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  • il y a 2 jours
Chères lectrices, chers lecteurs,

Lundi 16 novembre, nous avons eu le plaisir d'accueillir une rencontre autour de De bonne famille, le passionnant récit de Mayada Boulos.

🎙️ Discussion animée par Léo Fourrier.

Vous souhaitant de belles lectures,

L'écume 🌊
Transcription
00:01j'obéis à corinne aussi qui m'a dit de poser mon écharpe merci et bonsoir à toutes bonsoir à
00:11tous bonsoir mayada glos merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation mais avec joie présenter
00:17votre récit de bonne famille qui est paru chez gracé ce mois ci il ya dix jours il ya quinze
00:22jours même il ya quinze jours vous avez fait un lancement vous avez fait infidélité sur le
00:26lancement mais vous êtes là ce soir pour venir le présenter un récit de soi hors du commun qui
00:31tranche avec tous les récits de soi qu'on a pu avoir depuis quelques années sur justement des
00:36personnes de bonne famille mais vous vous avez une vie extraordinaire puisque vous l'avez en quatre
00:41parties sur une fille une orpheline une femme et une femme libre et vous raconter un parcours qui
00:48justement part d'une bonne famille une grande famille même du caire en égypte et puis votre
00:55traversée jusqu'à en france l'arrivée vous avez été chez monoprix puis à la halde puis chez terra nova
01:01puis dans le direction de la communication de jean castex et maintenant pdg de avas paris et ma
01:10première question était justement enfin qui s'adressait ce titre qui revient tout du long
01:14notamment travers le personnage de votre mère sur lequel on reviendra mais cette expression de
01:18bonne famille qui ponctue tout le livre et pourquoi avoir choisi ce titre justement c'est marrant comme
01:24question alors juste je veux vraiment dire un grand merci à toutes les personnes qui sont là parce
01:28que j'ai vraiment l'impression que toutes mes vies sont représentées à des gens de toutes les toutes
01:32les parties de ma vie et c'est vraiment très très émouvant le titre est ironique ça vous a pas
01:38échappé en fait je pense que ça fait référence au pro un de mes propos principaux de ce bouquin qui
01:44était de me libérer de cette injonction en fait à tout faire bien et en fait tuer de bonne famille
01:50est
01:50une des deux phrases que ma mère me répétait sans cesse quand j'étais enfant c'est attention tu es
01:55de
01:55bonne famille faut faire comme ci et comme ça et l'autre phrase qui revenait en permanence c'était
02:00quand diront les voisins et au fond quand on est une femme ça arrive aussi quand on est un homme
02:06mais
02:06quand on est une femme et une petite fille en particulier en orient on est tout le temps soumise
02:12aux injonctions et au regard de l'autre surtout à faire attention vis-à-vis de ses parents puis ensuite
02:19il faut
02:19plaire à son prof ensuite il faut plaire à son mari ou à sa femme ensuite il faut plaire à
02:23ses propres
02:24enfants à son patron ça c'est en fait un cercle sans fin et il ya un jour où on
02:30peut décider de
02:31le casser quand on a de la chance de casser ce cercle moi c'est arrivé un peu tard à
02:3640 ans mais
02:37c'est déjà c'est déjà pas mal et je raconte et c'est les deux scènes se font écho
02:41un jour où je
02:44travaille au cabinet à matignon ma vie est complètement bordélique à ce moment là corinne
02:49notamment en a témoigné on y a assisté pour la faire courte je viens d'avoir 40 ans je suis
02:56en
02:56plein divorce je suis en pleine histoire d'amour je suis en pleine chimiothérapie et je travaille
03:01à matignon pendant le co vide et donc ce jour là il se trouve que j'écoute la radio le
03:07matin comme
03:08comme ça m'arrive souvent quand même et françois sureau est invité sur france inter et la dernière
03:15question mais absolument vertigineuse que lui pose journaliste nicolas de morand il lui dit mais au
03:23fond françois sureau dernière question parce qu'il pardon le contexte c'est que françois sureau avait
03:28écrit un bouquin sur apollinaire qui s'appelle ma vie avec apollinaire d'ailleurs mon chapitre
03:31s'appelle ma vie avec apollinaire tout à fait et il lui dit mais au fond françois sureau de quoi
03:38apollinaire vous a-t-il sauvé c'est incroyable cette question et la réponse est encore plus incroyable
03:44ce qui répond du tac au tac et il lui dit mais il m'a libéré de la recherche panique
03:49de l'assentiment
03:50de l'autre et je vous assure que cette phrase ne m'a plus jamais quitté ce jour là j
03:57'ai décidé de changer
03:57de vie de complètement vivre de la manière dont je le souhaitais et de me dire ok c'est bon
04:05maintenant
04:06tu es libre tu vis comme tu en as envie et pas à travers le regard de l'autre ma
04:11réponse était
04:11un peu longue pardon justement c'est le chapitre qui ouvre la partie une femme libre l'ultime partie
04:17les orientales sont extrêmement bavardes donc attention tant mieux vous reposez la brosse à
04:23vous le dites et justement vous êtes en arrêt devant cette question françois sureau enfin
04:27cette réponse de françois sureau pour te pas je réclame françois sureau qui fera son lancement ici
04:31le 10 novembre vous lui en parlerez alors dont j'ai découvert d'ailleurs que la femme était
04:37égyptienne encore une qualité mais cette recherche de liberté elle commence beaucoup plus tôt d'abord
04:45avec votre frère notamment Wissam qui vous dit qu'il faut être drôle et ne pas être l'élève modèle
04:50et
04:50que c'est avec l'humour que vous y arriverez puis il y a cette teinture rouge couleur ketchup
04:55industrielle je crois c'est que vous dites et on voit une recherche d'émancipation qui arrive
05:01enfin dès le début et tout ce récit est une construction progressive c'est la différence
05:05entre mon frère et moi ce que je trouve très émouvant je vais essayer de pas être submergé par
05:10l'émotion c'est que c'est la première fois depuis très longtemps que je revois quelqu'un qui a
05:13connu
05:13mon frère daniel puisque nous étions voisines de paliers à l'époque quand j'étais toute petite
05:21et il y avait une différence majeure entre mon frère moi bon il était plus âgé il avait huit ans
05:25de plus
05:26il était marrant moi j'étais la bonne élève moi j'étais la bonne élève et en fait un jour
05:31il me dit moi
05:32en plus bon je me prenais pas pour de la merde non plus donc moi je me vivais un peu
05:36comme une espèce de
05:38pièce de collection et surtout pas comme une pièce de rechange et il me dit mais en fait t'es
05:42intelligente t'es bonne élève nia nia nia mais t'es chiante t'es pas drôle et en fait je
05:48sais pas si ça se
05:49décide d'être drôle je crois pas l'être outre mesure mais je me suis rendu compte en tout cas
05:53ça je
05:54réponds pas du tout à votre question là c'est pas grave on rattrapera mais que j'avais envie de
06:01lui ressembler
06:03dans la liberté je reboucle qu'il avait à ne pas forcément rentrer dans les cases et je crois
06:11qu'il m'a beaucoup il m'a beaucoup apporté après le personnage de ma mère dont je parle est
06:15un peu
06:15aussi là dessus c'est à dire que pour ceux qui n'ont pas lu livre en gros si vous
06:19connaissez
06:20marthe villalonga dans un éléphant ça trompe énormément vous multipliez par dix et vous avez ma
