- il y a 4 mois
Chères lectrices, chers lecteurs,
Voici la captation de notre soirée du 24 septembre 2025 en compagnie d'Élodie Issartel autour de son nouveau roman, Empire (éditions Vanloo).
🎙️ Discussion animée par Delphine Valadon.
Vous souhaitant de belles lectures,
L'écume 🌊
-
La Quatrième : Wanda teste les jeux vidéo. Elle vérifie le décor, le graphisme, le scénario. Ensuite elle valide. C’est son travail.
Elle plonge dans la map au milieu d’une émeute, l’instant d’après elle court à quatre pattes avec une meute de loups. Elle dort dans une grotte, s’enfonce dans la forêt.
Burn out.
Wanda en vrai vit dans une chambre, ne gagne pas assez, fantasme sur la viande et son voisin. Peu à peu tout se dédouble, tout se confond, le réel et sa représentation se mélangent. Les femmes incarnent son avenir et sa frustration, la fiction contamine sa vie et la déborde.
Élodie Issartel écrit un monde en accéléré où chacun court vers une quête plus ou moins vaine. Le jeu y est une impitoyable machine fictionnelle qui ne doit jamais s’arrêter sous peine de laisser exister le réel : cet endroit où les points de vie ne se rachètent pas, et où la mort, véritablement, existe.
Voici la captation de notre soirée du 24 septembre 2025 en compagnie d'Élodie Issartel autour de son nouveau roman, Empire (éditions Vanloo).
🎙️ Discussion animée par Delphine Valadon.
Vous souhaitant de belles lectures,
L'écume 🌊
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La Quatrième : Wanda teste les jeux vidéo. Elle vérifie le décor, le graphisme, le scénario. Ensuite elle valide. C’est son travail.
Elle plonge dans la map au milieu d’une émeute, l’instant d’après elle court à quatre pattes avec une meute de loups. Elle dort dans une grotte, s’enfonce dans la forêt.
Burn out.
Wanda en vrai vit dans une chambre, ne gagne pas assez, fantasme sur la viande et son voisin. Peu à peu tout se dédouble, tout se confond, le réel et sa représentation se mélangent. Les femmes incarnent son avenir et sa frustration, la fiction contamine sa vie et la déborde.
Élodie Issartel écrit un monde en accéléré où chacun court vers une quête plus ou moins vaine. Le jeu y est une impitoyable machine fictionnelle qui ne doit jamais s’arrêter sous peine de laisser exister le réel : cet endroit où les points de vie ne se rachètent pas, et où la mort, véritablement, existe.
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Art et designTranscription
00:00bonsoir à tous nous sommes très heureux de vous accueillir à la librairie l'écume des pages et
00:10nous recevons ce soir élodie sartel pour son dernier roman empire publié aux éditions van
00:18bonsoir élodie très heureux de vous recevoir vous mettez en scène un personnage un personnage
00:30principal une femme qui s'appelle vanda lorsque commence le roman elle est à l'isolement parce
00:38que vanda et sous observation et c'est son journal que l'on va lire son journal quotidien et qui nous
00:46embarque dans dans une fuite en avant dans un mouvement perpétuel on entre en tant que lecteur
00:59à pas feutrer essayant de comprendre où on est ce qui se passe parce qu'il y a énormément énormément
01:08d'événements elle subit énormément de choses quelle est la situation j'avais envie de vous
01:15demander parce qu'en fait on est dans un monde virtuel vanda elle a une fonction elle elle teste
01:22les les jeux les jeux de rôle et je voulais vous demander d'où vous est venu cette idée de roman
01:35cet cet univers du jeu
01:39bonjour déjà merci pour l'accueil alors vous au départ je n'ai pas du tout déjà c'est pas vraiment
01:50un texte sur les jeux au départ je voulais écrire sur le sur les vampires et en fait j'ai commencé à
01:58lire sur les vampires et puis je me suis dit que peu à peu il fallait que j'incarne de manière un peu
02:04contemporaine le personnage du vampire et je me suis dit bah qu'évidemment aujourd'hui en tout cas pour
02:10moi ça me semble évident que les algorithmes qui nous siphonnent nos imaginaires ce sont les vampires
02:15contemporains et peu à peu je me suis dit l'imaginaire donc le virtuel le va-et-vient on sait plus trop
02:24vraiment dans notre monde si on est face à du fake face à du virtuel ou quand on se lève le matin
02:31si on n'est pas dans le gorafi et je me suis dit que de fabriquer comme ça un environnement où on alterne entre
02:39la vie physique du personnage et son imaginaire dans un monde virtuel ça me permettait moi d'articuler pas mal de choses
02:49pas mal de choses non seulement dans la construction d'un personnage mais aussi dans sa dans sa manière de
02:56traverser un monde contemporain et un environnement qu'elle met sans cesse dont elle doute en fait
03:03donc ça je trouvais que le jeu c'était c'était une manière pour moi de d'articuler en fait les deux
03:10les deux systèmes narratifs alors après par rapport au journal d'enfermement ça me permettait de
