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  • il y a 4 mois
Chères lectrices, chers lecteurs,

Voici la captation de notre soirée du 14 septembre 2025 en compagnie de Fabrice Humbert autour de son nouveau roman De l'autre côté de la vie (éditions Calmann-Lévy).

🎙️ Discussion animée par Delphine Valadon

Vous souhaitant de belles lectures,

L'écume 🌊

-

La Quatrième : « Autrefois, nous étions tous inoffensifs. Nous avions tous ou presque ces visages un peu niais, dénués de caractère. […] Nous étions inoffensifs et nous aurions dû le rester pour demeurer des hommes. »

Un homme parle. Il raconte sa fuite hors de Paris, avec ses deux enfants. La ville, en proie à la guerre civile, est en feu.

Il veut rejoindre une République du Jura sans doute illusoire. Dans un pays dévasté par le conflit, sa seule mission doit être de préserver les siens de la cruauté.

La route, parcourue en voiture, à dos d’âne et souvent à pied, sera longue. Elle sera semée de dangers mortels, illuminée par la beauté de certaines rencontres. À travers champs, à travers bois, il tâche de se raccrocher à ce qu’il peut conserver d’humanité et d’amour.

Ce roman haletant aux allures de conte ou de rêve évoque autant notre pays que l’itinéraire d’un homme vers l’essence de la vie.
Transcription
00:00de lancement de livres.
00:02Donc vraiment, je vous remercie d'être venu en nombre,
00:05amis, famille, c'est vraiment un grand plaisir pour moi,
00:09sincèrement, je sais que c'est toujours un effort
00:11et souvent on vient de loin, etc.
00:14Donc vraiment, sincèrement, merci.
00:17On vous remercie tous d'être venus si nombreux
00:20pour Fabrice Imbert, pour votre dernier roman
00:23« De l'autre côté de la vie »,
00:26qui est sorti pour la rentrée littéraire aux éditions Calman-Lévy.
00:32Votre roman commence par l'interprélation du narrateur
00:39qui nous demande notre attention à tous,
00:41car l'histoire qu'il va raconter nous concerne tous
00:44et nous en sommes tous responsables.
00:49Le roman commence par une action
00:54très rapide.
00:57Un homme s'évade, il a emprunté une voiture,
01:03c'est un père, il est avec ses deux enfants
01:05et il cherche à fuir Paris,
01:08qui est à feu et à sang.
01:09On comprendra le long du récit
01:12ce qui s'est passé, ce qui se passe
01:15pendant ces semaines,
01:16mais lui est dans une situation d'urgence et de fuite
01:24pour sauver d'abord la vie de ses enfants.
01:30J'aurais aimé vous poser comme première question
01:32de savoir ce qui a initié,
01:34ce qui vous a inspiré ce roman.
01:37On ne peut pas, évidemment,
01:38ne pas penser à la situation politique, sociale
01:43de la France, puisque nous sommes,
01:46c'est bien la France et on part de Paris.
01:51S'il y a des événements qui vous ont marqué
01:53et qui vous ont donné envie
01:55de les insérer dans un roman ?
01:59Oui, alors effectivement,
02:02c'est la situation de la France,
02:05c'est nos divisions qui m'attristent,
02:09qui ont été un des fermants du livre.
02:13Mais c'est aussi un événement plus particulier,
02:16mais ça, je ne le savais pas, en fait.
02:18Je l'ai compris uniquement par la suite,
02:21justement avec des questions comme celle-là.
02:25En fait, c'est mon ami Gilles.
02:28Alors, c'est dommage que Gilles ne soit pas là,
02:31mais c'est celui qui venait de plus loin,
02:34puisqu'il a une concession automobile dans le 95.
02:38Et après la mort de Naël,
02:42il y a eu des émeutes dans le 95.
02:45Et il y a une bande
02:47qui a lancé des cocktails Molotov
02:52sur sa concession automobile.
02:56Et tout a flambé.
02:57Et avec un degré de température
03:03complètement incroyable,
03:05je ne savais même pas que ça existait,
03:06c'est monté à plus de demi degré,
03:07absolument tout a été ruiné.
03:10Et en fait, je suis allé voir la concession,
03:15et c'était vraiment très, très impressionnant.
03:16C'est-à-dire que c'était vraiment entièrement calciné.
03:19Et sur les vidéos que Gilles m'a montrées,
03:21c'était vraiment une scène de guerre.
03:23C'était très, très impressionnant.
03:25Et après, quand il m'a raconté
03:27tout ce qu'il fallait faire,
03:28c'est assez incroyable,
03:31parce qu'en fait,
03:32les jeunes débarquent,
03:35et ils peuvent en voir
03:38à pas mal de monde
03:39pour pas mal de raisons.
03:41Mais voilà, ils lancent des cocktails Molotov
03:43sur un gars qui, quand même,
03:44n'a rien à y voir.
03:45Et c'est toute la vie de ce gars
03:49et tout le commerce qui est ruiné.
03:54Et les images, en fait, m'ont beaucoup marqué.
03:58Mais j'avais, je pensais pas du tout
04:00au lien avec le livre.
04:03Mais il se trouve que le livre commence,
04:06effectivement, dans un garage incendié,
04:10avec la température dont Gilles m'avait parlé.
04:14Et c'est là qu'il prend sa voiture.
04:17Donc, il y a quand même une cristallisation, oui,
04:19autour des événements de notre pays.
04:24Une violence que l'on retrouve
04:26tout au long du texte,
04:27parce que le narrateur, en l'occurrence,
04:31va cheminer.
04:34Il a pour but d'aller
04:35vers la République du Jura,
04:38qui, pense-t-il,
04:40lui a-t-on dit,
04:42est apaisé
04:44et ce pourra être un refuge pour lui.
