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  • il y a 2 heures
L’IA, les nouveaux modèles précliniques, les données de santé et les partenariats industriels ouvrent de nouvelles perspectives pour accélérer la recherche et le développement en santé. Mais entre une découverte prometteuse et son arrivée jusqu’au patient, le parcours reste long et complexe. Quels sont les délais incompressibles ? Où se situent les véritables leviers d’accélération ? Décryptage avec Cécile Campagne, directrice de la valorisation et des partenariats industriels de l’Institut Curie, et Géraldine Farjot, directrice innovation de l’Institut du Cerveau.

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Transcription
00:04Bonjour à toutes les deux, bienvenue dans Santé Futur, ravie de vous recevoir.
00:07Merci beaucoup.
00:08Est-ce qu'on peut commencer rapidement par une présentation un peu plus en détail ?
00:12Bonjour, Cécile Campagne, je suis directrice de la valorisation et des partenariats industriels à l'Institut Curie.
00:17L'Institut Curie qui est une fondation reconnue d'utilité publique,
00:20qui rassemble un centre de recherche de renommée internationale et des hôpitaux situés à Paris, Orsay et Saint-Cloud.
00:28Géraldine.
00:28J'ai Géraldine Fargeau, la directrice d'innovation de l'Institut du cerveau,
00:32qui est aussi une fondation reconnue d'utilité publique,
00:35qui est en partenariat avec cinq organismes publics,
00:39donc l'Inserm, le CNRS, la PHP et Sorbonne Université,
00:44donc quatre, pardon, et la fondation Institut du cerveau, ça fait cinq partenaires,
00:48qui se sont regroupés autour de ce projet de recherche translationnelle sur le cerveau,
00:55ses pathologies, sa compréhension.
00:58Géraldine Fargeau, allons directement au cœur du sujet.
01:00Entre une découverte et son arrivée jusqu'au patient, où se joue aujourd'hui le temps long ?
01:05Alors, entre une découverte issue de la recherche fondamentale et une arrivée jusqu'au patient,
01:13déjà l'arrivée au patient ne peut pas se faire avec un seul acteur académique,
01:19en général ça va impliquer plusieurs partenaires, dont des industries qui vont amener le produit sur le marché,
01:26d'où l'intérêt de nos missions avec Cécile, qui sont de faire ce lien entre la recherche fondamentale,
01:36la détection d'innovations qui peuvent en émerger,
01:39et la création de partenariats ou l'émergence de projets d'entreprises qui arriveront.
01:47Le temps long se situe à tous les étages, il peut être au niveau déjà de la recherche,
01:56voire même de la détection des innovations et de la volonté de les amener à autre chose
02:03qu'un sujet de recherche, mais un projet de thérapie, ce qui ne va pas de soi forcément,
02:10ça demande d'avoir des organisations qui sont structurées pour accompagner ces développements-là,
02:16soit en interne, c'est ce que l'on fait nous à travers des unités d'innovation par exemple,
02:22qui sont dédiées à faire avancer les projets de recherche vers des innovations concrètes,
02:29et qui vont aussi favoriser le partenariat avec les industries qui seront possiblement les futurs développeurs,
02:38ceux qui vont réaliser le chemin du développement industriel,
02:43des essais cliniques qui permettront de valider les concepts,
02:49ou via la création de start-up, parfois c'est le chemin le plus efficace.
02:56On va pouvoir y revenir plus en détail.
02:58Cécile Campagne, le plus difficile commence après la découverte scientifique ?
03:03Alors à la fois après, mais aussi dans le changement des mentalités qui honnêtement est en cours,
03:08et c'est vrai que dans un endroit comme l'Institut Curie,
03:11où médecins et chercheurs se côtoient régulièrement,
03:14on a beaucoup plus facilement cette conscience que même en étant dans un laboratoire de recherche fondamentale,
03:22il y a quelque part un patient au bout qui pourrait bénéficier d'une nouvelle thérapie,
03:27d'une nouvelle modalité diagnostique.
03:29Et donc finalement, ça, ça facilite quand même l'acculturation,
03:32et cette idée de transférer ce qui vient du laboratoire vers l'industrie,
03:37pour que ça atteigne le patient.
