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  • il y a 12 minutes
Ce jeudi 22 octobre, Sandra Gandoin a reçu Philippe Fourquet, secrétaire général du Portail du Rebond, Fabien Mauduy, président national de 60 000 rebonds, et Olivier Pascal, entrepreneur accompagné par 60 000 rebonds, dans l'émission BFM Entreprise, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00BFM Business présente
00:07BFM Entreprises, transmission, les règles.
00:11Sandra Gondoy.
00:12Bonjour à tous, bienvenue dans BFM Entreprises,
00:14l'émission qui plonge au cœur de la vie des boîtes tout au long de la semaine.
00:18Vous le savez, le lundi, on parle de leadership, le mardi des outils RH,
00:21le mercredi de croissance, le jeudi de transmission.
00:24Aujourd'hui, on va parler d'une histoire d'entreprise.
00:28Comment on l'a créé ?
00:29Comment, à un moment, on décide de l'arrêter ?
00:32Et ce qui se passe ensuite ?
00:35Comment on identifie la fin ?
00:37Quelles questions on se pose ?
00:39Pourquoi se faire aider ?
00:40Comment se poser les bonnes questions ?
00:42Mes invités du jour, Philippe Fourquet, secrétaire général du Portail du Rebond.
00:45Bonjour Philippe.
00:46Bonjour Sandra.
00:46Vous nous accompagnez toujours sur ces questions-là,
00:48la vie des entrepreneurs, qui n'est pas de tourpeau.
00:51Toujours.
00:51Un long fleuve tranquille, comme on dit.
00:53Fabien Mauduit est à vos côtés, président national de 60 000 Rebonds.
00:57Bonjour Sandra.
00:57Ravi de vous retrouver dans cette émission.
00:59Et Olivier Pascal, entrepreneur qui a été accompagné justement.
01:03Bonjour Olivier.
01:03Bonjour.
01:04Vous allez nous raconter votre histoire.
01:06Vous êtes aujourd'hui dans l'accompagnement.
01:07Vous êtes aussi romancier.
01:08Vous allez nous raconter cette vie d'aujourd'hui.
01:10BFM Entreprises, c'est parti.
01:13Le témoignage.
01:16On va parler de ce que vous avez fait ces dernières années, Olivier Pascal.
01:20Votre parcours déjà.
01:22D'où venez-vous ?
01:23Avant de créer votre entreprise, vous aviez fait quoi ?
01:27Pendant 15 ans, j'étais consultant en stratégie dans un cabinet international.
01:33Donc, j'accompagnais des gouvernements, des banques d'affaires et des grandes entreprises.
01:39Essentiellement en Afrique.
01:40Et d'ailleurs, ça va être le lien avec mon expérience entrepreneuriale.
01:44Et donc, j'ai fait ça pendant 15 ans.
01:45Et sur les dernières années, j'ai eu la chance de collaborer au sein d'une fondation qui s'appelait
01:52la Fondation Africa France,
01:53qui avait été créée à la demande du président Hollande à l'époque.
01:58Et au sein de cette fondation, j'ai identifié un besoin sur le continent africain.
02:04Et en 2017, j'ai fait le choix de tout plaquer à cette carrière internationale pour créer mon entreprise et
02:10répondre à ce besoin.
02:11Qu'est-ce qui donne l'envie, justement, de prendre les commandes ?
02:15Parce que la zone, vous avez vu qu'effectivement, de là peut partir la réflexion.
02:21Mais devenir patron, c'est-à-dire créer sa propre structure, devenir patron, c'est aussi prendre des risques.
02:25Qu'est-ce qui fait que vous avez choisi cette forme-là ?
02:30J'ai toujours eu une certaine frustration de ne pas pouvoir aller au bout de tout ce que je faisais
02:35avec mes clients.
02:36Quand on est consultant, on apporte plein de solutions.
02:41Mais à la fin, c'est toujours le client qui décide.
02:43C'est toujours le patron de l'entreprise qu'on accompagne qui prend la décision.
02:46Et à un moment donné, je me suis dit, ça serait bien que d'aller un peu plus loin
02:51et de prendre toi-même ce risque et d'être la personne qui prend la décision à la fin.
02:56La prise de décision, la liberté, c'est ça qui fait prendre la décision.
03:00Vous créez donc la fac.
03:02Exactement.
03:02Qu'est-ce que c'est la fac ?
03:03La fac, c'est une plateforme de formation et d'accompagnement d'entrepreneurs culturels
03:09avec une spécificité qui était qu'au démarrage, on s'adressait essentiellement au continent africain.
03:15Et on a commencé en faisant des formations et des programmes sur les métiers du cinéma et de l'audiovisuel
03:20qui étaient les métiers qu'on maîtrisait le mieux, mes associés et moi.
