- il y a 2 mois
🌊 Chères lectrices, chers lecteurs,
🗓️ Mardi 2 juin à 19h, nous avons eu le plaisir d'accueillir le lancement du prochain numéro de la revue Schnock, qui a soufflé pour l'occasion ses quinze bougies.
🎙️Échange avec Alister, fondateur de la revue. Discussion animée par Léo Fourrier.
Vous souhaitant de belles lectures,
L'écume 🌊
🗓️ Mardi 2 juin à 19h, nous avons eu le plaisir d'accueillir le lancement du prochain numéro de la revue Schnock, qui a soufflé pour l'occasion ses quinze bougies.
🎙️Échange avec Alister, fondateur de la revue. Discussion animée par Léo Fourrier.
Vous souhaitant de belles lectures,
L'écume 🌊
Catégorie
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Art et designTranscription
00:00Et bien parfait, merci, bonsoir à toutes, bonsoir à tous, merci d'être venu ce soir pour cette soirée anniversaire
00:06de la revue Shnok.
00:07Bonsoir Alistair.
00:08Bonsoir, merci de nous accueillir.
00:10Merci, merci beaucoup. Donc 15 ans déjà Shnok, une revue comme on n'en fait plus.
00:15Exactement.
00:16Les 27 à 87 ans je crois.
00:19Oui, c'est ça.
00:20Pour les vieux de 27 à 87 ans.
00:23Il faudra peut-être le faire évoluer cette deadline.
00:26Au début c'était la blague, maintenant on peut aller jusqu'à 97 ans.
00:29Je pense que même voire 107 ans.
00:31Ça ne va pas durer peut-être, on ne sait pas.
00:33Qu'est-ce qui ne va pas durer la revue tu veux dire ?
00:35Ou la moyenne d'espérance de vie, on ne sait pas avec les guerres qui s'annoncent.
00:38Il y a des guerres qui s'annoncent ?
00:39Peut-être, mais justement cette revue est fantastique puisqu'elle ne nous parle que de ce qui est déjà passé.
00:44Et donc il y a une forme de légèreté et de contrôle sur une pop culture et une histoire passée
00:53et pourtant encore très actuelle.
00:55Et d'où le succès de cette revue en 15 ans.
00:58Parce que le premier numéro c'était quand même sur Jean-Pierre Mariel qui n'est pas forcément connu des
01:01plus jeunes générations.
01:02Et vous avez fait le pari par rapport à Catherine Deneuve, Alain Delon, des personnalités peut-être plus iconiques entre
01:08guillemets, de choisir Jean-Pierre Mariel.
01:10Aujourd'hui vous choisissez France Gall et Michel Berger, 59 numéros plus tard.
01:13Donc ma première question, pourquoi tant de numéros, comment vous choisissez les schnocks et comment se sont faits ce premier
01:23choix et ce 59e choix ?
01:24Alors le premier choix de Jean-Pierre Mariel ça a été une suite d'événements.
01:32Pour tout dire au début, le premier truc qui m'est venu à l'esprit quand on a commencé à
01:37réfléchir à cette revue c'était Jean-Yann.
01:40Jean-Yann qui est peut-être encore plus oublié que Jean-Pierre Mariel aujourd'hui mais Jean-Yann ça a
01:43été à tous les niveaux, surtout qu'il était loup.
01:46Jean-Yann il était radio, ciné, musique, il était complètement 360 degrés quoi.
01:53Et à l'époque en fait ce qui s'est passé c'est que Jean-Pierre Mariel sortait un livre,
01:57une espèce d'abécédaire, une autobiographie abécédaire.
02:02Il était disponible en interview parce que Jean-Yann était mort déjà en 2011 donc il n'était pas disponible
02:07en interview.
02:09Donc l'occasion a fait de la ronce et on s'est dit attends on va aller interviewer Jean-Pierre
02:12Mariel déjà.
02:13Comme un côté archiviste genre Jean-Pierre Mariel qui n'était pas en grande forme mais je n'allais pas
02:17faire.
02:18Donc le côté hop attends on va aller le capter avant que ça dégénère quoi.
02:26Et donc il était formidable quoi, ça a été formidable.
02:32Et en effet c'était pas la plus grande star, je pense que c'était une des rares couvertures de
02:36magazines françaises et internationales avec Jean-Pierre Mariel.
02:40C'était un pari un peu en même temps.
02:41C'est un personnage que les gens connaissaient mais déjà en 2011 ça commençait un peu à baisser.
02:49Et en même temps c'était pour nous, c'était le personnage culte des Galettes de Pontaven notamment et de
02:53Comme la Lune.