03:18de mettre en place aussi un personnage qui a une conscience modifiée et ça ça sent bien intéressant
03:24pour travailler le genre du fantastique c'est à dire la manière dont on n'arrive pas à décider si tout ça
03:30ça s'est bien passé si c'est réel si c'est virtuel et ça retombait sur la problématique du jeu et de cette oscillation
03:38narratifs qui est en structurement ainsi aussi sa structure à la fois la vie du personnage et à la
03:44fois sa structure la mise en place de l'histoire dans le roman c'est à dire que le roman il oscille entre
03:49entre deux états de narration de manière de raconter aussi elle se perd en là dans cette dans ce virtuel
04:00elle est aussi à la frontière toujours il ya des épisodes d'un grand réalisme je pense notamment à la visite des parents
04:10successivement du père puis de la mère qui sont des situations séparées sont des parents des situations de
04:17précarité la mère on imagine qu'elle est en ehpad voilà donc il ya un réalisme cru quelque chose qui ramène à une réalité
04:25contemporaine extrêmement violente et et en même temps cette espèce voilà on passe de la forêt fantastique
04:35à la réalité de l'epad on est comme ça dans une oscillation comme si elle même elle est aussi entre
04:42sa sa réalité et quelque part le virtuel peut être une fuite aussi de cette réalité assez assez triste
04:50oui alors une fuite assez triste mais en même temps elle remet toujours sur le métier en fait
04:58elle s'acharne et elle s'acharne dans le pire toujours en fait elle s'acharne dans une dans dans
05:04un environnement qui est saccagé par le capitalisme en fait et dans un imaginaire qui est sans arrêt recyclé
05:10donc elle elle recommence toujours elle s'acharne dans le pire ça va de pire en pire mais en même temps
05:17c'est des éléments qui sont censés se renouveler donc c'est un rapport à l'imaginaire aussi qui
05:23résiste c'est finalement comment on peut mettre en place aujourd'hui un personnage qui doute d'un
05:31environnement comment on peut réfléchir à un personnage dont il se demande si c'est un décor si
05:39la forêt dans laquelle on est elle est toujours viable si parce que les arbres tombent et finalement
05:47en travaillant l'histoire de manière un peu comme une dystopie mais vraiment extrêmement légère le
05:53l'histoire se passe demain voire après demain donc tout ça c'est du virtuel mais on se dit quand même
06:03c'est imaginable c'est envisageable ça peut arriver on peut même imaginer que c'est parfois
06:10la réalité d'une certaine jeunesse ouais et je me suis demandé si si effectivement cette cette mise en
06:20scène du jeu de la virtualité n'était pas aussi un prétexte de parler de la jeunesse aujourd'hui de
06:28ces combats ces jeunes gens ils ont des préoccupations écologiques ils ont des préoccupations ils ont des
06:35envies de violence aussi par moments de violence urbaine est ce que effectivement cette cette jeunesse
06:42qui est dans dans ce monde qui devient de plus en plus virtuel si c'était pas une préoccupation de
06:52votre part de parler de cette jeunesse alors oui parce que moi ça m'a permis en fait d'injecter du
06:58contemporain dans les maps c'est à dire qu'effectivement les personnages sont projetés comme ça dans un
07:04environnement comme on dit dans les jeux ils spawnent sur la map et moi ça me semblait intéressant que
07:09les maps ça soit par exemple effectivement les jeunes sont se retrouvent à un moment dans un champ et
07:15donc là effectivement j'ai comme si j'avais recyclé j'ai recyclé sainte solide mais j'en ai fait une
07:22map de jeu j'ai fait la même chose pour les émeutes urbaines les émeutes urbaines je sais pas si vous
07:26avez déjà été dans une dans une manifestation et que vous avez été massé par la brave m mais là on
07:32est dans un jeu vidéo aussi il ya du son ça court il ya etc je me suis dit mais finalement cette manière
07:39qu'ont les les jeunes de s'impliquer dans le dans le dans notre monde c'est aussi des enjeux qui sont
07:53extrêmement présents et ce n'est pas simplement de la virtualité donc j'aimais bien travailler sur ce
08:00trouble là en fait sur cette frontière entre le réel et le virtuel qui devient tellement trouble car
08:05à un moment on se demande si le personnage de vanda il est dans le jeu on se dit quand même il est
08:09dans le jeu mais ça fait penser quand même à des choses qui peuvent arriver ou qui sont arrivés ou
08:13qui arriveront demain donc ça ça me semblait intéressant aussi c'est à dire que ce qui est
08:19j'ai été aussi très j'avais en tête cette phrase de mon passant dans la dans la dans la prépare de
08:25pierre et jean mon passant écrit une phrase il dit le le vrai peut parfois n'être pas vraisemblable
08:32moi moi j'inverse l'invraisemblable peut parfois être vrai en fait c'est un peu ça le le cheminement du
