- il y a 4 mois
Chères lectrices, chers lecteurs,
Voici la captation de notre soirée du 9 septembre 2025 en compagnie de Benny Malapa autour de son premier roman Un nègre qui parle yiddish (éditions Fayard).
🎙️ Discussion animée par l'éditeur Jean-François Dauven
Vous souhaitant de belles lectures,
L'écume 🌊
-
La Quatrième : Né à Hambourg en 1914 d’une mère allemande et d’un père camerounais, Paul fuit la misère et le racisme de ceux qui traitent sa mère de « pute à nègre ».
Suzanne, de quatre ans sa cadette, en a 11 lorsque la crise de 1929 ruine sa famille de la moyenne bourgeoisie juive de Varsovie. À l’indigence s’ajoute bientôt l’antisémitisme, et c’est à Paris que Suzanne rejoint ses parents venus chercher de nouvelles raisons d’espérer.
Paul et Suzanne se rencontrent à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Ils s’aiment. Et c’est à la mairie du XXe arrondissement de la capitale sous domination allemande qu’est célébrée l’union aussi stupéfiante que miraculeuse d’un métis germanocamerounais et d’une juive polonaise.
Mais nous sommes désormais en 1942. Dans Paris occupé, un tel couple n’a plus sa place. Il faut fuir encore, lutter, résister, survivre à la douleur.
Bravant les tempêtes de l’histoire, Paul et Suzanne nous bouleversent par leur traversée d'un XXe siècle jalonné de renoncement, de joie, de douleur et d'espoir.
Voici la captation de notre soirée du 9 septembre 2025 en compagnie de Benny Malapa autour de son premier roman Un nègre qui parle yiddish (éditions Fayard).
🎙️ Discussion animée par l'éditeur Jean-François Dauven
Vous souhaitant de belles lectures,
L'écume 🌊
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La Quatrième : Né à Hambourg en 1914 d’une mère allemande et d’un père camerounais, Paul fuit la misère et le racisme de ceux qui traitent sa mère de « pute à nègre ».
Suzanne, de quatre ans sa cadette, en a 11 lorsque la crise de 1929 ruine sa famille de la moyenne bourgeoisie juive de Varsovie. À l’indigence s’ajoute bientôt l’antisémitisme, et c’est à Paris que Suzanne rejoint ses parents venus chercher de nouvelles raisons d’espérer.
Paul et Suzanne se rencontrent à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Ils s’aiment. Et c’est à la mairie du XXe arrondissement de la capitale sous domination allemande qu’est célébrée l’union aussi stupéfiante que miraculeuse d’un métis germanocamerounais et d’une juive polonaise.
Mais nous sommes désormais en 1942. Dans Paris occupé, un tel couple n’a plus sa place. Il faut fuir encore, lutter, résister, survivre à la douleur.
Bravant les tempêtes de l’histoire, Paul et Suzanne nous bouleversent par leur traversée d'un XXe siècle jalonné de renoncement, de joie, de douleur et d'espoir.
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00:00Bonsoir à tous, merci beaucoup de vous être déplacés en nombre pour saluer la sortie de ce roman formidable, merveilleux, éblouissant, de Benny Malapa, un nègre qui parle yiddish.
00:16Merci à la très prestigieuse librairie L'Écume des Pages de nous accueillir ce soir et d'avoir très rapidement manifesté beaucoup d'intérêt pour ce livre.
00:24On réjouit dire que cette librairie est une rescapée d'un Saint-Germain-des-Prés que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, à qui on souhaite encore une longue vie.
00:36Et puis, merci beaucoup à notre ami commun Jean-Marc Cherpa, ici présent dans la salle, sans qui toute cette histoire n'aurait sans doute pas eu lieu.
00:48Voilà, si vous voulez en savoir plus, vous poserez la question à la fin.
00:52Je te coupe, c'est sans Paul Malapa et Suzanne, il n'aurait pas eu lieu. Jean-Marc est venu après.
00:56Ah ben, bien sûr. Alors, sinon, ça me paraît très étrange.
01:01Je sais qu'il y a beaucoup d'amis dans la salle et Benny m'a beaucoup parlé de la tradition orale.
01:06Voilà, donc je sais qu'il y a pas mal de gens qui connaissent déjà l'histoire de Paul et Suzanne,
01:10mais je vais partir du principe que tout le monde ne la connaît pas et essayer de la résumer en quelques phrases.
01:16Paul, c'est le père de Benny, Paul est né en Allemagne, à Hambourg, d'un père camerounais,
01:26puisque à l'époque le Cameroun était une colonie germanique, et d'une mère allemande.
01:32Paul grandit dans la misère, Paul est en proie au racisme, on traite sa mère de pute à nègre,
01:41et donc quand il en a la possibilité, il décide de fuir cette ambiance, et il trouve refuge à Paris.
01:50À Paris où le racisme n'est sans doute pas absent, mais où il est sans doute un peu moins virulent qu'en Allemagne.
01:56Là, notre ami Paul montre des dispositions pour la bagarre, on va dire ça comme ça.
02:01Il monte sur le ring, il se fait boxeur, il remporte pas mal de succès, ça lui ouvre des portes.