04:46Donc, il va cheminer,
04:48traverser toute la France.
04:49C'est d'ailleurs l'occasion.
04:51On sent que c'est un homme
04:52qui aime son pays.
04:54Parce qu'il y a des...
04:55Il y a de très beaux passages
04:58sur les paysages de la France,
05:01sur sa géographie.
05:03Est-ce que ça aussi,
05:07ça vous ressemble ?
05:09C'est quelque chose
05:09un peu topographique ?
05:10Ça vous ressemble
05:10avec ma femme,
05:15qui n'est pas encore arrivée.
05:16C'est la réunion parents-promesseurs,
05:18ce soir.
05:20Il y a des urgences.
05:21Il y a des urgences.
05:22Donc, elle n'est pas encore arrivée.
05:25Mais avec Caroline, donc,
05:26et les enfants,
05:27oui, on fait très souvent
05:28des tours de France.
05:29J'adore explorer tout le pays.
05:32Et le narrateur est d'origine étrangère.
05:37Ce qui lui permet, en fait,
05:39d'aimer la France,
05:41sans qu'il puisse y avoir
05:42des accents nationalistes,
05:45mais simplement l'admiration
05:46pour ce pays qu'il aime,
05:47sur lequel il s'interroge aussi pas mal.
05:49Il y a des interrogations
05:51sur ce qu'est la France,
05:53sur ce qu'elle est devenue,
05:55sur les raisons aussi, parfois,
05:58pour lesquelles
05:59elle peut être dans ses tourments.
06:02Mais en effet,
06:03c'est l'occasion de voir
06:04tous ces paysages.
06:06Alors, quand j'étais,
06:08je me souviens que,
06:10quand j'avais 18 ans,
06:12j'avais lu un livre de Brodel
06:14qui s'appelait
06:14L'identité de la France.
06:16Et il y avait un truc
06:16qui m'avait fasciné.
06:18C'est d'être dans une note
06:19de bas de page
06:20où Brodel expliquait
06:21qu'il était allé explorer
06:23toutes les limites d'un département
06:25pour voir comment on faisait
06:27la limite d'un département.
06:28Comment est-ce qu'on faisait
06:29la déclivité entre eux ?
06:31Et ça, c'est quelque chose
06:32qui m'a toujours fasciné
06:33en France.
06:34C'est de voir, en effet,
06:35tout cet ensemble de différences,
06:36ces paysages qui se changent
06:37parfois très brutalement
06:39après un cours d'eau,
06:40après une falaise.
06:42Et en effet,
06:43ça revient à l'intérieur
06:44de son livre,
06:45de ce livre,
06:45cette espèce d'exploration
06:47de toute cette route
06:51entre Paris
06:52et la République du Jura.
06:54Et dans ce paysage,
06:59il va faire de nombreuses rencontres,
07:02des rencontres heureuses,
07:03des rencontres qui le mettent en danger,
07:07qui sont ultra violentes.
07:11Mais il y a des pauses comme ça,
07:13très heureuses.
07:15Et puis, il y a des moments aussi
07:16où il se souvient,
07:16parce qu'il a perdu sa femme,
07:18des jours heureux,
07:22ces pauses oniriques,
07:23mettent comme une distance
07:24avec une réalité
07:25qui est d'une violence
07:27et parce qu'ils sont dans la peur
07:28en permanence.
07:29Vont-ils y arriver ?
07:30Vont-ils réussir ?
07:32Et ça crée comme ça
07:35une espèce de, finalement,
07:37de tension grandissante
07:39et crescendo.
07:40Et ça, c'est très, très réussi
07:41dans le roman.
07:42Alors, si on est dans un réalisme
07:47très, très fort,
07:48il y a aussi une dimension du conte
07:50qui est très présente
07:52avec des épisodes.
07:54Il va y avoir un arrêt
07:55dans un château, par exemple.
07:57Oui.
07:57Voilà, qui est un épisode
07:59qu'il ne faut pas défleurer
08:00parce que c'est un moment important.
08:02C'est un moment de bascule aussi.
08:04Il va faire des rencontres
08:05très, très importantes.
08:07et notamment,
08:09vous m'entendez de mal,
08:11et notamment
08:11un personnage
08:16qui peut être un personnage
08:18sans doute
08:20qui va être très important,
08:24qui va l'aider beaucoup.
08:25C'est un personnage
08:25qui s'appelle Abraham.
08:27Il porte un nom
08:28extrêmement biblique.
08:33Il est le patriarche
08:34des Trois Monothéismes.
08:35Il est celui qui va le guider,
08:38celui qui va les protéger,
08:40celui qui va les emmener
08:41et qui, sans doute,
08:42peut-être, va se sacrifier.
08:45Est-ce que...
08:46Qui est ce personnage d'Abraham ?
08:48Alors, d'abord,
08:50sur ce que vous disiez
08:51avant,
08:54sur...
08:55Alors, d'abord,
08:56sur la violence
08:58de certaines scènes,
08:59alors qu'il est certaine,
09:03on n'a pas tous
09:05on a déjà parlé
09:07du livre
09:08sur la police,
09:08on n'a pas tous
09:09la même lecture du livre.
09:10C'est-à-dire que
09:11certains considèrent
09:13que le livre est violent
09:15et pas moi.
09:17Voilà.
09:18Donc, Pierre, par exemple,
09:19trouve que le livre
09:21est cruel.
09:22Tu ne vas pas dire
09:22que l'on est cruel.
09:25Eh bien, moi,
09:25je ne le trouve pas,
09:26en fait.
09:26Moi, je le trouve
09:27positif
09:31et lumineux.
09:35Au sens où
09:36je trouve
09:37qu'à chaque fois,
09:39l'idée,
09:39c'est précisément
09:40de trouver
09:41l'innocence.