08:40du roman comme ça dans une oscillation et ça me permettait aussi de comment dire de donner l'impression
08:47aussi aux lecteurs de quitter de reprendre c'est à dire de donner un rythme de lecture comme ça
08:55oscillatoire comme on a dans le jeu on se pone sur la map hop on est tué hop on arrête on reprend
09:02cet éternel recommencement comme ça du jeu qui qui signale aussi une amnésie aussi un éternel
09:09recommencement du du de notre monde à finalement ne pas vraiment tirer les leçons de l'histoire
09:16parce que ce qu'on vit ça fait quand même penser à quand même plein de choses sans une sorte de
09:21bégaiement quand même qu'on a déjà une impression de voir quand même dans le passé et cette manière
09:27comme ça de ritournelle de recommencer comme si de rien n'était de jamais rien capitaliser de
09:33toujours rejouer comme ça en s'acharnant de pire en pire pour le personnage de banda dans ce qu'elle
09:38va vivre ça recommence en permanence on retrouve des situations qui emmènent vers d'autres situations et
09:46espèces de rythme comme ça le texte mime enfin fabrique ce qu'il dit et ça c'est c'est tout à fait
09:54réussi à une espèce de rythme de d'accélération et puis d'un seul coup des pauses et puis effectivement
10:03mais dans cette matière là moi je voulais vous demander aussi à propos de la question de la violence est ce que
10:13est ce que c'est une question qui vous intéresse que vous aviez envie de travailler la violence qui
10:17est faite justement à cette jeunesse par cette imposition des images par ce non contrôle par ce
10:26voilà c'est est ce que est ce que vanda est à la lisière de la folie est ce qu'elle est elle est
10:33elle est consciente mais est ce qu'elle est est ce qu'elle ne frôle pas un état un état de folie est
10:40ce que c'est pas le danger alors déjà par rapport à la violence et la jeunesse non c'est pas du tout
10:46propos du livre à mon avis c'est plutôt la violence de la société fait la jeunesse déjà ça et la manière
10:53dont ils peuvent se tirer de là avec la culture qui est la leur parce que dans le livre il ya aussi
10:58pas mal de références au rap à des imaginaires aussi qui sont ceux d'une jeunesse et je dirais
11:06pas vanda est folle je dirais qu'elle est lucide c'est à dire qu'elle est toujours en train de
11:11questionner l'environnement dans lequel elle est se demander si c'est un décor si les arbres sont vrais
11:16si pourquoi les oiseaux chantent plus etc on a mis hors du jeu quand même on l'a isolé on l'observe
11:24elle doit rendre des comptes elle est assigné à résidence exactement mais c'est ce que je voulais
11:30c'est vrai qu'il ya tout un système de surveillance parce que les oiseaux ont disparu mais les drones ont
11:34pris leur place et effectivement elle a l'impression d'être le jouet comme ça d'un dispositif tout en
11:42étant quand même assez lucide sur ce dispositif effectivement il ya comme une sorte d'instance comme
11:50ça on se demande si elle n'est pas manipulé et on pourrait se demander par quoi elle est manipulée
11:54est ce qu'elle est manipulée par un poupette master si on fait référence au jeu ou est-ce qu'elle est
12:00manipulée par un narrateur omniscient parce que ce qui est aussi mis en jeu c'est cet imaginaire qui
12:06est censé se renouveler finalement la puissance de l'imaginaire comme un moyen de résister aussi à la
12:12violence faite non seulement aux adolescents mais au corps aux personnes âgées
12:17au paysage à la nature etc etc et finalement en recommençant comme ça et en s'acharnant même
12:28si on est le jouet d'une instance et qu'on est manipulée qu'on maîtrise pas finalement toutes les
12:33clés de récits le personnage n'abandonne pas après je vais pas se coller la forme non surtout pas oui
12:40il faut surtout pas trop grandir parce qu'il y a une vraie avancée dans la narration un rythme comme ça
12:50et qui fait qu'il n'y a aucun moment de flottement on est aussi pris nous en tant que lecteur par ce rythme
13:01par ces univers par voilà comme si on était assez comme si on était dans le jeu quelque part nous aussi
13:08c'est un peu l'idée de donner cette impression comme ça de quand on quand on lit le texte et notamment
13:16comme il ya une narration il ya une narration qu'à la première personne et au présent alors quand c'est
13:22en bas qui est dans le monde physique elle est complètement collée aux événements dire qu'on a
13:26absolument aucun recul on est embarqué et effectivement on a cette impression comme ça
13:31d'enchaînement inéluctable quasiment étouffant et les moments où elle est dans empire puisque quand
13:37elle joue c'est empire qu'elle a trouvé cette histoire qu'elle va tester qu'elle va jouer là
13:44la narration est à la troisième personne et au passé simple et donc moi je me suis demandé à un moment