06:24mère et vraiment je n'exagère pas je vous raconte une anecdote qui n'est pas dans le livre mais
06:30dimanche
06:31dernier j'atterris je suis en avion je suis crevé je suis éreinté je rentre j'ai les enfants les
06:36valises le bordel et ma mère m'envoie un texto à 21h30 un dimanche soir mais en lettre capitale
06:43elle me dit urgent réponds moi de manière urgente évidemment je flippe franchement j'ai souvent
06:49l'impression d'être avec donald trump quand j'échange avec ma mère et j'y suis allée évidemment
06:54que entre les jambes et ce dont elle avait besoin de manière extrêmement urgente c'était des
07:00clous de girofle je vous assure que cette histoire est vraie bref elle est orientale elle a été élevée
07:08dans un une culture très conformiste elle a été dans des écoles de soeurs ce qui était ce qui est
07:12souvent le cas en fait dans les familles je viens d'une famille copte donc les chrétiens d'orient et
07:15les coptes jusqu'à la génération des parents en gros elle est dans l'école de jésuites pour les
07:19garçons et de soeurs pour les filles donc elle était plutôt conformiste dans son éducation mais derrière
07:24cette folie c'est le versant positif de la folie c'est sa fantaisie et ça c'est pas complètement
07:30commun c'est un personnage exceptionnel d'ailleurs il traverse tous les quatre parties du roman avec le
07:36premier traumatisme d'enfant quand vous découvrez son alcoolisme son alcoolisme et surtout l'importance
07:43du candiraton qui tranche avec sa fantaisie on sent qu'elle est un peu empêchée parfois entre les deux
07:48qui est votre père qui est un grand intellectuel enfin qui était un grand intellectuel qui a fondé
07:53le journal elmanar et vous avez enfin il ya des anecdotes dans cette première partie au caire
07:57notamment avec saddam hussein qui sont assez exceptionnel il faut le dire oui alors je précise
08:02quand même c'était avant que tout le monde sache et que nous sachions que c'est un dictateur
08:05sanguinaire et et terrible cette scène effectivement en fait en orient dans la langue arabe lorsqu'on s'adresse
08:13à un aîné on dit souvent oncle et tante même si on n'a pas de lien de parenté et
08:17donc je raconte
08:18cette scène avec oncle saddam je suis dans mon salon et il vient nous rendre visite en fait mon
08:26père était un intellectuel il m'a eu très tard il est tout début des années 30 et dans les
08:31années
08:3150 il fait partie des 117 une histoire assez connue dans le moyen-orient écrivain journaliste
08:36intellectuel communiste qui ont été envoyés dans des camps de concentration dans les oasis égyptiennes
08:42en plein désert et lorsqu'ils sont sortis de prison sous nasser encore ils étaient plutôt
08:48persona non grata dans les rédactions etc donc il est parti comme beaucoup en irak pourquoi en irak
08:53parce qu'à l'époque saddam hussein faisait la promotion du panarabisme de la laïcité même du
08:59progressisme de l'égalité femmes hommes etc et il a maintenu des liens avec lui et d'ailleurs il a
09:05fini par écrire sa bio juste avant ma naissance ils avaient gardé des liens et donc je suis un jour
09:10sur les effectivement les genoux de l'oncle saddam qui en fait ne me parle pas et je raconte cette
09:17scène
09:18alors j'ai l'impression de m'en souvenir mais on me l'a tellement raconté que c'est peut
09:21-être aussi
09:22une reconstitution mais où je suis posée sur ses genoux comme un vulgaire coussin et il ne me parle
09:30pas il ne me regarde pas et donc j'ai six ans je lui prends avec mes deux mains son
09:35visage je lui
09:36tourne les joues vers moi comme ça je dis mais pourquoi tu ne me parle pas ne soit pas timide
09:39tu
09:39as le droit de me parler et ce jour-là il m'offrira un objet que j'ai toujours qui
09:43est complètement
09:46surréaliste qui est une montre de grande valeur en fait extrêmement moche ça je lui ai pas dit à ce
09:54moment là il pourrait il pouvait m'arriver des bricoles avec sa tête en or gravé dedans et sa
10:01signature c'est surréaliste et j'ai toujours cet objet avec moi aujourd'hui comme une espèce de
10:12relique d'un d'un passé étonnant on va dire vous en parlez d'ailleurs c'est la fin du
10:18chapitre et on
10:19voit que la grande histoire rejoint l'histoire familiale puisque c'est avec l'arrêt des financements
10:23aussi irakien que le journal fondé par mon père qui était un peu l'équivalent de la fin en toute
10:29humilité mais l'équivalent de l'express dans une ligne progressiste philo politique littérature
10:36effectivement le journal n'est plus financé mais c'est le début on va dire d'un revers de fortune
10:41qui a été beaucoup plus loin et le début de la du bal des huissiers qui vont défiler les uns
10:47après
10:48les autres chez moi et et je vais progressivement voir d'abord des objets disparaître des meubles
10:53disparaître des objets qui se cassent et qu'on ne remplace pas du personnel de maison qui disparaît
11:00aussi et et le tout dans une une ambiance déjà dramatique puisque en fait avant cette ce revers de
11:09fortune je perds mon frère et je perds mon père notre père qui vous parle de koundéra dans la dernière
11:16discussion et qui mène ensuite de la montre à la bague c'est une des scènes de chaville quand même
11:22extrêmement émouvant dans le livre vous mettez beaucoup d'humour beaucoup légèreté vous faites
11:25des oui je vous précise que c'est pas du tout un livre sinistre pour ceux qui n'auraient pas
11:30envie de
11:30déprimer c'est émouvant au sens beau du terme enfin il ya la dernière bague à l'aéroport que vous
11:35remet votre
11:35mère au moment de partir en france enfin c'est on arrive souvent de cette montre moche comme vous
11:40dites à cette bague de valeur quand tout s'écroule que j'ai toujours et je me demandais comment vous
11:46avez fait pour écrire enfin vous qui avez écrit tant d'éléments de langage tant de je déteste
11:51ce mot d'ailleurs les éléments de langage je pense que notre monde en pâtit un peu et l'uniformité
11:55en fait
11:56de la parole qu'elle soit politique qu'elle soit économique ou qu'elle soit celle des auteurs aussi je
12:01pense que le le mot la recherche de la diversité du mot de la singularité des mots est un élément
12:07extrêmement important et pardon du coup quelle était la question et selon comment s'est fait ce
12:11passage de ces éléments de communication de crise disons ou de communication tout court à
12:17justement une langue beaucoup plus littéraire sur des souvenirs beaucoup plus intimes et parfois
12:20traumatiques comment ça s'est fait enfin comment on veut faire cette écriture c'est vrai que j'écris
12:26beaucoup mais pour les autres en fait et c'est vrai qu'être la plume de l'autre c'est
12:30un exercice
12:31à la fois génial et en même parce qu'il faut se mettre dans la psychologie dans le champ lexical
12:35de
12:36l'autre je regarde christine qui m'a souvent vu faire en cabinet ministériel notamment mais au fond
12:43c'est c'est un peu le même exercice mais on a une plus grande liberté d'ailleurs c'est
12:49intéressant
12:49ce qu'au départ je n'ai pas écrit au présent et j'ai pas écrit à la première personne
12:52ce qui s'est
12:54passé c'est que j'ai commencé à écrire des scènes au moment où je vivais des moments très très
12:57dur
12:59et je les écrivais sur mon téléphone sur un carnet parce que j'avais l'impression que sur le moment