03:24Et très vite, on a eu plein d'appels du pied et on a fait des programmes dans les métiers
03:29de la mode,
03:30du spectacle vivant, du jeu vidéo, du e-sport.
03:33Et toujours en Afrique, on s'est développé dans 14 pays.
03:36Et on a pu, grâce à cela, former près de 60 000 jeunes avec une application mobile.
03:43Donnez-nous quelques exemples de projets que vous avez participés finalement à lancer.
03:52Alors, un qui a été les plus intéressants de mon côté, c'est un projet qu'on a fait au
03:58Nigeria.
04:00Je ne sais pas si nos auditeurs le savent, mais le Nigeria est un des pays qui produit le plus
04:03de films au monde,
04:05juste derrière les États-Unis.
04:08Mais il y a très peu d'écoles de cinéma au Nigeria.
04:11Et donc, on a été approché par le ministère des Affaires étrangères, en collaboration avec une structure locale au Nigeria,
04:20pour produire des formations sur les métiers du scénariste.
04:23Donc là, on s'est rapproché de la FEMIS, qui est une grande école de scénario et de cinéma français
04:29au sens large.
04:29Et on a produit ces programmes de formation qu'on a diffusés auprès de 300 jeunes.
04:35Et sur les 300, on en a retenu 10, qu'on a accompagnés pendant un an pour écrire leur premier
04:41scénario de série.
04:43Ça veut dire que ce sont des projets au long cours.
04:46Comment, dans quel état d'esprit vous êtes ?
04:48Et surtout, parce qu'on va parler d'accompagnement principalement dans cette émission,
04:53Est-ce que vous faites ça seul ? Est-ce que vous êtes accompagné ?
04:55Combien vous êtes dans la boîte ? Comment ça se passe au quotidien, en réalité ?
05:00Alors, au départ, l'idée est venue toute seule.
05:03C'est une idée que j'ai portée au sein de la Fondation Africa France.
05:08Donc, l'idée a mûri au sein de cette fondation pendant deux ans.
05:11Et en 2017, je fais le choix, en revanche, de m'associer avec un cinéaste et un expert de la
05:18formation.
05:19Donc, on démarre cette aventure à trois.
05:21Au bout d'un an, un des associés s'en va pour des questions financières,
05:25parce qu'on n'arrivait pas encore à se payer à cette époque.
05:28Et puis, au bout de deux ans, les choses marchent bien.
05:31On a eu nos premiers clients, on a fait notre pilote.
05:34On a levé de la dette auprès d'une banque française.
05:39Et deux ans plus tard, on lève des fonds.
05:41Et là, on commence vraiment à se faire accompagner par nos fonds d'investissement.
05:45J'ai des avocats, des cabinets d'expertise comptable.
05:49Nous, même un des auditeurs.
05:52Donc, je suis extrêmement structuré.
05:54Vous êtes structuré, vous êtes accompagné.
05:56Mais pour la croissance.
05:57Et on en reviendra juste après.
05:58En revanche, quand les choses commencent à mal tourner,
06:01tous ces conseils ne sont pas toujours au fait de tout ce qui existe.
06:05Et malheureusement, je n'avais pas encore croisé la route de 60 000 rebonds.
06:08C'est intéressant de partir aussi, finalement, du début du projet.
06:14Et malgré tout, du moment où ça fonctionne encore.
06:18Parce que souvent, Philippe Fourquet, dans cette émission,
06:21on s'est dit l'accompagnement avec un patron,
06:23il devrait venir dès le départ.
06:25L'accompagnement psychologique,
06:27l'accompagnement de ce qui pourrait se passer,
06:29l'accompagnement des erreurs à ne pas faire.
06:32Souvent, effectivement,
06:33et on le voit un peu au départ,
06:35il a l'idée et c'est super.
06:37Il la met en œuvre, il part.
06:39Il s'accompagne de deux personnes
06:42qui ont des compétences que lui n'a pas.
06:44Donc, souvent.
06:45Et là, peut-être qu'il y a une étape
06:48qui est peut-être ratée,
06:50mais c'est toujours facile de refaire l'histoire après.
06:53C'est de dire, finalement, il a été consultant.
06:57Est-ce que je connais le métier d'entrepreneur ?
06:59Est-ce que c'est un métier ?
07:04Ça s'apprend aussi.
07:06Et est-ce que j'ai tous les éléments dans ma besace
07:09pour affronter ça ?
07:11Alors, bien sûr, tous les réseaux d'accompagnement
07:13à la création d'entreprises disent
07:14« faites appel à nous », bien évidemment.