02:08C'est une époque où les gens du showbiz aiment bien s'afficher avec des boxeurs, donc ça marche pas mal pour lui.
02:15De l'autre côté, on a Suzanne, famille de commerçants juifs de Pologne.
02:22D'industrie.
02:22D'abord frappé par la crise de 1929, et ensuite frappé par l'antisémitisme, c'est pareil.
02:31L'antisémitisme, il s'est mis un peu partout dans le monde à cette époque,
02:35mais disons qu'en Pologne, il avait la réputation d'être encore plus dur qu'ailleurs.
02:40Et donc la famille de Suzanne, c'est un résumé, on est bien d'accord,
02:43la famille de Suzanne trouve également refuge à Paris,
02:46et là figurez-vous que le père de Suzanne dit à son fils aîné,
02:50« Écoute, je te trouve un peu, comment dire, il ne l'a certainement pas dit comme ça,
02:57mais je te trouve un peu mou du genou, les temps sont durs, il faut pouvoir rendre les coups,
03:01il faut pouvoir riposter, je vais t'offrir des cours de boxe. »
03:05Il cherche un instructeur, et bien l'instructeur ce sera Paul.
03:09C'est ainsi que Paul fait la connaissance de l'ensemble de la famille,
03:11rencontre Suzanne, et qu'un métisse, Germano Camerounais,
03:16finit par tomber amoureux d'une juive polonaise,
03:20et que ces deux personnages vont se marier à la mairie du XXe,
03:24alors que Paris est déjà occupée.
03:27C'est une histoire absolument inouïe, rien que ça, ça suffit,
03:32sauf que ce n'est que le début, puisqu'il y a évidemment un groupe pareil,
03:35il ne peut pas rester là, ils sont obligés de fuir,
03:37ils passent la ligne de démarcation, ils se réfugient à Marseille,
03:40Paul rentre dans la résistance, mais Hitler a décidé que Marseille
03:44étant le chancre de l'Europe, le dernier endroit où on croise
03:48des Juifs, des Noirs, des Métèques, des Arabes, de toute espèce,
03:51il faut y mettre le haut là, donc il y aura la grande rafle,
03:56c'est à ce moment-là que tout le bas du quartier, du panier sera dynamité,
04:00donc il faut fuir encore, etc.
04:03Voilà, brossé à grands traits, l'histoire authentique,
04:09l'histoire vraie de Paul et Suzanne, que Benny a donc entrepris de raconter,
04:16mais d'une manière particulière, et ce sera ma première question,
04:19parce que je vais arrêter de parler, je vais le laisser parler lui,
04:22il l'a fait en donnant la parole alternativement à Paul et Suzanne,
04:26donc en se glissant alternativement dans la peau de son père,
04:29dans la peau de sa mère, il m'avait dit, c'est une expérience quand même
04:32un peu particulière, voilà.
04:36Et donc, ma première question, c'est, pourquoi ce choix ?
04:39Puisque tu aurais très bien pu décider, cette histoire,
04:42c'est évidemment celle de tes parents, mais c'est aussi la tienne,
04:45tu aurais pu décider de la raconter de ton propre point de vue,
04:49pourquoi ce choix qui, moi, m'a tout de suite convaincu,
04:53m'a paru être très rohanesque, mais qui aurait pu être autre ?
04:57En fin de compte, je ne voulais pas préempter l'histoire de mes parents,
05:02parler à leur place, parce que c'est eux qui l'ont vécu,
05:05nous, on l'a vécu, je dis nous, parce qu'on est beaucoup,
05:07il y en a pas mal dans cette salle, on est beaucoup à l'avoir vécu,
05:10à l'avoir entendu, à l'avoir partagé, parce que dans le livre,
05:13on ne s'arrête pas à la guerre, il y a ensuite la décolonisation,
05:16et beaucoup d'entre nous étaient déjà nés,
05:18et donc on l'a partagé avec eux, mais c'est eux qui l'ont vécu,
05:23et j'ai trouvé que c'était intéressant, parce qu'ils avaient parlé aussi,
05:27pas seulement parce que moi j'ai eu cette idée,
05:29mais moi, quelques années avant, je ne voulais pas que ça disparaisse,
05:33puisque c'est la tradition orale, mon père n'avait jamais rien écrit,
05:35donc je l'ai fait interviewer par un copain qui était instituteur,
05:40mais qui parlait allemand, donc on l'a interviewé en allemand,
05:42parce qu'en fait, il maîtrisait le français, il parlait très bien français,
05:45mais il maîtrisait beaucoup plus, donc en plus allait en allemand.
05:48Donc je l'ai fait interviewer par un copain,
05:49et j'ai recueilli ce texte qui est resté très longtemps dans les tiroirs,
05:54et donc il y avait ça, et puis mes sœurs, aussi de leur côté,
05:58avec des amis, ont enregistré des DVD de ma mère,
06:03avec aussi des choses que moi-même je ne reconnaissais de même pas,
06:05comme eux, elles n'avaient jamais lu l'interview que j'ai fait,
06:08c'est ça qui est marrant.
06:08Et donc j'ai découvert, mon DVD, une façon de parler aussi,
06:13une façon de dire les choses qui n'étaient pas la mienne.