13:05ça
13:05pouvait transformer les personnes en personnages et le drame en comédie et même quand je relisais
13:13les scènes même ne serait ce que deux heures deux trois heures après les avoir vécu j'ai l'impression
13:17de
13:17raconter enfin de lire un truc marrant alors que sur le moment ça l'était pas du tout et puis
13:23est venu un
13:23moment où j'ai assemblé le puzzle quand je livre en fait le manuscrit à olivier nora que j'ai
13:30eu la chance
13:30d'avoir pour éditeur il me dit mais est-ce que tout est vrai je lui dis oui il me
13:37dit dans ces
13:37cas là oui parce que j'avais employé des faux noms notamment avec des noms de fiction moi par exemple
13:44noël et marisol n'était pas noël et marisol non non moi je m'appelais salomé alexandre enfin voilà
13:49j'avais mis des faux noms et en fait il m'a dit c'est d'ailleurs principalement ça qui
13:56m'a fait faire
13:56c'est de tout repasser au présent de parler à la première personne et remettre les vrais noms et il
14:00m'a dit tu vas voir et ça va libérer quelque chose et il avait raison il avait raison parce
14:04que ça
14:07ça libère et c'est l'histoire d'une libération enfin d'une émancipation absolument il fallait allier
14:13la forme avec le fond en quelque sorte et justement pour la structure enfin c'est vraiment structuré on
14:18voit notamment une agression c'est bien fait de venir vous avez été victime notamment une agression
14:25raciste à votre arrivée en france et pourtant quand on a fait la petite vidéo de promotion vous
14:29disiez que la france c'était ce que vous avez donné de l'optimisme ben oui comment on arrive
14:33d'une agression de nuit raciste avec une insulte type sale arabe et de la violence physique à être
14:41optimiste sur alors d'abord j'ai de la chance je me suis pas non plus et j'ai pas
14:44je ne pense pas
14:46avoir été victime par exemple de discrimination très souvent et je pense je ne peux pas généraliser
14:52mais je pense que les femmes en sont un peu moins victimes que les hommes vous refusez aussi le
14:57cynisme enfin vous le dites à la fin quand vous êtes nommé chez avas en disant que vous voyez très
15:01bien que c'est parce que vous êtes aussi basané et femme mais ça me va très bien mais ça
15:06me va très
15:07bien et je prends mais sur la question de la discrimination pour moi il n'y a franchement
15:11aucun doute sur le fait que ça augmente et que le racisme l'antisémitisme les discriminations
15:16augmentent en france doucement sûrement c'est d'ailleurs un sujet sur lequel j'avais travaillé à
15:22la halle notamment et je vois certains de mes collègues de la halle qui sont là la haute autorité
15:25de lutte contre les discriminations mais lorsque ça arrive je n'ai pas le choix en fait de revenir
15:32en arrière et de retourner en égypte je viens j'ai tout laissé derrière moi et surtout je suis partie
15:38j'ai fui un peu le le les drames et j'ai fermé une porte et d'ailleurs pour tout
15:45vous dire je n'y
15:46suis encore jamais retourné depuis donc ça fait 23 ans que je suis pas retourné en égypte c'est un
15:49projet que je suis saillé en train de de construire mais votre mère y est retourné depuis ma mère y
15:55est
15:55retourné moi je n'y suis pas retourné je pense que c'est parce que je voulais laisser les drames
15:58derrière moi et par ailleurs j'avais plus un sou je suis arrivé en france j'avais 300 euros pour
16:05toute
16:05fortune pour tout recommencer en poche donc je n'ai pas le choix de repartir après moi franchement je
16:11ne dirai pas du tout que la france est je ne ferai pas cette généralisation disant que la france est
16:17un pays raciste moi la france m'a donné une chance extraordinaire celle de pouvoir vivre comme je voulais
16:22de m'habiller comme je voulais de réfléchir comme je voulais pas seulement en tant que personne de couleur
16:28mais aussi en tant que femme et ça n'a rien à voir mais j'ai une anecdote qui me
16:34vient spontanément à
16:35l'esprit comme je crois que je l'ai déjà raconté mon fils qui a aujourd'hui 17 ans était
16:41un petit
16:41garçon je me souviens on sort de l'immeuble on se retrouve dans la rue et là on voit deux
16:47ados
16:47ou jeunes adultes en train de s'embrasser goulument on va dire et comme tout enfant petit enfant il fait
16:52genre beurk et je me souviens que ma réaction à ce moment là c'était de lui dire mais estime
16:57toi heureux
16:57de vivre dans un pays où tu peux embrasser qui tu veux mais en plus tu peux le faire dans
17:01la rue
17:01et franchement je veux dire souvent de l'extérieur quand on voyage où les personnes étrangères aiment
17:10plus que la france que les français moi je pense que je suis donc une immigrée de première et de
17:16deuxième génération ce que mes parents sont venus je suis né en france et je suis repartie je suis
17:20revenu j'ai encore ce regard extérieur aussi sur la france et j'ai encore ce ce cette reconnaissance
17:29aussi pour plein de choses pour on en a parlé la liberté pour l'éducation pour la santé
17:37et même la laïcité vous en parlez bien sûr c'est croustillant vous êtes chez terra nova je crois
17:42oui c'est après la halle oui où vous parlez justement par rapport à la question du voile en
17:47zone où vous êtes une laïcarte convaincue et que justement vous avez cette expérience de la
17:51nécessité contre le fait de ne pas avoir à subir ce qu'on va promener quelque chose qu'on n
17:55'aura jamais à
17:56subir et vous y allez sans fioriture mais c'est drôle j'ai pas c'est marrant sur cet aspect
18:01j'ai eu pas mal de
18:02réaction notamment sur les réseaux sociaux etc j'ai pensé une star en disant ça personne qui m'ont écrit
18:08en fait
18:09non mais en fait c'est intéressant parce que le regard il n'est pas le même que celui qui
18:13juge le voile etc
18:15depuis la france moi le regard que je porte à ce moment là c'est le regard d'une petite
18:20fille qui grandit dans
18:21les rues du caire qui est une minorité religieuse la minorité copte en l'occurrence et qui subit pas moi
18:28personnellement mais c'est une minorité qui subit des discriminations importantes et surtout j'ai vu
18:34parce que moi l'égypte de mes parents ma mère quand je vois des photos d'elle allant à la
18:39fac elle
18:39est en mini jupe et en scooter donc j'ai vu en fait pendant les années 80 et les années
18:4490 la
18:44radicalisation de la société et les conséquences que ça a eu notamment en termes de conflits et de
18:51tension sociale c'est un regard du quotidien le regard que l'on porte en france c'est souvent un
18:58regard on analyse souvent les phénomènes à travers des grands mots et des grands concepts la tolérance
19:04la laïcité le vivre ensemble et c'est un peu ces deux grilles de lecture que je confronte celle de
19:14la
19:15rue du caire et celle des livres français c'est ce qui passe dans ce que tout au long du
19:19livre vous avez
19:20du sort enfin vous avez ce regard décalé enfin mais en ayant justement vous dites que vous avez
19:23toute la culture mais pas forcément les codes et les rêves parce que enfin les références parce que
19:27vous ne connaissez pas forcément les mules et les inconnus mais quand vous êtes à la halle vous
19:30avez ce regard en disant ben je n'ai pas grandi dans le cercle donc j'arrive à voir aussi
19:34ce qui