07:17Et c'est vrai que là, on s'aperçoit
07:19que quand ces réseaux sont mobilisés,
07:21le pourcentage de pérennité de l'entreprise
07:24à 3, 5, 8 ans, il augmente considérablement.
07:27Leur taux de pérennité.
07:28Souvent, on dit « 1 sur 2 à 5 ans périclite ».
07:32Ça, c'est les taux habituels sans accompagnement.
07:34On monte à 80 ou 90 % à 5 ans de pérennité
07:38quand on est accompagné.
07:40Donc ça, c'est vrai.
07:42Alors, peut-être que là, c'était un métier
07:43très spécifique, très particulier.
07:46Mais il y a des fondamentaux d'entrepreneuriat
07:48qui ont peut-être un réseau d'accompagnement
07:51où d'autres pères auraient pu lui apporter.
07:53Peut-être, mais c'est toujours facile
07:54de refaire le film après.
07:57Mais justement, historiquement, Fabien,
07:59il y a combien de patrons qui se font accompagner
08:01dès le départ ?
08:02Alors justement, je vais rebondir,
08:04c'est un peu mon mathématique,
08:06sur le propos de Philippe.
08:07Je crois qu'on a un vrai problème chez nous,
08:10c'est qu'on parle beaucoup de création d'entreprise,
08:13d'envie d'être seul chez soi,
08:15de se mettre à son compte.
08:16On oublie qu'effectivement,
08:18on est dans une période très enthousiaste
08:21quand on est au moment de la création.
08:23Mais une entreprise, ça naît, ça vit,
08:26ça peut mourir aussi.
08:28Souvent, on est à l'initiative de la naissance,
08:33entouré quand ça vit,
08:35et Olivier l'a dit,
08:36et quand ça commence à aller moins bien,
08:38on n'ose pas envisager que ça peut mourir.
08:40Et les conseils qui sont là au quotidien
08:43pour vous aider à la croissance
08:45ne sont pas adaptés aux situations de crise,
08:48à la décroissance et à l'éventualité
08:50de la perte de l'entreprise.
08:52Olivier, c'est à quel moment
08:54que vous avez identifié
08:56qu'il y avait un retournement de situation ?
09:01En fait, historiquement,
09:02on avait des cycles de vente d'à peu près trois mois.
09:05Donc, entre l'identification du projet,
09:08la proposition au client, etc.,
09:10et la vente en tant que telle,
09:12c'était plus ou moins trois mois.
09:15Et fin 2023,
09:18les cycles de vente ont commencé
09:19à s'allonger significativement
09:21pour deux raisons.
09:22La première, c'est qu'on était sur des projets
09:24beaucoup plus gros.
09:25On pitchait des projets
09:26à plusieurs centaines de millions d'euros,
09:27même parfois.
09:30Et en plus,
09:31on dépendait quand même beaucoup,
09:33à plus ou moins 50%,
09:34de l'aide au développement.
09:36Et il y avait un gel de l'aide au développement
09:37à ce moment-là,
09:38à la fois de l'État français
09:39qui n'avait plus d'argent dans les caisses
09:40et de la Banque mondiale.
09:42On était au début des élections américaines.
09:46Et donc là,
09:48quand on est une jeune startup
09:49qui a une trésorerie
09:52à six mois,
09:54quand les cycles de vente s'allongent,
09:56ça devient complexe.
09:57Et on avait beau avoir
09:59nos carnets de commandes,
10:01ce qu'on appelle des leads,
10:02on avait plein de leads,
10:03on avait plein de projets
10:04dans les pipelines,
10:06mais ça a été très long,
10:08voire trop long
10:09pour les convertir.
10:12Et donc là,
10:13on a fait la démarche
10:14en début d'année
10:15d'aller voir la Chambre de commerce,
10:17d'aller voir le tribunal de commerce
10:19pour se renseigner.
10:21Et j'y suis même allé tout seul.
10:23J'ai tapé à la porte
10:24d'un juge commissaire à la retraite
10:25qui m'a donné des conseils,
10:27qui m'a dit
10:28vous faites les choses bien,
10:29vous avez réduit les coûts,
10:31vous avez commencé
10:32à réfléchir à des licenciements.
10:34Là, ce qui vous manque aujourd'hui,
10:35c'est des contrats.
10:36Donc, ce n'est pas
10:36le tribunal de commerce
10:37qui va vous aider
10:38à aller voir la Chambre de commerce.
10:40Et donc,
10:40on est allé voir la Chambre de commerce,
10:41on est aussi allé voir
10:42nos clients
10:43et nos prospects sur place,
10:45le réseau des ambassades français,
10:47etc.
10:48Mais voilà,
10:49malheureusement,
10:49tout s'est figé
10:50et ça a été le début
10:54des difficultés.
10:54Le début des difficultés.
