talons surréalistes aussi, de Magritte, de René Delbarreau, etc.
03:01Donc, voilà, oui.
03:03Donc, c'est assez rigolo, mais voilà, donc, record battu.
03:07Frida Kahlo qui, d'ailleurs, retenait, enfin, détenait déjà le record de l'œuvre d'art la plus chère, généralisé par un artiste sudané.
03:16Mais, ce squelette qui est au-dessus du lit, c'est aussi tout l'art de la mère paix de Mexique, en fait, qu'elle représente.
03:32Et pour vous, c'est en passant, mais quel type pour elle, c'est un grand ?
03:35Alors, c'est vrai, c'est une bonne question.
03:38Oui, il y a ce, en fait, cet autoportrait, donc, elle se représente étendue sur un lit à Val d'Aquin,
03:45et au-dessus du lit, il y a cet immense squelette qui fait, voilà, la taille d'un être humain,
03:52qui prend vraiment toute la mouleur du lit.
03:54Et il faut savoir que Frida Kahlo dormait avec, véritablement, avec ce squelette étendu au-dessus de son lit.
04:02Ce n'était pas, pour elle, forcément, synonyme de mort.
04:06Pour elle, aussi, la peinture de Frida fait énormément référence au folklore mexicain.
04:13Évidemment, la figure de squelette en fait partie, puisqu'on pense, évidemment, aux grandes festivités liées au jour des morts,
04:22où on allume des petits hôtels.
04:24Pour nous, quand on pense au 1er novembre, la fête de la Toussaint, c'est toujours quelque chose un peu de triste,
04:31il ne fait pas beau, on doit fleurir les cimetières, les couvrir de chrysanthèmes, etc.
04:35Au Mexique, ce n'est pas du tout ça.
04:38C'est vraiment un événement joyeux, c'est un événement lors duquel on célèbre véritablement les liens,
04:45j'ai envie de dire vivants, presque palpables, qui unissent les morts et les vivants.
04:51Voilà.
04:51Et donc, ce grand squelette n'a rien de terrifiant pour Frida Kahlo.
04:56Et on a même d'ailleurs l'impression qu'il veille comme ça sur elle, comme une présence un peu protectrice.
05:03Et moi, j'aime bien cette œuvre aussi qui est un peu ambivalente, parce que d'un côté, on voit ce ciel bleu, un peu nuageux,
05:10mais très doux, un peu comme on en a chez Malé, comme je le disais.
05:14Et puis, on a l'impression que son lit est en train de flotter et qu'elle se dirige un peu malgré elle,
05:20comme si elle était emportée par le vent vers un ciel qui est un peu plus grisâtre, en tout cas,
05:26mais quelque chose de plus inquiétant.
05:28Et elle est accompagnée par ce squelette comme ça qui est quelque part une figure protectrice.
05:33Alors, reprenons depuis le début de messe.
05:38Depuis quand ça vous tient, cette passion de Frida Kahlo ?
05:41Vous pouvez nous parler de ça un peu avant qu'on commence à vraiment rentrer dans le vif du sujet ?
05:47Alors, Frida Kahlo, c'est une présence, j'ai envie de dire, qui m'accompagne depuis très longtemps, en fait.
05:55Quand j'étais enfant, j'ai grandi à Lille, voilà, vous savez tout de ma vie.
06:01Et je me souviens d'une exposition qui est, je pense, une des premières expos que j'ai dû visiter en étant enfant
06:08et qui était, en tout cas, l'exposition qui m'a, en tout cas, laissé mes premiers souvenirs de musée, j'ai envie de dire.
06:16Et c'était une exposition qui avait eu lieu dans le cadre de l'île 2004, capitale d'antenne de la culture,
06:21qui était présentée au LAM et qui s'appelait, si je ne dis pas de bêtises,
06:25Mexique-Europe aller-retour, ou un nom comme ça, et voilà, qui était centré en partie sur l'art du Mexique
06:34et les liens avec le continent européen du début du XXe siècle à nos jours, si je ne dis pas de bêtises.
06:40Et évidemment, dans cette expo, il y avait Hugo Rivera, il y avait aussi, évidemment, Frida Kahlo,
06:46et j'ai le souvenir de ces couleurs qui m'avaient fascinée.
06:51Et après, au fur et à mesure de mon parcours, je me suis, en tant qu'étudiante en histoire de l'art,
06:57et ensuite, en tant que jeune journaliste, je me suis plus particulièrement intéressée aux artistes de femmes.
07:03Et la figure de Frida Kahlo m'a toujours parmi intéressante, parce que c'est une artiste qui est,
07:11contrairement à ce mouvement aujourd'hui, qui tend à redécouvrir un peu ces histoires de femmes artistes oubliées,
07:18avec toutes les gros vignes du monde, Frida Kahlo, on a l'impression qu'elle a toujours été là,
07:23qu'elle est hyper connue, etc. Or, quand on évoque Frida Kahlo, on parle surtout de sa vie,
07:27de sa biographie, mais rarement de son œuvre, de sa peinture.
07:32Et donc, c'est un biais qui m'intéresse, et que j'ai pu creuser en ayant l'opportunité de faire ce livre.
07:40Très bien.
07:41On va quand même parler de sa vie.
07:44Est-ce que vous pourriez nous parler de son enfance, de ses parents, de son père ?
07:49Oui.
07:52Frida Kahlo, elle a eu une académie en 1907, à Coyoacan, qui est donc un quartier mexicaux.
07:581907, mais elle fera ensuite, elle mentira, enfin, elle fera modifier sa date de naissance
08:04pour la faire coïncider avec la date de début de la révolution mexicaine.
08:09Mais bon, la date officielle, c'est donc 1907.
08:13Et donc, elle est née dans une atmosphère qui est plutôt confortable.