19:35s'y passe et il y a toujours un un équilibre qui se fait même en politique même ensuite à
19:40la
19:40communication c'est c'est vraiment enfin c'est pas chiant je crois non mais en fait vous faites référence
19:49ce à quoi vous faites référence c'est aussi la question de l'intégration et en fait je pense
19:53qu'il ya un mouvement de balancier qui se fait qui est assez classique je suis certainement pas la
19:56seule mais quand je suis arrivée en france moi j'avais 22 ans et donc mon ma volonté mon réflexe
20:02mon ambition c'est d'être plus française que les françaises c'était de parler de marcher de
20:07réfléchir d'être elle de me coiffer comme elle et en fait là l'acceptation de ses origines et de
20:16la
20:16richesse que ça peut être vient après vient avec le temps mais en même temps vous montrez que vous
20:21n'êtes pas non plus dans le conformisme puisqu'il ya les bottes bleues électriques qui tranchent à
20:24matignon il y a les grandes boucles dont est très fière et qui sont très durs à perdre j'essaie
20:29d'être sobre aujourd'hui donc non mais en fait c'est c'est c'est intéressant de de cette
20:35question de
20:35la distinction ça renvoie aussi à ce qu'on de la conversation qu'on a eu sur mon frère au
20:39préalable
20:40c'était de ne pas être complètement dans les clous mais il ya quand même un effort à faire et
20:44cet
20:45effort moi j'ai j'ai été au lycée français du caire donc je suis arrivée en étant francophone mais
20:52c'est pas la même chose que de maîtriser la culture l'histoire les codes la littérature la
20:57littérature c'était ok mais en revanche effectivement moi je ne faisais pas la différence
21:02j'ai encore un peu de mal aujourd'hui entre brel et nous gao quoi donc je n'ai pas
21:07la ref en fait et ça
21:08ça nécessitait un gros effort de concentration en fait durant les conversations parce que au delà
21:14de la compréhension des mots qui parvenaient littéralement enfin en tout cas simplement
21:19dans ma tête je me concentrais pour ça si je ne loupais pas quelque chose une ref une expression
21:25que je comprenais pas ou que je comprenais de travers ou même une tonalité est ce que tel truc
21:33était trop familier ou trop soutenu parce que quand vous apprenez le français en plus surtout dans les lycées
21:38à l'étranger ça a tendance à être un français un peu plus soutenu que dans les écoles en France
21:44et
21:45donc je voyais bien j'essayais de capter les signaux et les signaux faibles pour ne pas être trop en
21:49décalage quoi et moi justement que référencier de l'expérience quand vous parlez par exemple du
21:53week-end en famille dans la région toulousaine de week-end et dimanche en famille et des confitures
21:57maison je crois c'est avec mon ex mari oui voilà vous montrez justement qu'il ya ce décalage qui
22:02se fait en
22:03disant mais vous c'est différent enfin parce que vous avez cette culture enfin exceptionnelle de la
22:09langue française non c'est un moment très marrant parce que la première fois que mon ex mari que
22:13certains ici connaissent je vous rassure on s'entend toujours très bien il m'emmène chez sa grand-mère
22:20il avait la chance d'avoir encore ses grands-parents et sa grand-mère qui était mémé dédée et m
22:26'emmène chez
22:26mémé dédée dans la banlieue de toulouse et très sympa petite femme toute rondelette avec des petites
22:32boucles c'est vraiment genre la grand-mère comme dans les pubs quoi et elle m'accueille et elle me
22:36dit elle me dit oh mais c'est drôle j'ai vu une femme comme vous avec l'accent toulousain
22:41je vais
22:42pas le faire mais j'ai vu une femme comme vous à la télé et en fait je comprends je
22:46comprends pas
22:47d'ailleurs au début mais au fur et à mesure qu'elle parle je comprends en fait qu'elle regardait
22:51julie lescaux et qu'il y avait une arabe en fait dans la série et donc c'était une femme
22:57comme
22:57vous et elle précise d'ailleurs mais mais mais belle bien élevé elle est précédée d'un mai d'ailleurs
23:04et en fait là j'étais toute contente j'avais la rêve parce que julie lescaux est diffusée sur
23:08tv 5 mondes que je regardais en égypte mais voilà c'était toute une série comme ça de petit
23:15de petits moments cocasses que je prenais absolument pas pour un comment dire pour du rejet du racisme ou quoi
23:20que ce soit son ex-marie prenez justement enfin vous voulez réagir et c'est vous qui lui dites
23:23oui oui parce qu'il est géné bien sûr et de là on arrive des scènes très intimes à des
23:29scènes avec
23:30enfin vous détrompez je trouve c'est président Truman qui disait que s'il fallait de la fidélité en
23:34politique il fallait mieux prendre un chien mais enfin on voit que vous enfin vous avez vraiment des
23:37amitiés fidèles non non il fait cette distinction principalement par rapport aux hommes je pense
23:42il vaut mieux prendre un chien si on cherche la fidélité pas par rapport à la politique pardon messieurs mais
23:47comme il y a une assemblée importante de femmes je me suis dit que je pouvais me permettre je suis
23:53sûre que vous êtes déconstruit il n'y a pas de problème vous acceptez là mais on voit justement vous
23:59avez des amitiés très fidèles en politique il ya justement des anecdotes enfin il ya une anecdote
24:03notamment qui est hilarante sur le l'apparution du monde après une nuit passée à justement gérer
24:08une interview pour marisol toren et et qu'au moment de l'impression la photo est apparue en vert fluo
24:16en fait non mais
24:17c'est en fait pour pour se marrer faut aussi connaître marisol touraine qui est une femme que je respecte
24:21beaucoup c'est vraiment quelqu'un qui a une vraie colonne vertébrale je vois d'ailleurs nicolas ici
24:25présent qui a été son collaborateur parlementaire il ya très très longtemps et donc il voit il va très
24:30très bien voir de quoi je parle en fait c'est une femme de conviction solide mais quand on la
24:37connaît
24:37pas elle peut paraître dur très très dur et elle est par ailleurs très très soucieuse de son apparence
24:44et donc moi je commençais c'est la première interview pour elle que je négocie avec le
24:49monde christine est là elle peut en témoigner aussi je sais pas si tu te souviens de cette anecdote du
24:54monde d'ailleurs et en fait on négocie elle donne l'interview et l'exercice classique d'un
25:03conseiller communication c'est ensuite de réécrire des phrases qui sont mal écrites d'essayer d'enlever
25:09tel chiffre qui pourrait provoquer une une manif le lendemain etc donc on négocie on est content
25:14l'interview parait et l'interview est parfaite je suis hyper contente je suis très très fière sauf
25:20que je vois le papier arrivé et en fait il ya sa photo d'elle mais en grand mais c
25:26'est hulk elle
25:27est vert fluo et je me dis non c'est pas possible c'est mon exemplaire c'est pas possible
25:31quoi et
25:31donc je vais chercher les autres exemplaires et les uns après les autres je rentre dans tous les
25:35mais christine peut en témoigner je rentre dans tous les bureaux en relance j'ai complètement hystérique
25:40et en fait ils étaient tous complètement verts et donc on lui a fait croire grâce à la complicité de
25:47quelques-uns qu'il y avait eu une grève d'imprimerie et que la version papier n'était jamais sorti
25:52et je