10:55Ce n'est pas pour autant
10:56qu'on se dit
10:57que ça va se terminer
10:58justement,
10:58que l'entreprise
10:59est en train de mourir.
10:59Il y a quelque chose
11:00de très important,
11:01Olivier,
11:02c'est qu'il est allé voir
11:03le tribunal de commerce.
11:04Et ça,
11:05c'est une chose clé.
11:07D'abord,
11:07il y a des cellules prévention
11:08dans les tribunaux de commerce,
11:09il faut le savoir.
11:10Souvent,
11:11l'image qu'a l'entrepreneur
11:12du tribunal de commerce,
11:13c'est des hommes en noir
11:14qui vont juger
11:15et qui vont liquider l'entreprise.
11:17Et il faut sortir de sa tête
11:19cette idée-là
11:20qui n'est pas la bonne.
11:21Le tribunal de commerce,
11:22dans le cas d'espèce,
11:23il l'explique bien.
11:24L'idée lui a dit
11:24d'aller voir la chambre de commerce,
11:26d'aller faire ceci,
11:26d'aller faire cela.
11:27Vous avez bien pris en charge.
11:28Et dans beaucoup de cas,
11:30ce tribunal de commerce,
11:31il peut avoir ce rôle.
11:32Il a ce rôle de prévention
11:33avec les cellules.
11:34Ce qui est intéressant,
11:35c'est qu'il y a une vraie recherche
11:36d'accompagnement
11:37et de se dire
11:37il faut que j'aille voir
11:37la bonne personne
11:38par rapport au problème
11:39que je suis.
11:40Je reviens sur les tribunaux
11:42de commerce.
11:42On a la chance,
11:43en étant entrepreneur,
11:44d'être jugé par nos pairs.
11:47Et quand on va voir
11:48le tribunal de commerce,
11:49quand on est en difficulté
11:50ou qu'on sent
11:50qu'on va avoir des difficultés,
11:52on va se mettre
11:53sous la protection
11:54du tribunal de commerce.
11:55Il y a tout un tas de mesures
11:56qui sont préalables
11:57à l'ouverture
11:58du redressement judiciaire
11:59et qui permettent
12:00d'anticiper
12:01et d'améliorer
12:03l'éventualité
12:04d'un rebond avant
12:06et d'anticiper
12:08si jamais les choses
12:09deviennent de plus en plus dures
12:10ce qui va se passer à demain.
12:11D'autres pays, d'ailleurs,
12:12nous envient notre système.
12:14Ce système de protection
12:15qu'on connaît très mal
12:16quand on n'est pas trop d'ailleurs.
12:18Olivier ?
12:18Oui, et pour les entrepreneurs
12:20qui nous écoutent,
12:21pour ceux qui sont,
12:22qui ressentent
12:23certaines difficultés,
12:24c'est aussi un moyen
12:25de se protéger,
12:26comme vous le disiez.
12:27Moi, dans la phase
12:29de liquidation par la suite,
12:30d'avoir démontré
12:31que je ne m'étais pas caché,
12:33que j'avais assumé,
12:35que je ressentais des difficultés
12:37et que je suis allé voir.
12:37En fait, j'avais même
12:38une preuve,
12:39un courrier qui disait
12:40M. Pascal est venu nous voir
12:41en février 2024.
12:44Du coup, en juin,
12:45quand je suis passé en audience,
12:47j'ai pu démontrer
12:48que j'avais pris ma responsabilité.
12:49Vous n'avez pas fait l'autruche.
12:51Exactement.
12:52Parce qu'en fait,
12:52il y a ces problèmes
12:53de financement,
12:53il y a ces projets
12:54qui ne se concrétisent pas.
12:55Il y a un contexte économique,
12:57vous l'avez dit,
12:57il y a des projets
12:58qui sont tenus par l'État
12:59qui, ça n'aboutit pas,
13:01c'est un temps infini
13:02qui vous fait perdre,
13:03finalement, le business.
13:05Qu'est-ce que vous faites
13:05au moment où vous vous dites
13:07« bon, là, en fait,
13:07la fac, ça ne va pas pouvoir continuer ? »
13:11À cette époque-là,
13:12je surveillais la trésorerie
13:13comme le lait sur le feu.
13:16Tous les matins,
13:17on faisait le point
13:18avec mon directeur financier.
13:21Et donc, il y a une phase,
13:23je ne connais plus exactement
13:24le terme,
13:25peut-être que vous pourriez m'aider,
13:26mais c'est quand on est
13:26en cessation de paiement.
13:29En fait, il faut faire les démarches
13:30auprès du tribunal de commerce
13:3145 jours avant la date
13:32de cessation de paiement.