03:39Mais c'est vrai que nous, on a commencé par beaucoup de pédagogie,
03:43beaucoup de formation de nos collaborateurs,
03:46pour leur expliquer comment on passait d'une découverte au marché,
03:51et puis aussi de faire réaliser aux gens qu'on peut avoir une découverte formidable,
03:57qui n'intéresse pas le marché.
03:58Et ça, c'est quelque chose qui est très dur à entendre,
04:00parce qu'un chercheur peut être depuis 20 ans sur un sujet,
04:04que ce sujet scientifiquement soit formidable, technologiquement soit formidable,
04:08mais qu'en face, il n'y ait pas de...
04:09Parce qu'il ne profitera pas au plus grand nombre ?
04:11Exactement.
04:12Ou par exemple, si on prend un test qui marche déjà extrêmement bien,
04:16qui est sur le marché, et qu'on l'améliore de quelques pourcents.
04:20Si ce test marche déjà à 95%, monté à 95,5%,
04:25ce n'est pas forcément intéressant, à moins qu'il soit moins coûteux,
04:29à moins qu'il soit avec une détection plus précoce de la maladie.
04:32Il faut qu'il y ait un avantage compétitif par rapport à l'existant,
04:35et ça, ce n'est pas une manière naturelle de penser dans le monde académique.
04:39Et c'est vrai que nos équipes sont aussi là pour amener ce regard
04:43que les chercheurs ne connaissent pas forcément,
04:45et les mettre un peu face à la réalité...
04:48Donc ils bénéficient aussi de formation.
04:49Exactement.
04:50Pour acquérir quel type de compétences ?
04:53Cette réalité de questions marché.
04:56Quand ils souhaitent rentrer dans un programme entrepreneurial,
04:59là, il y en a carrément un coaching vraiment très régulier des équipes,
05:03parce qu'être chercheur et être entrepreneur,
05:05ce ne sont pas les mêmes questions.
05:07Les temps sont différents, les questions sont différentes.
05:10Il y a aussi, en général, l'acceptation que pour monter une entreprise,
05:14il va falloir une équipe.
05:15Il va falloir des gens qui sont business,
05:17en face des gens scientifiques.
05:20Et donc, ça, ce n'est pas forcément des gens
05:22qu'ils ont dans leur propre réseau.
05:23Donc on va leur faire rencontrer des mentors,
05:25on va leur faire rencontrer des CIO potentiels,
05:27pour que cette équipe se crée
05:29et qu'on puisse aller jusqu'à la création de l'entreprise.
05:33Géraldine Fargeau, l'Institut du cerveau,
05:35cherche précisément à dérisquer les premières étapes
05:38et à faire monter les projets en maturité.
05:41Qu'est-ce qui sépare encore une bonne découverte
05:42d'un candidat prêt à entrer en clinique ?
05:45Alors, c'est marrant parce qu'on a exactement la même activité.
05:47Donc, ce que décrit Cécile, c'est qu'on a exactement les mêmes activités
05:50sous d'autres noms.
05:52Parfois, on a cette activité, par exemple,
05:55d'accompagnement à la création d'entreprises
05:57sous le nom d'un start-up studio qu'on appelle Neural.
05:59Mais c'est le même processus d'accompagnement
06:04sur la neurologie, bien sûr,
06:06versus le cancer là-bas.
06:09Et donc, ce qui sépare la recherche d'une innovation,
06:14c'est ce chemin industriel.
06:17Alors, moi, je le connais parce que j'ai vécu ça.
06:19J'ai travaillé 20 ans avant d'arriver
06:21à l'Institut du cerveau dans l'industrie,
06:23dans des grandes pharmas et dans des biotech.
06:26Donc, je connais ce chemin vers le médicament.
06:30Et quand on part d'une innovation issue de la recherche,
06:35c'est vrai que le chemin est très long.
06:36Par contre, on a quand même un gros avantage
06:38dans ces instituts académiques
06:39et qui est, quand je suis arrivé là,
06:41qui était un peu ce qui m'a l'effet waouh.
06:44C'est cette recherche translationnelle
06:46qui est difficilement accessible aux industriels.