13:48je me suis posé la question littéraire de comment donner l'impression de distance comment faire prendre
13:55du recul donner une impression presque d'écran comme si je pixelisait les choses c'est à dire
14:01que l'avant d'un on la voit en pied et quand la narration est prise à la troisième personne il ya
14:08du recul il ya de la langue focale et donc et puis surtout dans ses aventures il ya du sol aussi
14:14le sol est très très important il est infesté il n'y a plus d'animaux il est glissant il ya des
14:20algues qui rongent les baskets donc c'était important pour moi de donner cette distance là
14:26et de bien signaler qu'on était dans deux grains différents en fait le monde le monde sensible de
14:32vanda quand elle est le nez dans le guidon si je puis dire au présent avec un jeu comme ça qui est
14:38enfermé dans sa vie parce que c'est aussi quelqu'un de précaire elle vit dans une elle vit dans une chambre
14:44elle a 40 ans c'est pas c'est pas la joie et quand elle joue donc là on l'a saisi on a un peu du recul on
14:54respire un peu c'est à la troisième personne c'est au passé ça ce qui me permettait moi une amplitude de
14:59phrases de style et c'est dans la tradition réaliste du 19e c'est à dire que tout d'un coup
15:05dès qu'on est au passé simple ça rompt quoi c'est génial d'écouter au passé ça j'avais jamais fait
15:10d'un coup c'est ça ça fait littérature pour littéraire moi j'aimerais bien parler du jeu en
15:17utilisant justement des dispositifs qui étaient qui sont classiques il ya des passages d'un grand
15:23réalisme en fait et ça et ça crée en fait une espèce de double focus comme ça et de ça casse le rythme et
15:33ça et c'est d'autant plus vertigineux il ya beaucoup de références aussi au cinéma aux séries
15:41dans votre dans ce livre il ya aussi des dessins à la fin qui sont vous qui sont vos vos dessins est
15:50ce que ces références elles sont c'est une manière aussi d'ancrer dans une réalité de renvoyer de renvoyer
15:59aux lecteurs des références qu'on a qu'on a en commun parce que c'est c'est ce sont des tubes des tubes voilà des films de
16:06de séries de voyage au boum
16:10je fais référence à shining à shining par exemple dans un autre livre alors pour moi les références
16:19là les références est ce que c'est parce que c'est une référence commune ouais non parce que ça
16:24shining déjà je trouve que c'est ça correspond bien aussi à l'histoire parce que le personnage
16:29à un moment dans le game va dans des chambres va ouvrir des pièces enfin donc et comme voilà donc
16:38ça ça me semblait intéressant mais surtout ce que j'avais envie de mettre en place c'est la manière
16:43dont recyclent les algorithmes dont l'imaginaire commun que tout le monde connaît à recycler dans
16:48le jeu c'est à dire qu'à un moment les éléments de musique parce qu'il ya aussi de la musique les
16:55éléments de peinture parce qu'il ya de la référence à la peinture les éléments de cinéma ils sont
17:01recyclés et injectés dans le monde virtuel c'est à dire dans le game c'est à dire complètement
17:08dénaturé dévitalisé il ya eu comme s'il y avait une appropriation comme ça de l'imaginaire de tout
17:15le monde à des fins de cynique de mise en place d'environnement hostile la musique c'est pareil alors
17:24j'ai aussi injecté complètement du du de la fiction puisque j'invente aussi un personnage de
17:31j'aurais peur qui n'existe pas je le remercie à la fin en fait c'est il est fou celui-là rien n'est
17:40réellement vrai en fait non c'est ça il vous fait peur ce monde qui vient dans lequel on est aujourd'hui
17:47non je le trouve je pourrais inspirant déjà parce que j'en fais la matière de mes livres et c'est pas une
17:57question d'avoir peur enfin moi oui enfin il faut se battre quoi il faut il faut pas il faut essayer de
18:03réagir à tout ça comme on peut les sacs les moyens sont donc en tout cas je sais pas c'est pas le
18:10c'est pas la peur que j'ai voulu mettre en place et plutôt un dispositif en fait un dispositif presque
18:20de de moi même aussi réutiliser ces éléments là ces éléments là pour en faire matière à fiction donc
18:28c'est une manière de se libérer aussi de ça de ce jour là
18:33un travail d'écriture qui est essentiel
18:41j'aurais aimé savoir s'il y avait des écrivains contemporains qui vous inspirent qu'elles sont
18:53un peu vos lectures bon là vous avez parlé de vos passants vous avez sans doute une culture
18:57classique vous enseignez je crois les lettres mais est ce qu'il ya des est ce qu'il ya des auteurs qui
19:03vous intéresse sur le plan stylistique sur le plan de leur univers des auteurs contemporains que vous
19:11pourriez nous conseiller nous faire découvrir ah oui une autrice contemporaine mais c'est une
19:25autrice qui a beaucoup compté pour moi c'est hélène b7 ouais ouais alors là la découverte d'hélène b7