02:54Qui était pour nous, j'allais dire caricaturalement, schnockien quoi.
03:00Quand vous dites vous c'était justement une petite équipe au début, c'est vous qui avez eu l'idée
03:03tout seul, vous étiez un groupe d'amis.
03:05Non non, c'était moi et Lorenz Rémy là, moi j'étais musicien à l'époque, chanteur, je m'appelais
03:11Henri.
03:12Et je sortais des albums sur le label Barclay.
03:16Produit par Baxter Durie.
03:17Exactement, et Lorenz a travaillé au magazine Brunché Technicart.
03:22Et on parlait beaucoup du monde de la culture quand on se rencontrait.
03:27Et on a eu cette idée comme ça sur une terrasse un peu à la...
03:33Comme ça, à l'art.
03:34Et on pensait pas que...
03:37Enfin, je ne pensais pas que j'allais être en train d'en parler 15 ans après, là, chez vous.
03:43Donc c'est une belle histoire finalement.
03:44C'est une très belle histoire.
03:46Et donc 59 millions plus tard, vous choisissez Michel Berger et France Galles.
03:50Oui, alors...
03:51Déjà, pourquoi pas avant ?
03:53Il y a tellement de choses à faire.
03:55Il y a quand même un numéro Le Dîner de Con et un numéro Daniel Prévost.
03:58Et rien sur Michel Berger et France Galles, on aurait pu se dire...
04:01Ouais.
04:03Et ouais, et ouais, et ouais, et ouais.
04:05Il y avait du bon moment d'attente.
04:07Ouais, non, mais il y a deux trucs.
04:08Il y a deux trucs qui sont un peu...
04:09C'est pas tendu, mais c'est une tension rédactionnelle, éditoriale.
04:14C'est...
04:14On essaie quand même, dans la mesure du possible, d'avoir...
04:18Excusez-moi, ça va être un peu glauquement, c'est la vie.
04:21On essaie d'avoir les vivants en premier.
04:28Donc quand on a commencé Schnock, Michel Berger était décédé depuis 92, donc ça faisait
04:34bien longtemps.
04:35France Galles était encore vivante.
04:36Mais France Galles était totalement inatteignable.
04:40Et moi, ça m'a...
04:41Bon, j'ai essayé.
04:43Bon, je savais que c'était pas possible.
04:44Et surtout pour avoir une interview un peu schnockienne.
04:46Même si je voyais que...
04:47D'ailleurs, je le dis dans ce numéro, qu'elle donnait des interviews sur la fin de sa vie
04:51qui étaient complètement folles, quoi.
04:53Parce qu'elle lâchait un peu les chevaux.
04:57Je sais pas comment on dit.
04:59Donc c'était intéressant.
05:00Mais bon, c'était un peu dur.
05:01Et puis nous, on avançait de notre côté.
05:03On avait plein de trucs à faire, à choper Pierre Richard.
05:06Enfin, c'est un trimestriel.
05:07Donc on n'a pas la...
05:09On n'a pas la souplesse d'un mensuel, par exemple.
05:12Quand on fait un truc, c'est trois mois, quoi.
05:15Donc...
05:16Et c'est toujours avec des dossiers très approfondis, en plus.
05:19Voilà.
05:19Sur chaque...
05:19Voilà, on essaie de donner le meilleur de nous-mêmes.
05:23Préférence.
05:26Voilà.
05:31Après, c'est des enchaînements aussi.
05:33C'est-à-dire qu'à un moment, on fait, par exemple, une couve ciné.
05:37Cinéma, je veux dire.
05:38Qui est notre cœur de métier.
05:42On a beaucoup de propositions cinéma.
05:44Après, on fait une couve musique.
05:46Après, on fait une couve un peu...
05:47Alors, on a fait politique.
05:48On a fait Pompidou.
05:50Littérature.
05:51Comique.
05:52Il faut aussi qu'il y ait une espèce d'équilibre.
05:54Femme-homme, dans la mesure du possible.
05:56Donc, tout ça aussi répond à des motivations qui sont internes.
06:03Parfois, c'est de l'actualité.
06:04On a fait OSS 117.
06:06C'est ça.
06:06J'allais vous demander.
06:07En ce cas, justement, avant, il y avait plus des numéros très années 70.
06:11Ouais.
06:11À fond.
06:11Enfin, 60-70-80.
06:13Mais là, on a fait l'OSS parce qu'on fêtait les 20 ans d'OSS et qu'il y
06:16avait une fenêtre.
06:18Et puis, moi, ça m'intéressait de tenter les années 2000 pour voir si le lectorat de Schnock historique répondait.