06:49En tout cas, c'est compliqué pour un industriel
06:51d'avoir accès à vraiment les données sources
06:55issues des patients,
06:57voire prendre la problématique de l'angle médical
07:01pour remonter à la recherche
07:02et ensuite faire ce chemin de découverte
07:05de nouvelles thérapies possibles.
07:07Et c'est là-dessus que sont basés nos deux instituts
07:12dans leur conception,
07:14chacun dans notre domaine,
07:16donc l'oncologie et la neurologie.
07:18Et ça permet d'avoir des approches originales,
07:23en tout cas transformantes, je pense,
07:26possiblement transformantes.
07:28C'est toujours un challenge ensuite
07:29de faire l'étape industrielle,
07:31mais c'est là où la recherche partenariale
07:35prend toute sa force.
07:36C'est-à-dire que les industries viennent chez nous
07:39chercher l'accès à ces ressources,
07:42ces données,
07:42ces savoir-faire qui sont développés
07:45dans des équipes de recherche.
07:47Alors, nos équipes de recherche
07:48sont toutes co-dirigées,
07:50presque toutes co-dirigées
07:51par un chercheur fondamental
07:53et des chercheurs,
07:55et des médecins de l'hôpital.
07:58Donc ça, ça crée une force
08:02qu'on ne trouve pas partout,
08:03qu'on ne trouve pas dans tous les instituts de recherche.
08:05Cécile, je sens trop simplifié, bien sûr.
08:07À quel moment savez-vous
08:08qu'une découverte peut réellement
08:10devenir une innovation ?
08:13Alors, c'est très compliqué
08:16et en général,
08:18on a des choses qui sont extrêmement amont
08:21dans les laboratoires.
08:23Et donc, il va y avoir effectivement
08:25toute une partie de dérisquage
08:29antérieur à la présentation
08:30du projet à un industriel.
08:32Donc ça, c'est ce qu'on appelle
08:33la phase de maturation.
08:35Et aujourd'hui, c'est vrai que cette phase,
08:37elle est complètement capitale.
08:39et donc, on a la chance,
08:42c'est le cas aussi pour l'Institut du cerveau,
08:44d'avoir le label Carnot
08:46depuis des années.
08:48Et ça, ça nous permet
08:50d'avoir des financements propres.
08:52Est-ce qu'on peut rappeler juste brièvement
08:53ce qu'est le label Carnot ?
08:54Le label Carnot, c'est un label d'excellence
08:57qui atteste des capacités
08:59de recherche partenariale publique-privée
09:01d'une institution académique
09:04par, du coup, son expérience
09:07et son volume de contrat industriel.
09:10Et pardon, oui, qu'est-ce qu'il vous permet ?
09:12Et donc, notamment, ce label nous permet
09:14de mettre en place un fonds
09:18de preuve de concept
09:19et donc de pouvoir faire des expériences
09:22dédiées à une présentation
09:29qui soit compréhensible
09:31et acceptable pour l'industrie.
09:32C'est-à-dire que ce sont des financements
09:33qui ne sont pas des financements de recherche
09:35comme peuvent être les ANR, les ERC
09:38que là, les chercheurs vont chercher par ailleurs,
09:41mais vraiment se dire,
09:43OK, quelle expérience par rapport
09:45à ce qui existe déjà sur le marché,
09:47j'ai besoin de faire
09:48pour prouver que mon innovation
09:50est différenciante.
09:52Et donc ça, c'est vrai que
09:54ça nous a permis
09:56de vraiment augmenter la maturité
09:59de ce qui existe dans nos laboratoires
10:01et donc ensuite,
10:02en le présentant à des sites industriels
10:04qu'ils soient intéressés
10:05pour continuer le co-développement avec nous.
10:07Peut-être pour compléter la réponse
10:09et ce qu'on fait,
10:09et je pense que vous faites aussi,
10:10quand un chercheur vient nous voir...
10:12Déjà, on essaye de savoir
10:13ce qui se fait dans l'Institut
10:15et d'avoir une vision assez globale
10:17des projets de recherche
10:18qui peuvent déboucher
10:19sur des potentielles innovations.