08:20Son père est photographe.
08:23Il est un émigré allemand qui arrive au Mexique lorsqu'il a 18 ans, tout jeune homme.
08:29Là, il s'est marié une première fois, sa première femme est décédée, et donc il s'est ensuite remarié.
08:37Et je sais que, selon du nom, il a donc eu avec sa femme Frida et puis sa soeur Christina.
08:46Frida Kahlo, quand elle a 5-6 ans, quand elle est toute jeune, elle attrape la polio.
08:51Et c'est déjà un premier événement qui va la marquer parce qu'évidemment, elle va avoir de lourdes séquelles.
09:00Elle va avoir une longue convalescence.
09:03Et puis ensuite, voilà, ça va être un travail assez long pour, notamment, avoir l'usage de ses jambes
09:10et de pouvoir continuer à grandir comme une petite fille normale.
09:12Et déjà, à partir de ce moment-là, ce qui va être très compliqué pour elle, c'est notamment,
09:17au-delà du simple fait déjà de pouvoir guérir, ça va être aussi d'affronter les moqueries de ses camarades.
09:25Moqueries de ses camarades qui, dès le départ, vont être traités de privé d'argent de bois.
09:30Ça, ça va être quand même assez difficile.
09:32Donc, elle va déjà devoir se blander à ce moment-là.
09:36Mais elle va aussi trouver une forme de réconfort du côté de son père,
09:39qui est donc ce papa photographe qui a un rôle très important au Mexique
09:46puisqu'il est missionné, en fait, pour notamment, un peu comme une mission photographique,
09:52photographier des architectures au Mexique.
09:57Et avec son père, elle va véritablement avoir un premier contact avec l'art.
10:03Alors, même qu'elle, elle ne se destine à l'heure pas du tout à ça,
10:06elle, quand elle est jeune, adolescente, elle va vouloir devenir médecin.
10:10Mais c'est véritablement son père qui va l'éveiller à ça,
10:15notamment en la formant, je ne sais plus dire, à la retouche photo.
10:22Il va véritablement, enfin, c'est lui le premier qui va lui donner les pinceaux
10:25et qui va, voilà, l'inviter à s'exprimer, en tout cas, avoir une expression artistique,
10:30en retouchant des photos.
10:31Et déjà, d'en fait, elle va développer comme ça un goût pour la minutie,
10:36un travail sur le petit format.
10:37Et donc, c'est comme ça que se déroule sur une enfance,
10:43qui est en fait une enfance après, c'est une toute, j'en disais,
10:46enfin, la classique, mais en tout cas, surtout pas pour une jeune fille,
10:51mais à dire comme elle, mais a priori, elle était quand même dans un univers
10:56plutôt sécurisant et malgré ses premiers traquages.
11:02Alors, l'adolescence, Frida, un jour, prend le bus et oublie son parapluie,
11:09n'est-ce pas ?
11:09Donc, elle va descendre et reprendre un trolleybus.
11:13Oui.
11:13Et c'est là qu'on arrive à l'horreur.
11:16Et quand même, on en parle, parce que le système n'était pas obligé.
11:19Voilà.
11:20C'est donc, en fait, le moment où, véritablement, sa vie va basculer.
11:26Donc, déjà, de cette folio, il lui a laissé une jambe atrophiée.
11:29Donc, elle est déjà handicapée.
11:31Et donc, elle arrive ce moment où, voilà, elle prend le...
11:39Elle est avec son amant, en fait, à ce moment-là.
11:41C'est son premier grand amour qu'elle a rencontré sur les bancs de la prépa,
11:47la préparatoria, qui est un peu un grand lycée à Mexico,
11:50où les filles, jusqu'à ce que Frida entre dans cette école,
11:54les filles n'étaient pas admises.
11:56Donc, elle fait partie des premières filles à être admises dans cette école.
11:58Elle rencontre dans ce aléjandro, dont elle tombe à l'épargne d'une amoureuse.
12:03Et ensemble, ils vont dans le centre de Mexico.
12:05Et il y a des festivités qui viennent de se terminer, les festivités d'Agrito.
12:10Et c'est vrai que, donc, elle oublie son parapluie ou un éventail.
12:14Ça, c'était une ombrelle, une ombrelle, voilà, une petite ombrelle chinoise.
12:17Et donc, elle s'en rend compte qu'elle descend du premier bus dans lequel elle était montée
12:23pour en prendre le suivant.
12:25Et c'est là qu'en fait, sa vie bascule,
12:27puisque le bus est percuté par un tram fou.
12:31Il faut dire qu'il a plu ce jour-là.
12:33La chaussée est glissante.
12:35Et en fait, là, c'est le drame.
12:39Elle réchappe miraculeusement de l'accident.
12:41Mais quand on la découvre, elle est presque laissée.
12:45Enfin, on ne lui donne aucune chance de survie.
12:46Elle est quasiment morte.
12:48Elle souffre de multiples contusions.
12:51Et en plus de ça, elle a le corps littéralement transpercé par la main courante du bus.
12:58Et comme Frida Kahlo n'était pas forcément cette grande figure de souffrance
13:04à laquelle elle est souvent revue, elle avait beaucoup d'humour.
13:07Ça se ressent notamment dans ses lettres, dans ses journaux, etc.
13:10Et notamment, pour vous, cet événement, elle dira plus tard
13:13que c'est finalement le bus et cette main courante du bus
13:16qui lui a ôté sa virginité.
13:18Voilà, on a l'hommage.
13:21Et donc, à partir de ce moment-là,
13:23c'est là où elle va donc réchatter miraculeusement de cet accident.