06:16Donc je m'exprime en tant que béni dans le prologue et dans l'épilogue,
06:20et le reste du livre, c'est eux qui parlent,
06:23comme ils nous l'ont raconté, et comment...
06:25C'est mon petit-fils qui vient d'arriver.
06:30Comment on l'a inventé, comme ça a été dit.
06:33Il y a une de mes nièces qui m'a demandé, avant-hier,
06:36qui m'a demandé...
06:39Alors, j'en profite quand même pour vous dire que
06:42je dédie comme cette première dédicace à mon frère Sam,
06:45qui est décédé lundi dernier,
06:48d'un anadème au pouvoir, à 80 ans,
06:50et que c'était quelqu'un de très important pour moi et pour toute la famille.
06:53Et donc il me dit, mais qu'est-ce qui est vrai,
06:55parce que moi je n'ai pas les mêmes versions de l'histoire et tout.
06:57Je lui ai dit, mais tu sais, du moment que cette histoire est à raconter,
07:01tu ne peux pas savoir, du moment qu'on raconte une histoire,
07:04vous le savez tous,
07:05et bien elle devient votre histoire,
07:07et vous la racontez à d'autres, qui la racontent à d'autres,
07:09c'est le système du téléphone arabe,
07:11on fait ça comme vous voulez,
07:12et à la fin, vous avez la version.
07:14Moi c'est ça.
07:15Moi je ne peux pas dire que chaque chose que j'ai dit
07:16est juste, précise, vérifiée.
07:18Je ne suis pas le biographe de mes parents.
07:20Je ne suis pas historien.
07:22Parce que ça aurait été vraiment des dizaines,
07:24vu le nombre d'archives que même j'ai croisées comme ça,
07:28ça aurait été des 7, 8 ans, 10 ans de travail sérieux.
07:31Moi je n'ai pas fait un travail sérieux.
07:33J'ai fait un travail de romancier, c'est autre chose.
07:36Voilà, j'ai fait un travail de romancier.
07:37Pardon, oui.
07:38J'ai fait un travail de romancier,
07:39je n'ai pas fait un travail sérieux.
07:41On n'est pas sérieux comme à 17 ans,
07:43et moi je ne suis toujours pas sérieux.
07:44Donc voilà, j'ai fait un travail de romancier,
07:49et donc je me suis emparé de cette matière.
07:51À ma façon, j'ai raconté l'histoire,
07:53on m'a raconté, mais à ma façon aussi.
07:55Donc je ne peux pas garantir au monde de ma famille
07:58la véracité de chaque chose que j'ai dit,
08:00mais en fait c'est vrai.
08:02Je le dis, puisque je le dis, c'est vrai.
08:04Donc vous l'aurez compris, il y a deux tons dans ce livre,
08:07puisque c'est deux personnages qui parlent.
08:09Il y a notre ami Paul qui est boxeur,
08:12et qui s'exprime un peu comme un boxeur.
08:14Suzanne vient d'une famille un peu plus bourgeoise,
08:17donc elle n'a pas exactement le même régime de langage, etc.
08:20Et ce qui est très très intéressant aussi dans le livre,
08:25c'est qu'il y a parfois des petits décalages
08:26entre les deux versions,
08:27c'est-à-dire que Paul et Suzanne n'ont pas vécu les choses
08:30toujours de la même manière.
08:33Leur amour, qui est extraordinaire,
08:35qui a traversé tous les affres du XXe siècle,
08:39mais a aussi été, comme tous les amours,
08:42soumis à parfois un peu d'usure.
08:46Et donc on a, à certains moments,
08:49Paul et Suzanne qui nous racontent le même événement,
08:52mais selon deux points de vue différents,
08:54c'est aussi très très littéraire.
08:57Ah ben, non, oui, tu...
08:59Non, non, non, non, on va en briller, on va en briller.
09:02Alors, on va revenir en arrière,
09:06on va revenir sur le prologue.
09:08Là aussi, je m'excuse pour ceux qui connaissent cette histoire,
09:10mais il faut savoir qu'on a un service juridique,
09:13puis un premier avocat, puis un deuxième avocat
09:15qui ont été consultés pour savoir
09:18si on aurait le droit d'utiliser le mot « nègre »
09:23sur la couverture.
09:25Ça a été l'objet de débats incroyables.
09:28Moi, je me suis battu pour,
09:29parce que je connaissais l'histoire,
09:34et donc je trouverais ça très intéressant
09:36que tu nous la racontes.
09:38Bon, voilà.
09:38Je l'ai raconté beaucoup,
09:41et je vais la raconter encore,
09:42mais avant, je vais raconter autre chose.
09:43En fait, je ne sais pas si c'est à quel endroit du livre,
09:48un jour, mon père m'a demandé,
09:49il m'a dit « Béni, t'as combien d'enfants ? »
09:51Je lui ai dit « J'en ai quatre. »
09:52Il m'a dit « C'est cinq. »
09:56« C'est pas le moins cinq. »
09:57« C'est la merde. »
09:58Je lui ai dit « Merci papa, c'est moi le cinquième. »
10:00Mais ça avait une signification, quand même,
10:04parce que ça veut dire qu'à partir du cinquième,
10:06il avait fait une espèce d'ascension incroyable
10:09avec la boxe, le cabaret, etc.
