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  • il y a 2 jours
Vendredi 23 octobre 2026, retrouvez Xavier Bézio (Directeur Général, Morgan Philips Management de Transition), Justine Abécassis (entrepreneure et autrice) et Lucie Carbone (humoriste) dans SMART JOB, une émission présentée par Arnaud Ardoin.

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Transcription
00:08Bonjour à tous, vous regardez SmartJob, votre rendez-vous emploi, RH et management sur Bsmart4Change.
00:13Aujourd'hui, dans Bien dans son job, on s'intéresse à l'IA. Est-ce que c'est un boulet
00:17pour les salariés ?
00:18On va voir qu'on nous a promis des gains d'efficacité, mais que parfois, en fait, c'est plutôt
00:23le contraire qui se passe,
00:23parce qu'on alourdit la charge de travail, on complexifie aussi ce qu'on demande aux travailleurs.
00:28On va en parler en tout début d'émission. Seconde partie, un grand entretien sur la vie en entreprise.
00:34Est-ce que c'est une jungle comme une autre ? C'est l'humoriste Lucie Carbone qui a écrit
00:38un livre sur le sujet.
00:39Elle va venir nous raconter, on va parler des très mauvais côtés de l'entreprise, mais vous le verrez,
00:43il y a quand même des choses intéressantes et des choses plaisantes dans le monde du travail.
00:48Et enfin, en toute dernière partie d'émission, ça faisait longtemps, un livre SmartJob avec Justine Abbé-Cassis,
00:54qui a écrit le livre « J'ai testé l'échec entrepreneurial pour vous ».
00:58C'est un livre où elle raconte son parcours et elle explique les erreurs principales à éviter quand on veut
01:03créer sa propre entreprise.
01:05Elle sera avec moi en toute fin d'émission. Tout de suite, on se met bien dans son job.
01:21L'IA devrait nous rendre le travail plus facile. Or, une récente étude de Morgan Phillips Group nous montre que
01:28dans 95% des cas,
01:31elle nous augmente la charge de travail et dans près de 50% des cas, elle a la même tendance
01:34à rendre nos missions beaucoup plus complexes.
01:37Alors, il y a aussi des côtés positifs, on va tout décrypter avec Xavier Béziot. Bonjour.
01:41Bonjour Nicolas.
01:42Vous êtes un habitué de l'émission, vous êtes le directeur activité temporaire, on va dire dans le…
01:47Management de transition, freelance, intérim.
01:49Voilà, l'intérim notamment. Donc, chez Morgan Phillips Group, on vous avait accueilli d'ailleurs la dernière fois,
01:54c'était pour de l'intérim haut de gamme dans l'aéronautique, si je me souviens bien.
01:57C'est mon collègue Bertrand, en effet, mais qui en effet on l'a déjà parlé.
02:01Cette étude sur l'IA, ça touche les métiers sur lesquels vous exercez.
02:06Complètement.
02:07Et avant de rentrer dans l'étude, moi j'avais une question très précise sur beaucoup d'annonces qu'on
02:11a eues sur les derniers mois,
02:13notamment des plans de licenciement de grosses entreprises souvent,
02:16qui disaient, on gagne en efficacité, donc on a besoin de moins de force vive.
02:21Et on a entendu des petites voix nous dire, ça a l'air plutôt d'être un prétexte, en fait,
02:27parce que l'IA, ce n'est pas encore avéré, en fait, ces gains de productivité.
02:31Vous, vous portez quel regard sur ces entreprises qui justifient des réductions d'effectifs au nom de l'IA ?
02:38Alors déjà, juste pour replacer dans le contexte, l'IA, c'est quand même encore très récent.
02:42C'est-à-dire que l'apparition de l'IA, en tout cas en usage public, c'est…
02:44En 2022, on va bien.
02:45Donc on est à 4 ans, 4 ans et demi.
02:48Donc aujourd'hui, être capable de dire que l'IA a bouleversé déjà le marché de l'emploi
02:53me paraît un peu prétentieux, tout de suite.
02:55Et je pense que le vrai sujet qu'on remarque, nous, en tant que prestataire RH,
03:00c'est plutôt l'enjeu des marges et l'enjeu des trésoreries
03:03qui sont la vraie justification des plans sociaux qui pourraient être menés aujourd'hui.
03:09D'ailleurs, avant de rentrer dans les chiffres exacts de l'étude,
03:13peut-être qu'on peut déjà se demander aujourd'hui ce que l'IA,
03:15on sait plus ou moins ce que l'IA fait mieux que nous.
03:17Notamment la recherche rapide d'informations dans une grosse base de données,
03:20c'est un exemple parmi d'autres.
03:22Mais aujourd'hui, qu'est-ce que l'IA générative ne fait pas aussi bien que l'humain
03:26et est même loin de faire aussi bien que l'humain ?
03:29L'IA, déjà, n'est pas humain.
03:31Déjà, pour commencer, c'est vraiment artificiel qu'il faut prendre plus qu'intelligence.
03:35Et dans notre étude, ce qui est intéressant, c'est de voir justement le développement des soft skills
03:41qui permettent de pouvoir travailler avec l'IA et, par répondre à votre question,
03:46notamment l'esprit critique, par exemple, qui ressort en premier lieu
03:49et qui est vraiment quelque chose que l'IA ne maîtrise pas,
03:52et aussi l'intelligence émotionnelle.
03:54Elle ne sait pas, par exemple, remettre en question une info sur laquelle elle tombe.
03:58C'est décrypter la fiabilité au nom de cette information.
04:02Ça, par exemple, c'est une faille.
04:03Alors, il y a la fiabilité, déjà, de l'information.
04:05Et puis après, il y a la nature de la réponse.
04:07C'est-à-dire que l'IA peut proposer des solutions qui sont humainement non-acceptables.
04:13Je pense notamment dans le monde de l'entreprise.