10:21Et on essaye de beaucoup communiquer
10:23avec eux aussi
10:24pour être en lien avec nous
10:27et ne pas publier,
10:28par exemple,
10:28avant le dépôt d'un brevet.
10:29Donc on va avoir un gros travail
10:31de détection très précoce
10:33pour pouvoir protéger
10:35ce qui peut devenir une innovation,
10:36faire des études de brevetabilité
10:37et des études de marché.
10:39On fait les deux en même temps
10:41avant de déposer un brevet
10:42et de leur dire
10:43après, vous pouvez publier.
10:44Et à partir de là,
10:46on va effectivement dédier des fonds
10:47à la maturation de ces projets-là.
10:50Quand on a détecté
10:50qu'il y avait un marché,
10:51il y avait un brevet,
10:52il y avait des partenaires industriels
10:53qui pouvaient être intéressés.
10:55Oui, justement,
10:55ensuite, il faut choisir
10:56la licence,
10:58le partenariat industriel,
10:59la création d'entreprise.
11:00Comment est-ce qu'on décide
11:01de la bonne voie ?
11:03Alors ça,
11:04ça fait partie justement
11:05de l'étude marché.
11:06Ça fait aussi partie
11:08de l'aventure humaine
11:09qui va avoir lieu
11:11parce que,
11:12quelle que soit
11:13la modalité de partenariat
11:14qu'on choisit,
11:15il va falloir que
11:17le porteur scientifique
11:18soit partant
11:19et suivre cette stratégie.
11:21Et donc,
11:22quelqu'un qui a
11:24très envie
11:25de monter une start-up,
11:26si on lui dit
11:26de but en blanc,
11:27en fait, non,
11:28on va faire une collaboration
11:29avec un groupe existant,
11:31on peut être sûr
11:32que ça se passera mal.
11:33Par contre,
11:34il faut aussi être réaliste
11:35et le marché,
11:36l'étude de marché approfondie
11:37peut nous montrer
11:38que la voie start-up
11:39n'est pas du tout
11:40la bonne voie.
11:40Et donc,
11:41dans ce cas-là,
11:42il faut,
11:42encore avec de la pédagogie,
11:44l'amener à suivre
11:45la stratégie proposée.
11:46Et ça,
11:47ça me fait penser
11:49à un deuxième point
11:49je pense qui est très important
11:50et qui est commun
11:51à nos deux instituts,
11:52c'est que nos services
11:53de valorisation,
11:54d'innovation,
11:54puisque ça s'appelle
11:55comme ça à l'ICM,
11:58sont intégrés
11:58dans les instituts.
11:59C'est-à-dire qu'on est
12:01en proximité des équipes.
12:03Et donc,
12:03du coup,
12:05en fait,
12:06c'est vraiment le côté
12:06se croiser à la machine à café.
12:08Et donc,
12:09c'est pour ça
12:09qu'on peut avoir
12:10cette proximité,
12:11qu'on peut réorienter
12:12les projets
12:13avec les porteurs
12:14de projets régulièrement.
12:15ce n'est pas
12:16on va se voir
12:17tous les mois
12:18sur un Teams
12:19un peu impersonnel.
12:21Et donc ça,
12:21ça joue beaucoup
12:23pour les emmener,
12:25les faire participer
12:26à la stratégie
12:28qu'on monte avec eux
12:29en leur donnant
12:29la réalité du marché
12:31et de ce qui est possible
12:33ou pas possible
12:34à intenter.
12:35Parce que ça ne veut pas dire
12:35pas de startup aujourd'hui,
12:37ça peut être une startup demain,
12:38ça peut demander de pivoter,
12:39c'est possible.
12:40Mais ça,
12:40il faut le co-construire
12:41avec eux.
12:42Et ne pas fonctionner en silo.
12:43pour qu'ils soient embarqués
12:44et ça,
12:44c'est une force
12:45d'être un service
12:46dans les instituts
12:48et pas à côté des instituts.
12:49C'est vrai,
12:50c'est très important
12:50et de développer
12:51une vraie relation
12:51de confiance avec eux.
12:53C'est-à-dire que
12:55ce n'est pas évident
12:57cette relation entre eux.
13:00Il y a des chercheurs
13:00qui quand même
13:01n'ont pas une appétence énorme
13:02pour la recherche partenariale
13:04avec l'industrie
13:05ni pour créer des startups.