19:32ça a été une grosse claque la liberté la langue l'indépendance par rapport au milieu littéraire
19:44pour moi c'est presque c'est vraiment quelqu'un d'important effectivement
19:55quelqu'un qu'on redécouvre ces dernières années qui a été édité et qui a été donc ça ça a été
20:03pour moi vraiment un tournant dans mon travail de me dire on peut écrire quand même b7 et on peut
20:14renverser la table quoi c'est ce qu'elle fait il ya beaucoup d'humour aussi dans votre texte voilà
20:24beaucoup d'ironie beaucoup de des jeux de mots des choses comme ça des renvois d'une rapidité comme
20:34ça de d'esprit de langage et puis l'envie d'en jouer oui oui parce que c'est un peu réflexif parce
20:43que comme c'est quand même aussi un livre qui met à jour un dispositif d'écriture j'avais bien aussi le
20:53fait que le personnage soit un peu réflexif aussi par rapport à aux mots qu'elle rencontre au mot qu'elle
20:59emploie et puis un moment qui est un peu des scènes des scènes drôles moi je me suis beaucoup amusé à
21:07les écrire donc pour mieux si vous les recevez bien parce que ça allégeait aussi un peu ici ce monde
21:14anxiogène qu'elle traverse quoi et on est dans une mise en ligne parce qu'en fait on lit un journal on
21:21est dans les voilà la lecture de la lecture je voulais en vous remercier c'est c'est une il faut pas
21:28déflorer le texte il ya une vraie on ouvre le texte en ne sachant pas l'ange moi je vous conseille de
21:35ne pas lire le quatrième de couverture qui voilà qui déflore un peu les choses il faut avancer dans
21:41le texte et on est surpris et on est emmené il ya un rythme très très fort il ya toutes sortes d'imaginaire
21:49je sais pas s'il ya des gens parmi vous qui l'ont lu qui ont envie de poser une question ou deux et puis
21:54après on va avoir la chance d'avoir une très belle lecture par Marie-Bénédicte Cazeneuve qui va
22:01nous lire trois passages trois passages importants du texte oui alors oui oui alors je travaille depuis
22:08quelques années avec Marie-Bénédicte Cazeneuve qui est comédienne plasticienne et performeuse et qui
22:15travaille avec des plasticiens notamment pour le cinéma le théâtre etc etc et j'ai cette grande
22:22chance que Marie-Bénédicte Cazeneuve connaît mais vraiment et appréhende mon écriture comme personne
22:31donc j'estime que c'est vraiment une collaboration et la lecture qu'elle va vous faire c'est vraiment une
22:37incarnation du personnage de Vanda avec un point de vue vraiment personnel voilà donc tu vas lire trois
22:47extraits donc le prologue le récit cadre le début des aventures de Vanda dans le monde physique et un
22:56petit morceau de game à la fin très petit pour voir un peu que vous puissiez appréhender le décrochement
23:04narratif en fait qui oscille dans le roman est-ce que vous vouliez ajouter quelque chose
23:10non je vous remercie on va on va laisser la place à Marie-Bénédicte Cazeneuve on va l'écouter avec beaucoup d'intérêt
23:21bon je vais me mettre là
23:27bon je vais me mettre là
23:43bonsoir
23:55on m'a porté pour me conduire dans cet endroit afin de me nettoyer de ce
24:12que j'avais vécu j'ai beaucoup vomi beaucoup dormi j'ai tellement sorti de matière que les
24:18vaisseaux de mes paupières sont bistres maintenant je suis devenue une personne au regard lourd et
24:22oblique dans le miroir cette personne n'est pas moi je les ai accusé de m'avoir changé pendant mon
24:28évanouissement ils ont dit qu'il n'avait rien fait qu'il fallait que j'accepte d'avoir été abîmé
24:32par ce que j'avais introduit trop d'un coup pour mon poids et ma taille je suis un petit gabarit vous le savez
24:37ils ont dit qu'ils qu'on m'avait mal conseillé que le produit avait endommagé mes veines que
24:44certains avaient cédé une carte mystérieuse a surgi une constellation de filaments rouges
24:49arborescents alors j'ai fermé les yeux pour éteindre la vision puis ils ont annoncé qu'ils avaient trouvé dans
24:55mon sang des caractéristiques animales analyse en cours des éléments que l'on trouve chez les oiseaux
25:01je ne comprends pas alors ils ont prononcé des mots scientifiques et ont brandi l'image pour me
25:08faire peur et m'attendrir parce que les oiseaux me font penser à la mort à la mort de nous tous sur
25:13la fine pellicule devenue muette depuis que leurs gens leur leur chant se sont tués et que les haut
25:18parleurs diffusent des enregistrements pour combler leur absence je ne suis pas la seule à les pleurer la
25:26disparition du chant fait pleurer le monde lorsque les gens d'ici ont enlevé leur blouse ils pleurent
25:31aussi c'est certain ils se retiennent pour ne pas nous faire flancher à cause de la disparition
25:36de plein de choses et l'apparition de la tristesse généralisée dont je suis m'a-t-on dit une victime
25:42parmi d'autres et cette tristesse nous oblige à trouver consolation dans l'oubli les voix factices