09:43C'est-à-dire que
09:43même au milieu du chaos,
09:44ils essayent
09:45toujours de trouver
09:46une espèce d'Éden perdu.
09:47Il y a vraiment
09:47une quête
09:48du paradis,
09:51enfin,
09:51de quelque chose
09:52de perdu,
09:53en tout cas,
09:53qu'ils aspirent
09:54à retrouver
09:54par-delà
09:56la violence,
09:57par-delà,
09:59les obstacles.
10:02Donc, voilà.
10:04Moi, j'ai cette vision
10:05totalement positive.
10:10Voilà.
10:11Dans cette recherche
10:12de l'humanité,
10:13en fait,
10:14il y a essentiellement
10:15des choses positives.
10:16Peut-être aussi
10:17parce que
10:18le lien
10:19entre ce père
10:20et ces deux enfants
10:21est tellement chargé
10:22d'amour
10:22qu'à la fin,
10:23pour moi,
10:24c'est positif.
10:25Alors, ensuite,
10:26sur la narration,
10:27j'ai eu de la chance
10:29parce que
10:30je pense,
10:32en effet,
10:32que le livre
10:33est captivant.
10:36Je ne sais pas
10:36si j'ai eu le droit
10:36de dire ce genre
10:37de choses.
10:40Mais,
10:41vraiment,
10:44je l'ai dit
10:44plusieurs fois,
10:45j'estime que
10:45c'est de la chance.
10:46C'est-à-dire qu'on pense
10:47toujours,
10:48en tout cas,
10:48il y a trop de gens
10:49qui pensent
10:49que la narration
10:50c'est une mécanique.
10:51Mais pas du tout.
10:52La narration
10:52n'est pas du tout
10:53une mécanique.
10:53C'est quelque chose
10:54qui est, pour moi,
10:55de l'ordre du charme.
10:57C'est-à-dire que
10:57souvent,
10:58ça ne marche pas.
11:00Il n'y a quand même
11:01pas tant de romans
11:02que ça
11:02où on est vraiment
11:04entraîné.
11:05Ils peuvent avoir
11:05bien d'autres qualités.
11:07Mais,
11:07voilà,
11:08c'est quand même
11:09une narration
11:10qui marche.
11:10En fait,
11:11personnellement,
11:11je trouve ça
11:12assez rare.
11:13Et lorsque ça devient
11:14une mécanique,
11:15c'est complètement
11:16défloré.
11:17mais j'estime
11:18que pour avoir
11:20fait des livres
11:21qui,
11:21clairement,
11:21au niveau
11:22de la narration
11:22marchaient
11:23nettement moins bien,
11:24qu'il y a quand même
11:25une chance,
11:26un mystère,
11:26un charme
11:27à un moment
11:27qui vient
11:28et qui vous entraîne
11:31dans le livre.
11:33Voilà.
11:33Mais c'est peut-être,
11:34en effet,
11:34cet effet de rythme
11:35entre les pauses,
11:39la pureté
11:40et puis ces épisodes
11:41plus sombres
11:42qui donnent,
11:43en effet,
11:44ce rythme
11:45à la narration.
11:47Alors,
11:48parce qu'il y avait
11:50mille choses
11:50dans votre question.
11:51Oui.
11:51Je sens qu'avant Abraham,
11:52il y avait un autre truc,
11:53mais voilà,
11:55j'ai zappé.
11:57Mais,
11:58sur Abraham.
11:59Il y a de très belles
11:59pauses.
12:01Il y a un moment
12:02où il est
12:03au milieu de la forêt,
12:05il va y avoir
12:05une vision
12:06avec des biches
12:07qui sont comme ça,
12:08comme une illumination,
12:09comme un moment
12:10comme ça,
12:10absolument,
12:11de pureté
12:12absolu
12:13et de bonheur
12:15retrouvé
12:16où on oublie
12:18toute cette furie.
12:21Oui,
12:21c'est ça,
12:22c'est la marque
12:22la plus claire
12:23en effet
12:23de l'Éden
12:25à l'intérieur
12:26du récit.
12:28Mais si je sais
12:29ce qu'il y avait
12:29avant Abraham,
12:30c'est le conte.
12:31Oui,
12:32le conte.
12:32Très important,
12:33le conte.
12:34Oui,
12:34je pense que c'est
12:35un conte,
12:36en effet,
12:37et que c'est
12:39ce qui explique
12:40l'éventuelle
12:42cruauté
12:42pour certains
12:43et l'innocence
12:44pour d'autres,
12:45alors pour moi.
12:46Parce que le conte,
12:47c'est vraiment
12:47ce mélange
12:48d'innocence
12:49et de cruauté.
12:51C'est toujours terrible
12:51ce qui se passe
12:52dans un conte
12:53qui, en même temps,
12:53ça dépasse la dimension
12:55de la cruauté.
12:57Je n'aime rien tant
12:58que les contes.
13:00J'en lisais énormément
13:01à mes enfants
13:02et ça a été
13:03les premiers
13:03à être lassés.
13:04Moi,
13:04je voulais tout le temps
13:05raconter des contes,
13:07etc.
13:08Et eux,
13:09ils se sont
13:09assez vite
13:10passés à autre chose.
13:11Pas de contes,
13:11pas de contes.
13:12C'est insupportable.
13:14Voilà,
13:14donc effectivement,
13:15c'est clairement
13:16un conte
13:18avec cette dimension
13:20véritablement
13:21d'innocence et de cruauté.
13:23Alors,
13:23quant au personnage
13:24d'Abraham,
13:27qui est à la fois
13:28homme et femme,
13:30oui,
13:30c'est un personnage
13:30que j'aime beaucoup
13:31pour sa liberté.
13:34C'est même sans doute
13:37mon personnage préféré,
13:39bien qu'il ne soit pas
13:39le personnage
13:40le plus important.