13:26Et elle va se mettre à peindre,
13:29puisqu'elle, qui voulait être médecin,
13:32se tournera finalement vers la peinture
13:35grâce à ses parents et à son père
13:37qui fera fabriquer ce chevalet sur mesure
13:41qu'on va pouvoir attacher à son lit.
13:44Et ce chevalet, notamment, doté d'un miroir
13:46dans lequel elle peut se regarder en l'heure de journée et se peindre.
13:52Vous avez tous, en fait, les images du film, j'imagine.
13:54Donc, c'est très clair qu'on peut montrer ce lit où elle crée.
13:57Et donc, comme elle s'intéressait dans la peinture,
14:01forcément, elle m'a décidé d'aller parler à Diego Rivera.
14:07Le deuxième accident.
14:08Oui, elle a dit, j'ai eu deux drames dans ma vie.
14:11L'accident de bus et Diego Rivera.
14:14Et Diego fut de loin le pire.
14:16Voilà, c'est la deuxième partie de la citation qui me fait rire.
14:21Donc, elle décide de devenir artiste.
14:29Et en fait, je pense que là, c'est intéressant de rappeler
14:32peut-être le contexte dans lequel, véritablement,
14:35elle se transforme et elle devient cette jeune artiste en devenir.
14:39À ce moment-là, c'est vrai que le Mexique est en pleine effervescence.
14:44On est donc juste après la révolution.
14:47C'est l'avènement, le grand avènement du muralisme.
14:52Le principal représentant de cette scène-là, évidemment,
14:55c'est Rivera, mais pas que.
14:56Il y a Sikero, c'est tout un tas de...
14:58Voilà, c'est une grosse école.
15:01Et à ce moment-là, en fait, le Mexique et Mexico
15:04deviennent aussi une destination phare
15:07pour un peu toute une...
15:10Enfin, en tout cas, toute une cohorte d'artistes
15:12venus, entre autres, d'Europe.
15:15Et devient une nouvelle terre,
15:19voilà, d'un nouvel Eldorado, finalement, pour les avant-gardes.
15:22Et notamment, quand je parle de ça,
15:24parce qu'elle va avoir une importance dans sa vie,
15:26mais aussi parce qu'il y a une expo, en ce moment,
15:29que je vous conseille,
15:30donc il y a Edward Weston et Tina Modotti,
15:32qui sont un peu aussi les grandes figures
15:35de cette scène-là,
15:36autour desquelles vont graviter tous ces artistes
15:38qui reviennent des fêtes incroyables, etc.
15:40Et notamment, en fait, c'est lors d'une de ces fêtes
15:43organisées par Tina Modotti,
15:46qui devient l'ami de Frida,
15:48que Frida va rencontrer
15:49pour la deuxième fois, en fait,
15:51parce qu'elle l'avait déjà rencontré avant,
15:53mais pour la deuxième fois,
15:55elle re-rencontre Diego.
15:59Mais il ne se passe, a priori, rien à ce moment-là.
16:03Et ensuite, elle ira le trouver, en effet,
16:06pour lui montrer son travail.
16:08Mais ce que je disais, c'est qu'elle re-rencontre Diego,
16:09parce qu'en fait, elle le rencontre une première fois
16:11lorsqu'elle est étudiante dans cette fameuse préparatoria.
16:15Diego a été invité à peindre une grande fresque
16:18dans l'auditorium de l'école.
16:20Et elle, en fait, elle a entendu qu'il y avait
16:25ce Diego Rivera qui le paignait à l'époque,
16:27il avait une aura incroyable,
16:28c'était le grand Pintor.
16:30Et en fait, elle déboule comme ça en trombe
16:33à la nuit tombée dans l'amphithéâtre
16:35où il est en train de peindre.
16:37Le lycée est vide.
16:39Et déjà, elle se présente à nuit comme ça.
16:41Et ensuite, elle dira à ses amis,
16:43un jour, j'aurai un enfant de Diego.
16:45Donc voilà.
16:46Donc c'était elle re-rencontre,
16:47finalement, bien des années après Diego.
16:50Et c'est là où, véritablement,
16:51il va devenir un peu d'abord ce mentor.
16:56Il va lui rendre visite plusieurs fois
16:57à la Casa Assoude.
16:58Elle va lui montrer son travail,
17:00il va l'aiguiller un peu.
17:02Et puis, évidemment,
17:04cette fille en aiguille,
17:05un biseau qui se transforme en mariage
17:08au grand dame des parents de Freda Kahlo.
17:10Le père de Freda Kahlo avait prévenu Diego Rivera
17:13en lui disant,
17:14« Son, ma fille, c'est un démon. »
17:16Visiblement, il n'y avait pas de quoi aller prier.
17:18Surtout pour cet homme qui avait quand même,
17:21enfin, qui en fait avait le double de son âge
17:22et qui était physiquement à l'opposé
17:25de cette petite colombe.
17:28On les surnommait,
17:29c'était le mariage de l'éléphant.
17:31Justement, vous disiez,
17:35Freda Kahlo, on ne parle que de sa vie privée.
17:38Alors, parlons de sa création.
17:40Est-ce que Diego, il a visité Paris,
17:42il a visité toute l'Europe ?
17:44Il lui a sûrement enseigné beaucoup de choses.
17:47Est-ce qu'on a des traces ?
17:48En fait, on a...
17:51Alors, c'est vrai qu'on parle,
17:53déjà sur ce que vous disiez tout à l'heure,
17:54on parle surtout de sa vie,
17:56de sa vie privée.
17:57Après, c'est vrai qu'il faut dire que Freda Kahlo,
18:00enfin, sa vie privée,
18:01c'était aussi,
18:02c'était le terreau vraiment dans lequel elle a puisé.
18:04C'était la matière première de son oeuvre.
18:06C'était vraiment sa vie.