13:33C'est-à-dire qu'entre la date
13:34de cessation de paiement
13:35et le dépôt de bilan,
13:36il doit y avoir un délai
13:37de 45 jours maximum.
13:39Donc, quand on a vraiment,
13:41je me souviens très bien,
13:42on a reçu un SMS
13:43de notre cliente au Ghana
13:44qui nous a dit
13:45« les gars, le projet
13:47ne démarre pas avant
13:47l'année prochaine »
13:48et c'était le projet
13:49qui devait nous sauver
13:50et nous permettre
13:50de passer l'été.
13:52Donc là, j'ai regardé
13:53mon associé,
13:54j'ai regardé mon directeur financier,
13:55je me suis dit
13:55« bon, on va déposer »
13:57parce qu'on avait bien évidemment
13:58commencé à préparer
13:59et anticiper les choses.
14:01On a appelé nos investisseurs
14:03à remettre la main au pot.
14:05Donc, je suis allé faire
14:06la démarche auprès du tribunal
14:09pour déposer et enclencher
14:10la procédure de liquidation.
14:12Évidemment, ces étapes sont longues,
14:14ces étapes sont compliquées,
14:15on a besoin de conseils.
14:16Par quels états vous vous passez
14:18pendant cette période-là
14:19avant de faire la rencontre
14:21de 60 000 rebonds ?
14:22C'est là où ça a été très difficile
14:24et je reprends des choses
14:26qu'on a dites juste avant.
14:29Moi, pendant toutes les années
14:30précédentes à la liquidation,
14:32j'allais tous les ans
14:33à BIG, par exemple,
14:34qui était l'événement
14:35qu'il y a eu début octobre.
14:38J'ai vu que 60 000 rebonds
14:40et le portail étaient présents
14:42cette année.
14:43À l'époque, avant la liquidation,
14:45je ne voyais pas ces stands.
14:46J'allais voir les banques,
14:47j'allais voir les fonds,
14:49j'allais voir les opportunités
14:51de grandir et de croître.
14:54Et du coup, c'est vrai que,
14:56encore une fois,
14:57malgré le fait que j'étais
14:58très entouré par des banquiers
15:00d'affaires, des avocats
15:01et autres,
15:02pendant cette phase
15:03pré-liquidation,
15:05je me suis retrouvé
15:06vraiment tout seul
15:07à devoir faire des choix,
15:09à devoir aller tout seul
15:10au tribunal de commerce,
15:12à ne pas savoir où aller,
15:14à ne pas savoir avec qui parler.
15:16Et mes conseils,
15:17eux-mêmes me disaient,
15:18mais en fait,
15:18nous, on n'a jamais
15:19accompagné de boîte
15:20en liquidation.
15:22Alors, peut-être
15:22parce que je suis à Paris,
15:24peut-être qu'en région,
15:25les experts comptables
15:26ont plus l'habitude,
15:27mais moi,
15:28ceux avec qui je...
15:29Et du coup,
15:31j'ai failli faire une erreur.
15:32J'ai failli pas déposer
15:34le bon dossier,
15:34je ne savais pas
15:35qu'il fallait venir
15:35avec un employé
15:38lors du jugement.
15:40Donc, on a dû organiser
15:41des élections
15:42de représentants
15:43des employés
15:43à la va-vite.
15:46Et il y a cette épée
15:47de Damoclès,
15:48en plus,
15:48qu'on dit,
15:51il n'y a quand même
15:51un jugement,
15:52je suis responsable,
15:53je suis président
15:53de la boîte.
15:55Donc, il y a des angoisses,
15:56forcément,
15:57par rapport à ça.
15:57On se sent très seul,
15:58Philippe Fourquet.
15:59Et c'est important
16:00parce que cette période,
16:01juste avant d'aller
16:03au tribunal,
16:03où il y a les difficultés,
16:05où il faut prendre
16:06des décisions,
16:06dans ce dont tu parles,
16:09eh bien, malheureusement,
16:09les entrepreneurs
16:10ne savent pas forcément
16:11qu'il existe des structures
16:12pour les aider,
16:13les accompagner
16:14dans cette période-là.
16:15Oui.
16:15Donc, là,
16:17on vient de sortir
16:18des assises du rebond
16:20qui ont eu lieu
16:21la semaine dernière,
16:22où toutes les structures
16:23qui font partie,
16:25je dirais,
16:26de ce collectif du rebond
16:27ont témoigné
16:29et ont communiqué
16:30à toutes les personnes
16:32qui sont en contact
16:32avec des entrepreneurs
16:33pour leur dire
16:34quand vous rencontrez
16:35un entrepreneur
16:36comme Olivier
16:37qui est en difficulté
16:38et adressez-le
16:40à ces structures,
16:41second souffre,
16:42créée,
16:42à Maroc,
16:44bon,
16:44si ça va jusqu'à
16:45la liquidation,
16:4660 000 rebonds.