13:42Mais,
13:43oui,
13:43j'aime beaucoup
13:44cette liberté
13:46qui l'arbore.
13:48qui lui est naturel,
13:49surtout.
13:50Sa nature,
13:51c'est d'être libre
13:52et il va aider,
13:54en effet,
13:55cette famille,
13:56notamment parce qu'il est
13:57beaucoup plus habile
13:57qu'eux.
13:58Il est très jeune,
13:58mais il est beaucoup
13:59plus habile qu'eux.
14:01Il a environ
14:0222,
14:0323 ans.
14:04Mais,
14:04c'est lui qui va
14:05les guider
14:05à travers
14:06une partie
14:07de la France.
14:10Et,
14:10quant à son prénom,
14:12en réalité,
14:13il n'y a pas
14:15tant d'intention
14:16sacrificielle.
14:19En fait,
14:19je n'y ai pas pensé.
14:21Mais,
14:21on me l'a fait remarquer
14:23et,
14:24en fait,
14:25c'est à juste titre.
14:26C'est-à-dire que,
14:26finalement,
14:28c'était sans doute
14:29malgré moi.
14:30Parce que,
14:30s'il y a une chose
14:31qui compte,
14:33en effet,
14:34dans le livre
14:35et cette relation,
14:36notamment,
14:36du père
14:37à ses enfants,
14:38c'est celle du sacrifice.
14:39et,
14:40en plus,
14:40c'est souvent
14:41une question
14:41que je me pose.
14:44Voilà,
14:44pourquoi est-ce
14:44qu'on est prêt
14:45à se sacrifier ?
14:48Alors,
14:48on a le sentiment
14:51que,
14:52à notre époque,
14:56on est seulement prêt
14:57en fait à se sacrifier
14:58pour ses enfants.
14:59Mais,
14:59je me suis toujours demandé
15:00s'il n'y a pas autre chose
15:02pour quoi on peut se sacrifier.
15:03Au fond,
15:04s'il n'y a rien
15:04à part ses enfants
15:05pour quoi on peut se sacrifier,
15:07malgré tout,
15:08ça reste un appauvrissement,
15:11une espèce de dimension
15:13d'idéal qui disparaît.
15:16Donc,
15:16voilà,
15:16je n'ai pas de réponse à ça,
15:18mais je sais que c'est
15:18une interrogation
15:19que j'ai souvent.
15:20C'est,
15:21voilà,
15:21pourquoi est-ce qu'on peut
15:22se sacrifier ?
15:24Est-ce qu'il est possible
15:25de se sacrifier pour autrui,
15:26par exemple,
15:27dans certaines situations ?
15:29Je vais revenir là-dessus
15:30dans un roman
15:31Comment vivre en héros
15:33où vraiment,
15:33c'était le don pur de soi,
15:36voilà,
15:36dans un instant de courage
15:37et voilà,
15:39je me demande
15:40dans quelle mesure
15:41c'est possible
15:43et donc,
15:44c'est pour ça
15:44que Paris Cochet,
15:45en fait,
15:45il est,
15:46oui,
15:47il est à peu près certain
15:47que le prénom d'Abraham,
15:50même si je ne le voulais pas,
15:51est vraiment
15:51très bien tombé,
15:53enfin,
15:53que l'inconscient
15:54a bien choisi.
15:55Voilà.
15:56Et d'ailleurs,
15:56il y a une force
15:57des prénoms.
15:59la petite fille
16:02s'appelle Alice,
16:03bon là,
16:03on est effectivement
16:04dans la pure fiction,
16:08mais on va rencontrer
16:10Marie,
16:11Eva,
16:12Madeleine,
16:13tout ce monde,
16:15tous ces gens
16:16qui sont en danger
16:17en permanence,
16:18qui sont en danger
16:20de disparaître,
16:21de mourir.
16:23Est-ce que,
16:24alors c'est peut-être
16:24un peu extrapolé,
16:25votre texte,
16:27ce qui est formidable,
16:27c'est qu'on le lit
16:28comme ça,
16:29d'une traite comme avant,
16:30mais qu'on y repense
16:31beaucoup après,
16:32parce qu'il y a effectivement
16:33beaucoup de lectures
16:34et beaucoup
16:35d'interprétations.
16:37Est-ce que ça n'est pas
16:39aussi la métaphore
16:40d'un monde
16:40qui va peut-être
16:41disparaître,
16:42qui va peut-être
16:42être englouti,
16:44un monde judéo-chrétien,
16:45qui risque
16:46de disparaître
16:48dans toute cette violence ?
16:49Alors,
16:49en tout cas,
16:51sur
16:51Mince,
16:56avant la disparition,
16:57il y avait quelque chose
16:58pour des questions.
17:00Les prénoms
17:01sont très importants
17:02et très symboliques.
17:05Très symboliques.
17:06Oui,
17:06alors non,
17:07c'est sur le nombre
17:08d'interprétations
17:09que vous pouvez avoir.
17:10Alors ça,
17:11c'est vraiment normal
17:13dans la mesure
17:13où j'ai vraiment voulu,
17:16si on peut vouloir ça,
17:16que ce soit le plus inconscient
17:18de tous mes livres.
17:19Comme il fallait
17:19que ce soit
17:20une atmosphère
17:22de conte
17:23avec en plus
17:25une dimension...
17:26Oui,
17:26on pourrait être
17:26dans un rêve,
17:27dans un cauchemar.
17:27Voilà,
17:28c'est ça.
17:28Et comme il y a
17:29une dimension onirique
17:30qui est assez forte
17:31et à certains moments,
17:33même,
17:33on se demande
17:34si on est dans le rêve
17:35ou dans la réalité,
17:36je voulais que ce soit
17:37vraiment
17:37les caractéristiques
17:39de l'inconscient
17:40et d'avancer
17:42ce qui a des inconvénients
17:44le moins possible
17:45en réfléchissant.