25:53pense que j'aurais pu me faire virer sur ce coup là mais on passe toujours sur cette anecdote très
25:58drôle par exemple au moment de votre séparation ou la première personne que vous appelez c'est aussi
26:04votre ami politiciens noël enfin il n'est pas du tout politicien non non pas du tout il est
26:09noël c'est meilleur ami depuis depuis très longtemps depuis plus de 20 ans il travaille
26:19ministère de la culture c'est vraiment un cultureux mais il a cette politique à ministère
26:24oui mais lui c'est plus un amoureux des arts de la lecture de c'est pas du tout il
26:30n'évolue pas du
26:30tout dans le monde politique et il a une partie que nous avons une particularité depuis plus de 18
26:36ans ce que je raconte d'ailleurs c'est enfin il y en a plusieurs des particularités mais notamment
26:40nous nous voyons tous les dimanches à 11 heures qu'il pleuve qu'il vente que la terre s'effondre
26:45qu'il y a un séisme on se voit tous les dimanches à 11 heures et tous les ans on
26:49part en week-end de
26:50trois jours ensemble et tous les ans il est gay il est marié à un homme mais tous les ans
26:55on y va tous
26:56les deux on prend une chambre et on fait une scène on simule le voyage de noces devant la
27:04réceptionniste qui en général nous offre des trucs donc on se fait ouvrir des massages des coupes de
27:12champagne on a upgradé là je me souviens une fois à marrakech on est on est allé à marrakech on
27:17nous a
27:18offert une espèce de de massage absolument royal donc on était tous les deux à poil dans cette espèce de
27:22salle de massage gigantesque avec du champagne face c'est génial pourquoi je vous raconte ça je
27:28sais pas mais on voit le sens un équilibre entre des moments très sombres et très durs et des moments
27:36beaucoup plus légers enfin vous mettez beaucoup d'humour donc on voit aussi par rapport au chapitre
27:40votre frère vous dit d'être drôle que ça s'est bien imprégné et que vous avez fait de l
27:45'humour une carte
27:46enfin une carte à jouer absolue j'espère c'est même vous dites que dans votre votre carrière c'est
27:52aussi ce qui a permis de désamorcer beaucoup de situations en fait l'humour je trouve que c'est
27:56c'est d'abord on se force et on l'utilise comme masque et comme armure et aussi comme arme
28:03et en fait
28:06ça permet de désamorcer pas mal de de situations j'en reviens par exemple à des sites quand on travaille
28:11par exemple pour une personnalité un peu dure l'apprendre par le biais de l'humour ça permet de faire
28:17passer des
28:18messages et ça permet de de casser un peu un moment de tension mais ce qui est absolument magique c
28:25'est
28:25que parfois ça devient aussi une seconde nature et en fait je parle de l'humour mais en réalité je
28:32pourrais élargir à la joie pardon le mot est un peu très banal il est galvaudé mais moi la joie
28:45est un
28:45mot qui est très important pour moi j'ai de la chance d'avoir un entourage joyeux d'avoir des
28:51amis très
28:52joyeux et c'est aussi parce que j'ai décidé en fait de mettre de la joie dans ma vie
28:58malgré des d'ailleurs
29:00le chapitre sur mon cancer s'appelle le cancer joyeux j'ai j'ai réussi et je pense que c
29:08'est ça ma
29:08seule enfin si j'avais une chose que je retiendrai de ce parcours c'est que j'ai réussi à
29:12faire de
29:13cette de ce rire qui était un masque et une armure une joie au quotidien une joie qui vient une
29:19force
29:19parce qu'au moment du cancer vous partez quand même fêter le nouvel an dans une caserne militaire
29:24non alors c'est pas exactement fêter en fait il ya une tradition que font beaucoup de premiers
29:29ministres donc à l'époque en 2020 je travaille avec jean castex à matignon et premier nouvel an il
29:35le fait avec il part effectivement avec certaines personnes de son équipe faire le nouvel an en fait
29:44dans les casernes militaires et en l'occurrence il partait au tchad et il se trouve que ma première
29:49chimio à attention moment émotion a eu lieu mi décembre et on m'avait dit quinze jours après tu
29:57vas perdre tes cheveux et j'avais pas du tout envie d'être ni avec la famille ni avec les
30:02amis au
30:02moment où ça arriverait et donc j'ai décidé de partir avec le premier ministre en plein mille
30:08mille enfin dans le désert tchadien où il faisait 60 degrés corinne s'en souvient et ça s'est passé
30:16là bas en fait j'avais fait une espèce de chignon pour pas qu'ils bougent et tout j'y
30:20ai pas touché
30:21pendant le voyage et en fait je me réveille tous les cheveux sont sur le coussin mais en fait je
30:27crois que être dans cet environnement là a été une aide a été un chacun fait comme il peut déjà
30:33il n'y a
30:33pas de leçon à donner à qui que ce soit et c'est vraiment on fait ce qu'on peut
30:38en fait et moi en
30:40tout cas le travail et le fait de bouger le fait dans des situations de tension de crise avec des
30:45comment dirais-je des problèmes qui me dépassent et qui dépassent ma petite personne pour moi ça a
30:51été une aide en fait et je raconte la recherche la quête de la perruque parce que en fait en
30:59france
31:00c'est très difficile de trouver une perruque frisée et surtout à partir du moment où vous avez le
31:06choix on considère que vous n'allez pas opter pour des cheveux frisés et donc je finis par trouver une
31:12une perruquière qui qui en fait tissait des perruques pour des femmes juives orthodoxes qui
31:18acceptent de me faire une perruque mais en fait elle avait pas de cheveux frisés donc elle prend
31:23des cheveux je cite normaux et elle fait une permanente dessus ce qui fait qu'au début de la
31:30chimio j'ai une magnifique chevelure brune frisée parce que j'avais les cheveux très longs etc et en fait
31:37au
31:37fur et à mesure que les mois passaient en fait à la fin je me suis retrouvée avec des cheveux
31:41raides
31:41comme des baguettes de spaghettis et blond ce qui était quand même surréaliste pourquoi je vous
31:46raconte ça je ne sais pas c'est pas je ne réponds pas aux questions ce soir mais il y
31:52a un personnage
31:52qui est impressionnant dans le livre on l'a dit c'est votre mère comment vous avez enfin comment vous
31:58avez écrit sur votre mère parce que vous ne l'épargnez pas mais on sent quand même énormément de tendresse
32:03à son égard de la colère à un moment enfin il y a quand vous êtes à matignon dans des
32:09réunions de
32:09crise et qu'elle vous envoie que les mandarines sont en promotion et qu'il faut absolument acheter
32:13des mandarines avec un arsélo de baisselle oui ma mère m'envoie beaucoup de sections comme vous le
32:17dites une trentaine voire quarantaine par jour juste pour vous donner une idée et comment c'est
32:22fait que l'écriture après j'aurais une autre question sur par rapport à vos enfants dont vous ne parlez
32:26pas oui alors vous dites que justement pas parce qu'ils comptent pas assez mais parce qu'ils comptent trop
32:32comment enfin comment est-ce qu'ils ont lu le livre et est-ce que votre mère l'a lu
32:35est-ce qu'elle
32:36m'a lié non elle l'a pas lu et elle ne le lira pas je pense elle sait qu
32:40'il y a un livre quand
32:41je lui ai annoncé que j'allais écrire un livre elle a tout de suite compris elle m'a regardé
32:44comme ça
32:45elle m'a dit ça c'est une mauvaise nouvelle mais après elle parle souvent sur ce ton le jour
32:52de