13:07Pour autant,
13:08ils ont...
13:08Ils ont sur le business finalement.
13:08Oui,
13:09et pour autant,
13:10certains de ces chercheurs
13:11développent vraiment
13:12des innovations
13:12qui sont applicables.
13:13Donc,
13:13ça implique de développer
13:14une relation de confiance
13:15et d'expliquer
13:17comment on peut travailler ensemble,
13:18comment on peut les aider
13:19à amener ces innovations
13:20parce que tous ont quand même
13:21envie que leurs innovations
13:22soient utiles
13:22sans se rendre forcément compte
13:24au départ
13:24que ça va passer
13:25par un chemin
13:26de ce type-là.
13:27Et ça demande
13:28de créer une relation
13:29de confiance
13:29qu'on arrive à faire
13:30dans nos environnements
13:32en étant en proximité.
13:34Prenons un cas très concret.
13:36Oui, Cécile Campagne,
13:38Live RNA,
13:39vient d'être distinguée
13:41au concours e-Lab.
13:42Le projet pourrait devenir
13:43la 35e startup
13:44issue de Curie.
13:46Il y a une technologie
13:47des résultats pré-clinique prometteurs,
13:49une équipe
13:50et désormais un financement.
13:52Quelles sont maintenant
13:53les étapes à franchir
13:54avant d'espérer
13:55entrer en clinique ?
13:56Alors,
13:57il y aura encore
13:58des étapes pré-cliniques
14:00mais cette fois réglementaires
14:01avant de rentrer en clinique.
14:02On est effectivement
14:03très contents
14:04d'avoir un nouveau projet
14:05de startup
14:06qui a été lauréat e-Lab
14:07au concours cette année.
14:10C'est une startup
14:12qui a participé
14:13à notre programme
14:14d'accompagnement.
14:15Il y a eu la discussion
14:17sur la stratégie,
14:18avoir l'équipe
14:19avec ce lien
14:20entre un chercheur
14:22scientifique
14:23de l'Institut Curie
14:24et puis un CEO
14:26bio-entrepreneur
14:27pour s'occuper
14:28de la partie business.
14:31Là, maintenant,
14:32c'est trouver
14:33leur propre financement externe,
14:35ce qui leur permettra
14:36d'avoir une licence
14:37des technologies
14:38issues de l'Institut Curie
14:40pour en faire
14:41une exploitation exclusive
14:42et puis réussir
14:45à faire la partie
14:46pré-clinique réglementaire.
14:48Ensuite seulement,
14:49on peut passer
14:49à la phase 1
14:51des essais cliniques
14:52et entre ces deux étapes,
14:54là, il faudra relever
14:55de nouveau de l'argent
14:56parce qu'il faut quand même
14:57se rendre compte
14:58de la réalité
14:59en biothérapie.
15:01les montants demandés
15:02pour mettre en place
15:03une étude clinique
15:04sont quand même
15:05très différents
15:06de ce qu'on peut voir
15:08dans d'autres typologies
15:10de start-up
15:11où finalement,
15:12un financement
15:13permet d'avoir
15:14un prototype.
15:14Le premier prototype
15:15peut être vendu,
15:16donc faire rentrer
15:17de l'argent
15:17dans la start-up.
15:18Là, en fait,
15:19sur de la biothérapie,
15:21on est en cash burn,
15:24donc on brûle de l'argent
15:26jusqu'au moment
15:27où le produit
15:28est sur le marché
15:29et où là,
15:30du coup,
15:30on peut retrouver
15:33ses billes
15:33pour les investisseurs.
15:34Mais ce développement
15:36dure des années
15:37et demande toujours
15:39plus d'argent
15:39puisque en phase 1,
15:41on va avoir
15:42quelques dizaines
15:42de patients,
15:43en phase 2,
15:44quelques centaines
15:44et quand on doit être
15:45en phase 3,
15:46donc les dernières étapes,
15:47là, on est à des centaines
15:49de milliers de patients
15:52et donc la note
15:54va avec cette augmentation
15:56en nombre
15:57et donc aujourd'hui,
15:58par exemple,
15:59à l'Institut Curie,
16:00on a une entreprise
16:03qui est issue de...