16:47Mais c'est pour ça
16:48que ce collectif
16:49qu'on met en avant,
16:50il est fondamental
16:51parce que trop souvent,
16:51les entrepreneurs disent
16:52déjà,
16:53on a à traiter
16:54des difficultés
16:54de notre entreprise
16:55pour aller...
16:56Et si, en plus,
16:57il faut aller chercher
16:57sur Internet
16:58pour trouver une association,
16:59un truc,
16:59c'est extrêmement compliqué.
17:01C'est des acronymes,
17:02c'est IP, GPA,
17:03on n'y comprend plus rien.
17:04Donc, on travaille
17:05avec le portail du rebond
17:06pour clarifier ça
17:07et simplifier le chemin
17:09pour que l'entrepreneur
17:10puisse s'être aidé
17:10dans cette période-là.
17:11Fabien, vous avez connu ça
17:12aussi,
17:13à titre personnel.
17:14Donc, c'est vrai qu'aujourd'hui,
17:16accompagner,
17:17répondre aux questions,
17:19évidemment,
17:19vous comprenez
17:19ce que c'est
17:20que ces situations.
17:21Ça me parle
17:21quand j'entends Olivier
17:22raconter son histoire.
17:23J'ai vécu exactement
17:24la même chose
17:25avec une entreprise
17:27qui se développe,
17:27qui va bien,
17:28une reprise d'entreprise
17:29familiale en plus.
17:30Donc, il y a une dimension
17:30différente dès qu'on est
17:31dans une entreprise familiale.
17:32C'est vrai.
17:33Un fort développement
17:34et puis, d'un seul coup,
17:36d'un seul coup,
17:37tout change
17:37et ce que vous saviez
17:39très bien faire la veille,
17:40vous ne savez plus le faire.
17:41Et puis,
17:43vous êtes en douce,
17:44et puis, on ne sait plus.
17:47J'ai la chance
17:48d'avoir été
17:48extrêmement bien entouré.
17:50Je n'étais pas seul
17:51du tout
17:52dans l'approche
17:53des différentes étapes
17:57précédant
17:57ce que j'espérais
17:58ne pas être
17:59un redressement judiciaire.
18:01Ce qui fait
18:02qu'on a pu structurer,
18:03mettre en place
18:03les choses.
18:04Malgré tout,
18:06à un moment,
18:07vous sortez du tribunal
18:07de commerce
18:08et vous avez perdu
18:09ce qui était
18:10votre raison d'être.
18:12Donc,
18:12il y a un vrai
18:14un vrai traumatisme.
18:15C'est ça,
18:15l'accompagnement
18:16et c'est ça
18:17qui est important,
18:17peut-être,
18:18c'est d'identifier,
18:19Olivier,
18:20les étapes
18:20et d'identifier
18:21le moment
18:22où on la perd,
18:23cette entreprise
18:24et de peut-être
18:24identifier aussi
18:25le moment
18:26où il va falloir passer
18:26à la vie d'après.
18:28C'est ça qui est important
18:29que quelqu'un d'extérieur
18:30vous le dise.
18:31Oui, complètement.
18:32Et c'est pour ça
18:33que je suis ravi
18:33d'être sur le plateau
18:35aujourd'hui
18:35parce que je n'ai pas eu
18:36la chance
18:37d'avoir cet accompagnement
18:38en amont.
18:38Et si j'avais su
18:41que les structures,
18:42si le portail existait
18:43à l'époque,
18:45j'aurais été
18:45ravi de m'en saisir.
18:46En revanche,
18:47effectivement,
18:47l'accompagnement
18:48que j'ai reçu
18:48à postériori,
18:50tu parlais de raison d'être,
18:52effectivement,
18:5260 000 rebonds
18:53m'a aidé
18:54à retrouver
18:54ma raison d'être
18:55que j'avais aussi perdu
18:56au moment
18:57où on a liquidé la fac.
18:58Après,
18:58ce qui est intéressant
18:59et il nous reste
18:59six minutes
19:00pour en parler,
19:01c'est pour ça
19:01que je vous emmène
19:02vers ce thème,
19:02messieurs,
19:03c'est que quand même,
19:04après l'échec,
19:05il y a la capacité
19:07de rebondir,
19:08de se servir
19:09de cette expérience
19:10incroyable de patron
19:11parce que quand même,
19:12on a mené des hommes
19:13pendant des années,
19:14ça doit bien servir
19:15à quelque chose derrière.
19:16Donc c'est ça aussi,
19:17évidemment,
19:18c'est emmener
19:18vers cette vie d'après,
19:20Fabien.