32:52mon mariage elle a pris le micro ce que le prêtre lui a attendu le micro après le micro elle
32:57a dit je suis
32:58heureuse ça vous donne une idée un peu du personnage et et je vous assure que ce n'est pas
33:05une blague elle a
33:06ajouté et joyeuse je vous jure que c'est vrai et donc ma mère comment non donc elle ne lira
33:16pas elle
33:17sait que j'ai écrit notamment sur son alcoolisme mais vraiment et ça ça a été un élément important et
33:24je
33:24pense que c'est pour ça que j'ai pu sortir le livre à ce moment là j'écrivais sous
33:27le coup de la colère
33:30parfois de la haine même et je pense qu'il faut se l'avouer parfois on ressent de la haine
33:35pour les
33:35gens qu'on aime et et parfois sous le coup de la tristesse et en fait j'ai attendu d
33:44'être apaisé
33:46pour vraiment réécrire et écrire le texte il y a plein de scènes qui ont disparu non pas parce que
33:50je veux censurer mais parce que ça n'est plus la vérité d'aujourd'hui il y a plein de
33:54mots très durs
33:55qui ont été adoucis pas parce que je voulais censurer mais parce que c'est plus la vérité d'aujourd
34:00'hui
34:01et et aujourd'hui je me sens à l'aise de le publier parce que justement je ne ressens plus
34:06ni haine
34:07ni colère ni tristesse c'est parce que je sens on sent aussi une forme de pudeur à son égard
34:14enfin
34:14vous aurez pu aller beaucoup plus loin et que finalement enfin il y a juste dans la scène
34:19traumatique de la bouteille cachée dans la commode au début mais après c'est compensé par la scène
34:26à l'aéroport c'est en même temps après vous dites à un moment l'argent ne fait pas le
34:29bonheur mais il
34:30permet quand même d'avoir un deux pièces pour loger ma mère qui doit revenir enfin on sent que c
34:32'est un peu
34:33un fil à la pâte à un moment oui non mais ce qui a été très dur aussi c'est
34:36c'est c'est la c'est la
34:37promiscuité à un moment ma mère donc a tout perdu en égypte vient en fait en france et elle s
34:41'installe
34:41avec moi on est toutes les deux dans un dans un lit on partage un lit j'ai 25 ans
34:45et je partage un lit
34:46avec ma mère c'est qui est en plus alcoolique qui est quand même vous l'aurez compris très présente
34:51au
34:51quotidien et donc ça a été très très dur et très dur pour elle aussi parce qu'elle avait vécu
34:55avec des
34:56majordomes des chauffeurs des bijoux donc c'est une période traumatique pour tout le monde et elle en a
35:02conscience aussi évidemment mais les gens vieillissent moi aussi et aujourd'hui c'est une vieille dame pour
35:09qui j'ai beaucoup tendresse évidemment et ça se ressent vraiment dans le livre c'est un personnage
35:14extrêmement attachant enfin de bout en bout je vous la prête quand vous voulez pas trop vite
35:21et une autre question c'est justement par rapport à vos enfants dont justement je n'en parlerai pas parce
35:25qu'ils ont leur vie à eux qui leur appartient et c'est pas parce qu'ils comptent pas mais
35:28parce qu'ils comptent trop
35:29est-ce qu'ils ont lu le livre ils ont lu en grande partie et aussi ils ont eu pas
35:33mal de petits bouts
35:33parce que je en fait je bon ils m'ont vu écrire beaucoup bien on c'est obsessionnel on écrit
35:39le
35:39nuit le jour le midi le machin et par ailleurs je relis souvent à voix haute moi parce que je
35:45c'est
35:45génial quand vos problèmes sont de déplacer la virgule et de réfléchir pendant trois minutes à où est ce qu
35:51'on
35:51place la virgule pour mesurer la musicalité de la phrase c'est que vraiment vous avez des bons problèmes
35:56et je trouve ça génial donc moi pour faire ça souvent je lis à voix haute et je relis les
36:00phrases je bouge
36:00un mot je bouge un je remplace un point par trois points de suspension puis et donc évidemment ils
36:07ont eu plein de scènes et puis et puis en fait ils ont connaissance de l'histoire et ils sont
36:14des
36:14éponges aussi donc ils ont parfaitement conscience de tout ça et donc le grand à 17 ans il l'a
36:20lu en très
36:20partie et ma fille de 11 ans et demi a commencé à lire la séparation avec le père
36:26c'est enfin c'est un passage qui oui alors après il se trouve que on a
36:31d'abord c'est un très bon ex mari
36:34il a il a pris du galon en fait depuis qu'on a divorcé
36:38et on sait ça s'est fait dans l'apaisement
36:42donc il n'y a pas de tabou en fait et les enfants ont connaissance d'à peu près tous
36:46les épisodes
36:47donc je vous parlez de vos relations intimes qui s'appellent tous thomas d'ailleurs c'est
36:54c'est impressionnant chacun c'est névaux il y a les thomas dans la salle oui effectivement c'est je
37:01pense vraiment le hasard et puis c'est un effet de génération aussi mais je me suis retrouvé
37:06effectivement être marié pendant 18 ans avec un thomas ensuite j'ai eu une histoire totalement
37:11passionnelle avec un thomas et il se trouve que je vis depuis quatre ans avec un thomas donc
37:18et dans vos remerciements vous remerciez notamment votre père et votre frère qui sont aussi deux
37:22figures majeures de ce roman vous pensez qu'ils l'auraient lu qui enfin votre père qui vous parle
37:28de Kundera enfin qui est un grand lettré est-ce que le fait d'avoir écrit ce livre c'est
37:34aussi un
37:35hommage en quelque sorte à votre famille enfin c'est le c'est le titre mais c'est ils ont
37:42très
37:43bonnes places d'un remerciement avec des mots très touchants ce qui est sûr c'est que mon frère
37:48et mon père avait le goût des mots et que ça guidait leur vie et leur quotidien mon père était
37:55écrivain
37:55donc forcément il aimait la lecture mais aussi l'écriture et je me souviens de son stylo de son
38:03encre de l'encre sur l'époque tout le monde écrivait à la main de l'encre sur ses doigts
38:08de l'odeur de cette
38:09encre sur ses doigts et oui sans doute que ils auraient été fiers tous les deux
38:17merci beaucoup merci à vous merci infiniment
38:28est-ce que vous auriez des questions à poser à l'auteur la première étant la plus difficile
38:35allez j'ai encore envie de parler moi
38:41négare auteur également
39:00alors il y a deux choses il y a la justesse des mots et effectivement je pense que c'est
39:05aussi beaucoup la lecture qui apporte ça il y a des auteurs contemporains d'ailleurs français qui ont beaucoup ça
39:10moi je
39:12ce n'est pas forcément mes auteurs préférés mais par exemple chez welbeck il y a des choses on prend
39:17des choses en fait un peu
39:21on picore des choses chez welbeck par exemple ce que j'adore chez lui c'est l'usage de l
39:24'italique
39:25il a un usage absolument génial de l'italique où c'est une espèce de truc de tu comprends que
39:29c'est dit que ça pourrait être trois petits points
39:31et en fait c'est une réflexion intérieure et c'est pour mettre une emphase sur un mot
39:36l'élase limani par exemple je trouve qu'elle a cette espèce de don de décrire des situations extrêmement précises
39:42par exemple
39:44le fait de sentir physiquement le regard de quelqu'un sur soi
39:48d'autres ont peut-être plus la question du mot juste
39:52d'autres l'honnêteté par exemple
39:56édouard louis dans cette espèce de côté je raconte tout je dis tout
40:00y compris sur
40:03mon propre cynisme moi je considère que je ne suis pas cynique mais lui dans son cas il va jusqu
40:08'à là