06:25Il n'y a pas eu trop de problèmes.
06:27Salut.
06:30Et donc, ça dépend aussi de cet enchaînement.
06:33Donc là, pour revenir à Michel Berger et France Galles, c'est l'an dernier, pour être tout à fait
06:37précis.
06:39L'an dernier, j'ai rencontré...
06:43Enfin, je ne sais pas, j'ai rencontré...
06:44Je vois régulièrement Yves Bigot, qui est un grand personnage médiatique français, qui ne peut pas être là ce soir.
06:53Quant animateur de radio, directeur de label, directeur de TV5.
07:02Désormais, quel bordel, là, Luc.
07:04Bravo.
07:05C'est un 17 sur 20.
07:09Et donc, je rencontre Yves, et on parle de choses et d'autres.
07:12Enfin, il a écrit beaucoup de papiers.
07:15Je lui dis, qu'est-ce que tu as en gros, qu'est-ce que tu as en biscuit, quoi
07:18?
07:19Il me dit, j'ai une vieille interview de Berger qui est plus ou moins inédite, quoi.
07:26Je dis, ah, ça m'intéresse.
07:26Et j'ai aussi un peu de France Galles.
07:28Et puis, je pourrais peut-être te choper.
07:29Mais dis-moi, je dis, attends, attends, attends, attends.
07:32OK, on y va.
07:33Mais tu m'envoies tout ça et on voit un peu de ça.
07:36Et donc, c'est parti comme ça.
07:37Ça, c'était il y a un an.
07:38Donc, c'est pour dire que c'est des...
07:44Travaux de longue haleine.
07:45Voilà, c'est des trucs.
07:47Et donc, il m'envoie tout ce qu'il avait, quoi.
07:52Et donc, là, je me dis, allez, on y va.
07:55Et ça tombait bien parce que déjà, dans ma tête, si on avait fait Jeux d'Assin à Noël,
08:02OSS, Berger, France Galles, bon, ça...
08:05On a fait beaucoup, beaucoup de cinéma.
08:07On a fait la boue avant.
08:09J'ai vu qu'il y a Echela qui était fan, maintenant, de Schnock
08:11et qui vous cite sur tous les plateaux télé depuis son numéro.
08:15Echela, elle est tellement fière.
08:18Non, mais c'est fou, cette histoire.
08:20Ou si tu es sur France 5, partout.
08:21Elle est très fière d'être Schnock.
08:23Non, mais attends, s'il n'y avait que d'Echela, hein...
08:27Hein ?
08:28Toi, tu rigoles, toi, je te connais, toi.
08:31Fan de Echela.
08:32Non, non, s'il n'y avait que d'Echela, ça serait formidable.
08:34Elle était tellement...
08:35Non, mais surtout, ce qui était très intéressant avec Echela,
08:37c'est qu'en fait, on va revenir aux 15 ans de la revue.
08:41S'il y a 15 ans,
08:43et je pense que j'ai dû le dire au tout début de Schnock,
08:48et j'ai dû le dire à Echela qu'on avait fait un lancement pas loin d'ici,
08:52je lui ai dit, vous savez, il y a 15 ans,
08:56j'avais dû dire, François Zardy, oui, en couvre, Echela, non.
09:01Parce que dans ma tête, machin.
09:03Et en fait, voilà, les années passant,
09:05et surtout grâce à une journaliste qui s'appelle Sophie Delassin,
09:08qui m'a vendu Schela, qui m'a survendu Schela même,
09:11déjà l'interview, ce qui n'était pas évident aussi,
09:14et puis après, il y avait tout un dossier qui était possible,
09:16que je n'avais pas vu, en fait,
09:17en dehors de la qualité intrinsèque, artistique, musicale, esthétique de Schela.
09:21Enfin, il y avait la rumeur de, lancée par Carrère,
09:27enfin, pardon, il dit, sur, est-ce que c'est un homme ou pas.
09:32On a réussi à voir Nile Rodgers de Chic.
09:35Nile Rodgers de Schnock, les mecs, putain.
09:38Ouais, non, mais bon.
09:39Tout ça, j'ai fait, OK, allez, on y va, on y va, parce qu'on y va.
09:43Et après, je ne l'avais pas rencontrée à elle,
09:46et bien après, on a fait un lancement, je t'ai rencontrée,
09:47et c'est un sacré personnage, elle est hyper Schnock.
09:50Donc, il m'arrive de changer d'avis.
09:52Enfin, je l'attends sur, pas tout le monde.
