00:03Avant le passage en clinique, la qualité des modèles pré-cliniques est déterminante et c'est
00:09précisément sur ces modèles que de nouvelles approches se développent, parmi elles les organes
00:14sur puce. Pour en parler, j'accueille Adriana Thomas, responsable des partenariats stratégiques
00:20chez Netri. Bonjour et bienvenue dans Santé Futur Adriana. Bonjour, merci pour votre accueil. Pour
00:26commencer, tout bonnement, comment fonctionnent vos organes sur puce ? Vous êtes venue avec
00:30d'ailleurs. Je vais peut-être rappeler rapidement ce que Netri, je représente Netri, une société
00:37lyonnaise qui développe des organes sur puce. Nous avons été créés en 2018 et nous sommes
00:43basés à Lyon dans le biodistrict de Gerland. Nous développons des organes sur puce pour
00:48la recherche en santé. Nous développons des organes sur puce pour la recherche en santé
00:53et donc effectivement les organes sur puce font partie des nouvelles approches méthodologiques
00:59dont vous venez de parler, les NAMS. Et donc chez Netri, nous sommes une équipe de 40 personnes
01:06avec des compétences plus disciplinaires en ingénierie, biologie et analyse de données. Donc
01:12toute cette complémentarité de compétences nous permet de développer les dispositifs
01:18d'organes sur puce, mais aussi les applications. Donc qu'est-ce qu'un organe sur puce ? En fait,
01:22c'est une plaque de laboratoire comme celle-ci que nous développons, qui s'appelle un néo-bento.
01:27Et donc dans cette plaque, nous venons cultiver des cellules humaines, dans notre cas des neurones.
01:34Et nous venons avec les dispositifs. Je ne sais pas si vous pouvez voir s'il y a des électrodes
01:38ici pour venir. On devrait, je ne sais pas comment mettre pour les voir. Donc on devrait les électrodes
01:45qui nous permettent de mesurer l'activité électrique de ces neurones. Donc on expose les neurones
01:50à des molécules que les sociétés pharmaceutiques développent. Donc ces neurones vont agir de manière
01:57différente. Donc nous accueillons, nous enregistrons ce signal et ensuite avec des algorithmes
02:06d'intelligence artificielle, nous utilisons les données pour les analyser et les comparer entre elles.
02:13Qu'est-ce que ça permet de voir finalement que les méthodes classiques ne permettent pas plus exactement ?
02:20Donc notre technologie est un peu plus particulière qu'un puits classique de laboratoire parce
02:26qu'on a une compartimentalisation. Donc ça nous permet d'avoir, donc typiquement notamment
02:32pour les neurones, une séparation.
02:34Parce que vous utilisez les neurones comme capteurs.
02:36Comme capteurs, tout à fait, exactement. Donc le neurone est un capteur biologique.
02:40Donc le neurone, il a, pour ceux qui se rappellent un petit peu de la biologie du lycée,
02:45donc il a un corps cellulaire et après ce qu'on appelle un axone.
02:48Donc ça nous permet que cet axone, il passe à travers des micro-canaux et donc on sépare
02:55le corps cellulaire de l'axone. Donc on peut stimuler à la fois le corps cellulaire et
03:00regarder comment l'information est propagée au travers de l'axone ou on peut stimuler l'axone
03:05et on voit comment l'information est propagée vers le corps cellulaire.
03:09Et donc dans notre corps, les médicaments, ils peuvent toucher soit les terminaisons,
03:16si par exemple on a une peau innervée, s'il y a des neurones qui viennent innerver notre peau.
03:21Donc si on applique un médicament ou une crème, un traitement sur la peau,
03:27ça peut avoir une interaction en périphérie avec ces terminaisons de neurones.
03:31Et ça c'est tout à fait inédit.
03:32C'est tout à fait inédit parce qu'on a cette séparation entre l'axone et le corps cellulaire
03:38qu'on peut stimuler de manière séparée.
03:40Oui. Et alors pour un laboratoire pharmaceutique, qu'est-ce que ça change dans l'évaluation d'un médicament candidat
03:48?
03:49Donc nous intervenons sur deux aspects avec les laboratoires pharmaceutiques.
03:54Donc on recherche pré-clinique, donc avant les phases cliniques,
03:58donc avant d'aller étudier la molécule chez les patients.
04:03Donc c'est à la fois pour regarder l'efficacité du traitement, donc en drug discovery,
04:10et aussi dans ce qu'on appelle la pre-clinical safety, donc la sécurité pré-clinique,
04:16pour regarder si la molécule qui est en train d'être développée,
04:22on a peut-être vu qu'elle a une certaine efficacité contre telle ou telle maladie,
04:27mais ça se trouve qu'il y a des effets secondaires, des effets indésirables,
04:32qu'on ne voudrait pas que cette molécule passe en clinique chez les patients.
04:37Et est-ce que vous avez un exemple concret d'un médicament testé sur vos puces à nous donner ?
04:43Donc aujourd'hui, le programme le plus avancé, c'est ton oncologie.