25:48les jeux stupides et les pigeons j'ai été gênée qu'on évoque cette pratique dont j'ai honte j'ai fait
25:54l'étonner je ne vois pas ce que vous voulez dire on m'a demandé d'arrêter de mentir parce qu'on a
26:00décelé du pigeon dans mes analyses je n'ai pas contredit par peur qu'on m'enferme dans un endroit
26:05pire que celui où est ma mère quant à mon père il est injoignable en face d'évitement désormais
26:11en général et ceux de sa fille en particulier la seule chose est ce cahier qu'on m'a donné car je
26:18n'ai pas droit aux écrans pas à ce niveau de convalescence et de rééducation même si je n'ai
26:22pas compris quel membre endommagé était à rééduquer car mon corps fonctionne au ralenti mais il fonctionne à
26:28l'exception de mes paupières moins mobiles et de mes yeux miclos je dois écrire dans ce cahier ce qui
26:34m'est arrivé comme si je savais je suis capable de me souvenir pas de tout mais d'expliquer ce n'est
26:40pas évident l'écriture ne pourra pas changer grand chose l'homme qui s'occupe de moi m'a dit
26:46d'essayer alors que ce qui me ferait aller mieux c'est qu'il me touche oui être touché pour me relever de
26:52la chambre bleue alors j'écris sur ce cahier et s'il y avait des lignes mon écriture ne serait pas
26:58de traviole mes phrases piquent du nez cet homme me reçoit dans une pièce très laide c'est à lui
27:07que j'écris sinon je perds mes phrases je trouve beau même s'il n'a plus de cheveux à chaque fois
27:13que ses yeux me fouillent mon ventre le reçoit très fort j'ai le qui me lisent un jour dans ce cahier
27:19je suis le personnage fp first person mais j'évite d'envisager ma silhouette penchée sur la page et
27:25je dois accepter d'être vanda à affirmer cet homme je lui ai donné un nom il existera davantage il
27:32m'appelle par mon prénom alors que je ne connais rien de lui il m'a dit la dernière fois attention
27:37vanda pas de troisième personne et jim a souri en fermant la porte sur la pièce hideuse jim est un
27:43prénom sexy rapide à écrire et même si c'est un prénom qui suppose des cheveux je trouve que
27:49c'est un bon choix mon jim ça sonne comme mon mec non je ne me prends pas pour barbie il mérite
27:58juste un chouette prénom
28:001 une personne dans la moyenne
28:12au début on m'a envoyé dans ce décor où les gens n'ont pas la même démarche la même odeur le même
28:21regard sans un regard pour toi il marche droit devant sans se préoccuper où ils mettent les pieds et les
28:27trottoirs sont impeccablement gris
28:28boulevard suché on n'a pas enjambé ce qu'il y a enjambé les crottes les corps l'eau noirâtre les feuilles
28:35imbibées et glissantes tout est lustré rien de volette d'ailleurs le vent reste tranquille et les
28:40coiffures sont calmes les chapeaux font partie des têtes
28:42on se tient dans ce quartier des maréchaux plantés de gains de grands arbres qui font plaisir à voir
28:49et il faut les toucher pour y croire en bois véritable très bien fait c'est le charme d'ici
28:53ça respire tranquillement l'intensité des pas est réduite le sol absorbe les regards scrutes la vie
28:59circule à minima le tol ici ne s'englote pas les voitures coulissent discrètement et l'environnement
29:06fait ascension à sa syntaxe on enchaîne avec fluidité d'un lieu à un autre c'est agréable
29:11mais pour cette entrée en matière il manque du son j'ignore quelle ambiance sonore il faudrait
29:19peut-être quelque chose de discret qui s'échappe au moment où on perçoit un soupir élégant et
29:24empressé qui dirait le bien-être pas forcément quelque chose de classique mais le rappel discret
29:30d'une matière noble comme un froissement c'est une proposition donc ici les gens sont plus beaux
29:40plus grand et leur peau scintille un éclat intérieur les illumine et j'ai l'impression d'être en terre
29:46quand je les croise j'allais écrire quand je les frôle mais ici ce frôler est impensable les
29:51vastes trottoirs ne permettent pas pas de contact même visuel j'ai le badge l'invitation le code d'accès
29:58à la citadelle c'est mon premier terrain ma première carte je suis concentré je ne suis jamais venu ici
30:04l'immeuble walter impose les années 30 il est art déco on n'a pas lésiné sur la qualité des
30:11matériaux la rectitude de la forme le raffinement des détails la majesté des volumes j'entre dans
30:17le luxe mon regard balai de gauche à droite et de haut en bas je suis là pour voir si ça fonctionne
30:22et ça fonctionne le hall est vaste il est en béton les squaliers est couvert d'un tapis rouge il y a du
30:30doré avec parcimonie c'est élégant et gigantesque un miroir au mur du sol au plafond comme dans des
30:36magasins de vêtements pour se rectifier avant de sortir avant d'entrer mes cheveux sont propres
30:43ma robe est noire mon maquillage léger je ne suis pas doré je suis pâle et je me souris les dents ça va