10:12Et puis là, quand je suis né,
10:13malheureusement, c'est pas le moins beau,
10:14mais quand je suis né,
10:15il était sur la ponte où il s'est entendu,
10:17il m'a dit ça très froidement,
10:18il m'a dit « Mais toi, je peux te le dire
10:19parce que tu es cinqui. »
10:20Donc moi, je suis cinqui.
10:21Je savais qu'il avait,
10:23disons qu'il avait eu quatre enfants
10:26avec la cinquième,
10:26c'était pas terrible.
10:27J'ai su plein de choses
10:29qu'il nous avait baptisé protestants
10:30en 1955 parce qu'il avait peur
10:32de la Troisième Guerre mondiale.
10:33Voilà, il m'a dit tout ça
10:34alors qu'il n'avait pas dit au bout.
10:36Cette histoire, en fin de compte,
10:37c'est pour ça que je me suis permis
10:38d'employer ce mot.
10:40Je suis absolument conscient
10:41de ce que ça signifie
10:42et de ce que c'est dit pour beaucoup de gens,
10:43qui en a dans la salle,
10:44où on se fait traiter de nègres.
10:46Et j'ai distribué quelques coups de boule là-dessus.
10:49Donc je partage avec beaucoup d'autres aussi
10:52ce que ça signifie,
10:53de ne pas accepter ça.
10:54Je ne l'accepte pas.
10:55Et souvent, avec mon frère Liedel en particulier,
10:57on avait quelques aventures
10:59pour des gens qui pensaient pouvoir le dire.
11:03Ça ne l'ex, ça ne bico,
11:04tout ce que vous voulez, qui m'arrête.
11:06Mais pourquoi je l'ai dit ?
11:07Parce que, en fait,
11:08cette histoire que vous lirez
11:09pour ceux qui ne l'ont pas lue,
11:10j'étais à Jérusalem
11:11pour une seule fois dans ma vie,
11:12et je n'y suis pas retourné.
11:13J'étais à Jérusalem
11:14où je discutais justement
11:16avec des militants palestiniens
11:18et israéliens
11:19d'une nation libre, démocratique et unie.
11:24Je me dis ça comme ça au passage.
11:25Et donc,
11:27je discutais de ça.
11:29Et un des copains m'emmène,
11:32c'est un juif d'origine argentine.
11:34Il m'emmène,
11:34il me dit,
11:34tiens, on était en train de se quitter.
11:36Il regarde sa montre,
11:36il dit, mince,
11:37je vais aller chercher ma mère à l'usine.
11:39Viens, on vient avec moi.
11:41Donc je dis,
11:41oui, comme ça,
11:42je connaissais sa mère,
11:43ça peut être sympa.
11:44On prend la voiture,
11:45on arrive devant l'usine,
11:46on attend un peu,
11:47la dame arrive,
11:48grande dame,
11:48les yeux bleus comme ça,
11:50un petit fichu sur la tête
11:51et puis elle me regarde
11:52et je sens qu'elle n'apprécie pas trop.
11:54Mais je ne sais pas pourquoi.
11:56Alors elle s'assoit dans la voiture,
11:57je me retire,
11:58je me mets sur la place arrière
11:59et puis je ne dis rien
12:01et c'est le silence total.
12:03Et mon copain est un petit peu gêné.
12:05Et à un moment donné,
12:07elle est ternue.
12:08Et je lui dis,
12:09alors pour les puristes du didiche,
12:11vérifier si c'est bon ou pas,
12:13je ne sais rien,
12:13moi j'ai appris comme ça.
12:15Et c'est ma mère qui me l'appelle.
12:16Et je lui dis,
12:17ce qu'il voudrait dire,
12:19normalement,
12:20dans le mot didiche,
12:21qu'il voudrait dire
12:22la santé pour toute la vie.
12:23Et au lieu de me remercier,
12:25normalement,
12:26de me remercier en yiddish
12:27ou en ce qu'elle veut,
12:28elle se tourne vers son fils
12:29comme ça,
12:30de façon très hostile,
12:31très fermée
12:32et elle dit à son fils,
12:34à Schwarz Red Yiddish.
12:38Alors là,
12:39il y a un mec qui parle yiddish
12:40qui a plus écrit que les autres.
12:42Et donc,
12:43non mais je veux dire,
12:43Schwarz c'est noir.
12:45Mais pourquoi c'est nègre ?
12:46Parce que ça,
12:47on me l'a dit,
12:48c'est le moi,
12:48j'ai vérifié ça.
12:49C'est que là,
12:50quand on a dit Schwarz,
12:51ça voulait vraiment nègre.
12:52Mais ce n'est pas spécialement noir,
12:53de peau.
12:55C'est quelqu'un d'étranger
12:56qu'elle ne comprend pas,
12:56qu'elle ne connaît pas.
12:57C'est le préjugé de base.
12:58Elle n'a rien contre moi.
12:59Et son fils,
13:01après qu'on le déposait,
13:02qu'elle ne m'a pas dit au revoir,
13:03quand on repart,
13:04il me dit,
13:04excuse-moi,
13:05je suis vraiment désolé,
13:07je ne pensais pas pourquoi,
13:08je n'en sais pas,
13:08je l'écoute.