09:55Mais il m'arrive de changer d'avis sur ce genre de dossier
09:57quand on me convainc que Schela est possible, par exemple.
10:00Alors qu'au début, j'aurais dit, no way.
10:02No way.
10:04Et la politique, vous en faites, je crois qu'il y a un numéro Pompidou.
10:06Ouais, il y a un numéro Pompidou, ouais.
10:08Mais est-ce que c'est plus par nostalgie des années Pompidou, justement ?
10:11Non, moi, je n'étais pas, non, moi, je...
10:14Pompidou est mort, je suis né.
10:15Ouais, mais de nostalgie de l'époque, on n'a jamais vécu, mais...
10:19Je suis né en 1974, Pompidou est mort en sachant que j'allais naître, en fait.
10:27Donc, je n'ai rien à voir avec Pompidou.
10:30Enfin, je ne l'ai pas connu.
10:31À la limite, ce serait plus cohérent.
10:32Moi, je suis plutôt un enfant de Mitterrand.
10:36Non, Pompidou, cela dit, en trêve de plaisanterie, Pompidou a un intérêt, j'allais dire iconographique,
10:48mais on dirait aujourd'hui iconique, c'est-à-dire que c'est devenu en dehors de tout ce que...
10:52Bon, il a fait des choses, mais il ne faut pas...
10:59Il ne faut pas dire que son règne, entre guillemets, a été marqué par de grandes décisions,
11:03même si dans le fond de la société française, ça a été très important,
11:07mais il n'y a pas eu de changement majeur comme chez Mitterrand ou même chez Giscard.
11:12Mais Pompidou a donc de ça intéressant qu'il est...
11:15Il y a tout le lifestyle, si tu veux, de Pompidou joue au flipper,
11:19Pompidou joue à la pétrole, Pompidou en vélo, Pompidou...
11:22Comme Chirac, elle a eu...
11:23Oui, non, je suis bien habillé, j'ai mon petit coulo lacoste,
11:26j'ai une belle femme, je fais de la pêche à la moule, enfin bref.
11:31Donc, il y a tout ce truc qui est hyper instagramisable, quoi.
11:35C'est ça qui m'a intéressé au début et après, évidemment, creusé un peu la politique.
11:40Avec cet avantage qu'a Pompidou, c'est qu'il n'a pas de casserole énorme,
11:43à part l'affaire Markovitch, mais je défie quiconque ici de m'expliquer
11:50un truc compréhensible dans l'affaire Markovitch.
11:54C'est la seule casserole qu'il a, et donc, c'était un peu easy pour nous
11:57d'aborder Pompidou sous l'angle...
12:03Et j'ai trouvé surtout une très belle interview de Pompidou,
12:07alors qu'il était premier ministre, où il ne parle que d'art, tu vois,
12:09c'était un esthète un peu, tu vois.
12:13Et là, ça a déclenché aussi le truc.
12:15Mais après, si on doit faire de la politique, il faudra s'attaquer à d'autres roublards, quoi.
12:22Chirac, Montéran, tout ça sont...
12:23Je ne suis pas sûr que le schtok Sarkozy marche très bien sur la jeune génération.
12:26Ah, écoute, je ne sais pas, il faudra...
12:27Pour les années 2000.
12:28Je ne serai plus là, malheureusement.
12:30Et comme vous n'avez pas l'interview centrale qui justifie le thème du sujet,
12:35comme là, par exemple, la France...
12:36Ah oui !
12:36Là, vous avez l'interview de Michel Berger, mais France Gall, il est une interview imaginée, complètement.
12:40Non, ce n'est pas imaginée, non.
12:41Enfin, c'est recréé, mais recréé comme un patchwork, en fait,
12:44d'interview existante, et c'est un assemblage d'interview existante de France Gall,
12:49de telle sorte que ça fait une sorte d'anthologie,
12:52enfin, l'interview idéale, l'ultime de France Gall.
12:54Je me demandais comment vous procédiez, justement, pour faire...
12:57Là, c'est nouveau, c'est la première fois que je fais ça.
13:00Ok.
13:01J'ai été inspiré par un livre qui est sorti il y a six mois, sur Mastroianni,
13:06qui est une compilation d'interviews de Mastroianni reconstituées comme un ensemble cohérent,
13:12et ça marche à fond, quoi.
13:14C'est ça, je serais bien aussi.
13:17Et je trouve dommage qu'on n'ait pas un truc plus consistant sur France Gall,
13:21parce que c'est un personnage, moi, qui me fascine beaucoup.
13:27Et donc, j'ai lu, je ne sais pas, 60 ou 70 magazines,
13:32j'ai coupé, j'ai...