16:05donc la molécule est issue
16:06de la chimiothèque
16:06de l'Institut Curie,
16:07c'est l'entreprise Abivax
16:09dont on entend beaucoup parler
16:10qui, là,
16:10a eu des résultats positifs
16:13en phase 3,
16:13donc on arrive bientôt,
16:15justement,
16:16à cette phase de sortie
16:18mais ce qu'il faut voir,
16:19c'est que le projet initial
16:21qui a donné naissance
16:22finalement à Abivax
16:23a commencé
16:24dans les années 2004-2005,
16:27donc on est sur le temps long
16:28en biothérapie
16:29pour arriver à ça.
16:30Un autre exemple,
16:31par exemple,
16:31c'est la société
16:32Eglé Thérapeutics
16:34qu'on a cofondée
16:36au moment du Covid,
16:37donc en 2020
16:38et qui est aujourd'hui
16:39avec un essai clinique
16:41de phase 1
16:42et un essai clinique
16:43de phase 1-2
16:44dont une partie
16:45est réalisée
16:45à l'Institut Curie
16:46et donc ça,
16:46c'est aussi quelque chose
16:48qui est un peu spécifique
16:49de ces instituts
16:49avec à la fois
16:50de la recherche
16:51et un centre de soins,
16:53c'est que quelque chose
16:54né dans les laboratoires
16:56peut faire ses essais cliniques
16:58et donc la boucle
16:59est un peu bouclée
16:59dans ces cas-là
17:00mais voilà,
17:01ils sont allés assez vite
17:03finalement en clinique,
17:042020-2025
17:06puisque l'essai a commencé
17:07l'année dernière,
17:08donc 5 ans,
17:08c'est plutôt court
17:09pour arriver en clinique
17:09mais il reste encore
17:10de nombreuses étapes
17:12avant que ce soit
17:13un produit sur le marché
17:14et ça,
17:14il faut vraiment
17:15en avoir conscience
17:16y compris pour les chercheurs
17:18c'est qu'ils s'engagent
17:21dans un processus
17:22très long terme finalement
17:24pour voir un résultat
17:25de leur recherche.
17:26Vous avez un exemple
17:28un peu emblématique
17:29et similaire
17:29à l'Institut du cerveau ?
17:31Alors,
17:32on voulait parler
17:33de cet exemple
17:34un peu particulier
17:35de thérapie génique
17:37avec l'unité Ginov
17:39donc ça,
17:40c'est un cas particulier
17:41je dirais
17:42puisque c'est une unité
17:43qui a été issue
17:45de travaux
17:45de recherche académique
17:47initialement
17:48et qui ont été
17:50structurés
17:51dans une unité
17:52d'innovation
17:53avec une mission
17:53qui sont développées
17:54des thérapies.
17:55Donc ça,
17:56ça a été une volonté
17:59en centralisant
18:00beaucoup
18:01ces développements
18:01autour des maladies rares
18:03voire ultra rares
18:04puisque les thérapies géniques
18:05je dirais que c'est encore pire
18:06que les biothérapies anticorps
18:08en termes de coûts
18:09on compte
18:11les coûts
18:12de production
18:13à plusieurs centaines
18:13de milliers
18:14d'euros
18:15ou de dollars
18:16par patient
18:17pour juste une dose
18:18donc c'est pas tenable
18:20pour des pathologies
18:21qui touchent
18:22le grand nombre
18:23même si on a des projets
18:24qui pourraient
18:24adresser ces pathologies-là
18:26on a choisi
18:27de se centrer
18:27sur les maladies rares
18:29et ultra rares
18:29d'origine génétique
18:30qui peuvent être corrigées
18:32par des thérapies géniques
18:33et l'unité de G9
18:34a développé
18:35une nouvelle génération
18:38de thérapies géniques
18:39qui permettent
18:41d'adresser
18:41des pathologies
18:43du cerveau
18:44mais par voie intraveineuse
18:46donc là
18:46on est en partenariat
18:47avec d'autres industriels
18:50qui ont développé
18:50les capsides
18:51et nous
18:52l'aspect
18:52application
18:55donc on a
18:56des preuves de concept
18:57dans plusieurs maladies
18:58dont