30:50encore les singes n'en est pas je ne suis plus une jeunesse je ne suis plus une beauté on m'a confié un
30:58lieu facile à vérifier je viens voir si ça marche si on y croit si le design et l'atmosphère sont à la
31:03hauteur des clients riches et exigeants je prends des notes pour ne pas oublier avec des mots simples c'est mon
31:09travail je contrôle la vraisemblance parce que le vrai n'est pas toujours vraisemblable et le beau
31:15est toujours bizarre je l'ai lu sur le t-shirt d'un passant mon chef m'a dit allez-y vanda il est temps
31:22de sortir du bureau de boire du champagne d'essayer un terrain de jeu véritable Tom n'a pas voulu
31:27m'accompagner non merci je ne le sens pas l'ascenseur est en laiton la musique ne filtre pas le couloir
31:35est vide tout est assoupi feutré clos le calme est total dirait une agence immobilière cette
31:42introduction au manque de panache j'ai un doute sur l'adresse c'est pourtant le bon endroit sur
31:46le plan je frappe avant de sonner la porte impose son bois massif je renifle il est ciré l'odeur est
31:53pertinente elle s'ouvre sur une silhouette sans intérêt on ne me demande pas de qui je suis l'ami je
32:00suis attendue un doigt désigne une chambre mettez vous à l'aise à l'aise mettez vous à l'aise mettez vous à l'aise
32:05d'accord l'endroit est donné c'est facile pour l'instant je pose ma veste sur le leaking size dans
32:13le coin gauche pour la retrouver si je ne suis plus en état de chercher ça chuchote dans la grande
32:17pièce très grande trop grande c'est gênant cette grandeur dans le soleil couchant il faudrait réduire
32:23les proportions le mobilier est impeccable design soigné pas l'ombre d'un doute on y croit et sur le
32:30parquet qui ressemble à du parquet des silhouettes sombres scintilles comme découpées avec des têtes
32:35dignes parfaitement bronzées alors je me fais une tête digne port de tête coup dégagé je déglutis et à
32:43droite je repère la table des drinks c'est l'expression qui me vient une bassine de cocktails rose poudré du
32:48champagne je glisse tout sourire dans la pièce au volume exceptionnel je suis parfaitement ma place je
32:56glisse avec mes talons le mieux que je peux et j'y parviens je fends la foule qui s'ouvre sur mon
33:00passage sans naturel un verre vide une bouteille pleine le remplira à bord c'est une silhouette
33:07qui le remplit un peu plus si obligé de répéter ils sont tous très beaux très en forme très mince
33:16très habillé et la musique est d'ambiance et bien élevé un son de chuchotement très agréable à l'oreille bien
33:22dosé presque aérien je me dirige vers un coin inactif pour observer comme le chat qui a volé
33:28un reste de frishti le mot frishti a disparu mais je le connais je lis des livres et les mots me révèlent
33:33des choses sur mon comportement je sirote en regardant un groupe qui agite les bras ils en
33:38ont plus qu'il n'en faut trois pour la grande blonde et triple rangé de dents pour l'homme à rayures a
33:43t'il aussi plusieurs langues des émissaires de seconde main j'écris je cherche longtemps les
33:52originaux dans la masse de ces personnages imparfaitement augmenté puis je me lasse la
33:57vue extérieure est parfaite un joyau avec vue je ne me souviens pas être montée aussi haut la
34:03ville accroupie derrière les arbres envoie des signes colorés très calme pas d'embrasement même si on
34:07zoom un extérieur optimiste qui procure une exacte profondeur à la pièce mais mon reflet avachi dans
34:13ma robe gondole rien ne va ma taille ma silhouette ma tenue je fais zone rentre le ventre et imagine
34:22un fil qui te tire vers le haut un deuxième vert j'en ai besoin en contre-champ les silhouettes se
34:28mettent en mouvement la lumière a baissé le champagne mousse et déborde je me lèche les doigts les bulles
34:33ne sont pas assez fines la texture est grossière le goût trop sur le fruit comme disent les marchands
34:38de vin le son enfle on a assez bu les corps multiples se rapprochent je finis mon verre le
34:46deuxième c'est le minimum pour me sentir en phase un troisième serait idéal la pop anglaise est soignée
34:53et s'accorde bien à la danse des invités même si je repère dans les angles des personnes démantibulées
34:58qui ne sont pas en rythme et gesticule sur un schéma répétitif qui manque de moelleux je note j'ai un
35:03logiciel sur ma machine qui finit mes phrases et m'évite d'être encombrée et j'irai à un moment
35:09me refaire une beauté dans la vaste salle de bain comme dans les films américains en marbre
35:13certainement j'irai confronter ma stature à celle des femmes qui se lavent à grand dos cours nage
35:20font du yoga je sortirai mon rouge à lèvres qui bave dont l'écran n'est pas doré j'afficherai mon
35:25teint luisant et mes cheveux laineux avec naturel je note lorsque j'en sors que les personnages féminins