17:47Ça peut paraître
17:48aberrant
17:50pour un auteur.
17:52Mais si,
17:52en fait,
17:53je trouve qu'il y a
17:53une force profonde
17:54à se laisser aller
17:56aux pulsions
17:58et à l'inconscient
17:59en littérature.
18:00Et donc,
18:00même si ça semble
18:02très maîtrisé
18:03à cause de la narration,
18:04en fait,
18:05il est assez inconscient.
18:06Donc,
18:06c'est pour ça
18:07qu'il peut y avoir
18:08des interprétations
18:09très diverses
18:10du livre.
18:12Ce qui me mène
18:13à la réponse
18:14à l'autre question.
18:15La question était
18:18autour de
18:19cette importance
18:21des noms
18:22de ces...
18:23Alors,
18:24ce n'est pas autour
18:24de la disparition
18:25du monde judéo-chrétien,
18:26mais clairement,
18:27c'est autour
18:27de la disparition
18:28d'un monde.
18:29d'une société
18:29ou d'un monde.
18:31Voilà.
18:31Ça,
18:31c'est un peu
18:31mes obsessions.
18:34Oui,
18:34ça revient
18:35dans beaucoup de livres.
18:35Oui,
18:35ça revient
18:36dans beaucoup
18:36de mes livres.
18:37C'est une société
18:38qui se disloque.
18:41Je dirais,
18:43typiquement,
18:44pour ceux qui ont lu
18:45l'origine de la violence,
18:48le règne de la violence
18:51lorsque toutes les lois
18:53et toutes les règles
18:53sautent.
18:55Et puis,
18:55la volonté
18:55de construire autre chose.
18:57Et ça,
18:57c'est Eden Utopie
18:58et je dois dire
18:59que ces deux livres-là,
19:02je me suis rendu compte
19:04que c'était
19:06les deux piliers
19:08avant celui-là
19:09qui est finalement,
19:11qui unit les deux,
19:11cette recherche
19:12de la pureté,
19:14de l'utopie
19:14au milieu
19:15d'une société
19:16qui se disloque.
19:17Donc,
19:17comme d'habitude,
19:17c'est des obsessions
19:19qui reviennent
19:20et qui s'imposent.
19:23Voilà.
19:23Après,
19:24il y a effectivement
19:25toujours des inquiétudes
19:27sur notre société
19:28alors,
19:30il y a souvent quelque chose
19:31qui m'a été dit,
19:33ça m'a été dit
19:33par je ne sais
19:34combien de personnes.
19:35Donc,
19:35lorsque je disais
19:36que c'était la France
19:38en situation de guerre civile,
19:40les gens répondaient toujours
19:41il faut que tu te dépêches,
19:42te le publier,
19:43sinon ça ne sera plus un roman,
19:44ce sera un document.
19:45Alors,
19:46bon,
19:46moi,
19:46je ne compte pas trop
19:47à la guerre civile,
19:48ce n'est pas tant la question.
19:50Après,
19:50il y a des phénomènes
19:52de dislocation
19:53et de haine,
19:54de toute façon,
19:55même sans mener
19:55à la guerre civile.
19:57Et cette inquiétude,
19:58je pense qu'elle tarot tout le monde.
20:01Et quand une société
20:03se disloque,
20:04des communautés
20:05apparaissent,
20:06naissent,
20:07là,
20:07vous en faites naître
20:08plusieurs.
20:09Il y a des communautés
20:10pour les riches,
20:11le royaume
20:12qui se regroupe.
20:14Et puis,
20:15cette fameuse
20:15république du Jura,
20:18jusqu'où
20:18les enfants
20:20et le père
20:21vont arriver,
20:22mais qui n'est pas
20:23si idyllique
20:25que ça,
20:26qui n'est pas
20:27si protectrice
20:29que ça,
20:29parce que
20:29refaire une société,
20:31reconstruire une société,
20:33même avec
20:33les meilleures intentions
20:34du monde,
20:35ça n'est pas facile.
20:36Ah oui,
20:37ça,
20:38c'est clair.
20:39Alors,
20:41sur,
20:43en effet,
20:44cette,
20:46alors,
20:46la société
20:46des riches,
20:49c'est un peu
20:50comique pour moi.
20:53Enfin,
20:53c'est pas un livre comique,
20:55mais c'est un livre
20:56d'innocence.
20:58C'est pas un livre comique,
20:59mais ce passage-là
21:00était,
21:01malgré tout,
21:01pour moi,
21:01c'était un peu
21:02un clin d'œil.
21:03L'idée que des familles
21:04du Nord
21:05se regroupaient
21:05pour former
21:07une communauté
21:08fermée
21:09à tous les pauvres,
21:11à toutes les classes moyennes,
21:12etc.
21:13et sachant que,
21:15voilà,
21:15les familles du Nord,
21:17en gros,
21:18c'est les Gulliès,
21:19les Arnaud,
21:20etc.
21:20C'était plutôt
21:20un clin d'œil
21:22qu'autre chose.
21:24Cela dit,
21:25voilà,
21:26les phénomènes de sécession,
21:29encore une fois,
21:30pas à ce point,
21:31sont quand même
21:31évident,
21:33entre,
21:36enfin,
21:38pour connaître,
21:41comme plusieurs de mes amis
21:44ici présents,
21:45Saint-Tropez,
21:47on voit pas mal
21:49de phénomènes
21:49de sécession,
21:51où, en fait,
21:51il y a de tels écarts
21:52de fortune,
21:53enfin,
21:53c'est devenu
21:54complètement aberrant,
21:55mais c'est incroyable,
21:57les écarts de fortune,
21:59que, matériellement,
22:02en fait,
22:02il y a des formes
22:03de sécession,
22:04de fait,
22:04qui n'étaient pas là
22:06dans ma,
22:08dans mon enfance.