18:08D'ailleurs, elle disait,
18:09quand on lui a...
18:10On a essayé de la rattacher au courant surréaliste.
18:12Elle, elle disait,
18:12« Je n'ai pas peint mes rêves,
18:14j'ai peint la réalité. »
18:15Donc, il y a quand même...
18:16Enfin, on ne peut pas...
18:17Enfin, occulter complètement sa vie
18:19pour analyser son oeuvre.
18:22Après, Frida Kahlo,
18:25elle est...
18:26Enfin, on peut dire,
18:27à part...
18:28Elle a eu quelques cours de dessin par ce faire-là,
18:30mais sinon, elle est quand même purement autodidacte.
18:33Diego Rivera, il a...
18:35Disons qu'il a fait...
18:37Il l'a conseillée,
18:38mais il n'a jamais...
18:39Il lui a dit...
18:40Par exemple,
18:41on sait que Frida Kahlo,
18:42elle a peint beaucoup sur des rétablots,
18:45ce qui est inspiré des peintures,
18:47de vautives mexicaines.
18:49C'est Diego Rivera qui lui dit,
18:51« Tu devrais te re-peindre sur des petites plaques métalliques. »
18:55Donc, il l'aiguille comme ça,
18:57mais il ne l'a jamais, entre guillemets,
19:00montré ou dit,
19:01« Tu devrais... »
19:03Et finalement,
19:05Frida Kahlo,
19:06elle a très peu cherché à expliquer sa peinture.
19:10Elle avait un rapport qui était très instinctif,
19:12en fait,
19:13à ce qu'elle peignait.
19:16Et souvent, d'ailleurs,
19:18au-delà des autoportraits qu'elle a pu peindre,
19:21c'est...
19:21Il faut savoir que déjà,
19:22le corpus de de Frida Kahlo est très restreint.
19:24C'est 144 œuvres, à peu près,
19:28sur...
19:29Voilà,
19:29donc c'est quand même assez...
19:31C'est plus simple.
19:32Et plus d'une...
19:33Enfin, une cinquantaine d'autoportraits,
19:35mais c'est plus que Ramblin et Rambock,
19:37c'est vraiment la championne dans la vingtaine.
19:39Et à part ça,
19:40elle a aussi beaucoup moins des portraits de ses proches
19:41ou des autoportraits qu'elle dédiait à ses amis.
19:45Et donc, elle faisait cadeau.
19:46Et donc, elle avait...
19:48Enfin, voilà,
19:49elle avait ce rapport très...
19:51Très, ouais,
19:52que je le disais,
19:52très instinctif
19:53où elle n'a pas forcément non plus cherché
19:55à expliquer sa peinture,
19:57à lui donner un sens autre que ce qu'elle ressentait.
20:01Et aussi, ce qui est important de souligner,
20:05c'est que pendant très longtemps,
20:06elle a douté.
20:07Elle a douté d'elle-même.
20:10Elle a douté de son...
20:11de son talent.
20:13Et quand le galeriste Julian Nevy
20:16lui écrit pour lui dire
20:18« J'ai vu votre travail,
20:20ça m'intéresse. »
20:22Donc, Julian Nevy,
20:22c'est un galeriste
20:24qui va être très important à New York
20:26parce qu'il va véritablement représenter
20:30un peu cette scène des surréalistes
20:32aux États-Unis.
20:33Et donc, quand il lui écrit,
20:35c'est quand même un événement.
20:37Et elle, en fait,
20:39elle est là
20:39« Mais je ne comprends pas
20:40pourquoi il s'intéresse à mon travail.
20:41Bon, je lui ai envoyé quelques photos. »
20:44Voilà.
20:44Donc, elle a ce rapport
20:47un peu ambivalent
20:48à sa propre peinture.
20:50Et en même temps,
20:52elle sait qu'elle est douée.
20:54justement, Rivera, il lui a envié
20:58cette façon de pouvoir parler
21:01d'elle-même.
21:02Il lui disait « J'en suis pas capable.
21:03J'ai fait des grandes peintures
21:07sur la société mexicaine.
21:08Je ne sais pas faire ce que tu fais. »
21:14Est-ce qu'au fond,
21:15elle n'a pas tellement peint,
21:19mais est-ce qu'au fond,
21:20on ne revient pas vers sa vie privée
21:22et vers la douleur ?
21:24La douleur, ça empêche de bouger,
21:26ça empêche de peindre.
21:27Et Diego, il lui disait « Frida,
21:28il faut que tu peines,
21:29tu peines, tu peines. »
21:31En fait, c'est là où Diego Rivera
21:35va avoir aussi un rôle très important
21:37dans la carrière de Frida Kahlo.
21:40C'est qu'au-delà de lui donner
21:43des conseils purement artistiques,
21:45il va véritablement l'encourager.
21:48Alors, attention,
21:48je ne suis pas en train de redorer
21:49le blason de Diego Rivera
21:51qui avait aussi ses défauts
21:54et qu'on connaît très bien.
21:56Mais j'aime bien aussi rappeler
21:58qu'il n'a pas été que
22:00cet homme à femme
22:02et cette espèce d'ogre
22:04avec un appétit sexuel débordant.
22:08Il a été aussi cette figure
22:10de mentor pour Frida Kahlo
22:12qui l'a toujours soutenue
22:15dans toutes les épreuves
22:16qu'elle a traversées,
22:17qui l'a toujours encouragée
22:18à peindre justement
22:19pour ne plus la faire penser
22:24à ses traumatismes.
22:26Et notamment,
22:27juste après leur mariage,
22:30en fait,
22:30ils vont partir aux États-Unis
22:33puisque Diego a reçu
22:35plusieurs commandes
22:37pour des fresques.