13:33C'est un boulot monstrueux, hein.
13:36Je te conseille la personne.
13:37C'est ça, on sent le travail d'archiviste derrière...
13:39Oui, mais je le fais parce qu'il y a la passion, monsieur.
13:42Je sais qu'au bout du compte, moi-même, je vais satisfaire ma curiosité.
13:46Mais du coup, chez vous, vous avez des titres de presse depuis les années 70 ?
13:48Non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non.
13:53Non, là, on a eu du bol.
13:55C'est qu'il y a un...
13:57Il y a un site de fans sur Internet de France Gall.
14:02OK.
14:04Alors, je ne sais pas si c'est un mec ou une fille,
14:05le mec scanne tout depuis 1963, quoi.
14:08OK.
14:08T'as tout.
14:09Donc, c'est là, t'as précédent.
14:11C'est comme si t'étais à Beaubourg, c'est dans des archives de...
14:14Il y a le même sur Véronique Sanson, d'ailleurs, dont le responsable est juste devant moi.
14:20Ça, c'est eux, les vrais passionnés.
14:21Moi, je suis âge au gland, je fais, tiens, ça, c'est intéressant, tout ça.
14:25Mais c'est eux qui scannent, qui se lèvent le matin.
14:27Même les visuels du porte-clé.
14:28Avec leur vieux podium et leur vieux OK magazine.
14:31Attends, je vais scanner ça, putain.
14:33Une recette d'omelette de France Gall.
14:35Là, on a la photo du porte-clé de France Gall dans la tenue qu'elle avait pour poupée de
14:40cire, poupée de son à l'Eurovision.
14:41On a même le tirage qui a 15 000 exemplaires, pas plus, pas moins.
14:44Et vraiment, il y a toutes les infos, mais il y a des détails.
14:46Mais ça, c'est sans l'infos, j'adore.
14:47Oui, mais c'est ce qui fait la saveur de choc aussi, c'est les petits objets de l'époque.
14:52Il y a aussi un manga dans les années 70 qui s'est consacré à la relation, au triangle amoureux
14:58entre Michel Berger, France Gall et Véronique Sanson.
15:02On a une planche, c'est assez fascinant.
15:06Donc, je ne sais pas.
15:09Non, on est comme ça.
15:10Alors, c'est pas...
15:13Là, on a du bol.
15:14Et sur Pompidou, d'ailleurs, je dois dire aussi qu'on s'est servi, entre guillemets, à...
15:19Il y a un institut Pompidou qui garde tout sur Pompidou, donc tu as une documentation qui est là.
15:23Tu n'as qu'à gratter, quoi, en fait.
15:25Ce n'est pas tout le temps.
15:27Mais quand c'est là, il faut en profiter.
15:29C'est merveilleux d'avoir tout comme ça.
15:33D'un seul coup, ça te donne une ouverture, surtout sur un personnage comme France Gall, finalement, qui a toujours
15:43été pour moi assez mystérieux, qui ne parlait pas beaucoup, sauf à la fin, comme je le disais.
15:48Et là, d'avoir tout d'un seul coup, donc de 63 à 2015, quasiment, tu arrives à voir, à
15:55balayer le personnage, entre guillemets.
15:57Au départ, Yves Vigo, la première phrase qu'il écrit, c'est que Michel Berger a inventé France Gall en
16:01faisant une muse.
16:02Et c'est vrai que ça peut paraître assez dur au regard du reste du dossier.
16:05On voit que France Gall...
16:06Je laisse Yves Vigo, qui n'est pas le premier ce soir, mais je ne suis pas forcément d'accord
16:11avec lui sur cette phrase.
16:13Mais chacun dit...
16:14Alors ça, c'est un autre aspect très intéressant que je laisse au mieux dans la revue, c'est que
16:19chacun...
16:20Il est ses contributeurs.
16:21Ouais, laisse un peu, pense un peu ce qu'il veut de leur sujet.
16:25Je ne suis pas là à dire, attends, je le dis en privé.
16:27Je suis là, mais je ne sais pas, non, mais je le laisse.
16:29En tant qu'il y a une vraie liberté de tondre dans chaque contributeur.
16:33Et il y a évidemment, justement, des petites pastilles amusantes, comme vous dites, le porte-clés, il y a le
16:37bas d'Imm dans celui-ci,
16:39il y a une pub Samsung qui met en avant les Twin Towers, il y a tout un tas de
16:42petits aspects qui, entre les articles, font...
16:46Ça, c'était des dénus, en fait.
16:47De toute façon, quand tu t'appelles schnock, déjà, tu ne peux pas...