22:09Voilà,
22:10mais il y avait,
22:11il y avait des écarts,
22:12bien sûr,
22:13il y a toujours des riches,
22:14mais les écarts
22:14étaient moins,
22:15moins importants.
22:17Après,
22:17sur,
22:18sur la communauté,
22:19les utopies,
22:21marchent rarement,
22:22il faut bien le dire,
22:23et vivre ensemble,
22:25c'est très difficile.
22:28Et le fait est
22:28que cette communauté
22:29du Jura
22:30a beaucoup de mal
22:31à survivre
22:32entre les appétits
22:33des uns
22:34et les désirs
22:35des autres,
22:35les illusions aussi,
22:36parce que l'utopie,
22:37c'est quand même,
22:38c'est quand même
22:39beaucoup d'illusions,
22:40également,
22:41c'est des espoirs,
22:42certes,
22:43mais c'est aussi
22:43beaucoup d'illusions,
22:45et,
22:45et pour le coup,
22:48moi,
22:48c'est une idée
22:49qui me fascine,
22:50l'utopie,
22:51et lorsque je les ai
22:53étudiées à travers
22:53l'histoire,
22:54en fait,
22:55je n'en ai pas vu
22:55qui aient marché,
22:56il doit y en avoir eu,
22:57il doit y en avoir,
22:58mais j'ai toujours
23:00été étonné
23:00par l'effondrement
23:01des utopies,
23:03par les massacres,
23:04ça m'a toujours
23:05frappé,
23:07et au XVIe siècle,
23:07il y a eu des utopies
23:08très importantes,
23:09mais vraiment,
23:09avec des dizaines
23:11de milliers
23:12de personnes,
23:13mais à la fin,
23:14ça s'effondrait
23:15toujours.
23:17Voilà.
23:18Bon,
23:18il y a l'écule des pages
23:19comme l'utopie.
23:19C'est pas mal.
23:21C'est pas mal.
23:24Le narrateur
23:25est le personnage principal,
23:27alors,
23:28d'ailleurs,
23:28c'est le seul
23:29qui n'a pas de prénom.
23:30Est-ce que c'est,
23:31peut-être,
23:32pour l'essentialiser,
23:33c'est-à-dire,
23:33le plus important,
23:34c'est son rôle de père.
23:36Il est un père universel,
23:37il est celui
23:37qui a pour mission
23:40de sauver ses enfants,
23:42et non seulement
23:43de les sauver
23:44de la mort,
23:47de la perte,
23:47mais aussi
23:49d'essayer
23:50de garder
23:51leur innocence,
23:53de garder leur enfance,
23:55de les garder
23:56le plus longtemps possible
23:57dans l'enfance
23:59et dans la...
24:01et loin
24:02de toute cette réalité
24:04qui est assez terrible.
24:06Oui,
24:06c'était difficile,
24:07en effet,
24:07de lui donner
24:08un prénom.
24:10Je n'y ai pas
24:10réellement pensé,
24:11en fait.
24:12Ça m'est venu
24:12vraiment naturellement
24:13que je n'allais pas
24:14lui donner de prénom.
24:15C'était le jeu
24:16qui parlait,
24:17c'était son discours
24:18qui allait construire
24:19son identité,
24:21et ce n'était pas
24:22un prénom
24:22qui viendrait
24:23de l'extérieur.
24:25Donc,
24:25c'est vrai
24:26qu'il a jamais
24:26de prénom.
24:30Alors,
24:30vous abordez évidemment
24:31la question
24:31de l'enfance
24:32dans la guerre,
24:33ça c'est quelque chose...
24:35Voilà,
24:35les enfants
24:36au milieu de la guerre
24:37sont souvent
24:37les plus grandes victimes.
24:39Et il y a un passage
24:40qui est un petit passage
24:41anecdotique,
24:42mais Wallis
24:43va avoir un comportement
24:45assez cruel
24:45avec un animal.
24:48Et on peut y voir là,
24:50effectivement,
24:52alors soit l'idée
24:54que même dans l'enfance,
24:57on peut se dire
24:59que la cruauté humaine
25:00est déjà en germe,
25:02ou alors que toute cette vie
25:07assez terrifiante
25:09qu'elle vit depuis plusieurs semaines
25:11a pu avoir une influence
25:14et la rendre
25:15cruelle,
25:17cette petite fille
25:18si innocente.
25:19Oui,
25:19c'est ça,
25:19c'est-à-dire que bon,
25:20d'abord,
25:21il y a quand même
25:21des formes
25:22d'indifférence
25:23dans l'enfance
25:25qui est parfois frappante.
25:26les enfants
25:30ne sont pas les êtres
25:31les plus empathiques
25:32qu'il y aient.
25:34Ils sont
25:34d'abord préoccupés
25:37d'eux-mêmes.
25:37Deux-mêmes, oui.
25:38Et voilà,
25:39ce n'est pas du tout
25:40un problème pour moi.
25:41ça va avec cette dimension
25:44animale
25:45que j'adore
25:46chez eux,
25:47tout à fait étonnante,
25:49ces espèces de pulsions
25:50de vie
25:50qui peuvent être
25:51cruelles,
25:52indifférentes,
25:54etc.
25:55Mais également
25:56débordant de la bourre,
25:57enfin voilà.
25:59Mais disons que
26:01dans cette situation
26:02particulière,
26:03en effet,
26:03de guerre civile,
26:04le père est attentif
26:08au développement
26:08de l'insensibilité
26:10chez eux.