13:09Il n'en qu'elle est.
13:10Ne te casse pas la tête.
13:12C'est le plus beau compliment
13:13qu'on m'ait fait
13:13de toute ma vie.
13:15Car malheureusement,
13:16je ne parle pas le yiddish,
13:17mais j'en connais un.
13:18Il parlait très bien le yiddish,
13:18c'est mon père.
13:19Il ne parlait pas le yiddish,
13:20mais il parlait sans yiddish à lui,
13:22avec ma mère qui parlait le yiddish.
13:24Ils ont créé une langue
13:25qui malheureusement
13:25n'a pas été étudiée
13:26ni mieux en dictionnaire,
13:28mais elle vaudrait le coup certainement.
13:30Le fameux retournement du stigmate.
13:32Voilà.
13:33Le plus beau compliment
13:34qu'on t'ait fait.
13:35Mais bien sûr,
13:36bien sûr.
13:37Mon copain.
13:39Que tout le monde intervienne
13:40quand il souhaitait.
13:41Raoul, tu es rescapé,
13:42c'est un gars.
13:43Oui, je suis rescapé de l'Holocauste.
13:45Et Schwarz,
13:47c'est comme les Ashkenaz
13:49appellent les séparades.
13:51Il passe tout.
13:54Excellent.
13:55Voilà, voilà.
13:55Il a tout dit.
13:56Il a vraiment expliqué
13:57ce que c'est,
13:58c'est que le racisme,
13:59il se détermine.
14:00C'est l'U.S. interjuice.
14:01Voilà.
14:02Voilà.
14:03Alors,
14:03une petite question
14:05qui n'a pas grand-chose
14:06à voir avec la précédente.
14:07Je m'excuse
14:08pour le caractère
14:09un peu décousu
14:10de la rencontre,
14:11mais tu fais pas mal
14:12de références
14:13à des auteurs
14:14dans ton livre.
14:17Est-ce qu'il y en a un
14:18en particulier
14:19qui t'a guidé,
14:22dont tu souhaiterais
14:24revendiquer
14:24une sorte de parrainage
14:26dans l'écriture
14:28de ton premier roman ?
14:30C'est très difficile
14:31de dire un.
14:32J'en dire plusieurs.
14:34Il y a
14:35le premier,
14:37celui que je...
14:37Mais,
14:38en fait,
14:39c'est arbitraire,
14:39mais peu importe.
14:40C'est Israël
14:41Yoshua Singer,
14:42le frère
14:43de Isaac Bachelet
14:44que j'adore aussi,
14:46que je trouve extraordinaire.
14:47Je vous conseille
14:48d'aller voir son discours.
14:50Vous allez lire son discours
14:51quand il a eu le prix Nobel
14:51en 1957,
14:52il a eu le prix Nobel
14:53de littérature.
14:54Je vous ai voulu aller voir
14:55parce que vraiment,
14:56c'est extraordinaire.
14:57et son frère
14:58qui a écrit
14:59des très très beaux livres
15:00dont il s'appelle
15:01La famille Ashkenesi
15:02et qui est une histoire
15:03qui raconte
15:03l'histoire d'une famille
15:04qui a fondé
15:06la ville de Lod.
15:07La ville de Lod,
15:07c'est la ville,
15:08disons,
15:09c'est le Saint-Étienne,
15:10le Rouen,
15:11la ville de la bonhérité française,
15:12polonais.
15:13Ils ont fondé cette ville
15:14à la fin du 19e siècle
15:17et c'est un livre
15:18et il en a fait d'autres.
15:20Lui,
15:20son frère Isaac Bachevi,
15:22quand il a eu
15:23le prix Nobel en 1957,
15:24il a dit,
15:24si mon frère est encore vivant,
15:26c'est lui
15:26qui aurait dû avoir
15:27le prix Nobel.
15:28Donc,
15:29voilà,
15:29ça c'est.
15:29Et puis,
15:30il y a un autre monsieur
15:31que je ne sais pas
15:32si vous connaissez,
15:33qui s'appelle Shalom Axe
15:34et qui a écrit
15:35l'histoire d'un,
15:36comment on dit ?
15:37H,
15:39on dit H,
15:39A,
15:40C,
15:41A,
15:42H,
15:42C,
15:42H,
15:42bon,
15:42il y a des telles mudistes
15:45dans la salle
15:45qui me...
15:46qui a écrit
15:51un triptyque magnifique
15:53qui s'appelle
15:53tout simplement
15:55Marsovie-Saint-Pétersbourg-Moscou
15:57et c'est
15:59un jeune homme
16:01fils d'un grand avocat
16:03démocrate de Russie
16:05jeté dans la...
16:07dans tout ce qui a précédé
16:10la Révolution russe
16:11et ensuite
16:12la Révolution russe
16:13à Moscou.