04:16Pour revenir à ce que vous disiez sur les licenciements,
04:19si je demande à une IA...
04:20Comment réduire mes coûts ?
04:21Comment réduire mes coûts ?
04:22Elle va vous dire licencie 50% de ton personnel.
04:25Et ce n'est pas forcément la solution vers laquelle il faut aller.
04:27Est-ce qu'il y a plein de paramètres, en fait, qui ne sont pas pris en compte ?
04:29Exactement.
04:30Que l'humain va appréhender et pas forcément le...
04:32Que l'humain va appréhender.
04:33Et puis après, pour redoubler dans votre question, justement,
04:35cet esprit critique et la fiabilité, notamment, de l'IA,
04:38l'esprit critique humain, va avec.
04:40C'est-à-dire, c'est cette capacité aussi à challenger ce que l'IA a dit
04:43pour s'en servir de support.
04:45Et puis, même pour aller plus loin,
04:48c'est même la nature même des questions qu'on pose à l'IA...
04:50Qui peuvent orienter les réponses.
04:53Exactement.
04:54Dans l'étude, le chiffre clé, je pense, c'est les 95%, en fait,
04:57c'est la part de travail qui va être augmentée.
05:00Donc, 95% des gens voient leur charge de travail augmentée par l'IA.
05:04À qui la faute, en gros ?
05:05C'est parce que le supérieur se dit, vu qu'il a accès à un outil,
05:09on peut lui demander plus ?
05:11Je pense que la faute est un peu partagée.
05:13Et encore une fois, je reviens sur la nature restante de l'IA
05:16qui arrive et qui bouleverse le monde et le monde de l'entreprise
05:19par la même occasion.
05:20On n'a pas encore compris, c'est quoi ?
05:21On n'a pas encore totalement compris.
05:23On n'a pas encore vraiment intégré non plus.
05:24C'est-à-dire qu'on n'est pas, aujourd'hui, dans l'optimisation de l'utilisation de l'IA.
05:28Et surtout, on revient à la première question,
05:31sur la fiabilité de la réponse donnée par l'IA.
05:33Elle suppose qu'aujourd'hui, on doit avant tout la critiquer,
05:37avant tout être capable de trouver d'autres sources d'informations
05:40pour prendre des décisions.
05:41Donc, c'est aussi ça qui va rajouter une surcharge
05:44dans le monde du travail aujourd'hui.
05:47Est-ce que vous diriez qu'aujourd'hui, en fait,
05:49il y a aussi un petit effet d'entraînement ?
05:51C'est qu'il y a l'IA générative.
05:53On sait que nos concurrents, par exemple,
05:55je me mets à la place d'une entreprise,
05:56on a des concurrents qui, peut-être, vont l'utiliser.
05:58Donc, on se sent obligé de l'utiliser
06:00avant même de savoir pourquoi, en fait, on l'utiliserait.
06:04Il y a ce phénomène d'entraînement, déjà,
06:06de ce qu'on peut appeler de course à l'échalote
06:09des uns des autres,
06:09qui sont obligés tous de se servir de l'IA.
06:13Et de rater le train, en fait.
06:13En revanche, il y a quand même le point central.
06:17Je reviens sur l'IA pourquoi et pourquoi faire
06:19et comment l'utiliser,
06:22qui sont quand même aujourd'hui encore des choses
06:24qui ne sont pas du tout maîtrisées
06:26dans le monde de l'entreprise.
06:27Et on a tendance même, je parle en termes d'intégration de l'IA,
06:30à venir chercher des blocs à droite, à gauche
06:32pour telle ou telle tâche,
06:33alors qu'il peut y avoir aussi des réponses plus globales
06:35qui peuvent être menées au niveau de l'entreprise.
06:37Parce que là, ce que vous pointez notamment dans l'étude,
06:39c'est que les usages évoluent très très rapidement.
06:44Notamment, des salariés, des actifs vont s'approprier les outils.
06:47Par contre, l'appropriation collective
06:49à l'échelle de l'organisation, elle, va beaucoup plus lentement,
06:52ce qui fait que parfois on a un décalage.
06:53C'est quoi les risques ?
06:54Le shadow IA, par exemple,
06:55le fait qu'on a un collaborateur qui l'utilise
06:57et on ne sait pas,
06:58et donc on ne sait pas quel risque aussi il crée derrière ?
07:01Alors déjà, les risques juridiques qu'il peut faire courir,
07:03parce qu'on l'a déjà vu dans des exemples,
07:05notamment venus des États-Unis,
07:07où des affaires ont été menées au travers des liens.
07:11Exactement, chez les avocats,
07:12et qui ensuite ont été déboutés
07:13parce qu'elles ne donnent pas la vérité.
07:15Elle avait inventé des juristes présents.
07:16C'était à New York.
07:17Exactement.
07:18Donc ça, c'est le premier point côté entreprise.
07:21Côté salarié, le risque, il est plutôt court-termiste.
07:24C'est-à-dire qu'un salarié
07:26qui ne ferait que son travail au travers de l'IA,
07:29on reviendra après sur l'éventuelle disparition peut-être des emplois,
07:33mais c'est sûr que son emploi sera et serait menacé
07:36dans les mois et les années qui viennent.
07:38Donc je pense que ça peut arriver,
07:40mais en l'occurrence, ce sera juste un passage court-termiste,
07:43le temps que l'IA s'installe plus.
07:46Quel conseil vous donneriez aux gens qui arrivent sur le marché du travail,
07:49notamment les plus jeunes,
07:50leur positionnement par rapport à l'IA ?
07:52Est-ce que vous leur diriez de faire des petites choses spécifiques
07:56par rapport à l'outil ?
07:57Déjà, le message que je dirais,
07:59c'est que pour ceux qui ne sont pas encore sur le marché de l'emploi,
08:03l'IA aujourd'hui, ils doivent nécessairement se former
08:07sur ce qui va leur permettre d'appréhender l'IA.