26:13Cette,
26:14voilà,
26:15la violence,
26:16en effet,
26:17qui peut se développer
26:18à l'intérieur d'eux
26:19à travers
26:20cette insensibilité
26:22à force de voir
26:23la violence,
26:24ne plus du tout
26:25y être sensible
26:26et puis devenir
26:27la violence
26:29de demain.
26:30Type
26:31le ruban blanc
26:32de Anneke
26:34qui m'avait
26:35beaucoup marqué
26:36pour ça.
26:36Ces enfants
26:37qui précisément
26:38seront les nazis
26:40de demain
26:40par leur
26:41insensibilité
26:43pour la montée
26:44de la cruauté
26:45en eux.
26:46Et donc,
26:46c'est vrai
26:46qu'Alice,
26:47à un moment,
26:47oui,
26:47il y a la montée
26:48de la cruauté
26:49vis-à-vis
26:50de cet animal
26:51en elle.
26:54Mais précisément,
26:55il faut essayer
26:55de retenir ça,
26:58de l'imiter.
27:00Il était important
27:01que le personnage
27:02principal soit un père
27:03parce que
27:06ça n'est pas
27:07un héros,
27:08c'est un homme
27:08ordinaire,
27:10c'est un homme
27:10qui pleure,
27:10c'est un homme
27:11qui a peur,
27:13qui avoue
27:14parfois,
27:15au milieu de la nature,
27:16qu'il ne connaît
27:16pas grand-chose,
27:17il ne sait pas
27:18reconnaître les arbres,
27:20ni les animaux,
27:21ni les poissons.
27:23Et donc,
27:23vous en faites
27:24comme ça,
27:25une espèce de...
27:27comme si
27:28seul...
27:29en fait,
27:31cette paternité
27:32lui donne une force
27:33quand même supplémentaire
27:34parce qu'il a
27:35en charge,
27:36il est en charge
27:37d'âme.
27:38Oui,
27:38c'est sans doute
27:38sa seule force d'ailleurs.
27:40Il dit tout le temps
27:40qu'il est parfaitement
27:41inoffensif,
27:42ça il le répète,
27:43il dit même
27:44nous étions tous
27:44inoffensifs.
27:45Mais oui,
27:46il est tout à fait
27:46inoffensif
27:47et sa paternité,
27:48sa seule force,
27:48la volonté
27:49de survivre
27:52et protéger
27:53ses enfants
27:54jusqu'à la république
27:54du Jura.
27:56Oui,
27:57tout à fait.
27:58et on est nombreux
28:01à être inoffensif.
28:02Moi,
28:02je me sens très bien.
28:05J'aurais aimé
28:06qu'on termine
28:06sur le titre.
28:09Je ne sais pas
28:09si c'est vous
28:10qui l'avez choisi
28:10de l'autre côté
28:11de la vie.
28:13À quoi est-ce
28:13que ça revoit
28:14pour vous ?
28:14c'est toute une histoire
28:15ce titre.
28:15C'est toute une histoire.
28:17Donc,
28:17le premier titre,
28:19c'était
28:19Guerre civile
28:20qui ne recevait pas
28:25l'assentiment général.
28:26et donc,
28:29on a cherché
28:32des titres,
28:33on en a cherché
28:34plein,
28:34etc.
28:36Et puis,
28:37à un moment,
28:40donc,
28:40j'en cherchais
28:41en moi,
28:42mais aussi
28:42dans les livres,
28:43dans les poèmes,
28:43etc.
28:44Et la fin
28:45de l'exergue
28:46de Voyage au bout
28:47de la nuit,
28:47c'est de l'autre
28:48côté de la vie.
28:50Et voilà,
28:51et j'ai tilté
28:52et on a mis
28:53de l'autre côté
28:54de la vie.
28:56Et il y a deux jours,
28:58mon père m'a appelé
28:59pour me dire
29:00que,
29:00en fait,
29:01dans le texte lui-même,
29:02il y avait
29:03de l'autre côté.
29:04On est passé
29:04de l'autre côté
29:06et,
29:07page 61,
29:10et en italique
29:11en plus.
29:12Donc,
29:13c'est,
29:13en fait,
29:13si j'ai réagi
29:16à l'exergue
29:17du Voyage au bout
29:18de la nuit,
29:18c'est parce que
29:19c'était déjà
29:20dans le livre,
29:20cette histoire
29:21de l'autre côté.
29:22et en effet,
29:23de l'autre côté
29:24de la vie,
29:25c'est,
29:25voilà,
29:25aller chercher
29:26l'innocence,
29:27la pureté,
29:29etc.
29:30Donc,
29:30enfin,
29:31il y a un passage.
29:32Alors,
29:32on va dire,
29:33le sens de ce titre,
29:34je pense qu'il est assez petit.
29:36Enfin,
29:37il y en a plusieurs,
29:38c'est assez polysémique,
29:39mais,
29:39en tout cas,
29:41un des sens,
29:42c'est ça,
29:42passer de l'autre côté
29:43de la vie,
29:43voilà,
29:44pour essayer
29:44d'aller chercher
29:45quelque chose,
29:47la pureté,
29:48l'innocence,
29:49je ne sais pas.
29:49Oui,
29:50c'est peut-être aussi
29:50du côté de l'onirisme,
29:52Oui,
29:52complètement,
29:53c'est,
29:53en fait,
29:54on passe de l'autre côté,
29:55voilà,
29:55et ça peut être complètement,
29:56oui,
29:56du côté du rêve,
29:57du côté du compte,
29:58etc.
29:59Oui.
30:00Très bien,
30:00je vous remercie infiniment.
30:02Merci à vous.
30:04Merci.
30:04Merci à vous.
30:11Merci à vous.
30:12Bravo,
30:13bravo.
30:13Bravo,
30:13bravo.
30:14Bravo,
30:14bravo.