16:14Et c'est un livre
16:14absolument magnifique
16:15qui raconte
16:16qu'il y a plein de personnages
16:18qui sont tous
16:19aussi forts
16:21les uns que les autres
16:22et je ne peux pas
16:23parce que là
16:23si je commence
16:24à vous raconter
16:25tous les passages
16:26qui m'ont marqué
16:27ça serait vraiment
16:28trop long
16:28mais je voulais vraiment
16:29je ne sais pas
16:30s'il est encore édité
16:31et puis il y a aussi
16:32Isaac Babel
16:33qui a écrit
16:34Kavali-Rirouge
16:35qui a écrit
16:36Les Contes d'Odessa
16:36voilà
16:37Shalom Aleichem
16:38qui est un de mes fils
16:39Louis
16:40c'est marrant
16:41m'a fait découvrir
16:42et qui compte
16:44des tonnes d'histoires
16:45du village
16:46du Stettel
16:47etc
16:47bon
16:47je ne peux pas choisir
16:49un
16:49je ne choisis aucun
16:50d'ailleurs
16:50c'est des gens
16:51bon mais c'est un panthéon
16:53mais c'est formidable
16:54voilà
16:54je vais te poser
16:56une dernière question
16:57avant de proposer
16:58à l'assistance
16:58de s'adresser à Vénie
17:00s'il le souhaite
17:01et puis après
17:02il y aura un petit coup
17:03à boire
17:03pour ceux qui le souhaitent
17:04aussi
17:05alors c'est une question
17:07politique
17:08tu vois qui est
17:10au premier ministre
17:11non je déconne
17:11Hollande
17:15il y a pas mal
17:18de gens
17:18ces derniers temps
17:19qui
17:20c'est dans la tendance
17:22du moment
17:22d'établir
17:23des parallèles
17:25entre
17:26la période actuelle
17:28et
17:28les années 30
17:30le philosophe
17:32Michael Fossel
17:33l'a fait
17:33dans un
17:35formidable bouquin
17:36qui s'appelle
17:37je voulais te dire
17:37le philosophe
17:38Raphaël Antoblay
17:39non
17:39non
17:40non
17:41c'est une vanne
17:46oui je continue
17:47il l'a fait
17:48dans un livre
17:48donc Michael Fossel
17:50l'a fait dans un livre
17:50qui s'appelle
17:51Récidive
17:51que je conseille
17:52d'ailleurs à tout le monde
17:52Joanne Chapoutot
17:55bien sûr
17:55l'a fait dans
17:56plusieurs livres
17:57et notamment
17:58dans le dernier
17:58qui est énormément
17:59fait parler de lui
18:00est-ce que
18:01toi
18:01en te replongeant
18:02pour les nécessités
18:03de l'écriture
18:04de ce livre
18:05dans les affres
18:06du 20ème siècle
18:08au delà d'ailleurs
18:08au delà des années 30
18:11est-ce que
18:12est-ce que ce parallèle
18:14te semble
18:14pertinent
18:15moi je suis
18:17comment dire
18:18je suis pas un historien
18:18je suis un militant
18:20qu'un historien
18:20un écrivain
18:22très bon écrivain
18:23non mais
18:24moi ce que
18:25je suis ressenti
18:26en écrivance
18:26j'ai ressenti
18:28que
18:28tout ce qui n'avait
18:29pas été réglé
18:30au 20ème siècle
18:30pas grand chose
18:33a été réglé
18:34au 20ème siècle
18:35il y a eu des avancées
18:37il y a des choses
18:37formidables
18:37qui ont été faites
18:38mais
18:38les problèmes fondamentaux
18:40de la société
18:41que ce soit la colonisation
18:42que ce soit
18:43le problème
18:44de l'impérialisme
18:45de la palestinisme
18:46n'ont pas été réglés
18:47aucun problème
18:47n'a été réglé
18:48et en particulier
18:48si on prend le problème
18:49de la palestinienne
18:50les problèmes n'ont pas été réglés
18:51et
18:51il est impossible
18:53c'est comme ça
18:53c'est une loi
18:54si ces problèmes
18:55n'ont pas été réglés
18:55ils continuent
18:56à se poser
18:57à la société
18:57et effectivement
18:59on peut avoir
18:59le sentiment
19:00dans certains aspects
19:00des choses
19:01de retrouver
19:02les mêmes problématiques
19:03maintenant je ne pourrais pas dire
19:04je ne serais pas capable
19:06de dire
19:06ou en mesure de dire
19:07que c'est la même chose
19:08ou que c'est le retour du même
19:09je ne le pense pas déjà
19:11mais je ne pourrais pas
19:12étayer ça
19:13moi ce que je peux dire
19:13c'est que
19:14tout ce que j'ai
19:15par exemple
19:15je vous donne des exemples
19:16très concrets
19:17quand j'ai
19:18étudié un petit peu
19:20le colonialisme allemand
19:22en Afrique
19:23et que j'ai découvert
19:24parce que je ne connaissais pas
19:25la tragédie du peuple
19:26Herero
19:27qui a été décimée
19:29en Namibie
19:30parce que ça s'est passé
19:31comme ça
19:32en 1884
19:33ou 7 je ne me rappelle plus
19:34il y a eu
19:35la conférence de Berlin
19:36et là
19:37les puissances
19:38qui s'étaient partagées
19:39déjà le monde
19:40ont dit aux allemands