08:09Et on appréhende l'IA comment ?
08:10Encore une fois, par l'esprit critique,
08:12l'intelligence émotionnelle, la culture générale.
08:15Donc, c'est-à-dire de travailler sur des matières
08:18qui les ouvrent le plus vers la société, vers la culture.
08:21Donc, je pense à l'histoire-géographie,
08:24je pense à la philosophie, aux mathématiques,
08:26exactement, pour développer l'esprit critique.
08:29Concernant les jeunes générations qui arrivent déjà
08:30sur le marché de l'emploi,
08:32je leur dis exactement la même chose aussi,
08:33de continuer à s'ouvrir sur le monde
08:35pour être en capacité de pouvoir critiquer.
08:36Et ne pas compter que sur l'IA.
08:38Ne pas compter que sur l'IA,
08:39et considérer aujourd'hui qu'ils ont,
08:41c'est aussi le sujet de l'IA,
08:43c'est qu'elle révèle encore plus la plus-value des salariés.
08:47C'est-à-dire que tout ce que, finalement,
08:49n'importe qui, ce que peut réaliser une machine,
08:53n'a plus aucun intérêt, demain, dans le monde du travail.
08:57Et donc, qu'ils soient capables de travailler sur les plus-values,
08:59sur vraiment les expertises
09:00et ce qu'ils vont vraiment apporter en tant que personne.
09:02Merci beaucoup, Xavier Béziot,
09:03directeur d'activité temporaire chez Morgan Philippe Groupe.
09:06Donc, une étude passionnante,
09:07à la fois rassurante, quand même,
09:09sur le fait que l'humain va encore rester un petit peu utile
09:11un certain temps.
09:12Merci beaucoup, à très bientôt dans Smart Job.
09:15On va s'intéresser de manière plus globale à l'entreprise
09:17avec le regard d'une humoriste qu'on connaît bien ici,
09:19Lucie Carbone.
09:20Elle a écrit le livre Bureau Topia,
09:22le guide de voyage dans le monde de l'entreprise.
09:25Je l'accueille tout de suite.
09:38Le bureau est une jungle comme une autre.
09:40Ce n'est pas moi qui le dis,
09:41c'est Lucie Carbone qui vient me présenter son livre Bureau Topia.
09:44Bonjour.
09:45Bonjour.
09:46Humoriste, ancienne salariée de grand groupe,
09:49qui a travaillé à la défense.
09:50Donc, j'imagine bien que Bureau Topia,
09:52c'est pas mal inspiré de cet environnement de la défense.
09:56Et donc, ce livre dont on va voir la couverture,
09:58c'est présenté comme un guide de voyage du monde de l'entreprise.
10:01J'ai envie de dire, c'est aussi vous qui livrez votre regard
10:05du monde du travail de manière plus générale.
10:08C'est ça, l'idée ?
10:09Oui, c'est un peu ça, l'idée.
10:10C'est-à-dire qu'il y a à la fois, comment dire,
10:12du vécu, l'expérience que j'ai pu avoir,
10:14effectivement, principalement dans les grands groupes.
10:17Beaucoup de chouquettes, je suis en pleine désintox,
10:20ça dure six ans, c'est l'enfer, mais enfin bon, bref,
10:22oui, beaucoup de chouquettes, beaucoup d'afterwork,
10:24beaucoup de team building, beaucoup de réunions.
10:26Et donc, c'est vrai que moi, j'ai arrêté, j'allais dire,
10:30un vrai travail, donc mon feu CDI.
10:32Vrai travail.
10:33Un vrai travail, je bosse quand même toujours beaucoup,
10:34mais en tout cas différemment.
10:36Il y a maintenant six, sept ans, je ne sais plus.
10:40Donc, il y a de mon expérience, de mon vécu,
10:42et puis maintenant, il y a le regard forcément un peu distancié,
10:45de l'humoriste, donc de voir comment les choses évoluent.
10:48Vous nourrissez aussi avec des gens que vous rencontrez aussi,
10:50qui vous donnent aussi des...
10:51De la matière.
10:52J'ai des intiques.
10:53C'est vrai ?
10:54Non, oui, c'est vrai que je me...
10:55Enfin, c'est toujours, je trouve, l'enjeu de rester un peu connectée
10:58à ce qui se fait, parce que c'est vrai que moi,
11:00j'ai connu l'entreprise il y a quelques années.
11:02Elle a évolué, moi, de mon temps,
11:05enfin, de mon temps, c'est comme si j'étais très âgée,
11:07mais en tout cas, il n'y avait pas encore l'IA,
11:09et puis il y avait encore moins le télétravail.
11:11Le Covid est passé par là, il y a le travail hybride,
11:13le télétravail, c'est la même chose,
11:15il y a l'IA qui avait amené une profonde révolution du travail.
11:19Donc, forcément, il évoluait.
11:21Donc, pour rester un peu connectée,
11:22je suis quand même assez présente sur LinkedIn,
11:25je me documente beaucoup,
11:27et puis c'est vrai que j'ai la chance d'être contactée
11:29par des organisations pour faire de l'humour en entreprise.
11:31Dans les locaux ?
11:32Dans les locaux, je me déplace, oui.
11:35Donc, à ce titre, j'ai l'occasion d'échanger avec les gens
11:39qui me racontent un peu leur quotidien.
11:40Donc, c'est une manière pour moi
11:43de rester un peu connectée à ce qui se fait,
11:45et puis de le regarder maintenant avec mon regard humoriste.
11:49Dès les premières lignes,
11:50on voit que dans le monde de l'entreprise,
11:53donc Buretopia, la Cité d'Or, comme vous l'appelez,
11:55il y a des codes, il y a un vocabulaire spécifique,
11:57et ça change extrêmement vite.
12:00Donc, ce n'est pas simple de survivre dans le monde de l'entreprise.