40:09dans le métadiscours et donc je pense qu'on picore
40:12par
40:13par l'écriture par la lecture et puis par ailleurs en fait je n'avais pas pensé à ça mais
40:18maintenant que tu le dis je
40:19me vois voir mon père en train de lire des phrases à voix haute et de déplacer des virgules pour
40:25en
40:25mesurer la musicalité
40:27effectivement je crois qu'il y a quelque chose de
40:32de l'ordre de l'héritage
40:35je ne suis pas du tout mélomane malheureusement mais oui il y a quelque chose de très
40:40c'est une partition quoi
40:44comme Flaubert qui avait une boîte à gueuloir
40:47oui oui au Mozart aussi à contrario en fait qui écrivait des mots d'une main et qui composait de
40:53l'autre
40:56madame
40:56oui bonsoir
40:58bonsoir
40:58je voulais d'abord vous remercier pour ce livre j'ai la chance de l'avoir déjà lu d'en
41:04avoir connaissance
41:04alors moi je voulais vous demander d'abord une petite question concernant est-ce que c'est un choix à
41:10les libérer de votre part
41:12concernant les noms des personnages
41:14certains
41:15la plupart
41:15on les reconnaît mais vous ne donnez jamais le nom vous ne donnez que les prénoms
41:21et donc vous voulez savoir si c'est délibéré de votre part ou si c'est un accord avec votre
41:26éditeur
41:27d'où ça vient
41:28c'est intéressant
41:30effectivement c'est une question que je me suis posée
41:33la plupart l'écrasante majorité il n'y a que les prénoms
41:36en fait c'est rare qu'il y ait le nom de famille
41:38on reconnaît certains
41:40bon d'abord il y a une question juridique
41:43je ne voulais pas avoir des procès
41:48mais par ailleurs je pense que notamment
41:52j'ai
41:52je réfléchis en vous parlant aussi mais je crois que j'ai croisé pas mal de personnes
41:57qui sont devenues des personnalités qu'elles soient politiques ou journalistes ou ou autre et en fait je ne voulais
42:05pas que ça parle de ça c'est à dire que l'histoire pourrait être la même même si ça
42:11n'était pas des personnalités par exemple je rencontre gabriel attal en 2000 non mais bien avant je le rencontre
42:202011 pendant la campagne de françois hollande
42:25il a 22 ans
42:27c'est pas gabriel attal en fait c'est lui mais c'est pas lui c'est pas la personnalité
42:31c'est le jeune homme et donc je voulais pas que l'image que l'on a sur les personnes
42:38vienne influencer la lecture du moment
42:42il y avait l'élément plus humain et moins personnalité publique en fait qui influençait l'écriture parce que c
42:49'est une écriture très subjective
42:52évidemment après effectivement pour certaines personnes
42:56limitées au nombre de 1
42:59je voulais pas j'y avais une question juridique
43:07oui oui oui oui oui tout à fait
43:10oui parce que je je suis dans le moment et que ce qui se passe à ce moment là c
43:14'est la relation humaine
43:16c'est pas la personnalité dont je parle c'est l'interaction avec l'humain que j'ai en face
43:20de moi qui compte
43:24et on voit d'ailleurs que le portrait gabriel attal est enfin vous décidez vraiment comme un ami avec qui
43:28vous enfin vous montez ensemble
43:29et c'est toujours
43:30oui en même temps j'essaye j'essaye d'être très objectif certaines personnes le connaissent aussi je moi je
43:35l'ai connu
43:35j'allais dire enfant
43:37n'exagérons rien mais
43:40et je suis assez d'ailleurs je dis aussi des choses je dis qu'il allait donc il raye le
43:44parquet je dis
43:46mais je crois que
43:47moi c'est quelqu'un que j'aime ça veut pas dire qu'on est totalement ou complètement ou même
43:52partiellement en approbation
43:53politiquement c'est là encore on revient à la question de l'humain
43:56moi je l'aime je connais ses défauts je parle de ses défauts mais je l'aime quand même et
44:00c'est aussi ça aimer quelqu'un
44:04vous rendez des politiciens justement on n'a pas ce regard c'est très humain à chaque fois même Jean
44:08Castex
44:09après Jean Castex c'est franchement facile de le rendre humain quoi c'est
44:13honnêtement c'est je veux dire c'est difficile de le rendre inhumain même
44:22oui
44:22pas de l'hériture
44:27je voulais savoir si vous avez dû faire un travail sur vous même avant de vous mettre complètement à mieux
44:32dans ce livre
44:32en fait on livre complètement et c'est souvent difficile de mettre ça sur le papier
44:39c'est facile de s'exprimer sur le sujet mais c'est difficile de l'écrire
44:43j'ai pas vraiment fait de travail au sens psychanalyse
44:47je suis allée chez le psy à deux ou trois reprises dans ma vie
44:54d'ailleurs une fois où Béatrice m'a littéralement obligée pris par le col
44:58non c'est vrai
44:59et c'était très utile à chaque fois moi je l'ai plus vécu comme des moments de
45:05d'appui
45:08ponctuel
45:11comment dire
45:12j'ai vécu beaucoup de choses et je sais très bien quelle est l'origine de mes problèmes
45:16elle remonte pas à quand j'étais dans le ventre de ma mère et que machin
45:19je veux dire j'ai vécu des traumas
45:21ils sont facilement identifiables en gros
45:25et on peut vivre avec
45:26après il faut pas non plus se priver parfois
45:30d'un petit rendez-vous
45:31de deux trois rendez-vous
45:32de deux trois petits comprimés de sérotonine quand c'est nécessaire
45:35c'est pas grave en fait
45:37c'est pas grave c'est une béquille et c'est très bien comme ça
45:41et je pense que ma psychanalyse a été mon bouquin en fait
45:45c'est moins cher
45:50monsieur
45:51j'avais une question à te poser
45:53toi qui as écrit beaucoup d'éléments de langage
45:56qui as beaucoup écrit pour les autres
45:57de se mettre à la place des autres
45:59c'était la première question de Léo
46:01d'accord
46:01je me suis un peu en retard
46:05est-ce qu'à un moment donné
46:06quand on a pris cette avis
46:07qu'on parle d'écrire pour les autres
46:09est-ce qu'à un moment donné
46:11quand tu as écrit
46:12est-ce que tu as écrit pour Maya Daboulos
46:14est-ce qu'à un moment donné
46:16tu as réussi à quitter
46:18cette manière d'écrire
46:19que tu as fait pendant des années
46:21est-ce qu'à un moment donné
46:22voilà ça t'a rattrapé
46:24ou est-ce que tu as vraiment réussi à quitter
46:25cette technicité
46:26qui t'a permis d'écrire pour toi
46:27et pas pour elle
46:28non je pense qu'il y a trois choses
46:29la première c'est que moi je déteste
46:31le côté élément de langage
46:33préformaté
46:33les phrases toutes faites
46:34les punchlines un peu vides
46:35etc
46:35donc j'essaye même dans le cadre de mon travail
46:38de m'en éloigner
46:39la deuxième chose c'est qu'en effet
46:40au début j'ai écrit à la troisième personne
46:42avec des faux noms
46:44et quelque part peut-être
46:45que c'était une manière d'écrire
46:46pour Maya Daboulos
46:47c'est que je me suis remise dedans
46:49en remettant du jeu
46:50et en remettant du présent
46:53mais néanmoins
46:53la sincérité du moment
46:55elle est aussi due au fait
46:56que j'ai écrit
46:57sur le moment en fait
46:59la reconstitution du puzzle
47:01elle s'est faite a posteriori
47:02mais j'écrivais sur les
47:04pendant un moment de colère
47:06pendant une scène
47:08où j'étais très énervée
47:09contre ma mère
47:11juste après une engueulade
47:12avec mon ex-mari
47:12tu vois c'est sur ce moment là
47:13et en fait quand t'écris à chaud
47:16je pense que tu peux pas
47:17utiliser les mots des autres
47:20vous avez combien de temps
47:21à l'écrire d'ailleurs ?