19:41il n'y a plus grand-chose
19:43il y a le Cameroun
19:44il y a le Togo
19:45la Namibie
19:45le Rwanda
19:46c'est à vous
19:47si vous voulez
19:48c'est exactement
19:49ce que ça s'est passé
19:49et ils y ont été
19:50ils ont débarqué
19:51et ils ont débarqué
19:53et là
19:53ils ont décidé
19:54en Namibie
19:55de détruire
19:56le peuple Herero
19:57qui a tout de suite
19:57manifesté
19:58le refus
19:59d'un peuple assez organisé
20:00assez structuré
20:01ils ont manifesté
20:02tout de suite
20:03son refus
20:03de la colonisation
20:04et ils ont
20:05dessiné
20:07et tout ce qu'ils ont fait
20:09ensuite par exemple
20:10dans la période
20:11et qu'on peut vivre
20:12encore malheureusement
20:13maintenant
20:13tout ce qu'ils ont fait
20:15la décimation
20:16de ce peuple
20:16on la retrouve
20:17exactement
20:18comme un apprentissage
20:19comme une première page
20:20du génocide
20:22et de la barbarie
20:24de la deuxième guerre mondiale
20:25et même des déclarations
20:27qui ont été faites
20:27je vous déconseille
20:29pour votre émotion
20:30mais pour votre culture
20:31oui
20:32prenez la déclaration
20:33d'un général
20:34que j'ai cité
20:34dans le livre
20:35allemand
20:36impérial
20:38qui parle au peuple
20:40Herero
20:40et transposez-la
20:42dans des choses
20:42que vous entendez
20:43aujourd'hui
20:43vous verrez
20:44il n'y a aucun problème
20:45et une autre chose aussi
20:47par exemple
20:48un des personnes
20:51qui était appelé
20:51par les allemands
20:52par le gouvernement allemand
20:53pour mesurer la tête
20:55des gens
20:56pour savoir
20:56s'ils étaient
20:57vraiment des êtres inférieurs
20:58etc
20:58a été
20:59le professeur
21:00de Joseph Mengele
21:02qui est le
21:04qui est le gourou
21:04vous connaissez
21:04le soi-disant médecin
21:06du camp de l'Auschwitz
21:08vous voyez
21:08c'est pas
21:10que ça se répète
21:10c'est que
21:11tout ce qui n'a pas
21:12été réglé
21:13toute la lutte
21:14qui était menée
21:15et même après
21:16vous voyez
21:16puisqu'on en parle
21:17la soi-disant
21:18décolonisation
21:19on se retrouve toujours
21:21avec ces questions
21:21qui se reposent
21:22qui se posent
21:23et qui se posent
21:24et qu'à un moment donné
21:24nous
21:25les individus
21:26qui composent
21:27cette société
21:27on devra bien
21:28essayer d'arriver
21:29à les régler
21:31allez j'en pose
21:31quand même une dernière
21:32est-ce que tu
21:33parce que
21:34parce que là
21:34on allait finir
21:35sur une note
21:36un peu
21:36un peu
21:37un peu
21:37un peu sinistre
21:38bon
21:40c'est
21:40l'histoire
21:42de ça aussi
21:43je vais poser
21:45la question
21:45fleur bleue
21:46pour finir
21:46est-ce que tu crois
21:47que l'amour
21:48triomphe de tout ça
21:49est-ce que
21:50est-ce que
21:50Paul sans Suzanne
21:51est-ce que Suzanne
21:52sans Paul
21:53aurait pu traverser
21:54ce siècle atroce
21:56séparément
21:58moi ce que je vais dire
21:59c'est que
21:59je ne parlerai pas
22:00de
22:00je ne sais pas
22:01je n'ai pas leur place
22:03est-ce qu'ils s'aimaient
22:04vraiment
22:04est-ce qu'il y a besoin
22:05l'un de l'autre
22:06je ne peux pas dire ça
22:07j'ai vécu quand même
22:08des choses
22:08moi à l'époque
22:09de mon enfance
22:10et de mon frère
22:10d'histoire ici présente
22:11qui ne ressemblaient pas
22:12beaucoup à l'amour
22:12je ne vais pas
22:14je ne vais pas
22:15peindre
22:16du rose sur le gris
22:18parce que c'est
22:18non mais c'est vrai
22:20que ces personnes
22:20s'y restaient aussi longtemps
22:21ensemble
22:22c'est qu'ils avaient
22:23besoin d'un de l'autre
22:24ils ont affronté
22:26les choses ensemble
22:27et ils ont été
22:28et c'est ça
22:29qui est extraordinaire
22:30c'est que c'était un noir
22:31allemand
22:32qui s'est très vite
22:34considéré comme juif
22:35très vite
22:36il a adopté
22:37il a fait que c'était pas mal
22:37il a appris le judaïsme
22:39comme
22:39il est plus juif que moi
22:41au niveau de la religion
22:41parce que nous
22:42les achkénases
22:43comme disait
22:44Woody Allen
22:45le grand philosophe contemporain
22:46il disait
22:47nous les achkénases
22:48on a qu'un seul Dieu
22:49et on n'y croit pas
22:50on fait un peu
22:51partie de la catégorie
22:52des gens qui ne croient pas
22:53mais dans tous les cas
22:54dans tous les cas
22:55lui il y croyait
22:56et je me rappelle très bien
22:58le soir
22:58dans un grand appartement