12:03À quoi il ressemble le spécimen type qui prospère
12:08dans la Cité d'Or, dans le monde de l'entreprise ?
12:11Celui qui prospère, déjà, tu vois, on a dit celui,
12:15donc c'est quelqu'un, ce n'est pas forcément celle.
12:18Oui, mais il y a justement des éléments dans le livre
12:20qui montrent bien que ce sera surtout celui.
12:23C'est celui qui saura le mieux appréhender un peu ses codes,
12:29et je trouve arriver un peu quand même à faire illusion.
12:33Moi, mon parcours en entreprise, j'étais très bonne élève,
12:35très carrée, très sérieuse,
12:38sens des responsabilités, toujours les CR en temps, en heure,
12:41enfin vraiment, je ne faisais pas du tout illusion.
12:43Mais le fait de ne pas faire illusion, quelque part,
12:46ça m'a un peu fatiguée.
12:47J'ai passé par des épisodes un petit peu de mal-être au travail.
12:51D'ailleurs, vous quittez le monde dans l'entreprise
12:53sur un pétage de pont.
12:56Vous pleurez en pleine réunion, je crois,
12:58ou votre N plus 1.
13:00Vous nous l'aviez raconté dans le précédent passage.
13:03Donc ça s'est fait violemment.
13:04Vous, vous n'étiez pas faite pour prospérer dans ce monde-là ?
13:07Non.
13:08Moi, j'étais trop...
13:09Je pense que je suis trop entière, trop...
13:13Pas capable d'accepter, en fait,
13:14que les apparences, parfois, comptent plus que le...
13:17Moi, il y avait un truc, par exemple,
13:19mais vraiment, ça me faisait...
13:20Je crois que vous-même, c'était de nature
13:21à me mettre un peu en colère, quoi.
13:23C'est-à-dire que je voyais des...
13:25Comment dire ?
13:26Des personnes évoluer dans la hiérarchie.
13:29Parce qu'on a beau dire que les silos se cassent
13:32et que c'est de plus en plus verticale...
13:35Horizontale.
13:36Horizontale, pardon, et moins pyramidal, verticale.
13:38Ça reste quand même, comment dire, en termes de décision...
13:42Bon, ben, elles viennent quand même d'une strate au-dessus, quoi.
13:45Donc, bon, ben, quand ça vous arrive du dessus,
13:47vous n'avez pas le choix, parfois, que de l'appliquer.
13:50Donc, effectivement, je voyais quand même des gens
13:52assez, comment dire, évolués, mais évolués, comment dire...
13:55Sans que vous sentiez que ce soit forcément mérité.
13:57D'ailleurs, je cite, dans le chapitre 2,
13:59vous parlez justement de...
14:01Je cite.
14:02« Système hiérarchique, deux points.
14:03Chacun peut prétendre à la montée en grade
14:05à condition, ouvrez le tirer, de parler fort sur la forme
14:09sans forcément dire quoi que ce soit sur le fond.
14:12J'ai fait une petite ellipse.
14:14Et à la fin, dire bonjour à tout le monde, sans exception,
14:17et surtout être plus visible qu'efficace. »
14:20Et ça, c'est la...
14:21Vous pensez que c'est la majorité du...
14:23C'est la réalité de la majorité.
14:25C'est en tout cas le regard que je porte, quoi.
14:28C'est l'impression que j'en ai eue.
14:29C'est-à-dire qu'une fois, par exemple, pour vous expliquer,
14:31quand j'ai commencé à travailler dans ces grands groupes comme ça,
14:35quelqu'un m'a dit « Tu verras, les grands groupes, c'est très politique. »
14:37Et je n'ai pas compris.
14:39Je n'ai pas compris ce que ça voulait dire.
14:41Et finalement, pour y être,
14:43j'ai trouvé des gens très réservés, très timides,
14:45mais alors d'une efficacité, d'une créativité redoutable.
14:49Mais vraiment des gens...
14:50Mais qui n'étaient pas en campagne.
14:51Mais qui n'étaient pas en campagne, qui n'étaient pas leur propre VRP.
14:54Et donc c'est ça que je regrette parfois,
14:56c'est que...
14:57Après, il y a des personnes qui évoluent,
14:58et je veux dire, c'est très bien pour elles,
14:59mais ce n'est pas parce qu'on est visible,
15:01ce n'est pas parce qu'on dit toujours « bonjour »,
15:03qu'on ramène des fouquettes tous les matins,
15:05qu'à la fin du trimestre,
15:07les objectifs sont remplis, bien faits,
15:10et dans un état d'esprit collectif serein.
15:12Moi, j'ai vu beaucoup de gens s'appuyer,
15:14par exemple, sur des équipes de consulting.
15:17Des gens qui évoluent, qui arrivent comme ça,
15:19« Super, oui, bonjour, Nicolas Juchat,
15:20alors l'ordre du jour, ça va être... »
15:22Et au final, c'est comme si j'avais une armée de consultants
15:24qui m'avaient coachée...
15:25Qui ne faisaient pas grand-chose.
15:26Voilà.
15:26Alors, comment dire, moi,
15:28ce que, en tout cas, je regrette parfois,
15:30c'est que les gens qui évoluent plus vite
15:32ont une meilleure capacité à être leur propre VRP,
15:35une très bonne capacité à se vendre,
15:37à déléguer intelligemment,
15:39mais qui, parfois, s'appuient un peu trop
15:41sur des profils réservés et bons élèves, quoi.
15:43Je veux justement vous parler de certains vocabulaires
15:46et de leur vraie signification.
15:48Il y a un petit peu un guide vocabulaire,
15:49comme si on partait à l'étranger.
15:51Et donc, que veut dire « on prend un petit café » ?
15:54Ça voudrait dire « on part glander un peu ».
15:56Donc, là, si je vous écoute,
15:58on peut prendre beaucoup de café
15:59et, limite, ça va nous aider aussi à monter en gratte
16:01parce qu'il faut peut-être glander
16:03avec la bonne personne pour avoir la promo.