16:51Enfin, il faut choisir un autre nom, quoi.
16:52Il faut choisir Valeurs Anciennes ou...
16:56Tradition et...
16:56Oui, tradition et saucisson.
17:00Quand tu t'appelles schnock, si tu ne déconnes pas, tu trahis ton lecteur, quoi, tu vois.
17:06Mais ce n'est pas que ça.
17:07On a toujours pris des choses très au sérieux, mais au pic du sérieux, j'aime ajouter une petite touche,
17:18soit d'humour, soit d'absurde.
17:20On est très aussi dans l'absurde.
17:23Et voilà, ce qui donne du sel et surtout, ce qui manque énormément.
17:27Alors, je ne critique pas les confrères, mais c'est vrai que c'est quelque chose qui manque énormément dans
17:34la presse française, quoi.
17:35L'humour, le sel et la légèreté.
17:37Alors, je ne dis pas le boum boum, machin, la grosse rigolade, mais l'esprit, tu vois, juste ça, c
17:46'est très dur de l'en trouver encore aujourd'hui dans n'importe quoi.
17:49C'est lequel, justement, le schnock dont vous êtes le plus fier pour son esprit après 15 ans ?
17:54Fier, c'est un mot que je n'aime pas beaucoup.
17:57S'il y avait un numéro ?
18:01Je ne sais pas.
18:04Si, il y en a un que j'aime bien et qui a un peu...
18:07Le premier, Marielle, évidemment, c'est le premier et qui est encore notre meilleure vente aujourd'hui.
18:13Mais le cinquième, c'est sur Le Père Noël est une ordure.
18:16Et là, je pense qu'on a...
18:18C'était la première fois qu'on se concentrait sur une oeuvre, pas sur un personnage, tu vois, pas sur
18:24un artiste, sur une oeuvre.
18:25On l'a fait quelques fois.
18:26Et là, ça a été...
18:28En plus, ça a été hyper bien reçu par la presse à l'époque.
18:33Et c'était vraiment exactement ce que j'avais imaginé de la revue, quoi.
18:38C'est-à-dire fouiller un film, bon, qui était cul déjà à l'époque, mais il n'y avait
18:43pas vraiment de presse autour de ça.
18:44Il n'y avait pas vraiment d'analyse à part...
18:47Et là, on a réussi, je trouve, à imposer notre touche plus particulièrement sur ce numéro-là.
18:56Et j'ai un autre numéro que j'aime beaucoup.
18:57C'est Mireille Dark, pour plein de raisons, parce que je n'y croyais pas et que je suis à
19:06l'interview avec Sylvain Perret pour Schnock.
19:09Et que, pareil, j'ai eu l'impression...
19:13Enfin, je n'ai pas eu l'impression.
19:15J'ai tout fait pour qu'on mette à sa vraie hauteur le talent de cette comédienne qui a été
19:24complètement sous-estimée.
19:26En premier lieu, par elle-même.
19:28Donc, c'est...
19:29Et c'est ce que montrait bien l'interview.
19:31Et c'était quelqu'un de formidable.
19:33Comme je parle comme Michel Drucker.
19:37C'est formidable de vous recevoir.
19:38Très mystique.
19:39Et ma dernière question...
19:41J'adore les chiens.
19:42Vous aimez les chiens ?
19:43J'aime beaucoup les chiens.
19:44On a fait un numéro sur Drucker.
19:45Oui, c'est justement...
19:47Et on a réussi à le...
19:48À le twister, quoi.
19:50À le schnockiser, quoi.
19:51C'est ça aussi qui est intéressant.
19:52Vas-y, excusez-moi, t'as une question.
19:53Et ma dernière question, là, on a eu le centenaire de Marilyn, dont on a eu les grandes icônes.
19:56S'il y avait un schnock à faire sur une personnalité qui ne soit pas française ?
20:01Ah ! Une question intéressante.
20:03Vous avez parlé de Night Rogers tout à l'heure.
20:05C'est...
20:05Ouais, non, là, c'est...
20:06Je pense que Marine, c'est un peu tard pour la période.
20:08C'est la ruine de la tango, là, je pense.
20:10Moi, je veux bien.
20:12Non, non, alors, c'est là aussi, c'est important.
20:14Parce que moi, mon fond de commerce d'habitude, c'est plutôt le rock et la musique, quoi.
20:18Je ne suis pas...
20:19Je suis en touriste, un peu.
20:21Non, non, non, je ne ferai pas ça à nos actionnaires.
20:26Non, alors, c'est intéressant, cela dit.
20:29Parce que c'est une problématique qu'on a depuis le début d'un point de vue littorial.