22:39Et Frida va traverser
22:40un épisode horrible
22:41puisqu'elle va faire
22:42une fausse couche
22:44absolument terrible
22:46où en fait,
22:47les médecins lui avaient déconseillé
22:49de garder l'enfant
22:51qu'elle portait
22:51en raison de son état de santé,
22:54sachant qu'elle avait déjà perdu
22:56un enfant
22:56quelques temps plus tôt.
23:00Et donc,
23:00elle va faire
23:01cette fausse couche
23:01terrible
23:03où elle va être retrouvée
23:04par Diego
23:04dans un banc de sang.
23:07Et c'est lui
23:08qui,
23:09au retour de cette expérience,
23:10au retour de l'hôpital,
23:11va lui dire
23:11il faut que tu peines.
23:13Et c'est là
23:13où elle va peindre
23:14véritablement des toiles
23:15absolument folles
23:17et qui sont tout à fait
23:19bouleversantes.
23:20Je pense à l'hôpital
23:21Henri Ford
23:22qui notamment
23:24fait référence
23:26à cet épisode douloureux.
23:28Et donc,
23:30malgré leurs histoires
23:31de tromperie,
23:33d'angulade,
23:34d'insulte,
23:36il a toujours été
23:37très proche
23:38et ça se manifeste aussi
23:41notamment dans les dernières
23:42vannées de sa vie,
23:43à la toute fin de sa vie
23:43quand elle est hospitalisée,
23:45qu'elle est amputée
23:47parce que sa jambe
23:48est gangrénée
23:49et le médecin
23:50décide de la couper.
23:55Et c'est Diego Rivera
23:56qui va lui apporter
23:56son matériel pour peindre,
23:59qui va organiser
24:00des séances de cinéma,
24:02ramener ses amis,
24:04Frida Kahlo
24:04a duré les dessins minés.
24:05Donc voilà.
24:07Et tout ça
24:07à tel point
24:08qu'elle écrit
24:09que son séjour,
24:10parce que comme elle
24:10encore une fois
24:11elle avait beaucoup d'humour,
24:11à la fin elle disait
24:12mais en fait
24:12son séjour à l'hôpital
24:13c'est une vraie fiesta.
24:14et peut-être
24:15ce sont ses mots.
24:17Alors que bon
24:17elle avait juste été amputée
24:19quand même.
24:19Mais voilà,
24:20ça lui a permis aussi
24:21de faire face
24:22à, enfin sa présence
24:24lui a permis
24:24de faire face
24:25à ces événements
24:26et à toujours
24:28persévérer
24:28dans la peinture.
24:30Ce qui est intéressant
24:31aussi entre eux
24:32c'est cette passion
24:32pour le Mexique
24:33et les civilisations
24:35grondiennes.
24:36ils ont même fait un musée
24:39ou peut-être ?
24:39En fait,
24:40ils collectionnaient
24:42énormément d'objets
24:43précolombiens
24:44et d'ailleurs
24:46quand on visite
24:47la caisse à la soupe
24:48c'est omniprésent.
24:50Je parlais des ex-votos
24:51aussi tout à l'heure
24:52ils avaient des murs
24:53remplis du sol
24:55au plafond
24:56d'ex-votos
24:56il y a des photos
24:57incroyables aussi
24:58qui le viontrent
24:59et c'est quelque chose
25:00qui va être très important
25:01aussi dans la peinture
25:02de Frida Kahlo
25:03on a souvent
25:04des éléments
25:06qui rappellent
25:07cet héritage
25:08notamment des statues
25:09précolombiennes
25:10ou des architectures
25:11mayas
25:12et puis ça se manifeste
25:14évidemment
25:14à travers son style
25:16vestimentaire
25:16son style
25:17qui est évidemment
25:18iconique
25:19et d'ailleurs
25:20qui avait fait l'objet
25:21de ça
25:21il y a quelques années
25:22maintenant
25:22d'une très belle exposition
25:24au musée Galliera
25:25et donc voilà
25:28c'est quelque chose
25:28d'important
25:29de revendiquer
25:31cette identité
25:33cette identité
25:34cette mexicanité
25:35voilà
25:37justement
25:39à un moment
25:41on en prend
25:41vraiment confiance
25:42et tous
25:43ces autoportraits
25:44sont extrêmement
25:45travaillés
25:46en ce sens
25:47en fait
25:47elles réalisent
25:48qu'elles deviennent
25:49une sorte d'icône
25:49en fait
25:50il y a un peu
25:51un moment de bascule
25:52qui s'opère
25:54c'est le premier moment
25:55de bascule
25:55il s'opère
25:56quand ils sont
25:57aux Etats-Unis
25:58et c'est la première fois
26:00qu'elle quitte le Mexique
26:01elle est ravie
26:02parce qu'elle va découvrir
26:04plein de choses
26:04elle est jeune mariée
26:06voilà
26:06c'est une nouvelle opportunité
26:08et en fait
26:08elle va déchanter
26:10elle va détester
26:11comme elle appelle
26:12ce pays de gringo
26:14vraiment
26:15elle l'appelle
26:15gringolandia
26:16et vraiment
26:17ses lettres
26:18à cette époque-là
26:19elles sont
26:19elles sont terribles
26:20vraiment
26:21envers les américains
26:22elle les méprise
26:24et pour elle
26:25le Mexique
26:26vraiment
26:26en fait
26:27elle se rend compte
26:28que c'est toute sa vie