18:58des pathologies
19:00très graves
19:00qui touchent des enfants
19:01alors un nombre réduit
19:02d'enfants
19:03on parle d'une dizaine
19:04en France
19:05quelques centaines
19:06aux Etats-Unis
19:07c'est vraiment
19:07une maladie ultra rare
19:09mais qui est mortelle
19:11les enfants
19:12n'atteignent pas
19:13l'âge adulte
19:14on a des preuves
19:15de concept
19:16chez l'animal
19:16et notamment
19:17le gros animal
19:17qui mime
19:18parfaitement
19:19la pathologie humaine
19:20que cette pathologie
19:21est réversée
19:23donc on a pour projet
19:24de structurer
19:26ces programmes
19:28de recherche
19:29autour d'une start-up
19:30pour aller
19:32faire le dernier chemin
19:33jusqu'aux essais cliniques
19:34et l'autre particularité
19:36de ce programme là
19:37c'est qu'il est beaucoup
19:38financé par des fondations
19:39ça c'est peut-être
19:40intéressant aussi
19:41de le noter
19:41des fondations
19:42créées par les associations
19:44de parents
19:46d'enfants touchés
19:47qui financent ces programmes
19:49et qui orientent
19:49la recherche
19:50en réalité
19:50puisque certains projets
19:52sur des maladies
19:53ultra rares
19:54ont été déclenchés
19:55par ces financements
19:56reçus
19:56et on nous demande
19:57de faire des travaux
19:58sur telle pathologie
19:59c'est une structure
20:01qui permet de faire
20:01ce qu'un laboratoire
20:03de recherche seul
20:05ne pouvait pas
20:05forcément faire
20:06oui
20:07en fait
20:10les thérapies géniques
20:11coûtent très cher
20:11donc faire ce chemin
20:13jusqu'à la clinique
20:13c'est plusieurs millions
20:15juste pour
20:16même produire
20:17les doses
20:17et effectivement
20:18on a des fondations
20:20de patients
20:21qui nous supportent
20:22dans ce développement
20:23et qui seront
20:25possiblement même prêtes
20:26à investir
20:26dans la société
20:27donc c'est un modèle
20:28un peu particulier
20:29où le modèle économique
20:30final
20:31n'est pas
20:33très facile
20:34puisque c'est
20:34une pathologie
20:35ultra rare
20:35mais finalement
20:36avec la volonté
20:37de fondation
20:38et d'association
20:39de patients
20:39on arrive quand même
20:40à développer
20:40en académie
20:41au début
20:42ces projets là
20:43et peut-être
20:44pour rebondir sur ça
20:45ça pose la question
20:47quand même
20:48de cette recherche
20:48d'impact
20:49au-delà
20:50pour nos fondations
20:51d'un impact patient
20:52quel que soit
20:53le nombre potentiel
20:54de patients
20:55au-delà
20:56d'un retour économique
20:57réel
20:57et je pense que
20:58ça fait partie
20:59de nos rôles
21:00et le fait d'être
21:01des fondations
21:01reconnues du type
21:02public
21:02nous permet d'avoir
21:03des donateurs
21:04et c'est aussi
21:06grâce à ça
21:07qu'on peut financer
21:08des choses en interne
21:09que d'autres ne peuvent
21:09pas se permettre
21:10de financer
21:10c'est la fin
21:11je suis navrée mesdames
21:12c'est déjà la fin
21:13de cette séquence
21:13c'est un beau mot
21:14pour la fin
21:14c'est vrai qu'on peut
21:15se permettre d'avoir
21:16des recherches
21:17dont l'objectif
21:18est l'impact
21:19et le marché
21:21n'est pas le premier
21:22paramètre
21:23merci beaucoup
21:23merci à toutes les deux
21:25Cécile Campagne
21:25directrice de la valorisation
21:27et des partenariats
21:27industriels
21:28de l'Institut Curie
21:29et Géraldine Fargeau
21:31directrice de l'innovation
21:32de l'Institut du cerveau
21:34à très bientôt
21:35sur Bsmart for Change
21:36de l'Institut de l'Innovation

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