16:05Il faut glander stratégique.
16:08Donc, il y a ceux qui savent le faire
16:09pour leur carrière et ceux qui...
16:11Alors, il faut glander malin.
16:12Il ne faut pas prendre des pauses café
16:14de 4 heures non plus.
16:15Mais c'est vrai qu'il n'y a pas...
16:16Avec n'importe qui.
16:16Et pas avec n'importe qui.
16:18Voilà, il faut être très sélect
16:20sur son casting, quoi.
16:21Donc, non, mais c'est vrai que ça peut être
16:23la pause café,
16:25ça peut être les pauses cigarettes.
16:26Bon, moi, je ne fume pas, mais enfin, moi...
16:27Mais c'est des moments importants, en fait,
16:29dans la vie de l'entreprise.
16:30Comme vous l'expliquez,
16:31c'est qu'il y a des réseaux qui se créent,
16:33il y a des relations qui se créent.
16:35Et les bons élèves, comme vous,
16:36peut-être qu'ils n'allaient pas trop
16:38dans les pauses café, dans les pauses club,
16:39parce qu'on se disait,
16:40il faut finir le travail.
16:42Alors, moi, des pauses café, quand même,
16:43c'est vrai que j'en faisais.
16:44J'en faisais parce que j'ai quand même
16:45un côté, comment dire,
16:47un peu de terroir.
16:47J'aime bien discuter avec les gens,
16:48mais discuter avec les gens
16:50dans le but de sympathiser.
16:51Pas ceux qui vont vous faire moquer.
16:52Non, voilà.
16:53Donc, je me suis fait énormément d'amis,
16:54mais pas forcément des gens
16:55qui m'ont aidé à, comment dire,
16:57en tout cas, évoluer dans la hiérarchie.
16:59Mais c'est vrai ce que vous dites sur le...
17:00Enfin, je trouve que quand même...
17:03C'est avant tout des relations humaines,
17:05l'entreprise.
17:05C'est ça qui ressort quand même du livre.
17:07C'est que c'est une tribu.
17:07Vous présentez ça comme une tribu.
17:09Eh bien, dans toute tribu,
17:10il y a ceux qui savent obtenir le leadership.
17:12Et c'est pas forcément
17:13en chassant plus de gibiers
17:15que le voisin.
17:16C'est ça, vous le dites mieux que moi.
17:18Mais après, ça dépend aussi de,
17:20comment dire, un peu de l'intention
17:21et, comment dire,
17:23de ce qui fait qu'on travaille,
17:25pourquoi on a choisi ce travail.
17:28Moi, en l'occurrence, à ce moment-là,
17:29j'ai choisi ce travail
17:30parce qu'à ce moment-là,
17:31je croyais en ce que je faisais.
17:35Comment dire...
17:36Et j'avais envie de le faire
17:37avec des personnes
17:39avec qui, sympathique,
17:41avec qui je pouvais avoir un lien autre.
17:43Et d'ailleurs, c'est pour ça
17:44que j'ai eu autant de,
17:45comment dire, de personnes maintenant
17:47qui m'accompagnent
17:48sur un, comment dire,
17:48un chemin différent.
17:49Je me suis fait vraiment des amis
17:51dans le milieu du travail.
17:52Je ne me suis pas fait que des amis.
17:53Mais enfin, moi, j'en ai quand même eu.
17:55Et donc, je trouve que ça dépend aussi
17:57de ce qu'on y met.
17:58Si on choisit un CDI
18:01en se disant,
18:01ben voilà, dans 5 ans,
18:02je vais être manager
18:02et dans 15 ans, je vais être CEO.
18:05Bon, ben, évidemment
18:05que vous vous entourez de gens
18:07qui vont vous y aider.
18:10Donc, moi, en l'occurrence,
18:11ce n'était pas forcément
18:12ma stratégie ni mon envie.
18:13Donc, je me suis entourée
18:14de gens qui ont l'humour facile.
18:18Je reviens un petit peu en arrière
18:19parce que tout à l'heure,
18:20j'ai dit celui au lieu de dire
18:21celui ou celle.
18:22Mais ce n'est pas anodin
18:23parce qu'à un moment,
18:24vous parlez, vous comparez,
18:25en fait, l'entrée dans l'entreprise
18:26à un passage à la douane.
18:28Et donc, le drogue,
18:30arme à feu,
18:30rien à déclarer
18:31est remplacé par
18:33grossesse à prévoir,
18:34sensibilité au burn-out,
18:35rien à déclarer.
18:37Et donc là,
18:37ce qu'on ressent quand même,
18:38c'est que l'entreprise,
18:40c'est toujours vachement plus dur
18:42pour les femmes.
18:43Ben, je ne vous cache pas
18:44que je suis toujours
18:45un petit peu désespérée
18:46d'en parler
18:46parce que je me dis
18:47mais on en parle,
18:47on en parle,
18:48on en parle.
18:48Tous les 8 mars,
18:49il y a des très bons postes
18:50LinkedIn
18:51et en même temps,
18:52je n'ai pas l'impression
18:53que ça bouge beaucoup.
18:55Là, par exemple,
18:55je m'intéresse à la tech.
18:57Vous regardez tous les géants
18:58de la tech,
18:59ce ne sont que des hommes.
19:01Donc, ce n'est pas pour dire
19:02ah tiens, mince,
19:04il y en a trop.
19:04C'est pour dire
19:05que ça pose un problème
19:06quand même de représentation
19:07qui n'est que des hommes
19:09qui s'occupent
19:10de la révolution,
19:11de l'une des plus grandes
19:13révolutions technologiques
19:13qu'on connaît.
19:15Je trouve ça problématique
19:16en termes de représentation,
19:18c'est-à-dire qu'en termes
19:19de cas d'usage,
19:20de conception,
19:21il y a quand même
19:22toute une partie
19:22de la population
19:23qui n'y contribue pas.