26:29elle a un terrible mal du pays
26:31et elle va
26:33en fait
26:33déjà aux Etats-Unis
26:34elle se rend compte
26:35que
26:36s'habiller un peu
26:38en voilà
26:40en piochant
26:41comme ça
26:41dans
26:41les tenues
26:43de Téhuana
26:43en arborant
26:45des ribosos
26:46flamboyants
26:47en marchant
26:48avec des sandales
26:48en mettant des fleurs
26:49dans ses cheveux
26:50tout ça
26:50elle se rend compte
26:51que ça fascine
26:52en fait
26:53la haute société américaine
26:55qu'elle côtoie
26:57à ce moment-là
26:58il y a aussi
26:59on en parlait tout à l'heure
27:00le photographe
27:01Edward Weston
27:02qui raconte
27:03qu'il a croisé
27:04au restaurant
27:05habillé
27:06avec
27:07enfin
27:07voilà
27:08et
27:09elle est absolument fascinante
27:10donc elle prend très vite
27:12conscience
27:12de cette
27:13de cette aura
27:14et en fait
27:15elle va
27:15en faire
27:16un élément
27:17aussi récurrent
27:17dans sa peinture
27:18et ça devient
27:20d'autant plus important
27:21à un moment
27:21où après
27:22son exposition
27:23avec
27:24un surréaliste
27:25à Paris
27:26qui ne se passe pas
27:27très très bien
27:28quand elle rentre
27:31c'est le drame
27:33parce que
27:34Diego
27:35demande le divorce
27:36et donc
27:38tout à coup
27:38elle va devoir subvenir
27:39à ses propres moyens
27:41elle ne va plus pouvoir
27:42compter sur
27:42l'aide financière
27:43de Diego
27:43et c'est là
27:45où elle va se mettre
27:45aussi à produire
27:46beaucoup d'autoportraits
27:47et beaucoup d'autoportraits
27:48avec
27:48voilà
27:49tous ces signes
27:49distinctifs
27:50dont on parlait
27:50tout à l'heure
27:51parce qu'en fait
27:52c'est ce qui plaît
27:52au collectionneur
27:53qui est vraiment
27:54qui a vraiment
27:56envie de retrouver
27:58cette mexicanité
27:59qui a envie
28:00d'avoir
28:00cette image
28:01d'épinal
28:02de Frida Kahlo
28:03qui déjà
28:04à l'époque
28:04en fait
28:05est
28:06une commune
28:08on n'a pas encore
28:10parlé du communisme
28:11moi j'ai l'impression
28:12que jusqu'au bout
28:13elle est restée
28:14naïve
28:14je ne sais pas
28:19si on peut parler
28:20de naïveté
28:21parce que
28:22elle rejoint
28:23le parti communiste
28:24grâce à Tina Modoti
28:27en 28
28:28et
28:29alors c'est vrai
28:30que
28:31jusqu'à la sous-tente
28:32elle va le quitter
28:34ensuite le parti communiste
28:35quand
28:35Diego Rivera
28:36va être exclu
28:39du parti
28:39pour
28:40notamment
28:40avoir
28:41enfin c'est presque
28:41aux Etats-Unis
28:42pour des gros
28:43industriels
28:44comme Ford
28:44ou comme Raphaël
28:45mais
28:46elle va avoir
28:48cet engagement
28:49qui va là-dessus
28:51tout au long de sa vie
28:52elle va accueillir
28:53trop de ski
28:53chez elle
28:54elle va avoir
28:54une histoire
28:55d'amour avec lui
28:57après
28:59elle n'a pas
29:00elle n'a pas tenu
29:01elle a eu
29:02un engagement
29:03j'ai envie de dire
29:04physique
29:05mais elle n'a pas écrit
29:06sur son engagement
29:08véritablement
29:09donc c'était
29:10je ne sais pas si
29:12j'ai pas envie
29:13de faire parler les morts
29:14et de dire
29:15qu'elle a été naïve
29:16mais
29:17c'est vrai que son rêve
29:19c'était de rencontrer
29:19Staline
29:20et à la toute fin de sa vie
29:22sa dernière oeuvre
29:23c'était un portrait
29:24inachevé de Staline
29:25et quand elle se fait enterrer
29:27elle a donc
29:28des obsèques
29:28nationaux
29:29et évidemment
29:30c'est un drapeau
29:31avec le marteau
29:32et la poussi
29:33qui recouvre
29:34son parcours
29:35donc c'est sûr
29:36que c'est un
29:36un engagement
29:37après
29:38est-ce qu'elle
29:38est-ce qu'elle a été
29:40forcément au courant
29:41de
29:41dans les années 50
29:44oui mais
29:46là à toute fin de sa vie
29:47elle était
29:48très très malade
29:49elle souffrait
29:50énormément
29:50à la fois physiquement
29:52à la fois psychologiquement
29:53elle était
29:54elle était
29:55enfin vraiment
29:57elle ne tenait
29:58que par les
29:59que par les médicaments
30:00que par l'alcool
30:01donc je ne sais pas
30:02si on peut
30:03véritablement
30:04lui reprocher
30:05de ne pas avoir
30:05de répartie
30:07c'est ça
30:07je ne reproche pas
30:08je trouve ça étonnant
30:09je ne reproche rien
30:11d'ailleurs
30:14vous évoquez
30:15la fin de sa vie
30:16mais pour vous
30:17elle s'est suicidée
30:18ou pas
30:19je vous dis
30:19alors c'est une rumeur
30:21qui fait beaucoup
30:23enfin qui a fait
30:24beaucoup parler
30:25qui a été
30:26démentie