19:20C'est exactement ça.
19:22Le job,
19:23si je peux parler comme ça,
19:24de 60 000 rebonds,
19:25c'est au travers
19:27de l'accompagnement
19:28de gens qui sont là
19:29pour écouter
19:29et qui souvent
19:30ont connu
19:31les difficultés identiques
19:33ou en tout cas
19:33parlent le même langage
19:34et ne jugent pas,
19:35ils sont là
19:36pour faire émerger
19:37de nouveaux projets.
19:38Un entrepreneur
19:39qui a perdu sa boîte,
19:41il ne focalise
19:42que sur les six
19:43derniers mois.
19:44Donc il culpabilise
19:45en disant
19:45je ne sais pas faire,
19:46je n'ai pas su faire.
19:47Il a oublié
19:48que pendant dix ans,
19:49il avait créé,
19:50il avait développé,
19:51il avait constitué
19:52des équipes,
19:53il les avait amenées
19:54avec lui plus loin.
19:55Et ce que fait
19:5660 000 rebonds
19:57au travers
19:57de cet accompagnement
19:59qui est fait
20:00par un coach
20:01dans un premier temps
20:01et puis par un parrain
20:03ou une marraine
20:04entrepreneur
20:04ou cadre dirigeant,
20:06c'est lui faire
20:07prendre conscience
20:07que cet échec,
20:09il va pouvoir
20:10prendre appui dessus,
20:12en apprendre
20:13pour aller plus loin
20:14et faire en sorte
20:16de faire émerger
20:17un nouveau projet.
20:18Chez 60 000 rebonds,
20:19notre sujet,
20:20c'est de dire
20:21quand l'entreprise
20:22sort du tribunal
20:23de commerce,
20:24on lui a signé
20:25son certificat d'essai.
20:27Elle est liquidée,
20:28elle n'existe plus.
20:29L'entrepreneur
20:30ou l'entrepreneuse,
20:31ils existent toujours,
20:32ils sont toujours là.
20:33Et la mission
20:35de 60 000 rebonds,
20:36au-delà de changer
20:36le regard porté
20:37sur l'échec,
20:38c'est de souffler
20:39sur la braise
20:40entrepreneuriale
20:41pour que naisse
20:42à nouveau cette flamme.
20:43Qu'est-ce qui a donné
20:44envie d'entreprendre ?
20:45On souffle dessus
20:46pour que les gens
20:47ne l'oublient pas.
20:48Mais derrière,
20:49qu'est-ce qu'il y a
20:49derrière cette flamme ?
20:50Moi, j'aimerais connaître
20:52votre vie d'aujourd'hui
20:54parce que, évidemment,
20:55ça prend du temps.
20:56Ces réflexions-là,
20:57ça a pris combien de temps
20:58le fait de mettre fin
20:59à cette entreprise ?
21:01Alors, elle n'est toujours
21:02pas liquidée,
21:02aujourd'hui.
21:04Ça aussi,
21:04c'est long,
21:06le procédé de liquidation.
21:07Après, les tribunaux
21:08de commerce
21:09sont malheureusement
21:09embouteillés.
21:11Mais mon rebond à moi,
21:12alors j'ai eu
21:13un faux rebond.
21:14C'est quoi un faux rebond ?
21:15Un faux rebond,
21:16c'est quand une semaine
21:18après la liquidation,
21:19on est dans un avion
21:20et qu'on se dit
21:21qu'en fait,
21:22on ne va pas avoir
21:23de soucis pour l'après
21:25et qu'on est sur une mission
21:27en Éthiopie
21:27et que tout va bien
21:28et qu'on allume
21:29son téléviseur
21:30et qu'on apprend
21:30que le président Macron
21:31a liquidé,
21:32pas liquidé,
21:33a dissolu,
21:34a dissolu,
21:34a dissolu,
21:36et que j'avais du coup
21:38plein de projets
21:39dans le secteur public
21:40qui sont tombés
21:42avec cette dissolution.
21:44Donc faux rebond ?
21:45Faux rebond.
21:45Ça n'y va pas non plus ?
21:46Ça n'y va pas.
21:48Du coup,
21:48six mois difficiles
21:50avec la trésorerie personnelle
21:52cette fois-ci
21:52qui font comme neige au soleil
21:55et par chance,
21:57le 1er décembre,
21:58je croise
22:00quelqu'un qui connaît
22:0160 000 rebonds,
22:02j'appelle les équipes
22:03de 60 000 rebonds
22:03Île-de-France.
22:05Quelques jours après,
22:06je suis en train
22:06de prendre une tisane
22:07chez une marraine
22:09et qui me dit
22:10mais en fait,
22:10on va t'aider.