19:24Donc, je trouve ça
19:26assez triste
19:27et c'est vrai
19:27qu'on a toujours
19:29des biais.
19:30Moi, je parle beaucoup
19:32avec des femmes
19:33entrepreneuses
19:34qui, on parle toujours
19:35un peu des mêmes sujets,
19:37syndrome de l'imposteur.
19:38Alors, même syndrome
19:38de l'imposteur,
19:39c'est l'imposteur,
19:40c'est même pas l'impostrice.
19:40Alors, pas l'impostrice,
19:42mais c'est plus les femmes
19:43visiblement
19:43qui sont concernées.
19:45Oui.
19:45Alors, en tout cas,
19:46peut-être que j'attire aussi ça
19:47avec les gens
19:48qu'on va dire
19:49que ça m'arrive
19:50un peu plus facilement.
19:51Mais en tout cas,
19:52sur le manque de confiance,
19:52ça reste toujours des sujets.
19:54Et quand je constate
19:54aujourd'hui,
19:56comment dire,
19:57sur le 4,40,
19:58le nombre de femmes
19:59qui sont si haut,
20:01ça évolue,
20:01mais ça évolue
20:03à chou-fleur, quoi.
20:04Pas de chou-fleur.
20:04Donc, il ne faut pas
20:06être très pressé.
20:07Donc, oui,
20:07je trouve que l'entreprise
20:09reste
20:11un gros terrain
20:12d'évolution, quoi.
20:13C'est comme ça
20:13que maintenant,
20:13je le vois
20:14parce que je trouve
20:15que c'est toujours
20:16un constat
20:16qui est un peu difficile
20:17à faire,
20:18mais qui malgré tout
20:20se fait, quoi.
20:21Il y a un autre passage
20:23plus tard dans le livre
20:24où vous parlez
20:24des droits des salariés.
20:26Il y a le droit
20:27de dire que ça va
20:28quand ça ne va pas du tout.
20:30Et ça, c'est vous,
20:31c'est votre histoire,
20:31j'ai l'impression.
20:32C'est que la vulnérabilité,
20:35les moments de moins bien,
20:36en fait,
20:37c'est toujours interdit
20:38ou mal vu
20:39dans l'entreprise.
20:41Ça, vous l'avez vécu
20:42comment,
20:43ce passage-là ?
20:44C'est que vous sentiez
20:45que vous étiez seule,
20:46en fait,
20:46face à vos problèmes ?
20:47Alors, à ce moment-là,
20:48moi, je l'ai un peu,
20:49comment dire,
20:50ressenti comme une forme
20:51d'injustice.
20:52C'est-à-dire que moi,
20:53quand je n'allais pas bien,
20:55je n'allais pas bien
20:55parce que je ne voyais pas
20:58ce que je faisais
20:58dans ce milieu professionnel.
21:00Je n'y trouvais plus de sens.
21:01Désaligné.
21:02Désaligné complet.
21:03À la limite,
21:04ça m'appartient.
21:05Mais c'est vrai
21:05que c'était mon rapport
21:06au travail.
21:07Mais ce rapport-là,
21:08on peut imaginer
21:08que plein d'autres personnes
21:10et pas que des femmes
21:10l'aient vécu en réalité.
21:11Complètement.
21:12Et alors,
21:12le problème que j'ai eu,
21:13c'est que quand je l'ai confronté
21:15et que je l'ai expliqué,
21:17le retour qui m'a été fait,
21:18mais est-ce que dans ta vie
21:19personnelle, ça va ?
21:20Tu n'as pas un divorce ?
21:22Oui, tout de suite,
21:22le problème était ailleurs.
21:23Voilà.
21:23Tout de suite,
21:24le problème,
21:24comme si dès qu'il y avait problème,
21:28il fallait qu'il soit extérieur
21:29à l'organisation.
21:31Or, parfois, non.
21:32Donc, c'est ça que j'ai
21:33un petit peu mal vécu.
21:35Mais bon, après,
21:35je pense que ce n'est pas facile
21:36non plus à gérer
21:37d'un point de vue management.
21:38Mais c'est vrai que ça a été...
21:39Je trouve que dire parfois,
21:40ça ne va pas.
21:41En vérité, je trouve ça
21:42assez honnête et transparent.
21:43Et parfois, c'est vrai
21:44que ça ne va pas.
21:45On va devoir se quitter
21:46parce que le temps file très vite.
21:47Mais vous livrez un conseil
21:49dans le mot de la fin,
21:50c'est ne subissez jamais.
21:52En gros, le conseil ultime,
21:54c'est qu'il faut profiter
21:56de ce qu'il y a à prendre.
21:57Et si jamais ça ne va pas,
21:58en fait, il faut faire
21:58ce que vous avez fait.
21:59C'est changer de...
21:59Oui.
22:00Moi, j'ai vu trop de gens
22:02attendre la retraite.
22:03Et quand je me suis dit
22:05potentiellement,
22:05c'est ce qui m'attend,
22:06je trouve ça terrible.
22:08Donc, le fait d'attendre,
22:09je trouve qu'il y a un rapport
22:10au temps, à sa vie.
22:11C'est vrai que le temps...
22:12Là, on a passé un très bon moment.
22:13En tout cas, on a passé
22:14un très bon moment.
22:14C'est précieux.
22:15C'est une interview.
22:16Non, je trouve que non.
22:17J'espère que vous non plus.
22:19Donc, non, essayez quand même
22:20de faire des choses
22:21qui nous amènent.
22:22Prendre du plaisir.
22:22Prendre du plaisir.
22:24C'est quand même des choses
22:24qui nous animent.
22:25Donc, effectivement,
22:26si une situation dure
22:28un peu trop longtemps
22:28et on tire sur la longueur,
22:30je recommanderais modestement
22:33d'envisager autre chose.
22:36Lucie Carbone, merci beaucoup.