47:23je sais pas ça dépend
47:24de la manière
47:24dont on le calcule
47:25je pourrais vous dire
47:26j'ai mis un mois
47:27mais en réalité
47:28ça a duré des années
47:29parce que le un mois
47:30en fait
47:30ou un peu plus quand même
47:31ça a été la reconstitution
47:36le lissage
47:37j'ai envie de dire
47:38pour que tout coule de source
47:39de faire des transitions
47:40puis ensuite
47:40il y a eu d'autres
47:41moments de réécriture
47:42où Olivier Nora
47:43m'a fait rajouter des chapitres
47:45parce que je faisais
47:46un peu des ellipses
47:47et donc on avait envie
47:48de savoir ce qui se passait
47:49entre temps
47:50et puis après
47:51il a fallu tout repasser
47:52avec les vrais noms
47:53au présent etc
47:55donc non
47:55je dirais
47:56plusieurs mois en tout cas
47:57ça c'est sûr
48:03Suzanne et
48:04est-ce que tu vas poursuivre
48:07l'exercice ?
48:08ah j'aimerais beaucoup
48:09j'aimerais beaucoup
48:10parce que
48:11je ne l'ai pas lu encore
48:12c'est très beau
48:13c'est faux
48:15oui
48:16mais
48:17est-ce que oui
48:18ça ouvre
48:19une nouvelle voie
48:21dans ta vie
48:22qui est riche ?
48:23j'adorerais
48:24en fait
48:24si je pouvais
48:25me le permettre
48:25je ne ferais plus que ça
48:26en vrai
48:27j'ai tellement adoré ça
48:28qu'à certains moments
48:30même si j'adore vraiment
48:31mon travail
48:31et tu le sais
48:33j'adore mon métier
48:34j'adore les gens
48:35avec qui je bosse
48:36mais tout paraît
48:37un peu fade
48:38en fait
48:38après l'écriture
48:41c'est exactement
48:41la même question
48:44je te donne exactement
48:45la même réponse
48:48j'ai une idée
48:49sur quoi vous écriviez
48:51vous continuerez
48:52sur l'autofiction
48:53ou le récit de soir
48:54non
48:54je ne sais pas
48:56vraiment je ne sais pas
48:57mais j'ai encore
48:58plein de bribes
48:59en fait
48:59de choses
48:59j'ai des mots
49:01que j'ai envie d'utiliser
49:02j'ai des phrases
49:03j'ai des expressions
49:04j'ai des métaphores
49:06et ce n'est pas forcément
49:07des
49:08enfin je veux dire
49:09c'est un mélange
49:09qui aujourd'hui
49:10n'a rien à voir
49:11et en même temps
49:11c'est tout
49:12et c'est rien à la fois
49:13j'adore
49:15j'ai l'air très philosophe
49:16en disant ça
49:17très philosophe
49:18je voudrais changer
49:19qu'on soit sur France Inter
49:20bientôt
49:21je ne sais pas
49:22dernière question
49:28bonsoir
49:28bonsoir
49:30merci pour votre sourire
49:31vraiment
49:32c'est communicatif
49:33et c'est extrêmement agréable
49:35alors je vous écoute
49:37je n'ai pas lu le livre
49:38pour l'instant
49:39mais ça donne très envie
49:41je vais démarrer très prochainement
49:45je relève peut-être
49:46un paradoxe
49:47en vous écoutant
49:48j'ai l'impression
49:49que vous êtes tout de même
49:49quelqu'un d'extrêmement pudique
49:51mais vous délivrez un livre
49:53où vous dévoilez énormément
49:54vous êtes toujours
49:55une femme active
49:57et je me demande
49:58qu'est-ce que ça vous a
50:00apporté réellement
50:00humainement
50:01est-ce que ça ne vous a pas
50:03un peu fragilisé
50:04vis-à-vis
50:04de vous mettre
50:05autant à mieux
50:06vis-à-vis
50:07de vos collaborateurs
50:10ou autres
50:10c'est une vraie question
50:11et pourquoi
50:13pourquoi
50:14pourquoi
50:14maintenant
50:15est-ce que
50:16c'est la conclusion
50:16de toute
50:18une vie
50:19faite de
50:20de haut et de bas
50:20si je peux résumer
50:22ça
50:22de ces premières là
50:23je crois que je n'ai pas eu
50:24la facilité
50:26serait de vous répondre
50:27que
50:27en fait
50:28on peut montrer
50:29qu'après
50:30la tempête
50:31le soleil revient toujours
50:33et je le crois
50:36mais en même temps
50:37ça serait un peu simple
50:38de dire
50:39qu'on a voulu donner
50:40l'exemple
50:40de quelqu'un
50:41qui a été beaucoup heurté
50:42dans sa vie
50:42et qui finalement va bien
50:44il y a un peu de ça
50:45mais c'est pas que ça
50:48je pense qu'il y a aussi
50:49un exercice
50:50on revient toujours
50:50à ce mot
50:51de liberté
50:51de
50:52en fait
50:52je dis ce que je veux
50:53il y a un peu
50:54de provocation
50:55sans doute
50:56même si je pense pas
50:57qu'il y ait des choses
50:57impudiques
51:01ça reste
51:02c'est un livre ouvert
51:04c'est vrai
51:04c'est le cas de le dire
51:07mais
51:08par ailleurs
51:08il n'y a rien d'offensant
51:09ni pour moi
51:10ni pour les autres
51:11et encore une fois
51:12pas parce que
51:13j'ai censuré
51:13mais parce que
51:14je suis très apaisée
51:16avec ça aujourd'hui
51:16et en fait
51:17j'ai pu écrire
51:18des choses
51:18très très dures
51:19sur certaines personnes
51:22venez me voir après
51:23pour que je vous dise qui
51:24mais plus sérieusement
51:26je ne les pense pas
51:27en fait
51:27je ne les pense plus
51:29et c'est plus facile
51:31oui je crois
51:32et c'est plus facile
51:33en fait
51:33d'écrire
51:35quand on n'en a plus besoin
51:37mais quand on a simplement
51:39envie
51:42et sur ces
51:43très belles paroles
51:44nous pouvons conclure
51:45et vous applaudir
51:46très fort
51:47merci
51:47merci
51:47merci
51:48merci
51:49merci
51:49merci
51:49merci
51:50merci
51:50merci
51:50merci
51:51merci
51:52merci

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