22:13Et après,
22:13j'ai eu cet accompagnement
22:15que tu évoquais
22:17avec la coach
22:18et le parrain
22:19pendant six mois.
22:20Six mois d'accompagnement ?
22:21Six mois de coaching.
22:22Et c'est là où j'ai,
22:23moi, eu le sentiment
22:24d'avoir réussi
22:25mon deuxième rebond.
22:26Après,
22:27il y en aura plein d'autres.
22:29C'est ça aussi
22:29qui est intéressant
22:30dans la vie d'entrepreneuriale.
22:31Mais moi,
22:32j'aimerais bien savoir
22:32ce que vous faites
22:33en ce moment,
22:34votre actu de cet automne
22:35parce que ça change complètement
22:36et en même temps,
22:37vous ne dites pas
22:38pas de temps que ça finalement.
22:40Vous allez sortir un livre,
22:41là, cet automne.
22:42Exactement.
22:43C'est quoi ce livre ?
22:44Alors,
22:44c'est un roman thriller
22:47à mi-chemin
22:48entre Da Vinci Code
22:50et Indiana Jones
22:51et qui se passe
22:53bien évidemment en Afrique
22:54qui est mon continent de cœur
22:56et toujours dans les sujets
22:58que je maîtrise,
22:59la restitution
23:00des œuvres
23:02pillées par les Européens
23:04au XIXe siècle,
23:07les ambassades,
23:08les ministères français.
23:09Votre univers,
23:10celui dans lequel
23:11vous avez travaillé finalement,
23:12ça a servi à ça aussi.
23:15Et après,
23:16donc ça,
23:17j'espère un jour
23:19être romancier
23:20et gagner ma vie
23:21avec ça,
23:21mais ça a été aussi
23:23plus un travail thérapeutique.
23:26L'écriture
23:27m'a beaucoup aidé
23:28pendant les moments
23:28creux
23:29de ce deuxième rebond
23:31et sinon,
23:32professionnellement,
23:33je continue
23:33à accompagner,
23:34à structurer
23:35les écosystèmes culturels
23:36en Afrique,
23:37un peu en Éthiopie.
23:38En ce moment,
23:39j'accompagne
23:39le gouvernement du Nigeria
23:40sur sa stratégie muséale.
23:43Je fais beaucoup
23:44de mentorat aussi.
23:44Je suis mentor
23:45de plein de jeunes
23:46entrepreneurs culturels
23:47en France.
23:48Vous en serviez
23:48de cette compétence.
23:49Exactement.
23:50À d'autres.
23:51Et dans ce continent
23:53que vous avez fictionné
23:54particulièrement,
23:55pour finir,
23:55messieurs,
23:56l'erreur à ne pas commettre
23:57quand on est dans
23:58cette situation,
23:59qu'est-ce qu'il faut faire ?
24:00Vous avez deux minutes.
24:02Très bien.
24:03Il faut s'entourer
24:06des bonnes personnes,
24:07on l'a dit.
24:08Ce ne sont pas les mêmes
24:09à tel ou tel moment
24:10de la vie de l'entreprise.
24:12Il faut s'entêter
24:17tout en étant clairvoyant.
24:21Parce que sinon,
24:22on emmène tout le monde
24:23avec soi
24:23dans quelque chose
24:24qui n'est pas bien.
24:25Et si malheureusement,
24:27ça arrive,
24:28il ne faut pas rester seul.
24:3160 000 rebonds
24:32et les autres associations
24:33du portail du rebond
24:34sont là pour ça.
24:36Elles sont là
24:37pour avoir une écoute
24:39bienveillante,
24:39professionnelle
24:40et permettre de remettre
24:41en marche une machine
24:43qui vient de se gripper.
24:44Philippe ?
24:45Une chose importante
24:46qu'on vient d'avoir en tête
24:48que l'échec
24:48ne résume pas la personne.
24:50Ça, c'est fondamental.
24:52Et qu'on peut s'en servir
24:53derrière.
24:53Et qu'on peut s'en servir.
24:54Repartir vers une autre vie,
24:56évidemment.
24:57Merci beaucoup, messieurs,
24:58d'avoir alimenté
25:00ce récit absolument passionnant.
25:02Philippe Fourquet,
25:02secrétaire général
25:03du portail du rebond.
25:04Fabien Mauduit,
25:05président national
25:06de 60 000 rebonds.
25:07Olivier Pascal,
25:08entrepreneur et romancier,
25:10du coup.
25:11Merci, messieurs,
25:12d'être venus
25:12dans cette émission.
25:14A retrouver aussi
25:14un podcast et un replay.
25:16Passez une très bonne journée
25:17sur BFM Business.
25:17BFM Entreprises,
25:20transmission les règles
25:22sur BFM Business.
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