22:37On va revoir la couverture du livre.
22:38Donc, Burotopia,
22:39le guide de voyage
22:40dans l'entreprise.
22:42Donc, un livre écrit
22:42avec beaucoup d'amour,
22:43beaucoup d'humour aussi.
22:45On espère vous revoir bientôt
22:46sur ce plateau.
22:47On va accueillir une dame
22:48qui a sûrement été
22:49à l'écoute de cette interview.
22:51Elle a écrit, elle aussi,
22:52un livre.
22:53J'ai testé pour vous
22:54l'échec entrepreneurial.
22:55Elle a osé faire le pas de côté,
22:56mais ce n'est pas facile.
22:58Et elle va nous expliquer
22:59les principales erreurs à éviter
23:00quand on veut être
23:01son propre patron.
23:15On a testé pour vous
23:16l'échec entrepreneurial,
23:17ou plutôt,
23:18elle a testé pour vous
23:19l'échec entrepreneurial.
23:20Elle, c'est mon invité,
23:21Justine Abécassis.
23:22Bonjour.
23:23Bonjour.
23:23Donc, le nom du livre,
23:25exactement,
23:25c'est à la première personne.
23:26J'ai testé pour vous
23:27l'échec entrepreneurial.
23:29C'est un peu une boîte à outils,
23:30mais qui s'articule
23:32sur votre expérience personnelle
23:33et où vous avez,
23:35j'ai envie de dire,
23:35la générosité
23:37d'expliquer toutes les erreurs.
23:39Il y en a beaucoup
23:39que vous avez pu faire
23:40dans votre parcours
23:41de chef d'entreprise.
23:44Ce livre,
23:44c'était aussi un peu
23:45une catharsis.
23:46C'est un moyen
23:46de vous faire du bien ?
23:48Complètement.
23:48Moi, en fait,
23:49j'ai commencé à l'écrire
23:50dans les semaines
23:51qui ont suivi
23:51la fermeture de ma boîte,
23:53puisque j'avais vraiment
23:54besoin d'extérioriser
23:55tout ce qui s'était passé.
23:56Ensuite,
23:56je l'ai complètement laissé de côté
23:57et j'ai continué
23:58le reste de ma carrière
23:59pour ensuite reprendre l'écriture
24:00cinq ans après.
24:01Pour moi,
24:02ça a été vraiment
24:02un moyen d'extérioriser.
24:04Dans le livre,
24:04il y a une première question
24:06qui se pose très rapidement,
24:08c'est le pourquoi.
24:09Pourquoi on décide
24:10de quitter le confort
24:11d'un très bon salaire,
24:12d'une position
24:13et de se lancer
24:14dans l'aventure ?
24:16Vous,
24:16c'était quoi le pourquoi ?
24:17Pourquoi vous avez voulu
24:19créer votre boîte ?
24:20En fait,
24:21je me suis dit
24:21que comme j'étais
24:22à la fin de mes études,
24:23je n'avais pas encore
24:24toutes les responsabilités
24:25de la vraie vie d'adulte,
24:26dans le sens où
24:27je n'avais pas encore
24:27de crédit à charge,
24:28je n'avais pas encore
24:29goûté au très haut salaire
24:30et ce genre de choses,
24:31j'étais habituée
24:31à vivre avec peu de moyens
24:32et donc je me suis dit
24:33bon,
24:34c'est le meilleur moment
24:34de la planète
24:35pour se lancer,
24:36tu n'es pas habituée
24:36au luxe encore
24:37donc allons-y,
24:38fonce.
24:39Et ça n'a pas fonctionné ?
24:40Non,
24:40pas du tout.
24:41Sauf que,
24:42alors je vais un peu loin
24:44dans ce que j'avais prévu
24:44mais dans la préface,
24:46il y a la personne
24:47qui fait la préface
24:48qui le dit,
24:49ok,
24:49il y a l'échec
24:50et l'échec,
24:50c'est quasiment
24:52neuf entreprises
24:52qui se lancent sur dix,
24:53il y aura un game over
24:54tôt ou tard
24:55mais l'important
24:56c'est le chemin parcouru
24:58vous dans toute cette expérience,
25:01qu'est-ce que vous avez appris ?
25:02Après on rentrera
25:03dans les détails
25:03mais j'imagine
25:04qu'entre le moment
25:05où vous vous lancez
25:06et le moment
25:06où vous fermez
25:07même si vous ne vous sentez pas bien
25:09vous n'êtes plus la même personne.
25:10Complètement,
25:11en fait je pense que
25:11le plus gros apprentissage
25:13pour moi
25:13ça a été que le temps
25:14on ne le récupère jamais
25:15et qu'en fait
25:16c'est primordial
25:16de se poser la question
25:17à chaque instant
25:18dans la vie d'entrepreneur
25:19sur quoi est-ce que je suis
25:20en train de passer mon temps
25:21est-ce que là
25:21c'est vraiment la bonne action
25:23pour mon entreprise
25:24est-ce que je suis
25:24à la bonne place
25:25pour l'entreprise
25:25et est-ce que je suis
25:26en train de mener
25:27les projets
25:27qui vont mener
25:28à la croissance
25:29de l'entreprise
25:30ou non
25:30et depuis
25:31je fais vraiment
25:32véritablement attention
25:33à là où je passe mon temps.
25:34Oui, quand on se lance
25:35en fait
25:36avoir un plan en tête
25:37avoir des objectifs réalistes
25:39et là notamment
25:40dans le début du livre
25:41en fait
25:41ce qui m'a interpellé
25:43c'est cette notion
25:44de premier choc
25:45c'est-à-dire que
25:46la personne qui se lance
25:47elle s'imagine
25:48qu'elle va créer
25:49un produit révolutionnaire
25:50sauf que les premières étapes
25:52c'est peut-être
25:53les plus durs
25:53il faut enclencher
25:55une inertie
25:56et ça souvent
25:57il y a
25:58ça fait déjà
25:59un écrémage en fait
25:59comment il faut l'appréhender
26:01cette première étape ?