20:34On essaie de s'étendre à l'étranger, mais si on s'étend à l'étranger, on va casser.
20:38Alors, du coup, en plus, maintenant, on est numéro 59.
20:39On n'a jamais fait de coups étrangères, sauf Claudia Cardina, à la limite.
20:43Mais évidemment qu'elle est à 50% française.
20:47Donc là, aujourd'hui, ça serait casser la charte, quasiment.
20:50Ça serait une bêtise.
20:51Donc, à la limite, ce serait un hors-serré.
20:52Oui, je pensais qu'il fallait le faire.
20:54Il faudrait, je ne sais pas...
20:58On a...
21:00Je n'y croyais pas, donc on ne l'a pas fait.
21:02Mais à un moment, on a effleuré l'idée de faire James Bond.
21:05Donc, que ce soit Sean Connery ou Roger Moore, ça aurait été possible.
21:11Ou Marcello Mastroianni.
21:13Voilà.
21:17Ça n'est pas allé plus loin.
21:20Ou en anglais, mais bon, la Jasmine, c'est en anglais.
21:25Le cinéma américain est tellement couvert, même le cinéma des années 70-80,
21:30est tellement couvert par d'autres aussi médias français.
21:33Si tu n'as pas les interviews des mecs, si tu n'as pas des informations de première main et
21:37tout ça...
21:39Une fois de plus, je ne vais pas dire du mal des confrères, mais ce n'est pas intéressant.
21:43Si tu n'as que des mecs qui font des analyses de films sans avoir de témoignages...
21:48Moi, c'est bien un peu, mais quand tu n'as que ça, ça tourne en rond.
21:55Voilà.
21:56D'accord.
21:57Et vous pouvez déjà dire le thème du prochain numéro ?
22:00Le prochain numéro, c'est...
22:03Non, je ne peux pas le dire.
22:04C'est secret.
22:05D'accord.
22:07Et bien, parfait.
22:08Merci beaucoup Alistair.
22:09Merci à vous.
22:09On peut vous applaudir.
22:17Est-ce qu'il y aurait une ou deux questions du public
22:20avant d'aller signer son nouvel exemplaire de Schnock ?
22:25Monsieur ?
22:25Comment vous voyez, en fait, le numéro que vous avez fait ?
22:28Est-ce que je vous ai découvert par le numéro sur l'esprit canal, en fait, comme ça, en passant
22:33à une librairie ?
22:34C'était assez particulier, est-ce que c'était, au final, par attaché à une personne, plus à une entreprise,
22:38on dirait, à une époque ?
22:40Sans rentrer dans tout un truc, mais sur une entreprise qui existe encore.
22:43Comment vous voyez ce numéro, en fait ?
22:44Je trouve que c'est plus atypique et en même temps, il était extrêmement intéressant.
22:48Là, pour le coup, on avait vraiment la première main sur des gens qui, pourtant, en fait, en être méchant
22:52avec eux, se racontent beaucoup, en fait.
22:53C'est tout, on a l'impression, sur les protagonistes.
22:59Oui, c'est un sujet, c'est un sujet passionnant, canal, j'ai pas besoin de l'expliquer, mais on
23:05fait très peu de télé, enfin, en Couve, on a fait Tchernia, Canal, Drucker.
23:12Déjà, parce que la télé, ça vieillit très, très, très, très mal, enfin, même si maintenant, on voulait faire Jacques
23:17Martin ou Philippe Bouvard ou...
23:20Les gens s'en rappellent plus du coup, alors.
23:21Déjà, oui.
23:23Mais Canal, déjà, c'est plus proche de nous.
23:27Et puis, là, il y a une vraie histoire.
23:33Après, si tu veux, quand tu...
23:36D'un point de vue historial, il y a un storytelling derrière, une histoire de...
23:41Il y a une histoire derrière Canal qui est passionnante.
23:43On pourrait faire, je pense, parce que moi, ça serait moins cool.
23:48Mais par exemple, le TF1 des années 80-90, c'est aussi une histoire culturelle, quasiment socio-culturelle, avec des
23:58gens qui sont encore vivants, dont on pourrait parler, tu vois.
24:00Mais Canal, comment ne pas faire Canal, quoi ?
24:03Mais...
24:10La 5, ça ne ferait pas une couvre, par exemple.
24:12Mais toute l'histoire de la 5, de Berlusconi et tout ça, je pense que ça serait intéressant de faire
24:16au moins un papier.
24:18Voilà, après, on l'a traité comme on pouvait le traiter.
24:22Et on a de la chance, parce que beaucoup de gens d'anciens de Canal nous ont à la bonne.