04:47Donc on parle des neuropathies chimioinduites,
04:51donc des neuropathies induites par certains traitements chimiothérapiques.
04:57On connaît aujourd'hui beaucoup de molécules, donc des traitements qui sont donnés chez les patients,
05:01qui induisent ces neuropathies en clinique.
05:04Donc aujourd'hui, nous avons réussi à reproduire dans nos dispositifs
05:08et analyser les signaux de différentes classes de traitement.
05:15Donc ce sont des résultats connus.
05:17C'est pour prouver que notre méthode alternative aurait pu prédire
05:22certains effets secondaires en avance.
05:28Et là, vous avez déjà des résultats.
05:30Deux phases, et c'est des résultats qu'on commence à avoir.
05:35Pardon, ça c'est une application spécifique, donc NETRI avec les dispositifs que je vous ai montrés.
05:40Nous développons dans notre unité de production à Gerland ces dispositifs qui sont produits à Gerland.
05:46Et nous nous concentrons sur trois types d'applications,
05:50donc en oncologie, en neurologie et en dermatologie.
05:54Donc c'est à la fois développer les dispositifs et aussi des applications sur lesquelles nous n'avons pas les
06:03mêmes échelles de maturité.
06:08Donc les dispositifs sont matures, mais les applications en elles-mêmes n'ont pas le même niveau de maturité
06:13et le même niveau de preuves qu'on doit apporter.
06:15Et alors justement, dans quelle mesure cette meilleure prédictivité permet-elle de gagner du temps dans le développement ?
06:23Donc c'est gagner du temps à la fois en termes d'efficacité pour savoir si un médicament doit être
06:32avancé ou pas,
06:33s'il y a des risques associés.
06:35Mais ça permet de repérer plus tôt en fait un médicament à risque.
06:39Et donc il y a des exemples, de nombreux exemples dans différentes pathologies
06:44où des médicaments sont arrivés jusqu'à, par exemple, en phase 2 clinique.
06:49Et donc le coût du médicament pour arriver jusqu'en phase 2, il est très cher.
06:52Je n'ai pas de chiffre en tête pour vous dire exactement le coût que ça implique pour arriver en
06:56phase 2.
06:57Mais donc cette molécule a été retirée du marché par exemple.
07:01D'accord.
07:02A cause des effets secondaires et notamment l'honorapathie.
07:05Mais je ne vais pas le citer.
07:06Et qu'est-ce qui freine aujourd'hui ?
07:09Est-ce qu'on peut identifier des freins quant à l'adoption par l'industrie pharmaceutique ?
07:15C'est le coût, les habitudes, les besoins de preuves ?
07:18C'est les besoins de preuves principalement, mais ça vient de plus en plus
07:23parce qu'il y a les agences aussi réglementaires qui voient qu'il y a une limite
07:27entre les tests effectués aujourd'hui et les réponses obtenues sur les modalités utilisées aujourd'hui.
07:34Et donc ils encouragent aussi les discussions avec les développeurs de technologies comme la nôtre.
07:42Et donc il y a une passerelle entre l'industrie pharmaceutique qui est plus à l'écoute, on va dire,
07:50qu'avant.
07:54Et pour Netry maintenant, qu'est-ce qui va vous permettre de passer à l'échelle ?
08:00Donc aujourd'hui, on a trois grandes étapes pour suivre notre commercialisation à l'international.
08:10Pas seulement, donc continuer la commercialisation en France, en Europe, aux États-Unis et en Asie, notamment au Japon et
08:17au Singapour.
08:19Nous avons gagné l'été dernier le Golden Ticket de la société Amgen, qui a aussi une base R&D
08:29à Singapour, qui nous ouvre aussi des portes.
08:31Qui sont vos clients aujourd'hui ? Est-ce qu'on peut en citer quelques-uns ?
08:35Non, on ne peut pas citer les...
08:36Très bien. Dernière question, qu'est-ce qu'on ne peut pas encore observer sur une puce ?
08:44Aujourd'hui, sur les puces, on regarde de la fonctionnalité, mais ça n'est pas un organe qui reste assez
08:54complexe.
08:55Donc on fait simplisme, mais sans rester simple, pour ne pas avoir une complexité biologique trop importante que nous n
09:05'arrivons pas à reproduire.
09:07Mais au moins, est-ce que vous projetez de pouvoir observer autre chose ? C'est quoi l'étape d
09:10'après ?
09:10On utilise une neurone, et peut-être avec d'autres organes, comme de la peau, la peau énervée par exemple.
09:15Donc aujourd'hui, les trois grands axes sont dans l'oncologie, l'application qui est la plus avancée, en dermatologie
09:23et aussi en neurologie.
09:28Donc pour le traitement des cancers, pour le traitement de maladies neurologiques ou dermatologiques.
09:34Merci beaucoup. Merci Adriana Thomas, responsable des partenariats stratégiques chez Netry.
09:41C'est la fin de cette émission. Merci de nous avoir suivis sur Be Smart for Change.
09:44Merci.