35:32ont des fossiles qu'il serait bon de varier les beautés et les styles pour que tout le monde
35:36puisse se projeter je note également que les silhouettes en sablier dominent la norme sur les
35:41réseaux sociaux ce qui exclut une clientèle plus âgée moins friande des corps trafiqués les
35:47oussons creuses les lèvres pleines les cheveux lisses et brillants les jambes fuselées décors
35:52spectaculaire normé et sans imagination je dicte pour mon souvenir silhouette moins garnie
35:59apporter de la diversité singulariser les présences j'ai repéré les nombreuses portes dans le couloir et
36:08je me demande si elle mène à des chambres tamisées à l'entrée du couloir surgit un homme en livré
36:13derrière une console qui me bloque le passage vestibule privé répète-t-il il m'agace je pensais avoir accès à
36:20tout mais ce lieu n'est manifestement pas si open que ça puis le type brandit une tablette avec les
36:26tarifs pour accéder au couloir c'est cher le chef aurait pu me donner le badge pour me faciliter le
36:32travail je lui envoie un message pour avoir le raccourci mais un boat me répond que l'accès est
36:36payant et réservé aux adultes pegi 18 la reconnaissance faciale n'est pas activée je
36:42regarde dans l'image s'il ya une faille mais aucun défaut n'attire mon attention je pourrais
36:46demander à tom de craquer le code mais la connexion est sécurisée donc je ne maîtrise pas les
36:56muscles pour tomber à la renverse mais je repère un homme jeune que je regarde attentivement c'est
37:03ma liberté il se détache des autres ne bouge pas comme un flic bouc et incarne ce que j'aime en
37:10plus vrai que nature un condensé de ce que je mate sur le réseau il remarque je le fixe
37:15female gaze je ne baisse pas les yeux il a l'air d'être la version originale rien ne cloche à part sa
37:22beauté phénoménale je suis flatté quand il s'approche ce type inenvisageable trop beau
37:29trop à l'aise trop élégant je bois une gorgée je me suis resservie et je fais au mieux quand il se
37:34plante devant moi je tends le cou et sirote entre le ventre pour cacher mon manque de tout de
37:41désenvolture de silhouette de cheveux brillants lèvres pulpeuses fesses rebondies oeil de biche
37:46peau douce dents blanches la liste est longue les adjectifs m'ont déserté ne pas trop sourire
37:51pas les dents du fonds sois classe je chuchote je travaille les histoires
37:56j'irai fouiller dans le bureau de goulard pour trouver l'auteur de cette histoire empire c'est
38:19son titre je ne sais pas s'il est juste peut-être trop polysémique lentement l'histoire opère comme
38:26un charme fait de moi une amoureuse sans objet envahie par l'autre qui s'immisce dire à la chanson
38:31en prenant son temps alors moi aussi
38:56le train filait vers le sud elle avait décidé d'embarquer dans celui là plutôt qu'un autre parce
39:02qu'il fallait bien recommencer la quête par quelque chose un départ et la traversée d'un paysage lui avait
39:07paru la meilleure chose à faire elle pourrait arrêter ce train quand il lui plairait quand la campagne
39:12semblerait propice à une aventure dépaysante elle n'était pas seule dans le wagon il y avait comme elle des
39:18passagers en mal de sensations fatigué de la ville et partant pour un contexte inédit elle ne savait pas
39:24encore si elle souhaitait vivre cette session seule ou avec quelqu'un mais elle savait qu'elle
39:28recherchait des sensations intenses et proches de la nature un danger d'un autre type même si elle
39:33était incapable de le définir plus que cela elle était restée vague en remplissant les critères et
39:38cela avait suffi pour lui permettre d'embarquer à côté d'elle un adolescent d'une quinzaine d'années
39:45somnolée la tête contre la vitre en mitouflait dans une capuche noire pour amortir les vibrations
39:49du train à l'arrière-plan défilaient les éoliennes de la bosse et l'aérotrain et cette campagne
39:55plate était mangée par le ciel le profil du garçon était très pur les lèvres entre ouvertes le
40:02visage abandonné au sommeil elle en fut touchée elle ne pouvait en détacher son regard
40:08il était l'image même de l'adolescent parfait alors elle décida qu'il l'accompagnerait elle
40:15balaya le wagon pour vérifier qu'elle avait fait le bon choix parmi les autres personnages et ni la
40:19femme qui lui ressemblait ni l'homme grisonnant ne lui firent envie la jeune femme indifférente au
40:24paysage non plus ni le couple dormant dans les bras l'un de l'autre elle faisait peut-être une
40:29erreur en choisissant un être aussi jeune et inexpérimenté mais la pureté de ce profil
40:34était comme un appel elle décida de l'appeler jimmy
40:38qu'ils allaient abonnez-vous
40:43aux côtés
40:44elle
40:46Applaudissements.
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