26:02Je pense qu'il faut y aller
26:03avec beaucoup d'humilité
26:04dans le sens où moi
26:04j'avais l'impression
26:06que j'allais lancer
26:06une licorne
26:07alors que pas du tout
26:08et je pense qu'il faut y aller
26:09en ayant l'ambition
26:11bien sûr
26:11mais aussi en ayant
26:12l'humilité de reconnaître
26:13que l'ambition
26:14ne va pas forcément
26:14se réaliser tout de suite
26:15et que c'est les actions
26:17du quotidien
26:17et les petites actions
26:18du quotidien répétées
26:19qui vont finir par
26:21faire réaliser
26:21cette grande vision
26:22mais en fait
26:22une grande vision
26:23sans les actions
26:24du quotidien
26:25elle n'aura aucune chance
26:26de se réaliser
26:26ça se construit en fait
26:28lentement dans le temps
26:29avec notamment des erreurs
26:30parce que le livre
26:31c'est quand même
26:31un éloge aux erreurs
26:34ce qui n'est pas trop
26:34dans la culture française
26:36beaucoup plus dans la culture
26:37anglo-saxonne
26:38donc vous c'était aussi
26:39cette idée là
26:40c'était de dire aux gens
26:40ces erreurs en fait
26:42c'est ça en fait
26:43le futur succès en fait
26:44ça doit passer par là
26:46je pense que c'est très important
26:47d'apprendre de ces erreurs
26:48en fait ma prof de maths
26:49quand j'étais en prépa
26:50nous faisait systématiquement
26:52étudier nos copies
26:53pour analyser les erreurs
26:55pour éviter de les reproduire
26:56et en fait à partir du moment
26:57où j'ai commencé
26:57à faire cet exercice
26:58je me suis rendu compte
26:59qu'on passe notre temps
27:01à répéter les mêmes erreurs
27:02et en fait dans la vie professionnelle
27:04c'est exactement pareil
27:05si on fait tout le temps
27:06les mêmes erreurs
27:06quand on recrute quelqu'un
27:07si on fait tout le temps
27:08les mêmes erreurs
27:09quand on lance un projet
27:09si on fait tout le temps
27:10les mêmes erreurs
27:11quand on lance un produit
27:12sur le marché
27:14forcément ça va toujours
27:15produire le même genre
27:16de résultat
27:16et donc c'est super important
27:17d'aller étudier
27:18qu'est-ce qui a planté
27:19qu'est-ce qui n'a pas marché
27:20et moi dans mon cas
27:21ce bouquin il m'aide énormément
27:23même en fait il m'a aidé
27:24dans la préparation du bouquin aussi
27:26au moment où j'étais en train
27:27de l'écrire
27:27toute la partie sur le marketing
27:30vous allez repenser à vos erreurs
27:31c'est ça
27:31et ça s'appliquait directement
27:32à mon quotidien
27:33pour le lancement de mon livre
27:34donc c'est vraiment important
27:35on n'a pas beaucoup de temps
27:36et il y a une erreur
27:37sur laquelle je voulais insister
27:38parce que c'est souvent
27:38ce qu'oublient les entrepreneurs
27:39ils travaillent trop
27:43et vous vous dites
27:44il ne faut pas oublier les loisirs
27:45les loisirs sont essentiels
27:47est-ce que vous pouvez
27:47nous expliquer rapidement
27:48pourquoi les loisirs
27:49surtout quand on entreprend
27:51c'est important de les préserver
27:52en fait il y a beaucoup de personnes
27:53qui entrent dans l'entrepreneuriat
27:55en se disant
27:55je vais abandonner
27:56tout manager toxique
27:57je vais pouvoir être
27:58mon propre boss
27:59ma propre boss
27:59et on est toxique avec soi
28:01mais c'est ça
28:01et qu'ils se rendent compte
28:02qu'en fait
28:02et moi j'ai été dans ce cas-là
28:04et j'ai des tonnes d'entrepreneurs
28:05dans mon entourage
28:05qui ont été dans ce cas-là
28:07qui se rendent compte
28:07qu'en fait
28:08leur pire manager toxique
28:09c'est eux-mêmes
28:10et en fait
28:12c'est hyper important
28:13de s'octroyer des moments de loisirs
28:14ne serait-ce que pour continuer
28:16à être performant
28:16pour son projet
28:17en fait si on a du mal
28:18à le faire pour soi-même
28:19et pour sa famille
28:19pour son entourage
28:20et tout ça
28:21faisons-le pour le projet
28:22en se disant
28:22pour le bien du projet
28:23il faut être en capacité
28:24de décrocher
28:25il faut être en capacité
28:26de faire autre chose
28:27pour revenir
28:27de respirer
28:28exactement
28:29Justine Abécassiz
28:30donc je redis le nom du livre
28:31J'ai testé pour vous
28:32l'échec entrepreneurial
28:33donc c'est les éditions
28:35prochains chapitres
28:36c'est sorti cette année
28:37je vous recommande de le lire
28:38puisque c'est une belle boîte à outils
28:40pour ceux qui veulent se lancer
28:42ou ceux qui se sont déjà lancés d'ailleurs
28:43et qui se demandent pourquoi
28:44ça bloque un petit peu
28:45merci beaucoup
28:46à très bientôt
28:47dans notre émission
28:48j'en profite
28:49vu que c'est terminé
28:50pour remercier
28:50Rodolphe Domas-Raou
28:52qui me parlait dans l'oreillette
28:53qui était à l'édition
28:54Saïd qui était au son
28:56et Mani à la réalisation
28:57on se retrouve
28:58la semaine prochaine
28:59ce sera Arnaud Ardouin
29:00qui reviendra aux manettes
29:01Sous-titrage Société Radio-Canada

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