30:28il y a eu cette
30:29oui en fait
30:30on a
30:31à un moment
30:33on s'est demandé
30:34si en effet
30:35même si
30:36Diego Rivera
30:37ne l'avait pas
30:37aidé
30:38à mourir
30:39donc moi je m'en tiens
30:42évidemment
30:42en tant que journaliste
30:43à la version officielle
30:44au fait
30:46je n'étais pas présente
30:48à ce moment-là
30:49à la casse à la soule
30:50en tout cas
30:50ce qui est certain
30:51c'est que
30:52jusqu'au dernier
30:53enceint de sa vie
30:54elle a montré
30:55une combativité exemplaire
30:57qui
31:00selon moi
31:02laisse peu de place
31:04au doute
31:04très peu de temps
31:06avant de mourir
31:07elle parlait encore
31:07de vouloir adopter
31:08des enfants
31:09qui est vraiment
31:11le grand regret
31:12de sa vie
31:12de ne pas avoir pu
31:15transmettre
31:17de faire
31:18un petit dieguito
31:19qui était son
31:19son grand oeuvre
31:22mais
31:24donc moi
31:25je ne pense pas
31:25je ne pense pas
31:27véritablement
31:28qu'elle se soit
31:28ôtée la vie
31:30en tout cas
31:30en tout cas
31:32jusqu'à
31:32sa mort
31:34ce qui est sûr
31:35c'est que
31:36elle était
31:36quelques semaines avant
31:38encore pleine de vie
31:39et d'ailleurs
31:40sa dernière apparition publique
31:42on parlait de son engagement
31:43tout à l'heure
31:44c'était
31:44lors d'une manifestation
31:46on la voit
31:47elle est en chaise roulante
31:48avec le regard
31:49un peu éteint
31:49parce qu'elle a encore
31:50eu une pulmonie
31:51ou en tout cas
31:52elle était un malade
31:53mais elle lève le poing
31:54et elle est là
31:55elle est prête
31:57à combattre
31:58à défendre ses idées
31:59et voilà
32:01donc
32:01je pense que
32:02quand elle est décédée
32:04elle n'avait pas encore
32:05dit son dernier mois
32:06et
32:07l'héritage
32:09de Frida Kahlo
32:09on n'en finit pas
32:10de le mesurer
32:11c'est monté
32:13petit à petit
32:14vous avez des choses
32:16à nous dire
32:16sur l'héritage
32:18et la Frida Mania
32:19alors
32:20il y a
32:22un engouement populaire
32:23pour la figure
32:24de Frida Kahlo
32:25et pour l'art
32:26de Frida Kahlo
32:26qui est indéniable
32:27et qui ne cesse
32:28de croître
32:29depuis
32:30maintenant
32:31une grosse vingtaine
32:32d'années
32:32qui a été
32:33évidemment
32:33la figure
32:34de Frida Kahlo
32:35a été évidemment
32:36popularisée
32:37on en parlait
32:38tout à l'heure
32:38avec le film
32:40avec Sama Hayek
32:42dans le rôle
32:43de Frida
32:44et ensuite
32:45quelques
32:46voilà
32:46quelques
32:47grands moments
32:48de pro-culture
32:50avec Madonna
32:51Frida Kahlo
32:52plein de choses
32:54après
32:55c'est vrai
32:56que ce qu'on appelait
32:57la Frida Mania
32:58c'est aussi
32:58cette
32:59cette réappropriation
33:01de l'oeuvre
33:01de Frida Kahlo
33:02et ce détournement
33:04pour en faire
33:05des tas d'objets
33:06marketing
33:07de plus ou moins
33:09mauvais goût
33:10dernièrement
33:12ce qui a fait scandale
33:13c'était je crois
33:13une collaboration
33:14avec
33:16une grande marque
33:18de fast fashion chinois
33:19dont on parle énormément
33:20en ce moment
33:21voilà
33:23qui avait
33:23qui s'était
33:24complètement
33:25réapproprié
33:26l'image de Frida Kahlo
33:27ses fleurs
33:28etc.
33:29pour en faire
33:29une fête d'icône
33:30mode
33:30donc ça
33:31c'est une chose
33:32qui fait débat
33:33après
33:34une autre
33:35c'est que
33:35l'héritage
33:36de Frida Kahlo
33:36il est notamment
33:37présent
33:38dans la mode
33:39dans la haute culture
33:41on en parlait
33:42tout à l'heure
33:42cette exposition
33:43que l'est consacrée
33:44le palais de Galliera
33:45il y a 2-3 ans
33:47l'a bien montrée
33:48chez Gauthier
33:50entre autres
33:50Frida Kahlo
33:52ne cesse
33:53d'inspirer
33:54véritablement
33:56les artistes
33:57après
33:58voilà
33:59je pense que
33:59Frida Kahlo
34:00elle a été
34:02très importante
34:03et
34:04enfin
34:05dans son temps
34:06mais il ne faudrait pas
34:07non plus qu'elle occulte
34:09complètement
34:09toute la scène
34:10artistique
34:11mexicaine
34:12de cette époque-là
34:13et tout un tas
34:14d'autres
34:14femmes
34:16géniales
34:16artistes
34:17qui étaient
34:18artistes
34:19au même moment
34:20au Mexique
34:22dans ces années-là
34:24un second livre
34:25un fort compas
34:26un fort compas
34:28est-ce qu'on a mis
34:30quelque chose ?
34:32je ne sais pas
34:33j'ai l'impression
34:33d'avoir beaucoup parlé
34:34et est-ce que vous
34:38vous avez des questions ?
34:41de quoi est-elle morte ?