30:18Alors,
30:19c'est formidable,
30:19parce que toutes mes vies
30:20sont rassemblées ici,
30:21depuis bien longtemps,
30:23donc c'est,
30:24que ce soit,
30:25je ne sais pas,
30:26moi,
30:26oui,
30:28ma famille,
30:29la boxe,
30:32la brouillère,
30:33Buc,
30:33il n'y a plus grand-chose,
30:35mais aussi Nicolas
30:36qui est là-bas,
30:37et c'est celui
30:38qui ne vient de plus loin,
30:39je ne voudrais pas dire
30:39parce qu'il vient
30:40du Luxembourg,
30:41et je le connais
30:43depuis le lycée,
30:44donc il y a de multiples vies
30:45ici rassemblées,
30:46et c'est vraiment
30:46un grand,
30:46grand plaisir
30:47que vous soyez venus.
30:49Merci beaucoup.
30:50Et alors,
30:51il y a bien sûr
30:52à boire
30:53et à manger,
30:55je voulais absolument
30:56que vous soyez reçus,
30:57je ne voulais pas
30:58vous prendre en otage,
31:00à m'écouter,
31:02voilà,
31:02parler,
31:03donc,
31:04voilà.
31:08Alors,
31:09si,
31:09si,
31:09si,
31:09si,
31:09si,
31:09si,
31:09si,
31:10si,
31:10si,
31:10si,
31:10si,
31:10si,
31:10si,
31:10si,
31:11si,
31:11si,
31:11si,
31:11si,
31:11si,
31:11si,
31:11si,
31:12si,
31:13si,
31:13si,
31:13si,
31:13si,
31:13si,
31:13si,
31:14si,
31:15si,
31:15si,
31:15si,
31:17vous m'entendez
31:17Oui,
31:17je répète.
31:19J'avais deux questions.
31:20Oui.
31:22Pourquoi le Jura ?
31:24Et l'autre question,
31:25c'est,
31:25fallait-il que le narrateur
31:27ou le héros
31:28soit un homme ?
31:30Alors,
31:31donc,
31:32pourquoi le,
31:33pourquoi le Jura ?
31:35Alors,
31:36c'est,
31:36c'est pour
31:38des raisons
31:40qui sont
31:41de l'ordre
31:44de la narration.
31:45C'est-à-dire que,
31:46au début,
31:46je voulais les mettre
31:47en Savoie
31:48et mon ami Jean-Pierre
31:50qui est ici,
31:51j'en ai parlé,
31:52etc.,
31:53me disait,
31:54mais la Savoie,
31:54c'est pas possible,
31:55il y a plein de
31:56côte d'urbation
31:57à passer,
31:59dans les creux de vallée,
32:00il y a des villes,
32:02c'est impossible
32:03que tu introduises
32:05cette atmosphère
32:06et ces sentiers,
32:09forestiers,
32:09etc.
32:10Donc,
32:11comme il y avait
32:13une région
32:15sauvage,
32:18tout de même,
32:18le Jura
32:19est vraiment
32:19un aspect
32:20assez sauvage,
32:23c'est passé
32:24vers le Jura.
32:26Donc,
32:26c'est vraiment
32:26une raison
32:27narrative,
32:28une combinaison narrative.
32:30Après,
32:32femme,
32:32homme,
32:32alors,
32:33c'est quand même
32:34que je suis un homme
32:35et un père,
32:36enfin,
32:37c'est,
32:37si vous voulez,
32:39il est,
32:42moi,
32:42ce qui m'a frappé,
32:43c'est
32:43l'origine de la violence
32:45il y a longtemps
32:46et ce livre-là.
32:49Je pense qu'il y a
32:50une droite ligne,
32:50mais ce qui m'a frappé,
32:52c'est que l'origine
32:53de la violence,
32:53c'était clairement
32:54le regard d'un fils,
32:55comme pour Eden,
32:56utopie,
32:57et très clairement,
32:59c'est maintenant
33:00le regard d'un père.
33:02Le temps a passé,
33:03ma vie a évolué,
33:05donc non,
33:05ça ne pouvait pas
33:06être une femme,
33:06ça ne pouvait être
33:07que mon regard de père,
33:09en fait.
33:12Oui,
33:13c'est vrai,
33:13c'est vrai que c'est
33:14un regard de père-mère,
33:15je suis d'accord,
33:16je suis d'accord,
33:16je suis d'accord,
33:17oui,
33:17je suis un père-père.
33:19Gilles,
33:20ils sont là,
33:22non Dieu,
33:23mais héros.
33:25Oui,
33:25vas-y Gilles.
33:27Oui,
33:28Gilles,
33:28tu voulais poser une question,
33:30vas-y.
33:30Il n'a pas de prénom,
33:32oui,
33:32mais il est avocat.
33:35Oui.
33:35Pourquoi ces propositions ?
33:38Alors,
33:40parce que c'est du côté du droit,
33:43on s'interroge quand même un peu
33:46sur cette question des lois qui ont volé en éclats,
33:50du droit qui a volé en éclats,
33:52et puis l'avocat,
33:54c'est quand même le domaine du discours,
33:55et en fait,
33:55le livre est un discours,
33:56donc il y a cette dimension.
34:00Mais disons que,
34:02contrairement à toi,
34:03Gilles,
34:03c'est un avocat,
34:06c'est un petit avocat,
34:07tu vois,
34:07je ne voulais surtout pas que ce soit un avocat,
34:14renommé,
34:16non,
34:16il fallait absolument que ce soit quelqu'un de totalement normal,
34:19à tous égards.
34:22L'avocat,
34:23oui,
34:23mais surtout pas l'image de l'avocat prospère,
34:27etc.,
34:27non,
34:27l'avocat tout à fait normal.
34:29Alors,
34:37merci.
34:38Du bon.
34:38Applaudissements.
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