24:26L'Escure, Chalumeau, De Cône, patati patata.
24:30Donc ça, c'est bien pour les témoignages.
24:31On les a de façon un peu plus facile.
24:35Et ils nous parlent, je pense que c'est aussi un peu le...
24:40C'est pas une qualité, c'est un peu...
24:42Ils nous parlent à nous comme ils ne parleraient pas à Télérama, je pense.
24:49Ils savent à qui ils parlent, tu vois.
24:50Ils parlent à Schneck, quand ils ne parlent pas.
24:53J'ai rien contre Télérama.
24:55J'en pense.
24:55On revient à la légèreté du ton et de les magazines.
24:59Non, mais surtout, c'est encore plus profond que ça.
25:04C'est-à-dire que j'ai même pas besoin de...
25:07Les mecs, c'est-à-dire qu'ils parlent à Schneck, qu'ils ne parlent pas,
25:10ils sont dans une espèce de langage off, finalement.
25:15Même si ça va finir on, mais ils ne parleraient pas comme ça à tout le monde.
25:20Tous étaient déjà lecteurs de Schneck, non ?
25:23Certains, oui.
25:26Deuxième question.
25:28Monsieur ?
25:29Moi, j'en ai une pièce de questions, mais j'avais trouvé assez intéressant,
25:34quand vous parliez, quand vous avez commencé à faire le plan d'un film dure,
25:37il y a eu le numéro suivant qui, en fait, n'était pas centré sur une personne,
25:40mais sur une œuvre, qui permet après de rayonner sur les collectifs,
25:46donc sur les gens qui ont participé.
25:48Je n'ai pas en mémoire toutes les couvertures, mais je crois qu'un type de personnage qui peut être
25:51trop abordé,
25:52c'est les réalisateurs.
25:53Sans doute parce que c'est moins facile, parce qu'ils n'ont pas d'image,
25:56enfin, ils sont beaucoup plus rares à représenter,
25:58parce que, soit, je crois que c'est les interacteurs eux-mêmes,
26:00mais il y a peut-être quand même dans les réalisateurs,
26:02alors ce n'aurait pas encore plus, tout le monde aura plus de 3,3%,
26:05mais il n'y aura peut-être rien d'avoir.
26:06Un truc un peu pareil que sur une autre donnée, sur un réalisateur.
26:10Je suis complètement d'accord avec vous.
26:14Il y a le problème de la coupe, enfin, le problème, ce n'est pas un problème.
26:17Et c'est typiquement le réalisateur, à part quelques-uns qui ont des images très marquées,
26:20mais il y en a beaucoup qui ne se représentent pas ou peu.
26:25Et moi, je dis souvent, par exemple, je ne finirais pas cette série sans avoir fait un Chabrol.
26:30Et à tel point que je suis un grand fan de Claude Chabrol.
26:34Et je me restreins tellement sur Chabrol depuis 59 numéros
26:38qu'il n'y a rien quasiment sur Chabrol, sauf un peu dans le UPR.
26:43Parce que je me dis, attends, on va faire un spécial Chabrol,
26:46mais quand est-ce qu'on va le faire, quoi ?
26:51Et...
26:51Je pense que Chabrol, beaucoup de gens se le représentent.
26:54Exactement.
26:55Et ça aussi, ben ouais, mais tu peux...
26:56Alors Melville, un peu aussi.
26:58Melville, il n'y a plus grand monde aussi.
27:00Il y a beaucoup de choses sur Melville.
27:02Je trouve que Chabrol, en revanche, est un peu retombé dans...
27:06Pour plein de raisons, notamment les rééditions et tout ça, problématiques.
27:11Mais chez Chabrol, il y a un truc à faire à mort, quoi.
27:13Même Piala.
27:14Enfin, puis Chabrol, il y a encore pas mal de gens qui peuvent interviter...
27:18Exactement.
27:19Non, non, mais c'est...
27:20Je vois ça, hein.
27:22Je vois.
27:25On va mettre une petite boîte à idées, si vous voulez, pour la soirée, à côté de la caisse,
27:28pour les prochains numéros.
27:30Merci beaucoup.
27:31Et on peut vous applaudir à nouveau.
27:34Merci.
27:35Merci beaucoup, Gaby.
27:41Et donc maintenant, on a sorti une table au milieu de la librairie,
27:44pour pouvoir signer l'ouvrage et prendre un petit verre.
27:46Voilà.
27:47Pour célébrer.
27:48Merci beaucoup.
27:48Merci beaucoup.
27:49Merci.
27:49Merci.
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