34:44alors
34:45elle est morte
34:45en fait
34:47de
34:47de
34:48maladie
34:48donc
34:49la fin de sa vie
34:51a été très compliquée
34:51parce qu'elle a été
34:52je le disais
34:53elle a été amputée
34:54elle souffrait
34:55beaucoup de douleurs chroniques
34:57et elle avait une santé
34:58très fragile
34:59et notamment
35:00lors de cette manifestation
35:02dont je parlais
35:03qui est sa dernière
35:04grande apparition publique
35:06en fait
35:06elle a eu une pneumonie
35:08qui a été
35:08qui a dégénéré
35:10en fait
35:10tout simplement
35:10et qui l'a
35:12énormément affaiblée
35:13et donc
35:13elle est décédée
35:14des suites
35:15de la pleine ou
35:17voilà
35:17normalement c'est moi
35:31qui me pose
35:31les questions
35:31mais je vais
35:32non mais écoutez
35:35s'il n'y a pas
35:36d'autres questions
35:37je pense
35:37non je veux savoir
35:39qu'est-ce que tu avais
35:41préféré
35:42découvrir
35:44en fait
35:45à travers
35:46tes recherches
35:47pour écrire ce livre
35:48je sais que tu as
35:51tu as aussi
35:52approfondi
35:53ce travail
35:54que tu connaissais déjà bien
35:55mais
35:56oui bien sûr
35:57ce que j'ai
35:58alors
35:59j'avais cette image
36:00de Frida Kahlo
36:01qui est
36:02toujours
36:03cette
36:03c'est un peu
36:03cette
36:04cette image
36:05un peu froide
36:06ces portraits
36:07un peu ératiques
36:08qui ne laissent
36:09passer aucune émotion
36:10alors on la voit pleurer
36:11en même temps
36:12elle ne ressent rien
36:13et j'avais l'impression
36:15que c'était cette image
36:16à chaque fois
36:16de sublime douleur
36:18et de résilience absolue
36:20alors qu'en fait
36:21c'est notamment
36:22en la lisant
36:22je me suis rendu compte
36:24à quel point
36:24elle était drôle
36:26et à quel point
36:26elle aimait la vie
36:28et vraiment
36:29dans ses écrits
36:30ça se ressent
36:31elle
36:31déjà elle passe
36:33sans cesse
36:33de l'anglais
36:34à l'espagnol
36:35elle
36:36souvent
36:37elle insulte
36:38tout le monde
36:39et puis surtout
36:42elle insulte
36:44tout le monde
36:44mais elle aime
36:44tout le monde aussi
36:45c'est quelqu'un
36:46qui était
36:46très entier
36:48et véritablement drôle
36:49elle fait tout le temps
36:50des blagues
36:51elle rigole
36:52elle aime
36:52les dessins animés
36:53elle aime
36:54les films
36:56elle aime le cinéma
36:57c'est véritablement
36:59j'ai aimé
37:00découvrir cette facette
37:01de sa personnalité
37:03dont je trouve
37:04qu'on n'évoque pas
37:05assez justement
37:06qui est cette
37:07Frida
37:08qui je pense
37:09moi j'aurais adoré
37:10être sa copine
37:11vraiment
37:11en félicitations
37:22c'est magnifique livre
37:24qui s'appelle
37:25l'art plus grand
37:26c'est à dire
37:27que vous pouvez ouvrir
37:28certaines pages
37:29ça fait des posters
37:32c'est magnifique
37:33en fait le principe
37:37de cette collection
37:39en effet
37:39c'est de
37:40de donner
37:42comme son nom l'indique
37:43avoir l'art
37:44d'Otri Dacalo
37:46en plus grand
37:46donc parmi
37:48toutes les
37:48les oeuvres
37:49qui sont reproduites
37:50il y en a
37:52notamment six
37:53qui font l'objet
37:54de dépliants
37:56comme cette
37:58orthopathe
37:59fait
38:00au colibri
38:01et
38:02donc
38:05ces oeuvres
38:06sont commentées
38:07des petits commentaires
38:08d'oeuvres
38:09pour
38:09donner des pistes
38:11de réflexion
38:13d'analyse
38:14d'analyse
38:14d'oeuvre
38:15sans non plus
38:16trop assommer
38:17de détails
38:17l'idée c'est de rester
38:18accessible
38:20au plus grand nombre
38:22et de permettre
38:23au plus grand nombre
38:24de se familiariser
38:25avec la teinture
38:25de Frida Kahlo
38:26donc cette merveille
38:29se trouve
38:29à la place
38:30et puis en plus
38:32à rajouter
38:33par exemple
38:33l'oeuvre
38:34qui figure
38:36en couverture
38:36c'est
38:37en fait
38:38c'est une oeuvre
38:38c'est la seule oeuvre
38:40qu'on ait en France
38:42de Frida Kahlo
38:42quand elle arrive
38:44donc pour cette
38:45on n'est pas revenue dessus
38:47mais cette fameuse
38:47exposition
38:48avec les surréalistes
38:49à Paris
38:50en fait
38:51le Louvre
38:51va acheter
38:52cette oeuvre
38:52qui est une première
38:54reconnaissance institutionnelle
38:55pour Frida Kahlo
38:56qui était
38:56finalement
38:57dont les oeuvres
38:58circulaient plutôt
38:59auprès des collectionneurs
39:01et le Louvre
39:02se porte acquéreur
39:03de cette oeuvre
39:04qui ensuite
39:04rejoint
39:05les collections
39:06du Musée national
39:07de l'art moderne
39:08en Pompidou
39:09qui est donc
39:10du coup
39:10malheureusement
39:10fermée
39:11donc on ne peut plus
39:12la voir
39:12actuellement
39:13mais voilà
39:15c'est un très bel
39:15autoportrait
39:16qui diffère aussi
39:17de ses autoportraits
39:20les plus célèbres
39:21et qui reflète bien
39:24aussi ce soin
39:26qu'elle avait
39:26et dont on parlait
39:27tout à l'heure
39:28sur l'influence
39:30de toute la tradition
39:31des ex-boteaux
39:31dans la peinture
39:32de la peinture
39:33de la peinture
39:34de la peinture
39:35de la peinture
39:36de la peinture
39:37de la peinture
39:38de la peinture
39:39de la peinture
39:40de la peinture
39:41de la peinture
39:42de la peinture
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