23:00vide
23:00sans électricité
23:01sans meuble
23:02et tout
23:02crier de son lit
23:03Shema
23:04ce qu'il veut dire
23:05pour les juifs
23:06Shema Israël
23:07qui est la prière
23:08qu'on fait le soir
23:09avant de dormir
23:09il crier
23:10Shema
23:11et lui il était capable
23:11de la faire
23:12mais il fallait qu'on la fasse
23:13il mangeait beaucoup
23:15de jambon
23:15tout ça
23:15mais il était quand même
23:18juif
23:19parce qu'on est juif
23:20si on le veut
23:20moi je crois pas du tout
23:21au truc de la mer
23:22un peuple pur
23:24si on a envie d'être juif
23:25on est juif
23:25si on a envie d'être autre chose
23:26merci beaucoup
23:28Béni
23:29ils ont partagé cette vie
23:30vous l'aurez compris
23:32c'est une traversée du siècle
23:34par le couple
23:35le plus inimaginable
23:36que vous puissiez rencontrer
23:38il y a ici quelques témoins
23:39un camarade qui est là
23:41ça c'est des judéo-polonais
23:44antillais
23:44si il vous prend l'envie d'écrire
23:47vous demandez à Béni
23:49on fait une collection
23:51enfin une collection
23:52chez Fayard
23:52une collection de métis
23:54avec grand plaisir
23:55ce serait vraiment
23:56un grand honneur
23:56en tout cas
23:57c'est un immense honneur
23:58et une immense joie
23:59de publier ton livre
24:01si quelqu'un a des questions
24:03ah allô
24:05ou bien si
24:07quelqu'un a soif
24:09on peut directement passer
24:10à la phase
24:12boisson
24:13c'est quand vous voulez
24:14je veux dire
24:15un dernier mot quand même
24:16parce que c'est vrai
24:17ce qu'il a dit tout à l'heure
24:18pardon oui
24:21je veux dire quelque chose
24:22c'est vrai ce qu'il a dit tout à l'heure
24:23Jean-François
24:24que c'est grâce à mon ami
24:26Jean-Marc Chapa
24:27le camarade
24:28Jean-Marc Chapa
24:28que je me suis retrouvé
24:30j'ai rencontré ce monsieur
24:31et c'est quand même
24:32grâce à son audace aussi
24:33et tout ça
24:34qu'il a cru
24:35moi qui suis un primo
24:37qui n'avait jamais écrit de roman
24:38j'ai écrit plein de trucs
24:39mais pas de roman
24:39qu'il a cru
24:41à ça
24:42qu'il a cru à ma capacité
24:43de le faire
24:43et il n'avait aucune preuve
24:45parce que je ne peux pas lui montrer
24:46ce que j'avais écrit
24:46vu que je n'avais rien écrit
24:47donc à part des sketchs
24:49pour un gars et une fille
24:50une dizaine de sketchs
24:52en demi
24:52voilà donc
24:53je le remercie aussi
24:55je ne sais pas
24:56pour me faire de la pub
24:57mais c'est vraiment
24:57quelque chose
24:58moi j'écris ce livre
24:59sans aucune contrainte
25:00sans aucune censure
25:01personne ne m'a dit
25:02ce que je devais écrire
25:03ensuite on a retravaillé le texte
25:05parce que vous savez
25:05qu'on fait un premier livre
25:06on veut tout mettre
25:07et qu'après il faut bien
25:08quelqu'un qui est lag
25:09un peu toute l'immensité
25:12des branches
25:13et des réseaux
25:13mais sinon
25:15je l'écris entièrement
25:16librement
25:17je n'ai rien changé
25:18on ne m'a rien demandé
25:19de changer
25:19et j'ai écrit
25:20et comme ce n'est pas
25:21un policier
25:22je peux vous donner
25:23ce n'est pas un livre policier
25:24je veux dire
25:24tu n'es pas un policier
25:28non non
25:29je dis comme ce n'est pas
25:30un livre policier
25:31je peux vous donner
25:32la fin
25:33la dernière phrase
25:34du livre
25:35j'avais 13 ans et demi
25:3614 ans
25:37je me posais
25:37toutes les questions
25:38du monde
25:38je venais juste
25:39de quitter un mouvement
25:39de jeunesse juif
25:40sioniste
25:41et j'ai
25:42j'étais face
25:43à la télévision
25:43avec ma mère
25:44rue de Saussure
25:46on regardait la télévision
25:47il y avait une manifestation
25:48le lycéen
25:49je pense
25:50palestinien
25:51qui se faisait
25:51battraquer par la police
25:52ou l'armée
25:53je ne sais pas
25:53et je lui ai dit
25:54maman
25:55qu'est-ce que tu en penses
25:57et ma mère m'a dit
25:58cette phrase
25:58que j'ai inscrite
25:59dans ce livre
26:00parce qu'elle m'a dit
26:02je ne veux pas
26:03qu'on fasse aux Arabes
26:04ce qu'on nous a fait
26:05à nous
26:05moi je voudrais rajouter
26:07que ma mère
26:08malgré tout
26:09était très sentimental
26:10malgré sa vie
26:12ah oui mais lui
26:12était très sentimental
26:13écoutez
26:13il n'était pas que sentimental
26:15mais il était très sentimental
26:17à lui
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